00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04L'été boursier sera-t-il européen même si la BCE pourrait bien relever ses taux dès ce jeudi ?
00:07Claire Disso est avec nous. Bonjour Claire.
00:09On va en parler ensemble de la BCE.
00:11Est-ce que la BCE va compliquer les choses, les scénarii pour l'Europe ?
00:15Vous êtes responsable des études macroéconomiques du groupe AXA.
00:17Une hausse de taux là, je dis.
00:18Est-ce que pour vous tout plaide contre ou est-ce qu'on peut se dire qu'effectivement
00:22quand même il y a un petit peu d'inflation ?
00:23Les retraites en France sont indexées à l'inflation,
00:26le SMIC aussi est indexé à l'inflation
00:28et donc la BCE doit, c'est dans son mandat, combattre cette inflation.
00:32Oui, alors la hausse des taux a été très annoncée,
00:35elle est très attendue jeudi
00:36et elle est totalement justifiée par la hausse des prix à la consommation.
00:41Donc on a une inflation qui remonte.
00:42Dans nos prévisions, elle est à 3,1% en moyenne en 2026.
00:47Étant donné la cible que l'a la BCE pour l'inflation, à 2%,
00:50il est bien entendu justifié, il est dans sa mission de relever les taux.
00:54Ce qui est important, c'est de voir s'il y a une série de hausses de taux
00:58après celle de cette semaine et c'est là que les avis diffèrent.
01:02Donc le marché price au total à peu près 3 hausses de taux,
01:05ce qui pourrait être dommageable effectivement pour les marchés.
01:08Par contre, ce qui est important de voir, c'est que pour nous,
01:11cette conclusion n'est pas acquise parce que dans le même temps,
01:14on a un affaiblissement de la demande,
01:16un affaiblissement du marché du travail qui commence à se mettre en œuvre
01:19et cela va jouer sur la capacité des entreprises à transmettre
01:23la hausse des coûts de l'énergie dans leurs prix.
01:25Cela va aussi jouer sur la capacité des salariés à demander des hausses de salaire.
01:30Donc en montant les taux cette semaine,
01:32la BCE va pouvoir casser des dynamiques d'inflation
01:35qui seraient beaucoup plus dommageables pour les marchés
01:37et pour l'inflation sur le moyen terme.
01:39Si elle relève ses taux cette semaine,
01:41sur l'échelle des erreurs de politique monétaire,
01:43vous la placeriez où celle-là ?
01:45Dans les petites erreurs de politique monétaire un peu anecdotiques
01:47ou dans les grandes erreurs ?
01:49Pour moi, ce n'est vraiment pas une erreur de remonter.
01:51Donc comme je l'expliquais, c'est vraiment attendu et nécessaire
01:54étant donné la hausse de l'inflation au-delà de la cible.
01:56Ce qui pourrait être une erreur, c'est d'aller trop loin
01:58et de casser la croissance sans nécessité pour préserver la stabilité des prix.
02:03Donc pour nous, ça peut être la dernière hausse.
02:06Une seule hausse peut être suffisante
02:09parce que justement, on verra dans les prochains mois,
02:12dans les prochaines semaines, que le marché du travail s'affaiblit,
02:15que la demande est déjà touchée, comme on l'a vu aussi dans les enquêtes,
02:20par exemple auprès des entreprises,
02:21on a un affaiblissement de l'activité dans les prochains mois.
02:24Mais pour l'instant, c'est tout à fait justifié
02:26de donner le signal d'une vigilance de la BCE
02:30face aux anticipations d'inflation qui pourraient augmenter
02:33si rien n'était fait.
02:35Claire, si on regarde côté économie américaine,
02:38il y a quand même quelque chose de très étonnant,
02:39c'est cette résilience incroyable du marché de l'emploi aux États-Unis.
02:42Ça fait quand même plusieurs semaines, plusieurs mois qu'on dit
02:44l'IA va tout révolutionner, il y a des gains de productivité,
02:47ça va licencier en masse.
02:49On avait quelques indications du côté des hyperscalers.
02:52Mais non, apparemment, le marché de l'emploi tient bien.
02:54Comment ça se fait ?
02:55Oui, alors je pense que l'anomalie, c'était plutôt en 2025.
02:58En 2025, on a une croissance relativement forte
03:01et pourtant l'emploi stagne.
03:03Il n'y a quasiment pas de création d'emploi.
03:05Et pour moi, c'est vraiment l'impact des tarifs.
03:07Lorsqu'il y a les tarifs décidés par Trump,
03:10les entreprises continuent d'investir,
03:12mais elles arrêtent quasiment tout net d'embaucher.
03:15Maintenant, en fait, on reconnecte la croissance de l'emploi
03:17à la croissance du PIB.
03:19Et donc on a effectivement, pendant trois mois consécutifs,
03:22on a des surprises à la hausse sur les embauches aux États-Unis.
03:25Donc ce qui se passe, c'est que les taux de licenciement
03:28restent assez faibles, malgré les gros titres
03:30qu'on peut faire sur certaines entreprises
03:32dans l'intelligence artificielle,
03:34on a assez peu de licenciement
03:36et on a une petite reprise des embauches.
03:39Donc ce marché du travail se tient bien.
03:41Ce qui peut être surprenant et ce qui est une surprise positive,
03:44c'est que malgré la crise en Irak et la crise énergétique,
03:47on n'a pas de ralentissement des embauches
03:52par rapport aux mois précédents.
03:54Donc ça, c'est plutôt, encore une fois,
03:56la preuve de la résistance du secteur des entreprises
03:59qui continue de faire des profits,
04:01qui continue d'investir, surtout dans l'IA,
04:03et qui maintenant se remet à embaucher
04:04après avoir arrêté quasiment les embauches en 2025.
04:08Donc pour la Fed, c'est important.
04:10Merci beaucoup Claire, responsable des études macro du groupe AXA.
04:13et qui continue de faire des études macro du groupe AXA,
04:14et qui continue de faire des études macro du groupe AXA.
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