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  • il y a 5 heures
Ce lundi 8 juin, Claire Dissaux, responsable des études macroéconomiques du Groupe AXA, a abordé la question de la hausse probable des taux de la BCE pour ce jeudi, ainsi que la résilience du marché de l'emploi US avec la création de 172 000 postes en mai, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04L'été boursier sera-t-il européen même si la BCE pourrait bien relever ses taux dès ce jeudi ?
00:07Claire Disso est avec nous. Bonjour Claire.
00:09On va en parler ensemble de la BCE.
00:11Est-ce que la BCE va compliquer les choses, les scénarii pour l'Europe ?
00:15Vous êtes responsable des études macroéconomiques du groupe AXA.
00:17Une hausse de taux là, je dis.
00:18Est-ce que pour vous tout plaide contre ou est-ce qu'on peut se dire qu'effectivement
00:22quand même il y a un petit peu d'inflation ?
00:23Les retraites en France sont indexées à l'inflation,
00:26le SMIC aussi est indexé à l'inflation
00:28et donc la BCE doit, c'est dans son mandat, combattre cette inflation.
00:32Oui, alors la hausse des taux a été très annoncée,
00:35elle est très attendue jeudi
00:36et elle est totalement justifiée par la hausse des prix à la consommation.
00:41Donc on a une inflation qui remonte.
00:42Dans nos prévisions, elle est à 3,1% en moyenne en 2026.
00:47Étant donné la cible que l'a la BCE pour l'inflation, à 2%,
00:50il est bien entendu justifié, il est dans sa mission de relever les taux.
00:54Ce qui est important, c'est de voir s'il y a une série de hausses de taux
00:58après celle de cette semaine et c'est là que les avis diffèrent.
01:02Donc le marché price au total à peu près 3 hausses de taux,
01:05ce qui pourrait être dommageable effectivement pour les marchés.
01:08Par contre, ce qui est important de voir, c'est que pour nous,
01:11cette conclusion n'est pas acquise parce que dans le même temps,
01:14on a un affaiblissement de la demande,
01:16un affaiblissement du marché du travail qui commence à se mettre en œuvre
01:19et cela va jouer sur la capacité des entreprises à transmettre
01:23la hausse des coûts de l'énergie dans leurs prix.
01:25Cela va aussi jouer sur la capacité des salariés à demander des hausses de salaire.
01:30Donc en montant les taux cette semaine,
01:32la BCE va pouvoir casser des dynamiques d'inflation
01:35qui seraient beaucoup plus dommageables pour les marchés
01:37et pour l'inflation sur le moyen terme.
01:39Si elle relève ses taux cette semaine,
01:41sur l'échelle des erreurs de politique monétaire,
01:43vous la placeriez où celle-là ?
01:45Dans les petites erreurs de politique monétaire un peu anecdotiques
01:47ou dans les grandes erreurs ?
01:49Pour moi, ce n'est vraiment pas une erreur de remonter.
01:51Donc comme je l'expliquais, c'est vraiment attendu et nécessaire
01:54étant donné la hausse de l'inflation au-delà de la cible.
01:56Ce qui pourrait être une erreur, c'est d'aller trop loin
01:58et de casser la croissance sans nécessité pour préserver la stabilité des prix.
02:03Donc pour nous, ça peut être la dernière hausse.
02:06Une seule hausse peut être suffisante
02:09parce que justement, on verra dans les prochains mois,
02:12dans les prochaines semaines, que le marché du travail s'affaiblit,
02:15que la demande est déjà touchée, comme on l'a vu aussi dans les enquêtes,
02:20par exemple auprès des entreprises,
02:21on a un affaiblissement de l'activité dans les prochains mois.
02:24Mais pour l'instant, c'est tout à fait justifié
02:26de donner le signal d'une vigilance de la BCE
02:30face aux anticipations d'inflation qui pourraient augmenter
02:33si rien n'était fait.
02:35Claire, si on regarde côté économie américaine,
02:38il y a quand même quelque chose de très étonnant,
02:39c'est cette résilience incroyable du marché de l'emploi aux États-Unis.
02:42Ça fait quand même plusieurs semaines, plusieurs mois qu'on dit
02:44l'IA va tout révolutionner, il y a des gains de productivité,
02:47ça va licencier en masse.
02:49On avait quelques indications du côté des hyperscalers.
02:52Mais non, apparemment, le marché de l'emploi tient bien.
02:54Comment ça se fait ?
02:55Oui, alors je pense que l'anomalie, c'était plutôt en 2025.
02:58En 2025, on a une croissance relativement forte
03:01et pourtant l'emploi stagne.
03:03Il n'y a quasiment pas de création d'emploi.
03:05Et pour moi, c'est vraiment l'impact des tarifs.
03:07Lorsqu'il y a les tarifs décidés par Trump,
03:10les entreprises continuent d'investir,
03:12mais elles arrêtent quasiment tout net d'embaucher.
03:15Maintenant, en fait, on reconnecte la croissance de l'emploi
03:17à la croissance du PIB.
03:19Et donc on a effectivement, pendant trois mois consécutifs,
03:22on a des surprises à la hausse sur les embauches aux États-Unis.
03:25Donc ce qui se passe, c'est que les taux de licenciement
03:28restent assez faibles, malgré les gros titres
03:30qu'on peut faire sur certaines entreprises
03:32dans l'intelligence artificielle,
03:34on a assez peu de licenciement
03:36et on a une petite reprise des embauches.
03:39Donc ce marché du travail se tient bien.
03:41Ce qui peut être surprenant et ce qui est une surprise positive,
03:44c'est que malgré la crise en Irak et la crise énergétique,
03:47on n'a pas de ralentissement des embauches
03:52par rapport aux mois précédents.
03:54Donc ça, c'est plutôt, encore une fois,
03:56la preuve de la résistance du secteur des entreprises
03:59qui continue de faire des profits,
04:01qui continue d'investir, surtout dans l'IA,
04:03et qui maintenant se remet à embaucher
04:04après avoir arrêté quasiment les embauches en 2025.
04:08Donc pour la Fed, c'est important.
04:10Merci beaucoup Claire, responsable des études macro du groupe AXA.
04:13et qui continue de faire des études macro du groupe AXA,
04:14et qui continue de faire des études macro du groupe AXA.
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