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Le débat de la grande matinale, avec Guillaume Husson, délégué général du Syndicat Librairie Française (SLF) et Clémentine Goldszal, journaliste à ELLE et au Magazine du Monde. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-debat/le-debat-de-la-grand-matinale-du-mardi-09-juin-2026-8559758
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00:01Fondées en 1888, les librairies Gibert étaient au départ des bouquinistes.
00:06Un repère pour plusieurs générations d'étudiants.
00:09Ce matin, ils s'inquiètent du placement en redressement judiciaire de leurs librairies fétiches.
00:13C'est plus qu'une institution, c'est un passage obligé.
00:16C'est toute une vie Gibert, quand on est à l'école, quand on est étudiant,
00:21on échange ses livres, on revend ses livres quand on n'a pas beaucoup d'argent.
00:25En 2025, il y a eu en France plus de fermetures de librairies que d'ouvertures.
00:30Le placement en redressement judiciaire d'enseignes comme Gibert Joseph,
00:35mythique librairie du quartier latin, a fait l'effet d'un coup de tonnerre.
00:38Idem pour le réseau Furet du Nord et les librairies des Citres.
00:42Alors, simple mauvaise passe ou crise durable,
00:46comment les libraires peuvent-ils s'adapter à une France qui lit moins ou qui lit différemment ?
00:51A la concurrence des plateformes, des grandes surfaces, des écrans.
00:55Bref, nos librairies vont-elles dans le mur ?
00:58France Inter, la grande matinale, Sonia de Villers.
01:03Et j'ai le plaisir d'en débattre avec Clémentine Golzal.
01:05Bonjour Clémentine.
01:06Bonjour Sonia.
01:07Vous êtes journaliste à Elle et au magazine du Monde.
01:10Je précise qu'on est à quelques encablures du palmarès du Grand Prix d'électrice de Elle.
01:15On va en reparler face à vous, Guillaume Husson.
01:17Bonjour.
01:18Bonjour.
01:18Vous êtes délégué général du syndicat de la librairie française, le SLF.
01:25Et je vais commencer avec vous.
01:26Peut-être que je signale à tous nos auditeurs que le sujet intéresse,
01:29que Lacroix consacre ce matin une grande double page à ce sujet,
01:34sur les librairies françaises qui cherchent un nouveau souffle.
01:38Guillaume Husson, on commence donc avec vous.
01:40Nous sommes au lendemain des Rencontres nationales de la librairie de 2026,
01:44qui se déroulait à Rennes, organisée par votre syndicat.
01:48Vous avez donc rencontré de nombreux libraires.
01:51Qu'est-ce qui ressort de ces rencontres ?
01:54Une inquiétude partagée par toute la profession ?
01:56Une inquiétude, une détermination aussi, mais une grande inquiétude,
02:00parce que vous avez parlé des difficultés de Giver, de Furet, de Citre.
02:05Beaucoup de petites librairies aussi dont on parle moins,
02:08qui sont moins sur le devant de la scène, mais qui sont actuellement en redressement judiciaire.
02:12Donc les Rencontres nationales de la librairie ont permis de galvaniser,
02:16d'unir la profession et de dire qu'il y avait des solutions.
02:20Il ne faut pas se résigner, même si la situation,
02:23notamment depuis le début de l'année, est extrêmement difficile.
02:26Inquiétante.
02:27Quelle librairie souffre le plus ?
02:29Parce qu'il y a des librairies de types très différents en France.
02:31Quel segment souffre le plus ?
02:33J'aurais bien voulu vous dire que certaines librairies souffrent moins que d'autres.
02:38Malheureusement, ce que l'on constate, on a au syndicat un observatoire économique
02:42où on remonte tous les jours les chiffres des librairies.
02:44Donc on arrive vraiment bien à suivre l'évolution par taille, par territoire.
02:48Aujourd'hui, les difficultés, elles sont malheureusement partagées par tous.
02:52Jusqu'au mois d'avril, les librairies parisiennes, par exemple, souffraient plutôt moins que leurs consoeurs et confrères en province.
03:00Ça n'est plus le cas.
03:01Donc vraiment, s'il faut dire là où c'est le plus difficile, c'est les petites librairies dans les
03:06villes moyennes.
03:07Dans les villes moyennes, j'ai eu l'occasion de discuter avec un libraire qui me disait de province, qui
03:12me disait que sa clientèle fait parfois jusqu'à 50 km de voiture pour venir dans la librairie.
03:19Donc par exemple, dès que le prix de l'essence a augmenté, les gens ont cessé de prendre la voiture
03:25le week-end pour aller faire un vide-grenier, une brocante, manger un petit truc dans un restaurant et hop,
03:31passer à la librairie et acheter 3 livres.
03:34C'est-à-dire qu'on a arrêté de siffler un plein d'essence le week-end et ça, ça
03:37fait instantanément baisser.
03:39Donc la hausse du prix de l'essence, cette inquiétude-là, ça a été un impact direct sur les librairies
03:44cette année ?
03:44La hausse du prix de l'essence, clairement, ça s'est ressenti directement.
03:48La situation géopolitique, le lendemain du déclenchement de la guerre contre l'Iran, on a vu les ventes baisser, c
03:56'est-à-dire qu'il y a un effet vraiment automatique.
04:00Et quand vous ajoutez à ça, malheureusement, une accélération du déclin de la lecture, c'est-à-dire qu'avant,
04:08le nombre de grands lecteurs baissait, mais c'était compensé par plus de petits et de moyens lecteurs.
04:12Aujourd'hui, ça baisse chez tous les lecteurs, dans toutes les générations et au niveau de tous les profils sociaux.
04:21Les CSP+, lisez plus, mais même chez eux, ça baisse.
04:24Alors, je vais demander à Clémentine Goldsdall comment elle voit la situation après ce tableau très inquiétant.
04:30Puis vous allez nous réexpliquer ce que c'est qu'un grand lecteur, Clémentine Goldsdall.
04:33Oui, moi je suis journaliste, je suis critique littéraire.
04:38Effectivement, j'écris dès que je le peux sur les libraires, et notamment sur les libraires indépendants, mais aussi sur
04:42les autres.
04:43C'est vrai que j'ai l'impression que quand on dit librairie, on pense petite librairie de quartier, jolie
04:47vitrine, notre libraire qui va nous recommander le livre qu'il a aimé.
04:51Mais en fait, quand on dit librairie, vous le savez très bien, le syndicat de la librairie, c'est les
04:56petites librairies, c'est aussi les grandes surfaces culturelles, donc les culturas, tout ça.
05:01C'est aussi les rayons librairies.
05:02Les espaces culturels Leclerc.
05:04Voilà, et les rayons librairies qu'on trouve dans les grandes surfaces alimentaires.
05:07En fait, c'est tous les endroits, les relais évidemment, c'est tous les endroits où on peut acheter des
05:12livres, et les librairies en ligne, Amazon, et puis les FNAC.
05:15Donc en fait, c'est quand même très diversifié, les endroits où on peut acheter des livres, et le rapport
05:20aux livres, j'ai l'impression, est très changeant selon l'endroit.
05:24C'est un objet de consommation.
05:25Justement, ce qui est inquiétant, c'est de voir une baisse généralisée de l'achat de livres neufs.
05:31Oui, oui, ensuite on est parti de très haut, parce qu'il y a eu quand même un énorme souffle
05:34sur la librairie après le Covid, qui a fait gonfler les chiffres.
05:37Et donc c'est vrai que là, les descentes, il me semble, sont très inquiétantes, parce qu'elles sont des
05:42descentes, mais on part d'un niveau qui était monté très haut, non ?
05:47Oui, il y a eu une sorte de bulle à la sortie de la crise sanitaire, il y a eu
05:52une prise de conscience des Français de l'importance des librairies indépendantes,
05:55qui sont devenus commerces essentiels, il y a eu cette grande bataille pour prendre les librairies commerces essentielles.
06:01On est revenu, en termes de chiffre d'affaires, au niveau de 2019.
06:04On pourrait se dire, finalement, c'est très bien, sauf que les charges ont explosé depuis 2019.
06:10Donc on ne peut pas financer, avec le chiffre d'affaires d'il y a 7 ans, les charges de
06:152026.
06:15C'est vraiment ça la difficulté.
06:16Ah c'est ça, c'est comme une espèce d'effet de ciseau, en réalité, où d'un côté le
06:21chiffre d'affaires baisse et les charges augmentent.
06:23Et là, c'est là où les librairies qui sont fragiles et peu bénéficiaires ferment le rideau.
06:29Et structurellement, toutes les librairies sont fragiles.
06:31C'est l'un des deux, trois commerces les moins rentables en France, avec un bénéfice à la fin de
06:35l'année à peine de 1%.
06:37A peine de 1%. Très bien. Clémentine Goldsdall, ça pose plein de questions sur la qualité de l'offre, de
06:44ce qu'on trouve en librairie.
06:46Est-ce que ça donne envie aux gens de se déplacer ?
06:48Et puis sur la question de la prescription littéraire, qui est une question qui nous concerne, nous, les médias.
06:52On va commencer avec la qualité de l'offre, parce que pendant ce temps-là, il y a toujours plus
06:56de livres qui sortent sur le marché.
06:57Je crois qu'on annonce des offices records pour la rentrée.
07:00C'est vrai, j'ai l'impression qu'il y a... Les éditeurs, en tout cas, que je rencontre en
07:03ce moment, me disent un peu,
07:04on a fait des efforts, on en a un petit peu moins. C'est tout le temps, de toute façon,
07:07une sorte de marée qui nous arrive dessus pour la rentrée,
07:10qui est à la fois très stimulante, évidemment, quand on aime lire et qu'on est... J'imagine, pour les
07:14libraires, c'est pareil.
07:15À la fois, on se sent complètement débordé par l'offre. Moi, je mets de côté les livres que je
07:20reçois, je mets de côté les livres que j'ambitionne de lire, là, en ce moment.
07:23Et en fait, la pile, ça y est, il y a, je ne sais pas, 80 livres que j'ai
07:26très envie de lire.
07:27En réalité, il y en aura 700 à la rentrée.
07:29Voilà, mais en faisant un tri. Donc, c'est... Effectivement, l'offre est assez pléthorique.
07:34Ensuite, ce qui est très triste, je trouve, dans ce moment de pré-rentrée littéraire,
07:38mais vous devez le ressentir aussi, parce que vous recevez les livres à France Inter,
07:41c'est que je sais déjà qu'il y a des livres qui vont tomber dans le trou.
07:45Le trou des livres dont on ne parlera pas, qui se vendront à 200 exemplaires, ça c'est la...
07:49Trop de livres, Guillaume Husson, vous dites la même chose que la critique littéraire, vous le libraire ?
07:53Clairement, trop de livres. On a présenté une étude à nos rencontres nationales de la librairie.
07:57Depuis 2000, le nombre de nouveautés, de nouveaux livres qui paraissent chaque année,
08:01a cru de près de 60%.
08:03Quand les lecteurs baissent, c'est-à-dire plus de livres, quand les lecteurs baissent, c'est une aberration.
08:08Donc, le travail des libraires, c'est de sélectionner.
08:11Mais à un moment, le flux de ce qui vous arrive tous les jours est tel
08:14que ça n'est plus possible de sélectionner.
08:17On est vraiment pris, je dirais, par les vagues.
08:19Et alors, cette espèce de paradoxe en matière de prescription des livres,
08:24c'est-à-dire qu'on a tous les trois grandi à l'époque où un auteur qui passait chez
08:29Bernard Pivot
08:31voyait les chiffres de ses ventes littéralement explosés le lendemain
08:35et tout au long des semaines qui suivaient.
08:38Aujourd'hui, ça a un petit effet, mais...
08:40Pas toujours.
08:41Pas toujours, pas toujours.
08:43Même, il y a des passages télé, il y a des passages radio qui...
08:46Des gens qui ont fait La Grande Librairie, La Matinale de France Inter, désolée,
08:49sur lesquels j'ai fait un papier dans l'EL et qui vendent mille exemplaires.
08:53Trois fois rien.
08:54Mais pendant ce temps-là, reconnaissez l'un et l'autre qu'il y a des auteurs
08:58qui vendent des livres par palette entière et qu'on ne voit ni au micro de France Inter,
09:02ni sur le plateau de Quotidien, ni chez Augustin Tramnard.
09:05Ouais, alors moi ça... Pardon, je prends la parole, mais c'est vrai que c'est un de mes combats,
09:09notamment en ce qui concerne la romance.
09:10Les autrices, c'est surtout des femmes, les autrices de romance,
09:14donc ce genre littéraire de romans un petit peu qui sont les héritiers de Barbara Cartland
09:20et qui effectivement sont boudées par les médias de manière massive
09:24et qui pourtant vendent des palettes, mais carrément des wagons.
09:27Donc Morgane Moncomble, par exemple, qui est l'autrice leader de la romance en France,
09:31elle a 30 ans, elle a vendu 3 millions d'exemplaires de ses livres.
09:35Elle sort en gros un livre par an et en 2025, elle n'a pas sorti de livre
09:39parce qu'elle avait fait une pause avant sa nouvelle trilogie.
09:42Et on a imputé au fait qu'elle n'avait pas sorti de livre
09:45la baisse de quelques points des chiffres d'affaires de la librairie.
09:49Donc c'est des autrices en fait qui tirent le marché.
09:51Morgane Moncomble qui était une nouvelle tête il y a deux ans ici dans ce studio.
09:56Mais par exemple, une Frida McFadden, la femme de ménage,
09:59qui est donc un phénomène mondial, ne donne quasiment jamais...
10:02Oui, elle, elle ne donne pas d'interview.
10:04Quasiment jamais de...
10:04Et quand elle en donne, on se dit qu'elle fait bien de ne pas en donner.
10:07C'est vrai, elle n'a vraiment rien à dire.
10:08Elle n'a vraiment rien à dire.
10:10Guillaume Husson.
10:11En fait, on pourrait penser que produire beaucoup de livres, ça nourrit la diversité.
10:14Ça nourrit la diversité culturelle qu'on veut tous défendre.
10:17Au-delà d'un certain seuil, c'est l'inverse.
10:19C'est-à-dire que la surproduction tue la diversité
10:21parce que les clients, mais comme les libraires, comme les crédits clittéraires,
10:25sont face à une telle masse de nouveautés
10:27que finalement, ça se concentre autour des meilleures ventes.
10:31Donc, le travail des libraires tous les jours,
10:33c'est de résister à cette surproduction.
10:37Et comme on parle de prescription,
10:38je voudrais quand même dire, c'est quelque chose qu'on sait peu,
10:41mais les éditeurs qu'on appelle les éditeurs de création,
10:45les éditions RS, les éditions Agone, La Fabrique, P.O.L., Verdier, Corti,
10:50enfin, qui font des livres formidables,
10:53plus de la moitié, voire plus des deux tiers de leur vente,
10:56c'est dans les librairies indépendantes.
10:58Ce sont les librairies indépendantes qui font ce boulot-là.
11:01Je cite souvent l'exemple de Laurent Mauvignier,
11:03prix Goncourt 2025 avec La Maison Vide.
11:05Les premiers ouvrages de Laurent Mauvignier dans les années 90,
11:09ils ne se sont vendus que dans les librairies indépendantes.
11:11C'est les librairies indépendantes qui,
11:12comme le disait Jérôme Lindon,
11:16ce sont les librairies indépendantes qui ont créé le son.
11:18Les autres circuits sont nécessaires,
11:20la grande distribution, etc.,
11:22parce qu'ils amplifient.
11:23Jérôme Lindon, fondateur des éditions Deminuit.
11:25Voilà, si je ne m'abuse.
11:27C'est quoi la solution ?
11:29Parce que, par exemple, j'ai eu l'occasion
11:30de faire une tournée des librairies à Madrid
11:32et j'étais très surprise de découvrir
11:35qu'à Madrid, dans toutes les librairies,
11:37il y a un petit coin bistrot,
11:39on peut déguster du vin,
11:40on peut boire du thé,
11:41on peut manger des gâteaux.
11:44Est-ce que ça, par exemple,
11:46c'est une solution de diversifier la librairie,
11:49d'en faire un lieu de vie, par exemple,
11:51et de convivialité ?
11:52Il y a deux types de diversification.
11:54Il y a la diversification choisie,
11:55je dirais,
11:56et la diversification subie.
11:57Ça fait très longtemps qu'il y a des librairies,
11:59dans les années 60, 70,
12:03vous aviez plein de librairies,
12:04des librairies scolaires,
12:05qui vendaient de la papeterie,
12:06qui vendaient...
12:07Voilà, donc ça n'est pas un phénomène récent.
12:09On a aujourd'hui des librairies
12:11qui choisissent de se diversifier,
12:13notamment pour accentuer ce rôle social
12:16dans un village,
12:18dans une petite ville.
12:19et puis d'autres librairies qui le font
12:21en disant,
12:22moi, si je mets tel ou tel produit
12:23de la papeterie
12:24ou d'autres produits,
12:26la marge que je vais dégager
12:27sur ces autres produits
12:28sera trois ou quatre fois supérieure
12:30à celle que je dégage
12:31sur le livre neuf.
12:32Et donc, ça va me permettre
12:34d'équilibrer mon activité.
12:35Ça bouffe du rayon
12:36et ça enlève des liens.
12:37Mais ça enlève du livre.
12:38Clémentine Golzal, conclusion ?
12:40Oui, il me semble que sur cette idée
12:41que les libraires gagnent plus d'argent
12:43quand ils vendent un cahier vierge
12:44qu'un livre imprimé,
12:45il y a un problème avec les remises.
12:47Peut-être que vous pouvez expliquer ça
12:48beaucoup mieux que moi.
12:49Mais il y a un système de remise
12:51qui détermine en fait la marge
12:53que les libraires gagnent
12:54sur chaque livre
12:55et qui est très variable
12:56selon les groupes de distribution
12:57qui font des pressions énormes
12:58sur les libraires à ce sujet-là.
13:00Je vais essayer de le faire
13:01en deux secondes.
13:02On n'a pas le temps
13:03parce que c'est trop technique.
13:06Normalement, une librairie
13:07devrait avoir de meilleures remises.
13:09C'est-à-dire qu'elle devrait acheter
13:10les livres aux éditeurs
13:12moins chers qu'Amazon
13:13et c'est en fait,
13:14parce qu'elle a plus de charges,
13:15et c'est en fait l'inverse
13:15qui se produit.
13:16C'est le cœur du problème.
13:17Eh bien voilà !
13:18Quelque chose à améliorer
13:20et à changer.
13:20Ça fait un combat !
13:22Merci Guillaume Husson,
13:23merci Clémentine Golsan,
13:25merci à tous les deux.
13:25Sous-titrage Société Radio-Canada
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