- il y a 21 heures
Avec Armin Arefi, grand reporter au Point, spécialiste du Proche et Moyen-Orient, et David Pujadas, journaliste, producteur de l’émission « Le 24h Pujadas » sur LCI. Entretien à retrouver sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-debat/le-debat-de-la-grand-matinale-du-jeudi-05-mars-2026-9580136
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00:01Donald Trump a donc pris la parole ce matin pour annoncer avoir engagé avec Israël des frappes de grande ampleur
00:06visant le régime iranien.
00:08Ces images en direct de Jérusalem ou de nouvelles explosions ont été entendues.
00:12Des frappes qui ont touché des cibles militaires, des hauts dignitaires du régime.
00:16On va partir et retrouver notre correspondant au Liban.
00:20Dès samedi, toutes les chaînes d'info sont passées en spécial pour couvrir les frappes sur l'Iran et le
00:25Moyen-Orient qui s'enflamment aussitôt.
00:27Carton d'audience, images du conflit en direct, évolution heure par heure, décryptage à chaud.
00:33Peut-on comprendre la guerre en temps réel ? C'est la question que je pose ce matin.
00:38Ou bien est-ce un leurre, pire un piège, quand on tombe dans la surenchère de réactions à vif, voire
00:45dans la propagation de rumeurs ?
00:47France Inter, la grande matinale, Sonia De Villers.
00:52Et j'ai le plaisir d'en discuter ce matin avec David Pujadas. Bonjour David.
00:57Bonjour Sonia.
00:58Journaliste sur LCI, producteur de l'émission Le 24 Heures Pujadas.
01:02Et face à vous, Armin Aréfi, bonjour.
01:04Bonjour.
01:05Vous êtes grand reporter au Point, spécialiste du Proche-Orient et du Moyen-Orient.
01:09Et vous êtes iranien.
01:11Franco-iranien.
01:12Franco-iranien.
01:13Je le dis puisqu'on va essentiellement parler de la couverture de ce conflit
01:16que forcément les Iraniens et les Franco-Iraniens regardent avec un œil tout particulier.
01:22David Pujadas, est-ce que vous diriez que la guerre, la guerre sous toutes ses formes,
01:27c'est un sujet de télévision par excellence ?
01:30Ou en tout cas, est-ce que ça l'est devenu ?
01:33Un sujet de choix pour un vinteur ou pour une grande émission comme la vôtre ?
01:38Alors, Dieu merci, ce n'est pas que ça.
01:40La guerre, c'est d'abord un drame, un terrible drame, surtout pour ceux qui la vivent.
01:45C'est des enjeux géopolitiques.
01:47Mais du point de vue du journalisme et du journalisme télévisuel,
01:52c'est un sujet très important.
01:54D'abord parce que ça captive les gens.
01:58Et ensuite, parce que, alors, pour ce qui concerne la couverture en direct,
02:05puisque c'est votre sujet, si j'ai bien compris, même si moi, je ne fais plus ça aujourd'hui,
02:08mais je l'ai pas mal vécu, c'est évidemment un facteur de tension.
02:13Et tout ce qui est la tension, les médias parfois en usent et en abusent d'ailleurs,
02:19évidemment que ça nourrit les programmes de direct, bien sûr, de façon particulière.
02:24Mais est-ce que c'est une évidence, et je vous pose la question à tous les deux,
02:28en 2027, dans 2026, quand une guerre commence, on veut la voir ?
02:33Est-ce qu'aujourd'hui, on ne se pose même plus la question ?
02:36Il y a ce réflexe de l'image, c'est une évidence pour le public, on veut la voir.
02:41La guerre, elle se fait en images.
02:43David Pujadas, Armin Arévé.
02:45Alors souvent, d'abord, on la voit peu.
02:48Bien souvent, vous l'avez remarqué, les chaînes d'info continuent,
02:51et ça remonte peut-être à ce qui a été l'acte fondateur de la couverture de la guerre en
02:56direct,
02:57c'est-à-dire à la première guerre du Golfe.
02:59Bien souvent, vous avez quelques images sur lesquelles vous allez donner les informations.
03:03Donc, on veut la voir, mais on la voit.
03:05Donc, quelques images qui se répètent, qui se répètent, qui se répètent.
03:08Elles tournent en boucle.
03:08Donc, souvent, on la voit très peu.
03:10Mais il faut toujours se mettre à la place des consommateurs d'informations.
03:15Bien sûr qu'on a envie de savoir d'abord, et de voir ensuite si possible.
03:21Donc, quand vous êtes en charge d'un programme d'information,
03:26vous essayez de donner le maximum d'éléments.
03:28Armin Arévé, vous diriez, comme David Pujadas,
03:31aujourd'hui, c'est une évidence, on veut savoir, mais on veut voir.
03:34Voir, on veut voir d'abord et savoir ensuite.
03:37Je pense que ça a été le cas depuis toujours.
03:39En tout cas, si je me souviens bien, depuis la première guerre du Golfe en 1991,
03:42aujourd'hui, en plus, avec l'air des réseaux sociaux,
03:44on a tous notre nez rivé sur notre téléphone portable.
03:46On a envie de voir des images.
03:48On a envie de voir des images d'explosion, de bombardement.
03:50Donc, il est logique que les chaînes d'info continuent.
03:53Pardon ?
03:54Oui, qu'on nous les montre.
03:54Qu'on nous les montre.
03:55Il est logique que les chaînes d'info continuent,
03:58fassent toute leur couverture là-dessus,
04:01parce qu'on a envie de voir tout ça.
04:03Maintenant, moi, en tant que journaliste,
04:04alors il est difficile de critiquer ses confrères,
04:06et moi, en tant que Français et Iraniens,
04:08je me félicite que cette guerre, qui est quand même historique,
04:11et ces événements sont historiques,
04:13quoique très dramatiques, soient couverts par les médias.
04:18Maintenant, il y a, à côté de cela, quelques pièges.
04:21Moi, j'ai quand même le sentiment que depuis samedi dernier
04:23et les premiers bombardements qui ont eu la peau de l'ayatollah Ali Khamenei,
04:27on est beaucoup plus sur l'instant présent,
04:30l'instant précis de la guerre,
04:31les attaques, les ripostes, le bombardement,
04:33un schéma assez classique.
04:34D'ailleurs, on se souvient qu'on avait déjà vu
04:35lors du conflit à Gaza, post-massacre du 7 octobre,
04:38et qu'on est moins dans les causes de fond,
04:41les raisons qui ont poussé aujourd'hui Israël et les Etats-Unis
04:44à lancer une guerre contre l'Iran,
04:46d'ailleurs en violation du droit international,
04:48même si dire ça, ça ne veut pas dire soutenir,
04:49bien sûr, le régime islamique.
04:51Et donc, d'une certaine manière,
04:55cette immédiateté, ce besoin d'immédiateté, d'image,
04:58va servir quand même à un certain narratif,
05:02et notamment celui...
05:03Vous diriez ça ?
05:03Comment ?
05:03Vous diriez ça ?
05:05Clairement, en tout cas, moi, j'ai fait plusieurs plateaux...
05:07C'est-à-dire le narratif de ceux qui frappent,
05:10de ceux qui attaquent,
05:11le narratif de Donald Trump,
05:12le narratif de Benjamin Netanyahou en Israël ?
05:16Il faut dire que la République islamique d'Iran,
05:18quand même, au niveau médiatique et politique en France,
05:19fait l'unanimité contre elle.
05:21C'est une réalité.
05:23Peu de gens vont ouvertement soutenir le régime des Mollah,
05:26surtout après ce qu'il a fait il y a deux mois,
05:28un massacre à huis clos de 7 000 à 35 000 personnes en Iran,
05:31en à peine deux jours.
05:32Maintenant, ce qui est intéressant au niveau journalistique,
05:35je pense,
05:35c'est d'essayer de savoir pourquoi cette guerre a eu lieu.
05:39Quelles sont les menaces qui étaient présentées
05:41par Benjamin Netanyahou et Donald Trump ?
05:43Est-ce que le régime était sur le point
05:44de se doter de la bombe atomique ?
05:46Est-ce que c'est pour le peuple iranien,
05:47comme c'est annoncé par Benjamin Netanyahou,
05:50que les Américains sont en train de bombarder l'Iran ?
05:52Et le problème, c'est que si on n'a pas répondu à ces questions
05:54et qu'on se contente d'analyser les bombardements,
05:57les représailles dans le Golfe,
05:58les bombardements en Iran,
05:59les représailles contre les civils,
06:01on tombe dans une autre chose qui est tout aussi intéressante,
06:03il faut le faire,
06:04mais on passe un peu à côté
06:06de ce qui est en train de se jouer au niveau géopolitique
06:09et qui est considérable actuellement en Iran et dans la région.
06:11David Pujadas, vous diriez que le risque de la guerre minute par minute,
06:15quart d'heure par quart d'heure, heure par heure,
06:17c'est le risque d'épouser le narratif de ceux qui,
06:21là en l'occurrence américains, israéliens,
06:24de ceux qui attaquent,
06:25plutôt que de prendre le recul et de les remettre à leur...
06:28Je ne sais pas, j'exprimerai des nuances avec Armin,
06:33quand vous traitez hier, par exemple,
06:36de ce sous-marin américain
06:39qui a torpillé le vaisseau iranien
06:43au large du Sri Lanka.
06:45Quand vous le traitez,
06:46je ne sais pas de qui vous faites le narratif,
06:48parce que, bien sûr,
06:50que le côté opérationnel, militaire,
06:53la raison opérationnelle,
06:55le motif opérationnel, n'apparaît pas.
06:57Donc, vous pouvez avoir le sentiment
06:59d'un acte aussi,
07:01alors évidemment, sans doute,
07:03d'un point de vue légal, très discutable,
07:05mais même d'un point de vue humain,
07:08comment dire, un peu cruel,
07:10quand vous pensez qu'il y a 180 personnes d'équipage.
07:13Donc, c'est un peu plus ambivalent, je dirais.
07:16C'est-à-dire que c'est pareil avec l'affaire
07:18de cette école de fillettes
07:19dans le sud de l'Iran
07:21qui a été bombardée dans les premières heures.
07:22On y est revenu longuement hier.
07:25Donc, c'est à double tranchant.
07:26L'agresseur, l'agressé...
07:29Je pense qu'il y a quand même quelque chose
07:30qu'il faut bien que vous précisiez tous les deux,
07:33c'est que les journalistes français
07:34ne sont pas en Iran.
07:36Vous ne pouvez pas,
07:37LCI ne peut pas envoyer
07:38de journalistes,
07:39le point non plus,
07:40en Iran, sur le sol iranien.
07:42Vous avez les dépêches des agences de presse.
07:45C'est ce qui est une particularité d'Alik Jadas.
07:48Tout a changé de ce point de vue-là.
07:50Parce que les dépêches des agences de presse,
07:52effectivement, ça nous ramène
07:54à la première guerre du Golfe en 1991.
07:56Aujourd'hui, la grande nouveauté,
07:58c'est qu'il y a les réseaux sociaux.
08:00Alors, Internet est bloqué par le régime,
08:02mais vous avez de nombreuses sources d'images
08:05et d'informations qui vous parviennent.
08:08Et petit à petit,
08:09vous arrivez à faire le tri
08:10entre les comptes sérieux,
08:12les comptes moins sérieux.
08:13Au vu de l'expérience,
08:14c'est exactement ce qui s'est passé
08:16avec la guerre en Ukraine.
08:17Armin Arefi,
08:18il n'y a pas d'angle mort,
08:19là, en Iran,
08:20notamment, en dehors des grandes villes ?
08:21Oui, il y en a beaucoup.
08:22Non, mais je ne dis pas
08:23qu'il y a une couverture.
08:24Notamment en dehors des...
08:25Ce n'est pas tout à fait exact
08:26qu'il n'y a pas de journaliste.
08:27On a un journaliste français
08:27qui s'appelle,
08:28enfin, franco-iranien,
08:28qui s'appelle Tiavo Jigazi,
08:29qui est présent pour correspondre
08:30entre France 24 et la LCI,
08:32qui fait quand même
08:33un très bon boulot factuel.
08:34On a des dépêches.
08:34Et puis, quand même,
08:35on a une tonne d'images
08:36sur les réseaux sociaux
08:37que nous, journalistes,
08:38on essaye de vérifier
08:39et de publier sur nos réseaux
08:41qu'on envoie dans nos chaînes.
08:43Donc, non,
08:43il n'y a pas vraiment d'angle mort.
08:44Avec une surexposition quand même
08:46de Téhéran et des grandes villes
08:48par rapport aux provinces
08:49et aux petites villes ?
08:50Pas forcément.
08:51Pas forcément.
08:52On a quand même,
08:53par exemple,
08:53ce matin, moi,
08:54sur mes réseaux,
08:54j'ai quand même diffusé
08:55des bombardements
08:56qui ont eu lieu,
08:57certes, à Téhéran,
08:58mais également dans l'ouest du pays.
08:59Hier soir, pareil.
09:00Mais j'aimerais quand même
09:00revenir sur un point.
09:02C'est qu'on peut quand même
09:03être informé
09:04de ce qui se passe en Iran aujourd'hui.
09:08On sait qu'il y a une guerre
09:09par les deux parties,
09:11mais on a aussi des bilans,
09:12des bilans humains.
09:13Il y a quand même
09:13des ONG fiables.
09:14Alors certes,
09:14on a les ONG gouvernementales
09:16de la République islamique
09:17qui parlent aujourd'hui
09:17de 1 000 morts,
09:191 065 morts civiles et militaires,
09:21mais on a aussi des ONG
09:22indépendantes iraniennes
09:23basées aux Etats-Unis
09:23qui parlent quand même
09:24d'ores et déjà
09:25de 1 087 morts civiles
09:27depuis mardi.
09:28C'est quand même important
09:30et il faut le dire.
09:30Mais pour revenir justement
09:31à ce que je vous disais au début,
09:32je pense que le temps de la guerre
09:34est extrêmement important
09:34et d'ailleurs,
09:35pour amener de la nuance
09:39à ce que j'ai dit,
09:40je parlais de narratif
09:40effectivement en tout cas
09:41pour ce qui est
09:42de l'analyse précise
09:42technologique de la guerre
09:43où on a quand même
09:44des armées aujourd'hui
09:46extrêmement modernes
09:50qui sont passées
09:51mettre dans l'art
09:53de la guerre technologique
09:54et qui utilisent l'IA.
09:56Mais de l'autre côté,
09:56il ne faut pas oublier
09:57que côté iranien,
09:58les images que l'on a
10:01de buildings à Dubaï
10:03qui sont visées
10:04par des missiles balistiques,
10:09provoquent
10:09un véritable choc
10:10psychologique
10:11qui est recherché
10:11par les autorités iraniennes.
10:13C'est-à-dire qu'il ne faut pas oublier
10:13que la guerre asymétrique
10:14de l'Iran,
10:15c'est l'arme du pauvre.
10:16La volonté,
10:18c'est de faire mal
10:18à l'Occident,
10:19aux Etats-Unis
10:20par notamment les images
10:21afin de forcer
10:22les alliés des Américains
10:24à faire pression
10:25sur les Etats-Unis
10:25et ainsi amener
10:27à un cessez-le-feu.
10:28Mais pour revenir justement
10:28à ce que je disais au début,
10:29il y a quand même
10:29certaines choses
10:30qu'il faut rappeler.
10:31Par exemple,
10:32est-ce que l'Iran
10:33était sur le point
10:35avant la guerre des Deux-Jours ?
10:36C'est encore moins le cas
10:38au début janvier.
10:39Ça, ça pose la question
10:40des experts,
10:42c'est comme ça
10:42qu'on les appelle,
10:43qu'on fait venir
10:43sur les plateaux
10:45H24
10:46et là pour le coup
10:47c'est un vrai rendez-vous
10:48d'experts,
10:49votre rendez-vous
10:4924h Pujadas,
10:51David Pujadas.
10:52C'est-à-dire
10:52comment on les choisit,
10:53qu'est-ce qu'on leur fait dire
10:56face à ces images
10:57qui sont parfois
10:58parcellaires,
10:59parfois incomplètes
11:00et surtout
11:00qu'on reçoit
11:01en temps réel.
11:02C'est-à-dire
11:03comment on produit
11:03du discours
11:04et de l'analyse
11:05sur quelque chose
11:06qu'on reçoit
11:06en temps réel.
11:08Alors,
11:09la guerre est un objet
11:11journalistique
11:11d'une certaine manière
11:12comme tous les autres
11:13avec ses difficultés,
11:14ses défis propres
11:15mais c'est-à-dire
11:16qu'il y a le registre
11:16du quoi,
11:17donc vous décrivez
11:18ce qui se passe,
11:19il y a le registre
11:20du comment
11:20et il y a le registre
11:21du pourquoi.
11:22Donc c'est vrai
11:23que nous dans nos émissions
11:24on est beaucoup
11:24sur le pourquoi.
11:26Les causes
11:27et donner une tentative
11:28de logique à l'ensemble.
11:30Les experts
11:31c'est-à-dire
11:31se remettre
11:32sur le temps long ?
11:33Ah bien sûr,
11:34contextualiser,
11:35remettre sur le temps long,
11:37donner les objectifs
11:38des uns et des autres.
11:39Donc c'est un aller-retour
11:39en permanence
11:40entre le temps réel
11:42et le temps long ?
11:42Si on regardait
11:43le travail des chaînes info
11:44peut-être LCI en particulier
11:45qui a cette réputation
11:46et qui est justifiée,
11:48ce travail
11:49de contextualisation,
11:50d'expertise,
11:52il est devenu
11:53une pratique quotidienne.
11:54Donc en fait,
11:55le breaking news
11:56comme on dit
11:57pour parler en bon français,
11:58ça n'est qu'une petite partie
12:00désormais
12:00du travail des chaînes info.
12:01Sauf que vous,
12:03Armina Refi,
12:04vous remarquez quand même
12:05que justement
12:06dans ce travail
12:07de contextualisation,
12:08de remettre dans le temps long
12:09d'expertise,
12:10d'analyse,
12:11etc.
12:11que produisent
12:11les chaînes d'info,
12:12il y a aussi
12:13beaucoup d'opinions,
12:14beaucoup de parties prises
12:15et que ça se télescope
12:17avec l'information
12:18au sens classique
12:20et objectif du terme.
12:23Effectivement,
12:23alors c'est là
12:24qu'il faut faire la distinction
12:25entre les plateaux
12:26d'analystes,
12:27d'experts
12:28qui connaissent la région,
12:29même s'il est toujours
12:30intéressant à mon sens
12:31de savoir qui parle
12:32et d'où il parle,
12:33parce que je pense
12:33que c'est essentiel
12:34pour l'honnêteté journalistique
12:36vis-à-vis du téléspectateur.
12:37Et de l'autre côté,
12:38parfois,
12:39il y a effectivement
12:40de l'opinion
12:42qui vient se mêler à ça
12:43dans des cas spécifiques,
12:45alors encore une fois,
12:45chacun a la possibilité
12:47de parler
12:50de l'Iran,
12:51mais c'est vrai
12:52que par soi,
12:52Charlie Hebdo, par exemple,
12:53a fait un grand papier
12:54sur tous les généraux,
12:56les généraux en réserve,
12:57les militaires de réserve,
12:58les généraux en retraite
12:59qui fleurissent
13:00sur les plateaux
13:01en se demandant
13:02comment ils parlent,
13:03par qui ils sont briefés,
13:04qui ils sont, etc.
13:05La question que le grand public,
13:06justement, se pose...
13:06Ça, je pense que c'est essentiel
13:07parce que le grand public
13:08n'est pas toujours au courant.
13:09Maintenant, pour ce qui est
13:10justement des partis pris,
13:11c'est intéressant
13:12parce que, encore une fois,
13:14chacun peut parler de l'Iran,
13:15chacun a le droit
13:16de parler de l'Iran,
13:17mais encore faut-il
13:17que ce soit, à mon sens,
13:19documenté,
13:20basé sur des faits.
13:20Et le problème,
13:21le paradoxe,
13:22c'est que souvent,
13:22sur les réseaux sociaux,
13:23les séquences qui font
13:24davantage le buzz,
13:25ce sont les partis pris
13:26qui vont cliver.
13:27Or, encore une fois,
13:27ce qui est intéressant
13:28en termes journalistiques
13:29par rapport à l'Iran,
13:30c'est pas dire
13:30« j'aime le régime,
13:31j'aime pas le régime,
13:32le régime va tomber,
13:33le régime va pas tomber,
13:34ça, on n'en sait rien »,
13:35c'est de donner tous les éléments
13:36de compréhension aux téléspectateurs
13:38afin qu'ils se fassent
13:39son propre avis
13:39sur la réalité,
13:40les réalités factuelles.
13:41Non, d'abord,
13:42vous sélectionnez,
13:44vous choisissez vos experts
13:45pour ceux qu'ils savent
13:46et pour ceux en quoi
13:47ils sont experts.
13:48Il y a des experts militaires.
13:50Eux vont vous expliquer
13:52quelles armes sont utilisées,
13:53pourquoi, comment,
13:54les stratégies militaires,
13:56l'opérationnel militaire.
13:58Vous avez des experts géopolitiques.
14:00Et là, c'est à vous
14:01de veiller à ce qu'il y ait
14:01des voies différentes.
14:02Quand vous avez Gérard Harraud
14:03d'un côté,
14:04Bruno Tertré de l'autre,
14:05c'est évidemment pas
14:06la même vision
14:07du monde géopolitique
14:08que vous allez avoir.
14:09Vous allez tenter
14:10d'avoir plusieurs sphères.
14:12Vous avez ensuite
14:13les experts de l'histoire
14:14qui vont là
14:15vous contextualiser
14:16dans le temps.
14:17Bref, à chaque expert
14:18sa tâche.
14:19Mais les toutologues,
14:20voilà, méfiance.
14:22Méfiance ?
14:22Méfiance des toutologues.
14:24D'accord.
14:25Méfiez-vous de la toutologie.
14:27Merci à tous les deux,
14:28Armine Aréfi.
14:29On vous lit dans le point.
14:30David Pujadas,
14:31on vous retrouve sur LCI.
14:32Le point qui fait
14:33un numéro spécial
14:34sur le livre noir
14:35d'Emola,
14:3647 ans de République islamique
14:37aujourd'hui dans les kiosques.
14:38Eh bien, on vous retrouve
14:39en kiosque
14:40et on vous retrouve sur LCI.
14:41Merci à tous les deux.
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