- il y a 7 heures
Pour leurs loisirs, les jeunes passent toujours 10 fois plus de temps sur les écrans qu’à lire des livres, selon un sondage du Centre national du livre (CNL) auprès de jeunes de 7 à 19 ans réalisé début 2026. Comment leur redonner le goût de la lecture ? Débat entre Régine Hatchondo, présidente du CNL et Jules Stimpfling, entrepreneur et créateur de contenus, cofondateur du média "Le Crayon".
Retrouvez "Le débat de la Grande matinale" sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-debat-du-7-10
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00:02Et c'est le débat du jour. Ce matin, suite au Salon du Livre qui s'est tenu à Paris
00:07et à une étude fracassante du Centre National du Livre,
00:10un débat sur ce qui inquiète le monde de l'édition et les amoureux des livres.
00:14Le déclin préoccupant de la lecture en particulier chez les jeunes.
00:17Les Français âgés de 7 à 19 ans consacrent 18 minutes par jour à la lecture en moyenne contre 3h01
00:24minutes aux écrans, soit 10 fois plus.
00:26Et un tiers des 16-19 ans ne lit pas du tout. Deux chiffres chocs d'une étude publiée la
00:31semaine dernière.
00:32Alors comment inverser la tendance ? Comment réenchanter la lecture ? Faut-il pousser les jeunes et les moins jeunes
00:37d'ailleurs à se déconnecter,
00:38à lâcher leur smartphone et prendre le temps de lire ? Les réseaux sociaux peuvent-ils paradoxalement être un moyen
00:44de ramener les jeunes à la lecture ?
00:46Et surtout, faut-il repenser notre rapport au livre et à la littérature ? On en parle.
00:50France Inter, la grande matinale d'Apnée Burki.
00:55Et on en parle aujourd'hui avec Régine Hachando. Bonjour.
00:58Bonjour.
00:59Vous êtes présidente du CNL, c'est le Centre National du Livre, l'établissement public qui en fait soutient les
01:04auteurs, l'édition, les librairies et la lecture en France.
01:07Et nous sommes aussi avec Jules Stimpling. Bonjour.
01:11Bonjour.
01:12Bienvenue, vous êtes entrepreneur, créateur de contenu, cofondateur du groupe Média Le Crayon.
01:17Et vous êtes connu sous le pseudonyme Jules comme César sur les réseaux sociaux où vous partagez vos conseils de
01:21lecture.
01:22Alors on commence avec vous, Régine Hachando.
01:24Le Centre National du Livre a donc publié cette étude.
01:27En amont du Salon du Livre, qui a été d'ailleurs un succès ce week-end dans la capitale,
01:31que dit-elle au fond ? Que les jeunes français lisent de moins en moins et qu'ils passent de
01:35plus en plus de temps sur les écrans.
01:36Ce chiffre, il est frappant quand même.
01:3818 minutes de lecture quotidienne en moyenne contre 3h01 minutes d'écran.
01:42Oui.
01:43Alors c'est assez stable.
01:4410 fois plus de temps passé sur les écrans versus lire.
01:47Je précise sur les écrans à faire autre chose que lire.
01:50Parce que beaucoup nous écrivent en disant, mais les jeunes ont une autre manière de lire aujourd'hui.
01:55Nous on parle de la lecture d'un livre, qu'il soit sur support numérique ou qu'il soit sur
01:59support papier.
02:00Je précise cela pour qu'il n'y ait pas de malentendus.
02:02On n'est évidemment pas contre la lecture sur support numérique.
02:06En revanche, vous dites que ce qui a changé, c'est que la lecture régulière diminue
02:10et que les jeunes font très souvent autre chose en même temps qu'ils lisent.
02:1441% des jeunes sondés disent faire autre chose,
02:17comme se laisser embarquer tout simplement par les réseaux sociaux.
02:20Est-ce que c'est ça ce qui vous inquiète le plus ?
02:22Une lecture de plus en plus fragmentée, comme si elle était contaminée par les écrans.
02:25Oui, ça nous inquiète parce que, comme vous pouvez l'imaginer,
02:28pour être totalement imprégné de l'imaginaire d'un auteur,
02:33s'approprier les personnages, voir s'identifier, être dans l'émotion,
02:37la mémoire aussi se souvenir de ce qui s'est passé avant,
02:39quand on reprend le livre, on sait qu'on ne peut pas être...
02:43La mémoire n'est pas du tout aussi fiable lorsqu'on l'interrompt en permanence
02:48pour regarder et répondre aux réseaux sociaux ou regarder des vidéos sur Youtube.
02:53Puisque ce sont les deux activités qui viennent en priorité
02:56sur ce que font les jeunes pendant qu'ils lisent.
02:59Quand on dit les jeunes, et vous avez raison tout à l'heure en introduction,
03:03on doit aussi s'intéresser à nous, à notre génération.
03:07L'an dernier, on était sur une étude qui était les Français de la lecture,
03:10on voyait que ceux qui décrochaient le plus, c'était les plus de 55 ans,
03:13qui ont souvent une valeur d'exemplarité vis-à-vis des jeunes.
03:16Donc on a aussi grandement une responsabilité en tant qu'adulte.
03:20Et je pense que donc, c'est un sursaut collectif de chacun d'entre nous
03:24qui doit être pris en compte, non pas sur une injonction autoritaire de « il faut lire »,
03:30mais sur trouver le livre qui donnera du plaisir et donnera envie de lire encore.
03:35Eh oui, 45% déclarent lire quotidiennement, ce qui est un niveau quand même historiquement bas.
03:42Et plus d'un quart disent « envoyez des messages, allez sur les réseaux sociaux
03:46ou regardez des vidéos tout en lisant ».
03:48Jules, vous, vous faites le choix avec d'autres de vous servir des écrans pour donner envie de lire.
03:53Comment est-ce que vous l'avez reçu ce constat du CNL,
03:57du fait que les écrans, le temps passé sur le smartphone,
03:59c'est, j'ai l'impression par rapport à cette étude, devenu l'ennemi numéro un de la lecture ?
04:04Ou est-ce que le sujet, finalement, il est un peu plus complexe que ça ?
04:07Alors, le numérique a certainement une part très importante
04:10parce qu'il écrase d'autres pratiques.
04:13Et je pense qu'on en est tous conscients, on est tous victimes aussi.
04:17Et j'ajoute effectivement au mot d'Origina Chondo
04:20parce que la pratique des adolescents et des jeunes,
04:24on peut les culpabiliser, mais elle est aussi mimétique.
04:28C'est aussi une imitation de ce que font les adultes,
04:32plus en tout cas leurs parents, leurs grands-parents.
04:34Non, c'est de la faute de tout le monde.
04:36Mais en tout cas, ce n'est pas seulement de la faute des adolescents
04:40de passer leur journée rivés à un téléphone.
04:43Quand les parents font la même chose,
04:45on peut s'interroger légitimement sur l'exemple qu'ils donnent.
04:48Et puis les réseaux sociaux permettent aussi, effectivement,
04:51de se nourrir de choses très positives.
04:54Il y a à boire et à manger.
04:55Bien sûr.
04:56Mais vous, comment est-ce que vous lisez ?
04:57Parce que ça m'intrigue quand même, vous deux.
04:59Est-ce que vous mettez le téléphone de côté pendant le temps de lecture ?
05:03Est-ce que vous faites justement l'expérience de cette fragmentation de l'attention
05:07entre deux pages où vous consultez votre téléphone ?
05:10Alors, moi, depuis trois mois, parce que je me suis rendu compte
05:13que j'étais devenue, ce qui est normal,
05:15complètement habituée à répondre pendant votre lecture.
05:19Depuis trois mois, lorsque je lis,
05:21je mets mon téléphone portable sur mode avion dans le salon.
05:24Comme ça, je n'entends pas, je n'entends rien.
05:27Et je me rends compte d'ailleurs que je retrouve
05:29une lecture très agréable parce que concentrée.
05:33Donc vous êtes en train de me dire que le vrai polar d'aujourd'hui,
05:35ce n'est plus qui est le coupable,
05:36mais c'est qui lit 20 pages sans toucher son téléphone ?
05:39Et pour ça, j'ai un conseil.
05:40Je trouve que lire le matin, c'est vraiment très agréable.
05:43On n'a pas besoin de se jeter sur son téléphone immédiatement,
05:46mais se réveiller en douceur,
05:47et Dieu sait que c'est difficile de sortir du lit le matin,
05:50je trouve que c'est une super pratique d'avoir un livre sur sa table de chevet plutôt.
05:54Mais s'endormir aussi, c'est très agréable.
05:55Oui, pour les deux, ça fonctionne très bien.
05:56Bon, vous vous retrouvez, vous voyez, c'est mignon.
06:00Comment vous recevez, Jules, les appels à la déconnexion ?
06:04Emmanuel Macron, il a appelé jeudi dernier
06:06à instaurer une journée sans connexion mensuelle pour les jeunes,
06:10afin qu'ils retrouvent la lecture ou le sport,
06:13la vitalité de la vie réelle.
06:14Est-ce que c'est une partie de la solution ?
06:17A noter d'ailleurs que vous avez passé votre week-end apparemment avec Emmanuel Macron,
06:20vous l'avez en gros interviewé.
06:21J'ai eu cette chance, effectivement, et Emmanuel Macron a dit dans l'interview qu'on a faite de lui,
06:27quand on finit un livre, on n'est jamais seul.
06:29J'ajouterais même, quand on lit un livre, on n'est jamais seul.
06:31Je pense que cette déconnexion, elle passe aussi par,
06:35en tout cas c'est une réponse au sentiment de solitude
06:37que peuvent ressentir beaucoup de ma génération.
06:40Et donc moi je suis plutôt favorable à ce sujet-là.
06:43Je pense néanmoins que ce n'est pas la seule solution,
06:45et qu'il faut aussi réenchanter la manière dont on parle de livres.
06:48En parler avec davantage d'humour, par exemple.
06:51On va en parler, évidemment, parce que vous, si on vous suit sur vos réseaux sociaux,
06:54en effet, vous avez une manière particulière de parler des livres.
06:56Mais Régine, vous, je crois que vous applaudissez dès demain
06:59l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans,
07:02qui est en passe d'être adoptée, a priori, vers septembre.
07:05Ces réseaux sociaux, vous dites, sont clairement des produits toxiques.
07:08Mais est-ce que, en s'en prenant comme ça au réseau,
07:12est-ce qu'on va réussir à réenchanter justement la lecture ?
07:14Parce que c'est une chose, évidemment, d'empêcher l'addiction aux réseaux sociaux,
07:17aux écrans chez les jeunes,
07:18mais c'est quand même une autre chose d'arriver à les faire lire.
07:21Alors, on prend souvent, effectivement, un extrait de ce que j'ai pu dire,
07:24et je le pense, je pense que c'est majoritairement toxique.
07:27Mais évidemment, nous n'avons pas la niaiserie de penser
07:30que parce qu'on interdirait les réseaux sociaux,
07:32on se retrouverait avec une majorité d'adolescents
07:35en train de dévorer des livres tous les jours.
07:37On n'en est pas là.
07:39Je pense, et c'est un autre sujet, j'allais dire,
07:42que les réseaux sociaux, sauf quand on sait les utiliser
07:45avec parcimonie et avec esprit critique,
07:48je pense qu'on se rend compte que sur beaucoup des adolescents,
07:52ils peuvent faire du mal, d'accord ?
07:55Et que d'autre part, ils créent de toute façon
07:57un rapport au temps qui se raccourcit terriblement,
08:00donc une problématique de concentration, de mémoire,
08:03qui elle-même va contre le temps long
08:06de la concentration, de la mémoire, du calme,
08:09que crée la lecture.
08:10Donc, il ne s'agit pas de les opposer de manière triviale
08:13comme si l'un disparaissait,
08:14l'autre allait devenir une pratique incontournable.
08:17Non.
08:17Il y a toujours eu des jeunes qui n'avaient pas lire.
08:20Enfin, ce n'est pas nouveau aujourd'hui.
08:22En revanche, il se trouve que c'est la double peine
08:24parce que non seulement les réseaux sociaux
08:25nous rendent addicts parce que les plateformes
08:27sont faites pour ça,
08:29et c'est une nouvelle forme de grand capitalisme sauvage,
08:31il faut quand même le dire.
08:32Ils sont là pour nous aliéner.
08:34Mais je ne pense pas que les cinq patrons des GAFAM
08:36aux Etats-Unis nous font rêver ce matin
08:37autour de cette table.
08:39Ça, c'est votre position, M. Nachondo.
08:41Mais on va quand même regarder un chiffre
08:42qui est intéressant par rapport aux réseaux sociaux.
08:4428% des jeunes choisissent un livre
08:46après avoir entendu parler de lui sur Internet.
08:49C'est ce qu'on peut lire, en tout cas, dans votre étude.
08:51Et ce chiffre, il grimpe même à 51% pour les 16-19 ans.
08:54Donc, aujourd'hui, c'est sur les réseaux sociaux
08:56qu'on trouve manifestement des conseils de lecture,
08:59qu'on trouve même de la prescription, Jules.
09:01Oui, absolument.
09:01C'est ce à quoi je m'attache avec le comte Jules comme César,
09:04qui recommande à quelques centaines de milliers de personnes des œuvres.
09:08Je ne suis pas le seul.
09:08Il y en a qui le font de manière très créative.
09:10Maxime Biaggi, qui est un gros, gros YouTuber en France,
09:13a un book club dans lequel il fait lire Martin Eden, par exemple.
09:17J'ai un profil auquel je pense, qui s'appelle Géronie Monstre, sur les réseaux sociaux,
09:22qui n'a pas du tout le profil académique du lecteur,
09:25et qui fait des petits sketchs de, en gros, les dealers de quartier qui sont postés.
09:30Ah oui, j'adore.
09:33Et j'ai un autre exemple là-dessus, c'est les échecs.
09:38Un jeu qui demande énormément d'attention,
09:40et qui a cru ces dernières années avec un essor phénoménal,
09:44y compris au travers des réseaux sociaux.
09:46Parce qu'il y a des Julien Son, des Gartin,
09:48certains créateurs de contenu qui se sont emparés sur les réseaux,
09:50et qui ont modernisé, c'est la manière dont on en parle,
09:52avec humour et avec enthousiasme.
09:54Régine Achandeau, vous expliquez que la moitié,
09:57et j'ai complètement halluciné,
09:59la moitié des 12-19 ans ne savent pas que les écrivains sont vivants,
10:02et qu'il existe des œuvres contemporaines.
10:05C'est-à-dire que pour eux, c'est juste quelque chose de patrimonial.
10:08Pour faire lire, il faut réussir à faire comprendre
10:10que les écrivains sont vivants,
10:12qu'ils parlent aujourd'hui,
10:13qu'ils ne sont pas coincés entre Molière et les dinosaures.
10:16Je suis d'accord.
10:17Alors, ce n'est pas dans l'étude, cela.
10:18Ça, c'est notre expérience,
10:20puisqu'on en est à plus de 4200 rencontres d'auteurs dans les collèges et les lycées.
10:24Et c'est ce que l'on constate.
10:25Je précise cela, parce que ce n'est pas l'enquête Ipsos-BVRA.
10:29Oui, je pense qu'on a une littérature jeunesse qui est quand même extraordinaire.
10:32Et d'ailleurs, je suis vraiment contente,
10:34parce que hier et avant-hier,
10:35les trois jours du Salon de Livres n'ont pas désempli.
10:37Ça dit aussi quelque chose sur le désir de livre,
10:40lorsqu'il peut être partagé dans un salon,
10:42avec la rencontre d'auteurs,
10:43des dédicaces, et qu'on est nombreux.
10:45C'était incroyable. Je n'ai jamais vu le Grand Palais.
10:47Oui, il n'y avait là que le leu.
10:48Bon, ça, ce sera une autre histoire.
10:49C'est une autre histoire.
10:49Ça a été un peu compliqué.
10:51Je sais, je sais, je sais.
10:52Peu importe.
10:52Je sais, je dis juste que c'est intéressant à observer.
10:56Donc je pense que la littérature jeunesse,
10:58la rencontre d'auteurs jeunes et bel et bien vivantes,
11:01n'a rien dans le fait de, là aussi,
11:03dire du mal de Balzac, Molière ou Stendhal.
11:05Mais je pense que ça pourrait, pour certains,
11:09favoriser le goût de la lecture.
11:10Jules.
11:10Oui, et une des clés pour moi,
11:12c'est d'encourager toutes les pratiques de lecture.
11:14Voilà.
11:14De ne surtout pas culpabiliser des pratiques
11:17qui seraient moins académiques.
11:18Par exemple, la lecture de mangas,
11:20de bandes dessinées, de new romances,
11:21de dark romances,
11:22tout ce qui peut faire lire,
11:23en fait, il ne faut aucun jugement de valeur.
11:25Exactement.
11:26Et on le voit,
11:26j'en discutais au Festival du Livre
11:28avec une chercheuse du nom de Flora Hopkins
11:29qui étudie cette pratique sur la romance
11:32en disant, mais les femmes,
11:34les jeunes filles qui consomment de la romance,
11:35elles sont conscientes que c'est peut-être
11:37plus léger que du Proust,
11:38mais ça les amène aussi,
11:40au fur et à mesure de leur maturité,
11:43vers d'autres pratiques de lecture.
11:45Et puis, par ailleurs,
11:46c'est une lecture qui est tout à fait honorable en soi.
11:49Et ça vaut pour toutes celles-ci.
11:51Régine Hatchando,
11:53vous dites quelque chose de très simple
11:54et qui paraît évident
11:55et qui serait formidable.
11:56La solution,
11:57c'est que les livres soient partout.
11:58Au pied du lit,
11:59dans l'intimité du foyer,
12:00à l'école,
12:00mais aussi dans le RER,
12:01dans le train,
12:02en livre audio,
12:02dans la voiture,
12:03jusque dans l'entreprise.
12:04Que ce serait la seule façon,
12:05finalement,
12:06de lutter contre l'omniprésence des écrans.
12:08De la même manière,
12:09donc,
12:09qu'il y a des écrans partout,
12:11il faudrait que le livre soit partout.
12:12Oui,
12:13je pense que ça devrait être
12:13le fil rouge de nos politiques,
12:15au fond,
12:16d'avoir des toutes petites bibliothèques
12:17dans le wagon-bar des TGV,
12:19a fortiori au moment des grandes vacances
12:20ou des grands départs,
12:22pour donner envie de lire.
12:25J'ai tout dit,
12:26en fait,
12:26j'ai dit dans cette phrase,
12:27je pense que le livre
12:28pourrait être partout.
12:30C'est quand même,
12:31le livre peut ne pas être très cher.
12:34Je pense au partenariat
12:35qu'on a fait avec Flammarion
12:36et la petite collection Librio
12:38au moment du quart d'heure de lecture.
12:40Ce sont des livres à 2 euros,
12:41avec des grands classiques
12:42et des contemporains.
12:44Donc,
12:442 euros,
12:45je pense que c'est à la portée
12:46de beaucoup d'entre nous.
12:48Donc,
12:48je pense que ce n'est pas
12:48une question de prix,
12:50même si parfois,
12:51c'est une question
12:51qui nous est posée.
12:52Bien sûr.
12:52Et c'est normal,
12:53dans le cadre de l'étude.
12:55Et je pense qu'on pourra avoir
12:56des politiques beaucoup plus volontaristes
12:57pour avoir des livres partout.
12:59Moi,
13:00là-dessus,
13:00j'aimerais juste pousser
13:01un rapide coup de gueule,
13:02c'est de se dire
13:02on regarde les jeunes
13:04avec des yeux de vieux
13:05au lieu de se dire
13:06comment est-ce que je m'adapte
13:07aux pratiques des jeunes
13:08en leur poussant
13:10le petit prince en map
13:12dans Roblox.
13:13Ça fait 10 ans
13:13qu'on a toute une génération
13:14d'hommes et de femmes
13:15qui vont à la salle de sport
13:15pour être une meilleure version d'eux-mêmes.
13:16Pourquoi est-ce qu'on n'a pas
13:17des étagères de bouquins
13:19dans les basic feats ?
13:19Vous vous rejoignez encore une fois,
13:20c'est merveilleux !
13:21C'est la première fois
13:23qu'on se rencontre.
13:24Pourquoi est-ce qu'on n'a pas
13:25des skins de gavroche
13:27dans Fortnite
13:27alors qu'on construit
13:28des barricades toute la journée
13:29et que ça fait 10 ans
13:29que l'industrie musicale
13:30a investi Fortnite
13:32pour faire sa promotion
13:33et le cinéma ?
13:33Je trouve que les éditeurs
13:34doivent aussi renouveler
13:35leur communication.
13:35Pour Régine Hachando,
13:37on occupe avec les livres
13:39tous les espaces
13:40comme les écrans
13:41et pour Jules Stimfling,
13:43on ne ramènera pas
13:44les lecteurs
13:45avec la morale
13:46mais en tout cas
13:46en parlant des livres autrement.
13:48Donc la bataille
13:49se joue encore chez vous.
13:50Vous pouvez débattre,
13:50réussir à donner envie
13:51de tourner une page
13:52plutôt que de scroller
13:53la suivante.
13:53Merci d'avoir été avec nous aujourd'hui.
13:55Merci à vous.