Passer au playerPasser au contenu principal

Extrait d’une discussion avec Jean-Marc Jancovici, ingénieur et expert énergie climat, ancien membre du Haut Conseil pour le climat et président du Shift Project.
Sur la chaîne de Swann Périssé, il analyse le poids réel du numérique dans les émissions mondiales de CO2, la dépendance du digital aux énergies fossiles et la question de la sobriété dans un monde contraint en énergie et en matériaux. Netflix, YouTube et le confort numérique deviennent des symboles d’un modèle peut être incompatible avec les limites physiques.
Jancovici évoque aussi les chocs climatiques déjà en cours, les risques sociaux et politiques, et la nécessité de repenser nos modes de vie, le statut social et l’organisation collective pour construire un avenir plus soutenable.

#ecologie #climat #sobriete #energie #societe

Réponses au quiz de fin :
/!\ Description à ne pas lire avant d'avoir vu la vidéo entièrement
/!\

/!\

/!\
/!\

Quelle part des émissions mondiales de CO2 le numérique représente-t-il aujourd’hui ?
➡ 4 %.

Quel courant politique est mentionné comme pouvant bénéficier de ces crises ?
➡ Le populisme.

Depuis quelle année le revenu disponible des ménages en France est-il en baisse ?
➡ 2010.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Aujourd'hui, le digital, c'est à peu près 4% des émissions de gaz à effet de serre, de CO2 planétaire.
00:06Ce qui veut dire que ça consomme à peu près 4% des combustibles fossiles sur la planète.
00:11Alors, à quoi ils servent ces combustibles fossiles ?
00:12Ils servent à faire la caméra qui est en train de nous filmer,
00:14ils servent à faire les smartphones, ils servent à faire les ordinateurs, les composants de réseau.
00:18Et par ailleurs, ils servent à faire tourner les centrales électriques qui alimentent tout ce bazar derrière.
00:23Est-ce qu'on a encore, dans un monde de plus en plus sobre, en matériaux et en énergie,
00:27la possibilité d'avoir un système digital aussi gros ?
00:31Ben, c'est pas sûr.
00:38Vous dites, utiliser Internet, c'est utiliser du charbon.
00:41Est-ce que dans un monde sobre, il y a encore Netflix ?
00:45On s'en fout de Netflix.
00:48Moi, j'ai beaucoup dit, hein.
00:50Mais non, moi je m'attendais à... Est-ce qu'il y a encore des podcasts de Swan Pélicé ?
00:52Sex Education, c'est...
00:54Est-ce qu'il y a encore YouTube ?
01:02On a fait un beau signe de YouTube, là, qui brûle.
01:05Mais parce qu'on ne veut pas qu'il brûle, vous avez compris ?
01:07Eh bien, la question...
01:08La réponse, c'est que c'est pas sûr.
01:09Aujourd'hui, le digital, c'est à peu près 4% des émissions de gaz à effet de serre, de CO2 planétaire.
01:15Ce qui veut dire que ça consomme à peu près 4% des combustibles fossiles sur la planète.
01:20Alors, à quoi ils servent, ces combustibles fossiles ?
01:22Ils servent à faire la caméra qui est en train de nous filmer.
01:24Ils servent à faire les smartphones.
01:25Ils servent à faire les ordinateurs, les composants de réseau.
01:28Et par ailleurs, ils servent à faire tourner les centrales électriques qui alimentent tout ce bazar derrière.
01:33Est-ce qu'on a encore, dans un monde de plus en plus sobre, en matériaux et en énergie,
01:37la possibilité d'avoir un système digital aussi gros ?
01:40Bah, c'est pas sûr.
01:42Mais une fois que j'ai dit ça, j'ai tout dit et j'ai rien dit.
01:46Merci.
01:46Merci Jean-Marc.
01:48On va être bien avancé avec ça.
01:50Ça va sûrement changer notre rapport au temps.
01:53À l'époque où il n'y avait pas d'énergie abondante,
01:54il n'y avait pas d'études longues, de retraite,
01:57ni de temps pour les vacances.
01:58Si moi, je ne peux plus partir en vacances,
02:00Netflix and chill,
02:02regarder un petit porno,
02:03au calme,
02:05boire du rosé en terrasse
02:06et faire du kayak,
02:07à quoi vont ressembler mes journées.
02:15C'est plus le moment où je suis obligé de me taire, là.
02:20Eh bien, autre chose.
02:26J'essaie de faire prendre conscience aux gens, Jean-Marc.
02:29Vous ne m'aidez pas du tout, là.
02:30Eh bien, ils regarderont les étoiles.
02:34Mais ils m'invitent en date ou quoi, là ?
02:36Alors, vous dites, les enfants,
02:42tu leur dis, attention le doigt dans la porte,
02:44ils n'écoutent pas,
02:46ils se prennent le doigt dans la porte,
02:47puis ils arrêtent de le mettre.
02:49À votre avis, quand est-ce que nous,
02:50on va se prendre le doigt dans la porte,
02:52et comment ?
02:54Excellente question que je vous remercie d'avoir posée.
02:57C'est un plaisir.
02:59C'est moi qui l'ai écrite.
03:02Eh bien, j'en sais rien.
03:03Idéalement, le...
03:04Non, non, non.
03:05Il est nul comme invité, franchement.
03:08C'est nul.
03:09J'en sais rien, mais par contre,
03:14ce que je sais, c'est que j'espère le plus vite possible.
03:16C'est-à-dire que j'espère que le plus vite...
03:17Parce qu'aujourd'hui, on se prend déjà des doigts dans la porte.
03:19Encore une fois, quand on regarde autour de nous,
03:22les incendies ici, les sécheresses là,
03:25une partie des bâtiments qui commencent à se fissurer,
03:27une partie des migrations qui commencent déjà à poser problème,
03:30de la disette alimentaire qui déclenche déjà des émeutes
03:32ou des déstabilisations politiques.
03:34Par exemple, le printemps arabe en 2011, c'était typiquement ça.
03:36Il y avait un déterminant climatique très fort.
03:38Donc, des doigts dans la porte, on commence déjà à s'en prendre.
03:40Et pour le moment...
03:42Alors, je ne sais pas si on ne réalise pas que c'est des doigts dans la porte.
03:45Ou je ne sais pas si ça ne fait pas encore assez mal.
03:47D'accord ?
03:47Donc, la porte ne coince pas.
03:49Mais, en gros...
03:50On a compris la métaphore.
03:52Voilà.
03:53Mais, en gros, pour le moment,
03:56c'est...
03:57Enfin, voilà.
03:57On ne s'est pas pris des coups suffisants sur la tête.
04:00Pour se dire, non, là, vraiment, il faut qu'on se réveille
04:02et il faut qu'on parte dans une autre direction.
04:03Et, en plus, il y a quelque chose
04:05qui est un danger supplémentaire dans cette affaire.
04:07Alors, ce n'est pas de moi ce que je vais vous dire.
04:09C'est d'un homme qui s'appelle François Gemmène.
04:11Mais qui a expliqué que,
04:13dans un monde dans lequel ça commencera à aller très mal,
04:16en fait, il est fort possible que la réaction
04:18ne soit pas du tout de se dire
04:19on va collectivement se serrer les coudes
04:21pour faire en sorte qu'on se mette à orienter la société
04:24d'une manière différente.
04:25On va juste chercher des coupables
04:26et des boucs émissaires.
04:29Et ça sera encore pire.
04:30Marine Le Pen, par exemple.
04:34Ce n'est pas vraiment un...
04:35N'hésitez pas à prendre mes analyses politiques
04:37pour les développer dans des débats plus tard.
04:41Ce n'est pas vraiment...
04:42Elle bénéficie plutôt de ce genre de trucs.
04:44Ce n'est pas elle le bouc émissaire.
04:47Mais elle en bénéficie, bien sûr.
04:49La montée du populisme est un danger qui nous guette
04:51dans ce genre de contexte.
04:52C'est absolument évident.
04:53Et du reste, on le voit bien aujourd'hui
04:54dans un certain nombre de pays.
04:56Attends, deux secondes.
05:01Bon.
05:02Est-ce qu'on est obligé de retourner
05:03au mode de vie paysan ?
05:05Ou est-ce qu'on peut s'organiser en tant que société
05:07pour garder ce qu'il y a de bon dans le cochon ?
05:11J'ai perdu tous les véganes avec cette expression.
05:14J'aimerais qu'on parle de sobriété choisie,
05:16Jean-Marc.
05:17La sobriété choisie, peut-elle être sexy ?
05:21Vous dites...
05:22Je ne sais pas pourquoi la personne rigole,
05:23mais je trouve ça super bien amené
05:26et subtil et bien lu.
05:28Vous dites que regarder le problème
05:30droit dans les yeux aujourd'hui
05:32peut avoir des aspects positifs,
05:34qu'il va falloir inventer des nouveaux secteurs,
05:36créer de l'emploi, etc.
05:37Qu'est-ce qu'il pourrait y avoir de positif
05:40dans construire un monde plus sobre
05:41et on a besoin d'exemples ?
05:44S'il vous plaît.
05:46Alors, les exemples les plus simples,
05:47enfin, ou plus actuellement,
05:48les domaines dans lesquels c'est le plus simple,
05:49c'est les domaines dans lesquels
05:50on est déjà dans l'excès.
05:51C'est-à-dire qu'en fait,
05:52le fait d'avoir autant que ce qu'on a aujourd'hui
05:54nous joue déjà des sales tours.
05:57Alors, les exemples,
05:58on les connaît dans le domaine de la santé.
06:00Par exemple, aujourd'hui,
06:01on a un excès de voiture
06:02et un excès de pollution.
06:04On a un excès de voiture
06:05et un excès de sédentarité.
06:06Et on a un excès de nourriture
06:08et un excès de poids, en gros.
06:09Donc, il y a des domaines
06:10dans lesquels on est déjà dans l'excès.
06:12Et là, le fait de devenir plus sobre,
06:14c'est un discours qui peut s'articuler
06:15exactement comme on a articulé
06:16le discours sur le tabac.
06:18Faites-en moins, vous vous porterez mieux.
06:21Ça, c'est assez facile à amener au début.
06:25Il y a un autre sujet sur la sobriété
06:27qui est un sujet sur
06:28si vous avez moins,
06:31ça vous coûte moins cher.
06:32Donc, il y a un sujet strictement économique
06:34qui est quand même un sujet important
06:35pour beaucoup de gens.
06:37Il n'y a pas juste les étoiles dans la vie.
06:39Et donc, la question
06:42de la possibilité d'économiser
06:44et donc de retrouver des marges de manœuvre
06:46dans d'autres domaines
06:47est quelque chose
06:49qui peut aussi être un argument.
06:50D'autant plus que, malheureusement,
06:52quand on regarde le revenu disponible
06:54des ménages en France,
06:55il diminue depuis 2010.
06:57Donc, l'essentiel de nos concitoyens,
06:59ils sont déjà gênés aux entournures.
07:00Ils ont déjà besoin de chercher des marges.
07:01Donc, si on leur amène des marges
07:03en leur disant
07:04ça réunit plusieurs avantages,
07:07c'est quelque chose
07:08qui peut les intéresser.
07:09Maintenant, il y a des comportements sobriété
07:11dans lesquels
07:11il faut que les gens
07:13aient la possibilité de les exercer.
07:15Alors, je vais prendre un exemple.
07:18Un exemple qui est la voiture.
07:20Dans le domaine de la voiture,
07:22exercer la sobriété,
07:23ça veut dire avoir délibérément
07:25des plus petites voitures
07:26et les conduire moins.
07:28Alors, ça, c'est possible
07:30si l'urbanisme s'y prête
07:31et c'est possible
07:33si vos schémas mentaux s'y prêtent.
07:35Aujourd'hui, avoir une voiture
07:36un peu importante,
07:37ça reste un objet de statut social
07:38et donc, il y a aussi
07:40une responsabilité collective,
07:41quelque part,
07:42qui est de faire en sorte
07:43que les règles
07:44qui font qu'il y a du statut,
07:46progressivement, on les change.
07:48Alors, ça, c'est pas de la responsabilité
07:49d'un seul individu, quelque part.
07:51C'est quelque chose
07:52de plus collectif.
07:52Notamment la responsabilité
07:53des influenceurs ?
07:54Ils peuvent très bien jouer
07:55un rôle positif
07:56dans ce domaine-là, oui.
07:56En disant, ouais, regarde
07:57ma petite Clio, pop, pop, pop !
08:01Eh, ma bicyclette !
08:04Mes rollers !
08:05C'est des exemples ?
08:10Oui, mais...
08:12Les sujets de statut,
08:14ils ont toujours changé,
08:15c'est des sujets culturels, quoi.
08:16Donc, ils ont changé
08:17parce qu'à un moment,
08:17il y a des gens
08:18qui ont amené quelque chose
08:18de nouveau
08:19et qui ont fini par avoir
08:20de l'audience
08:21et de l'estime, bien sûr.
Commentaires

Recommandations