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  • il y a 10 heures
Ce samedi 6 juin, Sylvain Duranton, directeur monde de BCG X, Frédéric Simottel, éditorialiste à BFM Business, Christian Chavagneux, éditorialiste à Alternatives Économiques, Jean-Marc Daniel, professeur émérite à l'ESCP, Nicolas Bouzou, fondateur du cabinet d'analyse économique et de conseil Asterès, ainsi que Léa Benaim, journaliste à BFM Business, étaient les invités, dans l'émission La Librairie de l'éco présentée par Emmanuel Lechypre.. La Librairie de l'éco est à voir ou écouter le samedi sur BFM Business.

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Transcription
00:02BFM Business, la librairie de l'écho, Emmanuel Lechypre.
00:09Bienvenue dans la librairie de l'écho, l'émission de BFM Business qui vous offre chaque semaine le meilleur de
00:14la littérature économique.
00:16Alors évidemment, pas d'émission sur les livres sans auteur, nous leur consacrerons la première partie de l'émission.
00:23Même si, vous allez voir, le programme n'est pas tout à fait celui que nous avions envisagé, mais vous
00:30ne serez pas déçus.
00:31Vous retrouverez ensuite nos critiques attitrées Jean-Marc Daniel, Christian Chamagneux pour leurs coups de cœur et leurs coups de
00:35gueule.
00:36Et puis évidemment, nos études, nos chiffres.
00:39N'oubliez pas nos comptes sur les réseaux sociaux, la librairie de l'écho sur Instagram, X, Facebook, LinkedIn, YouTube,
00:47pour retrouver tous les livres dont on parle dans l'émission.
00:53Et tout de suite, nos invités.
01:00Alors nous voulions continuer à explorer méthodiquement les différentes facettes de l'IA dans cette librairie de l'écho.
01:09Avec les questions qui sont les questions phares à la fois philosophiques, économiques, sociales.
01:13Jusqu'où ira la complémentarité entre l'homme et l'intelligence artificielle ?
01:17Va-t-elle nous remplacer, décider à notre place, travailler à notre place ?
01:21Va-t-elle nous tuer ou nous rendre plus vivants ?
01:24Nous avions deux invités qui étaient prévus.
01:28Alors l'un d'entre eux est bien là, c'est Sylvain Duranton.
01:33Sylvain, il est le directeur associé senior de BCGX.
01:38Vous êtes monsieur intelligence artificielle au BCG, Sylvain.
01:43Si, il faut le dire.
01:44Vous êtes la statue du commandeur de l'intelligence artificielle au BCG.
01:47Et vous avez piloté un rapport toujours très attendu, IA at work, qui sort ces jours-ci.
01:54Et dont nous allons évidemment regarder le détail.
01:59Et puis alors, nous avions invité Gilles Babinet qui sort un nouveau livre.
02:03On le connaît bien, Gilles Babinet, entrepreneur.
02:05Bonheur, il a co-présidé le Conseil national du numérique.
02:08Il devait être dans cette émission.
02:09Et là, il y a un quart d'heure, il nous apprend quoi, Gilles Babinet ?
02:12Eh bien qu'il est papa.
02:14Voilà.
02:15Et donc, on souhaite évidemment à toute sa petite famille tous nos voeux de bonheur.
02:20On regrette qu'il ne soit pas là, mais ça n'est que partie remise.
02:23Et donc, qu'est-ce qu'on fait quand on veut parler d'intelligence artificielle sur BFM Business ?
02:28De façon parfaite, sérieuse et décontractée.
02:32Eh bien, on recourt à Frédéric Simotel.
02:36Bonjour, bonjour.
02:36On va discuter, IA, les amis, avec Sylvain Duranton, Frédéric Simotel.
02:41Évoquez les livres.
02:43Vous avez lu le livre de Gilles Babinet, Frédéric Simotel.
02:49On était plutôt sur des grandes questions philosophiques.
02:53On se demande si on n'est pas à la naissance d'un nouvel humanisme.
02:56C'est la question que ce Paul Gilles Babinet dans ce livre s'appelle
02:58Le Péril IA, Devenir les Machines ou Rester Vivant.
03:01C'est aux éditions Le Passeur.
03:04Alors, Le Péril IA ne voyait pas du tout un livre négatif.
03:06Au contraire, il dit que justement, c'est le moment de s'interroger
03:09parce que ces machines sont en train de vraiment s'intégrer à notre vie.
03:13Et puis, je crois qu'on a rarement vu ça.
03:17Enfin, si, peut-être avec l'iPhone, le smartphone, mais qui a mis plusieurs années.
03:20Mais aujourd'hui, tout le monde, vous croisez n'importe qui dans la rue,
03:22il va vous dire qu'il utilise chaque GPT pour préparer ses vacances,
03:26pour savoir comment il va s'habiller aujourd'hui,
03:28pour savoir comment il doit répondre à son patron.
03:30Et puis, quand vous rentrez dans l'entreprise, évidemment,
03:32il y a tout un tas d'applications autour de la relation client,
03:34des process industriels.
03:36Et Gilles Babinet, c'est ce qu'il dit.
03:37Il dit, attention, est-ce qu'on se laisse entraîner dans ce mouvement
03:40et on essaie de faire avec la machine comme on peut ?
03:43Ou alors, est-ce qu'on prend un peu de recul ?
03:44On continue, évidemment, à travailler avec ces machines.
03:46On prend un peu de recul et on se dit,
03:47comment faire pour que l'humain reste au centre de tout ça
03:50et créer ce nouvel humanisme ?
03:53Il essaie de trancher quand même des questions fondamentales.
03:55Il y a toujours le débat entre ceux qui disent
03:58l'intelligence artificielle, c'est une révolution technologique
04:01comme on en a toujours connu.
04:03Donc, sous-entendu, ça va détruire des emplois,
04:05mais ça va en créer plus que ça l'en détruit.
04:07Et puis, il y a l'autre camp qui est ceux qui disent,
04:08mais attention, cette fois, ce n'est pas pareil.
04:11Et là, Gilles Blabinet, il nous dit, un, attention,
04:14c'est quand même la plus grosse révolution anthropologique
04:18depuis sans doute l'invention de la sédentarité,
04:20depuis que l'homme s'est sédentarisé,
04:22ce qui a changé complètement les relations sociales.
04:25Et puis, il nous dit, quand même, il y a une question de temps,
04:30il y a une question de timing dans la révolution.
04:32Et il dit, oui, mais attention, il dit,
04:34vous avez l'impression que ça va aller de plus en plus vite,
04:37mais on voit déjà un certain ralentissement,
04:41parfois, dans toutes les contributions
04:44que l'intelligence artificielle peut apporter.
04:46Oui, c'est-à-dire que là, on le voit dans l'actualité,
04:48on est tous un peu embarqués par tous ces milliards
04:50qui sont investis dans l'intelligence artificielle,
04:52et ça nous donne un peu le tournis.
04:53On a l'impression qu'on est pris dans ce tournis sans cesse.
04:55En plus, vous avez des acteurs américains, notamment,
04:57qui savent parfaitement communiquer,
04:59qui vous sortent une nouvelle version.
05:00Ils ont tous les jours, ils ont quelque chose à dire.
05:02Donc, on a l'impression d'être vraiment dans ce tournis.
05:04Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, les entreprises,
05:05elles prennent du recul par rapport à ça.
05:06Elles font attention, parce que tout ça,
05:08ça coûte de l'argent aussi.
05:09C'est des milliards, mais il faut que les entreprises,
05:11elles utilisent tout ce genre de choses.
05:13Et puis, de dire à quel point c'est important,
05:15et là, je souligne ce que vous venez de dire,
05:17l'encyclique du pape Léon XIV,
05:21elle est sur quoi ?
05:22Elle est sur l'IA.
05:23Il est venu lui-même la présenter.
05:24Vous savez, Jean-Paul II avait fait quelque chose
05:26sur le social et les jeunes.
05:28Le pape François avait fait quelque chose
05:29sur l'environnement.
05:31On avait le pape Léon XIII,
05:33qui, à l'époque, avait dit
05:34la nouvelle condition humaine, le nouveau travail.
05:35Et bien là, on a un pape qui,
05:37dans son encyclique,
05:38c'est une lettre d'intention,
05:41quelque chose qu'il envoie à ses évêques,
05:43il dit qu'il faut vraiment réfléchir autour de ça.
05:45Il l'appelle d'ailleurs Magnificat Humanis.
05:47C'est de dire, voilà,
05:49l'IA, il faut vraiment en tenir compte.
05:51On doit, entre guillemets, désarmer l'IA.
05:53Tout d'entendu, il ne s'agit pas
05:54de mettre l'IA de côté
05:55et de continuer notre vie.
05:55Donc, c'est de voir comment on fonctionne avec l'IA,
05:57mais qu'on ne lui donne pas tous les pouvoirs.
05:59Et justement, l'humain est important.
06:00Et là, on rejoint,
06:02c'est son encyclique, quelque part,
06:03à lui aussi, à Gilles Babinet,
06:05qui, évidemment, connaît ça.
06:06Et puis, en plus,
06:07ce qui est bien avec Gilles Babinet,
06:08c'est qu'il a le temps de prendre...
06:09Enfin, il prend le temps de prendre du recul,
06:11d'aller changer beaucoup,
06:12et donc de synthétiser tout ça dans cet ouvrage.
06:14Et on espère le voir très bientôt
06:15venir nous parler de cet ouvrage.
06:18Absolument.
06:20Sylvain Duranton,
06:21est-ce que toutes les...
06:23Parce qu'on va venir à votre étude
06:26extrêmement détaillée,
06:27qui s'intéresse beaucoup
06:28à ce qui se passe dans l'entreprise,
06:29mais est-ce que vous vous interrogez aussi ?
06:31Est-ce que vous vous posez aussi
06:32les grandes questions philosophiques ?
06:35J'en évoque trois
06:37que soulève Gilles Babinet dans son livre,
06:40parce qu'en fait,
06:40au cœur de ces trois questions,
06:42il y a la problématique du travail
06:44à laquelle vous allez répondre.
06:46Mais il nous dit,
06:49est-ce qu'on va vers
06:51la plus grande fracture sociale de l'histoire ?
06:53Est-ce qu'on va vers
06:54la plus grande concentration
06:55de richesse de l'histoire ?
06:57C'est-à-dire que jamais dans l'histoire,
06:59aussi peu d'entreprises
07:00n'ont créé autant de richesses
07:02redistribuées entre aussi peu
07:06de personnes ?
07:07Et puis,
07:07qui détiendra la richesse
07:09dans ce monde automatisé ?
07:11Et au cœur de tout ça,
07:11Sylvain Duranton,
07:12il y a quand même
07:12cette question du travail.
07:14C'est-à-dire,
07:15est-ce que l'IA va nous remplacer ?
07:18Comment ?
07:19Pourquoi ?
07:19Dans quelle proportion ?
07:20Est-ce que vous,
07:21vous arrivez aujourd'hui
07:22à avoir une idée,
07:24alors je ne dis pas clair,
07:25mais des convictions
07:26au moins sur le sujet ?
07:27Alors,
07:28sur le travail,
07:29il y a beaucoup de spéculations,
07:30vous l'avez dit,
07:31entre des personnes
07:33qui disent,
07:33il n'y aura plus de boulot pour personne,
07:34en gros,
07:34quelques-y affrontent tout,
07:35d'autres qui disent au contraire,
07:37non, non, non,
07:37il y aura encore du travail.
07:38Nous, on a mené une étude récente
07:40qui confirme un peu
07:42mes convictions
07:43sur le marché du travail américain
07:45et sur le marché du travail américain,
07:46quand on regarde vraiment
07:47l'ensemble des métiers,
07:484000 métiers
07:49passés au peigne fin,
07:50si on se met dans une perspective
07:52à 3-5 ans,
07:53parce que dans 50 ans,
07:54ce que fera l'IA,
07:55je pense qu'on peut spéculer,
07:56mais difficile de prendre des positions,
07:59à 3-5 ans,
08:00ce qu'on voit,
08:00c'est qu'il y a une partie de métiers,
08:01en gros 60% pour l'économie américaine,
08:03qui ne vont pas être tellement percutés.
08:06Ensuite,
08:06il y a une partie des métiers
08:09qui, eux,
08:10vont avoir un gros impact de l'IA,
08:12c'est-à-dire que,
08:13d'un seul coup,
08:14mon métier,
08:15je vais le faire avec des assistants IA,
08:16ça va être différent,
08:18je vais faire les choses différemment,
08:21et après,
08:22j'ai des métiers qui vont être
08:23en grande partie substitués
08:25parce qu'ils s'automatisent beaucoup.
08:27Et je pense qu'une des dimensions
08:28qui manquent dans pas mal d'analyses,
08:29c'est que si j'arrive à être assisté,
08:31si je suis plus productif,
08:32j'ouvre des perspectives aussi de croissance.
08:35L'exemple typique,
08:36c'est le code.
08:36On sait bien que le code,
08:37il est de plus en plus automatisé
08:38dans sa production.
08:39Et malgré tout,
08:40on continue de voir le nombre de codeurs
08:42augmenter aux États-Unis.
08:43Pourquoi ?
08:44Parce qu'il y a une demande pour du code.
08:45Aujourd'hui,
08:45on sait qu'il y a des temps d'attente
08:46qui sont très longs.
08:47Il y a peu de logiciels
08:48qui répondent complètement à la demande.
08:50On est toujours un peu embêté.
08:51Ça ne va pas assez vite.
08:51Ce n'est pas complètement bien conçu.
08:53Donc, il y a des métiers
08:54sur lesquels
08:54il y a une grosse expansion possible.
08:56Puis, il y a des métiers
08:57sur lesquels il n'y a pas
08:57beaucoup d'expansion.
08:58Et oui,
08:59il peut y avoir des destructions d'emplois.
09:01Nous, aujourd'hui,
09:01le chiffre à 5 ans,
09:02on parle d'entre 10 et 15 %
09:04d'emplois qui sont menacés
09:06et exposés
09:07à une certaine forme d'automatisation.
09:09Alors,
09:10ce n'est pas la majorité des emplois.
09:11Donc, on n'est pas dans un tsunami
09:12de destruction d'emplois
09:13dans la société.
09:14En revanche,
09:15ça veut dire que
09:17il y a des transitions à anticiper.
09:19Mais surtout,
09:20la grande majorité des emplois
09:21en entreprise
09:22vont être transformés.
09:23Et là,
09:23il y a de l'accompagnement
09:24à apporter.
09:25– Mais ce que vous nous dites,
09:26en fait,
09:27alors pour le coup,
09:27vous,
09:28vous êtes plutôt dans le camp
09:29de ceux qui disent
09:30ce ne sera pas si différent que ça
09:32des grandes révolutions
09:33technologiques passées.
09:34– Ce sera très différent
09:36à cause de cette notion de vitesse.
09:37Les choses vont beaucoup plus vite
09:38que sur les autres innovations.
09:40En revanche,
09:42la société humaine
09:43arrivera à absorber
09:44cette innovation
09:46comme elle en a absorbé d'autres.
09:48Il y a un moment
09:48de transition à gérer
09:49qui ne va pas être simple
09:50pour les entreprises
09:51parce qu'il faut faire
09:53beaucoup d'efforts en entreprise
09:54pour arriver à changer
09:56la façon dont les personnes travaillent,
09:58mais aussi pour la société
09:59parce qu'il y a une période
10:01de transition
10:01qu'il va falloir gérer
10:02au niveau des pouvoirs publics.
10:03– Frédéric Simantel.
10:04– Il y avait une étude
10:05qui était sortie
10:06il y a quelques...
10:07Je ne sais plus
10:08qui l'avait...
10:08Enfin bref.
10:09Il disait qu'il faut regarder
10:11un peu nos tâches.
10:12On peut décomposer
10:14chacun de nos métiers
10:15en plusieurs tâches.
10:16Alors que l'on soit même
10:17en col blanc,
10:18enfin même journaliste,
10:19on peut dire
10:19quelles sont les 15-20 tâches
10:21que je réalise par semaine
10:22entre mes interviews,
10:23faire les émissions,
10:24préparer, etc.
10:26Et il se disait
10:27que quand on se rend compte
10:28que 30% de ces tâches
10:29sont remplaçables
10:30par l'IA,
10:31là, notre métier,
10:32il faut vraiment
10:33commencer à réfléchir
10:34à le...
10:35Voilà.
10:36Seulement 30% de ces tâches
10:37qui peuvent être...
10:38Dans ma recherche documentaire,
10:39dans l'écriture de mes articles,
10:40dans peut-être...
10:42Voilà.
10:42Résumer mes interviews.
10:45Et si je me dis
10:45que 30% de mes tâches
10:46peuvent être remplacées,
10:47là, il faut que je commence
10:48à vraiment commencer à...
10:49Mais être accompagné à chaque fois.
10:50Parce que c'est ça un peu
10:51le souci aujourd'hui,
10:52c'est que ce n'est pas juste
10:53une formation sur l'outil,
10:55c'est au quotidien,
10:55quoi, presque.
10:56Et sur ce point de bascule,
10:58nous, on le situe
10:58exactement à 30 ou 40%.
11:00C'est la bascule
11:01entre un métier
11:02dans lequel on s'approche
11:05vraiment d'un impact
11:06très fort,
11:07et à moins de ça,
11:08on est plus dans quelque chose
11:09qui se gère
11:09dans la continuité.
11:11Alors, venons-en,
11:12Sylvain Duranton,
11:13aux grandes conclusions
11:13de votre étude
11:16sur l'intelligence artificielle
11:19au travail.
11:20On rappelle,
11:2012 000 répondants,
11:22une quinzaine de pays.
11:26Moi, il y a un chiffre
11:27qui m'a vraiment frappé.
11:29Il y a 4 employés sur 10
11:30aujourd'hui qui utilisent l'IA
11:32et ça leur fait gagner
11:34une journée de travail.
11:35Tout à fait.
11:36Alors, vous le disiez,
11:37c'est l'occasion,
11:38avec cette étude,
11:40de débunker,
11:41c'est votre mot,
11:42un certain nombre
11:42d'idées reçues.
11:43Je pense que
11:44pour attaquer sur celle
11:46avec laquelle
11:47vous aviez commencé
11:47en faisant allusion
11:48à la concentration
11:49de richesses, etc.,
11:51quelque part,
11:51on lit souvent
11:52l'IA,
11:53ça va renforcer
11:54la fracture sociale,
11:54c'est un truc de privilégiés
11:56et une fois de plus,
11:57on va aller dans le mauvais sens
11:57pour la société.
11:58En gros, c'est un truc
11:59d'intello,
12:00de privilégiés,
12:01de diplômés,
12:03de CSP+,
12:04et de riches.
12:06Alors, tout à fait.
12:07Là-dessus,
12:08je pense qu'on est sortis
12:09de ce paradigme
12:10cette année.
12:11Alors, quelques éléments.
12:12Le premier,
12:14on a aujourd'hui,
12:15parmi les employés,
12:17vraiment,
12:17niveau d'exécution
12:19dans les entreprises,
12:20on a 74%
12:21de personnes
12:22qui se déclarent
12:23utilisateurs réguliers
12:24de l'IA.
12:25On avait eu
12:26un plateau
12:27à 50%
12:27pendant deux ans,
12:28on a gagné
12:2922 points
12:30en une année.
12:31Alors,
12:32les cadres dirigeants
12:33et les cadres
12:34sont encore au-dessus
12:34de ce niveau,
12:35plutôt au-dessus de 80%,
12:36mais il y a un phénomène
12:37de rattrapage énorme
12:38qui se fait.
12:39C'est la première chose.
12:40Ensuite,
12:40quand on regarde
12:41en fonction de la taille
12:41des entreprises,
12:42on se dit toujours
12:43que c'est pour les grandes entreprises,
12:44pour les petites,
12:44c'est moins vrai,
12:45etc.
12:45Quand on regarde
12:47ce chiffre
12:48de 74%
12:50en moyenne
12:50pour l'échantillon,
12:51il descend à 70%
12:53pour les entreprises
12:53de taille plus petite
12:54de notre échantillon.
12:55Alors,
12:55on n'est pas
12:56sur
12:58des petites entreprises
12:59individuelles,
13:00on est comme sur
13:00des entreprises
13:00qui sont plutôt
13:01des ETI,
13:01mais ce n'est pas
13:02réservé aux grandes entreprises.
13:03Et surtout,
13:05on oppose souvent
13:06pays riches,
13:06pays pauvres,
13:07parce que finalement,
13:07il y a que les États-Unis
13:08et la Chine
13:08qui vont tirer parti
13:09de l'IA
13:10et qui vont l'utiliser.
13:11Quand on regarde
13:12pour l'utilisation,
13:13en tête du peloton,
13:14l'Inde,
13:15premier pays mondial,
13:16on ne va pas dire
13:17que c'est un pays
13:17particulièrement privilégié,
13:19les trois lanternes rouges,
13:20les États-Unis,
13:21l'Italie
13:22et la France.
13:23Donc,
13:23on n'est pas dans un monde
13:24où aujourd'hui,
13:25c'est les pays
13:26de l'Ouest,
13:27disons,
13:28qui avancent le plus
13:29et qui en tirent
13:30le plus partie
13:30au niveau de leurs employés,
13:32mais c'est aussi
13:33dans le Sud global.
13:34Donc,
13:35première idée reçue,
13:36c'est un truc de privilégié.
13:37L'étude répond clairement
13:38non.
13:39C'est un truc de gens
13:41qui en ont besoin.
13:42Qui en ont besoin
13:43et qui en ont envie.
13:44Oui.
13:45Alors,
13:45l'autre idée
13:47qui est souvent
13:49véhiculée,
13:50qui est,
13:51finalement,
13:51l'intelligence artificielle,
13:53ça déshumanise
13:53un peu le travail,
13:54ça isole,
13:55finalement,
13:56les travailleurs.
13:58Et vous dites,
13:59non,
13:59ce n'est pas ce qu'on voit
14:00à travers l'enquête.
14:01Alors,
14:01c'est une des grandes questions
14:03qu'on avait.
14:03Parce qu'il y a tout un tas
14:04de discours là-dessus
14:05pour se rendre compte
14:06si, finalement,
14:06est-ce que les gens
14:07qui l'utilisent,
14:07ils sont plus contents
14:08qu'avant
14:08ou moins contents
14:09qu'avant.
14:10Le chiffre,
14:11moi,
14:11qui me frappe énormément,
14:12c'est qu'on a
14:1357% des utilisateurs
14:15qui disent,
14:15moi,
14:16j'ai plus de satisfaction
14:17au travail
14:18avec,
14:19grâce à l'IA,
14:19dans les utilisateurs réguliers.
14:20Je suis plus heureux
14:21au travail.
14:21Je suis plus heureux
14:22au travail.
14:23Et c'est entre 3 et 4 fois plus
14:24que les gens qui disent,
14:25je suis moins heureux.
14:26Donc,
14:27au total,
14:27on a une vraie augmentation
14:28de la satisfaction au travail.
14:30D'abord et avant tout,
14:32par rapport à ce que vous disiez,
14:33qui est,
14:3542% des gens
14:37économisent
14:37un jour par semaine
14:38de tâches fastidieuses
14:40qu'il fallait faire,
14:40qu'on répétait,
14:41etc.
14:41Exactement ce que vous disiez,
14:42Frédéric,
14:43ces tâches-là
14:44ont une partie
14:45qui disparaît.
14:46Un point intéressant
14:47sur la France,
14:48ce 42% mondial,
14:51en France,
14:52on n'est qu'à 20%
14:52de gens qui déclarent,
14:54voilà,
14:54moi,
14:54j'ai pu économiser
14:55l'équivalent
14:56d'une journée
14:56de travail par semaine.
14:58Donc,
14:59on est vraiment
14:59sur quelque chose
15:00qui,
15:01pour les personnes,
15:03apporte beaucoup plus
15:04de satisfaction au travail
15:05que d'angoisse
15:06ou de sujets de ce type.
15:07Et là,
15:08ce n'est pas idéologique,
15:09ce que je dis,
15:10ce n'est pas anecdotique,
15:11c'est fondé
15:11sur les chiffres,
15:12comme vous disiez,
15:13d'une étude
15:13auprès de plus
15:15de 12 000 salariés.
15:16Oui,
15:16moi,
15:16j'ai deux exemples.
15:17Je vais parler
15:18de mon métier,
15:19j'ai deux exemples.
15:19Il y en a un premier,
15:21alors,
15:22tout ça,
15:22conclu avec la RH,
15:25la direction juridique,
15:26crée un avatar,
15:27un avatar,
15:28le mien,
15:29j'ai été filmé
15:29dans différents endroits,
15:30et aujourd'hui,
15:31cet avatar me permet
15:32de faire des bandes annonces.
15:32C'est-à-dire,
15:33je dis,
15:33voilà,
15:34bonjour,
15:34vous êtes avec l'avatar
15:35de Frédéric Simotel,
15:35retrouvez-moi cet après-midi,
15:37retrouvez-moi ce soir
15:38dans la librairie de l'écho,
15:39on parlera d'IA,
15:41etc.
15:42Et donc,
15:43on peut me rétorquer,
15:44ah oui,
15:44mais là,
15:44comment tu faisais avant ?
15:46Tu devais prendre un studio,
15:48tu avais un ingénieur du son,
15:49tu avais un preneur d'images,
15:51il y avait un réalisateur,
15:52etc.
15:53Non,
15:54on ne le faisait plus,
15:54parce que les gens
15:55se déplaçaient pour deux minutes
15:57devant l'annonce
15:57et trois personnes,
15:59en termes de coût,
16:00et même eux,
16:00en termes de satisfaction
16:02du travail,
16:03ils ne trouvaient pas ça
16:03très intéressant,
16:04ils préféraient mieux préparer
16:05leurs émissions.
16:06Eh bien,
16:07voilà,
16:07là,
16:07typiquement,
16:08aujourd'hui,
16:09ces bandes-annonces sont faites,
16:11moi,
16:12ça me satisfait,
16:12parce que justement,
16:13elles sont réalisées,
16:16ça n'enlève pas du travail
16:18aux autres,
16:18parce qu'on ne le faisait pas,
16:18de toute façon,
16:19et puis eux,
16:20ce n'était pas très satisfaisant.
16:21Et autre chose aussi,
16:22alors là,
16:22c'est plus à titre individuel,
16:23quand on fait,
16:24quand on prépare ce type d'émission,
16:26souvent,
16:26on fait des interviews en amont,
16:28on a trois,
16:28alors si on a une table ronde,
16:29on a trois,
16:30quatre personnes,
16:31alors on fait des interviews,
16:32après on cherchait comment
16:33articuler avec les uns et les autres,
16:35on fait faire tout ça par l'IA,
16:36une fois qu'on a tous les thèmes.
16:38Alors,
16:38il n'y a pas un manque de créativité,
16:39puisque les questions,
16:40c'est nous qui les posons,
16:41c'est nous qui avons réfléchi.
16:42L'IA va organiser,
16:43elle va nous proposer
16:44différentes formes d'organisation,
16:45et là,
16:46on va aller chercher
16:47celles qui nous intéressent,
16:49on va appuyer,
16:49et là,
16:49notre travail de créativité va arriver.
16:50Et là,
16:51je gagne 60% de temps.
16:52Oui,
16:53mais ce que vous décrivez,
16:53tous les deux,
16:55moi,
16:55je veux bien,
16:55c'est quand même
16:58des gains de productivité
17:00considérables,
17:00sauf que les amis,
17:02aujourd'hui,
17:02dans les chiffres,
17:03on ne les voit pas,
17:04ces gains de productivité.
17:05On se retrouve avec un nouveau paradoxe de Solo,
17:07qui est que,
17:08finalement,
17:09l'intelligent,
17:09alors,
17:10il disait,
17:12la productivité,
17:13on la voit partout dans les machines,
17:15mais pas dans les statistiques,
17:16et là,
17:16c'est la même chose,
17:17c'est-à-dire que l'IA,
17:20elle est partout,
17:20sauf dans les statistiques de productivité,
17:22aujourd'hui.
17:23Je prends juste 30 secondes,
17:25moi,
17:25ce que je dis souvent,
17:25c'est que ce temps de productivité,
17:27ce temps-là,
17:28me permet,
17:29non pas d'arrêter à travailler,
17:30à 5 heures du soir,
17:31mais me permet de faire des choses
17:33que je ne faisais pas avant,
17:34mais je ne le disais pas.
17:37Tout simplement,
17:37il y a plein de choses que je ne faisais pas,
17:39je disais,
17:40oui,
17:40oui,
17:40ou alors je les faisais très vite,
17:41et tout ça,
17:42pas satisfait de mon travail,
17:43et là,
17:43aujourd'hui,
17:44j'ai le temps de faire tout ça,
17:46et on sait,
17:47on est toujours embarqué
17:48dans plein de nouvelles tâches.
17:49C'est, Frédéric,
17:50ce que vous dites là,
17:51c'est exactement les messages
17:52qui ressortent de l'étude.
17:54D'une part,
17:54il y a toujours la question,
17:55mais finalement,
17:55l'IA,
17:56est-ce qu'on est à servir une machine,
18:00l'utilisateur,
18:01c'est on réfléchit plus,
18:03il y a toute une partie du boulot
18:04qui est automatisé,
18:05mais du coup,
18:05je prends plus de décisions,
18:06je fais mieux des choses
18:07que je n'avais pas le temps
18:08de faire auparavant,
18:09et au total,
18:10une grande majorité des utilisateurs
18:12disent en fait,
18:13la barre en qualité monte,
18:14on fait des choses
18:14qui sont de meilleure qualité.
18:16Et donc,
18:17l'IA ne rend pas moins intelligent,
18:19n'abétit pas les gens
18:20si elle est bien déployée.
18:21L'autre chose sur la productivité,
18:23non seulement,
18:24on a des gains de productivité,
18:26on a 55% des utilisateurs
18:28qui nous disent,
18:28écoutez,
18:29moi,
18:29oui,
18:30j'arrive à créer
18:30la valeur,
18:31je suis utilisateur régulier,
18:32moi,
18:32je crée de la valeur avec l'IA,
18:33j'utilise régulièrement.
18:35Mais ce qui est encore plus intéressant,
18:37c'est que souvent,
18:37on se dit,
18:38bon ben voilà,
18:38il va y avoir une espèce d'arbitrage,
18:39plus de productivité,
18:40mais enfin,
18:41un peu moins de satisfaction au travail.
18:42Et pour moi,
18:43ce qui est le plus intéressant
18:44dans toute l'étude,
18:45c'est qu'on voit que
18:48d'avoir de l'impact,
18:49ça rend les gens heureux,
18:50et les gens sont heureux
18:52lorsqu'ils ont de l'impact.
18:53En gros,
18:54si vous regardez les gens
18:55qui déclarent,
18:55moi,
18:56dans mon boulot,
18:56j'arrive à faire plus,
18:57j'arrive à faire mieux,
18:58j'ai de l'impact,
18:58c'est mesurable,
18:59exactement ce que vous disiez,
19:00Frédéric.
19:01On en a,
19:02quand on prend l'échantillon
19:03des gens qui disent
19:04j'ai de la satisfaction au travail,
19:05on en a 50% de plus
19:06qui disent,
19:07ben oui,
19:07moi,
19:07j'ai de l'impact.
19:08Et c'est la même chose
19:08quand on regarde
19:09ceux qui ont de l'impact,
19:10en moyenne,
19:11ils sont beaucoup plus heureux
19:12que les autres.
19:12Donc,
19:13il y a vraiment un cercle vertueux
19:14en Galilée.
19:14Donc, plus d'IA,
19:15c'est moins de bullshit jobs,
19:16en fait.
19:16Oui,
19:17mais,
19:17il y a un gros mais,
19:19plus d'IA accompagnés.
19:21Et c'est là qu'on est
19:22sur le gros sujet.
19:23Aujourd'hui,
19:24il y a beaucoup de dirigeants
19:25qui nous disent,
19:26ben écoutez,
19:26j'ai investi,
19:26ça me coûte cher,
19:27les tokens,
19:28regardez,
19:28la facture,
19:29etc.
19:30Exactement ce que vous disiez,
19:31Emmanuel,
19:32du coup,
19:32j'aimerais bien le voir
19:32un peu plus
19:33dans mon compte de résultats.
19:35On est un peu dans la situation
19:36où on a acheté
19:37des belles voitures
19:37à tout le monde,
19:38mais on n'a appris
19:39à personne à conduire.
19:40C'est un peu ça,
19:41la situation.
19:42Et on a 86%
19:43des salariés aujourd'hui
19:45qui nous disent,
19:45ben écoutez-moi,
19:46je vois que ça change tout,
19:47les agents arrivent,
19:49il y en a deux fois plus
19:50que l'an dernier,
19:51d'ailleurs,
19:51des agents,
19:52je pense que les agents,
19:53ils vont changer
19:53au moins 50% de mon travail.
19:55Maintenant,
19:55je n'ai pas été suffisamment formé.
19:58Ou alors,
19:58on leur a appris à conduire,
19:59mais on ne leur a pas appris le code.
20:01Ou surtout,
20:01la carte de France
20:03pour savoir où on va.
20:05Moi,
20:05j'étais frappé quand même
20:06par l'étude
20:07qu'a publiée
20:08un de vos concurrents
20:10qui est PWC,
20:13étude qui dit
20:14sur la base
20:15de 1200 témoignages
20:17de dirigeants,
20:1820% des organisations
20:20concentrent à elles seules
20:2274% des gains
20:24de l'intelligence artificielle.
20:26Donc,
20:27c'est bien
20:27dans la façon
20:28dont on l'implémente
20:30et dont on la met en œuvre
20:31que se jouent finalement
20:32tous les leviers
20:33d'efficacité
20:34et de productivité.
20:35Je confirme à 100%
20:36le chiffre.
20:37On est vraiment
20:37sur ces ordres de grandeur,
20:39Emmanuel.
20:39Mais pour moi,
20:40ce n'est pas simplement dire
20:41que c'est concentré
20:41dans certaines organisations.
20:43c'est plus profond.
20:45Tout le monde a à peu près
20:45accès aux mêmes offres
20:46technologiques
20:47et certaines entreprises
20:48y arrivent,
20:48d'autres pas.
20:49La différence,
20:50ce n'est pas l'appétit
20:51des employés
20:51à apprendre à changer
20:52comme on l'entend souvent,
20:54c'est est-ce qu'on a
20:55un leadership courageux
20:56qui à un moment
20:57a pu dire
20:57je vais faire des vrais choix,
20:59je vais faire de la vraie stratégie
21:00et décider,
21:01c'est choisir la stratégie,
21:02c'est des choix.
21:03Je vais chercher
21:04deux ou trois endroits
21:05où je vais passer
21:06à fond à l'IA
21:07et je ne vais pas faire plaisir
21:08à tout le monde.
21:09Je vais choisir
21:09mes fournisseurs,
21:10je ne vais pas bosser
21:11un tout petit peu
21:12avec tout le monde
21:12juste au cas où.
21:13Non, non,
21:13je choisis mes fournisseurs
21:14et je mesure
21:16parce qu'on a beaucoup
21:17de situations aujourd'hui
21:17où on n'ose pas mesurer,
21:19on n'ose pas s'engager
21:19sur des vrais enjeux économiques
21:21parce qu'on a peur
21:22de ne pas y arriver.
21:23Et là,
21:23on a besoin de courage
21:25et ce n'est pas un hasard
21:26si on a aujourd'hui
21:27là une étude
21:29qu'on avait faite
21:29pour Davos cette année,
21:3172% des CEOs
21:33qui disent
21:33maintenant l'IA,
21:34ça suffit,
21:35je vais m'en occuper moi.
21:36On a besoin
21:37que les patrons
21:38reprennent la main.
21:39Une toute petite chose
21:40il faut repenser aussi
21:41l'organisation de son entreprise.
21:42C'est fini l'organisation
21:45classique
21:46sur laquelle
21:46on met une couche d'IA.
21:48On doit complètement revoir
21:49tout ça.
21:50Je parlais l'autre jour
21:50à des personnes
21:51qui font la vérification
21:52de notes de frais.
21:54Ils avaient des outils
21:55pour vérifier les notes de frais
21:56mais il y avait quand même
21:569-10 personnes
21:57dans ce grand groupe
21:58qui vérifiaient
21:58les notes de frais,
21:59les factures
21:59que tout correspondait.
22:00Aujourd'hui,
22:01tout ça a été
22:03i-attisé.
22:04Ça a été automatisé.
22:05Voilà,
22:06agentifié,
22:07automatisé.
22:07Donc on s'est dit
22:08mais qu'est-ce qu'on leur fait
22:08comme travail ?
22:09Mais les 9 qui faisaient ça,
22:11mais ça les barbait
22:12de regarder si la facture
22:13correspondait bien à tout ça.
22:14Qu'est-ce qu'ils font maintenant ?
22:15Ils font de l'analytique,
22:16ils remontent les données,
22:17ils sont en train de remonter
22:18tout ça.
22:18Mais par contre,
22:19ça veut dire que tous ces gens-là
22:20qui dépendaient d'une personne
22:21responsable des données,
22:22ils ont été dispatchés ailleurs,
22:25ce service n'existe plus
22:26donc il a fallu repenser
22:27cette organisation.
22:28Voilà,
22:28c'est un tout petit exemple.
22:30Il y a quand même des phénomènes,
22:31les amis,
22:31qui montrent qu'on touche
22:34quand même certaines limites.
22:35Vous avez maintenant
22:36des entreprises
22:37qui se rendent compte
22:37que la création des agents,
22:41la substitution finalement
22:42entre l'humain et l'IA
22:44finit par coûter plus cher
22:45que quand on utilisait
22:46les humains.
22:46C'est-à-dire qu'avec
22:49tout ce que coûte,
22:50puisqu'on peut rappeler
22:51le principe finalement
22:52de paiement
22:54quand on utilise
22:54une intelligence artificielle,
22:57un agent,
22:58un agent,
22:58peut-être que tout le monde
22:59ne sait pas ce que c'est,
23:00un agent,
23:00c'est finalement
23:01comme si vous aviez
23:02un employé virtuel,
23:04un assistant
23:05qui fait le travail
23:06à votre place,
23:07sauf qu'on se rend compte
23:08que ça coûte plus cher
23:09que la personne physique.
23:11Bien sûr.
23:12Alors ça,
23:12c'est un des sujets
23:13qui me tient beaucoup à cœur.
23:14Il y a ce qui est en train
23:15de se passer,
23:15c'est ce que j'appelle
23:16la Token Based Competition.
23:18Le coût des tokens,
23:19si vous prenez des startups
23:20ou des entreprises,
23:21même scale-up,
23:22IA native,
23:23ce coût de l'utilisation
23:24de l'IA,
23:24ça peut être de 15
23:25jusqu'à 50-60%
23:27du chiffre d'affaires.
23:28Pour les grandes entreprises,
23:29on en voit certaines
23:29qui commencent à arriver
23:30à un point de chiffre d'affaires.
23:31Donc c'est un enjeu énorme.
23:33Et là,
23:34il y a plusieurs enjeux.
23:35Il y en a un qui est de se dire
23:36qu'il faut acheter
23:37les bons tokens,
23:37les bonnes architectures
23:38pour ne pas en gaspiller,
23:39etc.
23:40Mais la principale chose,
23:42ça reste la clarté stratégique.
23:43Les tokens,
23:43c'est les jetons qu'on paye
23:44pour faire tourner l'IA.
23:47Pour faire des requêtes,
23:47etc.
23:48Dès qu'on fait une requête,
23:49c'est un token.
23:49Il faut payer.
23:50En gros,
23:50c'est en fonction
23:51de la longueur de votre question
23:52et c'est en fonction
23:53de la longueur de la réponse
23:54que tout ça s'est facturé.
23:55À la fin,
23:56on ne va pas mettre
23:57de l'IA partout,
23:59au max,
23:59dans toutes les fonctions
24:00de l'entreprise.
24:01Je reviens sur la notion
24:02un peu de décision
24:03et de clarté stratégique.
24:04Il faut choisir
24:05là où on est convaincu
24:06qu'on a un vrai retour
24:07et il y a des endroits
24:08où le retour,
24:08il ne va pas être très intéressant.
24:09Mais est-ce qu'il ne va pas se passer
24:11ce qui s'est passé
24:11pour Internet ?
24:12C'est-à-dire qu'au début d'Internet,
24:14on payait à la minute d'utilisation.
24:18Est-ce que...
24:19Parce que là,
24:20du coup,
24:20ça fait un transfert de valeur
24:22considérable
24:23vers les prestataires
24:24d'intelligence artificielle.
24:25Est-ce qu'on ne va pas
24:26vers une forfaitisation,
24:28une chute de ces coûts
24:31où vous pensez que...
24:32Aujourd'hui,
24:33quand on voit les montants
24:34d'investissement en jeu,
24:35il y a une question qui est
24:36est-ce que finalement
24:37on va continuer
24:37sur ces types de coûts
24:38ou pas ?
24:39Est-ce que ça va beaucoup changer ?
24:41Là-dessus,
24:41il y a plein de scénarios
24:42qui peuvent se passer,
24:43être beaucoup plus efficaces
24:44dans la façon
24:45dont on monte les infrastructures
24:46et du coup,
24:46les coûts baissent.
24:47D'autres personnes disent
24:48à un moment donné,
24:49il va falloir...
24:49Pour payer toutes ces infrastructures,
24:52on ne voit pas bien
24:52comment on va faire.
24:53Je pense que dans tous les cas
24:55pour les entreprises,
24:56le message c'est
24:56soyez très préoccupés
24:58du retour sur investissement
24:59de vos tokens
25:00parce que ça va être
25:02un facteur clé
25:03de compétitivité
25:04et un critère clé
25:05de décision
25:05dans le choix
25:06des fournisseurs,
25:07des solutions,
25:07des endroits
25:08où je déploie l'IA.
25:09Moi, je conseille
25:10d'aller écouter
25:11l'audition parlementaire
25:12de Arthur Mench.
25:12C'était il y a quelques jours
25:13auprès de...
25:14Alors trop peu de députés,
25:15mais enfin,
25:16cette vidéo a été vue
25:17des centaines
25:19de milliers de fois
25:19où il explique parfaitement
25:20comment aujourd'hui
25:22ce lien entre énergie
25:23et token
25:23et il fait même
25:24le lien avec les salariés,
25:25combien un salarié
25:26coûte en token, etc.
25:27Et c'est hyper intéressant
25:28parce que ça montre
25:29vraiment cette économie.
25:30C'est-à-dire,
25:31c'est bien...
25:31Vous savez,
25:32vous êtes une entreprise
25:34de 20 000 personnes.
25:35Si tout le monde
25:35se met à faire de l'IA
25:36et à avoir ne serait-ce
25:37que 10 agents par personne,
25:39tout d'un coup,
25:40vous vous retrouvez
25:40à la tête d'une entreprise
25:41de 200 000 personnes.
25:42Comment vous faites ?
25:43Non, infrastructure,
25:46d'énergie,
25:46infrastructure numérique,
25:48voilà,
25:48il y a plein de questions
25:48à se poser.
25:49Sylvain,
25:49on arrive au bout
25:50de l'émission,
25:50mais est-ce qu'on n'est pas
25:51au bout de la logique
25:52de l'IA générative
25:54qui,
25:55à partir
25:57de ces
25:59quantités de calculs
26:00qui sont faites,
26:01consomme des quantités
26:02d'énergie considérables ?
26:03Est-ce qu'il n'y a pas
26:04d'autre façon
26:05de penser
26:06l'intelligence artificielle
26:08pour qu'elle consomme
26:08beaucoup moins d'énergie ?
26:09Alors,
26:09il y a des pistes
26:10en ce moment,
26:11mais est-ce que ça vous paraît
26:12prometteur
26:12ou est-ce que ça vous paraît
26:13un futur très lointain ?
26:15Alors,
26:15je pense que,
26:16oui,
26:16on va changer la façon
26:17dont on va déployer l'IA
26:19pour le déployer l'IA
26:20là où ça compte,
26:21là où on a un vrai retour.
26:22Maintenant,
26:22je pense aussi
26:23qu'on est très loin
26:24d'avoir déployé l'IA
26:25partout où c'est pertinent
26:26et je pense
26:27qu'on va continuer
26:28à avoir une grande expansion
26:30du périmètre
26:31et des choses
26:31qui sont peut-être
26:47que le patron de BCGX,
26:50la cellule spécialisée
26:51dans l'intelligence artificielle.
26:53Lisez ce rapport
26:54sur IA,
26:56At Work,
26:57vous en apprendrez énormément
26:58sur l'intelligence artificielle
27:00au travail.
27:02BFM Business,
27:04la librairie de l'écho,
27:07Emmanuel Lechypre.
27:10On se retrouve
27:11pour la deuxième partie
27:12de cette librairie de l'écho.
27:13Nous la clôturerons
27:14avec le coup de cœur
27:15de la rédaction,
27:16des chiffres,
27:17des études,
27:18mais tout de suite,
27:19on retrouve nos critiques
27:21attitrées.
27:21À ma gauche,
27:22Christian Chavagneux,
27:23éditorialiste
27:23à alternativeéconomique.fr
27:26et puis,
27:27grand animateur
27:28de la rubrique livre
27:29aussi dans Alternative économique,
27:30le magazine,
27:31Jean-Marc Daniel,
27:32professeur émérite
27:33à l'ESCP Business School,
27:35président de la société
27:36et d'économie politique
27:37dont il est aussi
27:38le critique attitré.
27:41Messieurs,
27:42vous avez choisi
27:43cette semaine
27:45de consacrer
27:46ce débat
27:47au livre,
27:49au nouveau livre.
27:49Alors,
27:50est-ce que c'est vraiment
27:50un nouveau livre ?
27:51On va en discuter
27:51de l'économiste
27:53Branko Milanovic
27:54qu'on avait reçu déjà,
27:56bien sûr,
27:57dans la librairie de l'écho.
27:58Ça s'appelle
27:59Le Monde à l'ère capitaliste.
28:01C'est aux éditions
28:02du Cherche-Midi.
28:04Branko Milanovic,
28:05mondialement connu
28:06pour sa célèbre courbe
28:07de l'éléphant.
28:08Jean-Marc,
28:09présentez-le-nous un peu,
28:10Branko Milanovic.
28:10Alors,
28:10Branko Milanovic,
28:11son nom d'ailleurs l'indique,
28:13il est d'origine serbe,
28:14il est né à Belgrade
28:15en 1953,
28:17il a grandi d'ailleurs
28:18dans la Yougoslavie
28:19à l'époque
28:19du maréchal Tito.
28:21Et puis,
28:22après la chute
28:23du mur de Berlin,
28:25il a rejoint
28:26le monde universitaire occidental,
28:28il a été très longtemps
28:31un membre
28:32de la Banque mondiale,
28:33enfin,
28:33un des chercheurs
28:34de la Banque mondiale,
28:35où il s'est spécialisé,
28:36effectivement,
28:36dans les études
28:37des inégalités.
28:38Et faisant le bilan
28:40de l'évolution
28:42des inégalités
28:43après la chute
28:44du mur de Berlin
28:44et après les années
28:46de redéveloppement
28:48de l'Europe de l'Est,
28:48il a tracé une courbe
28:50qui donne
28:50l'évolution
28:51du niveau de vie,
28:54l'évolution
28:54du pouvoir d'achat
28:55des différents groupes
28:57d'individus
28:57par des cils.
28:59On va vous la montrer
29:00à l'écran,
29:00cette courbe.
29:01ça donne une courbe
29:01qu'on appelle
29:01une courbe de l'éléphant
29:02parce qu'il y a une montée,
29:05donc le revenu
29:06des gens les plus défavorisés
29:07a plutôt tendance
29:08à s'être amélioré,
29:10et notamment
29:11dans le bas,
29:12donc au début,
29:13ça ne s'améliore pas beaucoup,
29:14puis là,
29:14vraiment,
29:15ça s'améliore
29:15chez les gens
29:16qui ont un travail,
29:16qui sont véritablement
29:17insérés
29:18dans la mondialisation.
29:19Et on voit que c'est
29:19aux classes moyennes
29:20des pays émergents
29:21que la mondialisation
29:23a le plus profité.
29:24Et donc ça fait
29:25la bosse de l'éléphant,
29:26puis ensuite,
29:26on baisse le long
29:27de la tête de l'éléphant,
29:28et donc les classes moyennes
29:29des pays développés,
29:31au contraire,
29:32ont subi la concurrence
29:33des pays émergents,
29:34et donc elles ont vu
29:35leurs revenus
29:35plutôt stagnés
29:37ou augmenter
29:38moins brillamment
29:39que celui des classes moyennes
29:42des pays émergents,
29:42et puis il y a
29:43la trompe,
29:44qui augmente,
29:46et donc les gens
29:47les plus riches
29:48qui ont été
29:48et donc les grands bénéficiaires
29:50de la mondialisation,
29:51eux, leurs revenus
29:51ont augmenté.
29:52Alors cette courbe
29:53de l'éléphant
29:53est devenue le symbole
29:55effectivement à la fois
29:56de ces travaux
29:56et de l'évolution
29:58de l'économie mondiale
29:59depuis la chute
30:01du mur de Berlin.
30:01Il a un peu amendé
30:03en disant que c'était
30:03moins net maintenant,
30:04que la trompe
30:06se baissait un peu,
30:07que la tête de l'éléphant
30:09était moins plongée,
30:10mais enfin,
30:11la courbe de l'éléphant
30:12reste le symbole
30:14à la fois de ces recherches
30:15et de cette évolution
30:17de l'économie mondiale.
30:18Et donc le monde
30:18a l'air capitaliste.
30:19Son nouveau livre,
30:20c'est quoi ?
30:20Est-ce que c'est vraiment
30:21un nouveau livre ?
30:22Alors c'est la traduction
30:23d'un livre qui a paru
30:24en anglais,
30:24qui est une traduction
30:25qui est faite par Peggy Sastre,
30:26c'est-à-dire une journaliste,
30:29essayiste,
30:29ce n'est pas une traductrice
30:32banale, je dirais,
30:33en tout guillemets,
30:33sans vouloir la flatter.
30:34Donc c'est quelqu'un
30:35qui a fait des études
30:36de philosophie.
30:37Donc la traduction
30:38est à la fois proche
30:40de ce qu'a écrit
30:42Branko Milanovic,
30:43mais aussi avec une espèce
30:44d'interprétation un peu.
30:45Donc on voit bien
30:46que la traduction
30:46a été bien travaillée.
30:48Et ce n'est pas une œuvre
30:49en tant que telle,
30:50c'est plutôt une compilation,
30:51un florilège
30:52de différents articles
30:52sur 15 ans,
30:54ce qui fait que c'est un livre
30:55qui traite énormément
30:56de sujets.
30:57On commence par
30:58des considérations
30:59sur la décroissance,
31:01sur le moyen de lutter
31:02contre le réchauffement climatique,
31:04sur le fait qu'il va falloir
31:05concilier, effectivement,
31:07selon une expression célèbre,
31:09la fin du mois
31:09avec la fin du monde.
31:10C'est-à-dire qu'on ne peut pas
31:11demander systématiquement
31:12aux populations
31:14des pays occidentaux
31:15de se sacrifier
31:17et d'accepter
31:18une baisse drastique
31:19de leur niveau de vie
31:20au nom du réchauffement climatique.
31:21Et puis après,
31:22on part un peu
31:22dans tous les sens.
31:23Alors, ce que j'ai trouvé
31:26assez remarquable,
31:27il est serbe,
31:28donc il est très attaché
31:29à l'héritage orthodoxe
31:31byzantin.
31:31Donc il y a un article
31:33où il célèbre
31:35la gloire de l'Empire byzantin
31:36à l'occasion
31:37de l'anniversaire
31:38de la chute de Constantinople,
31:38le 29 mai.
31:40Donc il publie un article
31:40en disant qu'on n'a pas compris
31:42ce monde magnifique et idéal
31:44qu'avait été
31:44l'Empire romain d'Orient.
31:46Et il y a un autre article
31:48sur Adam Smith.
31:50Donc ça part un peu
31:51dans tous les sens.
31:52Il y a quand même,
31:53pour moi,
31:54deux accueillances.
31:55Une cohérence.
31:55La première cohérence,
31:56effectivement,
31:57c'est le travaux
31:58sur les inégalités.
31:59Il reste autour de cette idée
32:00que l'inégalité
32:01est une inégalité
32:02qui doit être analysée
32:03de façon un peu plus fine.
32:04Et la deuxième cohérence,
32:06je trouvais,
32:06c'est qu'à plusieurs reprises,
32:07il y avait une promesse
32:08après, grosso modo,
32:10après la chute du mur de Berlin,
32:11qui était l'affirmation
32:12d'une démocratie libérale.
32:14Or, cette démocratie libérale
32:15est devenue
32:16ce qu'il appelle
32:16une ploutocratie illibérale.
32:19Et en face de ça,
32:20est apparue une opposition
32:21qui se voulait là aussi
32:22un modèle d'ordre,
32:24d'organisation,
32:25et qui est en fait
32:25devenue une kleptocratie paranoïaque,
32:28dit-il.
32:28C'est-à-dire,
32:29les gens comme Poutine,
32:32comme les dirigeants iraniens,
32:33ce sont des kleptocrates
32:34et en plus totalement paranoïaques.
32:36Donc, ils ont cette capacité
32:38à générer du conflit
32:39qui les rend encore plus dangereux
32:41que ce qu'on ne pouvait
32:42considérer au départ.
32:43Christian Chavagneux,
32:45votre commentaire.
32:46En fait, il y a deux branques
32:47aux Milanovic.
32:48En fait, il y a celui
32:49dont vous avez parlé, Emmanuel,
32:50c'est-à-dire celui
32:50de la courbe de l'éléphant,
32:52celui qui, avec James Galbraith,
32:54puis surtout Tony Alkitson,
32:55Thomas Piketty,
32:56travaillait sur les inégalités
32:57alors que la doxa économique
32:58disait que ce n'est pas un sujet.
33:00Et grâce aux travaux
33:01de Milanovic
33:02et de ses trois autres,
33:03et Milanovic a fait
33:04un vrai travail structurel,
33:06empirique, de long terme,
33:08analytique sur les inégalités.
33:09Et ça, c'est un travail
33:11absolument remarquable.
33:12Mais, comme souvent,
33:14ça arrive chez les gens
33:15qui font un travail remarquable
33:16et qui sont connus
33:17au niveau mondial,
33:18ils considèrent
33:19qu'ils les spécialisent
33:20de tout, en fait.
33:21Et que l'histoire du capitalisme
33:23n'a aucun secret pour lui
33:24et tous les ressorts
33:25de l'histoire du capitalisme.
33:26Donc, il avait déjà,
33:27après le livre
33:28sur les inégalités mondiales,
33:29sorti un livre
33:30qui s'appelait Capitalism Alone,
33:31qui était déjà très, très bizarre
33:33parce qu'il nous disait
33:34qu'il n'y avait plus
33:34qu'une sorte de capitalisme,
33:35enfin, deux sortes,
33:36une sorte libérale
33:37et une sorte autocratique,
33:38premier états-unien,
33:39deuxième chinois.
33:40Bon, déjà, c'était un peu bizarre
33:41parce que d'un coup,
33:42on ne parlait plus du tout
33:42de capitalisme,
33:43on partait sur les migrations,
33:45sur la corruption.
33:46Ça partait déjà dans tous les sens.
33:47Donc, la question, c'était
33:47et celui-là,
33:49c'est quel Milanovic
33:49qui va parler ?
33:50En fait, les deux,
33:52moi, j'ai été quand même
33:53assez déçu
33:55par ce livre
33:55parce que je pensais
33:56que c'était une approche générale,
33:57mais vous l'avez dit tous les deux,
33:58c'est une compilation
33:59de textes de blog
34:00sur dix ans.
34:01Donc, évidemment,
34:02on se répète,
34:03sur dix ans,
34:03on a tous nos sujets préférés.
34:05Donc, cette compilation
34:06fait que, tiens, ça,
34:07je l'ai déjà lu
34:08quelques pages avant.
34:10C'est une compilation
34:11de toutologues.
34:11Il va nous expliquer
34:12le monde dans tous les sens.
34:14Il fait de l'analyse politique russe,
34:15de l'Empire byzantin,
34:16à peu près de tout
34:17et n'importe quoi.
34:18Et c'est toujours très négatif.
34:20Il n'y a pas vraiment
34:21des textes qui disent
34:22« Ah là, ce gars-là,
34:24qui n'est pas moi,
34:25a une idée géniale. »
34:27C'est toujours
34:27« Lui, il s'est trompé.
34:28Lui, ça ne va pas.
34:29Lui, c'est n'importe quoi.
34:29Lui, c'est pas bien.
34:30Lui, c'est pas bon.
34:31Lui, c'est historiquement... »
34:32C'est toujours très négatif.
34:34Et donc, c'est un peu déprimant
34:35à la fin.
34:36Pour autant, ça ne veut pas dire
34:37que...
34:38Enfin, moi, il y a plein de textes
34:39avec lesquels je suis plutôt en accord,
34:40mais ce n'est pas vraiment le sujet.
34:42C'est-à-dire que si vous voulez
34:42comprendre le capitalisme mondial
34:44et sa dynamique,
34:45ce n'est pas vraiment
34:45chez Milanovic
34:46qu'il faut aller,
34:46en tout cas, dans ce livre-là.
34:48Par contre, il y a quelques pages,
34:49là, je suis d'accord avec Jean-Marc,
34:50il y a quelques pages
34:52dans lesquelles il parle
34:52des économistes.
34:53Là, je trouvais
34:54les plus intéressants.
34:55Il parle des physiocrates,
34:56il parle de Adam Smith,
34:57il parle de Ricardo,
34:58il parle de Marx.
35:00Mais alors,
35:01de temps en temps,
35:01il nous dit sur ses auteurs
35:02des choses intéressantes,
35:04des commentaires,
35:04mais il se pose des questions
35:05quand même un peu bizarres.
35:06Il nous dit,
35:07on sait qu'Adam Smith
35:07a pris un petit John Lord,
35:09un John Lord,
35:09il lui a fait faire son tour d'Europe.
35:11Ils ont passé par Toulouse.
35:12Et la question
35:13que se pose Milanovic,
35:14c'est, au fait,
35:14le soir,
35:15une fois que le John Lord,
35:16il était couché,
35:16il faisait quoi,
35:17Adam Smith ?
35:18Bon, OK,
35:19mais c'est une question
35:20quand même un petit peu particulière.
35:22Alors, plusieurs fois,
35:23Milanovic nous dit,
35:24moi, je suis souvent
35:25tout seul le soir,
35:26je vais dîner tout seul
35:27au restaurant.
35:27Alors, peut-être que par
35:28Romotessi,
35:29il se dit,
35:30et Smith,
35:30quand il était tout seul le soir,
35:31qu'est-ce qu'il faisait
35:35tout seul à Toulouse ?
35:36J'espère qu'il ne se prend pas
35:36pour Adam Smith,
35:37c'est que c'est vraiment,
35:37il se disait,
35:38comme moi,
35:38je suis tout seul
35:39le temps en temps le soir,
35:40qu'est-ce que lui, il fait ?
35:41Alors, il dit,
35:41au fait, Marx,
35:42s'il n'avait pas rencontré Engels,
35:43est-ce qu'on aurait eu
35:44la suite du livre 1 du Capital ?
35:46Ben, j'en sais rien, mon gars.
35:48Peut-être que c'est quelqu'un d'autre
35:49qui l'aurait fait,
35:49peut-être qu'il aurait été
35:50100 ans après,
35:51peut-être que Marx aurait vécu
35:52plus longtemps
35:52et il aurait pu plus...
35:53Il se pose des questions
35:54quand même assez bizarres
35:55de temps en temps.
35:55Bon, à part ces quelques pages
35:57amusantes,
35:58vraiment,
35:59ces pages sur les inégalités,
36:00tous ces postes sur les inégalités,
36:01ces postes sur les économistes,
36:02franchement, moi,
36:03j'ai trouvé ça intéressant.
36:05Il y a des...
36:05Évidemment, dans 500 pages,
36:07il y a toujours des idées.
36:07Il avait fait beaucoup de travaux
36:08sur l'immigration aussi.
36:09Alors, il y a...
36:09Il y a toute une partie
36:11sur l'immigration, oui.
36:12Et une partie qui est beaucoup mieux
36:13que ce qu'il avait fait
36:14dans Capitalism Alone,
36:16dans laquelle il nous disait
36:17quand même,
36:18les migrants arrivent,
36:20ça dérange les populations locales,
36:22donc la solution,
36:23c'est qu'il faut les trier.
36:24Bon, pas qu'on en ait trop
36:25d'une seule,
36:26qu'ils viennent d'une seule nationalité.
36:27Et puis, on va leur donner moins de droits.
36:29On va en faire des sub-citizens
36:31dans le texte.
36:32Ce qui était quand même
36:33une proposition assez bizarre.
36:34Là, j'ai trouvé que les pages
36:35sur l'immigration
36:35étaient un peu plus respectables.
36:38Jean-Marc Daniel.
36:38Oui, ce qu'il faut utiliser
36:40dans ce livre,
36:41c'est le sommaire au début.
36:42C'est-à-dire,
36:42il faut regarder exactement...
36:43On fait son tri, oui.
36:44Et puis, on fait son tri
36:45parce que les titres de chapitres
36:47sont assez bien conçus.
36:49Ils décrivent assez bien
36:50ce qu'il va y avoir dans le...
36:52Ce n'est pas des résumés,
36:53mais enfin, on comprend assez vite
36:54à quoi on doit s'attendre.
36:56Et comme ça,
36:56alors, on fait son marché.
36:58Et donc, on commence en disant
37:00voilà, tiens,
37:00je vais parler un peu de décroissance.
37:01Je vais aller voir
37:02ce qu'on peut faire à Toulouse
37:04le soir au 18e siècle.
37:06Et donc, on avance comme ça.
37:09Ce qui fait que c'est un livre
37:10qu'on ne se dit pas
37:11cette semaine,
37:12je vais lire le dernier.
37:14Monko Milanovic.
37:15On le met sur son...
37:16C'est vrai qu'il appartient
37:17à cette famille,
37:18enfin, pas famille,
37:19mais à cette catégorie d'économistes
37:20qui sont devenus mondialement célèbres
37:22pour une idée.
37:23Je pense à l'affaire
37:24avec sa courbe.
37:28Branko Milanovic
37:29avec sa courbe aussi
37:31de l'éléphant.
37:32Et donc,
37:33c'est une forme de postérité
37:35qui leur est acquise
37:36pour un travail, en fait.
37:39Oui, ça lui donne le droit,
37:40et Christian l'a dit,
37:41de devenir toutologue.
37:42Et donc, à partir de ce moment-là,
37:44c'est un peu un problème.
37:45C'est-à-dire qu'il répond aussi
37:47à une attente.
37:48On va le chercher en lui demandant
37:49qu'est-ce que vous pensez de ça ?
37:51Donc, d'ailleurs,
37:52il y a certains textes
37:52où il dit,
37:53voilà, effectivement,
37:54on m'a demandé ça,
37:55voilà ce que j'en pense.
37:56où il essaie
37:57d'être relativement humble
37:59dans sa façon de présenter son opinion,
38:01mais où, quand même,
38:02il prend position.
38:04Merci, messieurs.
38:05Allez, c'est l'heure
38:06de retrouver
38:08notre invité
38:10porte-drapeau
38:10de l'étude de la semaine.
38:19C'est celle menée
38:21par le cabinet Asterès
38:24et le think tank écologie
38:28responsable,
38:29tous deux dirigés
38:31par l'économiste Nicolas Bouzou
38:33avec qui nous sommes en ligne.
38:34Bonjour Nicolas.
38:35Bonjour Emmanuel.
38:37Étude qui porte sur le coût
38:39de l'électrification
38:42en France.
38:43On peut, allez,
38:45donner les grands chiffres,
38:46Nicolas, d'abord.
38:48Pour vous,
38:48l'électrification
38:49telle qu'elle est programmée
38:51aujourd'hui,
38:52c'est une facture
38:53à 70 milliards d'euros
38:55par an.
38:56Oui.
38:57En fait,
38:59l'électrification,
39:00c'est super.
39:01Il faut électrifier au maximum.
39:02Moi, je suis à fond pour
39:04pour tout un tas de raisons.
39:05Il y a un petit angle mort
39:07du débat public,
39:07c'est le coût
39:08d'électrification
39:09dans la mesure
39:10où les pouvoirs publics
39:11ont donné des objectifs
39:12temporels
39:12qui sont extrêmement rapides.
39:14Donc nous, en fait,
39:15ce qu'on a fait dans l'étude,
39:16c'est qu'on s'est calé,
39:17alors pardonnez-moi
39:18pour le langage techno,
39:19mais sur ce qu'on appelle
39:19la stratégie
39:20bas carbone 3
39:21qui fixe des objectifs
39:23ambitieux
39:24à l'horizon 2030.
39:25Et donc,
39:26il ne faut pas se tromper,
39:27c'est super
39:28et il faut le faire.
39:30Simplement,
39:31il faut sans doute
39:32qu'on réfléchisse
39:32de façon un peu plus approfondie
39:34à la façon
39:35dont on va
39:36avaler ce coût.
39:37Voilà,
39:38parce que 70 milliards d'euros
39:40par an,
39:40c'est beaucoup d'argent.
39:42Pour les ménages,
39:44on va dire
39:4530 milliards bruts
39:46et si on enlève
39:47les économies
39:48qui sont faites
39:48parce qu'on va utiliser
39:49moins de fossiles,
39:50on sera quand même
39:51peut-être à pas loin
39:51de 20 milliards
39:53par an.
39:54Là-dedans,
39:55il y a à la fois
39:55le coût des investissements,
39:57par exemple,
39:57pour les ménages,
39:58changer la voiture,
40:00mettre une pompe à chaleur,
40:01etc.
40:01et le coût
40:02des achats
40:03et la facture
40:04d'électricité,
40:05en fait.
40:05Donc,
40:06concrètement,
40:06pour qui la facture
40:07est la plus lourde ?
40:08C'est pour les ménages
40:09que la facture
40:10est la plus lourde ?
40:10Oui,
40:11c'est pour les ménages
40:12et en particulier
40:13pour les ménages
40:14qui vont changer,
40:15qui devront isoler
40:16leur maison,
40:17leur logement
40:17et changer leur chaudière.
40:19Si vous n'avez
40:19qu'une voiture à changer,
40:21je dirais à la limite
40:21c'est absorbable.
40:22Mais pour eux,
40:23on va dire
40:24dans le pire des cas,
40:25on a un coût
40:26par ménage net,
40:28c'est-à-dire
40:28après les économies
40:29sur les énergies fossiles
40:31qui est supérieure
40:31à 3 000 euros par an.
40:33Donc,
40:33vous voyez ce que je veux dire,
40:34Emmanuel,
40:34il faut quand même
40:35qu'on réfléchisse à ça.
40:38La stratégie,
40:38elle est la bonne,
40:39le gouvernement a
40:40mille fois raison.
40:41Alors,
40:42on n'est pas les premiers
40:42à dire ça d'ailleurs
40:43parce que France Stratégie
40:44avait déjà fait une étude,
40:45je ne sais pas si vous en souvenez,
40:46il y a quelques années
40:47qui portait sur ce coût.
40:48Nous,
40:48on l'a un peu actualisé,
40:49on a ajouté le coût
40:50pour l'industrie,
40:51etc.
40:51Et donc,
40:52il faut qu'on ait quand même
40:53une réflexion sur ce coût.
40:54Pour l'industrie aussi,
41:003,5 milliards d'euros par an,
41:01vous voyez.
41:02Donc,
41:03voilà,
41:03attention à ça.
41:04Et on voit bien,
41:05Nicolas,
41:06que en fait,
41:07toute la réussite
41:08va reposer
41:10sur la capacité
41:12à mettre en place
41:15des dispositifs
41:16qui vont permettre
41:17financièrement
41:18à ceux qui n'en ont pas
41:18les moyens
41:19de,
41:21justement,
41:22d'opérer
41:22cette transition.
41:23C'est peut-être là
41:24qu'il va falloir
41:24être le plus inventif,
41:25finalement.
41:27Alors là,
41:27je bois vos paroles,
41:28Emmanuel,
41:28je suis entièrement
41:29d'accord avec vous.
41:29Ce qui m'inquiète un peu
41:31dans notre affaire,
41:32et en fait,
41:33on le voit déjà,
41:33c'est qu'il y a pas mal
41:34de gens un peu démagots,
41:36un peu populistes
41:36qui commencent à dire
41:38« Ah, mais attention,
41:39les electrifications,
41:40c'est très cher,
41:41il ne faut pas le faire. »
41:42Vous voyez ?
41:42Donc,
41:43j'entends déjà cette musique.
41:44C'est pour ça que je dis
41:45attention,
41:46si on ne veut pas tomber
41:47là-dedans
41:47et si on ne veut pas avoir
41:49une espèce
41:50de retour de bâton
41:51un peu à la gilet jaune,
41:53si vous me pardonnez
41:54cette expression,
41:55il faut en effet
41:56qu'on mette en place
41:57ces dispositifs,
41:58qu'on les mette en place
41:59assez rapidement.
42:01Vous dites que la transition
42:02vers l'électrification
42:03des usages
42:04va s'accompagner aussi
42:05d'une recomposition
42:07significative
42:08du marché du travail.
42:10Oui, parce qu'en fait,
42:12tout ceci coûte
42:13extrêmement cher.
42:14Il y a des questions
42:15qui sont liées
42:15à la mobilité
42:16qui n'est pas neutre.
42:18Et donc,
42:19en fait,
42:19la question,
42:20elle est
42:22complètement systémique.
42:24Donc,
42:24ces dispositifs
42:25d'accompagnement
42:26pérennes,
42:27financés,
42:28il faut vraiment
42:30les mettre en place.
42:31Si on y arrive,
42:32c'est super
42:33parce qu'on sera
42:34l'un des premiers pays
42:35à avoir fait ça
42:36aussi rapidement,
42:37de façon aussi forte.
42:38Puis nous,
42:38on y a intérêt
42:39parce qu'en plus,
42:39on est des très gros
42:40producteurs d'électricité.
42:41Mais est-ce que vous pensez
42:42que dans le pays
42:42qui est quand même
42:43le pays de la créativité fiscale,
42:46on va être capable
42:47de mettre en place
42:48des dispositifs
42:49qui ne soient pas compliqués,
42:51qui soient compréhensibles,
42:52qui finalement soient efficaces
42:55et qui ne changent pas
42:56tous les deux mois ?
42:59La façon dont vous posez
43:00la question suggère
43:01que vous attendiez
43:02une réponse négative
43:02de ma part,
43:03que c'est assez tenté
43:04de vous donner.
43:06Mais c'est aussi pour ça
43:07qu'on fait ce type d'études
43:09et que vous faites
43:10ce type d'émission.
43:11C'est justement
43:12pourquoi on essaie
43:12de réfléchir
43:13à des dispositifs
43:14qui soient simples,
43:16qui ne soient pas pénalisants
43:18fiscalement.
43:19Après,
43:20ça,
43:20ce n'est pas le cœur
43:20de l'étude,
43:21mais moi,
43:21je pense qu'on peut inventer
43:23des systèmes financiers,
43:24des systèmes de financement
43:26mutualisés
43:27avec des opérateurs financiers
43:28qui sont intelligents
43:29et qui n'augmentent pas
43:30les prélèves obligatoires.
43:31Donc oui,
43:32je pense que c'est possible,
43:33mais le bon terme,
43:34vous l'avez employé,
43:35Emmanuel,
43:36c'est le terme
43:36de créativité.
43:37Merci beaucoup,
43:38Nicolas Bouzou,
43:40directeur du cabinet
43:41Asterès
43:43et animateur aussi
43:44du Think Tank
43:45Écologie Responsable.
43:47À très bientôt,
43:48Nicolas.
43:50BFM Business,
43:51la librairie de l'écho,
43:53des idées et des chiffres.
43:56Et cette semaine,
43:57on s'intéresse à ce travail
43:59mené par QNX,
44:00une division de Blackberry,
44:02des entreprises françaises
44:05prêtes pour la robotique,
44:06mais freinées par la complexité
44:08réglementaire.
44:09Enquête réalisée auprès
44:10de 1000 entreprises
44:11qui met d'abord en évidence
44:12une transformation profonde
44:15de la robotique.
44:16des systèmes de plus en plus
44:17pilotés par logiciel
44:19intégrant l'intelligence artificielle,
44:21appelés à évoluer
44:22au plus près des humains,
44:24aussi bien dans les environnements
44:25professionnels
44:25que dans la vie quotidienne.
44:27Mais si la robotique continue
44:29de gagner du terrain
44:30dans les entreprises françaises,
44:32eh bien,
44:32son déploiement
44:33à grande échelle
44:34reste conditionné
44:35par des contraintes
44:37particulières.
44:38Et en France,
44:38ce sont les réglementations
44:40qui occupent une place centrale
44:42dans les décisions technologiques.
44:4343% des développeurs français
44:46citent la conformité réglementaire
44:48comme le principal défi
44:49dans le développement
44:51de logiciels
44:52pour la robotique.
44:5367% déclarent avoir
44:54déjà subi des retards
44:56de projets liés
44:56à l'obtention
44:57de certifications sectorielles
44:59ou au respect
45:00de normes sectorielles.
45:01L'étude montre
45:02que les développeurs français
45:04identifient la réglementation
45:05et les contraintes
45:06de déploiement
45:07comme le principal goulot
45:08d'étranglement
45:09en matière de performance,
45:10alors qu'ils sont
45:13moins nombreux
45:14à pointer l'architecture
45:15logicielle
45:16comme un principal enjeu,
45:17la réglementation.
45:18Toujours la réglementation.
45:21BFM Business
45:22La librairie de l'écho
45:23Le coup de cœur
45:24de la rédaction
45:26Et cette semaine
45:27c'est celui
45:28de la princesse
45:29de la tech
45:29sur BFM Business
45:31Léa Benahim
45:33Bonjour Léa
45:33Je vais venir plus souvent
45:34si on me présente comme ça
45:35Voilà
45:36mais c'est
45:37mais c'est vraiment
45:38ça sert
45:38Merci Emmanuel
45:39Bonjour
45:39Aujourd'hui
45:40vous avez choisi
45:41de nous présenter
45:42Les prédateurs
45:44de l'espace
45:45de Christian Davenport
45:47livre passionnant
45:48autour de la guerre
45:50technologique
45:51finalement
45:52dont on parle
45:54assez peu
45:54Mais oui
45:55parce qu'en fait
45:55tous les jours
45:56d'ailleurs
45:56on vous en parle
45:57sur BFM Business
45:57on parle de cette guerre
45:59de l'intelligence
46:00artificielle
46:01avec tous ces géants
46:02on peut citer
46:02Meta, Open AI
46:04en tropique
46:05mais il existe aussi
46:06une autre compétition
46:07celle-ci
46:07elle est plus discrète
46:08elle est tout aussi
46:10stratégique
46:11c'est la conquête
46:11spatiale
46:12et là aussi
46:13ce sont des milliardaires
46:15de la tech
46:15qui sont aux commandes
46:17alors dans les prédateurs
46:19de l'espace
46:19le journaliste
46:20et auteur américain
46:21Christian Davenport
46:22raconte en fait
46:23comment ces entrepreneurs
46:25comme Elon Musk
46:26avec SpaceX
46:27ou Jeff Bezos
46:28avec Blue Origin
46:29ont progressivement
46:30transformé l'espace
46:31en nouveau terrain
46:33de jeu
46:33l'auteur a mené
46:35plus de 100 interviews
46:36où il raconte
46:37des réunions confidentielles
46:39des tensions
46:40en interne
46:40des négociations
46:42avec la NASA
46:43ou le Pentagone
46:44et bien sûr
46:44Emmanuel
46:45la petite sauce piquante
46:47ces égos gigantesques
46:49de ces patrons
46:49de la tech
46:50et parfois
46:51on a vraiment l'impression
46:52d'être dans une série Netflix
46:53il y a par exemple
46:54ce passage incroyable
46:56qui se passe
46:57en 2008
46:58SpaceX à l'époque
46:59est au bord
47:00de la faillite
47:01parce que
47:01toutes ces fusées
47:02explosent
47:03ça peut nous paraître
47:04dingue
47:04quand on sait
47:05que le 12 juin
47:06SpaceX va entrer en bourse
47:07avec une valorisation
47:09à 1750 milliards
47:11de dollars
47:12mais à l'époque
47:13Elon Musk
47:14a littéralement
47:15joué sa survie
47:16sur un lancement
47:17le 28 septembre 2008
47:19exactement
47:20si la fusée
47:21avait explosé
47:22on n'aurait plus jamais
47:23entendu parler
47:23de SpaceX
47:24mais vous vous en doutez
47:25Elon Musk
47:26a finalement
47:27réussi son pari
47:28et c'est devenu
47:29ainsi ce mastodonte
47:30de l'espace
47:31et aujourd'hui
47:32ça n'est plus seulement
47:34une simple histoire
47:35de fusée
47:35et non clairement
47:36la bataille spatiale
47:37moderne ne consiste plus simplement
47:39à envoyer des astronautes
47:40ou des fusées
47:41dans l'espace
47:42en fait le livre montre aussi
47:43à quel point
47:44cette industrie repose
47:45sur des visions
47:46presque philosophiques
47:47du futur
47:48certains veulent coloniser
47:50Mars ou la Lune
47:51d'autres imaginent
47:52déplacer une partie
47:53de l'industrie humaine
47:55dans l'espace
47:55on a déjà parlé
47:56Emmanuel
47:56de ces data centers
47:58dans l'espace
47:58en fait on a la frontière
48:00entre de la science fiction
48:02et un business
48:02ultra concret
48:04le véritable enjeu
48:05c'est désormais
48:06les infrastructures
48:07l'exemple parfait
48:08c'est Starlink
48:08la solution de SpaceX
48:10qui a déployé
48:11des milliers
48:12de satellites
48:12pour fournir
48:13une connexion internet
48:14partout dans le monde
48:15et il y a aussi Amazon
48:16qui est dans la course
48:17avec Léo
48:18sa constellation
48:19qui espère devenir
48:20un concurrent crédible
48:22à Elon Musk
48:23donc l'auteur
48:24Christian Davenport
48:25montre très bien
48:25qu'ici on assiste
48:27à la naissance
48:27d'un nouvel écosystème
48:29industriel
48:29avec des enjeux
48:31gigantesques
48:32derrière chaque lancement
48:33ce qui est assez facile
48:34c'est qu'en fait
48:35tous ces milliardaires américains
48:38ils ont les yeux
48:38braqués vers l'espace
48:40où c'est vraiment
48:42le nouveau terrain de jeu
48:43de leur technologie
48:44de l'intelligence artificielle
48:45et quand on regarde
48:46la façon dont des pays
48:47en Asie
48:48comme l'Inde
48:49ou la Chine
48:49utilisent l'intelligence artificielle
48:51au contraire
48:51on a l'impression eux
48:52que c'est pour vraiment
48:54moderniser la société
48:55le pays
48:58concrètement
48:58et pas
48:59en fait il y a vraiment
49:01deux visions différentes
49:02il y a ces entreprises
49:03un peu d'état
49:04qui elles cherchent
49:05à améliorer le quotidien
49:06et il y a ces milliardaires
49:08de la tech
49:08qui eux sont vraiment
49:09pro business
49:10et d'ailleurs c'est raconté
49:11dans ce livre
49:12dernière anecdote
49:13il y a beaucoup
49:14de responsables
49:14de la NASA
49:15qui regardaient à l'époque
49:16SpaceX avec condescendance
49:18en fait pour eux
49:19c'était impossible
49:20voire inimaginable
49:22qu'une petite entreprise
49:23privée
49:24puisse rivaliser
49:25avec ces géants
49:26historiques du spatial
49:27sauf qu'en quelques années
49:28on sait ce que SpaceX
49:29est devenu
49:30et je peux vous assurer
49:30que la condescendance
49:31elle était aussi
49:32parfois du côté
49:33d'Ariane Espace
49:34quand on voit les discours
49:35qui étaient tenus
49:36à l'époque
49:38sur ces fusées
49:39jamais
49:41des lanceurs
49:42jamais des entreprises
49:43et aujourd'hui
49:45sans ces entreprises
49:45qui ont des lanceurs
49:47qui savent réatterrir
49:48tout ce qu'est la NASA
49:49l'ESA
49:49ne serait rien
49:51merci
49:51beaucoup
49:53princesse Léa
49:53pour
49:54j'ai bien avec ma couronne
49:55la prochaine fois
49:57absolument
49:58et puis
49:59les petits chignons
50:00comme dans Star Wars
50:01ah oui bien sûr
50:01princesse Léa
50:01ah oui bien sûr
50:02ah oui
50:03j'ai la ref
50:03voilà
50:05merci beaucoup
50:05allez c'est l'heure
50:06de nos ultimes choix
50:15Christian Chavagneux
50:16quelle est votre
50:16dernière sélection
50:17pour aujourd'hui ?
50:18un focus sur le
50:19Global Justice Report
50:20qui vient de sortir
50:21ces tout derniers jours
50:22qui est une sorte
50:24de fiction théorique
50:25si on veut vraiment
50:26à l'horizon 2100
50:27avoir une économie mondiale
50:29où on réduit
50:30les idéalités
50:31où la planète reste habitable
50:32et où tout le monde
50:33est prospère
50:33comment on fait ?
50:34ça demande quoi
50:35comme hypothèse ?
50:36ça demande quoi
50:37comme contrainte ?
50:37ça demande quoi
50:38comme ajustement ?
50:39qu'est-ce que ça veut dire
50:40pour l'Afrique ?
50:40ça veut dire pour l'Europe
50:41les Etats-Unis
50:42sur notre consommation de viande
50:43sur la place des forêts
50:44sur la réduction du temps de travail
50:46c'est un travail qui a été fait
50:47par le World Inequality Lab
50:49donc Thomas Piketty
50:50Lucas Chancel
50:50et puis une quarantaine
50:51de chercheurs derrière
50:52ils ont fait ce rapport
50:53qui n'est pas très épais
50:55horizon 2100
50:56évidemment c'est pas applicable
50:57demain matin
50:58mais voilà
50:59ça nous donne un scénario possible
51:01sur tous ceux qui veulent
51:02enfin la fin du rapport
51:04nous dit
51:04il y a les solutions
51:05techno-nationalistes
51:07à la Trump
51:08à l'extrême droite en France
51:09on essaie de vous proposer
51:11un autre futur
51:12un peu plus désirable
51:13regardez ce rapport
51:14Jean-Marc Daniel
51:15moi je vais rendre hommage
51:16à Edmund Phelps
51:17qui nous a quitté
51:18le 15 mai dernier
51:19donc Edmund Phelps
51:20alors Christian n'écoute pas
51:22pendant 5 minutes
51:2330 secondes
51:24plus exactement
51:24il a eu le prix Nobel d'économie
51:26il y a 20 ans
51:27en 2006
51:28et
51:29pour des travaux
51:30que Christian aime bien
51:31donc
51:31oui alors pour des travaux
51:32d'ailleurs il y a
51:33trois axes
51:34qui reprend dans son dernier livre
51:35que je recommande
51:36qui est un livre
51:37dans le titre
51:37il y a Voyage
51:38dans la transition
51:40qui a été faite
51:41chez Odile Jacob
51:41et donc ce voyage
51:43dans les théories économiques
51:44il le met
51:45dans trois directions
51:46il a été d'abord
51:47un des grands penseurs
51:48de ce qu'on appelle
51:49les fondements microéconomiques
51:50de la macroéconomie
51:51qui sont des thèses
51:53qui sont à l'origine
51:55des idées
51:56des néo-kénésiens
51:56il a démontré
51:58ce qu'on appelle
51:58la règle d'ordre
51:59de la croissance
52:00c'est-à-dire
52:00taux d'intérêt
52:01et le taux de croissance
52:01alors ce qui est intéressant
52:03c'est qu'il l'a fait
52:03de façon géométrique
52:04alors que Maurice Allais
52:05l'avait fait
52:05avec du calcul différentiel
52:07donc c'est toujours intéressant
52:08de regarder
52:09la façon de penser
52:10des Anglais
52:11et des Anglo-Saxons
52:13par rapport
52:14à la tradition
52:15des Français
52:17et puis
52:17les puristes
52:19les puristes apprécieront
52:20apprécieront
52:21et bien la troisième chose
52:22c'est sur la destruction créatrice
52:24c'est sur Schumpeter
52:26notamment à la fin de sa vie
52:27il a dit
52:28le vrai problème
52:29de Schumpeter
52:30c'est qu'il associe
52:31l'innovation
52:31à l'entrepreneur
52:33à une petite minorité
52:34une des grandes idées
52:35de Phelps
52:36c'est que l'innovation
52:37concerne tout le monde
52:38et que l'innovation réussit
52:39non pas grâce
52:40à quelques individus
52:41déterminés
52:41et particulièrement
52:43audacieux
52:44mais l'innovation réussit
52:45parce qu'elle devient
52:45la propriété collective
52:47alors ça rejoint un peu
52:48ce qu'on avait vu
52:49avec Daron Assemoglou
52:50qui nous avait raconté
52:51un peu la même chose
52:52donc il faut lire
52:53et relire Phelps
52:54lui aussi
52:55avait été notre invité
52:56d'ailleurs
52:56dans la librairie de l'écho
52:57c'est la fin
52:58de cette émission
52:59on se retrouve
53:00la semaine prochaine
53:00et d'ici là
53:01bien sûr
53:01bonne lecture
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