00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:03Celui qui ne ralentit pas, c'est le rapport sur l'emploi, le marché de l'emploi américain,
00:07qui même réaccélère.
00:08Là, au mois de mai, on a eu deux fois plus de créations de postes qu'attendues aux Etats-Unis,
00:12malgré les doutes et l'impact de la guerre en Iran.
00:14Deux fois plus de créations de postes que ce qu'on attendait.
00:16Patrice nous rejoint, Patrice Gautry, l'UBP.
00:18Bonjour Patrice, ravi de vous retrouver.
00:19Bonjour.
00:20Bon, comment expliquez-vous cette réaccélération du marché de l'emploi au mois de mai aux Etats-Unis, Patrice ?
00:25Oui, donc on a eu des créations très très fortes.
00:28172 000 après 179 000.
00:30Et les trois derniers mois s'établissent, puisque le mois précédent a été aussi révisé à la hausse, à 188
00:37000.
00:37Il y a une accélération qui est assez nette dans le secteur manufacturier,
00:40qui est alliée effectivement avec le surcroît d'activité.
00:43On l'avait vu dans les PMI.
00:44Et puis au sein des services, donc là, on a créé encore beaucoup d'emplois,
00:49mais un petit peu en ralentissement par rapport au mois précédent.
00:52Et il y a beaucoup de volatilité dans les services,
00:54puisque, en fait, ça a été une accélération dans le secteur des loisirs et le secteur gouvernemental,
00:58alors qu'il y a un ralentissement et un petit peu moins de création, pardon,
01:02dans le secteur de l'éducation et de la santé,
01:04alors que ce secteur-là avait été très fort les mois précédents.
01:07Et par contre, il y a un renversement de tendance dans le secteur du commerce et des transports,
01:13qui, traditionnellement, étaient plutôt orientés à la hausse.
01:16Là, il y a eu une contraction.
01:17Donc, ça veut dire qu'il n'y a pas d'inquiétude, effectivement, sur l'emploi.
01:20L'activité américaine est au beau fixe, elle crée des emplois.
01:23Par contre, il y a beaucoup de volatilité au sein des secteurs.
01:26Parmi les secteurs, ce qui veut dire que ces chiffres-là ne sont peut-être pas, je dirais, durables
01:31et montrent quand même, je dirais, des variations d'activité assez fortes d'un mois ou d'un trimestre à
01:37l'autre.
01:39Patrice, maintenant, ça va être un petit peu compliqué pour le nouveau patron de la Fed de dire qu'il
01:44faut baisser les taux.
01:47Ah oui, tout à fait, oui, oui.
01:48Alors, là, il n'y a pas d'inquiétude, effectivement, puisque la Fed nous avait dit précédemment
01:52qu'elle était inquiète des deux côtés de l'équation.
01:55Est-ce qu'il y a un risque sur le marché du travail ?
01:57Est-ce qu'il y a un risque sur l'inflation ?
01:58Le risque sur le marché du travail est maintenant écarté.
02:01Mais néanmoins, le marché du travail n'est pas en surchauffe.
02:03Ça, c'est la bonne nouvelle, en fait, malgré la bonne surprise de ces fortes créations d'emplois.
02:08Le taux de chômage reste 4,3%.
02:10Les salaires ont même légèrement réduit, 3,4% sur un an.
02:15Donc, effectivement, l'inquiétude et la concentration du travail de la Fed,
02:18c'est ce qui se passe du côté de l'inflation.
02:21Pour l'instant, effectivement, on a, je dirais, des pressions inflationnistes qui existent,
02:26bien entendu avec les prix d'énergie, qui sont encore relativement limitées des prix cœur.
02:32Mais, bien entendu, il faudrait une résolution rapide de ce conflit au Moyen-Orient
02:35pour avoir une vraie détente durable des prix du baril,
02:39même si ceux-ci sont déjà inférieurs à 100 dollars.
02:42Alors, justement, l'impact de ces prix du baril, là, on va changer de rive sur l'Atlantique
02:45et revenir ici en Europe, après le super rapport sur l'emploi américain.
02:48Dans une semaine, ici en Europe, tout le monde attend une hausse de taux
02:51de la Banque Centrale Européenne.
02:53Avec quand même des arguments pour certains.
02:55D'abord, bon, c'est vrai, les prix qui augmentent un petit peu.
02:57Et la crainte d'une boucle prix-salaire.
03:00Hier, Laurent Martin, l'un de nos invités dans BFM Bourse,
03:02nous disait qu'on pourrait effectivement avoir, par exemple en France,
03:05une boucle prix-revenu.
03:07Parce que les retraites en France sont bel et bien indexées à l'inflation.
03:10Donc, quand l'inflation augmente, les retraites, les revenus des retraités aussi augmentent.
03:12Le SMIC aussi est indexé à l'inflation.
03:14Est-ce que, de ce point de vue, on peut effectivement craindre une boucle prix-revenu
03:18qui justifierait cette hausse de taux, Patrice ?
03:21Alors, la hausse de taux se justifie par rapport à simplement la dérive de l'inflation constatée.
03:26C'est-à-dire, on est à plus de 3%,
03:28une inflation cœur qui est à 2,5% avec des taux directeurs qui étaient à 2%.
03:32Alors, malheureusement, en fin d'année dernière et en début de cette année,
03:35tous les compteurs étaient à 2%, y compris l'inflation, ce qui était parfait.
03:38Mais le choc, effectivement, de la guerre au Moyen-Orient a amené cette dérive de l'inflation.
03:43Donc, malheureusement, les taux courts par rapport à l'objectif d'inflation
03:46qui est écrit dans les statuts de la BCE ne peuvent pas rester à 2%
03:49et une hausse de 25 points de base et à peu près, effectivement, avec quasiment 100% de probabilité.
03:56L'économie française a des mécanismes d'indexation, mais ces indexations sont partielles,
04:01c'est-à-dire que ce n'est pas nécessairement l'intégralité des hausses de prix
04:04qui se reflètent dans les pensions et dans la hausse du SMIC.
04:08Et puis, ça intervient avec retard.
04:09Donc, il y a une période dans laquelle, effectivement, il y a une relative perte de pouvoir d'achat.
04:13Moi, je ne suis plus inquiet, pas par cette indexation systématique,
04:17et l'indexation a été forte quand la inflation est très très forte.
04:20Là, on n'est qu'une inflation qui est moins forte quand même qu'en 2022.
04:24Je suis plus inquiet par les anticipations d'inflation.
04:26Et regardez les anticipations d'inflation sur les marchés.
04:29Pour l'instant, elles sont relativement calmes.
04:31Mais quand on regarde, effectivement, les prix attendus dans les indicateurs,
04:35par exemple, des PMI ou dans les indicateurs des ménages,
04:38il peut y avoir des dérives.
04:39Et ces dérives peuvent être, je dirais, limitées grâce à la communication de la BCE.
04:45Donc, je ne parlerai pas encore de deux ou trois hausses de taux,
04:48comme le price, les marchés monétaires pour la BCE.
04:51Mais une bonne communication, c'est-à-dire une communication un petit peu
04:54qui réaffirme cet engagement de 2% d'inflation,
04:57avec, en l'espoir, un petit peu d'aide du côté du Moyen-Orient,
05:00où on aura enfin peut-être un accord, une détente encore plus durable des prix du baril,
05:06devrait limiter, je dirais, les hausses de taux,
05:08et notamment les hausses de taux de la BCE.
05:10Et donc, à ce moment-là, on aura moins d'impact sur l'activité,
05:13parce que là, ce serait l'élément négatif.
05:15Merci.
05:15Patrice Gautry avec nous, depuis l'Union bancaire privée.
05:18Jeudi prochain aussi, on se mettra en mode spécial BCE,
05:21bien sûr, dans BFM Bourse,
05:22avec cette première hausse de taux attendue depuis 2023, mine de rien.
05:24Merci.
Commentaires