Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 5 heures
Ce vendredi 5 juin, Patrice Gautry, chef économiste chez Union Bancaire Privée, a abordé la réaccélération du marché de l'emploi aux États-Unis au mois de mai avec 172 000 postes créés et un taux de chômage modéré, ainsi que la BCE se dirigeant vers une première hausse de taux depuis 2023, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:03Celui qui ne ralentit pas, c'est le rapport sur l'emploi, le marché de l'emploi américain,
00:07qui même réaccélère.
00:08Là, au mois de mai, on a eu deux fois plus de créations de postes qu'attendues aux Etats-Unis,
00:12malgré les doutes et l'impact de la guerre en Iran.
00:14Deux fois plus de créations de postes que ce qu'on attendait.
00:16Patrice nous rejoint, Patrice Gautry, l'UBP.
00:18Bonjour Patrice, ravi de vous retrouver.
00:19Bonjour.
00:20Bon, comment expliquez-vous cette réaccélération du marché de l'emploi au mois de mai aux Etats-Unis, Patrice ?
00:25Oui, donc on a eu des créations très très fortes.
00:28172 000 après 179 000.
00:30Et les trois derniers mois s'établissent, puisque le mois précédent a été aussi révisé à la hausse, à 188
00:37000.
00:37Il y a une accélération qui est assez nette dans le secteur manufacturier,
00:40qui est alliée effectivement avec le surcroît d'activité.
00:43On l'avait vu dans les PMI.
00:44Et puis au sein des services, donc là, on a créé encore beaucoup d'emplois,
00:49mais un petit peu en ralentissement par rapport au mois précédent.
00:52Et il y a beaucoup de volatilité dans les services,
00:54puisque, en fait, ça a été une accélération dans le secteur des loisirs et le secteur gouvernemental,
00:58alors qu'il y a un ralentissement et un petit peu moins de création, pardon,
01:02dans le secteur de l'éducation et de la santé,
01:04alors que ce secteur-là avait été très fort les mois précédents.
01:07Et par contre, il y a un renversement de tendance dans le secteur du commerce et des transports,
01:13qui, traditionnellement, étaient plutôt orientés à la hausse.
01:16Là, il y a eu une contraction.
01:17Donc, ça veut dire qu'il n'y a pas d'inquiétude, effectivement, sur l'emploi.
01:20L'activité américaine est au beau fixe, elle crée des emplois.
01:23Par contre, il y a beaucoup de volatilité au sein des secteurs.
01:26Parmi les secteurs, ce qui veut dire que ces chiffres-là ne sont peut-être pas, je dirais, durables
01:31et montrent quand même, je dirais, des variations d'activité assez fortes d'un mois ou d'un trimestre à
01:37l'autre.
01:39Patrice, maintenant, ça va être un petit peu compliqué pour le nouveau patron de la Fed de dire qu'il
01:44faut baisser les taux.
01:47Ah oui, tout à fait, oui, oui.
01:48Alors, là, il n'y a pas d'inquiétude, effectivement, puisque la Fed nous avait dit précédemment
01:52qu'elle était inquiète des deux côtés de l'équation.
01:55Est-ce qu'il y a un risque sur le marché du travail ?
01:57Est-ce qu'il y a un risque sur l'inflation ?
01:58Le risque sur le marché du travail est maintenant écarté.
02:01Mais néanmoins, le marché du travail n'est pas en surchauffe.
02:03Ça, c'est la bonne nouvelle, en fait, malgré la bonne surprise de ces fortes créations d'emplois.
02:08Le taux de chômage reste 4,3%.
02:10Les salaires ont même légèrement réduit, 3,4% sur un an.
02:15Donc, effectivement, l'inquiétude et la concentration du travail de la Fed,
02:18c'est ce qui se passe du côté de l'inflation.
02:21Pour l'instant, effectivement, on a, je dirais, des pressions inflationnistes qui existent,
02:26bien entendu avec les prix d'énergie, qui sont encore relativement limitées des prix cœur.
02:32Mais, bien entendu, il faudrait une résolution rapide de ce conflit au Moyen-Orient
02:35pour avoir une vraie détente durable des prix du baril,
02:39même si ceux-ci sont déjà inférieurs à 100 dollars.
02:42Alors, justement, l'impact de ces prix du baril, là, on va changer de rive sur l'Atlantique
02:45et revenir ici en Europe, après le super rapport sur l'emploi américain.
02:48Dans une semaine, ici en Europe, tout le monde attend une hausse de taux
02:51de la Banque Centrale Européenne.
02:53Avec quand même des arguments pour certains.
02:55D'abord, bon, c'est vrai, les prix qui augmentent un petit peu.
02:57Et la crainte d'une boucle prix-salaire.
03:00Hier, Laurent Martin, l'un de nos invités dans BFM Bourse,
03:02nous disait qu'on pourrait effectivement avoir, par exemple en France,
03:05une boucle prix-revenu.
03:07Parce que les retraites en France sont bel et bien indexées à l'inflation.
03:10Donc, quand l'inflation augmente, les retraites, les revenus des retraités aussi augmentent.
03:12Le SMIC aussi est indexé à l'inflation.
03:14Est-ce que, de ce point de vue, on peut effectivement craindre une boucle prix-revenu
03:18qui justifierait cette hausse de taux, Patrice ?
03:21Alors, la hausse de taux se justifie par rapport à simplement la dérive de l'inflation constatée.
03:26C'est-à-dire, on est à plus de 3%,
03:28une inflation cœur qui est à 2,5% avec des taux directeurs qui étaient à 2%.
03:32Alors, malheureusement, en fin d'année dernière et en début de cette année,
03:35tous les compteurs étaient à 2%, y compris l'inflation, ce qui était parfait.
03:38Mais le choc, effectivement, de la guerre au Moyen-Orient a amené cette dérive de l'inflation.
03:43Donc, malheureusement, les taux courts par rapport à l'objectif d'inflation
03:46qui est écrit dans les statuts de la BCE ne peuvent pas rester à 2%
03:49et une hausse de 25 points de base et à peu près, effectivement, avec quasiment 100% de probabilité.
03:56L'économie française a des mécanismes d'indexation, mais ces indexations sont partielles,
04:01c'est-à-dire que ce n'est pas nécessairement l'intégralité des hausses de prix
04:04qui se reflètent dans les pensions et dans la hausse du SMIC.
04:08Et puis, ça intervient avec retard.
04:09Donc, il y a une période dans laquelle, effectivement, il y a une relative perte de pouvoir d'achat.
04:13Moi, je ne suis plus inquiet, pas par cette indexation systématique,
04:17et l'indexation a été forte quand la inflation est très très forte.
04:20Là, on n'est qu'une inflation qui est moins forte quand même qu'en 2022.
04:24Je suis plus inquiet par les anticipations d'inflation.
04:26Et regardez les anticipations d'inflation sur les marchés.
04:29Pour l'instant, elles sont relativement calmes.
04:31Mais quand on regarde, effectivement, les prix attendus dans les indicateurs,
04:35par exemple, des PMI ou dans les indicateurs des ménages,
04:38il peut y avoir des dérives.
04:39Et ces dérives peuvent être, je dirais, limitées grâce à la communication de la BCE.
04:45Donc, je ne parlerai pas encore de deux ou trois hausses de taux,
04:48comme le price, les marchés monétaires pour la BCE.
04:51Mais une bonne communication, c'est-à-dire une communication un petit peu
04:54qui réaffirme cet engagement de 2% d'inflation,
04:57avec, en l'espoir, un petit peu d'aide du côté du Moyen-Orient,
05:00où on aura enfin peut-être un accord, une détente encore plus durable des prix du baril,
05:06devrait limiter, je dirais, les hausses de taux,
05:08et notamment les hausses de taux de la BCE.
05:10Et donc, à ce moment-là, on aura moins d'impact sur l'activité,
05:13parce que là, ce serait l'élément négatif.
05:15Merci.
05:15Patrice Gautry avec nous, depuis l'Union bancaire privée.
05:18Jeudi prochain aussi, on se mettra en mode spécial BCE,
05:21bien sûr, dans BFM Bourse,
05:22avec cette première hausse de taux attendue depuis 2023, mine de rien.
05:24Merci.
Commentaires

Recommandations