- il y a 2 jours
Ce jeudi 4 juin, l'avis favorable rendu par Bruxelles sur la trajectoire budgétaire française, qui amène à se demander si la Commission européenne ne serait pas trop conciliante envers Paris, a été abordé par Gaël Sliman, président d'Odoxa, Gaëlle Macke, directrice déléguée de la rédaction de Challenges, et Rayan Nezzar, professeur à Sciences Po, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Il est bientôt 10h, vous êtes toujours sur BFM Business en direct pour les experts, pour une demi-heure de
00:05débats et de controverses.
00:08On va se diriger du côté de Bruxelles.
00:11Maintenant, la Commission européenne a rendu hier son avis sur la trajectoire budgétaire française.
00:17Elle estime que l'Hexagone, grosso modo, a respecté ses engagements en matière budgétaire
00:23et que la mise en œuvre des réformes et des investissements promis à Bruxelles en 2024 est, je cite, globalement
00:32en bonne voie.
00:34La procédure pour déficit excessif engagée en 2024 reste donc suspendue pour l'instant.
00:42Renéza, vous êtes un grand spécialiste des finances publiques.
00:47Est-ce que, je vais à la première question, quand on voit ça, je rappelle qu'on est quand même
00:51dans le trio que des déficits les plus élevés
00:56ou trio de tête des déficits les plus élevés pour le déficit et pour la dette.
01:03Ma question est simple ce matin. La Commission est-elle lucide ou trop conciliante ?
01:08Non, la Commission a raison de dire que la France a commencé à faire des efforts.
01:12Alors, si on regarde sur la période 2024 et 2025, l'objectif qui avait été donné de faire augmenter les
01:18dépenses publiques en France
01:19de 4,6% a été, en fait, non seulement respecté, mais l'évolution a même été de 4,3%,
01:26donc c'est plus faible.
01:28On a fait mieux que nos engagements.
01:29On a fait mieux que la cible qu'on s'était...
01:31Il faut rappeler que c'est le nouveau corpus.
01:33C'est la nouvelle métricité. On parle souvent du déficit à 3%.
01:37La réalité aujourd'hui, c'est que le pilotage des politiques budgétaires en Europe, dans la zone euro,
01:42se fait maintenant plutôt sur les dépenses que sur le déficit strictement.
01:46Donc, elle a plutôt raison de dire ça.
01:49Néanmoins, deuxième point, elle vient tout de suite nuancer le premier,
01:52c'est que le plus dur de l'effort est à venir.
01:54Parce que ce que dit aussi la Commission, c'est que quand on regarde nos dépenses publiques,
01:5760% sont liées au modèle social, que quand on regarde certains secteurs,
02:02on a parlé des retraites tout à l'heure, le secteur de la santé,
02:05le secteur de la masse salariale publique, les collectivités locales, etc.,
02:08il y a des gains qui sont possibles de réorganisation, de productivité.
02:12Et donc, la Commission, mais comme tous les organismes internationaux,
02:16l'OCDE fait pareil, le FMI, des économistes indépendants font pareil,
02:21cible, souligne, pointe les gains qu'on peut réaliser à l'avenir.
02:25Moi, ce que je trouve aussi intéressant pour finir,
02:27c'est que dans l'analyse de la Commission,
02:29finalement, ce n'est pas qu'un plan comptable, ce que fait la Commission,
02:32ce n'est pas uniquement budgétaire, il y a aussi une analyse économique.
02:34Et ce que dit la Commission, c'est qu'un des problèmes aussi de la France,
02:38aujourd'hui, de notre économie, c'est le manque de productivité.
02:41Et c'est lié à un investissement dans la recherche et le développement insuffisant,
02:45c'était 2,2% de notre richesse l'an dernier.
02:49Il faut juste se rendre compte que l'an dernier, en 2025,
02:51on a dépensé autant pour rembourser les intérêts de la dette
02:54que pour investir dans la recherche et le développement,
02:56collectivement en France.
02:58Donc, c'est très insuffisant sur ce volet innovation.
03:00Et deuxièmement, c'est insuffisant aussi sur le volet formation,
03:03avec encore, que ce soit dans l'enseignement secondaire
03:07ou dans l'enseignement supérieur,
03:08un niveau de qualification qui est insuffisant,
03:11des filières de formation qui ne sont pas toujours adaptées
03:14à la réalité de l'économie et à ces transformations actuelles.
03:18Donc, je trouve intéressant que la Commission n'est pas qu'une approche budgétaire
03:21et elle recommande aussi, finalement, des évolutions de notre modèle économique
03:25au sens large, et y compris de notre fiscalité,
03:27parce qu'elle dit aussi que la France se singularise par, on le sait,
03:31une fiscalité trop importante sur le travail et les facteurs de production en général
03:35et pas assez sur la consommation.
03:36Donc, voilà, je trouve que ce sont plutôt des recommandations pertinentes et intéressantes.
03:40Elle nous dit aussi qu'on a un véritable problème avec les retraites
03:42et que si on ne fait rien, le déficit pourrait déraper à 5,7% du déficit l'année prochaine.
03:50– Oui, c'est ça, c'est-à-dire que, bon, oui, la Commission,
03:53elle a quand même une habitude ancienne, maintenant,
03:57d'être très conciliante avec la France, quand même, il faut dire ça.
04:00Alors, d'abord, il faut quand même voir que les règles européennes,
04:03c'est-à-dire le moins de 3% de déficit public,
04:05– Voilà, on changeait récemment, après le Covid.
04:07– Voilà, et le 60% de dette publique,
04:09bon, il y a 11 pays qui sont en procédure de déficit excessif,
04:13donc, en fait, ces règles sont devenues théoriques,
04:16mais, je veux dire, voilà, à partir du moment où il y a
04:20quasi la moitié des pays qui ne les respectent pas, bon, voilà.
04:23Après, la France, elle a toujours eu ce syndrome un peu du « too big, too fail »,
04:27c'est un pays qui est, enfin, voilà, je veux dire,
04:29c'est un moteur de l'Union européenne,
04:33c'est le plus important pays après l'Allemagne.
04:35– C'est la deuxième économie de la zone euro.
04:36– Voilà, donc, deuxième économie de la zone euro,
04:38donc, bon, on ne peut pas…
04:39– Mais ça veut dire qu'on est fort avec les faibles,
04:40les faibles avec les forts ?
04:41– Ah oui, c'est toujours été un peu ça,
04:43c'est une règle dans les faits,
04:48et c'est vrai que, bon, là, enfin, je veux dire,
04:52quand on regarde, quand même,
04:54parce que vous disiez qu'on était dans le classement de tête,
04:56oui, avec l'Italie et la Grèce,
04:58donc on est dans le classement de tête,
04:59mais sauf que l'Italie et la Grèce,
05:00elles vont dans le bon sens,
05:02et nous, on ne va pas vraiment dans le bon sens, voilà.
05:04Et par rapport à ce que vous disiez,
05:07oui, effectivement, là déjà,
05:09alors, notre objectif de cette année,
05:11c'est quand même de réduire notre déficit de 5,1 à 5,
05:15c'est un tout petit 0,1,
05:17qui va être très compliqué, manifestement,
05:20très compliqué à faire, voilà.
05:22– Avec une croissance, évidemment…
05:24– Avec une croissance à zéro,
05:25une inflation qui remonte, etc.
05:26– Pas aller très loin cette année.
05:27– Ensuite, les deux sujets,
05:30c'est-à-dire que, pour le moment,
05:32comment on a bouclé nos budgets
05:33avec un impôt sur les sociétés exceptionnel,
05:36sur les grandes entreprises,
05:37qui nous a rapporté, qui nous rapporte
05:39plus de 7 milliards d'euros.
05:41– 7 milliards et demi, oui.
05:41– Voilà, donc, tout ça,
05:43c'est des mesures one shot,
05:44à moins, à moins qu'on décide,
05:46qu'on annule toute la baisse
05:48de l'impôt sur les sociétés.
05:49– C'est tout shot, déjà,
05:50pour la surtaxe du ex,
05:52et peut-être, on ne dit jamais 203,
05:53donc, possible qu'elle revienne l'année prochaine.
05:55– Voilà, donc ça, je veux dire,
05:56c'est quand même pas sur le fond très tenable
06:01et très recommandé.
06:02Et l'autre point,
06:04ce qui, dans les recommandations
06:06de la Commission européenne,
06:07globalement, aux pays européens,
06:09c'était, en gros,
06:10mettez le paquet sur l'innovation,
06:12investissez sur l'avenir, etc.
06:14Ils sont où, les gels de crédit, là,
06:16que l'État est en train de faire ?
06:19– Alors, j'ai une audition du ministre
06:22des Comptes publics.
06:22– C'est France 2030,
06:23investissement d'avenir,
06:24je veux dire, c'est, voilà,
06:26là, on leur prend 400 millions,
06:27si j'ai bien suivi,
06:28et c'est enseignement supérieur et recherche.
06:31Donc, qui sont, de nouveau,
06:34là encore, 300 millions,
06:36on avait dit qu'on allait enfin
06:39augmenter le budget de la recherche,
06:41et en fait, on annule toute l'augmentation
06:43et on revient à zéro.
06:44Donc, en fait,
06:46qu'est-ce qu'on se retrouve à faire ?
06:48On se retrouve à,
06:52dans les périodes de disette budgétaire
06:54et de gel de crédit,
06:57là, les trois principaux,
07:01les trois principales enveloppes
07:03dans lesquelles on a pris,
07:04c'est effectivement la recherche,
07:05les investissements d'avenir,
07:06et le troisième,
07:07c'est l'environnement, l'écologie.
07:09– Oui.
07:09– Voilà, la transition énergétique.
07:11Bon, on ne peut pas dire
07:12qu'on va véritablement,
07:14dans le sens des recommandations
07:16de la commission qui nous dit
07:17qu'il faut mettre le paquet
07:18sur l'innovation.
07:19– Oui, effectivement.
07:20Et la commission qui nous dit
07:21qu'on sera à 120% de dette
07:22l'année prochaine,
07:23les Français,
07:23ils en pensent quoi ?
07:24– Non, mais…
07:26– Ça explique ce que je disais
07:27tout à l'heure
07:28sur les deux années
07:30d'indices de morale économique
07:31catastrophiques de nos concitoyens,
07:33puisque, en réalité,
07:34tout le monde comprend bien,
07:35et la première raison,
07:37à mon avis,
07:37qui fait qu'on est magnanime
07:39ou sympathique avec la France,
07:41c'est qu'il n'y a rien de possible.
07:44On ne peut rien faire.
07:46Aujourd'hui,
07:47on ne peut rien faire.
07:48Et on le sait
07:50depuis la dissolution.
07:51Il n'y a aucun moyen
07:53d'imaginer
07:54quelques réformes possibles
07:56qui permettraient
07:56d'engranger
07:58un minimum
07:59de réduction
07:59de la dette,
08:01de mettre de l'argent
08:02dans les caisses.
08:03Donc, on s'en prend
08:04à des choses
08:04qui sont utiles,
08:06qui sont indiquées
08:07comme stratégiques
08:07pour l'avenir,
08:08mais qui ne vont pas générer
08:10des manifestations
08:11dans la rue.
08:12À partir du moment
08:13où vous avez une assemblée
08:15en trois tiers,
08:16entre l'extrême droite,
08:17la gauche,
08:18le centre et LR,
08:19on va dire,
08:20qui ne peuvent pas,
08:21et c'est sain d'ailleurs,
08:23qui ne peuvent pas
08:23être d'accord
08:24sur les solutions.
08:25Et c'est très sain
08:26qu'ils ne soient pas
08:26d'accord sur les solutions.
08:28Et où vous savez
08:29qu'il y a l'élection présidentielle
08:30qui arrive derrière
08:30et qui est la mère
08:31de toutes les batailles,
08:32on savait depuis deux ans
08:34que rien ne se ferait.
08:36Et que rien ne se fera
08:37cette année.
08:37Le budget,
08:38le prochain,
08:39va être encore tout pourri
08:40pour dire les choses
08:41de manière extrêmement,
08:44si tant est qu'il y en ait un,
08:45mais il sera forcément mauvais.
08:47on va être en année présidentielle.
08:49Et oui,
08:50la Commission européenne
08:51ne veut pas
08:52tirer une balle
08:53dans le dos
08:54du principal pays
08:55locomotive de l'Europe
08:56en le poussant
08:57sans doute en plus
08:59et ne veut pas non plus
09:00le pousser en plus
09:01dans les bras
09:02du Rassemblement national
09:02qui est un petit peu
09:04le favori aujourd'hui
09:05et qui n'est pas forcément
09:06le parti
09:07qui fait le plus envie
09:09à la Commission européenne
09:10pour la France.
09:12C'était une des craintes
09:12au niveau de l'Europe
09:13effectivement,
09:14avec la poussée
09:14des extrêmes
09:15absolument de partout
09:17en Allemagne,
09:18en Europe de l'Est,
09:19en Europe du Nord
09:20y compris,
09:21avec cette idée
09:22que des décisions
09:23étaient prises
09:24très loin du pays,
09:25s'imposaient aux États membres
09:27et ça avait nourri
09:29cette poussée
09:29de l'extrême droite.
09:30C'est pour ça
09:30que la Commission
09:31a décidé de lever le pied
09:32un peu.
09:34On verra
09:34si ça a un effet
09:35ou pas.
09:38Gail Slimane
09:39parlait
09:39d'une prochaine loi de finances
09:41qui sera probablement
09:42pourrie.
09:43Ryan Hazard,
09:44vous disiez,
09:44ou pas,
09:45peut-être qu'il n'en aura pas.
09:46S'il y en a une,
09:46disait-il.
09:47Si tant est qu'en effet
09:48elle puisse être adoptée,
09:50on sait que les deux dernières années
09:51l'adoption s'est faite
09:52au prix à la fois
09:53de 49,3
09:54et de compromis
09:56qui ont fait sacrifier
09:57plutôt l'avenir
09:59au profit du présent.
09:59Et d'un retard de l'année,
10:00c'est toujours été
10:02en février.
10:03Et juste un point
10:04pour compléter,
10:05vous disiez tout à l'heure
10:06à très juste titre
10:07qu'on fait des économies
10:09qui sont un peu des expédiants
10:10pour passer l'année
10:11mais que les choix
10:12faits sur l'innovation
10:14l'écologie
10:14sont préjudiciables
10:16à terme.
10:16Évidemment,
10:17c'est tout à fait juste.
10:19Mais c'est fait
10:19par le gouvernement
10:20aujourd'hui
10:21parce que,
10:22ça a été dit,
10:23il n'y a pas d'autre
10:23marge de manœuvre.
10:24Moi,
10:24je rappelle juste deux choses.
10:25Au moment du budget initial
10:27qui avait été présenté
10:28à l'automne 2025
10:29par le gouvernement,
10:31il y avait deux choix
10:32qui étaient proposés
10:32parmi d'autres.
10:34Le choix sur la santé
10:35de faire porter des économies,
10:36notamment sur la consommation
10:38de médicaments
10:38en essayant de se dire
10:39peut-être qu'on peut être
10:41un peu plus sobre,
10:42peut-être qu'il y a
10:43des gaspillages
10:43et donc,
10:44on va introduire
10:44des franchises,
10:45on va inciter
10:46à réduire la consommation.
10:47On vente à 1,50€, quoi.
10:49Je crois qu'on est
10:49champion d'Europe
10:50de la consommation
10:51de médicaments.
10:52Oui,
10:52et ce qui était d'ailleurs
10:52une recommandation
10:53de revue de dépense
10:55qui avait été demandée
10:56à des experts,
10:56parce que la commission
10:57dit qu'il faut faire
10:57des revues de dépense,
10:58il faut que les experts
10:59vous disent
10:59ou garder des gaspillages.
10:59Ça fait partie
11:00de la préconisation
11:00de la commission européenne.
11:02Et derrière,
11:02que l'exécutif
11:03et le Parlement
11:04en tirent les conséquences.
11:04l'exécutif l'a fait,
11:06le Parlement a rejeté
11:06cet article.
11:07Deuxième exemple,
11:08sur les retraites,
11:09la proposition avait été faite,
11:11vous vous souvenez,
11:11tout le débat
11:12sur l'année blanche,
11:12de dire,
11:13écoutez,
11:13on demande un effort
11:14sur les retraites
11:15simplement pour freiner
11:16cette mécanique infernale
11:18du déficit
11:19qu'ont fait tous les,
11:20j'allais dire les oppositions,
11:21en fait,
11:22on ne peut même plus parler
11:23de majorité d'opposition,
11:24mais qu'ont fait
11:24tous les autres partis,
11:25ils ont rejeté ces articles.
11:27Donc, in fine,
11:27moi je suis d'accord,
11:28il n'y a pas de marge
11:29de manœuvre aujourd'hui
11:30pour un gouvernement,
11:31quel qu'il soit.
11:32Et donc, en effet,
11:32c'est sans doute l'élection
11:33qui arrive l'an prochain
11:34qui permettra de trancher
11:35tous ces jours.
11:36La commission qui propose
11:38aussi une TVA sociale,
11:39baisser la fiscalité du travail
11:40et rehausser les taxes
11:41sur la consommation.
11:44C'est l'une des mesures
11:45les plus impopulaires
11:46qui existent.
11:47Ah,
11:47voilà.
11:48Et pourtant,
11:48parmi les plus pertinents
11:49de l'économie.
11:50C'est un vieux serpent de maire,
11:52c'était déjà Nicolas Sarkozy.
11:54C'était Borloo,
11:55ça avait été quelques dizaines
11:56de sièges à l'UMQ.
11:58Vous vous rappelez ?
11:58Pour législative.
11:5920 juin et depuis,
12:00plus personne n'ose la toucher.
12:02Et ça serait pourtant
12:02la plus efficace,
12:03vous dites,
12:03Ryan Neza.
12:04Pourquoi ?
12:04Alors,
12:05il y a deux manières de faire.
12:06Il y a la manière
12:06qui consiste à dire
12:07on va baisser les cotisations
12:09des employeurs.
12:11Il y a la manière
12:11qui consiste à dire
12:12on va rapprocher
12:13le salaire net du salaire boulot.
12:14Oui,
12:14c'est le grand sujet quand même
12:15qui monte pour la présidentielle.
12:17Et si,
12:18moi je pense que c'est important
12:19si vous voulez inciter
12:20à l'activité,
12:21si vous voulez inciter
12:22à la reprise d'emploi
12:23et que vous voulez faire
12:24que le travail
12:25soit rémunéré
12:26à sa juste hauteur.
12:27Et je pense que c'est aussi
12:28une des préoccupations importantes
12:29des Français aujourd'hui.
12:31Le fait de dire
12:31on supprime des impôts
12:33ou des charges sur le salaire
12:35qui est touché in fine
12:36par les actifs,
12:38c'est quand même
12:39un vrai facteur
12:40et d'ailleurs
12:41qui a été évalué
12:42au plan macroéconomique
12:43de création d'emplois.
12:44C'est potentiellement
12:45300 000 créations d'emplois
12:46en un quinquennat.
12:48Donc,
12:48c'est du pouvoir d'achat
12:49pour les gens,
12:49c'est de la création d'emplois.
12:50Donc, derrière,
12:51c'est des rentrées sociales
12:51et fiscales.
12:52Mais c'est un choix de société.
12:53Il n'y a pas
12:54un autre pays d'Europe
12:56avec notre modèle social
12:57qui n'est pas aujourd'hui
12:58une TVA à 25%.
12:59Regardez la Suède,
13:00regardez le Danemark.
13:01Ce n'est pas vrai
13:01qu'on peut avoir
13:02une assiette de financement
13:04de la protection sociale
13:05aussi étroite
13:06qui pèse uniquement
13:07sur le travail.
13:08Plus de 80%
13:09pèse sur le travail
13:10aujourd'hui
13:10pour financer
13:11la sécurité sociale.
13:12Ce n'est pas vrai
13:12qu'on peut faire ça
13:13tout en ayant des salaires
13:14qui payent dignement.
13:15Ce n'est pas vrai.
13:15Donc, c'est un choix
13:16qu'il faut faire.
13:17Et voilà.
13:19On en revient
13:20à la politique.
13:22en réalité,
13:22pour pouvoir proposer
13:24des arbitrages
13:24aux gens
13:25qui sont des arbitrages
13:27dont on pense
13:27qu'ils seront utiles
13:28pour le pays
13:28et pour eux
13:29et les convaincre.
13:30Parce que vous avez raison,
13:31les Français demandent
13:33que le travail
13:34paye plus.
13:35C'est constant.
13:36Mais les Français disent
13:37de tous les impôts,
13:38celui qu'on déteste le plus,
13:39c'est la TVA.
13:40Toute hausse de la TVA,
13:42ils ne sont pas...
13:43On a martelé
13:43que c'était injuste.
13:45Ils ne sont pas bêtes.
13:46Ils voient bien
13:47que c'est l'impôt
13:48qui rapporte le plus,
13:48qui pèse le plus lourd.
13:52Effectivement,
13:52ils ont un sentiment
13:53d'injustice
13:53parce qu'on est habitué
13:54à des impôts progressifs.
13:55Or, la TVA,
13:56tout le monde la paye
13:57et sur des produits
13:58de grande consommation
13:59et sur les...
13:59Oui,
14:00mais sur des produits
14:00de grande consommation
14:01courants de Mme Michu
14:03ou M. Durand
14:05au supermarché
14:06et sur les produits...
14:07Vous ne touchez pas
14:08au taux à 5,5
14:09sur l'alimentation,
14:10sur les loyers
14:10et il n'y a pas de TVA.
14:11Les deux premières dépenses
14:12c'est le logement
14:13et l'alimentation.
14:14Oui, d'accord.
14:14Mais il n'empêche
14:15que sur le reste,
14:18c'est que pour expliquer ça,
14:20il faut susciter
14:21une certaine confiance.
14:22Il faut avoir
14:23l'adhésion de gens
14:24à qui vous avez présenté ça
14:26au moment d'une campagne
14:27et il faut ensuite
14:28le mettre en œuvre
14:29et même si les gens
14:30continuent de ne pas approuver,
14:32ils l'acceptent.
14:33Mitterrand a aboli
14:34la peine de mort en 1981,
14:35les deux tiers des Français
14:36étaient pour la peine de mort.
14:37Mais c'était dans son programme,
14:39il l'avait dit.
14:40Bon, il l'a dit,
14:40il le fait.
14:42Et donc c'est pour ça
14:43qu'il faut attendre
14:44le 2027, malheureusement.
14:46Oui, en tout cas,
14:47c'est vrai que
14:48il y a quelques années,
14:49Patrick Artus
14:50avait fait un calcul
14:51où il avait regardé
14:52si on augmente
14:53un point de taxe,
14:55quelles taxes
14:56sont les plus nocives.
14:57On prend la TVA,
14:59on prend l'impôt
15:00sur les sociétés,
15:01on prend l'impôt
15:01sur le revenu,
15:02on prend la CSG,
15:04on prend les cotisations
15:06et on regarde
15:07à chaque fois
15:07quel est l'effet
15:08un peu sur l'emploi,
15:09la croissance, etc.
15:11Mais ce n'est pas
15:12non plus si étonnant,
15:13il s'est avéré quand même
15:14que la taxation
15:15la plus nocive
15:16pour l'emploi,
15:17c'était quand même
15:17les cotisations sociales.
15:19Et en fait,
15:21tous les systèmes
15:22même très redistributifs
15:24comme en Europe du Nord,
15:25le Danemark,
15:26ont fait ce transfert
15:27il y a déjà
15:2920 ans,
15:31de se dire
15:32on veut garder
15:33un système
15:33très redistributif,
15:35mais par contre,
15:36ça ne peut pas
15:36s'appuyer uniquement
15:38sur le salaire,
15:39enfin sur le coût
15:39du travail,
15:40donc on va faire
15:41ce transfert
15:42des cotisations
15:44vers d'autres
15:45assiettes fiscales
15:46et notamment
15:47vers la TVA.
15:50Mais c'est vrai
15:51que pour en revenir
15:52à ce que disait Gaëlle,
15:53comme thème de campagne,
15:54c'est compliqué
15:55à expliquer,
15:56ça reste assez,
15:57voilà,
15:57c'est un peu technique.
15:58La retraite à 67 ans,
15:59on met les deux,
16:00retraite à 67 ans
16:01et hausse de 5 points
16:02de la TVA.
16:03C'est un peu technique,
16:06la TVA,
16:06tout le monde comprend bien
16:07ce que c'est,
16:08les cotisations sociales,
16:09pas forcément,
16:10elles sont sur le bulletin de paix,
16:12on ne les voit pas,
16:14je veux dire,
16:14voilà,
16:14bon,
16:15donc c'est pas facile
16:17à mener comme combat,
16:18mais c'est vrai
16:18qu'il faut...
16:19C'est un combat important.
16:20Voilà.
16:20Ça peut faire gagner
16:2110% de pouvoir d'achat
16:23pour le salarié médian
16:24en France.
16:25C'est quand même massif,
16:26y compris après avoir payé
16:28la TVA.
16:2810%.
16:29Parce que le point de TVA
16:30est à 12 milliards quand même,
16:3112-13 milliards à peu près.
16:33Pas y compris après avoir...
16:35Si vous transférez,
16:37c'est exactement ce que
16:38vous décrivez,
16:38si vous transférez aujourd'hui,
16:40mettons,
16:4060 milliards d'euros
16:42depuis la feuille de paye
16:43des salariés
16:44vers la TVA,
16:45les gens qui bossent,
16:47en moins,
16:48enfin c'est une média,
16:48non mais,
16:49peuvent y gagner
16:49200 euros par mois.
16:51Je veux dire,
16:51c'est massif comme effet
16:53macroéconomique
16:53et derrière,
16:54c'est de la consommation.
16:54Les actifs travailleurs,
16:55ça veut dire
16:55se répartir
16:56sur les populations.
16:56C'est une incitation
16:57à aller travailler
16:58et c'est de la richesse
16:59qu'on crée dans le pays.
17:00Une partie du big bang fiscal
17:02que propose Pierre Cazeneuve,
17:03un député EPR Renaissance.
17:05Mais alors,
17:05c'est hausse de la TVA,
17:06hausse de la CSG
17:07et rétablissement
17:07de la taxe d'habitation
17:08pour financer tout ça.
17:10200 euros
17:10pour 15 millions d'actifs
17:11mais beaucoup de hausses d'impôts.
17:13Et qui par contre
17:13n'en bénéficie pas,
17:14ce qui est normal
17:14vu que c'est le projet,
17:16les retraités.
17:16Et pour qui votent
17:17les retraités ?
17:19Pour les partis
17:19qui peuvent proposer
17:20cette mesure.
17:21Et surtout,
17:21qui vote ?
17:22Les retraités.
17:23A la présidentielle,
17:25ils votent plus
17:25mais tout le monde vote
17:26à la présidentielle.
17:26C'est pour ça qu'il faut aussi avoir,
17:28c'est un peu politique
17:29ce que je veux dire,
17:30mais un projet de société.
17:31Ce n'est pas simplement
17:32que chacun regarde
17:33sur sa propre feuille.
17:34C'est de se dire,
17:35est-ce qu'une société
17:35dans laquelle on fait peser
17:37l'essentiel des charges
17:38sur les gens qui bossent,
17:38est-ce que c'est tenable ?
17:40En tout cas,
17:40il faut choisir.
17:41Soit on veut un modèle social,
17:42évidemment,
17:42je suis favorable.
17:43Soit on veut un modèle social,
17:44il faut le financer
17:44et ça ne peut pas toujours
17:50vers les assurances privées.
17:51Pourquoi pas ?
17:52Mais auquel cas,
17:53il faut l'assumer.
17:54Aujourd'hui,
17:55ce n'est pas tellement le choix
17:55que font les politiques françaises.
17:56Juste un dernier mot
17:57sur le coût de la crise.
17:59Hier,
18:00le ministre des Comptes publics,
18:01David Amiel,
18:01était auditionné
18:02par le Parlement.
18:03Il a détaillé
18:04les 6 milliards d'économies
18:06que la puissance publique
18:09devra faire
18:09pour compenser
18:10le coût de la crise.
18:11Les parlementaires
18:12n'ont pas été convaincus,
18:13visiblement,
18:14puisque pour eux,
18:15le compte n'y est pas.
18:16C'est flou.
18:17On n'a pas l'ensemble
18:18des économies,
18:20mais surtout,
18:21l'OCDE
18:22vient de réviser
18:22la croissance mondiale
18:23pour tout le monde.
18:24On se dirige tout droit
18:25possiblement
18:25vers une récession
18:26avec le conflit
18:27au Moyen-Orient
18:28qui dure.
18:29Cette crise,
18:30elle va coûter
18:30beaucoup plus que 6 milliards.
18:31Réan Nezard.
18:32Oui, ça,
18:33on le sait déjà.
18:33Ne serait-ce que par l'effet,
18:35je dirais,
18:36de la croissance.
18:37C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
18:38le gouvernement
18:38a une prévision de croissance
18:39de 0,9% pour 2026.
18:42Il va falloir qu'on la divise
18:42par deux, grosso modo.
18:44Potentiellement.
18:45Et si c'était demain
18:460,5% au lieu de 0,9%,
18:49ça veut dire,
18:50en fait,
18:50pour les caisses de l'État,
18:52de l'ordre,
18:52je fais le calcul de tête,
18:53de l'ordre de 6 milliards d'euros
18:55en plus
18:56de déficit.
18:57Donc, vous voyez
18:58qu'on double tout de suite
19:00l'addition.
19:01Donc,
19:01c'est normal
19:02que le gouvernement
19:03et le Parlement
19:03soient un peu soumis
19:04aux aléas
19:04de cette conjoncture économique
19:06et réagissent un peu
19:07au coup par coup.
19:08Après,
19:08je pense qu'il faut aussi
19:09se dire,
19:10à un moment donné,
19:10il ne faut pas courir
19:11après la crise.
19:13c'est-à-dire qu'il ne faut pas
19:15non plus faire des coupes
19:16aveugles
19:16à ce point
19:17qu'on s'inflige nous-mêmes
19:19une récession.
19:20On n'est quand même pas loin
19:20puisque le premier trimestre
19:21a été...
19:22À zéro.
19:23Moins zéro.
19:23Ça a été révisé à l'année
19:25c'est moins zéro.
19:26Il ne faut pas qu'on s'inflige
19:26une récession
19:27simplement pour essayer
19:28de maintenir absolument
19:29un objectif de déficit
19:30alors qu'il n'y a plus de croissance.
19:32Il faut avoir
19:32un peu de discernement.
19:33Allez,
19:34il nous reste moins de 10 minutes
19:34à passer ensemble.
19:35Il est 10h19,
19:36vous êtes toujours en direct
19:37sur BFM Business
19:38et les experts.
19:39Le dernier débat
19:39va concerner
19:41notre souveraineté
19:42numérique.
19:44Stéphane Séjourné,
19:45commissaire européen
19:46à l'industrie,
19:47avait porté un texte
19:48pour notre défense
19:49industrielle
19:50notamment face
19:51aux surcapacités
19:52chinoises.
19:53C'était le thème
19:54d'un séminaire
19:54à la Commission européenne
19:55vendredi dernier.
19:56Hier,
19:57la Commission
19:58a présenté
19:59un grand plan
19:59de souveraineté
20:00pour lutter
20:00contre nos dépendances
20:02technologiques.
20:03Plus de 80%
20:04des produits,
20:06services
20:06et infrastructures
20:08numériques
20:09sont
20:11extra-européennes.
20:12Nos dépendances,
20:13nos produits
20:15viennent
20:15dans nos ordres,
20:16nos frontières.
20:17Et afin de réduire
20:17cette dépendance,
20:19Bruxelles vient
20:20de dévoiler
20:20un paquet inédit
20:22sur cette souveraineté.
20:24Que contient-il ?
20:25Est-ce qu'il a
20:25la hauteur des enjeux
20:27surtout Gaëlle Mack ?
20:28Alors,
20:29que contient-il ?
20:30Il est quand même
20:31un peu offensif
20:33quand même,
20:33on va dire.
20:34L'accueil est assez mitigé
20:35ce matin.
20:37C'est toujours
20:37l'Europe
20:38elle est quand même
20:39confrontée
20:40à un problème
20:41de fond
20:42qui est que
20:43en fait
20:44les deux zones
20:45qui lui font
20:47concurrence,
20:48les Etats-Unis
20:48et la Chine
20:49sont tous les deux
20:51très agressifs
20:52et en fait
20:53n'acceptent
20:54de l'Europe
20:55que que ce soit
20:55un marché
20:56de consommateurs
20:57passifs
20:58et finalement
20:59qu'ils viennent
21:00acheter ces produits
21:01et donc
21:01ils sont quand même
21:02assez pronds
21:02à...
21:03Ils sont très attentifs
21:04et ils sont pronds
21:04aux rétorsions
21:05et représaillent
21:06très vite.
21:07Donc on doit
21:07toujours un peu
21:08s'excuser
21:09si j'ai bien compris
21:10quand on veut
21:11faire un programme
21:12de souveraineté.
21:13Alors dans ce cadre
21:15il y a deux
21:16sujets majeurs.
21:17Il y a un premier sujet
21:17sur les semi-conducteurs
21:19donc
21:20qui passent
21:21par
21:23des aides
21:25publiques
21:26d'un côté
21:27donc ça
21:28c'est la carotte
21:28et par un peu
21:29le bâton
21:30en disant
21:31que bon
21:31pour les entreprises
21:32qui ne jouent pas
21:34le jeu
21:34d'acheter
21:34enfin
21:35d'essayer
21:36d'acheter
21:36au maximum
21:37européen
21:37on va parfois
21:38leur imposer
21:39alors là
21:40il y avait quand même
21:41eu un précédent
21:41c'est-à-dire
21:42que la Chine
21:43a tout à coup
21:44interdit
21:45à l'export
21:46des puces
21:47pour les automobiles
21:48des puces
21:49Nexperia
21:52et tout à coup
21:53qu'est-ce qui s'est passé
21:54les constructeurs
21:54automobiles européens
21:55ont supplié
21:56la commission
21:57d'autoriser
21:58à acheter
21:59des puces
21:59d'un autre
22:00constructeur chinois
22:01de puces
22:02voilà
22:03qui n'est pas
22:04du tout plus
22:05enfin
22:06qui ne convenait
22:07pas du tout plus
22:07que Nexperia
22:08donc voilà
22:10donc là
22:10la commission
22:11européenne
22:11dit
22:12bon
22:12il va falloir
22:14elle tape un peu
22:15du poing sur la table
22:16est-ce que ça va marcher
22:17je rappelle
22:18qu'on avait déjà
22:18fait un chips act
22:19c'était Thierry Breton
22:21qu'à cette époque
22:22on espérait avoir
22:2420% de parts de marché
22:26dans les semi-conducteurs
22:28d'ici 2030
22:29et que ça a été très mitigé
22:33le bilan aujourd'hui
22:34puisqu'on est à 10,5
22:35donc je ne pense pas
22:36qu'on va être à 20%
22:37d'ici 2030
22:39donc voilà
22:40donc bon
22:42c'est un discours
22:45un peu offensif
22:45mais je ne suis pas sûre
22:46que ça soit suivi des faits
22:47et le deuxième sujet
22:49c'était sur le cloud
22:51le cloud et l'IA
22:52donc là
22:53il y a des exclusions
22:55de marché public
22:58pour certaines entreprises
23:01étrangères
23:01et il y a l'instauration
23:03pour la défense
23:04dans le domaine de la défense
23:06qui est vraiment
23:06quand même super critique
23:10d'obligation de recourir
23:11au cloud européen
23:12je rappelle que les Etats-Unis
23:14disposent
23:16d'un texte
23:17depuis Trump 1
23:20qui dit
23:21un peu comme à la chinoise
23:23d'ailleurs
23:23il peut nous siphonner
23:24toutes nos données
23:24que voilà
23:25qu'Amazon
23:26Meta
23:27voilà
23:28Google
23:28c'est ce que disent
23:29les grandes plateformes
23:30qui nous promettent
23:30un cloud très sécurisé
23:32qu'ils doivent
23:34leur donner
23:36aux autorités
23:37si elles le réclament
23:38y compris celles
23:38qui ne sont pas
23:39hébergées aux Etats-Unis
23:40donc voilà
23:42mais je rappelle
23:44que c'est quand même
23:46c'est aux Etats membres
23:47de mettre en oeuvre
23:49ce genre de
23:50enfin de mettre en oeuvre
23:52ces recommandations
23:53donc là encore
23:55on peut s'attendre
23:56à des fortes disparités
23:58peut-être deux chiffres
24:00on a
24:01on réalise
24:02des baromètres
24:03sur l'innovation
24:04notamment avec
24:06BFM
24:07chez Frédéric Simotel
24:09on les présente souvent
24:10avec Saegus
24:11et dans ces baromètres
24:12que nous disent
24:13les gens
24:14que nous interrogeons
24:14donc les français d'une part
24:16dont les salariés
24:17qui l'utilisent
24:17dans le cadre de leur travail
24:18et ceux qu'on appelle
24:19les pros de la tech
24:20c'est-à-dire des gens
24:21qui travaillent
24:22dans l'univers tech
24:22qui sont très pointus
24:24sur ces sujets-là
24:26sur cette question
24:27de la souveraineté
24:27ils nous disent
24:28c'est extrêmement important
24:29et année après année
24:31quand on leur demande
24:32les IA qu'ils utilisent
24:33si elles sont françaises
24:35ou chinoises
24:36ou américaines
24:36et bien on se rend compte
24:37que la part de ceux
24:38qui utilisent
24:39de l'IA française
24:41décroît
24:41et archi minoritaire
24:42parce qu'on a l'impression
24:43qu'il y a un élan
24:44en ce moment
24:44il y a beaucoup d'obligations
24:45autour de Mistral
24:47il y a eu une poussée Mistral
24:48l'année dernière
24:49oui mais il y a une volonté
24:50c'est-à-dire que les gens
24:51nous disent
24:51j'aimerais bien
24:52on va le résumer comme ça
24:53j'aimerais bien
24:54je voudrais
24:55j'ai testé
24:56mais à l'usage
24:57on est sur
24:59Tchadjipiti
25:00Claude
25:00et qu'on sort
25:01premier élément
25:02deuxième élément
25:03sur le rapport
25:04à l'Europe
25:04et à la souveraineté
25:05il y a une attente
25:06qui peut
25:07alors ça ne suffira pas
25:08à réconcilier
25:09les français avec l'Europe
25:10mais peut-être
25:10à donner le sentiment
25:11qu'on n'est pas
25:12toujours les idiots
25:13du village international
25:14parce que c'est un petit peu
25:15comme ça que les français
25:16voient l'Union Européenne
25:17et pas que les français
25:18d'ailleurs quand on fait
25:19des sondages au niveau européen
25:20c'est ce que nous disent les gens
25:21et sur la souveraineté
25:22ils nous disent deux choses
25:23la France élue
25:25et l'Europe
25:26n'agissent pas suffisamment
25:27pour garantir leur souveraineté
25:28en matière d'IA
25:29à plus de 70%
25:31chez les français
25:3275%
25:32chez les pros de la tech
25:34et si la France élue
25:35et la France et l'Europe
25:36n'investissent pas
25:37et n'encouragent pas
25:38suffisamment
25:38le développement de l'IA
25:39pour une majorité de français
25:40et pour plus des deux tiers
25:42des pros de la tech
25:43donc on est bien
25:44sur ces sujets
25:45qui touchent aujourd'hui
25:46nos concitoyens
25:48il y a un changement
25:50quand même
25:50qu'on peut saluer
25:51et qu'on peut noter
25:52c'est que la souveraineté
25:53était vue par la réglementation
25:54jusqu'ici à Bruxelles
25:56là on passe un cap
25:58vers l'idée
25:59d'une industrialisation
26:00quand même
26:01il y a tout un pilier
26:04sur le cloud
26:05notamment
26:06et l'IA Development Act
26:07qui vise à tripler
26:09la capacité
26:10des centres de données
26:11durables en Europe
26:12d'ici 2030
26:14dans ce paquet
26:15de la commission
26:15pour moi
26:16ce ne sont que
26:17de bonnes nouvelles
26:18ce qui a été annoncé
26:19par la commission hier
26:20c'est plus d'investissements
26:21dans les infrastructures
26:22ce que vous venez de dire
26:24les fameux 200 milliards d'euros
26:25pour tripler
26:25la capacité des data centers
26:27en Europe
26:28d'ici 2030
26:29c'est plus de préférences
26:30européennes
26:31ça a été évoqué
26:31sur les données
26:32ce qui permettra
26:33de nous protéger
26:34alors il y a le domaine
26:34de la défense
26:35où c'est le plus critique
26:36dans l'échelle de souveraineté
26:38le niveau de protection
26:39le plus élevé
26:40mais ça va aussi
26:41jusqu'au niveau le plus faible
26:42le fait d'avoir
26:44un stockage des données
26:45à minima en Europe
26:46ensuite c'est plus
26:47de protectionnisme
26:48sur les marchés publics
26:50ce qui là aussi était
26:51ce n'est pas écrit
26:52protectionnisme
26:52dans les documents
26:53de la commission européenne
26:54mais c'est ça que ça veut dire
26:55en vrai
26:55c'est de dire
26:56la commission va passer
26:57des marchés
26:58sur le cloud
26:59enfin j'ai envie de dire
27:01absolument
27:01et va le faire
27:02avec des clauses
27:03qui vont favoriser
27:04les entreprises
27:05264 milliards
27:06de dépenses informatiques
27:07annuelles
27:08pour soutenir
27:08nos propres acteurs
27:09et puis enfin
27:10et j'en termine par là
27:12c'est de pouvoir créer
27:13enfin des champions
27:14européens du numérique
27:15et bon sang de mon soin
27:15on a tous les atouts
27:17on a SAP
27:18sur les logiciels
27:19de gestion d'entreprise
27:21on a OVH
27:22sur le cloud computing
27:23on a Mistral
27:24ça a été dit
27:25sur les modèles d'IA
27:27ASML
27:27sur les semi-conducteurs
27:28Pascual
27:29sur le calcul quantique
27:30je vais arrêter là
27:31la liste
27:32mais on a
27:33tous les atouts
27:34on a les chercheurs
27:35on a maintenant
27:35l'énergie
27:36et particulièrement en France
27:37l'énergie décarbonée
27:38abondante et peu chère
27:39grâce au nucléaire
27:41maintenant ce qui manque
27:42c'est l'investissement
27:43c'est le capital
27:44et donc
27:44les marchés de capitaux
27:45ce qu'il va falloir ajouter
27:47à cette stratégie
27:48c'est l'union des capitaux
27:50un levier de décision
27:51bon voilà
27:52ce sera le mot de la fin
27:53merci beaucoup
27:53à tous les trois
Commentaires