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  • il y a 2 jours
Retrouvez le club de la Bourse du jeudi 4 juin dans l'émission Good Morning Market. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning market, le club de la bourse.
00:048h38, le club de la bourse ce matin, c'est avec Bertie Bayard, bonjour.
00:07Edatrice en chef au Figaro, à côté de vous Eric Muller, bonjour.
00:10Responsable des stratégies obligataires corporelles chez Muzinic & Co.
00:13Je le racontais pendant la publicité, hier nous débattions sur ce plateau des taux européens
00:18et on disait tout le monde dit que la Banque Centrale Européenne ne devrait pas augmenter ses taux.
00:22J'étais pris au mot par Étienne qui m'a dit je vais trouver quelqu'un qui va défendre le
00:26fait
00:26qu'il faut que la Banque Centrale Européenne monte les taux d'intérêt
00:29et c'est vous Eric Muller, vous pensez qu'elle doit changer sa politique monétaire et augmenter ses taux ?
00:35Compte tenu de ce qui se passe sur le marché du pétrole et sur le marché des produits pétroliers
00:40du risque d'avoir un taux de pétrole assez élevé au-delà des prévisions qui avaient été calées en mars
00:46pendant plus longtemps, je crois que la hausse du 11 juin devient obligatoire.
00:51C'est un exercice de taux mais c'est aussi un exercice de communication.
00:55Le principe des banques centrales c'est de pouvoir à la fois monter leur outil essentiel de politique monétaire
01:02mais aussi de pouvoir contrôler l'ensemble de la courbe des taux et les anticipations d'inflation à long terme.
01:07C'est les anticipations qui comptent ?
01:08C'est exactement ça, c'est un exercice de communication, c'est un mal nécessaire pour avoir une communication assez
01:14précise,
01:14assez forte, comme en mars d'ailleurs, pour pouvoir laisser les taux de marché à un certain niveau
01:20qui contrôlent les anticipations d'inflation à long terme.
01:23Et ça c'est important parce qu'on va stabiliser la partie longue de la courbe des taux à ce
01:27moment-là
01:27et c'est l'endettement français, l'endettement européen qui se refinance à des taux du coup moins élevés.
01:33Si on ne faisait pas ça, on lâcherait à ce moment-là les anticipations d'inflation comme on l'a
01:38vu aux Etats-Unis à un moment donné.
01:39Le 5 ans, 5 ans a monté relativement fort et ça c'est dangereux pour l'ensemble de la courbe.
01:45Et 0,25 ça suffit ?
01:46Alors 0,25 plus le discours, ça devrait suffire pour l'instant.
01:51Ensuite on va voir parce que si jamais le pétrole redescend aux alentours de 75 dollars le baril,
01:56le scénario change complètement.
01:57Nous ne pensons pas que ça puisse redescendre à des niveaux de 75 rapidement,
02:02ça devrait rester à des niveaux de 90 à 95 assez longtemps
02:06et du coup la prochaine hausse de septembre est probablement quelque chose qu'il faut imaginer aujourd'hui.
02:12Mais je crois que c'est très clair que pour l'instant ils sont, comme ils disent, réunion par réunion,
02:17on observe les datas et à ce moment-là on agira.
02:20Parce qu'il y a des effets directs, indirects et de second tour.
02:22Et c'est ce mélange-là qui fera qu'une deuxième hausse des taux est nécessaire.
02:27En tout cas la première, à mon sens, l'est.
02:30Berthi, on entend aussi dire que 0,25 ça permet de taper les anticipations d'inflation
02:34et ça ne fera pas trop mal à l'économie européenne.
02:39Quand vous êtes français, vous craignez quand même les hausses de taux de la Banque Centrale Européenne.
02:43Oui, on voit étant donné la situation conjoncturelle et les derniers chiffres qu'on a pu voir de croissance
02:50qui commencent à donner des indications non seulement de stagnation mais voire de possibles récessions.
02:55Évidemment, on est inquiet de voir qu'il pourrait y avoir en plus un ressemblant de la politique monétaire.
02:59Je ne vois pas trop l'intérêt, j'allais dire, de se précipiter dès le mois de juin.
03:03J'entends bien le raisonnement effectivement sur les anticipations d'inflation qui commencent à frémir.
03:07Cela dit, étant donné l'énorme incertitude qu'on a sur l'évolution des choses à la fois géopolitiques
03:12et donc sur la répercussion sur le marché pétrolier, pourquoi ne pas laisser passer l'été
03:16pour donner le signal de la hausse des taux du point de vue de l'activité ?
03:21Je sais bien que pour la Banque Centrale, ce qui compte, c'est les anticipations d'inflation
03:24et du point de vue de l'activité, donner ce signal-là en plus avant l'été,
03:28là où on a une incertitude qui va perdurer probablement jusqu'à après l'été
03:31sur l'évolution géopolitique et des marchés de l'énergie,
03:35ça me paraît très justifié d'attendre au moins la rentrée pour casser le sujet inflation.
03:40Eric, pourquoi on ne peut pas attendre ?
03:42Parce que ça fait déjà 4 mois.
03:44Parce que ça fait déjà 4 mois que ce conflit a démarré,
03:47ça fait 4 mois que les prix du pétrole sont élevés
03:49et qu'on commence à voir les signaux, non pas de hausse de prix directe, mais de indirecte.
03:54Vous prenez par exemple l'enquête de la Commission européenne
03:57qui sont les Selling Price Expectations.
04:00Ça veut dire en gros quelles sont les attentes de prix chargés pour les entreprises.
04:07Elles sont en forte hausse.
04:09J'ai construit mon petit modèle pour voir à peu près où l'inflation sous-jacente
04:14serait avec ce seul indice-là.
04:16On obtient quelque chose de 3%.
04:18Donc c'est une déviation qui serait un peu trop forte.
04:21Il vaut mieux tuer dans l'œuf le risque d'anticipation d'inflation
04:25que d'attendre trop longtemps et de se retrouver dans la situation de 2022
04:29où la BCE a été critiquée pour avoir agi trop peu, trop tard
04:33et il a fallu à ce moment-là agir très fortement.
04:35Oui mais c'est toujours la même question.
04:37Ça ne fait pas baisser les prix du pétrole ?
04:39Ça ne fait pas baisser les prix du pétrole demain
04:41mais ça fait baisser l'ensemble des anticipations d'inflation sur l'ensemble de la courbe.
04:46Là encore c'est un exercice de communication.
04:48Ce qu'on regarde c'est le futur,
04:50c'est l'anticipation du marché.
04:52Pas le prix à la pompe à la rue, je suis d'accord.
04:55Merci.
04:55Ça dépend aussi de ce qui va se passer de l'autre côté de l'Atlantique
04:57c'est-à-dire qu'il y a un problème aussi de savoir
04:59si on a des banques centrales qui se suivent,
05:01qui se précèdent, qui évoluent en parallèle
05:03ou si on a un décrochage trop fort entre les Etats-Unis et l'Europe
05:06et donc il faudra voir aussi comment ça évolue
05:08du côté de la politique monétaire américaine dans les prochains mois.
05:10Etienne, sur les anticipations de hausse ou de baisse des taux,
05:14ça change en permanence en fait.
05:16Notamment au niveau américain,
05:19c'est compliqué d'y voir clair.
05:20Il y a encore quelques semaines de cela,
05:21le marché n'anticipe pas du tout de hausse de taux du côté des Etats-Unis
05:25et désormais pourquoi pas une hausse de taux d'ici décembre.
05:28Alors pour l'instant c'est vraiment timide
05:29mais typiquement hier vous avez deux présidents de Fed régional,
05:34en l'occurrence les Fed de Dallas
05:36et les Fed de Cleveland
05:38qui ont dit qu'au vu du contexte,
05:39il faudrait peut-être en effet commencer à réfléchir à remonter les taux.
05:43Alors pour l'instant c'est très timide,
05:44vous savez des banquiers centraux, c'est jamais direct.
05:47Mais en tout cas la question se pose de plus en plus,
05:49d'autant plus que dans quelques jours on aura l'inflation du mois de mai aux Etats-Unis.
05:53Cette inflation aux Etats-Unis, elle aurait frôlé les 4%.
05:56Elle devrait être à nouveau sur des plus hauts de 2023
05:59et ça forcément, ça pose problème.
06:02D'autant plus qu'on le verra demain, on aura des données d'emploi.
06:04L'emploi est très vigoureux aux Etats-Unis.
06:07Pour l'instant ça tient.
06:08Hier ADP vous dit plus de 100 000 créations de postes.
06:10Quand vous regardez l'enquête Jolz, vous avez des offres d'emploi
06:13qui sont sur des niveaux historiques, en termes de non-pourvus,
06:16sur des niveaux de 2024.
06:18Donc ça va être là aussi une réunion importante,
06:20non pas la semaine prochaine mais dans 15 jours,
06:22puisque ça sera également la première réunion du nouveau patron de la Fed.
06:25Vous voyez Kevin Warch, Eric Muller,
06:27pour augmenter les taux dans la prochaine année
06:30comme première décision de politique monétaire ?
06:32Ça serait cocasse quand même.
06:34L'ironie vient que sa première réunion,
06:36il faudra enlever le biais à l'assouplissement
06:39qui existe aujourd'hui dans le communiqué de la Fed
06:42qu'elle publie au moment de sa réunion
06:44où on voit bien qu'il y a un biais d'assouplissement,
06:46il va falloir l'enlever dès le prochain meeting.
06:49Donc sa première décision sera d'avoir un discours
06:51un tout petit peu plus hawkish, comme on dit en anglais,
06:55c'est-à-dire d'enlever ce biais à l'assouplissement.
06:58Mais pourquoi ? Ils en ont besoin de l'économie américaine
07:00de cet assouplissement, non ?
07:01Non, l'économie américaine tient bien,
07:04on a 1,6% de croissance au premier trimestre,
07:06le deuxième trimestre pour l'instant s'annonce
07:08aux alentours de 2,5% de croissance
07:11en rythme annualisé trimestriel.
07:13Et la contribution de l'investissement des entreprises
07:17et en particulier sur l'IA,
07:18parce que hors IA, hors tech,
07:20l'investissement se contracte,
07:22mais l'investissement sur l'intelligence artificielle
07:25booste vraiment les chiffres de croissance.
07:27Et le consommateur a été au rendez-vous
07:29au premier semestre 2026.
07:32Vous savez, ils ont eu des taxes,
07:34un rabais sur les taxes,
07:37et donc ils peuvent réclamer un trop-perçu
07:39avec le budget de 2026,
07:41réclamer un trop-perçu au Trésor américain.
07:43Et par rapport à l'année dernière,
07:45il y a à peu près 55 à 60 milliards de plus
07:48qui sont reversés aux consommateurs.
07:50Ça, ça adopte pour l'instant la consommation.
07:53Deuxième partie de l'année,
07:54ce sera peut-être un peu plus faible.
07:55On verra.
07:56Mais pour l'instant, ça tient bien.
07:57Donc il n'y a pas de raison d'assouplir.
07:59Et le marché du travail se stabilise,
08:02voire donne quelques signes de réveil.
08:04Merci Bayer.
08:05Kevin Warch qui pourrait augmenter les taux.
08:07Alors on ne l'a dépeint
08:08comme complètement aligné avec Donald Trump
08:11ces derniers mois.
08:12C'était le but de sa nomination,
08:15même si ce n'était pas le profil
08:16qu'on avait attendu le plus.
08:18Mais Donald Trump a beaucoup insisté là-dessus.
08:19Donc effectivement,
08:20commencer le mandat par un acte
08:22quasiment de révolte vis-à-vis de la Maison Blanche,
08:26ça va être un petit peu compliqué.
08:27Après, c'est un spécialiste des taux
08:28qui connaît bien les marchés.
08:29Ce n'est pas un illuminé sorti de n'importe où.
08:32C'est quelqu'un de marché.
08:33Le but est quand même de tenir la maison.
08:38Les États-Unis ont quand même
08:40un petit sujet de marché obligataire aussi
08:42sur lesquels ils ne peuvent pas se permettre
08:44de faire totalement n'importe quoi.
08:45L'autre sujet de la matinée,
08:47c'est l'intelligence artificielle
08:48avec Bruxelles qui nous dit
08:49je vais faire en sorte que l'Europe
08:52puisse se passer dans les prochaines années
08:54de Google, de Microsoft
08:55et de tous les acteurs américains.
08:57Alors sur le papier,
08:58on comprend bien les arguments.
08:59C'est plus compliqué quand même
09:00sur le plan technique et technologique.
09:02On était avec le patron de Google
09:04à 7h85.
09:05Je vous invite à le réécouter
09:06en replay et en podcast.
09:07Lui, clairement, il dit
09:08tout ça, c'est de la politique.
09:09À un moment donné,
09:10les entreprises prennent le plus performant
09:11et le plus performant,
09:12c'est souvent les Américains.
09:14On a eu quand même sur le plan
09:15des financements, Étienne Braque,
09:17des opérations spectaculaires,
09:18notamment celle de Google hier.
09:20Qui devait lever au départ
09:2180 milliards de dollars
09:22et puis finalement,
09:23il y a eu tellement de demandes
09:24qu'ils ont levé 85 milliards de dollars.
09:27La nouveauté, c'est que
09:27contrairement au début d'année,
09:28ça ne s'est pas fait sur le marché obligataire,
09:30ça s'est fait par une augmentation de capital.
09:32Donc ils émettent des nouvelles actions
09:33à hauteur de 85 milliards de dollars.
09:36Ça se fait en plusieurs temps,
09:37mais en tout cas,
09:38ça n'a pas affolé les marchés.
09:3980 milliards de dollars,
09:41c'est le montant ou presque
09:41que va lever la semaine prochaine SpaceX.
09:43Si tout va bien,
09:44ça devrait se passer jeudi et vendredi prochains.
09:47On aura quand même, in fine,
09:48une valorisation de plus de 1 700 milliards de dollars.
09:51C'est quand même stratosphérique.
09:52Ça sera la plus grande introduction jamais vue.
09:55Quand du côté d'Enthropique,
09:56on nous annonce également
09:57une introduction en bourse,
09:58le dossier a été déposé.
09:59Dernier tour de table,
10:001 000 milliards de valorisation.
10:01Et puis dans le même temps,
10:02vous avez Dipsy qui a dit
10:03bon, nous, on va lever 7 milliards de dollars.
10:05C'est vrai que ça devient limite risible
10:07dans le sens où l'écart se creuse
10:08entre la tech américaine
10:10et les autres techs que ce soit en Europe
10:12mais aussi en Asie.
10:13Comment on regarde Bertil Bayard
10:14en tant que journaliste économique ?
10:16Ça fait des années que vous suivez
10:17l'ensemble de la micro et de la macro.
10:20Ce qui se passe aujourd'hui sur les marchés
10:22avec l'intelligence artificielle.
10:23Parfois, Étienne, le matin,
10:24est déboussolé par certaines valeurs
10:27qui ont pris 30%
10:28sur des petites annonces.
10:30Hier, Valeo,
10:3017% sur une annonce
10:34d'une recherche
10:35autour des datacenters.
10:36Mais c'est peanuts, en fait.
10:38Pour l'instant,
10:39ce sont des tests.
10:40En fait,
10:40ils sont en train de tester
10:41des systèmes de refroidissement
10:42pour datacenters.
10:43A l'origine,
10:44c'était pour les bâtir,
10:45notamment de véhicules.
10:45Et là, ils se disent
10:46le marché du datacenter est énorme.
10:48On pourrait nous aussi
10:48se mettre à refroidir
10:50par des systèmes liquides
10:51des datacenters.
10:52Bertil, vous regardez ça comment ?
10:54Oui, avec beaucoup d'étonnement.
10:56C'est-à-dire qu'effectivement,
10:56il faut regarder chaque jour.
10:58On voit arriver des chiffres
10:59qui sont absolument dingues.
11:02Parfois, un petit peu de nostalgie
11:03pour l'époque
11:03où on parlait de licorne.
11:05Oui.
11:06Il y a quelques années encore,
11:08la marque du succès
11:08était d'arriver
11:09à un milliard de valorisation.
11:11On est à 1 000 milliards, désormais.
11:12Voilà.
11:12C'est la nouvelle unité de compte,
11:15première remarque.
11:16La deuxième remarque,
11:17c'est qu'effectivement,
11:18comme il s'agit de sociétés,
11:21les hyperscalers,
11:22qui ont une capacité d'investissement
11:23qui est complètement dingue,
11:24les quatre grands hyperscalers
11:26vont investir
11:27ou prévoient d'investir,
11:28disent-ils,
11:29plus de 700 milliards de dollars
11:31cette année,
11:32sur la seule année 2026.
11:34À un moment,
11:34il faut bien que ça ruisselle un peu.
11:36Et donc, typiquement,
11:37le cas Valeo,
11:38on a comme ça
11:38toute une chaîne de valeur
11:39qui est en train de grappiller
11:41un petit peu
11:42ou beaucoup
11:42de cet investissement
11:44qui va avoir lieu
11:45dans les mois qui viennent,
11:46essentiellement,
11:47en Europe en tout cas,
11:49sur la filière
11:51construction de data center.
11:52Et donc,
11:52ça va des groupes
11:53de services à l'énergie
11:55au BTP
11:56en passant maintenant
11:56par,
11:57et puis quand même
11:58un petit peu
11:58les sociétés
11:59de puces
12:02et de logiciels
12:03en Europe
12:03qui peuvent en prendre
12:05une partie.
12:07Donc voilà,
12:07cet investissement-là,
12:09il ruisselle un peu.
12:10Après,
12:10on a ce gouffre,
12:11effectivement,
12:12qui existe
12:12entre les États-Unis
12:14et le reste du monde
12:15et les États-Unis
12:16et l'Europe
12:17en particulier.
12:18Vous avez
12:20Massa Yoshisan
12:20qui est le patron
12:22de Softbank
12:22qui était à Paris
12:23pour le fameux
12:25de Chouze France
12:25qui disait
12:26non,
12:27je ne dirais pas
12:27que l'Europe est en retard,
12:28je dirais que les États-Unis
12:29sont en avance.
12:30C'est une jolie périphrase.
12:31Il est polie
12:32parce qu'il vient
12:32pour Chouze France.
12:32Pour montrer
12:33cet écart
12:34qui est absolument dingue.
12:36Quand on regarde
12:37ce qui se passe ici
12:38en Europe,
12:40regardez ce que fait Mistral
12:42pour essayer
12:43de rester
12:44accroché
12:45à la course.
12:47C'est la version scope
12:49de ce que font
12:49les multinationales
12:50américaines aujourd'hui.
12:51Ça vaut 12 milliards
12:52aujourd'hui, Mistral.
12:52Ça vaut 12 milliards,
12:53c'est très bien.
12:54Mais voilà,
12:55avec ses clients,
12:56Mistral ne peut pas
12:57mettre sur la table
12:58de l'argent
12:59avant que les clients
13:00soient là.
13:00C'est l'immense différence
13:01avec un Google,
13:03un Microsoft,
13:04etc.
13:04Ils commencent
13:05par payer
13:05et par acheter
13:06la capacité de calcul.
13:07Et puis ils vont
13:08fabriquer.
13:08Ensuite,
13:09ils verront.
13:10Mistral doit appeler
13:11ses clients
13:11en leur demandant
13:12de s'engager
13:13à lui acheter
13:15des services
13:15pour les années
13:17qui viennent
13:17et pour les grandes
13:18entreprises européennes
13:19qui le font
13:20manifestement aussi
13:21avec une volonté politique
13:22de conserver
13:23une part de souveraineté
13:24européenne
13:24parce qu'elles comprennent
13:25bien cet enjeu.
13:26C'est très difficile
13:27de s'engager
13:28sur 5 ans,
13:28sur 10 ans,
13:29sur une technologie
13:30qui évolue en plus
13:30tellement rapidement
13:31qu'ils ne savent pas
13:33de quelle capacité
13:35de calcul
13:35ils auront besoin
13:36dans 5 ans.
13:37Éric Muller
13:38c'est comme ça
13:38qu'il faut regarder
13:39l'économie
13:39tous les investissements
13:40vont vers
13:41l'intelligence artificielle
13:42et puis après
13:42ça ruisselle
13:43c'est comme ça
13:44que ça fonctionne
13:44désormais ?
13:46Pas tout à fait
13:47parce que le ruissellement
13:48il est contrôlé
13:48dans la ligne
13:49de manière verticale
13:50mais si je peux me permettre
13:51je voudrais ajouter
13:52un point là-dessus
13:53c'est que
13:54les Américains
13:55ont un business model
13:56à côté
13:57qui génère
13:58des cash flows
13:58énormes.
13:59C'est comme ça
14:00qu'ils peuvent financer
14:00leurs investissements
14:02parce que Microsoft
14:03a son business
14:04à côté
14:04de logiciels
14:08Mistral
14:08n'a pas d'autre business
14:09que ça
14:10donc évidemment
14:11c'est une question
14:12de trésorerie
14:12et de gestion de trésorerie
14:13et la capacité
14:14d'investissement
14:14ne va pas être là
14:15et les 760 milliards
14:16prévus cette année
14:17vont être 30% supérieurs
14:19l'année prochaine
14:20on va arriver à
14:211 trillion 200 milliards
14:22de dollars d'investissement
14:24donc c'est absolument colossal
14:25alors pour l'instant
14:26ce qui se passe
14:27c'est que
14:27ce qu'il faut bien voir
14:28dans l'investissement en IA
14:29c'est qu'ils ont
14:30pour les Etats-Unis
14:31par exemple
14:31c'est qu'ils importent
14:32aussi beaucoup de chips
14:33donc en termes de PIB
14:34on voit bien dans l'investissement
14:36la dichotomie majeure
14:37qui se produit
14:38et pour l'instant
14:38on ne voit pas
14:39les effets de ruissellement
14:40mais il ne faut pas oublier
14:41non plus
14:41qu'une grande partie
14:42de ces investissements
14:43sont des produits importés
14:44donc dans le calcul du PIB
14:46on a des importations
14:47qui sont assez massives
14:49deuxième point
14:49qui est intéressant
14:50c'est que
14:51développer l'IA
14:51c'est une chose
14:52le logiciel IA
14:53c'est une chose
14:54mais le data center
14:55lui peut être délocalisé
14:57et c'est là
14:57peut-être une des chances
14:58européennes ou asiatiques
15:00délocaliser vos data centers
15:01chez nous
15:01Exactement
15:02avec une énergie
15:03relativement à bas coût
15:05avec une capacité
15:06potentielle de refroidissement
15:07qui va évoluer
15:08là on a un challenge
15:09parce que si le premier challenge
15:10on l'a un peu perdu
15:11le deuxième on peut le gagner
15:13Merci beaucoup à tous les deux
15:14d'être venus ce matin
15:14dans la matinale de l'économie
15:16Berthi Bayard et Eric Muller
15:17Sous-titrage Société Radio-Canada
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