00:00Good Morning Market, le club de la bourse.
00:048h42 sur BFM Business, Marc Fiorentino est arrivé, ça va Marc ?
00:07Oui, franchement quand je viens ici je suis toujours en pleine forme.
00:09Ah, Etienne Braque est également avec nous, vous allez bien, gentil avec Etienne, qui a un peu peur.
00:14On va également parler des IPO géantes ensemble, qui va entrer en bourse la semaine prochaine.
00:19On va parler fiscalité en France et je voudrais vous faire écouter, parce que j'aimerais bien avoir votre avis
00:23là-dessus,
00:24l'audition hier de Pierre-Edouard Serrin, qui était au Sénat et qui a parlé de son exil fiscal.
00:31Il se qualifie lui-même d'exilé fiscal.
00:33Écoutez ce qu'il raconte sur l'argent qu'il conserve et comment il réinvestit.
00:38Je suis ce qu'on appelle encore aujourd'hui un exilé fiscal.
00:42Sur ce sujet-là, peut-être juste en quelques mots, depuis 15 ans, depuis bientôt 15 ans,
00:46j'économise entre 100 000 et 200 000 euros par an d'impôts en vivant en Belgique plutôt qu'en
00:51vivant en France.
00:53Donc j'ai économisé de 3 millions d'euros depuis que je suis parti en Belgique,
00:57en sachant que j'ai redistribué, ça a été évoqué par mes associés il y a de cela quelques jours,
01:02150 millions d'euros en France à des projets d'intérêt général ou à des projets métapolitiques.
01:08Quand vous entendez Pierre-Edouard Serrin faire le calcul, il est vraiment transparent sur ce qu'il fait,
01:14qu'est-ce que ça vous inspire Marc ?
01:15En fait, il préfère organiser son argent comme il veut et ne pas faire en sorte que ça soit dans
01:20des impôts
01:21où il ne sait pas où ça va.
01:23Oui, je crois que c'est un choix personnel que je respecte, par exemple que je n'ai pas fait,
01:28que j'ai décidé de ne pas faire.
01:30Mais je pense que ça va au-delà du problème fiscal.
01:36Très sincèrement, quand je réfléchis à partir ou rester,
01:39ou quand autour de moi les entrepreneurs cherchent à partir ou rester,
01:43ce qui vient en premier, ce n'est pas forcément l'aspect fiscal.
01:45C'est l'ambiance plus que...
01:48C'est l'environnement, c'est-à-dire que c'est plusieurs choses.
01:50D'abord, le sentiment d'avoir un déclassement,
01:53déclassement qui est de plus en plus fort,
01:55déclassement qu'on voit dans les chiffres économiques, macroéconomiques.
01:59C'est de la macro, là.
02:01On n'est même pas dans le ressenti.
02:03On est dans le PIB par habitant.
02:05On est dans...
02:05C'est le deuxième élément, c'est la sensation de, finalement,
02:10de pédaler un peu pour rien.
02:12C'est-à-dire que, bon, très clairement,
02:14quand on regarde une fiche de paye d'un de nos employés
02:16ou d'un de nos salariés,
02:17et qu'on voit l'écart entre ce que ça coûte à l'entreprise,
02:20tout ça, ça fait un peu café du commerce,
02:21mais c'est quand même une réalité quotidienne.
02:23À chaque tous les mois, on est toujours surpris,
02:25quand on regarde les fiches de paye de nos salariés,
02:28de voir l'écart délirant,
02:30deux fois et demi,
02:31ce que coûte l'entreprise par rapport à ce que touche...
02:34Donc ça, c'est un deuxième élément.
02:36Et puis le troisième élément,
02:37ce sentiment terrible pour à la fois les entrepreneurs
02:41et puis tous les gens qui sont dans une certaine forme de...
02:43Je n'ai pas envie de dire de capitalisme,
02:45mais d'économie libérale,
02:47d'être dans un pays dans lequel on est de plus en plus opposé
02:51à cette économie libérale,
02:52avec l'émergence de nouvelles générations,
02:54les Gen Z, dont on dit aux États-Unis
02:57qu'elles sont de plus en plus socialistes.
03:00Et c'est un peu le cas aussi en France.
03:02Et donc on se retrouve dans un environnement
03:04où on se dit finalement...
03:05Et c'est très symptomatique,
03:07à chaque fois que je voyage à l'étranger,
03:08que je parle avec des gens qui entreprennent à l'étranger,
03:12je m'aperçois qu'en fait,
03:13on ne parle pas du tout de la même chose.
03:14C'est-à-dire qu'eux, ils sont 100% focalisés business.
03:17C'est-à-dire qu'en fait,
03:18ils ne comprennent même pas notre discussion.
03:20Nous, on passe la moitié de notre temps
03:21à dire qu'est-ce qui va se passer en 2027.
03:23Et depuis la dissolution, on est coincé.
03:25Et il y a la problématique...
03:27Là, je regarde le truc,
03:29je vous prends un exemple ponctuel.
03:32Les discussions qu'il y a sur le cumul emploi-retraite,
03:34on a un truc qui fonctionne super bien.
03:36Et puis on commence à dire,
03:37finalement, on va limiter le plafond
03:40de la retraite touchée pour ne pas permettre...
03:43Alors qu'on a un problème de travail des seniors.
03:47Donc vous voyez, on a ce sentiment
03:48qu'on passe la moitié de notre journée,
03:50quand on est entrepreneur ici,
03:52à s'occuper de choses
03:53dont on ne devrait pas s'occuper.
03:55Et donc, moi, je pense que l'aspect...
03:56Ce n'est pas pour 150 000 euros qu'on compare,
03:59c'est parce que c'est déprimant.
04:00Je pense que l'argument est petit,
04:02c'est-à-dire que ce n'est pas le sujet.
04:04Alors après, effectivement,
04:06si on pèse 1 milliard, 2 milliards, 3 milliards,
04:09je pense qu'il y a des moyens
04:10d'optimisation fiscale qui sont très importants.
04:12Mais je ne pense pas que ce soit ça le sujet.
04:14Le sujet n'est pas un sujet d'optimisation fiscale,
04:16ni d'exil fiscal, ni d'évasion fiscale.
04:19Le sujet, c'est un sujet d'évasion sociale
04:24et d'exil social et d'exil sociétal.
04:27Alors, je ne vais pas vous remonter le moral
04:28en vous disant qu'il n'y a pas beaucoup d'IPO en Europe.
04:30Vous êtes au courant, notamment en France.
04:32Par contre, aux États-Unis,
04:33on s'attend quand même à SpaceX.
04:35Je fais ce que je peux, moi, pour vous soutenir.
04:37Mais là, ce n'est pas en vous parlant de SpaceX,
04:38c'est des méga-IPO que je vais vous remonter le moral.
04:40Étienne, les chiffres sont pharaoniques.
04:42Oui, juste délirant.
04:44C'est dans 7 jours.
04:45C'est vendredi prochain, la première séance de SpaceX.
04:48Valorisation attendue, 1 800 milliards.
04:50Pour rappel, cette entreprise ne gagne pas d'argent.
04:52Elle a perdu quasiment 5 milliards en 2025,
04:55encore 4 milliards en début d'année.
04:57Un chiffre d'affaires, ça va se payer 94 fois.
05:00Et au milieu de tout cela,
05:01il y a une euphorie qui est juste énorme.
05:03Tous les grands banquiers de Wall Street
05:05sont en train de faire des roadshows
05:06pour essayer de convaincre les investisseurs.
05:07Et puis surtout, vous aurez les particuliers
05:10qui seront au rendez-vous,
05:11puisque Elon Musk a bien compris
05:12que les investisseurs particuliers
05:13ne regardaient pas les niveaux de valorisation.
05:14Et il va leur accorder un tiers des actions disponibles
05:17pour cette IPO.
05:20Il y tient, Elon Musk,
05:21à ce que ça soit ouvert au retail, Marc.
05:23Alors, il y tient.
05:25Ce que dit Étienne est très juste.
05:27Il y tient parce qu'il sait très bien
05:30que pour faire le buzz
05:31et pour qu'il y ait une bulle autour de SpaceX
05:34et pour qu'il y ait un engouement autour de SpaceX,
05:38il faut qu'il y ait des particuliers.
05:40Alors, on va savoir dans quelques mois
05:42si les particuliers seront les dindons
05:44d'une farce intergalactique
05:46ou si, au contraire,
05:47ils auront touché leur billet de loto.
05:49C'est la première fois, comme tu le disais,
05:51c'est la première fois qu'on a un pourcentage
05:53qui est aussi important,
05:54plus de 25% qui sera dédié au public.
05:57Généralement, la norme, il faut savoir que c'est 5%
06:00et puis on peut monter jusqu'à 10%.
06:02Donc là, on est très clairement
06:03et on voit déjà, d'ailleurs, c'est très intéressant,
06:06le Foyant Shulte, il me racontait ce matin,
06:07que déjà en pré-IPO,
06:09c'est la première fois,
06:11parce que ce n'est pas simplement l'IPO.
06:13Il faut savoir que les actions de SpaceX,
06:15les actions d'Enthropix,
06:17les actions d'OpenAI
06:18se traitent maintenant beaucoup
06:19sur des plateformes en pré-IPO.
06:22C'est-à-dire qu'il y a des salariés
06:23qui ont des actions gratuites,
06:24qui les revendent.
06:25Enfin, il y a un marché
06:28pré-introduction en bourre
06:29et il paraît que c'est la folie complète
06:30et qu'on est au-dessus de valorisation
06:32de 1 800 milliards.
06:33C'est-à-dire qu'il y a des gens aujourd'hui
06:34qui achètent sur des plateformes
06:37des titres de SpaceX
06:39en pensant que ça va probablement,
06:41ou peut-être, c'est possible,
06:43côté de 1 300, 1 400 milliards.
06:45A priori, quand ça va arriver,
06:45dans les premiers jours,
06:47du coup, ça va booster.
06:48Ça ne veut pas dire que c'est
06:49les performances futures.
06:50C'est très difficile à déterminer.
06:53Etienne le disait,
06:53les chiffres sont dingues.
06:56Moi, ce qui me frappe aussi,
06:57toujours pour revenir un peu
06:58sur le même sujet
06:59qu'on a abordé tout à l'heure,
07:00c'est vrai que vous n'avez pas
07:01des sujets qui me remontent le moral.
07:03Je suis désolée.
07:04Mais ça fait 40 ans
07:07ou 45 ans que je suis sur les marchés.
07:09J'ai travaillé beaucoup
07:10dans des entreprises américaines
07:11et des banques d'affaires américaines.
07:13Et franchement,
07:13je n'ai jamais eu le sentiment
07:15d'être aujourd'hui
07:16sur une autre planète.
07:18C'est-à-dire qu'avant,
07:18j'avais l'impression que Paris
07:21était une place financière,
07:22l'Europe,
07:23il y avait Londres,
07:24il y avait New York,
07:25on était un peu décalés,
07:27ils étaient devant nous,
07:28ils étaient très forts.
07:29Mais là, j'ai l'impression
07:30que ce n'est même plus
07:31qu'on est dans la course.
07:33C'est même pas pour faire
07:35du bashing européen.
07:36J'ai l'impression
07:37qu'on n'est plus sur la même planète
07:38parce que l'unité,
07:40tu le rappelais tout à l'heure,
07:41l'unité,
07:41c'est devenu le 1000 milliards de dollars.
07:43C'est-à-dire que vous apercevez
07:45que toute la journée,
07:46on parle de 1000 milliards de dollars,
07:471000 milliards de dollars.
07:49Et puis,
07:49quand Apple va,
07:50Alphabet va lever de l'argent,
07:52c'est 85 milliards de dollars.
07:53L'autre va lever 75 milliards.
07:55La valorisation,
07:56c'est 2000 milliards.
07:57En tropique,
07:58c'est 1000 milliards.
07:59C'est-à-dire que l'unité de compte,
08:00c'est 1000 milliards.
08:011000 milliards de dollars,
08:02c'est le montant des investissements
08:05dans l'IA sur une année,
08:06enfin tout ça.
08:07Et puis à côté,
08:09j'ai l'impression que nous,
08:10quand je regarde effectivement
08:11les IPOs,
08:12je l'ai dit,
08:13on a eu deux IPOs à Paris
08:15depuis le début de l'année,
08:16c'est des micro-caps,
08:17c'est très bien.
08:19Mais bon,
08:20il faut quand même
08:20faire quelque chose.
08:22Il faut bouger.
08:23Alors les introductions...
08:24Mais qu'est-ce qu'il faut faire ?
08:25Je pense franchement
08:27qu'il faut que les institutions,
08:30d'abord,
08:30il faut que Ronex bouge.
08:31Mais il faut plus d'IPOs,
08:33c'est-à-dire que c'est plus sain
08:34d'avoir des entreprises
08:35qui ouvrent leur capital au public ?
08:37Mais évidemment,
08:37mais c'est-à-dire,
08:38je le répète tout le temps,
08:39regardez les dix premières
08:41fortunes mondiales,
08:42c'est dix entrepreneurs
08:44de boîte cotées.
08:45Enfin,
08:46c'est quand même une évidence.
08:47J'ai envie de dire,
08:48même si c'est pour des raisons
08:49purement vénales,
08:51allez vous introduire en bourse.
08:53Enfin,
08:53ça fait partie du jeu.
08:54C'est très bien,
08:55le private equity.
08:56Ce n'est pas une guerre
08:56du private equity,
08:57mais pour le private equity,
08:59la bourse aussi,
09:00c'est une sortie.
09:01Aujourd'hui,
09:01le private equity est coincé.
09:03Ils n'arrivent pas
09:04à sortir leur dossier
09:05parce qu'ils ont acheté
09:06trop cher des dossiers
09:07il y a deux ou trois ans
09:08qui ne se portent pas très bien
09:09et donc,
09:10ils sont complètement bloqués.
09:11Mais à aucun moment,
09:12ils envisagent de se dire,
09:13parce qu'ils ont démoli
09:15la bourse pendant des années,
09:17ils n'ont aucun moment,
09:18ils se disent,
09:19tiens,
09:19c'est une sortie.
09:20Mais on entend avec Etienne,
09:21c'est trop compliqué,
09:23manque de transparence,
09:24on a ça Etienne sur le plateau.
09:25Mais c'est complètement faux
09:26et je pense qu'il y a
09:27beaucoup de responsabilités.
09:29Il y a beaucoup de responsabilités
09:30des autorités de place.
09:32Il y a, je pense,
09:33et la BPI est en train de bouger
09:34sur sa position,
09:35la BPI a favorisé beaucoup
09:37le private equity,
09:38beaucoup le capital risque,
09:39pas trop la bourse.
09:41C'est en train de changer.
09:42Ils ont créé un fonds dédié
09:44aux petites capitalisations.
09:46Je salue cette initiative
09:48parce que c'est une très belle initiative.
09:49La Caisse des dépôts
09:51a créé un fonds
09:52qui investit
09:53dans des fonds small cap,
09:54un fonds de 500 millions,
09:55bravo, c'est une initiative.
09:57Et ce n'est pas un problème
09:57de fonds qu'on manque de capitaux
09:59et que du coup...
10:01Je pense que...
10:01Vous savez, par exemple,
10:03il y a 10 ans,
10:04le capital risque en France,
10:05ça n'existait pas.
10:06Si la BPI n'avait pas
10:08arrosé largement
10:09des fonds de private equity
10:10et de capital risque,
10:12il n'y aurait jamais eu de capital.
10:13On n'aurait pas eu la French Tech.
10:14Donc ça veut dire
10:15qu'on peut changer les mentalités.
10:17Maintenant, il faut simplement
10:18dire aux gens
10:20et monter des opérations de place,
10:22ouvrir les opérations
10:24au public.
10:25Aujourd'hui,
10:26on a...
10:27Étienne le sait,
10:28on a des millions
10:29d'actionnaires individuels
10:31qui sont arrivés
10:32à la bourse
10:32après l'introduction
10:34de la Française des Jeux,
10:35après le Covid.
10:37Il reste une minute juste.
10:38Étienne,
10:38il y a peu d'opérations
10:39qui sont ouvertes au public
10:40aujourd'hui sur Next.
10:42D'autant plus que le seuil
10:43a été abaissé
10:43pour les particuliers, Marc.
10:45Ça, ça a quand même été
10:45un échec grandition
10:47ces derniers mois.
10:47C'est-à-dire que l'AMF
10:49a revu la part des blocs
10:51pour les particuliers
10:52lors des introductions
10:53en bourse.
10:53Oui, mais aujourd'hui,
10:54je pense qu'on a la possibilité,
10:57et j'espère que ça va bouger
10:58dans les jours qui viennent
10:59ou dans les semaines qui viennent,
11:00d'ouvrir des opérations
11:01au public
11:02et je pense que ça créera
11:04un engouement.
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