00:00Tech & Co-Business, l'invité.
00:05Allez avec nous, cette entreprise Scaleway qui est en train de monter,
00:08monter, entreprise française, européenne et on l'espère un jour au déniveau mondial.
00:12Avec nous Damien Lucas, directeur général de Scaleway.
00:14Bonjour Damien.
00:15Bonjour Frédéric.
00:16Merci être avec nous.
00:16On a beaucoup d'actualités dont il va falloir parler avec vous.
00:19Il y a le Health Data Hub, il y a cette alliance aussi,
00:21ce consortium d'une trentaine d'entreprises pour faire des IA gigafactory.
00:25On parla de quantique aussi, parce que là aussi vous êtes investi avec Scaleway.
00:28Juste un mot, cette semaine on a SoftBank qui a annoncé un investissement important,
00:3475 milliards en deux tranches, il y aura 40 milliards d'une première tranche
00:39qui va arriver notamment dans les Hauts-de-France, autour des data centers.
00:43Quand on est soi-même opérateur de data centers, comment on voit ça ?
00:47De façon assez positive, mais c'est quoi votre première réflexion ?
00:50Nous on est utilisateur de data centers, donc des data centers on en a besoin.
00:55Il y en a trop peu, donc on accueille toutes les annonces
00:57avec beaucoup d'enthousiasme.
00:59Ça va être la possibilité pour la France et pour l'Europe
01:02de construire ces fameuses gigafactory dans lesquelles on va pouvoir faire l'IA de demain.
01:07On en a besoin.
01:08C'est le signe que la France est attractive pour construire des data centers.
01:12Oui, ça y est, on nous situe bien sur la carte.
01:14On nous situe sur la carte, grâce à l'électricité française,
01:17grâce au talent en France, grâce à tout l'écosystème autour de l'IA.
01:21Donc c'est une formidable nouvelle.
01:22C'est ce que disait, je voyais les gens de Schneider Electric qui me disaient,
01:25il faut un politique qui a envie, il faut un financeur, un investisseur.
01:30Puis derrière, il faut avoir des clients qui sont prêts à y aller.
01:34Puis il faut un intégrateur aussi pour intégrer tout ça.
01:37Et quand on a les quatre réunis au bon moment,
01:39qui sont tous dans leur même échelle de temps,
01:40et bien c'est là que ça marche.
01:41Alors on va parler avec vous, Scaleway.
01:43Il y a quelques jours, c'est un consortium de 28 entreprises françaises et européennes
01:48pour se créer ces AI gigafactory.
01:55Alors expliquez-nous, il y a des gens, ceux que l'on connaît,
01:57Ardion, Artefact, Bullcap, Gemini, UDF, Groupe IA, Orange, Scaleway.
02:02Alors racontez-nous un petit peu en quoi ça consiste ces AI gigafactory.
02:05L'idée, c'est très simple.
02:07L'idée, c'est de se mettre ensemble pour pouvoir atteindre une taille critique.
02:11On parle de gigafactory.
02:13La taille ultime, c'est donc le gigawatt.
02:15Oui, c'est ça.
02:16C'est ça, en tout cas, l'ambition du consortium.
02:19Et dans ce contexte-là, la Commission européenne a demandé,
02:24ou plutôt organise un appel d'offres.
02:26Oui, parce qu'on en est à la réponse à l'appel d'offres.
02:28On en est à la réponse à l'appel d'offres.
02:30Il y a eu un appel à manifestation d'intérêt l'année dernière.
02:32Maintenant, c'est l'appel d'offres qui devrait arriver maintenant d'une semaine à l'autre.
02:35Pour trouver des consortiums qui se lancent dans la construction de gigafactory.
02:40Quelques-unes en Europe.
02:41Et je pense que c'est important de parler de l'échelle européenne.
02:44Du fait de dire que c'est quelques-unes.
02:46Et donc, pour porter la candidature française d'une gigafactory française,
02:51on a rassemblé un certain nombre des grands leaders.
02:54Parce que ça, quand on dit de français, c'est-à-dire que les Allemands y répondent aussi ?
02:56Les Britanniques y répondent ?
03:05Absolument.
03:05Évidemment, l'Italie, l'Espagne, etc.
03:08L'objectif étant d'en faire quelques-unes de ces gigafactory.
03:11On n'en fera pas 27.
03:13Ça, c'est sûr.
03:14Et donc, l'objectif, c'est évidemment d'en avoir une en France.
03:16Et donc, on a été chercher les différentes entreprises,
03:21les acteurs qui sont clés dans l'intelligence artificielle en France aujourd'hui.
03:24Et là, c'est à la fois pour faire du calcul IA,
03:27c'est à la fois pour cette puissance de calcul,
03:31du cloud autour de l'IA.
03:33C'est vraiment centralisé sur l'intelligence artificielle.
03:36Les différents cas d'usage de l'intelligence artificielle.
03:38Donc, construire les modèles, ce qu'on appelle le training,
03:41les réentraîner, les affiner,
03:43et puis toute la partie inférence,
03:45c'est-à-dire faire tourner les modèles,
03:47ce qu'on utilise tous les jours quand on envoie des requêtes à nos agents préférés.
03:51Aujourd'hui, cet appel d'offres a été déposé.
03:56On en est où dans les échéances ?
03:57Aller à la réponse ?
03:59On attend l'appel d'offres d'une semaine à l'autre,
04:02avec l'objectif d'une sélection avant la fin de l'année
04:06et d'un démarrage du projet tout début d'année prochaine
04:10et globalement être capable d'avoir de la puissance à proposer
04:13dès la fin de l'année 2027.
04:15Et là, c'est important qu'il y ait des politiques derrière,
04:17qu'il y ait des investisseurs,
04:19qu'il y ait tout cet acteur,
04:20parce qu'il faut que tout le monde avance d'un seul bloc.
04:22Oui, et à tous les niveaux.
04:23Il faut être en mesure d'avoir des data centers disponibles
04:26parce que dans ce contexte-là,
04:28pour avoir quelque chose qui tourne fin d'année 2027,
04:31il faut utiliser des projets de data centers
04:32qui sont déjà largement démarrés.
04:35Il faut par ailleurs s'assurer qu'on a EDF dans le consortium
04:39qui garantit l'énergie.
04:41Il nous faut les chipsets,
04:42l'accès aux différents chipsets en quantité.
04:44Il nous faut également le logiciel pour que ça soit utilisable.
04:47Et puis, il nous faut la capacité à opérer des milliers de GPU.
04:51Et ça, c'est ce qu'amène Scaleway dans le consortium, évidemment.
04:55Alors, autre sujet qui nous intéresse pour Scaleway,
04:57c'est que vous avez été retenu pour héberger la plateforme de données de santé.
05:00Alors, on ne l'appelle plus le Health Data Hub, du coup, je crois qu'on va lui donner un
05:05autre nom,
05:06parce que ça fait couler beaucoup d'encre,
05:07puisque ça avait été attribué à Microsoft Azure.
05:10Pour vous, c'est quoi ?
05:11C'est une victoire technologique, réglementaire, politique ?
05:16Comment vous l'analysez ?
05:17Est-ce que c'est un peu tout ça ?
05:18Oui, effectivement.
05:19Je pense que c'est important de ne pas se tromper de sujet.
05:21C'est une victoire politique.
05:23C'est-à-dire que, d'un point de vue purement réglementaire,
05:26le réglementaire est là.
05:28Est-ce que c'est légal aujourd'hui de mettre des données de santé pseudonymisées
05:33sur un acteur comme Azure qui a la certification HDS,
05:39Habilitation à héberger des données de santé ?
05:40Oui.
05:41Donc, le sujet, il n'est pas légal.
05:42Le sujet, il est vraiment du côté de la préférence européenne,
05:47de se dire qu'est-ce qu'on souhaite, politiquement parlant,
05:50comment on souhaite protéger les données des citoyens
05:54et comment est-ce que la commande de l'État français est exemplaire en la matière ?
05:58Puisque ça, je pense que c'est un vrai message extrêmement fort dans le domaine.
06:01Oui, et message, et ça marque vraiment,
06:03elle marque le début d'un mouvement, là.
06:04Parce que c'est vrai qu'on parle un peu plus de souveraineté numérique,
06:07avec tout ce qu'on peut mettre derrière,
06:09d'indépendance technologique, etc., d'autonomie économique, etc.
06:13On en parle un peu plus depuis 18 mois.
06:15On voit avec ce qui se passe aux États-Unis,
06:17enfin, avec Donald Trump qui, on se disait un jour,
06:21ça pourrait ne plus être totalement nos alliés.
06:24Et là, vous pensez que là, vraiment, le fait qu'il y ait cette décision,
06:27ça marque un point difficile, enfin, c'est un début de quelque chose, là.
06:31C'est un début et c'est un point parmi elles.
06:34C'est-à-dire qu'on en voit des décisions comme ça,
06:35on en voit successivement, on voit peut-être très emblématique,
06:39la ville de Copenhague qui a décidé de tout arrêter
06:41pour basculer chez les hyperscalers américains,
06:44pour basculer chez Scaleway il y a quelques mois de ça.
06:47On voit l'Union européenne,
06:49l'Union européenne qui fait un appel d'offres pour sélectionner un cloud provider
06:52et qui met dans l'appel d'offres des critères de souveraineté
06:55et qui sélectionne à la fin uniquement des acteurs européens.
06:59C'est une petite pierre possédée pendant des années.
07:03Une vraie préférence européenne qui commence à s'inscrire
07:06dans les politiques des différents États membres
07:08et de la Commission européenne,
07:10ce qui va dans le bon sens par rapport à la situation qu'on vit aujourd'hui,
07:12notamment dans le domaine du cloud.
07:13Est-ce que ça veut dire, Damien Lucas, pour vous, chez Scaleway,
07:16parce qu'il faut des capacités de calcul massives,
07:18des capacités d'hébergement,
07:19comment vous comptez concilier à la fois cette souveraineté dont on vient de parler,
07:24la sécurité des données médicales,
07:27l'accès à la puissance de calcul.
07:30Est-ce qu'aujourd'hui, ça va nécessiter beaucoup d'investissements supplémentaires ?
07:33Ça nécessite beaucoup d'investissements.
07:35Aucun doute sur le fait que ça nécessite beaucoup d'investissements.
07:37Le chiffre qu'on donne dans le domaine du cloud,
07:39c'est 1 euro de croissance, c'est 3 euros d'investissement, 3 euros de capex.
07:44Et donc, vous imaginez bien que si on veut rétablir l'état aujourd'hui du marché,
07:51le marché du cloud en Europe, c'est 80 milliards,
07:54très largement dominé par les acteurs américains.
07:58Au moins 2 tiers du marché, plutôt plus proche des 3 quarts du marché.
08:02Si on veut corriger, admettons, ne serait-ce que d'un quart pour rééquilibrer,
08:07un quart de 80 milliards, c'est 20 milliards.
08:09Si on gagnait 10%, déjà, on gagne...
08:11Et donc, c'est des investissements colossaux.
08:13Donc, la question, c'est quels sont les acteurs européens
08:16qui peuvent se permettre d'investir des milliards dans la croissance du cloud ?
08:20Et là, on a la chance, en Europe, d'avoir quelques acteurs idéalement positionnés
08:24parce qu'adossés à des grands groupes, comme c'est le cas pour Scaleway avec Iliad,
08:29qui a la possibilité, et peut-être certains, notamment en Allemagne aussi,
08:33qui ont la possibilité d'investir des milliards qui sont nécessaires
08:37pour corriger l'État et revenir à un équilibre un peu plus sain de ce point de vue-là.
08:42Acteurs crédibles et pérennes.
08:44Damien Nuka, il y a aussi le quantique,
08:46puisque là aussi, on est dans l'étape, mais qui n'est pas si lointaine.
08:49On ne se projette pas à 2050.
08:50On commence déjà à parler de chiffrement post-quantique.
08:52Et là aussi, Scaleway est en train de pousser ses pions.
08:55C'est important.
08:56C'est très important.
08:56C'est la prochaine révolution.
08:58Après, l'IA, c'est probablement le quantique.
09:00Ça arrive avec un horizon de temps qu'on ne maîtrise pas bien.
09:03Mais effectivement, ce n'est pas 50 ans.
09:05L'horizon de temps, c'est peut-être 3, c'est peut-être 5, c'est peut-être 10 ans.
09:08Mais c'est un horizon de temps relativement restreint.
09:11Et donc, ce qui est important pour nous, c'est de proposer sur notre plateforme cloud
09:14l'accès aux différentes technologies quantiques.
09:17Et je dis bien aux différentes technologies quantiques,
09:19parce qu'il y en a plusieurs.
09:21On doit être des grandes startups.
09:22C'est ça.
09:23On leur proposait les différents accès pour pouvoir se familiariser,
09:27pour que tous nos clients commencent à se familiariser avec l'algorithmique quantique
09:30qui sera nécessaire, parce que je reste persuadé que dans quelques années,
09:34il faudra faire quelques workflows sur de l'algorithmique quantique,
09:38là où c'est plus efficace, et puis d'autres sur de l'algorithmique binaire,
09:42comme on a l'habitude de le faire.
09:43Mais le plus tôt on l'adoptera, le plus on sera efficace.
09:45Et donc là, il faut être prêt à tout ça.
09:47Eh bien, Damien Lucas, directeur général de Scalouin,
09:48merci d'être venu nous parler de tout ça.
09:50Merci.
09:50Health Data Hub, ce consortium, voilà, pour faire ses AI Gigafactory,
09:54le quantique aussi.
09:55Et puis tiens, on va nos invités suivants,
09:58ils sont, je crois qu'ils travaillent pas mal avec vous,
10:01c'est le CHU de Montpellier, avec le Adeline, là.
10:07Ils ont un partenariat avec vous.
10:08Ils travaillent très fortement ensemble.
10:10Eh bien voilà, c'est le hasard qui fait bien les choses.
10:11Merci d'avoir été avec nous.
10:12Merci.
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