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  • il y a 9 heures
Ce mardi 2 juin, Damien Lucas, directeur général de Scaleway, s'est penché sur l'annonce de l’investissement massif de SoftBank autour des data centers en France, le consortium d'entreprises européennes pour la construction des "AI Gigafactories", et le pari de Scaleway dans le quantique face à la concurrence US, dans l'émission Tech&Co Business présentée par Frédéric Simottel. Tech&Co Business est à voir ou écouter le mardi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Tech & Co-Business, l'invité.
00:05Allez avec nous, cette entreprise Scaleway qui est en train de monter,
00:08monter, entreprise française, européenne et on l'espère un jour au déniveau mondial.
00:12Avec nous Damien Lucas, directeur général de Scaleway.
00:14Bonjour Damien.
00:15Bonjour Frédéric.
00:16Merci être avec nous.
00:16On a beaucoup d'actualités dont il va falloir parler avec vous.
00:19Il y a le Health Data Hub, il y a cette alliance aussi,
00:21ce consortium d'une trentaine d'entreprises pour faire des IA gigafactory.
00:25On parla de quantique aussi, parce que là aussi vous êtes investi avec Scaleway.
00:28Juste un mot, cette semaine on a SoftBank qui a annoncé un investissement important,
00:3475 milliards en deux tranches, il y aura 40 milliards d'une première tranche
00:39qui va arriver notamment dans les Hauts-de-France, autour des data centers.
00:43Quand on est soi-même opérateur de data centers, comment on voit ça ?
00:47De façon assez positive, mais c'est quoi votre première réflexion ?
00:50Nous on est utilisateur de data centers, donc des data centers on en a besoin.
00:55Il y en a trop peu, donc on accueille toutes les annonces
00:57avec beaucoup d'enthousiasme.
00:59Ça va être la possibilité pour la France et pour l'Europe
01:02de construire ces fameuses gigafactory dans lesquelles on va pouvoir faire l'IA de demain.
01:07On en a besoin.
01:08C'est le signe que la France est attractive pour construire des data centers.
01:12Oui, ça y est, on nous situe bien sur la carte.
01:14On nous situe sur la carte, grâce à l'électricité française,
01:17grâce au talent en France, grâce à tout l'écosystème autour de l'IA.
01:21Donc c'est une formidable nouvelle.
01:22C'est ce que disait, je voyais les gens de Schneider Electric qui me disaient,
01:25il faut un politique qui a envie, il faut un financeur, un investisseur.
01:30Puis derrière, il faut avoir des clients qui sont prêts à y aller.
01:34Puis il faut un intégrateur aussi pour intégrer tout ça.
01:37Et quand on a les quatre réunis au bon moment,
01:39qui sont tous dans leur même échelle de temps,
01:40et bien c'est là que ça marche.
01:41Alors on va parler avec vous, Scaleway.
01:43Il y a quelques jours, c'est un consortium de 28 entreprises françaises et européennes
01:48pour se créer ces AI gigafactory.
01:55Alors expliquez-nous, il y a des gens, ceux que l'on connaît,
01:57Ardion, Artefact, Bullcap, Gemini, UDF, Groupe IA, Orange, Scaleway.
02:02Alors racontez-nous un petit peu en quoi ça consiste ces AI gigafactory.
02:05L'idée, c'est très simple.
02:07L'idée, c'est de se mettre ensemble pour pouvoir atteindre une taille critique.
02:11On parle de gigafactory.
02:13La taille ultime, c'est donc le gigawatt.
02:15Oui, c'est ça.
02:16C'est ça, en tout cas, l'ambition du consortium.
02:19Et dans ce contexte-là, la Commission européenne a demandé,
02:24ou plutôt organise un appel d'offres.
02:26Oui, parce qu'on en est à la réponse à l'appel d'offres.
02:28On en est à la réponse à l'appel d'offres.
02:30Il y a eu un appel à manifestation d'intérêt l'année dernière.
02:32Maintenant, c'est l'appel d'offres qui devrait arriver maintenant d'une semaine à l'autre.
02:35Pour trouver des consortiums qui se lancent dans la construction de gigafactory.
02:40Quelques-unes en Europe.
02:41Et je pense que c'est important de parler de l'échelle européenne.
02:44Du fait de dire que c'est quelques-unes.
02:46Et donc, pour porter la candidature française d'une gigafactory française,
02:51on a rassemblé un certain nombre des grands leaders.
02:54Parce que ça, quand on dit de français, c'est-à-dire que les Allemands y répondent aussi ?
02:56Les Britanniques y répondent ?
03:05Absolument.
03:05Évidemment, l'Italie, l'Espagne, etc.
03:08L'objectif étant d'en faire quelques-unes de ces gigafactory.
03:11On n'en fera pas 27.
03:13Ça, c'est sûr.
03:14Et donc, l'objectif, c'est évidemment d'en avoir une en France.
03:16Et donc, on a été chercher les différentes entreprises,
03:21les acteurs qui sont clés dans l'intelligence artificielle en France aujourd'hui.
03:24Et là, c'est à la fois pour faire du calcul IA,
03:27c'est à la fois pour cette puissance de calcul,
03:31du cloud autour de l'IA.
03:33C'est vraiment centralisé sur l'intelligence artificielle.
03:36Les différents cas d'usage de l'intelligence artificielle.
03:38Donc, construire les modèles, ce qu'on appelle le training,
03:41les réentraîner, les affiner,
03:43et puis toute la partie inférence,
03:45c'est-à-dire faire tourner les modèles,
03:47ce qu'on utilise tous les jours quand on envoie des requêtes à nos agents préférés.
03:51Aujourd'hui, cet appel d'offres a été déposé.
03:56On en est où dans les échéances ?
03:57Aller à la réponse ?
03:59On attend l'appel d'offres d'une semaine à l'autre,
04:02avec l'objectif d'une sélection avant la fin de l'année
04:06et d'un démarrage du projet tout début d'année prochaine
04:10et globalement être capable d'avoir de la puissance à proposer
04:13dès la fin de l'année 2027.
04:15Et là, c'est important qu'il y ait des politiques derrière,
04:17qu'il y ait des investisseurs,
04:19qu'il y ait tout cet acteur,
04:20parce qu'il faut que tout le monde avance d'un seul bloc.
04:22Oui, et à tous les niveaux.
04:23Il faut être en mesure d'avoir des data centers disponibles
04:26parce que dans ce contexte-là,
04:28pour avoir quelque chose qui tourne fin d'année 2027,
04:31il faut utiliser des projets de data centers
04:32qui sont déjà largement démarrés.
04:35Il faut par ailleurs s'assurer qu'on a EDF dans le consortium
04:39qui garantit l'énergie.
04:41Il nous faut les chipsets,
04:42l'accès aux différents chipsets en quantité.
04:44Il nous faut également le logiciel pour que ça soit utilisable.
04:47Et puis, il nous faut la capacité à opérer des milliers de GPU.
04:51Et ça, c'est ce qu'amène Scaleway dans le consortium, évidemment.
04:55Alors, autre sujet qui nous intéresse pour Scaleway,
04:57c'est que vous avez été retenu pour héberger la plateforme de données de santé.
05:00Alors, on ne l'appelle plus le Health Data Hub, du coup, je crois qu'on va lui donner un
05:05autre nom,
05:06parce que ça fait couler beaucoup d'encre,
05:07puisque ça avait été attribué à Microsoft Azure.
05:10Pour vous, c'est quoi ?
05:11C'est une victoire technologique, réglementaire, politique ?
05:16Comment vous l'analysez ?
05:17Est-ce que c'est un peu tout ça ?
05:18Oui, effectivement.
05:19Je pense que c'est important de ne pas se tromper de sujet.
05:21C'est une victoire politique.
05:23C'est-à-dire que, d'un point de vue purement réglementaire,
05:26le réglementaire est là.
05:28Est-ce que c'est légal aujourd'hui de mettre des données de santé pseudonymisées
05:33sur un acteur comme Azure qui a la certification HDS,
05:39Habilitation à héberger des données de santé ?
05:40Oui.
05:41Donc, le sujet, il n'est pas légal.
05:42Le sujet, il est vraiment du côté de la préférence européenne,
05:47de se dire qu'est-ce qu'on souhaite, politiquement parlant,
05:50comment on souhaite protéger les données des citoyens
05:54et comment est-ce que la commande de l'État français est exemplaire en la matière ?
05:58Puisque ça, je pense que c'est un vrai message extrêmement fort dans le domaine.
06:01Oui, et message, et ça marque vraiment,
06:03elle marque le début d'un mouvement, là.
06:04Parce que c'est vrai qu'on parle un peu plus de souveraineté numérique,
06:07avec tout ce qu'on peut mettre derrière,
06:09d'indépendance technologique, etc., d'autonomie économique, etc.
06:13On en parle un peu plus depuis 18 mois.
06:15On voit avec ce qui se passe aux États-Unis,
06:17enfin, avec Donald Trump qui, on se disait un jour,
06:21ça pourrait ne plus être totalement nos alliés.
06:24Et là, vous pensez que là, vraiment, le fait qu'il y ait cette décision,
06:27ça marque un point difficile, enfin, c'est un début de quelque chose, là.
06:31C'est un début et c'est un point parmi elles.
06:34C'est-à-dire qu'on en voit des décisions comme ça,
06:35on en voit successivement, on voit peut-être très emblématique,
06:39la ville de Copenhague qui a décidé de tout arrêter
06:41pour basculer chez les hyperscalers américains,
06:44pour basculer chez Scaleway il y a quelques mois de ça.
06:47On voit l'Union européenne,
06:49l'Union européenne qui fait un appel d'offres pour sélectionner un cloud provider
06:52et qui met dans l'appel d'offres des critères de souveraineté
06:55et qui sélectionne à la fin uniquement des acteurs européens.
06:59C'est une petite pierre possédée pendant des années.
07:03Une vraie préférence européenne qui commence à s'inscrire
07:06dans les politiques des différents États membres
07:08et de la Commission européenne,
07:10ce qui va dans le bon sens par rapport à la situation qu'on vit aujourd'hui,
07:12notamment dans le domaine du cloud.
07:13Est-ce que ça veut dire, Damien Lucas, pour vous, chez Scaleway,
07:16parce qu'il faut des capacités de calcul massives,
07:18des capacités d'hébergement,
07:19comment vous comptez concilier à la fois cette souveraineté dont on vient de parler,
07:24la sécurité des données médicales,
07:27l'accès à la puissance de calcul.
07:30Est-ce qu'aujourd'hui, ça va nécessiter beaucoup d'investissements supplémentaires ?
07:33Ça nécessite beaucoup d'investissements.
07:35Aucun doute sur le fait que ça nécessite beaucoup d'investissements.
07:37Le chiffre qu'on donne dans le domaine du cloud,
07:39c'est 1 euro de croissance, c'est 3 euros d'investissement, 3 euros de capex.
07:44Et donc, vous imaginez bien que si on veut rétablir l'état aujourd'hui du marché,
07:51le marché du cloud en Europe, c'est 80 milliards,
07:54très largement dominé par les acteurs américains.
07:58Au moins 2 tiers du marché, plutôt plus proche des 3 quarts du marché.
08:02Si on veut corriger, admettons, ne serait-ce que d'un quart pour rééquilibrer,
08:07un quart de 80 milliards, c'est 20 milliards.
08:09Si on gagnait 10%, déjà, on gagne...
08:11Et donc, c'est des investissements colossaux.
08:13Donc, la question, c'est quels sont les acteurs européens
08:16qui peuvent se permettre d'investir des milliards dans la croissance du cloud ?
08:20Et là, on a la chance, en Europe, d'avoir quelques acteurs idéalement positionnés
08:24parce qu'adossés à des grands groupes, comme c'est le cas pour Scaleway avec Iliad,
08:29qui a la possibilité, et peut-être certains, notamment en Allemagne aussi,
08:33qui ont la possibilité d'investir des milliards qui sont nécessaires
08:37pour corriger l'État et revenir à un équilibre un peu plus sain de ce point de vue-là.
08:42Acteurs crédibles et pérennes.
08:44Damien Nuka, il y a aussi le quantique,
08:46puisque là aussi, on est dans l'étape, mais qui n'est pas si lointaine.
08:49On ne se projette pas à 2050.
08:50On commence déjà à parler de chiffrement post-quantique.
08:52Et là aussi, Scaleway est en train de pousser ses pions.
08:55C'est important.
08:56C'est très important.
08:56C'est la prochaine révolution.
08:58Après, l'IA, c'est probablement le quantique.
09:00Ça arrive avec un horizon de temps qu'on ne maîtrise pas bien.
09:03Mais effectivement, ce n'est pas 50 ans.
09:05L'horizon de temps, c'est peut-être 3, c'est peut-être 5, c'est peut-être 10 ans.
09:08Mais c'est un horizon de temps relativement restreint.
09:11Et donc, ce qui est important pour nous, c'est de proposer sur notre plateforme cloud
09:14l'accès aux différentes technologies quantiques.
09:17Et je dis bien aux différentes technologies quantiques,
09:19parce qu'il y en a plusieurs.
09:21On doit être des grandes startups.
09:22C'est ça.
09:23On leur proposait les différents accès pour pouvoir se familiariser,
09:27pour que tous nos clients commencent à se familiariser avec l'algorithmique quantique
09:30qui sera nécessaire, parce que je reste persuadé que dans quelques années,
09:34il faudra faire quelques workflows sur de l'algorithmique quantique,
09:38là où c'est plus efficace, et puis d'autres sur de l'algorithmique binaire,
09:42comme on a l'habitude de le faire.
09:43Mais le plus tôt on l'adoptera, le plus on sera efficace.
09:45Et donc là, il faut être prêt à tout ça.
09:47Eh bien, Damien Lucas, directeur général de Scalouin,
09:48merci d'être venu nous parler de tout ça.
09:50Merci.
09:50Health Data Hub, ce consortium, voilà, pour faire ses AI Gigafactory,
09:54le quantique aussi.
09:55Et puis tiens, on va nos invités suivants,
09:58ils sont, je crois qu'ils travaillent pas mal avec vous,
10:01c'est le CHU de Montpellier, avec le Adeline, là.
10:07Ils ont un partenariat avec vous.
10:08Ils travaillent très fortement ensemble.
10:10Eh bien voilà, c'est le hasard qui fait bien les choses.
10:11Merci d'avoir été avec nous.
10:12Merci.
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