- il y a 2 heures
Mardi 2 juin, Hedwige Chevrillon a reçu Marcel Lechanteur, PDG de Lilly France, Benelux et Affaires Européennes, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:01BFM Business et la Tribune présente le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
00:12Le 18-19 se poursuit, on va parler du médicament anti-obésité, on va parler trop de la sécu,
00:17on va parler aussi de l'innovation dans les laboratoires pharmaceutiques parce qu'on voit que ça s'accélère beaucoup.
00:23Bonsoir Marcel Le Chanteur.
00:24Bonsoir Régis.
00:25Merci d'être avec nous, vous êtes le PDG de Lili pour la France, Benelux et tout ce qui concerne
00:30les affaires européennes.
00:33C'est important parce que la France, vous avez une très grosse usine,
00:36donc c'est un point important dans ce groupe qui fête ses 150 ans, groupe américain.
00:42Oui effectivement, on a un ancrage français qui est très très présent.
00:46En Alsace.
00:46C'est en Alsace, très important de le dire.
00:49Et on a plus de 1300 personnes qui y travaillent, donc c'est une très très grosse usine
00:54qui a été largement recapitalisée, pour vous donner un ordre de grandeur.
00:58On a réinvesti à peu près 500 millions d'euros sur 5 ans, avec un très gros travail évidemment
01:04sur les lignes de production, la qualité, l'automatisation, la distribution,
01:08de telle sorte qu'on puisse pas seulement finalement augmenter le niveau de productivité,
01:12mais intégrer également des nouveaux produits.
01:14C'est très important dans des usines comme les nôtres de pouvoir attirer des produits
01:17et pas seulement des investissements.
01:19Et c'est le cas du Moudjaro dont vous parliez.
01:21On va parler du Moudjaro bien sûr.
01:22Vous n'étiez pas à Chousse France ?
01:24Alors je n'étais pas.
01:24Non parce que 500 millions c'est sûr que ce n'est pas assez vu les ordres de grandeur.
01:28Il faudra mettre un zéro de plus la prochaine fois.
01:30Voilà, il faudrait que je me mette dans les datas ou dans d'autres choses.
01:33On n'y est pas encore.
01:35Vous savez, Lili c'est un des plus gros groupes laboratoires,
01:40un des plus gros labos mondiales, je crois que c'est dans les 10ème capi mondiales,
01:44c'est ça ? Capitalisation à peu près ?
01:45Oui, pour le moment c'est la première market cap dans la pharma.
01:48Oui, et connu pour le Prozac là pour le coup.
01:53Effectivement, effectivement, effectivement.
01:55Peut-être juste un mot justement, puisque vous parlez de Lili et des 150 ans,
02:00c'est une histoire assez intéressante.
02:01Ça démarre toujours avec des histoires d'hommes et de femmes.
02:03Là, vous avez un monsieur qui s'appelle Lili,
02:07il revient de la guerre de sécession,
02:10et il constate que finalement, il n'est pas très heureux en voyant ça,
02:15en voyant que les gens disposent de médicaments,
02:17mais c'est surtout des élixirs vendus par des charlatans, etc.
02:19Il est chimiste, il décide de fonder son laboratoire,
02:21il démarre à trois, je vous le fais court,
02:23et c'est le premier finalement à se dire,
02:25je vais mettre mon nom sur le laboratoire,
02:27ce qui n'est quand même pas innocent.
02:28Vous mettez votre nom sur quelque chose, ça vous engage.
02:31Et il commence à indiquer les composants,
02:33ce qui pour l'époque était une révolution.
02:35Donc il indique les composants,
02:37alors qu'avant les gens vendaient ce que vous voulez,
02:39ils mettaient le nom qu'ils voulaient.
02:41Et les années passent, et en 1923,
02:44il y a un accord qui est passé entre Lili et l'Université de Toronto,
02:49et nous sommes les premiers à passer
02:50à la distribution, commercialisation et production
02:55de l'insuline à l'échelle industrielle.
02:57D'accord.
02:571923.
02:591988, Prozac.
03:00Et vous en parlez.
03:01Donc quel est le lien entre les deux ?
03:02Parce qu'on pourrait dire quel est le lien ?
03:03Pour moi, il y en a un qui est évident,
03:05c'est dans les deux cas,
03:06il y a la vista de se dire,
03:07il y a un besoin médical des patients insatisfaits,
03:11et on est capable de le mettre à l'échelle,
03:12d'y répondre à l'échelle.
03:14Et c'est ce qui s'est passé.
03:15Alors dans le cas du Prozac,
03:15il s'est rajouté une autre dimension,
03:17la dimension émotionnelle,
03:18puisqu'on a déstigmatisé cette maladie finalement.
03:20Oui, donc la dépression.
03:21La dépression, à l'époque.
03:23Il faut le rappeler.
03:23Enfin, dépression, oui, c'est un antidépresseur.
03:26C'est un antidépresseur.
03:27Donc à l'époque, on a déstigmatisé toute la dépression
03:29qui finalement avait un gros fardeau.
03:31Un peu comme l'obésité aujourd'hui.
03:32Et bien voilà, c'est là,
03:34j'imagine que vous vouliez en venir,
03:35Marcel Le Chanteur,
03:36c'est-à-dire que là, maintenant,
03:37vous fabriquez le Moudjaro.
03:40Le Moudjaro, c'est un des médicaments anti-obésité.
03:44Puis il y a le Danois qui, lui,
03:46Noversidir, qui lui, c'est le Ouigovie.
03:47Et la grande nouveauté, c'était la semaine dernière,
03:50donc la ministre de la Santé a dit que ce médicament,
03:54sous certaines conditions,
03:56seront remboursés par la Sécurité sociale.
03:58Est-ce que pour vous, c'est une étape décisive ou pas ?
04:01Oui, je pense que c'est une étape extrêmement importante
04:04pour les patients.
04:06Pourquoi ? Parce que c'est vraiment assez restreint.
04:08C'est très restreint.
04:09Mais ça va paraître un petit peu curieux,
04:11mais le fait de rembourser un médicament dans l'obésité
04:15fait prendre conscience que l'obésité est une maladie
04:18et que ce n'est pas simplement un manque de volonté.
04:20Et nous l'avons vu dans plusieurs pathologies répétitivement dans l'histoire.
04:24Donc la prise de position des autorités en disant
04:27effectivement, nous voulons le rembourser,
04:28effectivement, c'est une maladie,
04:29c'est une maladie chronique multifactorielle
04:31qui a énormément d'impact,
04:33eh bien ça, si vous voulez,
04:35c'est porteur de beaucoup d'espoir pour les patients
04:38qui vont pouvoir aussi, on l'espère,
04:40libérer la parole et se dire
04:41« Ok, je ne suis pas seul dans cette histoire ».
04:43Alors effectivement, la question que vous me posez,
04:44elle est très précise,
04:45il va être remboursé dans des critères
04:47qui sont restreints à une obésité sévère.
04:50On comprend pourquoi.
04:52Oui, parce que quand vous dites
04:53« Il n'y a pas un manque,
04:54ce n'est pas forcément un manque de volonté pour certains,
04:58ça peut aller de l'obésité à l'obésité très importante
05:02et par aussi le fait d'avoir de la prise de poids. »
05:05Correct, correct.
05:06La terre-balle est assez large.
05:08Correct, mais le stigma extérieur de l'obésité,
05:11c'est un petit peu de dire
05:12« Les gens n'ont pas de volonté, ils peuvent se débrouiller, etc. »
05:15Alors nous savons aujourd'hui que
05:16c'est une maladie vraiment multifactorielle
05:19qui est chronique
05:20et qui a créé un profond dérèglement de votre métabolisme.
05:23Et donc ce qu'on va faire avec ces produits-là,
05:26c'est finalement essayer de réguler le métabolisme.
05:29Alors effectivement, cette prise en charge est une première étape
05:31et c'est une étape extrêmement importante pour les patients.
05:35Et pour vous ?
05:36Et pour nous, c'est très important aussi parce que…
05:38Et c'est important sur le plan parce que vous pensez
05:41que ça va vous ouvrir encore plus le marché ou pas ?
05:43Vous en vendez combien aujourd'hui du Moudjaro en France par exemple ?
05:46Aujourd'hui, il y a à peu près 140 000 patients
05:51qui sont traités par les deux produits
05:53et nous avons une part de marché de 60%
05:55et à l'initiation, on en a 7 patients sur 10
05:58qui vont prendre notre produit.
05:59À l'échelle mondiale, on a également des parts de marché similaires.
06:02Non mais je pense que, pour revenir à cette question,
06:06la deuxième grosse nouveauté, c'est que ce produit,
06:09si vous voulez, pour le dire très clairement,
06:12c'est l'illustration de notre capacité à innover.
06:14Nous avons un produit qui est un produit également comparable
06:17à celui de notre concurrent et ami,
06:21qui est un analogue du GLP1.
06:23Donc il travaille sur un seul récepteur.
06:25Et notre produit est un produit qui lui fait la même chose.
06:28On a développé cet autre produit qui agit sur deux récepteurs.
06:31Et en agissant, en fait, sur deux récepteurs,
06:33vous allez aller chercher des bénéfices supplémentaires
06:35dans l'efficacité, dans la rapidité.
06:38Et c'est d'ailleurs pas seulement dans l'obésité,
06:40mais c'est également dans le diabète que c'est important.
06:41Oui, bien sûr, parce que c'est les deux...
06:44Ah mais c'est très important.
06:45Le produit est remboursé dans le diabète.
06:46Réseau pour lequel vous prenez le Moudjaro, quoi.
06:49Voilà.
06:49Le produit va être remboursé dans le diabète
06:51au même titre que les autres produits,
06:52donc sans toutes les contraintes.
06:53Et il va être remboursé dans l'obésité,
06:55pour l'obésité sévère.
06:56Et il est disponible pour la troisième partie des patients,
06:58sans remboursement.
07:00Marcel Jantin, ça fait combien de temps ?
07:02Parce qu'est-ce qu'on commence à avoir un petit peu de recul ?
07:04Parce que c'est ce qu'on voit beaucoup,
07:07ça bouscule quand même beaucoup notre société.
07:11Ces médicaments anti-obésité, surtout aux Etats-Unis,
07:14ça va loin puisqu'on dit même que les restaurants à New York,
07:17maintenant, vous servent des portions beaucoup plus petites
07:19parce que tout le monde prend là-bas des médicaments anti-obésité.
07:22On a un peu de recul sur les effets secondaires
07:25de ces médicaments ou c'est beaucoup trop tôt ?
07:27Le recul qu'on a, c'est le recul que nous avons dans les essais cliniques.
07:30Ça fait trois ans, c'est ça ?
07:31Oui, c'est ça, ça fait à peu près trois ans.
07:32Maintenant, je tiens à dire les choses,
07:35nous avons développé la première incritine
07:39qui visait ce récepteur, le GLP1,
07:41on l'a développé déjà dans les années 80.
07:43Donc le recul, si vous voulez, il existe depuis longtemps.
07:46Simplement, la technologie s'est améliorée, s'est affinée.
07:48Donc on a un recul assez fort.
07:50Alors c'est quoi les effets secondaires ?
07:52Les effets secondaires, c'est essentiellement de la nausée.
07:54D'accord.
07:55Voilà.
07:55Non mais à terme, est-ce que ça va modifier quelque chose
07:59dans dix ans pour les gens qui en ont pris ?
08:02Alors nos essais cliniques, eux, ils s'arrêtent pour le moment.
08:04On a des patients qui sont sous essais cliniques
08:06depuis cinq, six ans, si vous voulez.
08:08Donc c'est cette donnée qu'on a.
08:09Par contre, on peut regarder ce qu'on a
08:12à travers les patients qui sont sous diabète aujourd'hui.
08:14Et grosso modo, vous retrouvez les mêmes effets.
08:16Vous connaissez le trou de la sécu, Marcel Le Chanteur ?
08:19Bah oui, il est assez important chaque année.
08:21Oui, 21,6 milliards en 2025.
08:25Il sera de 23 milliards, a priori, en 2026.
08:28Est-ce qu'il fallait vraiment que ça soit remboursé,
08:30ces médicaments anti-hébésité ?
08:32Je pense que la question, c'est s'ils ne sont pas remboursés,
08:35quel est le coût ?
08:36Alors on a fait le calcul.
08:37Donc il peut souffrir ?
08:38Non mais la question du coût est vraiment fondamentale.
08:41et la question du trou de la sécu,
08:43elle pose la question du financement du trou de la sécu.
08:45Ça, je suis d'accord.
08:46Mais sur la première question, moi je voudrais la renverser.
08:48Aujourd'hui, le coût de l'obésité non traité,
08:51c'est grosso modo entre 16 et 20 milliards.
08:54Juste 10 milliards dans l'Éclairac.
08:55Mais il sort d'où ce chiffre ?
08:56Pardonnez-moi, il sort d'où ce chiffre ?
08:58C'est toutes les données scientifiques.
09:00On a deux types de données.
09:01On a les données qui sont des pertes de productivité.
09:02Elle, c'est une estimation aux alentours de 6 à 7 milliards.
09:05Mais ça, c'est au niveau français ?
09:06Oui, oui, non, français, je parle France.
09:0916 à...
09:09Ah ben oui, parce que vous êtes...
09:10Avec l'obésité...
09:1116 à 20 milliards, c'est quand même beaucoup.
09:12Oui, c'est entre 16 et 20 milliards.
09:14Pourquoi ?
09:15Parce que vous avez une pathologie
09:16qui est responsable de 19 autres comorbidités,
09:19donc pathologie.
09:20Donc, qu'est-ce qui se passe ?
09:20Si vous ne traitez pas, mais vous avez la totale,
09:23ça va depuis des problèmes en rhumatologie,
09:26ça va dans les hospitalisations,
09:28ça va dans des coûts supplémentaires de médicaments.
09:29Je vous donne un exemple très, très concret.
09:32L'OCDE a publié un rapport,
09:35et le rapport qu'ils ont estimé,
09:36c'est que lorsque vous avez un médicament en moyenne qui agit bien,
09:39il a un rapport économique de 1 à 2.
09:41Dans le cadre de l'obésité,
09:43c'est un rapport favorable de 1 à 6.
09:45D'accord.
09:46Pourquoi ?
09:46Parce que c'est simplement la mère d'énormément de pathologies.
09:50Je ne sais pas si vous avez vu cette étude,
09:53elle est sortie il y a très, très peu de temps,
09:55Morgan Stanley vient de faire une analyse,
09:57et ça répond un peu à votre question,
09:58qui est de dire,
09:59OK, si la tendance de traitement aux États-Unis
10:02continue comme ça,
10:03qu'est-ce qu'on peut voir ?
10:04Ils estiment,
10:06et je les cite eux,
10:07ça ce ne sont pas mes chiffres,
10:08ils estiment pour les États-Unis
10:10un impact sur le PIB entre 0,5 et 1%.
10:13C'est quand même énorme.
10:15Donc vous voyez...
10:15Surtout aux États-Unis,
10:16enfin même chez nous, oui.
10:17Oui, même chez nous.
10:19Voilà.
10:19Donc,
10:20moi je pense que quand on regarde tout ça,
10:22les autorités l'ont ciblé
10:23sur une partie très avancée de la pathologie,
10:25avec des critères extrêmement stricts,
10:28qui permettent d'encadrer ça,
10:29et je crois que c'est effectivement
10:31une très très bonne décision,
10:32et que vous allez avoir des effets
10:33à moyen terme,
10:34mais aussi des effets assez court terme.
10:37Ce qui est intéressant,
10:38on voit qu'on parle beaucoup
10:39d'intelligence artificielle,
10:40on parle beaucoup aussi
10:42de la tech du digital,
10:44et en fait,
10:45il y a une relation quand même
10:46très très forte
10:46entre le digital et la santé.
10:48Vous en êtes une illustration,
10:50je crois,
10:50parce que vous avez
10:51un des plus grands calculateurs au monde
10:54qui est basé aux États-Unis ?
10:56Oui.
10:57Oui.
10:57Ça, c'est une histoire
10:59assez souhaitée.
11:00Expliquez-nous comment
11:02le digital,
11:03que fait ce calculateur,
11:04et comment l'intelligence artificielle
11:05va justement faire accélérer
11:09l'innovation ?
11:10Peut-être en vous faisant rêver,
11:12mais peut-être en essayant
11:12de ne pas vous faire peur non plus,
11:14si vous me permettez.
11:15Donc, en vous faisant rêver,
11:16peut-être quelques secondes,
11:18lorsque l'on regarde
11:19une société comme la nôtre
11:21qui est restée finalement
11:23par elle-même,
11:23on n'a pas été le fruit
11:24de fusion et d'acquisition,
11:25on a énormément
11:26de données propriétaires,
11:27vous pouvez imaginer.
11:27Qu'est-ce qu'on est capable
11:28de faire aujourd'hui,
11:29si je le résumais ?
11:30C'est regarder nos succès
11:31et reconstruire nos succès.
11:33Qu'est-ce qu'on n'est pas
11:33vraiment capable de faire ?
11:35C'est regarder toutes nos données,
11:36tous nos échecs
11:37et les mettre ensemble.
11:38Ce partenariat,
11:39il est assez intéressant.
11:40On a l'IPAD d'un côté
11:41qui est notre base de données
11:42auquel je fais référence,
11:43et de l'autre côté,
11:44on a le supercalculateur
11:45en partenariat avec Nvidia.
11:47On est capable
11:48de retravailler
11:49toutes nos bases de données,
11:50ça va nous permettre
11:51de faire un criblage
11:52de molécules
11:53comme jamais on a imaginé,
11:54rétrospectivement
11:55de regarder nos erreurs
11:55et prospectivement
11:56d'aller de l'avant.
11:57Donc ça nous permet
11:58de faire quoi ?
11:58Je vous donne un exemple concret.
12:00Aujourd'hui,
12:01on est dans ces histoires
12:02de supercalculateurs
12:03depuis longtemps.
12:05Simplement,
12:05à ce stade-ci,
12:06on vient de passer
12:06à une autre étape.
12:07Mais on est dans
12:07les supercalculateurs
12:08depuis les années 80.
12:10Et là,
12:10il y a une autre étape
12:11avec l'intelligence artificielle.
12:12Oui, j'y viens.
12:13On est trois ans et demi
12:14plus rapide,
12:15déjà maintenant,
12:16trois ans et demi
12:17plus rapide
12:17que la moyenne de la pharma
12:18pour sortir un produit
12:20entre les premiers candidats
12:22et l'autorisation
12:23de mise sur le marché.
12:24Avec ce type de données,
12:25nous pensons qu'on va pouvoir
12:26aller beaucoup plus loin
12:27et explorer beaucoup plus loin.
12:29La puissance de l'histoire,
12:31pour aller sur la NASA,
12:32l'ordinateur NASA
12:33traitait 14 000 opérations
12:34par seconde.
12:35Celui-ci,
12:35il traite 9 000 milliards
12:37d'opérations par seconde.
12:38Donc,
12:39c'est toujours sous la supervision
12:40d'un chercheur,
12:41mais c'est un exosquelette
12:43pour nos chercheurs
12:44qui va permettre surtout
12:45de trouver très rapidement
12:46des voies sans issue
12:48et d'en imaginer d'autres.
12:49Est-ce que vous avez fait passer
12:50dans la moulinette
12:51de votre supercalculateur
12:54ce médicament
12:55contre les maladies
12:56inflammatoires chroniques
12:57de l'intestin
12:58que développe Abivax ?
13:00Parce que vous avez vu
13:02qu'Abivax,
13:03ils ont perdu 43%
13:04en bourse aujourd'hui.
13:06Alors non.
13:07Non ?
13:08Non.
13:08Est-ce que vous êtes intéressé ?
13:10Parce que...
13:10Alors,
13:11je ne ferai évidemment
13:12pas de commentaire.
13:13Pourquoi ?
13:13Parce que...
13:14Pas de commentaire,
13:14ça veut dire...
13:15Ça veut dire
13:16qu'on est intéressé.
13:18Non, pas du tout.
13:18Non, c'est parce que
13:19c'est la polémique dure
13:20depuis à peu près un an
13:21où on dit
13:22« Tiens, Lili était intéressé,
13:23on a vu ceci,
13:23on a vu cela. »
13:24Donc, je ne ferai aucun commentaire.
13:25Il suffit de dire non
13:26et à ce moment-là,
13:26la polémique s'éteint.
13:27Non, mais je vais vous dire
13:29les choses évoluent énormément
13:30dans notre secteur.
13:32Très honnêtement,
13:33les acquisitions,
13:34elles évoluent énormément.
13:34Alors, juste pour vous donner
13:35un ordre d'inventeur,
13:35on fait une acquisition
13:36à peu près toutes nos neuf jours
13:38en molécules,
13:39en stade précoce.
13:40Donc, je ne vais pas faire
13:40un commentaire.
13:41Par contre, ce que je peux vous dire,
13:42c'est qu'on a investi
13:42sur une société
13:43qui, elle, pourrait vous intéresser,
13:45qui est Mabling en 2023.
13:46Elle est à Lyon.
13:47Je ne sais pas si vous connaissez
13:48cette société.
13:49Non, mais je ne l'ai pas
13:50reçue en plateau
13:51parce que là,
13:51comme je vous reçois en plateau
13:52et que l'actualité,
13:53c'est qu'Abivax a perdu 43%.
13:55Vous voyez, moi, c'est mon métier,
13:56donc c'est de vous poser la question.
13:58Voilà.
13:58Moi, ma réponse,
13:59je ne peux pas vous dire honnêtement,
14:00au moment où je vous parle,
14:02on n'est pas en deal avec eux.
14:05Ah non, mais pas en deal.
14:06Je ne me demande pas
14:07si vous êtes en deal,
14:08je vous demande
14:08si ça vous intéresse.
14:12Au vu du profil de société
14:13qu'on regarde,
14:14ce type de société
14:15nous intéresse aussi
14:16parce que tout ce qui est
14:16en stade précoce,
14:17c'est ce qui nous intéresse.
14:18Eh bien, voilà.
14:19Non, mais comme ça,
14:19c'est intéressant.
14:21On a une réponse.
14:22Après, surtout avec ce qui se passe,
14:23il faut vérifier.
14:24Non, mais c'est vrai
14:25que nous, ce qu'on regarde,
14:25c'est ce qui est en stade précoce.
14:26Vous êtes intéressés par Abivax.
14:27Non, je n'ai pas dit ça.
14:28Si, on dit ça m'intéresse.
14:29Ah non, non, non.
14:30J'ai dit, on est intéressés
14:31par tout ce qui est en stade précoce
14:32et qui est en synergie
14:33avec ce qu'on a.
14:34D'accord.
14:34Je tiens à le corriger.
14:35Comme Abivax.
14:36Vous le dites.
14:38Marcel Le Chanteur,
14:39revenons quand même.
14:40Ça veut dire que
14:41lorsqu'on regarde l'innovation,
14:42vous l'avez dit,
14:43ça s'accélère de manière
14:45très, très rapide.
14:46Et vous,
14:46quand on regarde Lili,
14:48je crois que vous avez,
14:49d'abord,
14:51vous investissez 20%
14:52dans la recherche et développement.
14:55Mais c'est énorme
14:55parce que ça ne fuit,
14:56je crois que c'est autour
14:57de 5%
14:57dans quelque chose comme ça.
14:58La moyenne de la pharma
14:59telle qu'elle est publiée
15:00par le LEM,
15:02c'est aux alentours
15:02de 9-10%.
15:04Donc,
15:04on est à plus du double.
15:05On a 24% des effectifs
15:06qui sont braqués
15:08sur la RND.
15:09Mais vous savez,
15:09on a une stratégie
15:10qui est assez simple.
15:11Elle dépend complètement de ça.
15:12Je n'ai pas de diversification.
15:13On n'a pas de diversification
15:14dans le générique,
15:15dans les produits de comptoir,
15:16etc.
15:17Donc,
15:17il faut vraiment trouver.
15:19Et l'idée,
15:20là derrière,
15:21c'est d'essayer
15:21d'être vraiment à la pointe
15:22pour créer des ruptures.
15:23C'est ça qu'on est en train de faire.
15:24Donc,
15:25je vous donne juste un exemple
15:26pour moi du paradigme
15:27qui change le plus
15:29sur les 35 ans
15:31dans lesquels
15:32j'ai opéré dans l'entreprise.
15:33On était dans un système
15:34qui historiquement
15:35avait tendance,
15:36si vous voulez,
15:36à coupler
15:36la nouvelle molécule
15:38ou la nouveauté
15:39avec la fin
15:40ou avec l'expiration
15:41du brevet de la précédente
15:42pour une série de raisons
15:43que je ne vais pas développer.
15:44Aujourd'hui,
15:46il ne vous a pas échappé
15:47que ce produit
15:48dont vous parliez,
15:48le Moudjaro,
15:49sort,
15:49alors même que
15:50notre autre produit,
15:52le Trulli City,
15:53est toujours protégé
15:54par des brevets
15:55et au même moment,
15:56nous attendons
15:56à la fin de l'année
15:57une autorisation
15:58de mise sur le marché
15:58pour un traitement oral,
16:00également dans le traitement
16:01du poids et du diabète
16:02qui n'est pas encore commercialisé.
16:04Et nous venons
16:04de sortir en parallèle
16:06des données
16:07à ce trimestre-ci
16:08sur un triple agoniste.
16:09Donc en fait,
16:10ce qui est en train
16:10de changer,
16:11ce n'est pas seulement
16:12l'échelle,
16:12mais c'est également
16:13la rapidité.
16:15La pilule justement
16:16qui remplacera,
16:17on fait une piqûre
16:18quand on prend
16:20du Moudjaro
16:20ou du Wegovy,
16:22est-ce que la pilule,
16:24ça sera pour quand,
16:26vous pensez ?
16:26Donc une pilule
16:28anti-obésité
16:29et anti-diabète,
16:31ça va changer
16:32parce qu'il y a
16:32une chaîne du froid,
16:34donc toute la difficulté,
16:35l'angoisse,
16:36notamment pour les diabétiques,
16:37c'est la rupture
16:38de la chaîne de froid.
16:39Si on a une pilule,
16:40ça sera complètement différent.
16:41Oui, je pense que c'est intéressant
16:44parce que c'est une innovation
16:45en fait sur le format
16:46qui est fondamentale
16:47parce que c'est très compliqué
16:49en fait de faire ça
16:50parce que c'est un produit
16:51que vous pouvez prendre
16:52indépendamment
16:52de toute prise de repas
16:53ou c'est quand vous voulez
16:54comme vous voulez
16:55si je puis dire,
16:56avec des résultats
16:56qui sont quand même
16:57assez proches
16:57de ce qu'on peut avoir
17:00sur un produit injectable
17:01de première génération.
17:03Donc effectivement,
17:04vous êtes absolument
17:05dans le mille,
17:05il y a plein d'endroits
17:06où les chaînes du froid
17:07sont compliquées,
17:08donc ça,
17:08ça va résoudre un problème.
17:09Il y a des gens aussi
17:10qui ont très peur
17:11des injections
17:12et nous pensons aussi
17:13que ça peut servir,
17:13on a des données
17:14qui sont assez intéressantes
17:15de relais
17:15pour maintenir
17:16les gains qu'on a eus.
17:17Donc je pense que
17:18c'est une grosse innovation.
17:19Mais le point que je veux faire,
17:20c'est la rapidité
17:22avec laquelle on arrive.
17:24Alors notre dirigeant
17:25qui est en charge
17:26des plateformes IA
17:26vient de chez Apple,
17:27il a fait 10 ans chez Apple
17:28donc je fais juste
17:28une comparaison.
17:29Mais c'est assez intéressant
17:30parce que vous êtes chez Apple
17:31aujourd'hui,
17:32qu'est-ce que vous voyez ?
17:32Ils commercialisent
17:33un iPhone 16
17:34mais ils commercialisent
17:34un iPhone 11,
17:3610, 12.
17:36En fait,
17:37on n'avait pas l'habitude
17:38de faire ça dans le pharma.
17:39Nous allons commercialiser
17:40dans le diabète et l'obésité
17:41toute une série d'innovations
17:42et les patients vont pouvoir
17:43et les médecins
17:44choisir finalement
17:45celle qui leur correspond le plus
17:46et ça dans un temps
17:48absolument record.
17:49Donc ça va nous mettre
17:50sous pression
17:50pour la vague d'innovations
17:51suivantes
17:52de manière absolument colossale.
17:53Il y a beaucoup d'innovations
17:54vous venez d'en parler
17:56dans votre secteur
17:57de la pharmacie
17:59beaucoup d'innovations
18:00aussi dans les cancers
18:00il y a beaucoup d'innovations
18:02dans la maladie d'Alzheimer
18:03je crois aussi
18:04vous êtes assez présent
18:06certains s'inquiètent
18:07en disant
18:07mais en fait
18:08en France
18:10on ne va pas avoir accès
18:11à ces médicaments
18:12parce que
18:12ça coûte trop cher
18:14et que la sécu
18:16est contre le remboursement
18:17de ces médicaments
18:18on ne pourra pas
18:18nous français
18:19se les offrir
18:20c'est vrai ?
18:21Ce n'est pas vrai ?
18:22Je pense que
18:22ce qui se pose
18:24il y a deux questions
18:25qui sont quand même
18:26extrêmement importantes
18:27c'est tout le financement
18:28de la sécurité sociale
18:29ça je vais laisser
18:29cette responsabilité aux politiques
18:31mais je pense que
18:32le médicament en réalité
18:33c'est pratiquement
18:34la seule solution
18:34aujourd'hui
18:35pour optimiser quelque part
18:38lorsque vous êtes face
18:39à une épidémie
18:39ou une maladie très grave
18:41en fait
18:41si vous n'avez pas de médicament
18:42la seule voie qui vous reste
18:43c'est de l'hospitalisation
18:44et ce sont des coûts astronomiques
18:46le problème que ça pose
18:47c'est comment on se réorganise
18:49une fois qu'on a cette innovation
18:50qu'est-ce que cette innovation
18:51change ?
18:52pas simplement chez le patient
18:53chez vous, chez moi
18:53mais aussi dans l'organisation
18:55des soins
18:56je pense que si on ne travaille pas
18:58cette partie-là de l'équation
18:59au moment où on amène
19:00des innovations de rupture
19:02comme celle dont on parle
19:03alors effectivement
19:04on est dans une mauvaise partie
19:05de l'équation
19:06parce que vous financez
19:07un médicament
19:07et vous n'êtes pas en train
19:08de profiter de cette innovation
19:10pour revoir finalement
19:11l'organisation des soins
19:12que vous êtes en train
19:13de faire derrière
19:14ça ce n'est pas évident à faire
19:15mais ça va devoir être fait
19:17donc moi je reste assez optimiste
19:20je pense que le pays
19:22s'il a une vision d'un médicament
19:24qui est important
19:26qui est fort
19:26si on veut créer une industrie
19:27si on veut créer des essais cliniques
19:29je pense qu'on est capable
19:30de mêler les deux
19:31mais ça va demander une vision
19:33qui est un peu plus organisée
19:34or aujourd'hui vous l'avez vu
19:36on traite les problèmes séparément
19:38on traite le problème
19:38de la sécurité sociale séparément
19:40celui de l'industrie séparément
19:41et ça c'est un problème
19:42pardonnez-moi si je veux avoir
19:43une réponse un peu plus
19:47concise peut-être
19:49sur cette question
19:50de savoir si on pourra
19:52trouver ces médicaments en France
19:54vous nous dites oui
19:54ou vous nous dites non
19:55je pense que si on prend
19:57quelques mesures
19:57on pourra les trouver
19:58c'est ça mais pour l'instant non
19:59il y a des mesures
20:00qui doivent être prises
20:02impérativement
20:02et on les discute d'ailleurs
20:03de manière très ouverte
20:04et transparente
20:04avec les autorités
20:05parce que lorsqu'on écoute
20:06votre syndicat
20:07des laboratoires pharmaceutiques
20:09c'est vous qui m'y faites penser
20:10le LEM
20:11il dit qu'en France
20:13ça devient très très difficile
20:14pour l'industrie pharmaceutique
20:15est-ce que vous partagez
20:16ce sentiment ?
20:17Oui vous l'avez vu
20:19je regardais les rapports
20:20et les discussions
20:21qu'il y a eu sur votre chaîne
20:22sur Choose France etc
20:23je crois que vous avez signalé
20:24le fait que les investissements
20:25notamment dans la pharma
20:26étaient un petit peu
20:28en train de régresser
20:29je crois qu'en fait
20:30la problématique
20:31elle est suivante
20:32il y a
20:33la manière de regarder les choses
20:34elle a tendance
20:36à se faire par rapport
20:36à nous-mêmes
20:37et donc dans ce cas-là
20:38les gens disent
20:39bon bah finalement
20:40ça ne va pas si mal
20:40mais en fait la question
20:42c'est de reposer le problème
20:43de manière compétitive
20:44qu'est-ce que les autres pays
20:45ont fait autour de nous ?
20:46il y a des tas d'autres pays
20:47qui ont commencé à faire
20:48du Choose France
20:48Choose Germany
20:49Choose Italy
20:49Choose Spain
20:50et ils ont très bien exécuté
20:51ces programmes
20:52point un
20:52point deux
20:53je pense que
20:56les pays autour de nous
20:57ont pris des mesures
20:58beaucoup plus agressives
20:59intra-européennes
21:00et surtout aux Etats-Unis
21:02c'est très simple
21:03c'est la cohérence
21:03c'est l'homogénéité
21:05donnez-nous un exemple
21:05je vous donne un exemple
21:06vous ne pouvez pas avoir
21:07une politique industrielle
21:08qui cherche à relocaliser
21:10sur le pays
21:11et pratiquer en même temps
21:13des prix nets bas
21:14les plus bas d'Europe
21:15ça c'est une incohérence
21:16c'est pas possible
21:17mais est-ce que vous pouvez
21:18agir là-dessus ?
21:19oui c'est un choix
21:20c'était comme ça avant
21:22et puis on voit bien
21:23que ça a été
21:25l'ondable
21:25l'objectif de santé
21:27a été de plus en plus
21:29réduit de plus en plus
21:30contraint si vous voulez
21:30du coup ça devient
21:32très compliqué
21:32pour les labos pharmaceutiques
21:34vous êtes d'accord avec moi ?
21:35absolument
21:36et d'ailleurs
21:37après vous avez parfois
21:38des mesures
21:38qui ne sont pas des mesures
21:39de coût
21:40mais des mesures administratives
21:41les essais cliniques
21:42nous avons au moment
21:43où je vous parle
21:44on a 1600 patients
21:46dans des essais cliniques
21:47donc c'est énorme
21:4890 essais cliniques
21:50si vous me demandez
21:50la première chose
21:51que je voudrais
21:51c'est pas une question
21:52de coût de ces essais cliniques
21:53c'est une question
21:54de bureaucratie administrative
21:55pour réduire le temps
21:57pour être compétitif
21:57à l'extérieur
21:58donc vous voyez
21:58ça ça n'a plus rien
21:59à voir avec
22:00vous avez de la recherche
22:00en France ?
22:01oui
22:01c'est ce que je vous disais
22:02on a un centre de recherche
22:03Mabling à Lyon
22:04ça c'est une chose
22:05d'accord
22:06cette société a développé
22:08une technologie
22:08qui est très intéressante
22:09je vous passe les détails
22:11mais c'est un missile guidé
22:12qui vous permet de mettre
22:13de la chimiothérapie
22:15dessus
22:15et qui fait que
22:16si vous étiez traité
22:17pour un cancer sévère
22:18au lieu d'avoir une chimiothérapie
22:20qui touche tout votre corps
22:21ça va aller directement
22:22à l'endroit où il faut
22:23donc ça c'est un
22:23deux
22:24on a de la recherche clinique
22:25au niveau de ces 100 patients
22:2690 essais cliniques
22:27qui sont répartis
22:28selon les classes thérapeutiques
22:29merci beaucoup
22:30Marcel
22:30j'entends très intéressant
22:31parce que justement
22:32au moins justement
22:33vous expliquez un peu
22:33tous les enjeux
22:35mais en même temps
22:36un discours plutôt positif
22:37merci d'avoir été avec nous
22:39je suis enthousiaste
22:40si je ne le suis pas
22:41ça va être très problématique
22:42pour le futur
22:42merci beaucoup
22:43merci beaucoup
22:44Marcel Le Chanteur
22:45donc le président de Lili
22:46pour la France
22:47merci pour la France
22:47merci pour la France
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