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Lundi 25 mai, Hedwige Chevrillon a reçu Benjamin Patou, cofondateur de Lapérouse Holding, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:05Le 18-19 d'Edwis Chevrillon
00:11Notre invité c'est Benjamin Patou, c'est un des rois de la nuit parisienne et de la restauration.
00:16Bonsoir Benjamin Patou.
00:17Bonsoir.
00:18Merci d'être là, je rajoute la restauration parce que c'est vrai qu'on vous voit plutôt comme une
00:22des personnalités qui a créé pendant très longtemps la nuit parisienne.
00:26Mais en même temps vous avez raison, vous avez aussi beaucoup de restaurants, nombreuses marques.
00:30Le dernier en date c'est l'Apérouse que vous avez, puisque vous êtes président aujourd'hui de l'Apérouse
00:35Holding.
00:36Un restaurant que vous partagez entre autres avec, puisque votre associé c'est Antoine Arnaud.
00:40C'est Antoine Arnaud ou c'est Bernard Arnaud ?
00:42Antoine, Antoine.
00:43Antoine Arnaud, d'accord.
00:44Comme dans votre livre, on va en parler, vous racontez votre rencontre avec Bernard Arnaud, le commandeur, la statue du
00:52commandeur.
00:52Vous publiez Itinéraire d'un enfant raté.
00:56Intéressant de savoir pourquoi c'est raté.
00:58Vous êtes un entrepreneur, vous avez issu d'une famille d'entrepreneurs.
01:02On voit que vous avez...
01:04Pourquoi le mot raté ?
01:06Nous, vous vous êtes venu plusieurs fois sur ce plateau, vous étiez le patron de Momagroup.
01:10Vous aviez les adresses les plus prestigieuses, vous pouvez nous les rappeler, ou moi je peux les rappeler.
01:15Mais allez-y, c'était quoi ?
01:16Le Bus Palladium, le Rasputin, l'Arc, le Banco, le Bœuf sur le Toit, le Victoria, un certain nombre d
01:24'adresses, oui.
01:25Oui, les grandes adresses parisiennes.
01:27Un certain nombre, pas tout.
01:28Alors, avec, je sais que vous n'avez pas pu faire ça, mais en même temps, vous étiez votre meilleur
01:33ami,
01:34qui est devenu votre pire ennemi, et qui est redevenu votre ami parce que vous aviez un lien d'Elebi.
01:40Il y a toujours un intérêt un peu parallèle, c'était Laurent de Gourcuff, qui avait aussi des adresses.
01:45Et vous étiez, c'est vrai que vous étiez en concurrence.
01:48Moi, il y a un truc qui m'a frappée dans votre livre, après on va rentrer un peu plus
01:51dans le détail.
01:51Et puis, sur ce business, justement, c'est un business, en fait, c'est un vrai business capitalistique, non, en
01:58fait ?
01:58Bien entendu.
01:59C'est presque un business comme un autre.
02:02Moi, j'ai envie de dire, je sais que vous n'aimez pas, mais il est quand même très violent,
02:05ce business.
02:07Il a ses codes, il a sa dureté, je pense, comme dans beaucoup, beaucoup de secteurs.
02:15Voilà, il a ses particularités, mais il n'est pas plus violent que, je pense, que la politique ou que
02:20le show business.
02:22Oui.
02:24Beaucoup de secteurs sont difficiles.
02:25Quand vous voulez créer votre, faire votre trou, et quand vous arrivez, personne ne vous attend,
02:31pour pouvoir se faire une place dans le paysage, par définition, c'est la montagne à gravir à main nue.
02:37C'est valable pour tous les entrepreneurs qui nous écoutent.
02:40Donc, ce secteur-là, il est, je pense, moi, je ne connais quasiment que ce secteur-là.
02:44Depuis que vous avez 16 ans.
02:46Je ne peux pas trop comparer, mais je pense qu'il n'est pas plus violent que les autres.
02:51L'entreprenariat est quelque chose de violent, et c'est pour ça que c'est aussi quelque chose de formidable.
02:56C'est parce que 99,9% des gens qui deviennent entrepreneurs endurent et acceptent d'endurer des choses
03:04que 99,9% des gens normalement constitués ne peuvent pas endurer.
03:10Et c'est pour ça qu'ils vont sur le salariat, parce que l'entreprenariat, on est dans une solitude
03:17totale.
03:19Quand les gens dépendent de vous, vous avez une pression énorme en permanence,
03:24vous avez des responsabilités très importantes.
03:27Et quand ça ne va pas, c'est entièrement de votre faute.
03:29Et puis quand ça va bien, c'est toujours grâce aux autres.
03:35C'est quoi les clés de la réussite, en fait, dans ce milieu-là ?
03:39C'est d'avoir un carnet d'adresses énorme, c'est de vivre entouré de mannequins,
03:44et de savoir créer des événements.
03:46Là, c'est le côté un peu glamour.
03:48C'est un métier glamour que vous avez fait, puis en même temps,
03:51ce que vous racontez aussi dans votre livre,
03:55c'est que ce n'est pas forcément, un, votre vie personnelle,
03:58donc ça, c'est votre choix.
03:59Et puis deux, c'est quand même un métier où il faut être tout le temps sur la brèche,
04:05il faut tout le temps être dans le paraître.
04:09Alors, il ne faut pas tout le temps être dans le paraître,
04:11mais c'est vrai qu'il y a une différence entre l'image publique que vous renvoyez
04:14et que vous devez renvoyer.
04:16Et que vous devez renvoyer.
04:17Vous devez renvoyer, bien sûr, puisque vous êtes censé vendre,
04:21peut-être pas du rêve, mais en tout cas, vendre du plaisir,
04:24de la festivité, du glamour.
04:29Et donc, ça ne laisse pas de place aux états d'âme, évidemment.
04:33Si vous pouvez, vos états d'âme, vous les gardez pour vous,
04:36malheureusement pour votre entourage très proche,
04:39donc la famille subit, votre femme, vos enfants,
04:43parce que, voilà, mais c'est valable pour tous les entrepreneurs,
04:46tous les chefs d'entreprise qui partent dans une aventure
04:50dans n'importe quel secteur, sont passés par la même chose.
04:55C'est extrêmement valable.
04:56En même temps, c'est un métier de la vie parisienne,
04:59la nuit parisienne, la restauration parisienne,
05:02enfin, que ce soit parisienne ou pas,
05:03mais en tous les cas, dans une ville comme Paris,
05:06ou à Saint-Tropez, ou aussi dans les endroits phares,
05:09c'est un métier très exposé.
05:11Vous êtes obligés d'être très exposés.
05:13Un entrepreneur n'est pas toujours obligé d'être exposé.
05:17Oui, vous avez raison, mais ça, je mets ça dans la colonne
05:20des points positifs.
05:21C'est vrai que ce métier est un métier merveilleux.
05:23Je racontais ça à mon fils il y a quelques mois,
05:27quand il s'est orienté dans une école hôtelière,
05:29et je lui disais que c'est un métier qui est formidable,
05:31pour trois raisons.
05:32La première, c'est que c'est un métier qui, normalement,
05:35ne sera pas remplacé par l'IA.
05:37Si tu apprends ce métier-là dans cinq ou dix ans,
05:40tu auras encore un métier, et au contraire,
05:42il sera encore plus valorisé,
05:44l'IA va pouvoir se servir de l'IA,
05:46mais elle ne va pas nous remplacer.
05:48On ne peut pas dire ça forcément de tous les autres métiers.
05:50Deuxièmement, c'est un métier où encore,
05:52quand on le fait sérieusement,
05:53on peut encore gagner sa vie dignement, correctement,
05:56ce qui n'est pas non plus le cas de tous les métiers.
05:58Et troisièmement, c'est un métier en termes de reconnaissance sociale,
06:01et de vie sociale, et de statut social,
06:03qui est merveilleux.
06:04Parce que cette exposition dont vous faites État,
06:06vous avez raison,
06:07mais moi, je vois le côté positif de cette exposition,
06:10c'est que vous rencontrez des gens incroyables,
06:12vous n'auriez jamais eu la possibilité,
06:15dans plein d'autres métiers,
06:16de faire ces rencontres-là.
06:17Vous liez d'amitié, vous créez des moments magiques,
06:20et vous avez une relation exceptionnelle,
06:22notamment avec les artistes.
06:24Mais avec...
06:25C'est vrai que moi, je trouve que ce métier,
06:30j'en suis totalement passionné,
06:31raison pour laquelle,
06:32quand j'ai vendu mon groupe l'année dernière,
06:33je me suis posé la question de savoir si je faisais autre chose.
06:37J'avais tous les champs des possibles devant moi,
06:39et c'est vrai que j'ai décidé de remonter un nouveau groupe,
06:43toujours sur la restauration,
06:44mais un peu différemment,
06:46plus haut de gamme,
06:47plus sélectif,
06:49plus petit aussi,
06:50parce que j'aime profondément ce métier,
06:52et que je trouve que c'est un métier extraordinaire.
06:55Vous dites,
06:56dans votre livre,
06:57vous dites,
06:58plus on monte,
06:59plus la chute potentielle est spectaculaire.
07:03Parce qu'en fait,
07:03votre itinéraire d'un enfant,
07:05pourquoi raté, vous dites ?
07:06Parce que vous êtes quand même gâté,
07:08gâté dans tous les sens du terme.
07:10Non, Benjamin Patou ?
07:11Alors,
07:11itinéraire d'un enfant raté,
07:12ça ne vous aura pas échappé,
07:13c'est avant tout un jeu de mots,
07:15et un clin d'œil,
07:16un hommage à Itinéraire d'un enfant gâté.
07:18Non, mais ça,
07:18merci,
07:19je pense que nos éditeurs et téléspectateurs
07:21auraient compris.
07:21Qui est mon film préféré,
07:23comme c'est le cas de...
07:24Et Claude Deluche qui préface votre livre.
07:26Qui préface le livre.
07:27Donc déjà,
07:28au départ,
07:28c'est un clin d'œil,
07:29mais c'est un clin d'œil qui,
07:30comme toujours,
07:31même si c'est habillé sur l'humour,
07:33a un fond de vérité,
07:35un message,
07:35puisque vous avez lu le livre
07:37où je raconte,
07:39en toute sincérité,
07:41sans pudeur même,
07:44toutes les étapes de mon enfant,
07:45et je me suis considéré,
07:47à tort ou à raison,
07:48mais je pense à raison,
07:50comme effectivement,
07:51un enfant raté.
07:52J'ai eu une scolarité extrêmement compliquée.
07:54J'étais en marge de...
07:56de beaucoup de choses
07:59par rapport aux autres enfants de mon âge.
08:02Et je l'ai vécu comme ça.
08:03Et je l'ai vécu comme ça.
08:05J'ai eu tout le monde à son lot
08:06de complexes,
08:08d'humiliation,
08:08de traumatisme.
08:10Voilà,
08:10moi j'ai eu les miens.
08:12Et c'est vrai que
08:14ce titre de...
08:15je trouve,
08:17voilà,
08:18me convient bien,
08:19parce qu'il y a de l'auto d'horizon,
08:20oui,
08:20mais il y a également un hommage
08:21à Claude Lelouch,
08:22et c'est en même temps
08:23extrêmement parlant
08:25par rapport à ce que je considère
08:27être une partie de mon enfance.
08:30Et voilà ce que je voulais dire,
08:31et aussi à des personnes
08:32qui vous sont très proches.
08:36Vous avez été comme beaucoup
08:38d'entrepreneurs,
08:40là aussi,
08:40mais alors vous,
08:41vous les avez tous eus,
08:42quand je disais
08:43plus vous montez haut,
08:44plus la chute sera exceptionnelle,
08:46le risque pourrait être
08:49spectaculaire,
08:49c'est que vous avez,
08:51la première fois
08:52où vous vous êtes endetté
08:53absolument,
08:54votre groupe,
08:55vous l'avez monté
08:56en fait à coups d'endettement.
08:57Mais vous êtes pris
08:58la crise de 2008,
09:00là au moment où vous avez
09:00racheté,
09:01je crois que c'était
09:02le Mambo,
09:03le Globo,
09:03pardon,
09:04vous êtes pris ensuite
09:04le Covid,
09:05alors là,
09:06c'était un peu...
09:07Avant,
09:07il y a eu d'autres
09:08grandes crises.
09:09Je commence par les grandes
09:10crises macroéconomiques,
09:12j'ai envie de dire,
09:13parce qu'après,
09:13il y a les vôtres,
09:14donc la crise du Covid
09:15qui finalement,
09:16vous vous êtes retrouvés
09:16avec un endettement
09:18spectaculaire et c'est là
09:18où vous avez fait rentrer,
09:19je ne sais pas si c'est
09:20le loup dans la bergerie,
09:21mais vous avez fait rentrer
09:21en tout cas à Walter Butler,
09:23et puis effectivement,
09:24vous avez connu des moments,
09:27vous avez connu un incendie
09:28absolument incroyable
09:29à l'Arc,
09:30vous avez traversé quand même
09:32des périodes
09:33d'une violence inouïe,
09:35alors je sais bien que
09:37un entrepreneur
09:38a gravé une montagne
09:39à main nue
09:39pour reprendre votre expression,
09:41mais quand même,
09:42vous en avez connu
09:43beaucoup de hauts et de bas.
09:46Alors,
09:47je suis...
09:48Je me considère souvent
09:49comme un enfant de la crise.
09:50Moi, en fait,
09:51j'ai commencé à rentrer
09:52dans la vie professionnelle
09:53en 2001,
09:54quasiment.
09:55Oui, j'avais oublié
09:55celle-là en plus.
09:56Et donc,
09:57et depuis,
09:58il n'y a que des crises successives,
09:59mais c'est le monde
10:00qui est comme ça,
10:01et forcément,
10:02on n'est pas là pour subir,
10:04donc moi,
10:05je me suis adapté,
10:06l'environnement extérieur
10:07qui m'était imposé.
10:09Donc,
10:09on a eu la crise,
10:10on a eu le 2001,
10:11bien sûr,
10:11la crise de 2008,
10:12après la crise en Grèce,
10:13les attentats de 2015
10:15qui ont été,
10:15dans mon métier,
10:16et pour tous les Français
10:17qui ont été un traumatisme
10:19total,
10:20total,
10:21avec les lieux
10:22qui recevaient du public,
10:24c'est l'horreur absolue,
10:26évidemment.
10:27Quelques...
10:27Un peu de temps après,
10:29on a eu les Gilets jaunes,
10:30on a eu...
10:31qui ont été,
10:32pareil,
10:32j'en parle dans le livre,
10:33qui ont été quelque chose
10:34qui, moi,
10:34m'a beaucoup marqué,
10:35ce rendez-vous
10:35avec la violence
10:36tous les samedis,
10:38institutionnalisé,
10:39cette impuissance
10:40des pouvoirs publics,
10:42et on devait se protéger
10:43nous-mêmes
10:44à nos frais,
10:45à nos risques et périls,
10:46protéger nos établissements,
10:48c'était...
10:48Enfin,
10:48ça,
10:49c'était une période
10:49hallucinante.
10:50Donc,
10:50on parle de violence,
10:52c'est le monde,
10:53malheureusement,
10:54qui est violent
10:54et qui est de plus en plus violent.
10:56Et le Covid,
10:57là,
10:58c'était effectivement...
10:59En tant qu'entrepreneur
11:00de la restauration,
11:01ça a été un moment
11:03très douloureux,
11:03bien sûr.
11:04Oui.
11:04Et aujourd'hui,
11:05il y a une nouvelle crise,
11:06même si vous,
11:06vous êtes moins exposé,
11:08évidemment.
11:09Quand on regarde quand même
11:11dans la restauration,
11:13c'est un métier
11:14qui devient vraiment
11:15très difficile.
11:16On avait toutes les crises
11:17successives
11:18que traversent cette profession
11:20quand vous regardez les chiffres.
11:22On voit bien
11:23que la fréquentation
11:24est en baisse,
11:25même si c'était
11:26en légère croissance.
11:27Un nombre de restaurants
11:28qui ferment
11:30qui sont un nombre assez...
11:32Vous avez quel jugement
11:33sur votre métier,
11:35entre guillemets,
11:36parce que c'est sûr
11:36que vous n'êtes pas complètement
11:37dans le même type
11:39de restauration,
11:40surtout aujourd'hui.
11:41Je ne suis pas bien placé
11:42pour m'exprimer là-dessus
11:43parce que j'ai la chance
11:44d'être dans une niche
11:45et quelque part
11:47dans une chose
11:48vraiment très particulière
11:50et d'être très privilégié
11:51de ce point de vue-là.
11:53Aujourd'hui,
11:54le groupe que je dirige
11:56à trois établissements
11:56qui marchent extrêmement bien,
11:59qui est La Pérouse,
12:00La Pérouse,
12:00La Fayette
12:01et le Récent Prunier,
12:02qui s'adressent
12:03à une clientèle
12:04particulièrement,
12:05je dirais,
12:06privilégiée
12:07et qui donc n'a pas
12:09la même problématique
12:10de pouvoir d'achat
12:11comme peut l'être
12:13la plupart des Français.
12:15Donc,
12:16je ne peux pas
12:17pariser pour les autres
12:18mais c'est vrai
12:18qu'un jour,
12:19j'ai un restaurateur
12:19à la montagne
12:20qui discutait,
12:22qui m'a dit cette phrase
12:23qui m'a beaucoup marqué.
12:25Il m'a dit,
12:25vous savez,
12:26nous les restaurateurs,
12:27on est les agriculteurs
12:28de demain.
12:30Et là,
12:30ça m'avait vraiment...
12:31C'était pendant la crise
12:32d'agriculteurs.
12:33En fait,
12:34on travaille de plus en plus.
12:35Aujourd'hui,
12:36on gagne de moins en moins.
12:37Et en fait,
12:38on finit par travailler
12:4060 heures,
12:4080 heures par semaine
12:41pour gagner 1000 euros,
12:421500 euros par mois.
12:43Et en fait,
12:46il le vivait comme ça,
12:47lui,
12:48profondément.
12:49Ça m'avait beaucoup marqué
12:49parce que je pense
12:50qu'il y a quand même
12:50une part de vérité
12:51dans ce qu'il disait.
12:51Pourquoi ?
12:52Parce que c'est
12:52les augmentations
12:54des matières premières
12:55avec les différentes crises,
12:56la guerre en Ukraine notamment
12:57où les prix ont explosé
12:58en flambant de 22.
13:00Le poids de la charge,
13:02de la masse salariale
13:03et du poids social
13:04en France
13:05tout le monde le dit
13:06abondamment
13:06à longueur de journée
13:07mais c'est une réalité totale.
13:10Aujourd'hui,
13:10entre l'écart
13:11entre ce que coûte
13:12l'employé à l'entreprise
13:14et ce qu'il a dans la poche
13:15lui pour vivre,
13:16c'est trop.
13:17Il y a un vrai problème.
13:18La différence entre le brut
13:19et c'est vrai aussi
13:20pour tous les salariés.
13:21C'est pas du simple au double.
13:23Du coup,
13:24ça engendre un problème
13:24de pouvoir d'achat
13:25qui fait que les gens
13:25ont moins les moyens
13:26et donc de pouvoir,
13:28de moins en moins les moyens
13:29donc ils ont besoin
13:29d'arbitrer dans leur budget.
13:31Donc la restauration
13:32de ce point de vue-là
13:33est aussi une valeur d'ajustement.
13:35Je pense qu'il est prioritaire
13:35pour les gens
13:36d'aller payer leur loyer,
13:38rembourser leur crédit
13:39et de financer
13:41les études de leurs enfants
13:42plutôt que d'aller
13:43se faire plaisir au restaurant.
13:44Donc c'est vrai
13:45que c'est très compliqué.
13:47Lorsqu'on voit les chiffres,
13:48les derniers chiffres
13:49sur les défaillances
13:49de restaurants en hausse
13:50qui étaient en hausse,
13:52en 2024 c'était 8 714,
13:54aujourd'hui c'est 9 488,
13:56quoi, 9 500.
13:57Et encore,
13:58enfin aujourd'hui,
13:58non, c'était fin 2025.
14:00Ça sera certainement plus
14:01évidemment en 2026.
14:04Et puis en plus,
14:05le métier a changé
14:07parce que quand on voit
14:07le premier restaurant de France,
14:09aujourd'hui c'est devenu McDo,
14:10on est loin de l'apéro,
14:11c'est un non ?
14:12Il faut tout pour faire un monde.
14:14Oui.
14:15Ça veut dire quoi,
14:15à votre avis,
14:16quand on voit le succès
14:17de toutes ces chaînes ?
14:18Ça veut dire que les gens
14:19n'ont plus les moyens
14:20d'aller dans la restauration traditionnelle
14:22et qu'ils se replient
14:23sur la restauration de fast-food
14:26parce qu'elle est beaucoup plus accessible,
14:28elle est moins chère.
14:29De surcroît,
14:30ils font très bien leur boulot.
14:32McDo,
14:33moi j'aime beaucoup le McDo,
14:35par exemple,
14:35pas de problème pour le dire,
14:37je n'y vais pas tous les jours,
14:38heureusement.
14:39Mais voilà,
14:40c'est très bien,
14:40ça correspond à un besoin,
14:42ça correspond à une attente.
14:42et donc...
14:47Sur quoi ?
14:48Sur quoi ça ?
14:50Ça réside sur quoi,
14:52en fait,
14:53le succès ?
14:54Le succès d'un lieu,
14:56en fait,
14:57puisque vous qui avez vu
14:58tellement de lieux
14:59qui ont compté,
15:00c'est quoi ?
15:01Le succès d'un lieu,
15:02c'est une alchimie.
15:04Tout se résume en un mot,
15:05c'est une alchimie.
15:06Vous pouvez avoir
15:07beaucoup de moyens
15:08et les acteurs
15:09qui rentrent dans le marché
15:10avec beaucoup de moyens
15:11et qui...
15:13prennent des bons décorateurs,
15:15des bons chefs,
15:16pensent prendre
15:17les bonnes agences
15:18de relations presse
15:19et qui cochent,
15:20entre guillemets,
15:21toutes les cases.
15:22Mais fort heureusement,
15:23ça ne suffit pas.
15:24Parce que ça serait trop facile
15:25et puis trop injuste,
15:26finalement,
15:27que ça fonctionne comme ça.
15:28Il y a une part de magie,
15:30une part d'irrationnelle
15:31qui fait qu'un endroit
15:32a une âme
15:33et que cette âme
15:35touche au cœur
15:37ses clients et son public.
15:38Alors plus prosaïquement,
15:39vous dites dans votre livre
15:40à un moment,
15:41en fait,
15:41que le succès,
15:42c'est le foncier.
15:44Vous dites,
15:45votre business,
15:46il repose là-dessus.
15:47Le foncier,
15:48les emplacements,
15:49c'est la grande règle
15:49dans la restauration.
15:50On dit toujours
15:51l'emplacement,
15:52les trois atouts,
15:53c'est l'emplacement,
15:54l'emplacement,
15:54l'emplacement.
15:55Moi,
15:55j'ai toujours dit
15:56les trois règles
15:57dans la restauration,
15:57c'est les hommes,
15:58les hommes,
15:58les hommes.
15:59j'ai toujours dit,
16:00j'ai toujours pensé,
16:01on peut compenser
16:02des emplacements
16:03moins bons,
16:03particulièrement
16:04votre produit
16:04est à quelque chose
16:06de différent
16:06et extrêmement bien réalisé,
16:08bien exécuté.
16:09Il y a beaucoup
16:10d'exemples comme ça
16:10de restaurants à Paris,
16:11les restaurants à Paris
16:12les plus iconiques
16:15ne sont pas du tout
16:16les mieux placés.
16:17Pas du tout.
16:18Non,
16:18c'est sûr,
16:19il y a plein de cas
16:21qui le prouvent.
16:24vous avez commencé,
16:27vous avez 16 ans,
16:28je crois,
16:28la première fois
16:30que vous avez commencé
16:31à faire la fête
16:32et à en faire un métier,
16:33en fait,
16:34idem du côté
16:35de Laurent Gourcuff,
16:35lui,
16:36en fait,
16:36on fait court,
16:37il se fait racheter
16:38par le groupe Accor,
16:39vous,
16:39vous vous êtes fait racheter
16:40par Walter Butler
16:41et puis maintenant,
16:42vous êtes l'apéro,
16:43vous êtes associé au Arnaud.
16:44Est-ce que ça veut dire
16:45que des gens comme vous...
16:46À Antoine Arnaud.
16:47À Antoine Arnaud.
16:48Est-ce que ça veut dire
16:49que...
16:50Enfin,
16:50c'est Arnaud,
16:50vous me direz.
16:51Est-ce que ça veut dire
16:52que des gens comme vous,
16:53des entrepreneurs comme vous,
16:55aujourd'hui,
16:56c'est plus possible,
16:59c'est forcément
16:59des grands groupes,
17:00c'est-à-dire que
17:00des entrepreneurs,
17:02ça n'existe plus
17:03dans ce business
17:05de la restauration,
17:06dans le business
17:06de la nuit parisienne ?
17:08C'est un métier
17:09qui s'est...
17:10Pourquoi ?
17:10Beaucoup professionnalisé.
17:12Parce que c'est un métier,
17:14quand il est exercé correctement,
17:15qu'on peut encore sortir
17:18une rentabilité.
17:19C'est un métier,
17:21en tout cas,
17:21de la manière
17:22dont on le pratique,
17:23nous,
17:23qui s'adresse
17:24au concept
17:25de luxe d'expérience,
17:26au luxe expérientiel,
17:28à opposer
17:29au luxe de possession.
17:32Voilà,
17:32c'est un métier
17:34qui,
17:34comme je l'ai dit,
17:35ne sera pas remplacé
17:36par l'IA,
17:37parce que,
17:38même si on peut imaginer
17:39dans 10 ans
17:40qu'il y ait des robots
17:40qui fabriquons
17:41nos Big Mac,
17:42ça,
17:43c'est quelque chose
17:44de possible.
17:47les robots,
17:48ils n'iront pas
17:48servir dans les restaurants
17:50de restaurants
17:50haut de gamme
17:51tels qu'on les pratique.
17:52Les clients
17:52n'accepteront pas ça.
17:53Ils viennent pour
17:54de l'humain,
17:55ils viennent pour
17:55de l'humanité,
17:56pour un moment de chaleur,
17:57pour une expérience
17:57exceptionnelle.
17:58Donc ça,
17:59ça ne pourra pas
18:00fonctionner.
18:00En tout cas,
18:01j'en suis intimement
18:03convaincu.
18:03Donc,
18:04à partir du moment
18:04où vous avez
18:05un secteur
18:05avec un avenir,
18:08une croissance,
18:09une rentabilité,
18:11et il y a aussi
18:12une dimension patrimoniale
18:12dans la restauration
18:15telle qu'on la pratique,
18:16nous,
18:16avec ces lieux historiques,
18:18ces lieux iconiques,
18:19ces institutions,
18:19ces lieux indémanables.
18:20Oui,
18:20c'est des institutions,
18:21ce sont des institutions.
18:22En tout cas,
18:22moi,
18:23aujourd'hui,
18:23le Laperos Holding,
18:24c'est le nouveau groupe
18:25qu'on est en train de créer,
18:26qu'on est en train de bâtir,
18:27et s'adresse
18:28dans cette thèse,
18:30oui,
18:30dans cette thèse
18:30de faire revivre
18:32des belles endormies
18:33et de gérer
18:37des affaires
18:37du patrimoine
18:39parisien
18:39et qui s'inscrivent
18:42dans le temps long.
18:43La Pérouse,
18:43on fête cette année
18:44les 260 ans
18:45de la Pérouse.
18:46Dans quelques siècles,
18:47quand vous et moi,
18:48hélas,
18:49ne seront plus là,
18:50la Pérouse sera toujours là.
18:51Et c'est beau aussi
18:52de travailler
18:53dans cette perspective,
18:55de travailler
18:55pour
18:58le grand,
18:59grand,
18:59grand avenir.
19:00Oui,
19:00en même temps,
19:01j'avais une question,
19:02parce que là,
19:02on ne parle que de
19:03beautiful people.
19:04Est-ce qu'il y a
19:06des institutions
19:07qui existent,
19:08mais qui sont peut-être
19:09accessibles
19:10à plus de gens ?
19:11On voit bien
19:12qu'il y a un clivage
19:14en France,
19:15sans doute
19:16à juste titre,
19:17entre les riches,
19:18les super riches,
19:19et puis les autres.
19:20Est-ce que
19:20les institutions,
19:21il y a des bouillons,
19:23il y a des institutions
19:25parisiennes
19:25qu'on pourrait,
19:27à Parisienne
19:27ou ailleurs,
19:28ça existe,
19:30les bouchons
19:30hyonnais,
19:31c'est marrant,
19:32parce que vous m'enlevez
19:33le mot de la bouche,
19:34c'est d'où
19:35le très grand succès
19:36des bouillons,
19:37les bouillons chartiers
19:38par exemple,
19:38qui appartiennent
19:39à Christophe Julie.
19:41Voilà,
19:42vous pouvez
19:43déjeuner
19:43pour 17 ou 18 euros,
19:45c'est extrêmement bon,
19:47c'est extrêmement patrimonial,
19:48c'est historique,
19:48le cadre est merveilleux,
19:50et ça fonctionne très bien,
19:51il y a beaucoup de queues,
19:52il y a une heure et demie
19:52de queues pour y aller,
19:53donc oui,
19:55heureusement,
19:55fort heureusement,
19:57on peut décider
19:58de vivre
19:59avec un certain esthétisme,
20:01de manger
20:01de la bonne alimentation,
20:03et d'aller dans des beaux lieux
20:04sans être millionnaire,
20:07heureusement.
20:08C'est encore possible.
20:09Est-ce que,
20:10si c'est à refaire,
20:10vous referiez
20:11ce que vous avez fait ?
20:13Parce que c'est un livre,
20:14itinéré d'un enfant raté,
20:15et c'est publié
20:16chez Fayard,
20:16est-ce que c'est un...
20:17Est-ce que c'est...
20:20Est-ce que vous dites,
20:21en fait,
20:22je ne referai pas
20:22ce que j'ai fait ?
20:23Ou au contraire,
20:24vous dites,
20:24je recommence ce que vous
20:25êtes en train de faire ?
20:26La réponse est dans ma question,
20:29vous êtes en train de refaire
20:30un peu votre itinéraire.
20:31Alors, je le referai,
20:32bien évidemment.
20:34J'ai beaucoup de chance.
20:36Je considère avoir un parcours...
20:39J'ai été miraculé
20:40à beaucoup d'égards.
20:43Et donc, bien sûr,
20:44je le referai parce que
20:45je suis passionné,
20:46parce que j'aime ce métier,
20:47je vous l'ai dit,
20:49parce que...
20:50Il me l'a bien rendu.
20:52Il m'a souri.
20:52Alors après,
20:53je le ferai évidemment différemment,
20:54avec la sagesse,
20:55avec l'expérience,
20:56des choses que je ne ferai pas.
21:00J'ai aussi mûri.
21:01Mais la meilleure preuve,
21:02c'est que quand l'an dernier...
21:03Voilà, je vous l'ai dit tout à l'heure,
21:04mais j'ai décidé de vendre le groupe.
21:07Je me suis posé la question
21:08de savoir si je...
21:10Qu'est-ce que j'allais faire d'autre ?
21:12Qu'est-ce qui m'excitait ?
21:13Qu'est-ce qui allait m'enthousiasmer ?
21:15Et en réalité,
21:16au bout de quelques mois,
21:17je suis revenu à la conclusion.
21:19J'en suis revenu à la conclusion
21:20que c'est ce métier que j'aimais
21:23et que je savais un peu préférer.
21:25Et c'est ce que vous faites ?
21:26Voilà, c'est ce que je fais.
21:27Ça me rend très heureux.
21:29Vous avez un homme très heureux en face de vous.
21:30La prochaine étape, en conclusion, c'est quoi ?
21:32La prochaine étape,
21:34c'est de faire de l'apéro-solding
21:36un bijou.
21:37Oui, d'accord, mais en rachetant quoi ?
21:39Écoutez, on est sur plusieurs acquisitions
21:42que nous sommes en train de finaliser.
21:45Des institutions parisiennes
21:47et qui va faire qu'à la fin de l'année,
21:49le groupe va quasiment doubler de taille.
21:52Donc, on est sur une séquence
21:53qui est très positive.
21:56Et c'est reparti.
21:57Et c'est reparti.
21:58J'ai vu.
21:59Mais comme quoi, c'est ça la vie des entrepreneurs.
22:01Non, mais vraiment, votre vie,
22:01c'est en fait tout ce qu'on vit
22:03quand on interroge des entrepreneurs.
22:05Vous, c'est presque un condensé, en fait.
22:08On en fait ce qu'on a envie de dire.
22:09C'est pour ça que le livre, je crois,
22:11rencontre un certain intérêt.
22:13Allons-y.
22:14Non, je suis désolé,
22:14c'est un peu prétentieux de le dire,
22:15mais parce que c'est un parcours
22:17qui ressemble un peu à rien.
22:20Il y a un peu de tout,
22:22où tout est vrai.
22:24C'est un témoignage personnel.
22:26C'est un témoignage.
22:26J'ai été très sincère dans ma démarche.
22:29Et c'est vrai que ça parle à beaucoup de gens.
22:31J'en suis hyper ému.
22:33Tous les jours, je reçois des témoignages de gens
22:35que je connais ou que je ne connais pas
22:37et pour qui ce petit itinéraire
22:40en fait fait écho et leur parle.
22:43Merci en tous les cas d'avoir fait un détour
22:45par les studios de BFM Business.
22:46« Itinéraire d'un enfant raté »
22:47par Benjamin Patou.
22:49Préface de Claude Lelouch
22:50et c'est publié chez Fayard.
22:52Tiens, juste, votre associé,
22:53c'était Patrick Bruel.
22:55Vous êtes étonné par ce qui se passe là ?
22:57Étonné.
22:59Je suis bouleversé surtout.
23:01Je trouve ça bouleversant.
23:04Mais vous l'aviez anticipé ?
23:06Absolument pas.
23:07Non ?
23:07Absolument pas.
23:08Absolument pas.
23:09Quand je vois tout ce que je vois
23:12et tout ce qui sort,
23:15tout ce qui est dit,
23:16je ne reconnais absolument pas
23:18l'homme que je connais
23:19qui est mon ami,
23:20qui est mon grand ami même.
23:22Et qu'il le reste ?
23:24Et qu'il le reste, évidemment.
23:25Évidemment qu'il le reste.
23:27Et je trouve ça...
23:28Je suis très triste.
23:29Voilà.
23:30Honnêtement,
23:30le sentiment,
23:31c'est la tristesse
23:32pour les victimes.
23:34Voilà.
23:35Pour ces femmes,
23:36en tout cas.
23:36Pour lui.
23:38je ne comprends pas ce...
23:40Je suis suicidéré.
23:42Je ne comprends pas.
23:42Vous ne comprenez pas quoi ?
23:44Je ne comprends pas.
23:45Je ne comprends pas ce qui se passe,
23:46tout simplement.
23:47Oui.
23:48Voilà.
23:48Vous croyez que les victimes exagèrent ?
23:51Je ne peux pas m'exprimer.
23:52Je ne suis personne pour m'exprimer
23:54sur le sujet.
23:55Je respecte et je suis très soucieux
23:57évidemment de toutes ces femmes.
23:59Donc, je ne vais certainement pas dire
24:00qu'elles racontent n'importe quoi.
24:02Je n'en sais rien.
24:02Je n'étais pas là.
24:03Tout ce que je sais,
24:04c'est qu'il y a une présomption
24:05d'innocence, malgré tout.
24:08Et que Patrick,
24:10lui,
24:12dans l'intimité
24:13et même en public,
24:15ne reconnaît absolument pas
24:16les choses qu'on lui reproche.
24:19Et donc, voilà,
24:20la justice va passer
24:21et il n'y a pas d'autre choix, en fait.
24:24La justice médiatique,
24:26la justice populaire,
24:27moi, je m'en méfie énormément.
24:29Il n'y a que la justice,
24:30maintenant,
24:30elle a été saisie.
24:31et j'espère qu'elle fera toute la lumière.
24:37Merci.
24:38Merci, Mme Patou.
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