- il y a 2 jours
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Merci, on va revenir maintenant au 95e jour de guerre au Moyen-Orient.
00:05Avec, il y a le conflit sur le terrain bien sûr, mais ce qui est intéressant de regarder, c'est
00:11ce qui se passe en ce moment
00:13dans les relations entre Donald Trump, le président des Etats-Unis, et Benjamin Netanyahou, le premier ministre israélien.
00:21Les mots sont forts de la part de Donald Trump.
00:25Le langage de Donald Trump, on le connaît, il peut être assez vert et direct.
00:30Putain, qu'est-ce que tu fais, dit le président des Etats-Unis, tu es complètement taré, tu serais en
00:35prison si je n'étais pas là.
00:37Je te sauve les fesses, conversation téléphonique qui est rapportée par le média Axios.
00:43Alors, du coup, elle est sujée à beaucoup d'interprétations sur, finalement, les raisons de cette guerre et pourquoi elle
00:51a été démarrée.
00:52Et, justement, on va en parler avant de retrouver nos envoyés spéciaux en Israël et à Washington.
00:57Karim Emile Abitard est avec nous, le général, le pays se rendit également. Bonsoir.
01:02Ce dialogue est assez cru, assez direct.
01:07On l'imagine bien parce que Donald Trump, effectivement, est comme ça.
01:10Mais, en fait, il reproche au premier ministre israélien d'être en train de faire capoter les négociations avec Iran.
01:16Oui, il y a une part de sincérité, mais il y a également une part de cynisme parce que ça
01:20arrange bien les deux, ces fuites.
01:22Ça arrange très bien Trump, qui en avait assez de se faire portraiturer comme une marionnette dans les médias américains.
01:27Et ça arrange aussi Netanyahou parce que, juste après, il a fait son propre tweet.
01:31Il a dit « Nous allons continuer. Tant qu'Israël est menacé, nous n'allons pas cesser cette guerre ».
01:36Donc, il apparaît dans une année électorale comme celui qui tient tête à Trump.
01:40Et les Iraniens ne sont pas dupes parce que, très vite, ils ont sorti leur propre communiqué en disant
01:47« Ce qu'a dit Trump, que les négociations avancent très vite, ce n'est pas vrai du tout.
01:51Nous, on a juste exigé que le Liban fasse partie du cessez-le-feu. »
01:55Et pour le reste, ce sont des propos fantaisistes.
01:58Donc, finalement, à part la population libanaise qui paie les pots cassés, ce spectacle arrange tout le monde.
02:06En même temps, chacun a sa propre stratégie.
02:09Donald Trump veut aller très vite pour annoncer qu'il est en train de sortir de ce conflit.
02:14Et en même temps, le premier ministre israélien Netanyahou, lui, il se dit « C'est maintenant ou jamais pour
02:20détruire le Hezbollah ».
02:22Et s'il y a accord, ça risque de s'arrêter.
02:25Les Américains vont partir et le problème ne sera pas réglé.
02:28Oui, et il faut bien comprendre que la menace du Hezbollah est une menace existentielle, en tout cas pour Israël
02:35et pour Benyamin Netanyahou.
02:36Et pas pour les Américains.
02:37Pas pour les Américains.
02:38Donc, on voit bien qu'on est dans un engrenage qui est très compliqué au Liban, entre effectivement un Hezbollah
02:48qui reste extrêmement agressif,
02:51Benyamin Netanyahou qui veut éliminer.
02:53Mais sachant qu'on ne peut pas éliminer le Hezbollah, on peut l'affaiblir militairement.
03:00La problématique, c'est qu'il faudra trouver une solution d'ordre.
03:02Mais là, on parlait de troupes à Beyrouth.
03:04Oui, mais là, on replonge dans l'histoire.
03:08C'est 1982.
03:09Et là, on précipite le Liban, de fait, dans une nouvelle guerre civile.
03:16Il y avait la guerre civile à partir de 1975.
03:19Mais on replonge dans un drame absolu pour les Libanais.
03:24Or, ce n'est pas la solution.
03:26Mais Trump, dans ce dialogue, et c'est Axios qui rapporte encore une fois, le média américain,
03:32aurait dit qu'il avait eu des garanties de la part des Hezbollahs, via des intermédiaires, qu'ils allaient cesser
03:36le feu.
03:36– Oui, mais attention, d'abord, les troupes dont vous parlez, il n'y a que Trump qui en est
03:41parlé.
03:41Les Israéliens n'ont jamais parlé d'envoyer des troupes à Beyrouth.
03:44Ils ont dit qu'ils allaient effectivement bombarder le sud de Beyrouth, la banlieue sud,
03:48qui est le fief, évidemment, du Hezbollah, qui est une banlieue chiite,
03:52donc qui est totalement acquise au mouvement, ou en tout cas à une très grande majorité.
03:56Mais il n'a pas été question d'envoyer l'armée jusque-là, en tout cas dans les déclarations publiques.
04:01Ce qui est certain, c'est que Trump a eu une conversation extrêmement dure,
04:04et même violente, avec Netanyahou, et les deux hommes, les deux chefs d'État,
04:10se sont renvoyés, si vous voulez, les responsabilités de leur désaccord.
04:15Trump s'est fâché parce qu'effectivement, il voyait que s'il y avait une intervention militaire jusqu'à Beyrouth,
04:21et bien les Iraniens refuseraient de signer un compromis.
04:24Et quant à Netanyahou, il a expliqué à Donald Trump que c'était absolument indispensable
04:27si on voulait achever cette mission jusqu'au bout et assurer la sécurité d'Israël.
04:32Donc il y a eu un désaccord qui même va au-delà de la discussion habituelle,
04:37d'une franchise et d'une colère telle que les propos sont reportés.
04:41Ce n'est pas uniquement de la communication, ça veut dire qu'il y a des désaccords.
04:44C'est la quatrième fois quand même que Trump force Netanyahou à faire quelque chose qu'il ne voulait pas
04:49faire.
04:50La dernière, c'était quand il a décidé d'imposer un cessez-le-feu au Liban.
04:54L'avant-dernière, c'est quand il a décidé d'imposer un cessez-le-feu en Iran.
04:58Et à chaque fois, ça ne marche pas.
05:00Mais on voit bien qu'en Israël, il y a des gens qui sont très proches de Netanyahou,
05:04qui sont même plus extrêmes que lui, qui sont quasiment messianiques dans leur vision des choses,
05:09et qui disent qu'il est temps de dire non à Donald Trump.
05:11Donc on voit que le climat est très tendu, mais quand même l'homme le plus fort de la situation,
05:15c'est Donald Trump, et qui veut absolument sauver son accord.
05:19Et à ce propos, il y a juste une petite phrase qui est importante aujourd'hui,
05:22après ce tourbillon de tweets.
05:25C'est la formule employée par le secrétaire d'État aux Affaires étrangères, Marco Rubio,
05:32qui dit « Pour la première fois, nous sommes en train de faire admettre aux Iraniens
05:36la nécessité de négocier sur le nucléaire comme jamais ils ne l'ont accepté auparavant. »
05:41Donc il y a un chemin, il y a toujours une possibilité d'accord,
05:44et nous allons essayer de la mener à bien.
05:46Donc dans ce climat extrêmement volatil et « guerrier », il y a toujours cette volonté américaine de réussir à
05:53un accord.
05:53Écoutons Marco Rubio que vous venez de citer.
05:57Une perspective s'offre à nous.
05:59Cela peut se produire aujourd'hui, demain, ou encore la semaine prochaine.
06:03C'est la première fois, pour autant que je me souvienne,
06:05qu'ils acceptent de négocier certains aspects de leur programme nucléaire,
06:09des aspects qu'ils refusaient de mentionner il y a encore un mois ou un an,
06:12et sur lesquels ils ne voulaient pas entamer de discussion.
06:14Ça ne garantit pas pour autant que cela aboutira finalement à un accord acceptable pour le Sénat ou pour le
06:20peuple américain.
06:21Mais nous pourrons les engager dans un processus permettant de tester véritablement jusqu'où ils sont prêts à aller.
06:27Et on va retrouver Igor Saïry en direct d'Israël pour BFMTV, il est à Tel Aviv.
06:34Donc il y a plus que de la friture, de la tension sur la ligne en ce moment entre Benyamin
06:39Netanyahou et Donald Trump.
06:43Oui, vous savez, le Premier ministre israélien a fait une promesse à la population de l'État hébreu et notamment
06:50aux populations du Nord.
06:51Il leur a promis que le Hezbollah serait désarmé et que ces populations du Nord d'Israël pourront vivre tranquillement
06:58et rapidement.
07:00Et le problème, c'est que cette promesse n'est pas totalement tenue à l'heure actuelle,
07:04puisque ces derniers jours, depuis même une bonne semaine, il y a une reprise des attaques du Hezbollah par l
07:11'intermédiaire de drones filaires
07:12qui posent d'ailleurs beaucoup de problèmes à l'armée israélienne par l'intermédiaire de roquettes.
07:17Il y a des alertes tous les jours aujourd'hui dans le Nord d'Israël.
07:21Ça s'est un petit peu calmé d'ailleurs aujourd'hui, mais rien que dimanche, je suis allé faire un
07:25reportage dans un petit village à la frontière.
07:29Il y a eu 300 alertes en une seule journée.
07:30Ça ne veut pas dire qu'il y a eu 300 attaques, mais c'est pour vous dire que la
07:33tension règne clairement aujourd'hui à la frontière entre le Sud-Liban et Israël.
07:38Et lorsque l'on comprend cette conversation téléphonique entre Benjamin Netanyahou et Donald Trump,
07:43on se rend bien compte qu'il y a une ligne de fracture qui se voit de plus en plus,
07:47qui est de plus en plus explicite.
07:48Les intérêts de Donald Trump et des États-Unis ne sont pas les intérêts de Benjamin Netanyahou et de l
07:54'État d'Israël.
07:55Et c'est pour cela aujourd'hui qu'on se rend bien compte qu'il y a d'un côté
07:59tous ceux qui ont critiqué Benjamin Netanyahou pour avoir accepté les décisions de Donald Trump,
08:05de ne pas aller attaquer Beyrouth.
08:07Et puis il y a tous ceux qui disent qu'il va falloir du temps pour désarmer le Hezbollah, pour
08:12détruire toutes ces infrastructures et tuer tous ces combattants.
08:17Il en resterait encore plusieurs dizaines de milliers à ce stade, selon les informations d'instituts de recherche actuellement.
08:23C'est pour cela qu'aujourd'hui la situation reste compliquée, c'est une impasse, ou en tout cas l
08:28'étau se resserre pour Benjamin Netanyahou.
08:30Il faut se rappeler que dans trois ou quatre mois, il y a des élections législatives, que lui joue également
08:34aussi une partition, sa partition durant ces élections.
08:38Il veut absolument que cette guerre paye dans les trois prochains mois, cette guerre contre le Hezbollah paye dans ces
08:44trois prochains mois.
08:45Et aujourd'hui, la situation reste toujours compliquée, notamment pour les populations du Nord.
08:50– Igor Saheri avec Margot Vizade en direct de Tel Aviv pour BFM TV.
08:54De Tel Aviv, allons justement à Washington retrouver Antoine Ellard pour nous, pour BFM TV.
08:59Antoine, est-ce que ça s'est aussi bien passé qu'on le dit, alors, finalement, entre Benjamin Netanyahou et
09:07Donald Trump ?
09:09– Écoutez, si on en croit le média Axios, qui est toujours très bien informé, non, la conversation a été
09:17extrêmement tendue, extrêmement houleuse.
09:19Le ton est monté, il y a eu des insultes.
09:21Qu'est-ce que tu fous ? T'es devenu complètement cinglé.
09:24Voilà notamment ce que Donald Trump aurait lancé à Benjamin Netanyahou.
09:27Alors, ce coup de sang de Donald Trump s'explique d'abord par le fait qu'à la Maison-Blanche,
09:31depuis plusieurs semaines, on considère que Netanyahou est devenu incontrôlable
09:36et que son opération au Liban risque de faire capoter toutes les discussions avec les Iraniens.
09:41Et ça, Trump ne le supporte pas.
09:43Trump veut absolument un accord avec Téhéran.
09:46Il veut se sortir au plus vite de ce bourbier iranien.
09:49Ce qui est intéressant, c'est que quelqu'un à la Maison-Blanche a fait fuiter cette conversation dans les
09:53médias.
09:54Et ça, c'est une façon, eh bien, pour Donald Trump de montrer que c'est lui le patron,
09:58que c'est lui qui a les cartes en main et qu'il ne se laissera rien dicter
10:03et certainement pas dicter le tempo par les Israéliens.
10:07En même temps, on voit à travers cette conversation que Donald Trump est nerveux
10:12et quelque part qu'il est fébrile.
10:14Et ça, ça n'est pas forcément très bon pour lui.
10:16Ça montre qu'il n'est pas en position de force complètement dans les négociations,
10:21contrairement à ce qu'il affirme.
10:22En fait, ça montre que le chantage iranien a fonctionné.
10:25On rappelle que ce coup de fil a été déclenché par la menace des Iraniens
10:29de se retirer des négociations si Israël menait une opération à Beyrouth.
10:35Et c'est donc pour ça que Donald Trump a décroché son téléphone
10:37pour enguirlander Benjamin Netanyahou.
10:40Donald Trump qui n'a peut-être pas toutes les cartes en main
10:44et qui a réagi sous la pression des Iraniens.
10:49Merci Antoine Nelard.
10:50Simplement, quand même, je voudrais revenir sur cette conversation
10:53parce qu'elle est assez étonnante, relatée toujours par Axio, ce média américain.
10:57Voilà ce que dit Trump à son ami Netanyahou.
11:00Tout le monde déteste Israël.
11:03Vous êtes complètement fou.
11:04Vous seriez en prison sans moi.
11:06Ça veut dire quoi, ça ?
11:07Alors, le côté fou furieux, ça passe dans une conversation entre copains, comme vous dites.
11:13Le côté « tu serais en prison sans moi », il lui rappelle qu'il est intervenu
11:15auprès du président israélien Isaac Herzog pour obtenir une sorte de grâce présidentielle
11:20en considérant que toutes ces affaires de corruption, ce n'est pas bien grave.
11:23Mais à mes yeux, l'élément le plus important, c'est quand il pointe
11:26l'impopularité grandissante d'Israël aux États-Unis et dans l'ensemble du monde.
11:31Aux États-Unis, un sondage galop publié par le Financial Times a montré
11:34que le pourcentage d'Américains qui sympathisent avec les Palestiniens
11:38est aujourd'hui plus élevé que celui des Américains qui sympathisent avec Israël.
11:43Cela aurait été impensable il y a 20 ans.
11:46Donc, il y a eu un basculement, pas seulement chez les démocrates,
11:48mais aussi chez les républicains.
11:50Netanyahou doit prendre cela en compte et tous les Israéliens,
11:53y compris les ministres que citait Ulysse, qui disent qu'il faut dire non à Trump,
11:57Israël est un État extrêmement dépendant des États-Unis.
12:00Depuis 48, 300 milliards de dollars américains à Israël
12:04et 52 vétos au Conseil de sécurité des Nations Unies pour protéger Israël.
12:08Donc, si les États-Unis décident un jour de lâcher Israël,
12:11Israël ne survivrait pas longtemps.
12:13C'est un État fragile dépendant d'un État client.
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