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  • il y a 10 heures
Un décryptage de l’actualité internationale présenté par Gauthier Le Bret le mercredi à 21h et par Olivier de Keranflec’h le dimanche à 16h : #LHeureInter 

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Transcription
00:30Bon, très bien. On va donc commencer par Benyamin Netanyahou et Donald Trump, puisque visiblement rien ne va plus entre
00:37les deux hommes lors d'un coup de téléphone révélé par les médias américains.
00:41Vous êtes complètement fou, tout le monde vous déteste maintenant. Voilà ce qu'aurait dit Donald Trump, furieux, contre Benyamin
00:47Netanyahou.
00:48Le président américain a vivement fustigé l'incursion israélienne au Liban alors que le chef d'État hébreu avait menacé
00:54de frapper Beyrouth.
00:55Si le Hezbollah ne cessait pas ses attaques, vous êtes complètement fou. Tout le monde vous déteste maintenant, tout le
01:00monde déteste Israël.
01:01Voilà ce qu'a dit le président américain et il l'a confirmé auprès de différents médias.
01:05Comment on peut analyser cette relation qui prend une nouvelle tournure entre le président américain et le premier ministre israélien
01:11?
01:11On voit les efforts de Donald Trump de trouver une sortie de ce conflit, une sortie où il peut avoir
01:20les points importants pour lui, victorieux.
01:22Et en même temps, on voit aussi Israël qui continue avec ses objectifs.
01:26Et souvenez-vous que pour l'Iran, un des points plus importants pour laisser cesser le feu déjà, c'était
01:33laisser cesser le feu au Liban.
01:35Et comme Israël continue, ça montre à quel point ses objectifs.
01:41Les Américains et les Israéliens, aujourd'hui, ne sont pas très alliés.
01:44Et donc, je pense que c'est quelque chose qui était prévisible à un moment.
01:48Donc, Israël, avec ses actions, peut influencer les résultats de ces négociations.
01:54Parce qu'Iran a menacé, en fait.
01:55Ils sont dit, par rapport à tous les cas, c'est des agences iraniens qui sont dit que s'il
02:01n'y a pas un cesser le feu au Liban,
02:02on ne continue pas à négocier avec les Américains.
02:05Donc, on peut comprendre aussi que pour Donald Trump, c'est important de monter qui est le patron.
02:10Parce que sans les États-Unis, Israël ne pourrait pas amener une guerre contre l'Iran.
02:14Ces frappes, c'était avec les Américains.
02:15Et aujourd'hui, Donald Trump a besoin qu'Israël suit aussi la même voie, à mon avis.
02:21Henri Guénaud, comment vous analysez cette relation qui se tend entre Tel Aviv et Washington ?
02:27C'était assez prévisible et assez logique.
02:30Puisque dès le départ, les deux n'ont pas les mêmes objectifs.
02:34Enfin, il y en a un qui a des objectifs très précis.
02:36Alors, on peut comprendre que pour les Israéliens, la question iranienne est une question qui peut être jugée vitale.
02:46Mais pour Donald Trump, ce n'était pas du tout le cas.
02:49Si on prête du crédit à ce qu'a révélé la presse américaine à propos de la rencontre entre Netanyahou
02:59et Trump,
03:01au tout début, où Netanyahou aurait convaincu Donald Trump que cette guerre allait durer quelques jours,
03:07une fois que les responsables iraniens seraient exécutés,
03:13on voit bien que dès le départ, il y a un vrai problème.
03:18Maintenant, je crois que ça a été dit et redit,
03:21Donald Trump veut sortir de cette histoire.
03:25Je ne sais pas s'il y arrivera parce que, voilà, si la tension remonte entre l'Iran et les
03:33pays du Golfe,
03:34sur fond en plus de crise au Liban,
03:38il est clair que Donald Trump va avoir un peu de mal à se dégager de cette situation,
03:45alors que les Iraniens se sentent en position relativement de force dans cette affaire.
03:49Je pense qu'on va y revenir.
03:53Voilà, donc ça ne peut que se tendre à partir du moment où le gouvernement israélien ne se met plus
04:00de limites.
04:01Ce qui se passe au Liban est depuis déjà des semaines assez inacceptable pour la communauté internationale.
04:10Une fois de plus, le peuple libanais est pris en otage.
04:16Une fois de plus, il est martyrisé.
04:17Une fois de plus, il paye d'un prix très très élevé le conflit entre le Hezbollah et Israël.
04:29Donc, voilà, il y a un moment où on sent bien que là, on commence à atteindre une limite.
04:34Il y a déjà eu Gaza, maintenant il y a le Liban.
04:37L'affaire libanaise, elle va être extrêmement difficile à assumer pour Donald Trump
04:43et à pousser encore plus loin pour Netanyahou.
04:47Voilà, je pense que là, Donald Trump, il n'a plus de marge de manœuvre politique pour tolérer ça.
04:56Et en plus, ça l'empêche d'avancer dans les négociations avec l'Iran.
05:00Écoutez donc Benyamin Netanyahou qui est revenu sur cet échange téléphonique musclé avec Donald Trump.
05:06Il nous arrive parfois, comme dans toutes les bonnes familles, d'avoir des divergences d'opinion sur la marche à
05:10suivre.
05:11Nous trouvons toujours le moyen de les régler.
05:13Et nous le faisons en tant que grands amis.
05:15Nous pouvons être en désaccord le matin et dès l'après-midi, nous agissons de concert.
05:20Arnaud, que est-ce que vous pensez de cette relation qui prend un nouveau tournant entre Trump et Netanyahou ?
05:25D'abord, je ne pense pas qu'elle prenne un nouveau tournant.
05:28Je rappelle quand même que s'il n'y avait pas les tirs du Hezbollah sur le nord d'Israël,
05:34qui oblige une partie de la population à aller vers le sud et à courir aux abris toutes les nuits
05:42ou toutes les cinq minutes,
05:43il n'y aurait pas de tir de représailles sur le Liban.
05:45Ensuite, historiquement, les dissensions entre les États-Unis et Israël ont toujours existé.
05:51Elles ont existé en 1956 lors de l'affaire de Suez avec les Américains, avec les Anglais et les Français,
05:58quand les États-Unis ont fait pression pour que Israël et les Français et les Anglais se retirent du canal
06:05de Suez.
06:06Elles ont existé en 1967.
06:08Elles ont existé aussi en 1973, quand Israël aurait pu aller jusqu'au Caire
06:12et quand les Américains ont imposé qu'Israël s'arrête au kilomètre 101,
06:17Kissinger l'a imposé.
06:18Ils l'ont imposé aussi de ne pas tirer de tirs de représailles quand Saddam Hussein bombardait Israël en 1991.
06:26C'était aussi en 2002 lors de la deuxième intifada.
06:29Donc, les États-Unis voient le monde selon leurs intérêts et le voient le monde globalement
06:35et demandent à Israël, ce qui est tout à fait normal aussi,
06:38parce que parfois les Israéliens sont ingrats,
06:41de voir aussi les intérêts des États-Unis.
06:45Et Israël, disons, je ne vais pas dire obéi,
06:48mais disons, se montre plus complaisant avec les intérêts américains,
06:54ce qui est tout à fait normal.
06:57Il boule.
06:59On va vous répondre, mais Arnaud, quand vous dites que ce n'est pas un tournant,
07:01c'est quand même la première fois qu'on a des insultes de Trump envers les Israéliens.
07:04Vous êtes complètement fou, tout le monde vous déteste maintenant, tout le monde déteste Israël.
07:07D'accord, mais ça, ce sont des insultes.
07:09C'est quand même un fait nouveau.
07:10Ce sont des insultes, non, qui sont tout à fait,
07:12qui arrivent très souvent dans les conversations sans doute entre Netanyahou et Trump,
07:16qui se connaissent sans doute depuis les années 80,
07:18quand Netanyahou était représentant d'Israël à l'ONU.
07:24Je l'ai connu, Netanyahou, quand il travaillait,
07:26ou sa femme travaillait chez le Ronald Lauder.
07:30Donc, ils se connaissent depuis très longtemps,
07:32et ils peuvent se parler comme ils se parlent ainsi.
07:34Il y a une alliance qui est très forte, stratégique et idéologique
07:38entre les États-Unis et Israël,
07:40et une grande partie des sénateurs américains soutient Israël.
07:45D'ailleurs, il n'y a pas grand-chose qui a changé.
07:47Israël a toujours le droit de répliquer contre les tirs du Hezbollah,
07:53et si le Hezbollah tire sur Israël,
07:57Israël a le droit de répliquer sur le Darier,
08:00qui est la banlieue sud de Beyrouth.
08:03Mais Israël n'a pas le droit de répliquer sur Beyrouth,
08:07ou sur le sud de Beyrouth, le fief du Hezbollah,
08:10si le Hezbollah tire sur le sud du Liban.
08:13Xenia, qu'est-ce que vous pensez de cette conversation ?
08:16Je pense, là où je rejoins Arnaud Clarsfeld,
08:19je pense que c'est possible que Trump se permette de parler comme ça à Netanyahou.
08:23Je pense que, quand même, ça énerve beaucoup Donald Trump,
08:27parce que, comme je dis, il cherche une sortie de ce conflit,
08:31et si Israël ne joue pas par les règles de jeu avec Donald Trump,
08:35ça sera beaucoup plus compliqué pour lui.
08:37Est-ce que ça va complètement rupturer, si on peut dire ça,
08:42l'alliance entre les États-Unis et Israël ?
08:44Je ne pense pas.
08:45Je pense qu'ils vont rester alliés, et c'est sûr que...
08:47Et Israël a besoin des États-Unis, c'est le seul allié qu'ils ont au monde.
08:52Est-ce qu'Israël va écouter Trump ?
08:54Est-ce qu'Israël va arrêter avec le Liban suite à ce coup de téléphone ?
08:58Je pense qu'Israël sera obligé d'écouter,
09:00parce qu'à un moment, il ne peut pas amener une guerre contre Iran toute seule.
09:04Sur l'Iran, oui, ils arrêtent.
09:06Mais sur le Liban, non.
09:08Il est possible qu'il ne va pas écouter Trump, mais il va faire un peu moins...
09:11Si le Hezbollah tire sur Israël, ce qui est normal quand même.
09:15Henri Guineau.
09:16Alors, je ne crois pas que ça remette en cause l'alliance entre Israël et les États-Unis,
09:21ça c'est sûr.
09:22Ni d'un côté ni de l'autre, aucun des protagonistes ne peut aller jusque-là,
09:29a fortiori les Israéliens, parce que, comme ça a été très bien dit,
09:33le seul allié d'Israël, le seul véritable allié d'Israël, ce sont les États-Unis.
09:39Et ils ont tout à fait les moyens d'empêcher Israël de poursuivre,
09:46que ça soit en Iran, même au Liban.
09:48S'ils arrêtent de fournir des armes, s'ils arrêtent de fournir des renseignements,
09:54s'ils prennent des sanctions, même des sanctions économiques...
09:58Et puis l'appui diplomatique aussi.
10:00Donc, de toute façon, à la fin, Israël, d'une manière ou d'une autre,
10:06se rangera à l'opinion américaine.
10:09Après, les mots de Donald Trump n'ont pas été des mots publics non plus.
10:14Mais il l'a confirmé ensuite, publiquement.
10:16Oui, mais on sait aussi comment il parle, comment il parle à tout le monde.
10:21Bon, ça, ce n'est pas d'une gravité extrême.
10:24Ce qui est certain, c'est que ça se tend, et que ça ne pourra pas continuer comme ça très
10:29longtemps.
10:30Et pour vous, Benjamin Netanyahou va écouter Trump sur le Liban ou il va continuer ?
10:33Ce n'est pas qu'il va écouter, c'est qu'il sera bien obligé à un moment donné.
10:35Il sera obligé.
10:36Tout dépendra de la pression que met Trump, mais on voit bien que Trump, là, il est acculé.
10:43Donc, il va durcir le ton, voilà.
10:46Et il y a un moment où il sera obligé de dire, bon, ça s'arrête là, voilà, c'est
10:49terminé.
10:50Et ce qu'essaie de faire Netanyahou, c'est de faire durer le plus longtemps possible.
10:55Alors, peut-être qu'il va essayer de baisser en intensité pour essayer de calmer Donald Trump,
11:00mais cette guerre, elle conduisait fatalement, un, à un échec des Israéliens et des Américains contre l'Iran,
11:08et deuxièmement, à des tensions croissantes avant d'arriver à l'issue de ce conflit entre Israël et les États
11:14-Unis,
11:15puisqu'ils n'avaient pas le même but ni le même intérêt.
11:19Encore une fois, c'est existentiel pour Israël.
11:23En tout cas, c'est comme ça qu'ils le ressentent.
11:26Ça n'est pas existentiel pour les États-Unis.
11:29Donc, les États-Unis, ils ont beaucoup d'intérêts dans cette région et dans le monde
11:34qui dépassent les intérêts israéliens.
11:37Et même dans cette région, ils ont de très, très grands intérêts avec les pays du Golfe.
11:43Et les pays du Golfe, ils ne sont pas toujours d'accord avec Israël.
11:47Donc, à un moment donné, les Américains, eux, ils peuvent peser le pour et le contre,
11:53leur intérêt de faire plaisir aux uns ou aux autres, de protéger les uns ou les autres,
11:57tandis que les Israéliens, eux, ils ont juste l'objectif de survivre,
12:04de continuer à défendre l'existence de l'État d'Israël.
12:07Est-ce que c'est la meilleure façon de défendre l'existence de l'État d'Israël ?
12:11Personnellement, j'en doute fort.
12:13Je pense que Netanyahou, de toute façon, en n'ayant plus de limites,
12:18ne rend pas service à l'État d'Israël et n'œuvre pas en réalité pour sa survie.
12:25Parce que personne ne peut survivre indéfiniment dans un océan de haine.
12:29Voilà, je pense que c'est...
12:30Oui, mais enfin, l'océan de haine, il est là parce que certains pays arabes...
12:34Mais ce n'est pas le sujet.
12:34Non, mais d'accord.
12:35Mais alors, il y a un choix, soit ne rien faire et être détruit,
12:40soit faire et susciter la haine.
12:42Donc, tant qu'il n'y aura pas, dans le Moyen-Orient, une acceptation du fait
12:48que les Juifs ont le droit à un État au milieu du Moyen-Orient,
12:52au milieu de 22 pays arabes, eh bien, il y aura cette situation
12:56où il y a un changement.
12:57Alors, dans ces conditions, les Juifs auraient pu aller sur un coin de banquise
13:01ou au Birobidjan, en Union soviétique.
13:04Mais les racines du peuple juif sont en Israël.
13:09Donc, ils sont dans cet endroit et ils se défendent.
13:13Très bien, ils se défendent.
13:14À ce moment-là, ils vont assumer les conséquences
13:16de la façon dont ils se défendent en ce moment.
13:19Et on verra bien.
13:20Je pense que ça ne profitera pas à Israël.
13:23C'est que c'est contre-productif pour Israël.
13:25Et d'autre part, encore une fois, Israël...
13:27La force d'Israël, jusqu'à présent, c'était sa force morale.
13:32C'était la culpabilité de l'Occident à cause de la Shoah.
13:35Si Israël abîme, plutôt, le gouvernement israélien,
13:39parce que je pense que ce n'est pas l'avis de tous les Israéliens,
13:43si le gouvernement israélien abîme ces fondements moraux d'Israël,
13:47Israël perd énormément et se met en danger.
13:51Parce que le jour où le monde entier finit par ne plus soutenir Israël,
13:55Israël...
13:56Le monde entier n'a pas soutenu Israël,
13:58puisque le monde entier, dans une résolution de l'ONU,
14:02a, disons, décidé que le sionisme était une forme de racisme en 1975
14:08et qu'Israël est le pays le plus condamné de toute la communauté internationale.
14:13Donc, le seul soutien, c'est le soutien américain.
14:16Non, mais ce n'est pas vrai.
14:17Il y a des accords entre l'Europe et Israël, etc.
14:21Donc, je ne sais pas, je veux dire, Israël n'est pas tout seul sur la scène internationale,
14:26même s'il n'a qu'un allié.
14:27Le seul soutien réel...
14:28Il n'a qu'un allié, qui sont les États-Unis.
14:30Mais les autres vivent avec lui.
14:32Vivent avec lui, lui fournissent...
14:34Enfin, commercent avec lui, lui fournissent parfois des armes, des pièces détachées, des...
14:39Bon, voilà, donc, jusqu'à présent, Israël, malgré tout, il y a eu des tensions.
14:45Voilà, il y a eu des tensions au moment de la guerre des Six Jours.
14:48On se souvient très bien de la position du gouvernement français.
14:51Mais pendant la guerre de 1973, alors qu'Israël était en danger, disons, d'être détruit,
14:57quand les chars syriens arrivaient, quand l'armée égyptienne arrivait vers le sud,
15:02la France interdisait aux avions américains qui amenaient du matériel militaire
15:07et pour Israël, pour se défendre, de se poser.
15:09Donc, Israël, dans des temps durs, ne peut compter que sur les États-Unis.
15:12Oui, ça, ça a été une consente de la politique française.
15:17Normalement, quand elle n'est pas partie prenante dans un conflit,
15:19interdit la livraison d'armes aux belligérants.
15:21Alors là, c'était pas une sanction contre Israël.
15:26Mais ce que je veux dire, c'est que...
15:28Même aux États-Unis, même parmi la communauté juive aux États-Unis,
15:33il y a aujourd'hui des gens qui ne peuvent plus assumer la politique d'Israël.
15:39Voilà.
15:39Donc, ça, c'est un fait.
15:41C'est un fait dont les Israéliens, enfin, le gouvernement israélien,
15:44c'est un fait qu'il doit prendre en compte.
15:47Non, mais ce que Donald Trump a dit, que maintenant, Israël a détesté,
15:50c'est un peu vrai, parce que l'image d'Israël, à mon avis,
15:53dans la communauté internationale, a beaucoup changé depuis Gaza
15:56et encore plus depuis cette guerre en Néron.
15:59Et avec l'Iban, c'est dramatique ce qui se passe aujourd'hui à l'Iban,
16:03où les gens sont obligés de passer la nuit à la plage
16:07parce qu'ils ont peur des bombardements, tout ça, ça ne joue pas.
16:10Et après, il y a des élections, la mid-terms pour Donald Trump,
16:12c'est pour ça qu'il a besoin de sortir de ses conflits avec une victoire.
16:16Et là aussi, les élections en Israël, si je ne me trompe pas,
16:19en mois d'octobre, qui sont importantes et essentielles pour Netanyahou.
16:21Et c'est vrai qu'il y a beaucoup en Israël, en tous les cas, ce que je vois,
16:27qui ne partagent pas nécessairement la politique de Netanyahou aujourd'hui.
16:31Alors, puisque vous avez la parole, vous allez la garder,
16:33puisque Donald Trump a dit qu'il aimerait rencontrer le guide suprême iranien,
16:38donc Mosh Taba Ramenei.
16:40Comment on peut analyser ce souhait de Donald Trump ?
16:43Où pourrait-ce faire une telle rencontre ?
16:45Dans quel pays ? Avec quel but derrière ?
16:48Je pense que déjà, c'est une façon de dire que Donald Trump est prêt
16:52de continuer les négociations, qu'il accepte l'existence de Ramenei.
16:57Après, je ne pense pas que Ramenei veut vraiment rencontrer Donald Trump,
17:01parce qu'il se trouve dans cette situation où il est aujourd'hui,
17:04à cause des frappes américaines.
17:06Donc, on ne sait pas exactement s'il est vraiment gravement blessé,
17:12s'il peut parler, mais jusqu'à maintenant, si je ne me trompe pas,
17:14il n'était pas encore vu à la télé.
17:17Mais je pense que c'est un message plutôt.
17:20Mais après, il ne faut pas oublier que ces négociations sont menées
17:24dans une forme de manque de confiance énorme,
17:26parce que chaque fois qu'il y a eu des négociations avec les Iraniens,
17:29juste après, les Américains et les Israéliens sont frappés.
17:33Et comme avec Ramenei, c'est compliqué pour moi de me jeûner,
17:37c'est un rendez-vous, parce que déjà, son père a été éliminé par les frappes,
17:42donc c'est toute une partie de famille, en fait.
17:46Donc, c'est plutôt, je pense, une façon de communiquer,
17:50la volonté de négocier, mais je ne pense pas que c'est valable.
17:54Henri Guédo, c'est vrai qu'une rencontre guide suprême,
17:56président des États-Unis, ça paraît assez improbable, quand même.
17:59Oui, ça paraît assez improbable.
18:00Moi, je ne sais pas dans quel état de santé non plus est le guide suprême.
18:02Oui, il aurait été très affecté par les frappes le visant.
18:05Non, qui visait son père.
18:07Oui, mais même lui aussi.
18:08Lui était là, enfin, il n'était pas dans la même pièce,
18:10mais apparemment, il a été blessé à ce moment-là.
18:14Donc, voilà, on n'en sait pas beaucoup plus.
18:17Mais ça veut dire quelque chose, quand même.
18:18Ça veut dire que, maintenant, Donald Trump trouve légitime,
18:24normal de discuter avec le régime.
18:27C'est une reconnaissance du régime, en fait.
18:30Parce que ce n'est plus des émissaires qui se rencontrent à l'étranger.
18:36En faisant cette proposition, même si elle n'aboutit pas,
18:43il reconnaît le régime iranien.
18:46Je vous rappelle qu'au tout début de cette guerre,
18:48il avait, contrairement à ce qu'on entend parfois sur les plateaux,
18:51il avait fixé comme but la chute.
18:57Maintenant, on m'explique que ce n'était pas vrai,
18:58ce n'était pas tout à fait ça, en fait.
19:00Si, si, si.
19:01Un des premiers objectifs qui a été...
19:02Et plus personne ne parle de la chute du régime.
19:04Mais non, personne n'en parle.
19:06Et maintenant, on est passé à un stade supérieur.
19:09Alors, je sais bien qu'avec Donald Trump,
19:11on n'est jamais à l'abri d'un retournement
19:13ou de deux ou trois retournements de suite.
19:15Mais quand même, voilà, c'est aujourd'hui,
19:17il reconnaît la légitimité de ce régime,
19:20il reconnaît le régime, puisqu'il dit,
19:22je veux parler, pas à des subordonnés,
19:26même pas au président iranien.
19:28Mais au guide suprême.
19:30Et est-ce que vous pensez qu'il avait vraiment la volonté
19:31de faire tomber le régime ou que c'était un leurre,
19:33comme au Venezuela ?
19:34Non, je pense qu'il a cru.
19:36Alors, est-ce que c'est sous l'influence de Netanyahou
19:38ou est-ce que c'est parce qu'il avait en tête
19:41l'exemple du Venezuela ?
19:43Je crois qu'il a vraiment cru qu'une fois que le régime
19:46serait décapité, il allait tomber.
19:48Voilà, c'est assez américain, sauf que là, il semble quand même
19:54que ses services de renseignement et les militaires américains
19:57l'aient prévenu que ça ne se passerait sûrement pas comme ça.
19:59Mais je crois qu'il a cru ou voulu croire que ça allait se passer
20:04comme au Venezuela.
20:05Je rappelle qu'au Venezuela, le régime n'est pas tombé.
20:07C'est pour ça que je dis ça.
20:08Le régime n'est pas tombé.
20:10Et ce n'était vraiment pas l'objectif de faire tomber le régime.
20:12Mais il a, on ne sait pas quel a été l'objectif initial,
20:15mais en tout cas, il s'est senti tout puissant
20:18puisqu'il a réussi à créer un régime à lui
20:23en changeant, en arrêtant le président.
20:28Mais là, je crois qu'il y avait, il y a eu ce sentiment
20:32parce que c'était aussi ce que tout le monde disait,
20:34même sur les plateaux, au tout début,
20:36quand on disait, vous savez, on ne sait pas
20:41quels sont vraiment les soutiens du régime,
20:42quelle est la situation intérieure,
20:44ni de quel stock d'armement il dispose.
20:47Et vous regardez déjà de travers,
20:49en disant, vous êtes pour les mots-là ?
20:51Non, moi, je ne suis pas pour les mots-là.
20:53Mais il était évident aussi,
20:56on le sait par expérience,
20:58qu'on ne renverse pas un régime de ce genre
21:04dans un pays qui plusait de 90 millions d'habitants
21:06aux deux tiers montagneux,
21:08si on ne va pas sur le terrain.
21:10Et on savait depuis le départ
21:12qu'il était quasiment impossible pour Donald Trump
21:14d'envoyer des troupes sur le terrain
21:16parce que l'opinion publique américaine ne le veut pas,
21:18parce qu'elle a le souvenir du Vietnam,
21:20de l'Afghanistan, de l'Irak, etc.
21:22Donc, elle ne veut pas.
21:23Donc, à partir du moment où vous ne pouvez pas
21:26mener la guerre jusqu'au bout,
21:29et que vous allez devoir vous arrêter en cours de route,
21:34vous savez que puisqu'on ne pouvait pas le renverser sans ça,
21:38il ne serait pas renversé.
21:39Alors, il vous dit qu'il légitime le régime des Mollahs,
21:42et au même moment,
21:43Benjamin Netanyahou dit
21:44ce régime terroriste est voué à disparaître.
21:46Écoutez-le.
22:01Et il a ajouté que l'Iran jouait avec le feu
22:06après l'attaque contre le Koweït.
22:07Est-ce que c'est un nouveau désaccord
22:09entre Trump et Netanyahou ?
22:11L'un qui légitime le régime,
22:12comme le dit Henri Guéno,
22:13en voulant parler avec le Gute Suprême,
22:14l'autre qui souhaite que ce régime terroriste disparaisse du monde ?
22:17C'est bien normal qu'Israël veuille que le régime disparaisse,
22:21puisque le régime a voué la perte d'Israël
22:23et ne changera pas.
22:26Trump essaye de se tirer de l'embarras dans lequel il est
22:31en essayant de trouver un deal
22:33qui est impossible pour les Iraniens,
22:36puisque les Iraniens ne veulent pas signer le deal.
22:39Mais en même temps, Trump ne s'en va pas.
22:42C'est-à-dire qu'il ne signe pas un mauvais deal pour l'instant.
22:45Il reste sur place et il tient bon sur, disons,
22:48ces demandes que l'Iran s'engage à ne pas avoir l'arme nucléaire
22:54et donne des garanties.
22:55Et il ne dit pas que les fonds gelés ne seront plus gelés, etc.
23:01Il aurait pu se sortir de l'embarras dans lequel il est
23:07facilement en signant un mauvais deal.
23:10Enfin, beaucoup de sénateurs républicains lui auraient reproché.
23:13Il aurait perdu les élections aussi.
23:16Et adieu aussi sa statue sur le mont Rochemort
23:19qu'il espère avoir.
23:22Donc, il est dans une situation difficile.
23:24Mais il semble garder quand même son sang-froid
23:27en ne s'enfuyant pas devant le danger.
23:30Quant au régime des Molas, il y a des blaireaux
23:36qui sont des blaireaux sans peur devant le lion
23:39et qui avancent devant le lion et tout ça.
23:42Mais le lion est beaucoup plus fort.
23:44Et au bout d'un moment, le lion aura assez.
23:46Je regarde beaucoup de reportages animaliers, c'est pour ça.
23:49Le lion, s'il s'attaque au blaireau,
23:53le blaireau finira par disparaître.
23:57Le lion prendra peut-être des morsures,
23:59mais le blaireau finira par disparaître.
24:02Et les Etats-Unis sont bien plus puissants
24:04que le régime iranien.
24:07Vous faites réagir comme à chaque fois Henri Guéno,
24:08Arnaud Barsfeld ?
24:09Non, c'est un blaireau qui a beaucoup de défense quand même.
24:14Oui, tous les blaireaux ont beaucoup de défense.
24:17Moi, je ne sais pas ce qui se passera.
24:19Ce que je sais, c'est que cette guerre-là
24:23ne conduira pas à la chute du régime.
24:26Peut-être qu'après la guerre,
24:27le régime aura des problèmes avec la population iranienne.
24:30Pour l'instant, je n'en sais rien.
24:31On n'en sait rien.
24:32Peut-être qu'il s'écroulera de lui-même.
24:34Mais en tout cas, cette guerre-là
24:37ne conduira pas à sa chute
24:38puisque de toute façon,
24:41Trump ne peut pas aller au bout de la guerre.
24:43Encore une fois, il peut bombarder,
24:46il peut raser.
24:47Très bien, mais vous ne rasez pas un pays comme ça
24:50qui en plus s'est enterré depuis plus de 40 ans.
24:53Donc, voilà, on le sait maintenant
24:56que ça ne peut pas se passer de cette façon.
24:59Mais les Iraniens sont prudents.
25:00Ils ont bombardé le Koweït.
25:01Ils n'ont pas bombardé Israël.
25:02Oui, mais parce que stratégiquement,
25:06c'est beaucoup plus efficace pour eux
25:07de bombarder le Koweït.
25:09Ils n'ont aucun intérêt à bombarder Israël.
25:10C'est-à-dire que le régime islamiste
25:12a bombardé des musulmans
25:13et il n'a pas bombardé des musulmans.
25:15Mais non, mais c'est leur intérêt.
25:17C'est leur intérêt.
25:18Voilà.
25:19C'est leur intérêt parce qu'ils savent très bien
25:21qu'ils prennent une position là
25:26qui est très forte dans la guerre.
25:28C'est d'abord parce que ça met les Américains
25:30en difficulté,
25:31parce que ça montre que les Américains
25:32n'arrivent pas à protéger leurs alliés.
25:34Ils n'arrivent pas à les protéger.
25:36Et d'autre part, ils savent que les alliés en question,
25:39ils vont faire pression.
25:40Sur les Américains.
25:41Sur les Américains.
25:42Sur une bonne partie du monde aussi
25:44puisque le monde entier
25:45est un peu entre leurs mains aujourd'hui.
25:47Il y a plus personne qui ne parle
25:48de la chute du régime des Mollahs
25:50et Trump est même en train de les légitimer
25:52en vouloir rencontrer le guide suprême.
25:54Plus personne ne parle effectivement.
25:56Sur certains plateaux, c'était fait.
25:58Le régime allait tomber.
25:59C'était terminé de la dictature islamiste des Mollahs.
26:02C'est ce qui s'appelle une réussite.
26:03Je pense que c'est que dans notre émission à nous,
26:07on a douté que le régime va tomber.
26:09Je pense qu'il y a eu vraiment beaucoup d'opinions
26:13qui s'attendent.
26:14Mais l'Iran, c'est un pays avec un pouvoir décentralisé
26:18qui s'est préparé pour cette situation
26:21depuis très, très longtemps,
26:23qui se trouve sous sanction depuis très longtemps,
26:25qui est bien armé aussi.
26:27Même aujourd'hui, si ça reprend,
26:30les États-Unis seront obligés,
26:33comme un guéno-adis,
26:34d'aller sur le terrain pour faire quelque chose,
26:37pour changer les régimes.
26:38Mais ça va durer, durer, durer, longtemps.
26:40Et ce n'est pas du tout ce que les États-Unis veulent.
26:42Et pardon, je ne réponds pas directement à votre question,
26:45mais je pense qu'il faut regarder ça un peu en grand contexte.
26:50Les États-Unis ont déjà été à Afghanistan.
26:5320 ans après, le Taliban est toujours à pouvoir.
26:56Les États-Unis sont retirés.
26:58Irak, ce n'est pas une vraie réussite, on peut dire.
27:00On regarde où les États-Unis ont commencé les guerres.
27:03Ce n'était pas exactement une victoire.
27:06Donc aujourd'hui, pour Donald Trump,
27:07je pense que l'idée, c'est de devenir cette présidente
27:10qui finisse les guerres,
27:12qui s'accupe de sa propre population,
27:14qui fait le nettoyage à l'intérieur,
27:18qui change les choses qui ne les plaisent pas
27:20et ne les plaisent pas en grande partie des Américains.
27:22Et il se trouve aujourd'hui
27:23combattre pour les intérêts israéliens.
27:26Parce que finalement, ce qu'on attend aujourd'hui,
27:29c'est que c'est une guerre.
27:31Netanyah dit depuis très longtemps
27:32qu'Iran est près d'avoir une bombe nucléaire.
27:35Mais c'est une guerre pour ne pas laisser l'Iran
27:38d'avoir une guerre nucléaire.
27:39Finalement, ce n'est pas la protection du peuple iranien.
27:42C'est exactement ça.
27:43Et je pense que Donald Trump, aujourd'hui,
27:45a mal à justifier ses actions auprès de sa propre population,
27:49surtout avant le mid-terms.
27:51Alors, on va passer à la guerre en...
27:53Un mot de conclusion,
27:53parce que je veux vraiment qu'on passe à la guerre
27:54en Russie et l'Ukraine.
27:56Parce que c'est un vrai sujet.
27:58Aucun des deux ne peut perdre la face.
28:00Donc, c'est forcément compliqué.
28:03Aucun des deux ne peut perdre la face.
28:04Et aucun des deux ne peut être écrasé,
28:06en tout cas dans l'immédiate
28:08et dans le cadre de cette guerre.
28:09À partir de ce moment-là,
28:10c'est évidemment compliqué.
28:12Mais tous les deux ont intérêt à s'en extraire.
28:15Et celui qui a le plus intérêt
28:17et le plus rapidement à s'en extraire,
28:19c'est Donald Trump.
28:20Voilà, le problème,
28:23il se pose de cette façon.
28:25Mais il a du mal à trouver la porte de sortie.
28:26Mais c'est normal,
28:27puisque c'est comme le jour
28:29où on voudra vraiment sortir de l'Ukraine
28:31et de la Russie.
28:32Alors, parlons-en.
28:33Il y a un moment où c'est...
28:36À partir du moment
28:36où personne ne peut perdre,
28:40à partir de ce moment-là,
28:41il faut faire des concessions,
28:43mais personne ne peut
28:45accepter de perdre la face.
28:47Ça n'est pas possible.
28:48Henri Guénaud,
28:48la guerre entre la Russie et l'Ukraine.
28:50Et on va parler de toutes les informations,
28:52notamment de ce qui s'est passé
28:53à Saint-Pétersbourg.
28:56Les drômes ukrainiens
28:57frappent Saint-Pétersbourg
28:58avant le Davos russe
28:59auquel doit participer Vladimir Poutine,
29:01c'est-à-dire dans les colonnes du Figaro.
29:02Des sites énergétiques et militaires
29:04à Saint-Pétersbourg
29:05ont été atteints mercredi matin.
29:06Ce matin, à quelques heures
29:08de l'ouverture du traditionnel forum économique
29:10où des délégations américaines et allemandes
29:11seront de retour.
29:13Et puis, également un bus.
29:14Sept morts dans une frappe
29:15de drones ukrainiens
29:17sur un bus reliant Moscou
29:18à la Crimée,
29:19annexée par la Russie.
29:20Une frappe de drones ukrainiens
29:21sur un bus reliant Moscou
29:23à la Crimée, annexée,
29:24fait sept morts.
29:24Selon le ministère russe de la Défense,
29:27354 drones ukrainiens
29:28ont été abattus au cours de la nuit
29:30de mardi à mercredi
29:31au-dessus de la Russie.
29:31C'est également à lire
29:32dans les colonnes du Figaro.
29:34Et ça fait suite à au moins 21 morts
29:36dans un raid massif de la Russie
29:38contre l'Ukraine.
29:39Ce qui a fait dire à Volodymyr Zelensky
29:40qu'il y a eu une attaque massive
29:42il y a juste un jour.
29:42Nous avons répondu en conséquence.
29:44Ils doivent savoir que
29:45s'ils utilisent des drones
29:46et des missiles contre nous,
29:47nous ferons de même.
29:48Donc, il y a l'attaque à Saint-Pétersbourg,
29:51l'attaque contre le bus
29:52qui a fait sept morts,
29:53je le disais,
29:54Xenia Federova,
29:55et Volodymyr Zelensky
29:56qui dit que c'est une réplique
29:57aux 21 morts ukrainiens
29:58dans un raid massif de la Russie.
30:00Oui, le fait que Zelensky cible
30:04Saint-Pétersbourg
30:05au jour des forums économiques,
30:07ce qui est un grand forum économique
30:09pour la Russie.
30:10C'est un peu comme Davos, par exemple.
30:13Et avec les délégations étrangères,
30:15c'est plutôt une façon
30:17de communication,
30:18une façon de dire
30:20à ses sponsors
30:21que l'Ukraine peut faire les frappes.
30:24et le fait que c'est peut-être aussi
30:28pour laisser les médias occidentaux européens
30:31parler d'humiliation
30:32parce que les drones n'étaient pas abattus.
30:35Mais est-ce que ça change vraiment
30:37la situation sur les tyrans
30:39dans cette guerre,
30:39l'évolution de cette guerre ?
30:40Je ne pense pas.
30:41Je pense que c'est plutôt
30:42pour ne pas disparaître,
30:44de continuer de demander aux Etats-Unis
30:46de fournir les patriotes
30:48qui sont complètement nécessaires
30:49pour qu'ils puissent se protéger.
30:50sur les bus.
30:52Mais là, je ne vais pas faire
30:53trop de commentaires.
30:54Je pense que cibler en bus
30:56des civils,
30:57beaucoup de blessés,
30:587 morts, comme vous dites,
30:59mais il faut vérifier
31:00si ce n'est pas plus,
31:01c'est quand même extraordinaire.
31:03C'est dramatique.
31:05Je pense qu'on peut cibler
31:08les sites militaires,
31:09on peut cibler
31:11même les dépôts d'armement,
31:13mais cibler en bus
31:14qui fait un trajet vers Crimée,
31:15je pense que c'est inacceptable.
31:18Henri Guénaud,
31:18on a ces situations,
31:20effectivement,
31:20l'attaque sur Saint-Pétersbourg,
31:22le bus,
31:22c'est Lensky qui explique
31:23que c'est une réplique
31:24aux 21 morts ukrainiens.
31:26Oui, ça, il peut toujours
31:27expliquer ça.
31:28Après tout,
31:29oui, on reçoit des missiles,
31:31on en voit,
31:32on reçoit des drones,
31:32on en voit.
31:34Si on prend un peu de recul,
31:35on constate quand même une chose,
31:36c'est que,
31:37comme toute guerre,
31:39elle est soumise
31:39à un processus d'escalade.
31:41Et cette escalade,
31:42elle continue
31:43et elle prend quand même
31:45une tournure
31:45qui n'est pas rassurante.
31:47parce qu'il y a un moment
31:49où, d'un côté ou de l'autre,
31:50il y a un moment
31:51où ça peut totalement dégénérer.
31:56À partir du moment
31:57où le conflit
31:59commence à se dérouler
32:01sur le sol russe,
32:04on ne sait plus
32:05ce qui peut arriver.
32:06Voilà,
32:07on ne sait plus
32:07ce qui peut arriver
32:08puisque,
32:10alors l'un aura du mal
32:11à être vaincu
32:12parce qu'il est soutenu
32:13par tous les Européens,
32:15les Occidentaux,
32:16etc.
32:17Mais la Russie
32:19ne peut pas admettre
32:21non plus
32:21que son territoire
32:23soit visé,
32:24que des civils
32:26commencent à payer
32:28le prix de cette guerre.
32:29Je laisse de côté
32:30tout jugement moral
32:31dans cette affaire.
32:33Le problème,
32:33parce que la vraie morale
32:34de cette affaire,
32:35c'est qu'il faut
32:35que cette guerre
32:36s'achève
32:37comme la guerre en Iran.
32:38c'est la seule façon
32:42d'arrêter
32:45l'engrenage
32:45dans lequel
32:46on se trouve
32:47et qui tous les jours
32:48tue des gens
32:48d'un côté
32:49comme de l'autre.
32:49Voilà,
32:50donc tout ce qui fait
32:51durer la guerre
32:52est immorale.
32:53Tout ce qui permettrait
32:54de l'arrêter
32:57est une forme
32:58de moralité
32:59et n'en déplaise
33:00à tous les vingt-en-guerre
33:01d'Europe et d'ailleurs.
33:03Et là,
33:04je trouve que
33:05chaque jour,
33:06en fait,
33:06on franchit
33:08un monde d'un cran
33:09et moi,
33:10je ne sais pas
33:10ce qui se passe
33:11au cran suivant.
33:12Parce que tout le monde
33:13devrait y réfléchir
33:14au lieu de faire
33:15des déclarations
33:16indignées de part
33:17et d'autre.
33:21C'était la fin
33:21de votre phrase,
33:22vous m'avez surpris.
33:23Arnaud Klarsfeld.
33:23Non, parce que je vous voyais
33:24désigner Arnaud.
33:25Non, non, pas du tout
33:25parce qu'il faisait du bruit
33:26avec son stylo
33:27et c'est tout.
33:28Arnaud Klarsfeld.
33:29Suite donc...
33:30Je me suis tu.
33:31Très bien.
33:32Comment on va bien ?
33:33Non, pas très bien,
33:34mais c'est vrai
33:34que ça arrive suffisamment
33:35rarement.
33:36On va donner la parole
33:37à Arnaud Klarsfeld.
33:38Arnaud.
33:39Je ne peux répéter
33:41que ce que je dis
33:41depuis 2022,
33:42c'est-à-dire que cette guerre
33:43était quand même aussi
33:44un échec de la diplomatie
33:45européenne
33:46qui n'a pas pu
33:47empêcher son déclenchement
33:49alors qu'elle avait
33:50les gens compétents
33:51pour trouver
33:52une solution raisonnable
33:53pour les disputes
33:56entre les Ukrainiens
33:57et les Russes
33:59et ça aurait dû être trouvé
34:00une solution respectable
34:01et honorable
34:02pour les deux
34:03aurait dû être trouvée.
34:05La Russie a envahi
34:06l'Ukraine
34:07contrairement aux droits
34:08internationaux
34:09mais l'Ukraine
34:09a aussi des torts.
34:11Elle a bâti
34:12une partie
34:12de son identité
34:14contre...
34:15en démolissant
34:17les monuments
34:20commémorant
34:21la victoire
34:21sur le nazisme
34:23par les soviétiques,
34:25en honorant
34:26des gens
34:26qui avaient combattu
34:27avec les troupes nazies
34:29et en voulant
34:32accueillir
34:33l'OTAN
34:33donc ça a déclenché
34:35la fureur
34:36de Poutine
34:38qui a sans doute
34:39a cru aussi
34:39qu'il pouvait
34:40finir la guerre
34:42rapidement
34:42ce n'a pas été le cas
34:44maintenant que la guerre
34:45est enclenchée
34:47c'est vraiment
34:48ça fait mal au cœur
34:49quand on ne voit plus
34:51mais quand on voyait
34:52ces images
34:52de jeunes
34:53Ukrainiens
34:54ou Russes
34:55les mains au ciel
34:57quand le drone
34:57allait tomber sur eux
34:58et priant
35:00pour que le drone
35:01ait un instant de pitié
35:02on avait vraiment
35:03les larmes aux yeux
35:04et les deux
35:05les combattants
35:06à la fois Russes
35:07et Ukrainiens
35:08se battent
35:08valeureusement
35:09mais il faut vraiment
35:11trouver une solution
35:12de compromis
35:13et c'est vraiment
35:14aux Européens
35:15de se battre
35:16parce que
35:17si la guerre
35:18comme le dit
35:19Henri
35:20et bien
35:21se transforme
35:24en guerre mondiale
35:25c'est le continent
35:26européen
35:26qui sera dévasté
35:27il a été déjà
35:28dévasté
35:29par deux guerres mondiales
35:31qui ont scellé
35:31disons
35:32la puissance européenne
35:34il y a un siècle
35:35la France
35:36et la Grande-Bretagne
35:37étaient les deux pays
35:38les plus puissants
35:39aujourd'hui
35:40ce n'est plus
35:42le cas
35:42malheureusement
35:43vous me faites penser
35:43à ce qu'avait dit
35:44Donald Trump
35:44en revenant à la Maison Blanche
35:45très vite
35:46qu'on lui avait montré
35:47des images
35:47de la guerre
35:48et qu'il trouvait ça
35:49épouvantable
35:50parce que c'est des jeunes
35:50de 20 ans
35:51qui meurent
35:52des deux côtés
35:52et c'est pour ça
35:53en voyant ces images
35:54qu'il voulait mettre
35:55fin le plus rapidement
35:56possible au conflit
35:57écoutez juste
35:57le porte-parole
35:58du Kremlin
36:02Je tiens à vous rappeler
36:03la déclaration
36:04du ministère
36:05des affaires étrangères
36:06selon laquelle
36:07nos réponses
36:07seront systématiques
36:09ce qui est déjà le cas
36:12c'est le premier point
36:17concernant ces frappes
36:18la gestion
36:19de la situation
36:19relève
36:20des autorités régionales
36:21et du ministère
36:22de la défense
36:28mais je peux tout de même
36:29vous affirmer
36:30qu'une opération
36:31militaire spéciale
36:32est en cours
36:33afin d'empêcher
36:34que de telles frappes
36:35ne se reproduisent
36:38voilà pour la réponse russe
36:39et la réponse ukrainienne
36:40donc de Volodymyr Zelensky
36:43nous répondons aux attaques
36:45contre l'Ukraine
36:45j'estime qu'il s'agit
36:49de frappes justes
36:51ils ont attaqué
36:52il y a eu une attaque massive
36:56nous avons répondu en conséquence
36:59mais regardez
37:00nous frappons exclusivement
37:02des raffineries de pétrole
37:03ou des cibles militaires
37:04des cibles légitimes
37:06c'est ce que fait l'Ukraine
37:08ils doivent savoir
37:09que s'ils utilisent
37:10des drones
37:11et des missiles
37:11contre nous
37:12nous ferons de même
37:14et ce n'est qu'une question
37:15de temps
37:15avant que nous puissions
37:16augmenter l'intensité
37:17de nos ripostes
37:21qui fait référence
37:22aux 21 morts
37:23côté ukrainien
37:24ni le collège
37:26à Starobelsk
37:27avec les adolescentes
37:29qui étaient frappées
37:29par l'Ukraine
37:30ce n'était pas
37:30une cible militaire
37:31ni le bus
37:32de quoi on parle
37:33Mince et Maman
37:34ce n'était pas
37:35une cible militaire
37:35excusez-moi
37:36mais pour revenir
37:37un peu
37:38sur les racines
37:39de ces conflits
37:40souvenez-vous
37:41que Donald Trump
37:42et Vladimir Poutine
37:43à Alaska
37:43ils ont parlé beaucoup
37:45ils ont trouvé
37:45un certain point
37:46où ils peuvent
37:48aller vers
37:48la paix
37:49et un de ces points
37:50c'était
37:50de regarder
37:53les racines
37:54de ces conflits
37:55parce que
37:55comment tout ça
37:56a commencé
37:56je ne vais pas
37:57arrêter de dire
37:58cette guerre
37:59évidemment
37:59pour toute
38:00le parti
38:01du monde occidental
38:02a commencé
38:03en 2022
38:03mais la vérité
38:04c'est que ça a commencé
38:05beaucoup plus avant
38:06il y a eu des années
38:07où Kiev a bombardé
38:08les régions de Donbass
38:09avec des milliers
38:10de morts
38:11c'était quand
38:12après 2014
38:13cette guerre
38:13qui était préparée
38:15par les Etats-Unis
38:16le rôle des Etats-Unis
38:17il ne faut pas
38:18les sous-estimer
38:18ils sont venus
38:20sur les tyrans
38:21pardon
38:21le Maïdan
38:22Victoria Nuland
38:24était là
38:25Lindsey Graham
38:26je pense
38:27c'était là
38:28le sénateur américain
38:29qui a dit
38:30jusqu'à dernier
38:30ukrainien
38:31cette guerre
38:32jusqu'à dernier
38:33ukrainien
38:34le sénateur
38:35McCain aussi
38:36donc il ne faut pas
38:37oublier
38:37que cette guerre
38:38était préparée
38:39les régions
38:40de Donbass
38:41roussophones
38:41s'est sentie
38:43menacée
38:44parce que
38:45le nouveau pouvoir
38:47de Kiev
38:48était ouvertement
38:51roussophobe
38:52en fait
38:52et cette guerre
38:54entre les ukrainiens
38:56et les ukrainiens
38:56on peut dire
38:57les ukrainiens
38:58roussophones
38:59et Kiev
39:00s'est prolongée
39:01pendant des années
39:02il y a eu
39:03des accords
39:03des Minsk
39:04qui n'étaient pas
39:04respectés
39:05il y a eu
39:06Anguil Amir
39:06qui est François-Land
39:07qui sont participés
39:08dans les formats
39:09avec Vladimir Poutine
39:10et Zelensky
39:11et c'est Anguil Amir
39:13et François-Land
39:14qui sont dit
39:15finalement
39:15que les accords
39:16des Minsk
39:16étaient utilisés
39:17pour gagner le temps
39:18pour armer
39:19les ukrainiens
39:20pour une guerre
39:20avec la Russie
39:21donc tout ça
39:22il ne faut pas
39:23ça ne peut pas
39:24être oublié
39:25parce que ces régions
39:26ont déjà souffert
39:27beaucoup
39:27avant 2022
39:28et on se trouve
39:30aujourd'hui
39:30dans une guerre
39:31on peut dire
39:33vraiment
39:33dramatique
39:34et tragique
39:35pour les peuples russes
39:35et pour les peuples ukrainiens
39:37parce que c'est
39:38un peuple
39:38qui est très proche
39:39et on a beaucoup
39:41parmi nous
39:42par les Russes
39:43qui ont des familles
39:43par exemple
39:44en Ukraine
39:44et ça c'est quelque chose
39:46qui nous brise le cœur
39:48ce qui nous étend aussi
39:50des côtés russes
39:51c'est qu'à notre avis
39:53l'Union Européenne
39:54fait tout
39:54pas pour arrêter
39:55cette guerre
39:56mais pour les prolonger
39:57en fait pour
39:58continuer à encourager
40:00Vladimir Zelensky
40:01avec des armements
40:02des saignements
40:02avec des financements
40:04de continuer
40:05de résister
40:06on dit
40:07et cette résistance
40:09ça coûte cher
40:10pas seulement
40:11un peuple russe
40:11mais aussi
40:12un peuple ukrainien
40:12Alors Xenia
40:13vous êtes victime
40:14d'une vaste campagne
40:16d'attaques
40:16depuis une quinzaine
40:18de jours
40:18qui a pris
40:20un tournant
40:21et une forme
40:21d'accélération
40:22notamment au niveau
40:24européen
40:25puisque Pascal Canfin
40:26député européen
40:26a tweeté aujourd'hui
40:28je m'associe
40:29avec une vingtaine
40:29de députés
40:30du groupe Rognon
40:30à Nathalie Loiseau
40:31pour demander
40:32que Xenia Fedorova
40:33soit placée
40:34sous sanctions européennes
40:35nous demandons
40:36à Ursula von der Leyen
40:36et Antonio Costa
40:37de la sanctionner
40:38au même titre
40:39que Ruchet Oudel a été
40:40la propagande de guerre russe
40:41n'a pas sa place
40:42dans notre espace médiatique
40:44et certains même
40:45qui ne parlent jamais
40:46de l'expulsion
40:47des autres UTF
40:48alors là vraiment
40:48ils ne parlent jamais
40:49d'immigration
40:49jamais d'expulsion
40:50pour les personnes
40:51qui sont en craque
40:52qui représentent un danger
40:53pour l'intégrité
40:54sur le territoire national
40:55pensent à vous expulser
40:57comment vous réagissez
40:58à toutes ces attaques ?
40:59Vous savez
41:00c'est quand même intéressant
41:02parce que
41:02tout ce que je dis
41:03sur les plateaux
41:04ce sont les faits
41:07vous savez
41:07je peux dire
41:08selon la Russie
41:09selon Vladimir Poutine
41:11c'est comme je dis
41:12selon Vladimir Zelensky
41:13ou Donald Trump
41:14c'est mon travail journalistique
41:16mais je suis russe
41:17et comme je suis russe
41:17chaque fois je parle
41:19de ces conflits
41:20ça dérange
41:20par exemple
41:21je parle de
41:22des corruptions en Ukraine
41:23et je pose des questions
41:25sur les audits
41:26où vont d'argent
41:27aux Ukrainiens
41:28et c'est détournement
41:30d'argent
41:31mais je pense
41:33que m'expulser
41:34pour mes paroles
41:35c'est quand même
41:38ça ressemble
41:39à la censure
41:39parce que
41:40si
41:42ce que je dis
41:43est si dangereux
41:44je ne pense pas
41:44que vraiment
41:46la France
41:46peut trouver
41:47les mots
41:47qui sont si dangereux
41:48pour les pays
41:49pour la France
41:50après les sanctions
41:51c'est une autre chose
41:52les sanctions européennes
41:53c'est quelque chose
41:54qui aujourd'hui
41:54est utilisé
41:55comme un instrument
41:56de censure
41:57et ce n'est pas seulement
41:58les sanctions
41:59contre les entreprises
42:00par exemple
42:00le complexe militaire industriel
42:02les entreprises
42:03qui participent
42:04dans cette guerre
42:04c'est aussi
42:05contre les chaînes
42:06contre les journalistes
42:07par exemple
42:08l'Arte France
42:08la chaîne
42:09qui était fermée
42:11par l'Union Européenne
42:13en 2023
42:14sanctionnée
42:15en 2022
42:15en 2023
42:16avec une centaine
42:17de journalistes français
42:18vous avez aussi
42:19les personnalités
42:20français
42:21suisses
42:22qui étaient censurées
42:23à cause de leur position
42:25la façon
42:26comment elles sont couverts
42:27ce conflit ukrainien
42:28donc aujourd'hui
42:29je me trouve aussi
42:31menacée
42:32d'être sanctionnée
42:33pour les choses
42:34que je dis
42:35par rapport
42:35en revanche
42:36par exemple
42:37si je dis quelque chose
42:38qui n'était pas vrai
42:41par exemple
42:41il y a l'air comme
42:42à regarder
42:45si mes paroles
42:46n'étaient justes ou pas
42:47mais les sanctions européennes
42:48elles permettent
42:49de sanctionner
42:50sans aucune investigation
42:51et c'est ça
42:52en fait aujourd'hui
42:53le nouvel outil
42:54de la censure
42:55Henri Guéno
42:56comment vous réagissez
42:57aux attaques
42:57contre Xenia
42:58ceux qui veulent son expulsion
42:59d'autres qui veulent
43:00des sanctions
43:01à l'échelle européenne
43:02alors je vais remettre ça
43:03dans un
43:04si vous permettez
43:05si j'ai quelques minutes
43:06oui
43:06d'abord toute cette
43:08cette polémique
43:10ne
43:12provoque chez moi
43:13un sentiment
43:13de honte
43:14voilà
43:15c'est
43:16il m'est arrivé
43:17d'avoir des désaccords
43:18avec des
43:20avec le pouvoir
43:21celui-là
43:21ou les précédents
43:24
43:25moi je commence
43:26à avoir honte
43:26de ceux
43:27qui représentent mon pays
43:28voilà
43:28c'est ma première réaction
43:30d'abord
43:31si il y a quelque chose
43:32si on doit discuter
43:34du cas de Xenia
43:36ça se discute
43:37en France
43:37voilà
43:38c'est-à-dire
43:38je ne vois pas pourquoi
43:39même s'ils sont députés
43:41européens
43:41ces gens-là
43:43que je préfère
43:44ne pas considérer
43:44comme mes représentants
43:46en appel à
43:47madame von der Leyen
43:48deuxièmement
43:48je ne vois pas très bien
43:49quelles sont les compétences
43:50de madame von der Leyen
43:51mais je me trompe peut-être
43:53pour décréter une sanction
43:54ça doit être une décision
43:55du conseil européen
43:57si mes souvenirs
43:58sur les traités européens
44:00sont exacts
44:01voilà
44:01donc
44:01et
44:02je ne comprendrais pas
44:05que la France
44:05se joigne
44:07à une telle
44:08sanction
44:08que nous ayons un débat
44:10national
44:11sur
44:11le fait de savoir
44:13si Poutine
44:13est un monstre
44:14et s'il a tort
44:15ou si
44:16Zelensky
44:17est corrompu
44:19et s'il a raison
44:20je veux dire
44:21très bien
44:22mais d'abord
44:23nous avons le droit
44:24d'avoir ce débat
44:25voilà
44:26bon
44:27moi je suis
44:28je ne suis pas rémunéré
44:29par Vladimir Poutine
44:30je ne suis pas le représentant
44:32du gouvernement
44:33russe
44:34je ne suis pas rémunéré
44:36non plus
44:37par
44:37par ces news
44:38je parle librement
44:40j'ai une opinion
44:40sur cette guerre
44:41que j'exprime librement
44:43j'entends pouvoir
44:43l'exprimer
44:44et j'entends que tout le monde
44:45puisse l'exprimer
44:46moi j'ai subi sur des plateaux
44:47aussi
44:48les assauts énervés
44:49que je pouvais comprendre
44:52de représentants
44:54enfin d'Ukrainien
44:55d'Ukrainienne
44:55je peux comprendre
44:56quand vous avez des bombes
44:57qui tombent sur la tête
44:59de votre famille
44:59vous pouvez être énervé
45:00mais ça ne me serait jamais venu
45:02à l'idée
45:03de demander
45:04est-ce qu'on les expulse
45:05parce que
45:06comme certains d'un jour
45:07ont traité mon pays
45:08la France
45:09de pays de collabos
45:11enfin vous voyez
45:11je veux dire
45:12on a
45:12bon il faut
45:13il faut se calmer
45:15il faut arrêter
45:15de répondre
45:16aux débats politiques
45:18et aux débats publics
45:19quand on n'est pas d'accord
45:21toujours avec
45:21avec des sanctions judiciaires
45:24avec des tribunaux
45:24avec des commissaires européens
45:26etc
45:27parce que
45:27sinon il n'y a plus
45:28de démocratie possible
45:29voilà
45:29et alors
45:30je continue un instant
45:32parce que
45:32ça ne concerne pas
45:33que Xenia
45:34cette polémique
45:37vous avez vu
45:38le sort
45:38qu'on a réservé
45:41à Annie Gennevar
45:43qui je voudrais témoigner
45:45aujourd'hui d'ailleurs
45:45de mon amitié
45:47elle a dîné
45:50invité
45:51par quelqu'un
45:52pas par elle-même
45:54je crois que c'était
45:56c'était monsieur Bolloré
45:57qui avait organisé
45:58ce dîner
45:59pour son
46:01nouveau think tank
46:01dans une pièce
46:03où il y avait 100 personnes
46:04dont Xenia
46:05par conséquent
46:06ça a justifié
46:07pour un certain nombre
46:08de gens
46:08de demander
46:09la démission
46:10de Annie Gennevar
46:10un candidat
46:11à la présidentielle
46:12a demandé des explications
46:13au premier ministre
46:14bon
46:15vous vous rendez compte
46:16enfin
46:16je
46:17on est chez les fous
46:19voilà
46:20en tout cas
46:20moi ça c'est
46:21c'est pas mon pays
46:22et je ne suis pas décidé
46:23à accepter
46:24ce genre d'attitude
46:26et à ne rien dire
46:28ça n'est pas
46:29pensable
46:29Arnaud
46:30je pense qu'en donnant
46:31le point de vue
46:32son point de vue
46:33qui est un point de vue
46:34subjectif
46:34de ce que pense
46:35une grande majorité
46:36des russes
46:37elle éclaire
46:38le public français
46:39moi aussi je donne
46:40le point de vue
46:40des israéliens
46:41finalement c'est un point
46:43de vue subjectif
46:45elle ne dit pas
46:46que Poutine
46:47est un démocrate
46:47ce que Poutine
46:48démentirait lui-même
46:50mais elle n'incite pas
46:51à la haine
46:51contre les ukrainiens
46:53elle dit qu'il faut
46:54trouver un compromis
46:56elle rappelle
46:57certaines évidences
46:58historiques
46:59que j'ai rappelées
47:00aussi au tout début
47:01du conflit
47:02c'est-à-dire
47:02cette réhabilitation
47:04de personnes
47:05qui ont collaboré
47:06avec les nazis
47:07elle pointe aussi
47:08la corruption
47:10mais elle ne dit
47:11rien de dérogatoire
47:12sur la France
47:13elle ne dit rien
47:13de dérogatoire
47:14sur les français
47:15elle pointe
47:16c'est vrai
47:17une politique
47:18qui est contraire
47:19à ce qui est celle
47:20du ministère
47:21des affaires étrangères
47:22français
47:22mais moi aussi
47:23quand je critique
47:24quand je défends
47:26Israël
47:26ma position
47:27n'est pas celle
47:28du ministère
47:30des affaires étrangères
47:32français
47:32je crois qu'on est
47:33dans la patrie
47:34de la liberté
47:35d'expression
47:36et il faut montrer
47:37un peu de bienveillance
47:38et de compréhension
47:39voilà pour
47:40l'heure inter
47:41de 100% politique
47:42c'est pas de la bienveillance
47:43c'est un problème
47:44de principe
47:45c'est un problème
47:46de principe
47:46alors si je comprends bien
47:48je suis le seul
47:48à défendre
47:49un point de vue
47:49subjectif français
47:50mais dans cette histoire
47:51mais
47:52le seul français
47:53je peux
47:54moi j'assume
47:55mon désaccord
47:55avec le président
47:56de la république
47:56avec le ministre
47:57des affaires étrangères
47:58avec le premier ministre
47:59avec tous les vatanguers
48:00voilà
48:01et j'entends
48:02que tout le monde
48:03jouise de cette liberté
48:04en tout cas
48:05c'était un plaisir
48:06d'être avec vous trois
48:07ce soir
48:07pour l'heure inter
48:08de 100% politique
48:09et ça sera un plaisir
48:10de vous retrouver
48:10la semaine prochaine
48:11cher Xenia
48:12cher Arnaud
48:13et merci Henri Guénaud
48:14d'avoir été notre grand
48:15invité du soir
48:16tout de suite
48:16Mickaël Dorian
48:17pour le 22h08
48:18C News
48:19on se retrouve demain
48:20pour 100% Frontières
48:21très belle soirée
48:22sur C News
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