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  • il y a 5 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00Parce que ce qu'il faut suivre, vous savez, concernant cette guerre, ce sont les déclarations de Donald Trump.
00:04C'est le baromètre Trump, en fait.
00:06Et on va aller tout de suite aux États-Unis, retrouver Axel Monnier en direct pour BFMTV,
00:11parce qu'on a le détroit d'Hormuz qui reste bloqué,
00:13le président des États-Unis qui rejette la proposition iranienne,
00:17et du coup, Axel Monnier, il semble réfléchir à relancer son projet libération d'Hormuz,
00:23c'est-à-dire son projet liberté.
00:24– Exactement, il en avait parlé déjà ce week-end,
00:30et il le confie encore une fois à la chaîne Fox News ce matin,
00:34il veut relancer ce projet liberté.
00:36Il avait parlé ce week-end d'un projet liberté plus.
00:40Qu'est-ce que cela veut dire ?
00:41Il ne s'agirait pas seulement de guider les navires à travers le détroit d'Hormuz,
00:45c'est la seule précision que donne Donald Trump.
00:47Alors, faut-il s'attendre à une opération plus musclée, plus militarisée ?
00:51En tout cas, le président américain est persuadé que c'est la seule solution
00:53pour mettre la pression sur l'Iran.
00:56Il dit d'ailleurs dans ce même entretien un mot,
00:58« Je suis persuadé qu'ils vont finir par céder en parlant des Iraniens,
01:02mais lui qui voulait un accord avant de partir en Chine
01:05devra encore probablement patienter, puisque le départ est imminent.
01:09La rencontre doit commencer le 14 mai à Pékin. »
01:12– Voilà, Axel Monnier en direct de Washington pour BFM TV.
01:15– Patrick Sos, bonsoir.
01:16– Bonsoir à tous.
01:17– Le président Trump envisage donc de relancer ce projet Liberté,
01:21donc escorter les navires dans le détroit d'Hormuz,
01:24c'est-à-dire briser le blocus imposé par les Iraniens.
01:27Ça veut dire que la réponse iranienne à ces propositions de paix
01:34ne sont pas satisfaisantes.
01:35Qu'est-ce qui coince en fait ?
01:36Qu'est-ce qui déplaît au président américain ?
01:39– En fait, ce qui lui déplaît, c'est que depuis le jour 1,
01:42l'Iran n'a pas bougé d'un iota sur ses demandes.
01:46Et même le jour, moins 1, moins 2, moins 3.
01:49Enfin, si on remonte à presque 20 ans de diplomatie,
01:51on se retrouve avec les mêmes données du problème,
01:54plus le détroit d'Hormuz,
01:56qui est un problème qui n'existait pas avant cette guerre.
01:59Et d'ailleurs, on peut parler de ce projet Liberté.
02:03Donald Trump pourrait presque dire que ce n'est pas un échec,
02:05je dirais plutôt que ça n'a pas bien marché.
02:06Vous voyez, pour ne pas paraphraser un autre président.
02:10Au bout de 48 heures, il avait dû faire machine arrière.
02:13On le rappelle, on a beaucoup parlé des succès opérationnels
02:17à défaut de succès stratégiques pour les Américains.
02:19Là, il s'agissait véritablement d'un échec opérationnel.
02:22Au bout de 48 heures, menaces iraniennes, puis échanges de tirs,
02:26des navires commerciaux dont un Français qui ont été touchés.
02:29Et on a dû vraiment arrêter tout.
02:31Là, il parle de relancer le projet Liberté,
02:33avec, en disant, il parlait au correspondant de Fox News à la Maison Blanche,
02:38John Roberts, en disant,
02:39les navires, nos navires américains,
02:41ne seraient qu'une partie de ce nouveau dispositif.
02:44Qu'est-ce que ça veut dire ?
02:45Est-ce qu'il utiliserait également toute la séquence aérienne ?
02:51Il y a beaucoup parlé de la Space Force,
02:53également avec les images satellites.
02:56Mais c'est, je dirais, la martingale qu'il est en train de chercher,
02:59parce qu'il lui reste très peu de temps.
03:00Il lui reste 48 heures avant de partir en Chine.
03:03Ce sera une séquence...
03:04Qu'est-ce qu'il va obtenir avant d'aller en Chine, en fait ?
03:06Parce que, pourquoi...
03:07La sensation d'avoir...
03:08Les Iraniens...
03:08Vous dites que vous avez 47 ans qui font ça, les Iraniens.
03:11Pourquoi en 48 heures, tout d'un coup...
03:12En fait, dans la guerre internationale,
03:14c'est au moins donner le sentiment qu'il a repris la main.
03:18Il a beaucoup parlé du début du blocus naval américain
03:20en disant, ça y est, là, il a trouvé cette fameuse martingale.
03:24Ça n'a pas duré, parce qu'on est en train de prolonger cette séquence.
03:28Je le rappelle, 40 jours de guerre,
03:29et là, on est déjà à 33, 34 jours de cessez-le-feu.
03:32On est dans une situation de ni paix ni guerre
03:34depuis quasiment autant de temps que la séquence d'avant.
03:37Et donc, il cherche au moins à donner l'impression
03:40qu'il arrive en position de force à Pékin.
03:42– Donc, les Iraniens continuent de faire tourner en bourrique Donald Trump.
03:45Jean-Jacques Roche, bonsoir.
03:46– Bonsoir, tout à fait.
03:48Et depuis 73 jours ou 74 jours,
03:51on avait appris un petit peu le Trump.
03:54On connaissait un petit peu mieux sa manière de s'exprimer,
03:57tout en majuscule dans ses tweets,
04:00avec une emphase certaine, grandiloquence,
04:03et des menaces qui allaient détruire une civilisation millénaire.
04:08Là, ce que je note, c'est le « j'envisage ».
04:10Ce n'est pas du Trump.
04:13Le Trump d'hier aurait dit,
04:15« On va reprendre les bombardements, j'envisage ».
04:19– Ils sont paumés dans la stratégie, en fait ?
04:21– On le savait, nous.
04:23Mais là, ce qui est nouveau,
04:24c'est que lui commence à en prendre conscience.
04:26– Oui, parce que par exemple, dans la même interview,
04:28il dit, « Moi, je considère très sérieusement,
04:30et pour le coup, il est beaucoup plus ferme,
04:32de faire du Venezuela le 51e État américain. »
04:36Et là, pour le coup, changement de discours,
04:38c'est quasiment fait selon lui.
04:40Et donc, lorsqu'il peut dire très fermement qu'il va le faire,
04:43il le fait, et ce n'est pas le cas pour l'Iran.
04:45– Néanmoins, il a compris que Hormuz,
04:47c'était la dernière arme des Iraniens.
04:49– Les Iraniens l'ont dit, c'est leur arme nucléaire,
04:53et c'est même plus efficace qu'une arme nucléaire,
04:55qui est une arme que l'on ne peut pas utiliser.
04:57C'est une arme de non-emploi.
04:59Alors qu'Hormuz, c'est une arme qui est effectivement employée,
05:02et le comble, c'est que c'est Trump qui a révélé aux Iraniens
05:06l'efficacité de cette arme.
05:08Alors, il faut bien voir que les Iraniens étaient…
05:11C'est une revendication de très longue date.
05:13Les Iraniens étaient signataires de la Convention de Montego Bay,
05:17mais avec une réserve sur le détroit d'Hormuz.
05:20Ils envisageaient de longue date d'exercer un contrôle,
05:23mais ils ne l'exerçaient pas, effectivement.
05:25Et là, les hostilités leur ont permis de réaliser cette envie.
05:29– Mais justement, puisqu'on parle du détroit d'Hormuz,
05:31on va aller au Qatar, retrouver Marie Roux en direct pour BFMTV,
05:34parce qu'on parle toujours de blocus,
05:38de centaines de navires qui font des ronds dans l'eau,
05:40mais il y en a quand même qui arrivent à passer, Marie.
05:42– Oui, exactement, trois pétroliers ont réussi à passer le détroit d'Hormuz
05:47ces derniers jours, selon l'agence de presse Reuters,
05:50des navires qui avaient coupé leurs transpondeurs,
05:53leur système de géolocalisation pour éviter d'être repérés,
05:56d'être pris pour cible par Téhéran.
05:58Deux navires ont réussi à passer ce dimanche,
06:00et à eux deux, ils transportaient 4 millions de barils de pétrole irakien.
06:04Et puis il y a le troisième navire qui lui avait réussi à passer le détroit d'Hormuz
06:08le 6 mai dernier, avec à son bord 2 millions de barils émiratifs.
06:12Enfin, l'information qui a retenu notre attention tout au long de la journée,
06:16c'est ce méthanier qui partait du Qatar pour aller au Pakistan,
06:19et donc qui passait par le détroit d'Hormuz,
06:21mais qui a décidé de faire demi-tour.
06:23On ignore encore pourquoi, mais cela interroge,
06:26car un méthanier qui faisait exactement le même trajet ce week-end,
06:29qui transportait du gaz naturel liquéfié,
06:31a réussi à passer le détroit d'Hormuz.
06:34Et pourquoi il a réussi ?
06:35Eh bien parce qu'il a eu un laissé-passer de Téhéran.
06:38Un geste de confiance, une marque d'apaisement envers deux pays,
06:41le Qatar et le Pakistan, qui jouent des rôles clés dans les négociations.
06:45Alors pourquoi ce méthanier n'a-t-il pas pu passer aujourd'hui ?
06:49Difficile à dire, mais l'Iran essaye d'afficher en tout cas
06:51qu'il reprend qu'il reste, qu'il a encore le contrôle sur le détroit d'Hormuz,
06:56alors que dans le même temps, le SENCOM,
06:58le commandement militaire américain au Moyen-Orient,
07:00a affirmé qu'ils avaient redirigé 62 navires
07:04et mis hors service, quatre navires depuis le début du blocus américain.
07:08Voilà, Marie Roux en direct du Doha au Qatar,
07:10avec Thomas Goutin pour BFM TV.
07:12L'Ovaridel, dans les discussions, il y a toujours ce point d'achoppement sur le nucléaire.
07:16D'ailleurs, Benyamin Netanyahou, dans une dernière interview,
07:19avait dit que le travail n'était pas terminé sur la question du nucléaire,
07:22que cette guerre, justement, devait continuer,
07:24parce qu'il va falloir retirer d'Iran les stocks d'uranium enrichis.
07:29Ça pose la question de ce qu'ils nous ont raconté au mois de juin.
07:32Au mois de juin, je vous rappelle que les deux parties avaient dit
07:34que ça y est, le programme iranien était terminé.
07:37Alors, quand même, des contestations de la part des services de renseignement américains,
07:41mais ça veut dire qu'on a quand même des chefs d'État qui nous mentent,
07:44en disant qu'on fait une offensive pour obitérer un programme,
07:47ça fonctionne, puis on recommence au mois de février, rappelez-vous,
07:51on nous a dit que ça y est, c'est bon, on a fait le maximum,
07:54il n'y a plus rien, il n'y a plus de problème, le problème, le régime,
07:58c'est le balistique, c'est autre chose, toujours pas.
08:00Je constate pour nos téléspectateurs que la question d'Israël vis-à-vis du programme nucléaire iranien,
08:06ce n'est pas de juin 2025, ce sont des différents attaques qui montent dès 2010,
08:11qui se sont arrêtées pendant la négociation sur le fameux JCPOA,
08:16où Israël a toujours été vent debout contre cette négociation,
08:19repris en 2018 avec, vous savez, cyberattaques sur les centrifugeuses,
08:27attaques sur les sites nucléaires, décapitations entre guillemets,
08:31donc assassinats commandés des scientifiques du programme nucléaire,
08:36donc on voit bien que la méthode militaire, pardon,
08:39de décevoir ceux qui pensent que ça fonctionne, ça ne fonctionne pas.
08:42Il faut aller vers une question politique, et la question politique de fond,
08:46moi, mon interrogation, c'est comment ça se fait que dès le début du conflit,
08:50Donald Trump n'est pas mis sur la table, la condition essentielle,
08:54c'est que les Iraniens arrêtent de dire fin d'Israël, fin des Juifs dans le monde,
08:59fin de la présence, vous savez, de l'existence iranienne dans la région,
09:03qui est le vrai problème de Benjamin Netanyahou qu'on peut comprendre.
09:06En mettant cette question de côté, on n'efface pas en fait cette capacité de menace,
09:11et là, on se retrouve, comme vous le dites, depuis le début de cette séquence,
09:15c'est qu'est-ce qu'ils veulent, qu'est-ce qu'ils ne veulent pas,
09:16ce qui est sur la table aujourd'hui, c'était la même chose au début des négociations,
09:22avant même l'offensive.
09:23Les Iraniens disent, nous, on veut conserver notre capacité d'enrichir,
09:26parce que du coup, c'est ce qu'ils ont gagné du retrait de 2018.
09:29Sauf qu'on ne sait toujours, on ne sait pas du tout où sont leurs installations,
09:32ce qu'il y a de bon ou pas.
09:33Mais ce qu'on sait, c'est qu'ils ont 60% d'enrichissement d'uranium enrichisse,
09:37ce qui n'était pas le cas en 2015, et ça, c'est le retrait américain,
09:40où on a des difficultés pour la partie américaine de dire,
09:42on s'est trompé, en réalité, on aurait dû rester dans cet accord,
09:45on n'aurait pas pu en être là aujourd'hui, sinon.
09:47On tourne en rond comme un tanker dans le détroit d'Hormuz, Benjamin Petrovert.
09:51Oui, on fait des ronds dans l'eau, en quelque sorte.
09:53Oui, mais on voit bien que depuis ce cessez-le-feu,
09:56il y a quelque chose d'assez étrange dans l'air,
09:58c'est-à-dire que Donald Trump, tous les trois jours, fait une proposition,
10:02dit, si dans 24 heures, ils ne me répondent pas, je vais déclencher les foudres.
10:05De l'autre côté, ne n'oubliez pas que la semaine dernière,
10:07les Iraniens ont tiré, notamment sur les Émirats,
10:10il n'y a pas eu de réponse américaine,
10:11comme si ce n'était pas suffisamment grave pour que la réponse soit faite.
10:15Autrement dit, on voit bien qu'il y a une fragilité de Donald Trump.
10:18Et de l'autre côté, on a eu la déclaration hier de Benjamin Netanyahou,
10:21sur CBS, que vous avez cité très justement, Olivier,
10:24qui déclairement que pour lui, cette guerre n'est pas terminée,
10:27il reste de l'uranouement richi,
10:28et il a même ajouté dans cette interview, et ça c'est intéressant,
10:31il a dit, on peut entrer physiquement.
10:34Et ajoute-t-il, Trump le veut aussi.
10:37Il ne faut pas oublier que les autres...
10:38Physiquement, ça veut dire quoi ? C'est des troupes au sol ?
10:40Alors, soit troupes au sol, soit c'est simplement
10:42pour aller chercher l'uranouement riche.
10:44Ça veut dire que ça veut dire...
10:45Oui, ça peut aussi dire...
10:47Ça veut dire des agences secrètes, ça peut être beaucoup de choses.
10:50Ce n'est pas la guerre en tant que terre...
10:51Oui, non, mais quand je dis troupes au sol,
10:52c'est-à-dire que les commandos pour aller chercher l'uranouement,
10:55et le récupérer.
10:56Mais en tout cas, ça dit quelque chose,
10:58parce que les deux hommes, ils changeaient énormément.
11:00Hier, Benjamin Netanyahou était à un colloque à la mer morte,
11:02il a été rappelé en urgence à Jérusalem en plein colloque,
11:05pour décrocher le téléphone, écouter Donald Trump,
11:08qui voulait lui parler, juste au moment où les Iraniens
11:11ont donné leurs réponses et leurs contre-propositions.
11:14Donc, il y a un après qui se prépare.
11:16On sent bien que Donald Trump veut reculer.
11:18Sans doute, il veut attendre d'abord la rencontre du 14 et du 15
11:22avec Xi Jinping.
11:23Et peut-être après, si ça ne lui plaît pas,
11:26repartiront au combat, qui sait ?
11:27– Alors, la réponse des Iraniens n'est plus à Donald Trump.
11:29Les Iraniens qui, aujourd'hui, se défendent.
11:30Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères
11:33dit « nos revendications ne sont pas excessives,
11:35on réclame des droits légitimes de l'Iran,
11:38c'est-à-dire mettre fin à la guerre,
11:39stopper la piraterie contre les navires,
11:42donc arrêter le blocus du blocus,
11:44la libération des avoirs iraniens,
11:46qui sont les avoirs du peuple. »
11:49Voilà.
11:49Donc, il se défend, il dit « non, notre réponse est tout à fait raisonnable ».
11:53– Évidemment, mais ça fait partie de ces échanges
11:55de communication polies entre Américains et Iraniens,
11:58des fois un peu moins polies.
11:59Sinon, ils ont réussi à faire quelque chose d'assez improbable,
12:01c'est qu'aujourd'hui, la libération du détroit d'Hormuz
12:04l'emporte sur les enjeux nucléaires.
12:06Et les Iraniens ont bien posé la question
12:09à telle enseigne que le ministre américain de l'Énergie
12:12reconnaît qu'il serait possible, effectivement,
12:15d'amorcer les négociations sur cet enjeu
12:17qui n'existait pas, évidemment, le 27 ou le 28 février dernier,
12:21et qu'on parlerait derrière de nucléaire
12:23dans un contexte où, quand même,
12:24les services de renseignement américains
12:26ont rappelé la semaine dernière assez justement
12:28qu'il y avait peut-être un an
12:30entre aujourd'hui et le moment
12:32où les Iraniens arriveront, arriveraient
12:34à confectionner, bricoler une première bombe atomique.
12:36Donc, il y a quelque chose comme une horloge,
12:38et pour autant, il est possible
12:39que la question du nucléaire soit mise de côté
12:42ponctuellement, le temps de s'entendre
12:43sur les droits d'Hormuz.
12:45Mais c'est un gain pour les Iraniens absolu.
12:49Alors, Trump le nie, catégoriquement,
12:51dit « non, non, non, c'est toujours au cœur
12:52de nos préoccupations, mais là-dessus,
12:54en tout cas, c'est pas... »
12:56Je dirais qu'il y a, publiquement,
12:58dans l'administration, des voies
13:00qui laissent entrevoir un autre chemin
13:02qui pourrait être de négocier sur le détroit.
13:03– Il y a des gens qui continuent d'être menaçants
13:05verbalement, de toute façon,
13:06au regard des États-Unis,
13:08et même des alliés de la Grande-Bretagne,
13:10de la France.
13:11– Effectivement, il y a sur les Émirats,
13:13c'est pas que verbalement,
13:14c'est qu'ils sont en train de montrer...
13:15– Ils ont frappé.
13:16– Ils gardent une capacité de frappe.
13:18– Exactement.
13:18Il y a un message très fort de la part des Iraniens,
13:20vous avez raison,
13:21qui est de dire « nous avons le contrôle du Détroit d'Hormuz
13:23et personne d'autre ».
13:25Et ce n'est pas que des paroles,
13:26pour le coup, il y a des actes.
13:27– Ça, par exemple, c'est un doigt d'honneur,
13:27c'est un doigt d'honneur franc et massif aux États-Unis.
13:31– Complètement, parce qu'au côté américain,
13:32on ne riposte pas.
13:32C'est aussi ça, la problématique aujourd'hui.
13:34– Mais pour la raison simple, c'est que...
13:35– C'est qu'il y a une retenue,
13:36pour ne pas déclencher officiellement une nouvelle guerre,
13:38mais de retouter les Iraniens.
13:38– Mais ça veut dire quoi ?
13:39Que les Iraniens poussent les Américains à refrapper ?
13:42– C'est de l'ordre de la provocation.
13:43– Parce que les Américains sont à comprendre
13:46que leur puissance militaire, à ce jour,
13:50n'a pas pu faire fléchir les Iraniens.
13:52Et s'il fallait qu'ils en remettent une couche
13:53et qu'encore une fois, on fasse la démonstration
13:55de ce qu'ils sont incapables,
13:57avec cette puissance combinée aux Israéliens,
13:58de faire avancer.
13:59C'est donc dire que le géant,
14:01je reviens à cette image,
14:02mais Gulliver est ligoté à la plage
14:03par les Lépussiens iraniens.
14:04– Rappelons d'où on partait avant cette offensive.
14:08On avait l'Iran, qui était un État sous sanction,
14:10avec des contestations populaires
14:12dont on voyait, on va dire,
14:13une forme de fragilité ou d'un régime bousculé.
14:18Et aujourd'hui, c'est une puissance
14:19qui s'installe sur le plan régional
14:21et qui prend, pas qui prend en otage,
14:23mais qui dit à ses voisins du Golfe,
14:25écoutez, vous avez bien vu que la crédibilité
14:27de votre para-américain
14:28ne vaut absolument rien.
14:30– Et qui coûte de plus en plus.
14:31– Voilà.
14:31Et ce que jouent aussi les États-Unis,
14:33on ne le dit pas,
14:34mais en fait, là, c'est l'Empire américain
14:35qui s'effondre.
14:36On nous a dit pendant des décennies
14:38que c'était des protecteurs,
14:40on va dire fiables, capables.
14:42Alors, des parapluies à l'OTAN,
14:43des parapluies dans le Golfe,
14:45tout ça, c'est rien du tout.
14:47Ce que les Iraniens ont marqué
14:48dans cet accord,
14:49et il faut le voir,
14:50le détroit d'Hormuz,
14:51c'est cette puissance,
14:53cet État dont tout le monde disait
14:54c'est un régime qui va tomber.
14:57C'est pour ça que cet offensif
14:58s'est inscrit dans cette période-là.
14:59Et qui se maintient aujourd'hui
15:01comme puissance régionale
15:02qui dit, vous ne pouvez pas tricher
15:03avec cette géographie,
15:04nous sommes là, nous sommes présents,
15:05et maintenant,
15:06nous avons une capacité de nuisance.
15:08Donc, on va parler de puissance à puissance.
15:09Et ils envoient deux messages
15:10aussi aux Français,
15:12aux Britanniques,
15:13qui font cette coalition.
15:14Et la partie, on va dire,
15:15européenne dit, attendez,
15:16ce conflit, ce n'est pas nous.
15:17On va vous laisser régler vos histoires.
15:18– Oui, Emmanuel Macron qui dit,
15:19voilà, attendez.
15:19– Et nous, on viendra,
15:21le moment venu,
15:22rediscuter sur cette question
15:23de Détroit-Dambouz
15:24parce qu'ils ont bien compris
15:25que ça va être un enjeu financier,
15:27économique et pas militaire.
15:29Donc, encore une fois,
15:29la diplomatie doit reprendre ses droits.
15:31– Et les Iraniens ont dit d'ailleurs
15:32aux Européens,
15:33restez loin de tout ça.
15:34– Oui, oui, oui.
15:34– En attendant,
15:35on a un portavion,
15:36on a un portavion,
15:37le Charles de Gaulle.
15:37Il est où, le Charles de Gaulle, alors ?
15:39– Il est désormais dans le Golfe d'Adènes.
15:41Donc, loin, pas tant que ça.
15:42Il est en train de se rapprocher.
15:44En fait, c'est au détour
15:44d'un message posté sur X
15:47il y a quelques minutes
15:48par Catherine Votrin,
15:53comment, au large, le Yémen
15:56et au milieu,
15:57un autre détroit extrêmement sensible,
15:59notamment lorsqu'il faut faire passer
16:01un groupe aéronaval,
16:02eh bien, le Charles de Gaulle,
16:04le portavion français
16:04et son groupe aéronaval
16:05ont passé Babel Mandeb.
16:07Ils sont donc du côté du Golfe d'Adènes.
16:09Alors, ce n'est pas une information.
16:11Ce qui va suivre,
16:12c'est plutôt mon intuition,
16:13c'est qu'il ne va pas rester
16:14au large du Yémen
16:15avec la menace outil.
16:16– Il va avancer encore ?
16:17– Il va avancer encore
16:18pour se mettre à l'abri sous…
16:20– On n'envisage quand même pas
16:21les outils se diriger
16:22et essayer d'attaquer
16:23le Charles de Gaulle quand même, quoi.
16:25– Et pourquoi pas ?
16:25– Pourquoi pas ?
16:26– Ah bah oui, oui,
16:27non mais attendez,
16:27la menace, elle est là.
16:29Enfin, la menace,
16:29quand on vous dit
16:30que l'Iran menace la France
16:31et dit à la France
16:33et à la Grande-Bretagne
16:33de rester en dehors de tout ça,
16:35l'Iran, on vous parle
16:36des proxys, des alliés,
16:37les outils se posent là.
16:39Mais c'est là qu'on rentre
16:40vraiment dans la complexité
16:41parce que vous avez
16:42deux informations
16:43qui arrivent
16:44de façon coquimitante
16:45pour les téléspectateurs,
16:46je comprends que c'est compliqué.
16:47– On voit sur l'antenne
16:48le trajet du Charles de Gaulle.
16:49– Voilà, c'est à peu près
16:50ce qu'il vient de faire,
16:51il est peut-être un petit peu avant
16:52mais en tout cas,
16:53il a passé du bouti.
16:54Vous avez certes,
16:55concomitamment,
16:56Donald Trump qui dit
16:57je vais relancer
16:58le Project Freedom,
16:59c'est-à-dire l'escorte
17:01navale des bateaux
17:03qui quitteront
17:03le golfe Persique
17:04et le Charles de Gaulle
17:05qui arrive sur zone.
17:06Et pourtant,
17:07il faut vraiment être
17:07extrêmement pédagogique,
17:09les deux opérations
17:10n'ont rien à voir.
17:11Je comprends
17:12que ce soit difficile
17:12à comprendre
17:13mais vous avez
17:14d'un côté
17:15une opération
17:16d'un belligérant
17:17celle qui est tenue
17:20et qui sera peut-être
17:21relancée par Donald Trump
17:22et vous avez,
17:23rappelons-le,
17:24ce qu'a dit Emmanuel Macron,
17:25c'est-à-dire le moment venu
17:26lorsqu'il y a eu
17:27un accord de paix
17:28mais que la méfiance
17:29sera encore grande
17:30et réciproque,
17:31là, il pourrait y avoir
17:32cette coalition
17:33qui va rentrer
17:34en œuvre
17:36dans le détroit d'Hermouz
17:37ou en tout cas
17:38dans les environs.
17:39– Jean-Jacques Roche,
17:39on a quand même du mal
17:40à comprendre
17:40la position française
17:41toujours très prudente
17:43voire craintive
17:44quand un bateau
17:46a été attaqué
17:48appartenant
17:48à un armateur
17:49français.
17:51Tout d'un coup,
17:52Emmanuel Macron dit
17:52non, attendez,
17:53ce n'est pas la France
17:53qui est visée.
17:54Là,
17:56les Iraniens menacent
17:57clairement
17:58la France
17:59et la Grande-Bretagne.
18:00Emmanuel Macron
18:01essaie de temporiser
18:02à chaque fois.
18:02Pourquoi cette position ?
18:03Je crois que, là,
18:05c'est tout à fait compréhensible
18:06et je crois que la position
18:07française est claire
18:09depuis le début.
18:10La France ne veut pas
18:11être partie prenante
18:12dans ce conflit.
18:13Elle n'a pas été consultée
18:14comme les autres alliés
18:17de l'OTAN.
18:18Les États-Unis
18:19se sont engagés
18:20seuls
18:20dans ce conflit.
18:21Le résultat,
18:22c'est que le détroit
18:23d'Hermouz
18:24est bloqué
18:24du fait
18:25de l'initiative
18:26des États-Unis.
18:27Sauf que le blocage
18:28des droits d'Hermouz
18:28nous impacte aussi.
18:29Nous impacte également.
18:30Mais nous ne pouvons pas,
18:33nous n'avons pas les moyens
18:34et nous ne souhaitons pas
18:35être une partie prenante
18:37au conflit.
18:38Inversement,
18:39ce que nous avons dit
18:40très clairement,
18:41enfin,
18:41ce que les Européens
18:42ont dit,
18:43c'est qu'une fois
18:44que le conflit
18:45est terminé,
18:46il y aura une négociation
18:47et pour faire respecter
18:49l'accord,
18:50si accord il y aura,
18:52il faudra une force
18:53d'interposition,
18:54une force navale.
18:54Et là,
18:55les Français ont pris
18:56cette initiative.
18:57Mais les Iraniens
18:58ont dit pas question.
18:59C'est eux qui ont
19:00donné la confusion.
19:02On est dans des escarmouches,
19:04on n'est pas
19:05dans l'épreuve de force.
19:06A savoir qu'aujourd'hui,
19:09on n'a pas l'apocalypse
19:11déclenchée par les États-Unis
19:12et les Iraniens
19:13ont cessé
19:14de tirer leurs missiles.
19:16Ce sont de simples escarmouches.
19:18On se mesure.
19:20On attend
19:21le rapport de force
19:22et là,
19:23c'est un message
19:24à destination des Français.
19:25il faut savoir
19:26qu'il y a des sanctions
19:27prises par les Européens
19:29à l'encontre de l'Iran.
19:31Et donc là,
19:31ces sanctions,
19:32les Iraniens sont en train
19:33de nous dire
19:34qu'ils rentreront en jeu
19:35au moment
19:36de la négociation.
19:37Mais du point de vue,
19:38les Émiriens,
19:38ce ne sont pas des escarmouches
19:39parce qu'ils ont été frappés
19:40assez rapidement.
19:41Oui, Stéphane,
19:42parce que tout à l'heure,
19:42vous avez abordé un point
19:43qui est important,
19:45c'est de savoir,
19:47connaître précisément
19:48le calendrier
19:48et les relations
19:49qu'entretiennent en ce moment
19:50sur ce calendrier
19:51Donald Trump
19:52et Benyamin Netanyahou.
19:53Justement,
19:54on va aller en Israël
19:55retrouver Clémence Renard
19:56en direct pour BFMTV
19:57parce que Benyamin Netanyahou
19:59propose au président américain
20:01justement
20:02une reprise,
20:03une reprise des frappes.
20:07Tout à fait,
20:07il lui a proposé un plan
20:09hier soir,
20:09un plan d'une à deux semaines
20:11qui est précis
20:11puisque Benyamin Netanyahou
20:13a plusieurs personnes
20:14dans son viseur,
20:15à commencer par le commandant
20:16en chef des gardiens
20:17de la révolution islamique
20:18ainsi que plusieurs autres
20:20hauts placés
20:21de cette unité.
20:22Donc effectivement,
20:23Benyamin Netanyahou
20:24a eu Donald Trump
20:25au téléphone hier soir
20:26et c'est lors de cet entretien
20:27téléphonique
20:28qu'il lui a proposé
20:29ce plan.
20:30Il faut rappeler
20:30qu'Israël plaide
20:31depuis le début du cessez-le-feu
20:32pour une reprise
20:33des frappes en Iran
20:34mais que le pays
20:35ne peut pas faire cavalier seul.
20:37Il a besoin d'un aval,
20:38d'un feu vert des Américains
20:40d'où la nécessité
20:41pour Benyamin Netanyahou
20:42d'essayer de les convaincre.
20:44Le Premier ministre israélien
20:46qui disait hier
20:47la guerre n'est pas finie
20:48alors reprendre l'offensive
20:50est selon lui
20:50la seule solution
20:51pour lui permettre
20:52d'atteindre l'un
20:53de ses principaux buts de guerre
20:54c'est affaiblir
20:55le régime iranien
20:56notamment par le biais
20:58du retrait
20:58de son stock d'uranium enrichi.
21:00Voilà, Clémence Renard
21:01en direct de Tel Aviv
21:04avec Benjamin Danan
21:05pour BFMTV.
21:06Un petit mot là-dessus
21:07sur cette pression
21:08rapidement ?
21:09Parce que hier
21:09la conversation a dû être
21:10intense entre les deux hommes
21:12puisqu'on sent bien
21:12que Donald Trump
21:13veut reculrer.
21:14En fait, le grand raté
21:15c'est le calendrier
21:15parce que si cette opération
21:17avait eu lieu au mois de janvier
21:18au moment même
21:18de la contestation
21:20de la population iranienne
21:21il y aurait eu un ensemble
21:22de choses
21:23qui auraient peut-être
21:24concomitamment permis
21:25de faire s'effondrer le régime.
21:27C'est ça le problème
21:27aujourd'hui qui règne
21:28c'est que cette opération militaire
21:29ne s'est pas accompagnée
21:30d'un remboursement
21:31de l'intérieur du régime.
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