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  • il y a 14 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00On va reparler de la situation internationale et plus précisément ce qui se passe dans le golfe Persique.
00:05On pouvait s'attendre à ce que les Américains frappent ?
00:08Non, ce sont des négociations qui pour le moment sont programmées vendredi au Sultanah Doman.
00:13D'ailleurs, Donald Trump l'a dit, les Iraniens veulent discuter, ils veulent parler avec moi.
00:18Il va négocier, c'est donc toujours son émissaire Steve Whitcoff qui va être envoyé au Sultanah Doman.
00:24En attendant, c'est vrai qu'on est étonné de ces négociations
00:27parce que du côté d'Israël, on pousse l'allié américain à frapper,
00:31on pousse l'allié américain à essayer de se débarrasser du régime des Mola.
00:34Vraiment, en Israël, on met la pression sur Washington, Igor Saïry.
00:40Oui, absolument, Alain.
00:42À l'issue d'une réunion entre Steve Whitcoff hier et Benjamin Netanyahou,
00:46accompagné de très hauts responsables israéliens,
00:50notamment le patron du Mossad, le patron du renseignement militaire,
00:54effectivement, la pression était surtout militaire plus que politique,
00:59en réalité, sur l'émissaire américain.
01:02Benjamin Netanyahou, à l'issue de cette réunion de 3h30,
01:04a déclaré qu'il ne fallait pas que les États-Unis croient les promesses des Iraniens
01:08car elles ne sont jamais respectées.
01:11Voilà ce qu'a dit le Premier ministre israélien.
01:13Steve Whitcoff lui a répondu en disant que les États-Unis n'étaient pas dupes,
01:17évidemment, du jeu que pouvait éventuellement jouer le régime des Mola.
01:21Parce qu'en réalité, l'ennemi principal d'Israël dans la région, c'est l'Iran.
01:26C'est l'Iran d'abord via ses proxys, comme on les appelle,
01:29donc le Hezbollah au Liban, qui est toujours debout,
01:32avec sans doute peut-être encore des stocks de missiles balistiques.
01:36Il y a les Houthis au Yémen, qui eux aussi possèdent des missiles.
01:40Et puis il y a l'Iran, dont on connaît vaguement les stocks de missiles balistiques,
01:44mais qui ont commencé à se reconstituer depuis le mois de juin et la fameuse guerre des 12 jours.
01:51C'est d'ailleurs pour cela qu'Israël a mis la pression sur Steve Whitcoff
01:56en imposant en quelque sorte des lignes rouges aux États-Unis.
02:00Il faut absolument qu'en plus du programme nucléaire définitivement à l'arrêt,
02:04il faut que l'uranium enrichi, dont 450 kilos enrichis à 60% sont toujours en Iran,
02:10sans qu'on sache réellement sa localisation, doivent être intrigués à ce deal.
02:15La production des missiles balistiques doit être extrêmement limitée
02:19et puis arrêter aussi le soutien des proxys.
02:22Et ça, ça doit être des considérations que les États-Unis doivent prendre en compte,
02:26bien évidemment, parce qu'Israël veut absolument faire tomber ce régime d'Hemola,
02:31à condition aussi d'avoir la protection nécessaire des États-Unis
02:34et notamment des systèmes de protection, des systèmes de défense anti-aérien,
02:39et notamment des patriotes et des TAD.
02:42Mais en tout cas, Israël est prête déjà, déjà, déjà à éventuellement
02:45une riposte iranienne sur son sol israélien.
02:48– Igor Saïry, à Tel Aviv, avec Julie Roseur pour BFM TV.
02:51– Alain Bauer, bonsoir.
02:52– Bonsoir.
02:52– Vous signez Trump, le pouvoir des mots,
02:55décryptage d'une redoutable mécanique de persuasion de masse aux éditions First.
03:00Les Israéliens, ils ont un agenda de frappe,
03:03puisqu'ils poussent les Américains à frapper l'Iran ?
03:05– Oui, paradoxalement, dans une confidence un peu curieuse
03:09du chef d'État-major de Tsaal, il a indiqué les choses suivantes,
03:13vous me permettrez de les lire, parce qu'il faut toujours être précis,
03:15surtout chez vous.
03:18La République islamique est entrée dans les dix jours de Fajr,
03:21qui sont le 47e anniversaire de la Révolution,
03:24entre le 1er et le 11 février.
03:26C'est le moment où il ne faut pas frapper,
03:27parce que symboliquement, ça serait une atteinte au symbole
03:31de la Révolution islamique et de l'arrivée au pouvoir de l'Ayatollah Khomeini.
03:33Et à la mi-février, sera commémoré le 40e anniversaire
03:37de la mort de milliers de manifestants iraniens
03:39de la précédente révolte de 1985.
03:42Pour le chef d'État-major de Tsaal, ça doit être entre les deux.
03:45Entre le 11, donc le 12, la nuit du 11 au 12,
03:49et le 15, pour bien marquer symboliquement
03:51ce qu'est un processus qui n'est pas une agression
03:54qui amènerait à un raidissement encore plus important
03:59des Ayatollahs, et surtout de l'Ayatollah Khomeini,
04:01qui lui est contre toutes les négociations,
04:03est le symbole que serait l'arrivée au secours,
04:08même avec trois semaines de retard.
04:10Là, on parle donc de pourparlers qui pourraient démarrer
04:13dès vendredi à Oman.
04:15Les Iraniens cherchent à limiter ces négociations
04:17à la seule question nucléaire,
04:19et à la levée des sanctions.
04:20Les Américains voudraient également qu'on parle des missiles.
04:24Est-ce qu'on peut y croire ?
04:25Est-ce qu'on peut faire confiance au régime des Mollahs,
04:27ou est-ce que ce régime est en train de gagner du temps ?
04:29Une journée de négociations a été organisée.
04:3124 heures avant, les Américains ont bombardé les sites nucléaires.
04:37Deux, qui négocie quoi ?
04:38Parce que quand l'Ayatollah Ramenei dit « on ne négocie rien »,
04:40on ne négocie rien.
04:41Là, le président iranien a dit « il faut arrondonner les négociations ».
04:44Il est le président de la sous-quatrième république,
04:46il n'a aucun pouvoir en tant que tel.
04:48Qui dirige l'Iran ?
04:49L'Ayatollah Ramenei, d'un point de vue symbolique,
04:51il est le surprésident de la cinquième république.
04:54Et puis le commandant des gardiens de la révolution,
04:56qui vient d'être changé depuis moins d'un an,
04:58qui est connu pour être l'aile la plus dure de la répression,
05:02et qui est lui-même responsable des milliers ou dizaines de milliers
05:05de morts de la répression,
05:06et qui n'a aucune intention de négocier absolument quoi que ce soit.
05:10Sur les Américains sont en train de se faire balader ?
05:13Non, même Marco Rubio, qui est à la fois le secrétaire d'État,
05:17ministre des Affaires étrangères et le Conseil de sécurité nationale,
05:19ne dit pas « nous allons négocier avec les Iraniens ».
05:21Il dit « si, les Iraniens veulent négocier, nous sommes prêts.
05:24Si, l'important est le si ».
05:25Donc il y a la posture du président des États-Unis qui dit
05:28« je veux arriver à une négociation parce que je ne veux pas entrer dans une nouvelle guerre,
05:32mais je me prépare à cette guerre parce que je sais que de toute façon,
05:35à un moment ou à un autre, on va y arriver ».
05:37La question pour lui n'est pas la démocratisation du régime.
05:40Le schéma de sécurité nationale américain, comme le schéma de défense,
05:43dit « la question n'est plus la morale, n'est plus la démocratisation ».
05:46Tout ça, c'est des bêtises des démocrates, faut arrêter.
05:49Nous voulons trois solutions simples.
05:51Le détroit d'Ormuz, la fin de l'envoi du pétrole iranien vers la Chine,
05:56ce qui amène à une question avec un troisième partenaire qui est chinois
05:59et pas seulement iranien ou israélien.
06:01Et puis, la capacité à bloquer, protéger ou attaquer, bloquer blocus.
06:08Et d'ailleurs, des bâtiments iraniens ont été bloqués, notamment des pétroliers.
06:13Protéger, il faut protéger tous les alliés américains, les Qataris, donc une base,
06:17les Saoudiens parce qu'ils ont déjà subi, les Israéliens parce que la guerre des 12 jours
06:21a amené quand même beaucoup de dégâts.
06:22Et une partie des missiles iraniens de très haute vélocité ont réussi à frapper Israël.
06:28Malgré le Dôme.
06:29Voilà, ont dépassé au moins sept missiles.
06:32On fait d'énormes dégâts et à Tel Aviv et à Jérusalem, moins à Jérusalem,
06:38et sur la base de Dimona, qui est à la fois la base des F-35 israéliens
06:41et surtout la base où serait entreposé l'arsenal nucléaire israélien s'il existait,
06:47puisque tout le monde fait semblant de croire que les Israéliens ne sont pas équipés,
06:50ne sont pas dotés, comme on dit.
06:53Voilà les problématiques qui se posent.
06:55Mais en tout état de cause, à la fin de la fin,
06:57soit le président des États-Unis recule et revient à l'accord de Vienne
07:01qu'il a lui-même dénoncé comme étant trop mou,
07:04soit il va trop loin, et là la question centrale va être
07:07qui va gagner à l'intérieur du pouvoir iranien,
07:10puisqu'il y a une opposition non structurée mais réelle
07:13à l'intérieur du pouvoir iranien, entre le clergé combattant,
07:17l'Ayatollah Raménai, les gardiens de la révolution,
07:22mais c'est la méthode Trump.
07:25La méthode Trump est toujours la même, ce que j'explique dans le livre.
07:27On est toujours dans ce processus habituel.
07:29Je monte très fort, je négocie, si ça me déplaît, je ronds ou je tape,
07:35parce qu'il y a la troisième question qui est taco.
07:38Trump always chickens out.
07:40Trump ne va jamais assez loin.
07:42Et ce qui avait justifié la précédente attaque,
07:45c'est le moment où il s'était fait attaquer pour être trop mou.
07:48Et là, il pourrait se retrouver dans la même posture,
07:52et donc avant les négociations ou après les négociations,
07:55il pourrait y avoir la fameuse pseudo-surprise de,
07:58bon, c'est le moment où on tape.
07:59Parce que justement, vous dites le pouvoir des mots,
08:01les mots il les a eus, il a dit aux Iraniens,
08:02continuez de manifester, continuez de sortir,
08:04prenez vos institutions, on va vous aider.
08:07Les secours arrivent.
08:08Les secours arrivent.
08:09Pourquoi est-ce qu'il a reculé subitement ?
08:11Il a trahi les manifestants.
08:15Comme vous le savez, ce que j'explique dans le livre,
08:17c'est justement que Trump ne recule jamais,
08:20ne perd jamais, et ne reconnaîtra jamais
08:22qu'il a reculé ou qu'il a perdu.
08:24Il transforme les choses, soit par une digression,
08:26soit par une provocation, éventuellement par une divagation.
08:30Mais l'essentiel pour lui, c'est le résultat final,
08:33qui est du business.
08:35La question n'est pas démocratique.
08:36La question n'est pas de sauver les gens.
08:38La question, c'est qu'est-ce qu'il gagne à la fin ?
08:40Ce qu'il gagne à la fin, c'est la rupture
08:42d'une chaîne d'approvisionnement vers la Chine.
08:44Ce qu'il gagne à la fin, c'est l'affaiblissement de l'Iran
08:48et le règlement de cette humiliation terrible
08:51qu'a été pour les Américains la prise de l'ambassade en 1979
08:55et 444 jours d'otages.
08:58Ça, c'est une image qui est aussi forte chez les Américains
09:01que...
09:01Et l'échec d'une opération militaire initiée par Jimmy Carter.
09:04Au moins, ils avaient essayé.
09:06C'est moins pire que...
09:07C'était une humiliation.
09:08... les soldats avec les yeux bandés, etc.
09:11La même chose avait existé au Vietnam,
09:13la même chose a existé lors de l'évacuation de Kaboul.
09:15Ce sont des images qui restent marquées chez les Américains
09:18et qui peuvent tout justifier en termes de réplique.
09:20Mais pour aller jusque-là,
09:22Donald Trump fait toujours,
09:24je monte très fort,
09:25il explique ça dans The Art of the Deal
09:28ou dans The America we deserve
09:29ou dans le document qu'il avait publié en 1987.
09:31Pourquoi faire croire aux Iraniens
09:33qui l'ont cru sincèrement
09:35que les Américains allaient les aider à renverser le régime ?
09:39Il y a beaucoup d'Iraniens
09:40qui espèrent peut-être encore
09:43que l'intervention militaire américaine
09:46les aide à faire tomber le régime.
09:48D'abord parce qu'ils...
09:49Et qu'ils ne sont pas préoccupés par la question nucléaire.
09:51Non, parce qu'il a cru qu'il allait trouver en Iran
09:54la même chose que ce qu'il a trouvé au Venezuela.
09:56Qu'on pouvait couper la tête
09:57et que quelqu'un apparaîtrait
09:59et qu'il serait bienveillant et compréhensif
10:01comme la vice-présidente vénézuélienne
10:03dont on sait désormais, grâce à Marco Rubio,
10:06que ça fait six mois qu'elle était préparée
10:07à cette opération de
10:09on ne change pas le pouvoir,
10:10on ne démocratise pas,
10:12on ne crée pas le chaos.
10:13Ce qui est un des problèmes que les Américains ont eu
10:15et au Japon et en Allemagne
10:16après la Deuxième Guerre mondiale.
10:17Ils n'ont pas détruit le système.
10:19Ils s'en sont servis
10:20en recyclant l'essentiel
10:22et en envoyant à Nuremberg
10:24ou au tribunal de Tokyo
10:26les éléments les plus visibles.
10:28Il n'a pas trouvé cela.
10:29Les gardiens de la Révolution
10:30sont beaucoup plus compacts,
10:31beaucoup plus résistants,
10:33beaucoup plus résilients
10:33et en tout cas le chèque
10:35ne devait pas être suffisant
10:36pour obtenir ce mouvement.
10:39Même si les services américains
10:41expliquent que le régime est plus faible
10:42et plus fragile
10:43que ce que tout le monde croit,
10:45ce qui n'est pas le point de vue
10:46des Israéliens
10:46qui disent non, non, non, non, non,
10:47il faut taper, taper, taper
10:49parce que c'est le seul moyen
10:51de faire tomber
10:51la colonne vertébrale.
10:53Ils ont déjà tapé,
10:53ces Israéliens avec les Américains,
10:54ils ont tapé les sites nucléaires.
10:57On a même dit,
10:58Trump s'est vanté de dire
10:59qu'il avait détruit
11:00l'arsenal nucléaire iranien.
11:01Visiblement pas
11:01puisqu'on va négocier.
11:02Alors, ce n'est pas l'arsenal nucléaire
11:04qui l'a tapé,
11:05c'est les centrifugeuses,
11:06mais le 400 kg d'uranium,
11:09il s'était tiré avant
11:10parce qu'il y a aussi
11:11des sous-négociations permanentes
11:13sur les limites de l'exercice
11:15pour éviter l'embrassement général
11:17parce que les Saoudiens,
11:18les Qataris, les Émiratis,
11:19ils n'en veulent pas.
11:20Ils ne veulent pas.
11:21Ils sont autour.
11:22Voilà, c'est les voisins.
11:23Ils ne veulent pas aussi
11:24les réfugiés qui pourraient venir
11:26en Turquie.
11:26Le grand élément de négociation
11:28dans cette affaire,
11:29pour l'instant,
11:29ce sont les Turcs
11:30qui ont une frontière
11:30de 600 km avec l'Iran
11:32et qui disent
11:33« Ouh là là, attention,
11:34on n'a aucune intention
11:35de récupérer 3 millions de réfugiés. »
11:37C'est un faiseur de paix,
11:38Donald Trump ?
11:38Parce que dans les mots,
11:39il dit toujours
11:39« On n'a jamais autant fait la paix
11:41sous ma présidence. »
11:42C'est un peacemaker,
11:43Donald Trump, ou pas ?
11:45Vous savez,
11:45un peacemaker,
11:46ça peut commencer par faire la guerre
11:47pour faire la paix.
11:48L'interventionnisme est un élément
11:50qui n'a pas été inventé
11:51par Donald Trump,
11:51mais par plutôt
11:52les présidents démocrates
11:53depuis Franklin Roosevelt
11:54qui s'étaient beaucoup opposés
11:55à sa propre majorité
11:57jusqu'à Perlarbourg
11:58pour savoir s'il fallait ou pas
12:00intervenir contre Adolf Hitler.
12:01Donc la question se pose
12:02de manière récurrente
12:03chez les États-Unis
12:04entre renfermement,
12:05Theodore Roosevelt,
12:06ouverture,
12:07Franklin Roosevelt
12:07et puis des moments entre deux.
12:10Donald Trump,
12:10il ferme un espace,
12:12mais celui qui, par exemple,
12:13a dit « Notre ennemi,
12:14c'est la Chine et l'Europe,
12:15ce n'est plus notre problème,
12:16c'est Barack Obama. »
12:17Il ne faut pas croire
12:17que Donald Trump
12:18est un élément disruptif.
12:20Il est beaucoup moins bon
12:21dans l'emballage,
12:22ce que j'explique
12:23de manière très détaillée,
12:25en montrant qu'il y a
12:25plusieurs Trumps.
12:26Dans le livre,
12:27vous avez un Trump provocateur,
12:29mais derrière le Trump provocateur,
12:30vous avez un Trump très cohérent
12:32qui vous dit depuis 2000,
12:33dans son livre
12:34« America, we deserve,
12:35c'est l'Amérique que nous méritons,
12:37voilà comment je ferais
12:37quand je serai président. »
12:38– C'est lui qui parle
12:39ou c'est Stephen Miller
12:40qui aujourd'hui,
12:41paraît-il,
12:41son âme damnée ?
12:42Parce que tout ce qu'on dit
12:43aujourd'hui,
12:44c'est Donald Trump
12:45qui prend toutes les décisions
12:46quand il parle.
12:48Ou c'est des choses
12:49qui lui sont soufflées
12:50par son toit
12:51et le fameux Stephen Miller.
12:52– Comme sa chef de cabinet
12:53ou secrétaire général
12:55de la Maison Blanche,
12:56plutôt l'a annoncée
12:57dans une interview
12:58qui n'aurait jamais dû paraître,
13:00elle explique comment marche
13:00Donald Trump.
13:01Et elle explique
13:02qu'il décide de tout
13:03et parfois même
13:03de manière très étrange.
13:04Mais vous avez plusieurs Trumps.
13:05Trump à 3h du matin
13:06appelle le rédacteur en chef
13:07de The Atlantic,
13:08un de vos collègues,
13:09qu'il déteste,
13:10qu'il hait,
13:10qu'il conchie à longueur de tweets,
13:12il dit « viens me voir
13:13à la Maison Blanche ».
13:13Il dit « 3h du matin,
13:166h du matin,
13:17confirmation,
13:18ah oui, non, viens ».
13:19Et il a droit à 3h de visite,
13:23thé, petit four, gâteau,
13:25améabilité,
13:26d'un autre Trump
13:27qui ne se montre pas beaucoup.
13:30Et j'ai mis dans le livre
13:31plusieurs extraits
13:32où on montre un Trump
13:32avec un anglais châtié,
13:34une réflexion totalement cohérente.
13:36Puis un Trump totalement délirant,
13:38dans les mots et les phrases de Trump.
13:40Et puis un Trump mixte,
13:41qui est son discours à l'ONU.
13:43Vous avez un Trump
13:43avec des digressions permanentes,
13:46l'escalator qui ne marche pas,
13:47le marbre qui aurait pu être mieux fait,
13:50la construction qui n'est quand même pas terrible,
13:51alors que lui,
13:52si on lui avait donné
13:53un construire à l'ONU,
13:54ça aurait été extraordinaire,
13:55le Taj Mahal et les Mille et une Nuits.
13:58Et puis au milieu,
13:58vous avez tout d'un coup
13:5915 lignes de « voilà comment
14:01on va restructurer le monde ».
14:03Le même Trump.
14:04Donc c'est un Trump
14:06qui travaille.
14:08Oui.
14:08Parce que parfois,
14:09il est présenté comme étant
14:10surtout un joueur de golf.
14:12C'est vrai.
14:13Mais vous notez que la golfette
14:15sert à beaucoup de conférences de presse
14:16avec beaucoup d'éléments
14:17extrêmement intéressants.
14:18Mais c'est quelqu'un qui travaille,
14:19qui suit les dossiers
14:20ou qui est capable de passer
14:21d'un dossier à un autre ?
14:21Ah non,
14:22il passe d'un dossier à un autre,
14:23mais il suit les dossiers.
14:25C'est-à-dire qu'il peut passer
14:26d'un dossier à un autre
14:26parce qu'il est dans une logique
14:28de télé-réalité.
14:29Il a appris la télé-réalité
14:30avec The Apprentice,
14:31mais en fait,
14:32il fait une télé-réalité
14:33politique permanente.
14:34Vous, nous,
14:35nous voyons le Trump
14:36en France de temps en temps.
14:37Aux États-Unis,
14:38il est en permanence.
14:39Il sature totalement
14:41l'espace médiatique.
14:42Il est là tout le temps.
14:43Ses opposants passent leur temps
14:45à commenter ce qu'il vient de dire
14:46sur Fox News,
14:48dans sa golfette,
14:48sur Air Force One,
14:49dans son bureau
14:50ou n'importe où ailleurs.
14:52Et donc,
14:52la problématique de Donald Trump,
14:53ce qui est le cœur
14:54de ce qu'il a réussi à faire,
14:56c'est justement être
14:57un Trump qui pense,
14:58qui réfléchit business.
15:00Qu'est-ce que je gagne
15:00à la fin ?
15:01Et un Trump qui provoque,
15:03digresse et parfois divague
15:05parce qu'il sait
15:06que ça nous tétanise tellement,
15:08ça nous sidère tellement
15:09qu'on oublie totalement
15:10de penser et de réfléchir
15:11et quel est son objectif final.
15:13Et il gagne toujours quelque chose.
15:14Justement,
15:15parce que dans ce Trump
15:16le pouvoir des mots,
15:17l'un de ses mots favoris
15:18qu'on entend
15:18dans les conférences de presse
15:19et qu'on voit,
15:20c'est loser.
15:21Pour lui,
15:21le monde se divise en deux camps.
15:22Les gagnants et les losers
15:24et les perdants.
15:25Hyperbolique.
15:26Les losers sont des formidables,
15:27extraordinaires,
15:28gigantesques,
15:29amazing losers.
15:31Winners.
15:32Et les losers
15:32sont des sous moins que rien.
15:35Voilà.
15:35Il utilise aussi
15:36des mots totalement hyperboliques
15:37pour parler à une partie
15:38de l'électorat
15:39qui est cette Amérique
15:39qui ne veut pas mourir.
15:40entre la Californie
15:42qu'il ne gagnera jamais
15:43et la Floride
15:44qu'il gagne
15:45mais pas si bien que ça
15:46en réalité.
15:47Le Texas
15:47qui est en train de tourner.
15:49Vous avez vu que
15:49les démocrates
15:50ont gagné un siège
15:51absolument invraisemblable
15:52au Texas.
15:54Dans les mid-mid-terms,
15:55les élections
15:56qui ont eu lieu
15:56en novembre dernier,
15:58les démocrates
15:59ont gagné des sièges
16:00que les républicains
16:01tenaient depuis 1800.
16:03Donc le vent tourne quand même.
16:05Il y a un vent qui tourne
16:06parce qu'il est en train
16:07de perdre
16:07les hommes latinos
16:08et les hommes afro-américains.
16:10Et qu'une partie
16:11de son électorat
16:12notamment féminin,
16:13femme dite blanche,
16:15est en train
16:15de se rétracter
16:17et de ne plus aller voter
16:19ou de ne plus voter pour lui.
16:20Donc il y a un cumul.
16:21Mais sur le fond,
16:23l'Amérique dont il parle,
16:24elle est encore
16:24entre 39 et 42%
16:26de l'électorat d'approbation.
16:28Ils sont favorables
16:29à sa politique d'immigration
16:30mais contre les méthodes
16:31de sa police de l'immigration.
16:32vous avez ces phénomènes-là
16:34qui perturbent Donald Trump
16:36et comme il se réadapte
16:37en permanence.
16:37Il est en train d'ailleurs
16:38de reculer sur la police d'immigration.
16:39Voilà.
16:40Il ne recule pas.
16:41Il adapte.
16:41Il adapte.
16:42Parce que dans sa tête,
16:42il ne va jamais.
16:43Il ne va jamais.
16:45Vous avez les cinq règles
16:46de Roy Cohn
16:47qui est le mentor
16:48de Donald Trump,
16:48l'homme du macartisme
16:49qui dit
16:50alors tu ne t'avoues
16:51jamais vaincu.
16:52Quoi qu'il se passe,
16:53t'as gagné même
16:53quand t'as perdu.
16:54C'est toujours toi le meilleur.
16:56Tu satures l'espace médiatique
16:57et les mots sont des armes.
16:59Donald Trump fait tout ça
17:00en politique intérieure
17:01comme en politique extérieure.
17:02Merci Alain Bauer.
17:03Trump, le pouvoir des mots
17:04décryptage d'une redoutable mécanique
17:06vous l'avez déjà constaté
17:07de persuasion de masse.
17:09C'est chez First Edition.
17:10Merci Alain Bauer.
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