00:0076e jour de guerre au Moyen-Orient, la poursuite du conflit se joue-t-elle en Chine, où se trouve
00:05le président Trump, la Chine qui est alliée de l'Iran ?
00:08Est-ce qu'on y parle à Pékin du Moyen-Orient, du détroit d'Hormuz, du Bizeh ?
00:11En tout cas, il y a quelque chose, il y a un élément qui est intéressant, que l'on va
00:14détailler maintenant avec Célia Vallée, qui est à Doha, au Qatar, pour BFM TV.
00:18C'est le fait que l'Iran, Célia, a laissé passer des navires chinois par Hormuz.
00:2530 navires chinois ont traversé le détroit d'Hormuz depuis hier soir.
00:29Ils traversent sous la supervision des gardiens de la Révolution, et si c'est possible, c'est parce que la
00:35Chine aurait accepté les conditions iraniennes,
00:38c'est-à-dire peut-être de payer ce fameux péage qui est imposé par Téhéran.
00:42Il y a donc les bateaux qui passent, mais il y a aussi les bateaux qui ne passent pas.
00:46C'est le cas de ce navire qui a été pris d'assaut, je cite, par des personnels non autorisés
00:51ce matin.
00:51C'est un navire qui bat pavillon Honduras, un navire de marchandises qui était positionné près du port de Fujaira.
00:58C'est là où il y a de nombreux bateaux pétroliers par centaines, parce que c'est là où ils
01:03se chargent et se déchargent en pétrole.
01:05C'est donc un navire parmi tant d'autres qui a été visé par ces individus.
01:10Et ce qu'on sait à l'heure actuelle, d'après l'Agence des opérations maritimes britanniques,
01:14c'est que ce bateau a été conduit dans les eaux territoriales iraniennes.
01:18– Voilà, Célia Vallée en direct de Doha au Qatar avec Chloé Berthaud pour BFM TV.
01:22– Ce qui est intéressant, c'est de voir précisément ce qui se passe en ce moment à Pékin.
01:27Donald Trump qui est en voyage officiel et qui dit qu'il a obtenu déjà quelque chose du président chinois.
01:33Il l'a dit, c'est une interview à Fox News, que Pékin ne va plus envoyer d'équipement militaire
01:39à l'Iran.
01:39Donc c'est déjà une première victoire pour Trump, il a obtenu cet engagement chinois ?
01:46– D'abord, il faudrait se demander si Xi Jinping dit toute la vérité,
01:49parce qu'en fait les informations sur les livraisons de coupons électroniques, d'armes, etc.,
01:53notamment de missiles, de lance-missiles à l'épaule, a déjà eu lieu pendant le conflit lui-même.
01:59Donc qu'il s'engage à ne plus continuer à le faire, oui c'est positif pour Trump,
02:03mais ce n'est qu'un engagement qui ne sera tenu, on verra que s'il y a un accord.
02:07Alors, en fait, on s'aperçoit d'une certaine manière que la guerre de Trump contre l'Iran,
02:12c'était aussi une façon d'affaiblir la Chine, en espérant qu'un changement de régime
02:17pourrait changer finalement le commerce entre l'Iran et la Chine,
02:21et notamment l'exportation de pétrole vers la Chine.
02:23Ça ne s'est pas produit, et on voit bien que la Chine reste aux côtés de l'Iran,
02:27aux Nations Unies en particulier, mais aussi dans le conflit,
02:30notamment en fournissant secrètement des armements et des composants.
02:34– Même si la Chine voudrait quand même que les droits d'Hormons soient rouverts.
02:36– Alors, là où il peut y avoir effectivement une conjonction d'intérêts,
02:41c'est lorsque Pékin réclame la réouverture des droits d'Hormons.
02:44Mais il y a deux blocus, il y a celui des Iraniens et celui des Américains.
02:47Donc quand Pékin dit « nous voulons la réouverture »,
02:49ça touche aussi bien Donald Trump que le régime de Téhéran.
02:53C'est là toute l'ambiguïté de la Chine,
02:54mais qui sort de mon point de vue plutôt gagnante de ce conflit,
02:57car elle apparaît comme le seul élément vraiment stable à l'échelle de la planète,
03:02c'est-à-dire un pays qui est plutôt mesuré,
03:05qui demande simplement qu'on puisse faire du business
03:07sans être gêné par des guerres américaines,
03:10en sachant que cette stabilité,
03:13elle pointe du doigt ce qui se passe en Iran,
03:15mais aussi ce qui s'est passé au Venezuela
03:17et ce qui pourrait se passer à Cuba.
03:18Donc dans cet océan d'instabilité qu'est le monde d'aujourd'hui,
03:22Pékin joue une carte, je dirais, plutôt raisonnable.
03:24Et face à Donald Trump,
03:26les Chinois déploient le tapis rouge,
03:28vont signer des contrats mirifiques,
03:29et ils souhaitent effectivement que le conflit
03:32se termine le plus rapidement possible.
03:34On verra si c'est le cas.
03:35On a Antoine Ellard qui est en direct de Washington pour BFM TV.
03:39Antoine, on commence à connaître un peu la teneur des discussions
03:43entre le président Trump et son homologue chinois
03:44via un entretien accordé à Fox News.
03:50Oui, exactement.
03:52Entretien qui sera diffusé ce soir,
03:53mais Fox News diffuse déjà certains extraits
03:56et notamment cette déclaration de Donald Trump
03:59qui assure que le président chinois, Xi Jinping,
04:01lui a proposé son aide pour obtenir la réouverture du détroit d'Hormuz.
04:05Alors intéressant cette façon dont Donald Trump présente les choses.
04:08À l'entendre, on a l'impression que Xi Jinping se propose spontanément
04:11de venir aider les Etats-Unis.
04:13Trump ne veut surtout pas donner l'impression
04:16qu'il quémande quelque chose,
04:18qu'il est venu ici pour mendier auprès de Xi Jinping,
04:21lui, de réclamer son aide.
04:23Et donc c'est intéressant de voir comment il formule les choses.
04:25Alors la question, c'est de savoir ce que Xi Jinping,
04:28en échange, souhaite obtenir de Donald Trump,
04:30en échange de ce coup de main, de ce service
04:32qui lui rendrait sur le détroit d'Hormuz.
04:34Ici, on se dit que la monnaie d'échange,
04:37c'est peut-être Taïwan.
04:38Vous savez que Xi Jinping rêve d'annexer Taïwan.
04:40C'est-il qui a pris son indépendance
04:41au moment de la révolution communiste.
04:44Et ce que Xi Jinping pourrait vouloir de Donald Trump,
04:47c'est que le président américain ferme les yeux
04:49au moment où les Chinois lanceront une opération contre Taïwan.
04:53Alors, officiellement, est-ce que Donald Trump est prêt à faire ce deal ?
04:56Est-ce qu'il est prêt à jeter sous le bus les Taïwanais
04:58pour débloquer la situation en Iran ?
05:01Une situation dont il cherche à tout prix à se sortir ?
05:03Officiellement, la réponse, c'est non.
05:05Plusieurs ministres qui accompagnent Donald Trump en Chine
05:08ont dit que la posture américaine vis-à-vis de Taïwan
05:10n'a pas changé.
05:11C'est ce que dit notamment Marco Rubio,
05:13le chef de la diplomatie.
05:14Mais cette question, elle est dans l'air.
05:16Elle est entre les deux hommes.
05:18Et ils auront peut-être l'occasion d'en discuter à nouveau demain,
05:20puisque Xi Jinping et Donald Trump doivent à nouveau se rencontrer
05:23pour une bilatérale,
05:24notamment à l'occasion d'un thé, puis d'un déjeuner.
05:27Antoine Larras-Washington pour BFM TV.
05:29Didier François, c'est quand même incroyable,
05:30puisque Donald Trump est content de nous annoncer
05:33que le président chinois est d'accord pour ouvrir Hormuz.
05:37Et pour reprendre ce que disait Ulysse Gosset,
05:39on a l'impression que la Chine, effectivement,
05:43est le pays de la stabilité,
05:47capable de délivrer des bons points, des mauvais points.
05:49Et Donald Trump est obligé de quémander une aide.
05:51Alors, il a bien fait attention justement
05:53de dire qu'il ne quémandait pas.
05:55Non, bien sûr.
05:56Il se félicite quand même de l'avoir obtenu.
05:58Mais évidemment.
05:59Mais pour une raison simple, c'est qu'honnêtement,
06:01à partir du moment où son choix, pour l'instant,
06:03semble être la négociation,
06:05c'est quand même un peu compliqué avec les Iraniens,
06:08c'est vrai que la Chine peut peser.
06:11Elle peut peser.
06:12D'autant que là, pour le coup,
06:14quand ils disent ouverture du métier 3 d'Hormuz,
06:16ils en ont besoin.
06:17Mais vous avez remarqué que dans le fameux double blocus
06:21que rappelait Ulysse,
06:24les Iraniens laissent passer une trentaine de navires en ce moment,
06:27les Américains les laissent aussi passer.
06:29Donc vous voyez bien qu'il y a une espèce de...
06:32Alors, ça ne remet pas du commerce,
06:34mais ça fluidifie les négociations, en tout cas.
06:36Et ça fluidifie la diplomatie.
06:38C'est un message diplomatique envoyé.
06:39Et on a bien vu que,
06:41alors que Donald Trump, en de partir,
06:43avait dit que c'était terriblement fermé,
06:45c'est infranchissable, en fait, qu'il laissait passer.
06:48Donc on a bien...
06:49Parce qu'ils ont deux choses.
06:50Il y a une chose sur laquelle, en tout cas,
06:52les Américains et les Chinois sont d'accord.
06:53Et c'est quand même ça qui a été mis en avant dans cette réunion,
06:57c'est que ce sont aujourd'hui les deux superpuissances mondiales.
07:00Voilà.
07:00Et que dans un monde qui a été éclaté,
07:02ce n'est plus le monde de 45,
07:03eh bien, la Chine est en train, petit à petit,
07:05de remplacer dans la relation avec les Etats-Unis, l'URSS.
07:10Et que c'est la puissance montante.
07:12Donc on voit un Xi Jinping qui essaye de réaffirmer
07:15et de se faire adouber, en fait, comme partenaire international.
07:19Ou à deux pays.
07:20Il a rappelé, nos deux pays, c'est 1,7 milliard de personnes
07:22sur 8 milliards sur la planète.
07:24On influe le monde entier.
07:26Et maintenant, il y a deux choix.
07:27Soit le fait de ce qu'avait fait Biden,
07:28il est malin pour ça,
07:30qui avait dénoncé la Chine comme des compétiteurs stratégiques,
07:33soit on vient des partenaires,
07:34et vous verrez que stabilité, paix, bonheur,
07:37petites fleurs et le reste...
07:38Et ça, ça peut intéresser Donald Trump ?
07:39Mais bien sûr.
07:41Philippe Carsenti ?
07:42Alors, il y a beaucoup de choses qui ont été dites.
07:44Je rappelle que vous êtes ici porte-parole du comité Trump-France.
07:48Absolument.
07:49Il y a beaucoup de choses qui ont été dites.
07:51Oui, les 30 navires sont passés.
07:52C'est au moment où Donald Trump était à Pékin.
07:55On verra ce qui se passera.
07:56Je pense qu'il y aura le double blocus.
07:58On le refermera.
07:59Pour ce qui concerne le détroit d'Hormuz,
08:03objectivement, encore une fois,
08:04regardez la bourse de New York qui est au plus haut,
08:06l'économie américaine va bien.
08:07C'est le reste du monde qui souffre.
08:09Et même la Chine, et surtout la Chine.
08:11La Chine, pas seulement avec le pétrole
08:13où elle est en train de baisser
08:14et puiser dans ses réserves stratégiques,
08:16mais aussi la Chine,
08:17avec le gel du commerce international
08:19qui la met au tapis.
08:21Et donc, c'est pour ça que moi,
08:22je ne crois pas qu'il y a...
08:23Je crois qu'il y a un vrai deal
08:24qui se fait entre Trump et Xi Jinping.
08:28Et comme Didier dit,
08:30en disant, voilà,
08:30on est les deux maîtres du monde.
08:32Mais si, véritablement,
08:34Xi avait voulu faire une opération à Taïwan,
08:38franchement, c'était la meilleure période pour le faire.
08:40C'est-à-dire que là,
08:40au moment où les États-Unis étaient,
08:44on va dire, pour certains,
08:46mobilisés sur l'Iran,
08:49c'était le moment de le faire.
08:51Ça, c'est une chose, enfin...
08:52Enfin...
08:52Vous disiez que l'économie américaine va bien.
08:55Non, mais parce que vous disiez
08:56que l'économie américaine va bien.
08:57L'inflation est très haute.
08:58L'inflation est haute
08:59et les Américains payent très cher l'essence.
09:01Oui, mais les oeufs payent beaucoup moins cher
09:03et le reste, c'est un panier.
09:05Là où je rejoins ce que dit Philippe,
09:07c'est qu'effectivement,
09:08ce qui était assez extraordinaire à Pékin,
09:10c'est de voir Xi Jinping
09:11qui discute avec Trump
09:13de l'apoption d'acheter du pétrole
09:15aux États-Unis.
09:16Et ça, c'est le monde à l'envers,
09:17d'une certaine manière.
09:18Mais ce n'est qu'une discussion.
09:19Par contre, sur Taïwan,
09:21ce n'était absolument pas...
09:22Attendez, ce n'est absolument pas
09:23le moment d'envahir Taïwan par la force
09:25parce que ça aurait déclenché
09:26une crise mondiale
09:28qui aurait paralysé l'économie
09:30de la planète pendant des mois.
09:32La stratégie chinoise pour Taïwan,
09:35c'est l'étouffement progressif.
09:36On est tranquillement
09:37avec la construction d'îlots,
09:40des îles qui sont transformées en ports,
09:42en ports militaires.
09:43C'est l'envoi de centaines de bateaux
09:45qui, tous les jours,
09:46essayent d'intimider Taïwan.
09:47C'est des manœuvres gigantesques.
09:49Donc, intimidation, étouffement.
09:51Et le jour où, effectivement,
09:53la situation le permettra,
09:55comme à Hong Kong,
09:56Pékin prendra Taïwan.
09:57Je ne sais pas quand,
09:58mais c'est à terme, c'est ça.
10:00Ce n'est pas du tout
10:00la confrontation militaire.
10:01Et pour revenir au niveau
10:02de la vente d'armes de Taïwan,
10:04la vente d'armes qui était,
10:05vous savez, on dit
10:05est-ce que Trump va l'empêcher ?
10:07N'oubliez pas que le Congrès aux États-Unis
10:09a le dernier mot là-dessus.
10:11Et que c'est le Congrès qui décidera.
10:13Et que du côté des Républicains,
10:14tant du côté des Républicains
10:15que des démocrates,
10:16il y a une volonté
10:17de défendre l'indépendance de Taïwan.
10:19Donc, c'est pour ça que Trump
10:20n'a pas le pouvoir
10:21de bloquer cette vente.
10:22Et ça, c'est vraiment très important
10:23à comprendre
10:24dans le fonctionnement
10:25commercial américain.
10:26Mais est-ce que ce voyage
10:28est une étape cruciale ?
10:30Et est-ce qu'on va pouvoir
10:31débloquer la situation
10:32au Moyen-Orient ?
10:34Est-ce que les Iraniens
10:35vont enfin céder ?
10:37Alors, c'est une étape
10:38absolument fondamentale.
10:39Parce que comme ça a été dit
10:41par Didier,
10:42c'est vrai qu'il y a une confrontation
10:43entre les deux grands éléphants
10:45de la planète.
10:45Et qu'au milieu,
10:46il y a l'Europe, d'ailleurs,
10:47rappelons-le,
10:47qui est spectatrice.
10:48Et puis, il y a l'Iran,
10:49qui est un grain de sable,
10:50mais qui n'est pas fondamental.
10:52Quand Trump fait la guerre à l'Iran,
10:54il veut affaiblir la Chine.
10:56Toutes les guerres de Trump
10:57à l'étranger
10:58visent à affaiblir la Chine.
10:59C'est ça,
10:59la grande confrontation du siècle.
11:01Premièrement.
11:02Deuxièmement,
11:03dans ce voyage,
11:04il y a d'abord
11:05quelque chose de fondamental
11:06dont on n'a pas parlé,
11:07c'est l'intelligence artificielle.
11:08Vous avez vu qu'il y a deux guerres.
11:11Il y a la guerre économique
11:12et il y a la guerre
11:12de l'intelligence artificielle
11:13qui se rejoignent.
11:14Et sur l'IA,
11:16les Chinois sont en train
11:17de progresser
11:17de façon exponentielle.
11:19Ce qui est formidable,
11:21c'est qu'aujourd'hui,
11:21à Pékin,
11:22dans la délégation américaine,
11:24il y a le patron
11:25de la firme taïwanaise
11:27Nvidia,
11:27qui fabrique les puces
11:29les plus performantes du monde.
11:29C'est une firme américaine
11:30qui produit la Taïwan,
11:33c'est l'origine taïwanaise.
11:35Il est né en...
11:36Oui, d'accord.
11:36C'est le génie de Taïwan
11:38qui a décidé,
11:39qui a réussi
11:40à fabriquer
11:41les plus performantes
11:42de toutes les puces du monde
11:43et qui les vendent
11:44au monde entier
11:44et que les Chinois
11:45voudraient aussi importer.
11:47Tant qu'il y a
11:48un barrage de Trump,
11:49ils ne peuvent pas.
11:50Donc le fait
11:50qu'il soit dans la délégation,
11:51c'est un Taïwanais.
11:52C'est-à-dire qu'on peut
11:53faire du business
11:54quand les choses stratégiques
11:56sont là.
11:56Et puis n'oublions pas
11:57la dernière chose,
11:57c'est qu'il y a
11:58les terres rares.
11:59Trump peut s'opposer
12:00à Pékin, oui,
12:01mais c'est Pékin
12:03qui détient
12:03le quasi-monopole
12:05de la transformation
12:06des terres rares
12:06qui servent à fabriquer
12:07nos téléphones,
12:08nos missiles, etc.
12:10Donc c'est un enjeu
12:11absolument fondamental
12:12et c'est pour cela
12:13que cette étape,
12:14elle est absolument capitale
12:15au-delà même
12:16de ce qui se passe
12:17dans l'étroit d'Hermouz.
12:17Merci.
12:17Merci.
12:17Merci.
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