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  • il y a 2 jours
Ce mardi 2 juin, Olivier Dubs, gérant sénior chez J.P. Morgan Banque Privée, et Antoine Larigaudrie vous présentent le placement à suivre dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Tout pour investir, le placement à suivre.
00:04Avec l'œil de JP Morgan, comme régulièrement dans cette émission,
00:07avec Olivier Dupes de la Banque Privée, bonjour.
00:09Bonjour Tom.
00:11Alors, c'est le mot clé de cette deuxième partie d'année,
00:16enfin de cette fin de première partie, fragmentation.
00:20Je n'entends parler que de ça.
00:21Fragmentation, granularité.
00:24On est sur des marchés où on ne peut plus faire de la logique de gros,
00:27comme on la faisait il y a encore deux ans, un an et demi même.
00:32Non, non.
00:33Il faut tenir compte de cette fragmentation
00:35et ça reste le changement structurel du climat de marché en ce moment.
00:40On avait, Antoine, identifié fin 2025,
00:42trois grandes forces qui allaient pour nous structurer les marchés financiers en 2026.
00:46La fragmentation en était un.
00:47C'était le premier, la fragmentation de l'économie mondiale.
00:51Le deuxième grand facteur pour nous de structuration des marchés financiers pour 2026,
00:56c'est même au-delà en réalité, c'était l'inflation.
00:58On pensait que le régime moyen d'inflation allait être dans ce nouveau cycle économique
01:03supérieur à ce qu'on avait connu historiquement,
01:06avec aussi des à-coups à la hausse de l'inflation.
01:08Et puis la dernière chose, c'était le rôle que l'intelligence artificielle
01:12allait jouer dans ce nouveau cycle économique.
01:14Pour revenir à votre premier point, la fragmentation,
01:17en fait ça s'est intensifié par rapport à il y a six mois
01:19quand on a mis en œuvre nos perspectives 2026,
01:21puisqu'aujourd'hui on a vraiment trois blocs.
01:24On a un bloc chinois, on a un bloc européen et puis un bloc américain.
01:27Chacun essaye de sécuriser l'énergie, les semi-conducteurs, la chaîne d'approvisionnement.
01:32Donc la souveraineté désormais en matière médicale,
01:35en matière de défense naturellement, en matière technologique,
01:38en matière même alimentaire.
01:40Et bien tout ça, en fait, c'est ça qui compte.
01:42Ce n'est plus l'efficience de la chaîne d'approvisionnement,
01:45c'est plutôt sa fiabilité et sa sécurité.
01:48Les marchés financiers en ont tenu compte.
01:50On a vu la performance de la défense européenne,
01:53on a vu la performance de l'or.
01:55Même dans le monde non coté, l'année 2025 aura été une année historique
01:59pour l'investissement en venture capital des sociétés de défense.
02:04C'est 1000 opérations, 50 milliards de valorisation.
02:06Donc vraiment, le marché financier en a tenu compte.
02:08Pour nous, ce n'est pas passager, c'est vraiment structurel.
02:10C'est un mouvement de fonds.
02:11C'est un mouvement de fonds.
02:12Et donc, il faut en tenir compte dans les allocations financières.
02:14Il y a une manifestation évidente, si on regarde les zones de tension aujourd'hui sur Hormuz.
02:20Et puis, il y en a une autre qui est Taïwan, alors qu'il y a l'attente, celle-ci.
02:23C'est la prochaine.
02:24C'est peut-être la prochaine, c'est peut-être une question de temps.
02:26Mais en tout cas, Taïwan, c'est 90% des semi-conducteurs sophistiqués.
02:31C'est TSMC, juste ça.
02:33Absolument.
02:34Donc, il faut l'avoir en tête.
02:36La deuxième problématique, on est en plein dedans.
02:38Je veux dire, la Banque de France va sans doute réviser à la baisse ses prévisions de croissance.
02:43Mais surtout, on est soumis à des dynamiques d'inflation qui sont de fond.
02:49Ça pourrait se calmer demain matin dans le détroit d'Hormuz et les prix du pétrole pour y corriger de
02:54manière spectaculaire.
02:55Les dynamiques d'inflation qui ont été lancées il y a quelques mois, ça va mettre des mois, voire des
03:00années à se résorber.
03:01Donc, il faut vivre avec aussi.
03:03Ça, c'est l'autre grande force.
03:05Pareil, elle s'est plutôt intensifiée depuis qu'on a sorti notre perspective chez J.P. Morgan, Banque privée fin
03:092025.
03:09Mais en fait, en six ans, depuis le Covid, on aura eu cinq séquences de surprises à la hausse de
03:15l'inflation.
03:15On aura eu le Covid, puis l'investigation de l'Ukraine, puis les droits de douane aux Etats-Unis,
03:20puis la politique migratoire américaine, tout ça est pro-inflation, et puis aujourd'hui l'Iran.
03:24Et à chaque fois, la nouvelle séquence pro-inflation, en fait, a commencé avant qu'on ait pu résorber,
03:31que l'économie n'ait pu entièrement résorber la précédente.
03:34Ça, c'est la nouvelle donne, il faut en tenir compte.
03:38C'est pas pour nous l'équivalent de ce qui s'est passé dans les années 70.
03:42Vous souvenez que dans les années 70, il y avait eu cette spirale salaire et puis du prix.
03:47Tout est monté en même temps.
03:47Tout est monté en même temps.
03:48Pour nous, c'est pas ça, simplement parce que quand on regarde l'évolution des salaires à l'entrée et
03:53les taux d'émission,
03:54en fait, ils sont pas en surchauffe, aucun des deux.
03:57Donc on va plutôt être dans un contexte, sur ce plan-là, de faible taux d'émission et de faible
04:02licenciement.
04:03Alors, à l'exception de quelques effets d'annonce dans la technologie, notamment sur le plan des licenciements.
04:07Mais voilà, sur le plan de l'inflation, on a eu à quelques mois quelques bonnes nouvelles.
04:13On a eu les prix à l'inflation, les prix, pardon, à la production en Chine qui étaient plutôt en
04:17baisse, en fait, jusqu'au mois de mars.
04:19C'est un petit peu augmenté depuis.
04:20Aux Etats-Unis, le logement, l'inflation en matière de logement a un petit peu baissé.
04:24On était à 5% fin 2024.
04:26On est à 3% d'inflation aujourd'hui.
04:28Mais malgré tout, 3% d'inflation, c'est une zone d'inflation où les liquidités érodent le patrimoine.
04:35Donc il faut absolument en tenir compte si on veut maintenir son pouvoir d'achat, tout simplement,
04:39et chercher les classes d'actifs qui sont efficientes lorsqu'il y a de l'inflation.
04:42Bon, je pense aux hedge funds aussi.
04:44Alors les hedge funds, je vous donne juste un exemple.
04:46En 2022, le segment macro des hedge funds, c'est une des manières de gérer les hedge funds,
04:52était en territoire positif.
04:53On se souvient qu'en 2022, les actions et les obligations étaient en territoire négatif.
04:56Les hedge funds de type macro étaient en performance positive de 9%.
05:00Et on en a déjà parlé dans cette émission il y a quelques jours,
05:02effectivement, introduire un peu de hedge funds, d'arbitrage pur, de performance absolue,
05:06comme on dit dans son portefeuille, ce n'est pas une mauvaise idée.
05:09Il y a beaucoup d'intermédiaires financiers qui proposent de prendre des parts dedans
05:13pour investir tranquillement dans le secteur.
05:16Dernière chose, l'intelligence artificielle, rapidement, le petit truc là.
05:22Déjà, potentiel sous-estimé encore, selon vous.
05:26Et deuxièmement, vous avez un acronyme, vous savez qu'on adore les acronymes,
05:29bien sûr, nous les journalistes, c'est le HALO.
05:32Si on veut investir dans l'intelligence artificielle, il faut penser HALO.
05:36Qu'est-ce que ça veut dire ?
05:36Oui, le HALO, donc c'est HALO, c'est les infrastructures lourdes
05:40avec un faible risque d'obsolescence.
05:42Heavy assets, low obsolescence.
05:45Oui, c'est peut-être le secret.
05:46Tout l'enjeu, c'est typiquement dans le monde des data centers,
05:51de s'assurer que lorsqu'on investit là-dedans, le risque d'obsolescence est faible.
05:55La capacité de conversion est là aussi.
05:58Si jamais la demande dans ces actifs-là baisse,
06:00ce n'est pas notre scénario central, mais c'est une possibilité.
06:03Vous l'avez dit, Antoine, pour nous,
06:05le potentiel de l'intelligence artificielle,
06:07il se manifeste, alors on l'a vu dans la saison de publication
06:09de résultats au premier trimestre,
06:11mais il se manifeste quand on regarde le taux d'adoption des entreprises,
06:14quand on regarde les investissements,
06:16naturellement, on en a beaucoup parlé,
06:17les 650, 700, peut-être 800 milliards de CAPEX en 2026,
06:22et puis ensuite, c'est les gains de productivité.
06:24Quand on regarde la productivité des entreprises
06:27qui adoptent beaucoup, ou en tout cas bien,
06:29l'intelligence artificielle,
06:31les taux de marge ne sont vraiment pas les mêmes.
06:32Ce qui n'est pas le cas de toutes les entreprises,
06:34et on le voit, il y en a à qui ça coûte énormément d'argent.
06:37Donc, on en est encore aux prémices de
06:39qu'est-ce que je peux en faire, comment ça peut m'être utile,
06:42tout ça est loin d'être fait.
06:43Oui, absolument.
06:43Alors, juste un chiffre pour illustrer ça,
06:45les taux de marge des entreprises
06:46qui ont bien adopté l'intelligence artificielle,
06:49les taux de marge nette, c'est 17%,
06:50c'est 14% pour celles qui l'ont moins bien adopté.
06:54Donc, il y a un vrai changement de paradigme ici.
06:56Il faut absolument mettre à profit l'intelligence artificielle.
06:59Ce sont des vrais gains de productivité.
07:01On en tient compte également dans notre gestion,
07:04y compris dans le monde non coté.
07:05Dans le monde coté, il faut aller chercher les acteurs,
07:08là où il y a des goulots d'étranglement,
07:09je pense au semi-conducteur, je pense au transport,
07:12et la production...
07:12La photonique, c'est problématique là.
07:14Je pense au transport et à la production d'électricité,
07:17ce genre d'acteurs-là.
07:18Et dans le monde non coté,
07:20c'est probablement là que sont les prochains champions
07:22en matière d'application de l'IA.
07:24Donc voilà, il faut être présent sur tous ces segments-là.
07:26Olivier Dubs, JP Morgan, Banque Privé,
07:29merci d'avoir fait le point sur vos visions stratégiques
07:31pour les mois à venir sur les marchés.
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