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  • il y a 4 minutes
Ce mercredi 8 juillet, Antoine Larigaudrie vous présente le placement à suivre dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Tout pour investir, le placement à suivre.
00:05Et on retrouve Lilia Pétavin de JP Morgan Asset Management.
00:08Bonjour Lilia, avec l'œil évidemment stratégique de JP Morgan sur cette deuxième partie d'année.
00:18Alors, on parle beaucoup de ces histoires de grandes rotations géographiques, sectorielles, etc.
00:24On voit que l'Europe ne se porte quand même pas trop mal vis-à-vis d'un marché asiatique
00:30qui est très secoué par tout ce qui est en train de se passer du Cospi à Séoul,
00:34notamment des autres marchés aussi.
00:36Que les États-Unis, ça commence à devenir un petit peu tendu.
00:40Et il y a beaucoup d'inquiétudes.
00:41Est-ce que l'Europe a sa carte à jouer concrètement dans la stratégie action ces prochaines semaines, ces prochains
00:46mois ?
00:46Bonjour Antoine.
00:48Bonjour Lilia.
00:48C'est vrai que l'Europe a surperformé les États-Unis la semaine dernière.
00:52Et en réalité, depuis déjà un mois, je pense que ça reflète bien les deux facettes
00:59qui peuvent soutenir les actions européennes.
01:01Un, la carte cyclique et deux, la carte de la diversification.
01:06Parce que si je regarde aujourd'hui, depuis la semaine dernière,
01:11l'Europe vraiment prend le contre-pied du marché baissier
01:15que l'on est en train de voir dans les semi-conducteurs
01:17et vous l'avez évoqué dans les actions coréennes.
01:20Parce que si je fais la somme aujourd'hui en termes de capitalisation boursière
01:24des secteurs liés à l'IA au sein du S&P, on atteint 50%.
01:29Ça, tout le monde le sait.
01:31Mais c'est la même chose pour MSCI IM.
01:33On a aussi la moitié de la capitalisation boursière de MSCI IM
01:37qui est liée à des secteurs impliqués dans l'IA.
01:40Donc, quand on pense se diversifier en achetant les marchés émergents,
01:45ce n'est absolument pas le cas.
01:46Finalement, il n'y a que l'Europe qui est, en termes de région principale,
01:50une façon de diversifier son portefeuille.
01:52Si je regarde le top 10 des titres européens,
01:56j'ai de l'énergie, de la santé, des industriels.
02:01Donc, on a quand même une palette assez large,
02:03alors que le top 10 de MSCI IM n'est constitué que de valeurs liées à la technologie.
02:10Et enfin, en termes de...
02:12Si je regarde sur le dernier mois, pourquoi est-ce que l'Europe a surperformé ?
02:15Je pense que c'est depuis qu'il y a eu la signature de l'accord provisoire,
02:21on le voit aujourd'hui, provisoire entre l'Iran et les États-Unis.
02:26Souvenez-vous, en début d'année, l'Europe surperformait déjà.
02:28Oui, tout à fait.
02:29Sur cette idée du rebond de la consommation, de l'élargissement de la croissance
02:33qui bénéficierait à l'Europe.
02:35Évidemment, la crise énergétique a mis ça à mal.
02:38Nous, consommateurs européens, avons fait quelque chose que nous savons très bien faire,
02:42c'est épargner plutôt que consommer.
02:44Ça, ça peut changer dans les mois à venir.
02:47Il y a encore de la place pour un rebond.
02:49On le voit aujourd'hui, les actions sont chahutées,
02:51le prix des commodités rebondit à nouveau.
02:53Donc, il y a de la place pour jouer une carte cyclique sur les actions européennes.
02:57Et ce que j'aime fondamentalement, c'est que les secteurs qui m'intéressent en Europe,
03:01c'est la défense, les énergies renouvelables, les banques.
03:05Et ça fait donc trois secteurs qui sont quand même assez indépendants du thème de l'IA.
03:11Parce que j'allais vous dire, le piège, en fait, qui date d'il y a très longtemps,
03:17c'est que vu l'émergence et des dynamiques de développement de l'IA qui sont exponentielles,
03:22en même temps très peu visibles sur le long terme,
03:25c'est qu'énormément de sociétés qui ne faisaient pas ça à l'origine
03:28et qui ne sont pas au cœur du business model,
03:31en ont parlé, ont fait du storytelling dessus.
03:33J'en veux pour preuve.
03:34Là, les meilleures performances du SBF 120 sur le premier semestre,
03:37on a eu Soitec, STMicro, d'accord, pas de surprise.
03:39Ensuite, on a eu Mersenne, l'ancien Carbone Lorraine,
03:42qui est spécialiste des minerais,
03:44bah oui, qui est indispensable aux semi-conducteurs.
03:46Est-ce que vous ne pensez pas que certains secteurs pourraient être un petit peu piégés
03:50dans ce storytelling de l'IA,
03:52alors que précisément, ils devraient résister à leur exposition ?
03:55Je pense qu'il y a énormément d'incertitudes aujourd'hui.
03:59On ne connaît pas la valeur, les gains de productivité finaux que l'IA va apporter.
04:04Et pour autant, que ce soit les hyperscalers ou les entreprises,
04:08JP Morgan inclus, nous devons investir dans l'IA
04:12parce que personne n'a envie d'être celui qui a sous-investi
04:16et qui va se retrouver dans quelques années
04:17avec des taux de marge inférieurs à ceux des autres.
04:21Donc, on est dans ce monde où on investit sans connaître le gain final.
04:26Et je pense que dans ce monde-là,
04:28il faut se positionner là où il y a aujourd'hui le moins d'incertitudes.
04:33Ceux qui, aujourd'hui, sont à même de générer des profits,
04:36ce sont les entreprises qui sont dans les goulots d'étranglement,
04:39qui ont un pouvoir pris énorme
04:41et qui génèrent des bénéfices.
04:43Ce n'est pas que des bénéfices anticipés.
04:45Ce sont des bénéfices qui ont déjà été réalisés,
04:48qui sont importants.
04:49Ça ne durera pas toute la vie.
04:51Il y a un moment où le marché va porter son regard
04:54sur les entreprises qui sont capables, justement,
04:57de bénéficier de ces gains de productivité.
05:00L'Europe aura d'ailleurs probablement sa carte à jouer ici
05:03parce qu'on voit bien que l'Europe effectue un rattrapage
05:06en termes d'utilisation de l'IA.
05:08Quand on regarde les sondages, aujourd'hui, nous avons rattrapé les États-Unis.
05:13Par contre, quand je regarde les prix, les valos,
05:15des entreprises qui sont candidates quand même en termes de business model
05:20pour pouvoir bénéficier de l'IA,
05:22elles n'ont pas énormément bougé.
05:24Donc, c'est quelque chose pour plus tard,
05:26quand on sera mieux à même de percevoir ça.
05:28Alors, vous parliez des secteurs qui vous intéressent du côté de l'Europe.
05:32Ce n'est pas possible de ne pas parler du secteur de la défense
05:34où il se passe énormément de choses,
05:36où on sent qu'il y a des progrès et des investissements
05:39qui sont programmés,
05:41mais non d'un chien où on sent l'Europe totalement désunie
05:44entre Allemagne et France.
05:46On a des projets en commun qui étaient montés,
05:49qui étaient très ambitieux,
05:50qui étaient vraiment l'objet d'investissements importants,
05:53qui partent à volo.
05:55Comment vous quantifiez un petit peu ce qui peut se passer
05:58du développement d'une défense européenne ces prochains mois ?
06:03C'est comme l'IA, ça reste compliqué.
06:06Oui, et ça fait partie des secteurs qui m'intéressent,
06:10dans lesquels je vois une opportunité.
06:11Donc là, je parle d'un point de vue marché,
06:13d'un point de vue action.
06:14C'est un secteur qui a rebondi de 10% la semaine dernière.
06:18On a là des annonces de la France, du Royaume-Uni, de l'Allemagne,
06:22davantage de dépenses publiques militaires.
06:26Donc ça, c'est une bonne chose.
06:27Des fusions acquisitions aussi, on a pu le voir.
06:29Exactement, et plusieurs qui sont aujourd'hui sur le tapis.
06:34Malgré le rebond de 10% la semaine dernière,
06:37c'est un secteur qui n'a pas pris un seul pourcent
06:40depuis le début de l'année.
06:41Donc ils sous-performent le marché de 10 points de pourcentage.
06:46Donc, si je pense à l'année dernière,
06:49quand je regardais les multiples de ce secteur,
06:51ils étaient consistants avec une dépense publique
06:54de l'ordre de 4% en termes de points de pourcentage du PIB.
06:594% pour la défense.
07:00C'était probablement un peu trop optimiste,
07:02si je suis honnête, et nous l'avions dit.
07:05Maintenant, quand je regarde ces multiples,
07:07ils se sont comprimés ces derniers mois,
07:10à la suite de cette sous-performance.
07:11Et on est plus en ligne avec une dépense
07:15de l'ordre de 3% du PIB, de la zone euro,
07:18ce qui me paraît plus raisonnable.
07:20Et comme ce sont des entreprises
07:21qui génèrent des profits aujourd'hui,
07:24parce qu'il n'y a pas assez de capacités
07:26par rapport au carnet de commandes,
07:28je pense qu'il peut y avoir de la surperformance
07:32générée par les profits.
07:33Et d'ailleurs, le conflit au Moyen-Orient,
07:36bien qu'il soit évidemment malheureux
07:39pour les populations locales,
07:41bénéficient aux entreprises européennes,
07:43parce qu'il y a un certain nombre
07:45de pays du Golfe
07:46qui ne souhaitent plus se réarmer
07:48avec les Etats-Unis.
07:50Et donc, ça retombe sur nos entreprises,
07:52notamment nos entreprises françaises.
07:54Effectivement.
07:54Et puis, il y a toujours une situation
07:55qu'on n'arrive pas à démêler
07:57entre Russie et Ukraine.
07:58Donc là, du point de vue des dynamiques,
08:00c'est ça qui va animer
08:02les plans de défense européens.
08:03Il nous reste une minute, Lilia.
08:05Le dollar qui reste toujours aussi puissant,
08:08est-ce que ça peut être un problème ?
08:10Ou en tout cas, quelque chose à surveiller
08:12pour la fin de l'année ?
08:14Le dollar, peut-être que c'est une vue
08:17assez peu consensuelle en ce moment,
08:19qu'il était très au début de l'année,
08:21mais peu en ce moment.
08:22Nous le voyons continuer,
08:24enfin, pas continuer,
08:25mais reprendre sa dynamique baissière
08:27pour une raison principale
08:30qui n'est pas forcément quelque chose
08:31qui va s'opérer sur le très court terme,
08:33mais à horizon moyen-long terme.
08:35Nous voyons les flux de capitaux
08:37qui sont entrés aux Etats-Unis
08:40ces 15 dernières années,
08:41non pas disparaître,
08:42mais marginalement se réduire.
08:44Parce que le monde entier
08:45a financé les Etats-Unis
08:48en achetant des bons du Trésor,
08:50en achetant le marché actions,
08:51parce qu'il y avait une croissance nominale,
08:54un différentiel de taux nominaux
08:56qui était largement à la faveur
08:58des Etats-Unis
08:58et une surperformance absolument colossale
09:01du marché actions.
09:03Et ça, si aujourd'hui,
09:05notamment les Etats dépensent
09:07de façon plus locale,
09:09il y aura moins de capitaux
09:10qui vont affluer vers les Etats-Unis
09:12et donc la surévaluation
09:16un petit peu, quelque part,
09:17artificielle du dollar
09:19ces dernières années
09:20devrait s'amoindrir
09:21selon nous.
09:22Donc, si je mets ça
09:23en regard de la performance
09:25des actions européennes
09:26qui devraient dans l'absolu
09:27être bonnes cette année,
09:30peut-être pas au niveau
09:31des indices
09:33qui comportent plus
09:34de semi-conducteurs,
09:35de technologies
09:36qui font aujourd'hui
09:37une croissance des bénéfices
09:39proche du double
09:41de celles attendues en Europe,
09:42si je mets ça en regard
09:43aussi des dynamiques
09:47de flux
09:48et du taux de change.
09:50Ça me fait regarder
09:51les actions européennes
09:53de plus près, disons.
09:55Il y a de la grande rotation
09:56tous azimuts,
09:56aussi bien du côté des secteurs
09:58que des zones géographiques,
09:59que des changes,
10:00et il faudra y être attentif.
10:01Merci infiniment,
10:02Lydia Pétavin,
10:03stratégiste JP Morgan
10:04Asset Management,
10:05de faire le point régulièrement
10:06avec nous,
10:07comme vous le faites.
10:07Merci.
10:08Merci.
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