00:00Choose France, est-ce qu'il faut aussi choisir la France quand on est investisseur en bourse ?
00:03Alexandre Barades pour IG est avec nous, bonjour Alexandre.
00:06Vous participez à cette spéciale Choose France sur BFM Business.
00:09Est-ce qu'il faut privilégier la France dans la mesure où le CAC 40 est en retard ?
00:12Est-ce qu'il y a une opportunité particulière ici sur le CAC ?
00:14Oui, le CAC je continue à le défendre comme un bon vecteur d'investissement
00:17parce qu'il ne faut pas perdre de vue que c'est un indice qui est très bien diversifié.
00:20Vous avez des valeurs bancaires, des valeurs du luxe, des valeurs industrielles,
00:23des valeurs de la défense, vous avez de la pharma,
00:25vous avez à peu près tout ce qu'on peut trouver dans un indice bien diversifié
00:29et sa valorisation n'est pas excessive.
00:31On est aux alentours de 15 fois les bénéfices anticipés.
00:34Je compare avec un SP500, alors certes il y a la tech etc.
00:36qui est à 22 fois les bénéfices anticipés,
00:38mais 15 fois c'est la moyenne à peu près sur 10 ans.
00:41Donc on est dans la moyenne en fait des valorisations pour le CAC 40.
00:44Et ne pas perdre de vue aussi que quand on parle du CAC,
00:47les quotations qu'on affiche toujours, partout,
00:49et même ceux que nos clients traident, c'est le CAC hors dividendes.
00:52N'oubliez pas que le CAC, quand vous investissez sur le CAC,
00:54vous percevez les dividendes et le graphique du CAC 40,
00:57dividendes inclus, lui, continue de gravité proche de ses plus hauts historiques.
01:01Donc c'est un indice qui est plutôt bien résilient.
01:04La seule chose qui lui manque, je dirais à court terme,
01:06il y a deux facteurs selon moi qui peuvent le faire accélérer.
01:09Le premier, je pense qu'on l'attend tous,
01:10c'est les questions liées à l'Iran,
01:12c'est-à-dire voir une situation se détendre pour de bon,
01:14voir l'énergie revenir dans des prix plus normaux,
01:15et là il y aura une première bouffée d'oxygène pour le CAC 40.
01:19Et puis je pense que le deuxième facteur,
01:20c'est un facteur qui n'est pas seulement européen,
01:21je pense, c'est un facteur qui est plutôt du côté de l'Asie.
01:24On a vu ce qui avait freiné des entreprises comme le luxe par exemple,
01:27le secteur auto également,
01:29c'était la dynamique de l'économie chinoise pendant quelques temps.
01:31Et si on voit, on a eu cette nuit par exemple des bons indices PMI pour la Chine,
01:34dans le secteur manufacturier, donc ils sont plutôt de bon augure.
01:37Si on voit que des annonces supplémentaires sont faites en Chine
01:40pour soutenir un peu la consommation,
01:41des mouvements de la banque centrale chinoise,
01:42peut-être pour abaisser un peu les taux, ce genre de choses,
01:44je pense que c'est des choses qui pourront faire rebondir,
01:48ou en tout cas accélérer le CAC 40.
01:49– Est-ce que vous avez le sentiment que notre économie,
01:51nos économies européennes désormais dépendent davantage
01:53de l'évolution de l'économie chinoise,
01:55justement de la croissance chinoise, que de la croissance américaine ?
01:57Ça fait des années qu'on dit la croissance américaine incroyable,
02:00et pas nous ici en Europe.
02:01Est-ce qu'on dépend plus justement de l'évolution de cette croissance chinoise
02:04que de l'évolution de la croissance américaine ?
02:06Et je vous pose d'autant plus la question que
02:08Choose France, très bien, sauf qu'au premier trimestre,
02:10le PIB de la France a été révisé à la baisse,
02:11il s'est contracté pour la première fois depuis 2020 ce PIB français.
02:14– Oui, il y a encore des sujets un peu franco-français quand même.
02:17Souvenez-vous, quand la dissolution de l'Assemblée nationale avait été faite,
02:21le CAC avait sous-performé par rapport à ses homologues européens,
02:24parce qu'il y avait eu aussi des questions sur les taux souverains de la France,
02:26l'écartement des taux avec l'Allemagne, etc.
02:28Donc ça, le CAC 40 n'avait pas aimé.
02:30Les investisseurs, vu que l'étranger, n'avaient pas aimé.
02:32Donc il faut aussi voir que le CAC 40 est investi par des investisseurs étrangers
02:35et qui regardent la zone géographique,
02:38alors qu'on sait que le CAC 40, c'est des groupes internationaux,
02:40très bien diversifiés, etc.
02:42Mais quand on a un investisseur étranger et qu'on se dit
02:43« Tiens, est-ce que je vais acheter du DAX, du CAC ou du MIB italien ? »
02:46L'actu local, j'ai envie de dire, compte quand même.
02:48Donc ça, c'est le premier point.
02:49– Et le CAC en mai a gagné 0,8 à peine, là où le DAX a gagné 4%.
02:53– Oui, ça, et effectivement, votre deuxième remarque sur l'Asie,
02:56oui, je pense quand même qu'on regrette beaucoup du côté de l'Asie,
02:59du côté du CAC 40, parce qu'on s'habitue à une croissance américaine qui est résiliente,
03:02donc c'est presque naquille, en fait.
03:04Et là où le volet qui est le plus déçu,
03:07et encore une fois, on parle des poids lourds du CAC 40,
03:10ça a été le luxe à partir d'aller de 2023,
03:13c'est quand justement les signaux sur la macro chinoise étaient un peu moins bons,
03:16quand les chiffres sur la vente du luxe en Chine étaient moins bons,
03:19et ça, on a vu, c'était vraiment l'argument
03:20qui a provoqué des prises de bénéfices sur ces valeurs-là
03:22et leur poids dans le CAC étant tel que ça attire un peu l'indice à la baisse.
03:26Mais encore une fois, bien penser à la diversification du CAC 40,
03:29et encore une fois, je pense vraiment à un atout,
03:30c'est justement d'être bien diversifié.
03:32Parfois, effectivement, on n'a pas les rallies qu'on peut avoir actuellement
03:35sur la tech, sur tout ce qui est parti vraiment tech côté US,
03:38mais en revanche, dès qu'un autre thème va s'allumer,
03:42il s'allumera aussi au sein du CAC 40.
03:43Le fait d'être bien diversifié, c'est-à-dire qu'on a lancé plein de lignes comme ça,
03:47et il y a un thème qui s'active à un moment donné pour que le CAC 40 en bénéficie.
03:50Bon, et pour l'instant, la Chine alors, parce que c'est vrai que Wall Street brille de mille feux,
03:54neuf semaines de hausse d'affilée là aux Etats-Unis, c'est gigantesque,
03:57on est sur des records, le Nasdaq gagne encore 0,1% aujourd'hui,
04:00et plus ça monte, plus vous avez le vertige,
04:02et plus vous dites, comparez justement à la tech chinoise,
04:05la tech américaine perd de l'attrait.
04:06Oui, c'est complètement frappant sur ce qu'on assiste.
04:09Je vais prendre un exemple très très concret.
04:12Prenez le sommet de 2021 sur la tech chinoise,
04:14et prenez le sommet de 2021 sur la tech américaine.
04:17Donc, un sommet sur le Nasdaq d'un côté,
04:20et un sommet sur le Hang Seng Tech,
04:22qui est l'indice de référence de la tech chinoise de l'autre.
04:24Eh bien, par rapport à ce sommet de 2021, post-Covid,
04:27aujourd'hui, le Nasdaq est 100% au-dessus de ce niveau-là.
04:30À l'époque, on avait les 15 000 points sur le Nasdaq, on est à 30 000.
04:32Vous prenez l'indice chinois, donc l'équivalent du Nasdaq chinois,
04:35il est 50% en dessous de son pic de 2021.
04:39D'un point de vue des valorisations, c'est encore plus dingue,
04:43on a une décote en termes de valorisation sur la tech chinoise
04:46qui est de 45% en termes de valorisation par rapport à la tech américaine.
04:50Et quand on parle de tech chinoise, ce n'est pas les startups.
04:52On parle d'Alibaba, Tencent, Baidu,
04:55donc tous les grands groupes chinois qui sont aussi très diversifiés.
04:59C'est des groupes qui font du e-commerce,
05:00c'est des groupes qui se sont lancés dans la course à l'IA également,
05:03c'est des groupes qui sont un peu comme les groupes américains,
05:06qui touchent plusieurs domaines à la fois.
05:07Et c'est vrai qu'on a l'impression que les capitaux sont tellement siphonnés
05:10par la tech américaine, la Corée du Sud aussi attire les capitaux,
05:14que finalement on est en train de délaisser un peu la tech chinoise.
05:17Et on a, je vais vous donner un ratio qui montre bien
05:19à quel point il y a des écarts incroyables,
05:21le Nasdaq, c'est 37 fois les bénéfices qu'il se paye,
05:23donc c'est le ratio court-bénéfice,
05:25la tech chinoise, on est autour de 20 fois les bénéfices réalisés.
05:28Donc vous voyez, l'écart de valorisation...
05:30Mais ce n'est pas l'écart historique entre le marché chinois,
05:32tout simplement, et Wall Street, ça que vous êtes en train de découvrir ?
05:33Oui, il faut vérifier, mais je pense qu'on est sur des niveaux d'écart
05:35qui sont rarement vus, et attention aussi,
05:38c'est pour ça que je parle de la tech chinoise,
05:39parce qu'il faut bien avoir conscience aussi,
05:40et c'est valable pour les indices un peu plus larges,
05:42comme le Hang 5 tout court,
05:43qui inclut aussi des valeurs bancaires, pétrolières ou autres,
05:46c'est que c'est un indice qui est très peu corrélé aux valeurs américaines.
05:49Historiquement, vous avez des ratios de corrélation qui ne sont pas énormes.
05:52Ce qui veut dire quoi ?
05:53Ce qui veut dire qu'à un moment donné,
05:54ça c'est déjà vu dans l'histoire,
05:54vous pourrez avoir un indice américain qui, par exemple, corrigerait,
05:57et un indice chinois qui monterait.
05:59Donc attention à ça aussi,
06:01ne pas surveiller d'éventuelles corrélations
06:02entre les Etats-Unis et la Chine,
06:04c'est souvent pas décorrélé.
06:05Mais alors, la tech américaine cartonne,
06:06ça va peut-être trop vite,
06:07en tout cas par rapport à la tech chinoise,
06:09mais il n'y a pas que la tech américaine qui va très vite,
06:11la tech japonaise, Softbank, depuis ce matin,
06:13et la première capitalisation de la bourse de Tokyo,
06:15devant Toyota, Softbank.
06:17Oui, mais pourquoi ?
06:18Pourquoi ? Parce qu'ils ont des investissements dans l'IA.
06:20C'est vrai que j'ai regardé les cours de la réaction de Softbank,
06:22depuis le creux qu'on a touché juste avant,
06:24au moment du conflit en Iran,
06:27et très vite, Softbank, c'est 130% de gains
06:30depuis le creux du mois de mars, grosso modo.
06:33Donc c'est une valeur qui a plus que doublé
06:35en l'espace de deux mois, deux mois et demi.
06:37Donc c'est vrai qu'il faut quand même
06:39avoir conscience de ce que ça représente
06:40pour des groupes comme ça.
06:42On a beau dire qu'effectivement,
06:44c'est le thème porteur du moment,
06:46il y a quand même des variations,
06:47comme sur des boîtes comme Microtechnologie ou autre,
06:49qu'on fait x8, x9 en l'espace de quelques mois,
06:51à un moment donné, vous savez bien qu'il y a une partie
06:52de rationnel qui n'est plus vraiment présent dans le marché.
06:56Même si en termes de valo, on n'est pas sur des folies.
06:58C'est ça qui est très paradoxal et compliqué.
07:01Ce serait tellement simple si les valorisations
07:02étaient stratosphériques.
07:03Ce n'est même pas le cas.
07:04C'est pour ça que c'est compliqué et que vous vous engagez quand même.
07:06C'est un vrai engagement que de dire
07:07« ça devient irrationnel, la tech américaine qui monte,
07:09softbank, ça devient irrationnel ».
07:11C'est une conviction, mais les valorisations
07:13ne poussent pas à être non plus très inquiets.
07:15Je ne dis pas que c'est irrationnel,
07:16parce que ce qui était vraiment irrationnel,
07:17c'est l'abus d'Internet.
07:18Mais sous niveau à l'époque,
07:19le Nasdaq se payait du 80 fois les bénéfices.
07:21Là, on parle du multiple sur le Nasdaq à 37,
07:23à 37, 40 fois les bénéfices.
07:25Ce n'est pas la même chose.
07:26Je ne suis pas en train de vous dire
07:27que je pense que ça n'a rien à voir.
07:29Mais simplement, dans l'imaginaire des investisseurs,
07:32soit ce n'est pas de bulle,
07:33soit c'est la bulle Internet.
07:34Comme s'il n'y avait pas d'entre-deux.
07:36Et je pense qu'on est dans cet entre-deux.
07:38Quand vous regardez les multiples sur le Nasdaq,
07:40par exemple,
07:41les multiples réalisés,
07:43le ratio court-bénéfice réalisé,
07:45est quand même relativement élevé.
07:46C'est effectivement le ratio
07:47des multiples attendus,
07:50les ratios court-bénéfice anticipés,
07:52qui est très bas,
07:53parce que justement,
07:54le marché considère
07:55que les incroyables performances
07:57des derniers mois
07:57peuvent être renouvelées
07:59encore sous les 12 mois à venir.
08:00Et c'est là-dessus
08:00que je suis un peu plus prudent.
08:02Et est-ce que justement
08:02les valeurs d'intelligence artificielle
08:04vont trop vite pour les marchés ?
08:05Il se trouve que parfois,
08:06la composition des ETF prête à sourire.
08:09Sandisk,
08:09qui a explosé en un an,
08:11plus 4000% Sandisk.
08:12Eh bien, Sandisk est toujours
08:14dans le MSCI World Small Cap,
08:16alors que sa capille dépasse
08:17les 230 milliards de dollars.
08:19C'est toujours une small cap
08:20dans le MSCI World.
08:21C'est fou.
08:22Quand on parle de Samsung
08:23et de SKINX,
08:24on parle de sociétés,
08:26d'une économie
08:26qui est encore classée
08:27dans les pays émergents.
08:29Aussi.
08:30Oui.
08:30Mais effectivement,
08:31c'est là où c'est...
08:32Ça va trop vite pour les marchés.
08:33Ça va trop vite,
08:33et effectivement ça,
08:34parce qu'il y a quand même des règles.
08:35Quand on fait passer
08:36une valeur d'un indice,
08:37par exemple plus small,
08:38à un indice plus large,
08:39il y a des règles
08:40à la fois trimestrielles,
08:42sur le comité,
08:43qui sont réalisées,
08:44et les semi-annuels également.
08:46Et il faut une forme de récurrence
08:47pour éviter justement
08:48les fins d'un peu de spike,
08:49c'est-à-dire en gros
08:50une valeur qui peut faire x5
08:51et puis retomber de 50% derrière.
08:52Donc l'idée,
08:53et c'est pour ça
08:54que la MSCI n'a pas encore changé
08:55l'entreprise d'indice,
08:57c'est parce qu'il faut
08:58une récurrence,
08:59un maintien en fait de la valeur,
09:00à la fois dans des niveaux
09:01de capille supérieure,
09:02et que le coût effectivement
09:03ne fasse pas du x8
09:04et puis retombe,
09:05se divise par 3 derrière.
09:07Donc il y a aussi une attente
09:08sur plusieurs trimestres
09:09qu'il faut constater.
09:10Alexandre Baradez,
09:11responsable de la stratégie
09:12pour IG.
09:12Merci beaucoup Alexandre
09:13de nous avoir accompagné.
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