- il y a 2 mois
Ce vendredi 5 juin, Laurent Chaudeurge, membre du comité d'investissement chez BDL Capital Management, et Mabrouk Chetouane, responsable de la stratégie de marchés chez Natixis Investment Manager, se sont penchés sur le rapport sur l'emploi aux États-Unis, meilleur qu'attendu, les valeurs tech comme maîtres du jeu sur les marchés boursiers, la bataille de l'IA qui fait rage entre les Chinois et les Américains, Anthropic qui propose un moratoire mondial sur le développement de l'IA face à un risque de perte de contrôle, SpaceX qui vise 135 dollars par action pour son IPO, ainsi que la fortune infinie d'Elon Musk, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:04Nos experts du club viennent de nous rejoindre.
00:06A l'instant, ils viennent de s'installer confortablement, on l'espère.
00:10Confortables, Mabrouk ? Vous êtes bien là ?
00:11Oui, toujours.
00:12Vous êtes sous le filet d'air frais, je crois, à cette place-là.
00:15Oui, c'est très agréable.
00:16Mais c'est bien, ça rafraîchit tout le studio et vous êtes pile dessous.
00:19Mabrouk Chetouane avec nous pour Natixis IM.
00:22Laurent Chauderge échappe à ce courant d'air frais.
00:25Bonsoir, Laurent.
00:26Bonsoir, mais très confortable aussi.
00:27Oui, oui, je me doute, membre du comité d'investissement de BDL Capital Management.
00:31On est ravis de vous retrouver l'un et l'autre ce soir.
00:33Le CAC 40, donc en petite baisse, presque une séance pour rien sur le CAC.
00:36À Wall Street, nette baisse en revanche.
00:38Le rapport sur l'emploi, on va démarrer par ça quand même.
00:40Avant de parler de SpaceX et de la tech dans un instant,
00:42le rapport sur l'emploi est meilleur qu'attendu.
00:44Deux fois plus de création de poste qu'attendu aux Etats-Unis.
00:46Ce n'est pas rien au mois de mai.
00:48Résultat, alors les actions reculent parce qu'on se dit,
00:50ce n'est pas facile de justifier une baisse de taux
00:52quand le marché de l'emploi va aussi bien.
00:53Comment vous regardez ce rapport sur l'emploi, Mabrouk ?
00:55Il témoigne finalement de la résilience que vous l'aviez indiquée
00:59dans votre introduction de l'économie américaine,
01:02qui n'est pas vraiment une surprise.
01:03On a en tout cas, nous, toujours été finalement assez constructifs,
01:06positifs sur la solidité de l'économie américaine.
01:09C'est vrai que ça surprend.
01:10Et ce qui surprend par ailleurs, c'est que le passé a été révisé à la hausse.
01:13Alors là encore, il faut mettre des guillemets
01:14puisque quand on a finalement les chiffres définitifs,
01:17on va dire un an après, on s'aperçoit que l'économie américaine
01:19a détruit beaucoup plus d'emplois finalement qu'un an a créé.
01:21Mais en tout cas, toujours est-il, ce que prend le marché,
01:23c'est de dire au fond, l'économie américaine
01:25dont effectivement on soupçonnait quelque part,
01:28on s'inquiétait sur l'évolution conjoncturelle,
01:30finalement tout se passe bien.
01:31On est une économie qui n'est pas sous stéroïde,
01:33finalement qui continue de progresser,
01:35avec des tensions inflationnistes.
01:37Et finalement, en toile de fond, ce que ça nous dit,
01:39ça nous dit que le prochain gouverneur,
01:41est-ce qu'il aura les coups des franges
01:42pour pouvoir délivrer des baisses de taux ?
01:44Absolument pas.
01:45Même finalement, avant le rapport sur l'emploi,
01:47il n'y avait aucune baisse de taux
01:48qui était anticipée par le marché
01:50sur cette année 2026.
01:52Bien au contraire, on avait déjà les prémices
01:54des hausses de taux.
01:55Et donc, quelque part, ça vient conforter le marché
01:57que globalement, il n'y aura pas d'assouplissement monétaire,
02:01mais globalement, j'ai envie de dire,
02:02est-ce qu'il y en a vraiment besoin aux États-Unis ?
02:04La réponse est non, puisque fondamentalement,
02:06si l'économie crée des emplois,
02:08et si en plus de ça, il y a un autre chiffre
02:10également qui est important de souligner,
02:12le taux de chômage est complètement stable,
02:13mais surtout, c'est que la croissance des salaires,
02:15finalement, elle, reste sous contrôle.
02:16Tout à fait, conforme aux attentes.
02:18Légèrement en dessous, même, finalement,
02:20sur la croissance des salaires,
02:21et donc, on a, finalement, le meilleur des mondes,
02:22en quelque sorte.
02:23Une économie américaine qui produit de l'emploi,
02:26qui continue de créer des jobs,
02:28avec, finalement, une croissance des salaires
02:29qui est, généralement,
02:31qui nourrit cette inflation sous-jacente
02:33que tout le monde,
02:33que les banquiers centraux,
02:35regardent de manière, bien évidemment, attentive,
02:38eh bien, tout est sous contrôle.
02:40J'ai presque envie de dire,
02:41comme d'habitude,
02:42c'est imperfect, encore une fois,
02:43pour l'économie américaine,
02:44qui va, finalement,
02:45bon, le marché d'action corrige,
02:46tout simplement,
02:47parce qu'on a un peu plus
02:48de restrictions monétaires,
02:49finalement, dans les tuyaux,
02:50qui va arriver d'ici,
02:52peut-être, la fin de l'année.
02:53Mais, attendez,
02:53il y a quand même un point très important,
02:54c'est qu'on a, quand même,
02:56les mid-term elections,
02:57globalement,
02:57les élections de mi-mandat,
02:58pardon,
02:59qui constituent, finalement,
03:00là encore,
03:00un rendez-vous extrêmement important,
03:02et la condition,
03:03enfin, la grande question,
03:04c'est,
03:04est-ce que Kevin Warch
03:05va resserrer les taux
03:06avant, en fait,
03:08avant les mid-terms ?
03:10Globalement,
03:10et c'est pour ça
03:11que, fondamentalement,
03:11le marché surréagit peut-être
03:13un peu à cette news,
03:14il n'y aura pas de restrictions,
03:15il n'y aura pas de resserrement
03:15par non-monétaires
03:16avant, finalement,
03:17le mois de novembre.
03:19C'est assez improbable,
03:20nous semble-t-il.
03:21172 000 créations de postes,
03:23on est proche des 200 000,
03:23toujours, au mois de mai,
03:24aux Etats-Unis,
03:25malgré le fait qu'on vienne
03:26de niveaux, quand même,
03:27très hauts aussi,
03:28voilà,
03:28malgré la guerre en Iran,
03:30malgré un certain nombre
03:31de vents contraires,
03:31on se disait
03:31l'IA va détruire des postes,
03:33peut-être qu'elle en détruire
03:33dans certains secteurs,
03:35mais globalement,
03:36la dynamique de l'emploi
03:36reste hyper résiliente.
03:37Elle reste résiliente
03:38et il y a quelque chose
03:39qui est un peu passé aussi,
03:40on va dire,
03:41sous les écrans radars
03:41et qu'on regardait par ailleurs
03:43et qui était une des thématiques
03:44de campagne de Donald Trump,
03:45c'était bien évidemment
03:46la politique migratoire,
03:47qui a fait beaucoup de mal,
03:48finalement,
03:49au marché du travail américain,
03:51puisque finalement,
03:51on est dans une situation,
03:53pas plus tard, finalement,
03:54qu'en début de cette année,
03:55ou avec,
03:56dans une situation
03:57un peu d'équilibre précaire
03:58sur le marché du travail,
03:59avec pas beaucoup d'embauches
04:00et pas beaucoup de licenciements,
04:01de licenciements, finalement.
04:02Donc, on avait un marché du travail
04:03qui était, on va dire,
04:04gelé un peu aux Etats-Unis,
04:06ce qui est assez inhabituel par ailleurs
04:07et ce qui, finalement,
04:09faisait écho,
04:10en quelque sorte,
04:11à cette politique migratoire
04:12qui empêchait, finalement,
04:13ce flux, finalement,
04:16alimentant le marché du travail américain.
04:17Quand on regarde
04:18les statistiques les plus récentes,
04:19enfin, les dernières données
04:20qu'on dispose,
04:21on voit bien que cette immigration,
04:22en fait, en réalité,
04:23elle est repartie.
04:24La part de la population,
04:25finalement, étrangère,
04:27dans la population américaine
04:28est en train de repartir.
04:29Bien sûr.
04:30Oui, bien sûr,
04:31ça, effectivement,
04:32on commence à le constater.
04:33Parce que l'ICE commence
04:34à un peu plus faire attention
04:35à ce qu'elle fait.
04:35Parce que Trump, en fait,
04:36a tout faux sur l'ensemble
04:37de ses dossiers.
04:37En gros, quand vous regardez
04:38les tarifs douaniers,
04:39on est en train de revenir.
04:40Donc, en gros,
04:41même le 10% de tarifs douaniers,
04:43en fait, on est déjà en dessous
04:44à cause, effectivement,
04:45des effets de la Cour suprême,
04:46à cause, effectivement,
04:46de tout un tas d'effets par ailleurs.
04:48Quand on regarde également
04:49les tarifs douaniers
04:50qui étaient censés réindustrialiser,
04:52finalement, les Etats-Unis,
04:54en fait, ça ne marche pas.
04:55Donc, le poids, effectivement,
04:56du secteur manufacturier
04:57continue, finalement,
04:58de se dégrader de manière
05:00graduelle.
05:01Et surtout,
05:02le point le plus important,
05:02c'est est-ce que ces tarifs douaniers
05:03ont restauré, finalement,
05:04la balance commerciale américaine ?
05:05Pas du tout.
05:06Ça a surtout, en fait,
05:07bénéficié à l'économie chinoise
05:09et surtout, finalement,
05:10à la balance commerciale chinoise
05:12qui n'a jamais été
05:13aussi excédentaire.
05:14Donc, globalement, finalement,
05:15on revient sur l'économie américaine
05:17telle qu'elle était avant,
05:18finalement, Trump.
05:19Oui, un regard là-dessus, Laurent.
05:21On voit la réaction des marchés
05:22cet après-midi, quand même.
05:23Le Nasdaq recule de 2%.
05:25Bon, ça faisait un moment
05:25qu'on n'avait pas vu perdre 2%,
05:26puis le S&P perd 1,1%.
05:28Antoine ?
05:28D'ailleurs, Donald Trump,
05:29sur Truth Social,
05:32se peste en disant
05:33« Mais ce n'est pas possible,
05:34les marchés devraient grimper
05:35avec un rapport sur l'emploi aussi bon ».
05:38Ah, il n'a pas compris
05:38comment ça fonctionnait.
05:39Oui, j'ai l'impression que ça...
05:41Le temps que ça fasse
05:42crouille, crouille, crouille.
05:45Laurent.
05:46Non, je suis d'accord.
05:48Difficile d'enchaîner.
05:48Les chiffres de l'emploi sont bons.
05:51L'économie américaine se tient bien.
05:53Nous, de manière générale,
05:54on est relativement prudent quand même,
05:56en général, sur l'économie.
05:58Un, parce que ce qui nous ennuie
05:59un petit peu,
05:59c'est que dans la construction
06:01de la croissance américaine,
06:02quand on regarde nos travaux,
06:03on a l'impression qu'il y a
06:03une grosse partie qui vient quand même
06:04de l'IA.
06:05Et on a un sujet là-dessus
06:06sur à quel point l'IA
06:07peut encore accélérer.
06:09On pense plutôt que c'est le contraire
06:10qui va se passer.
06:11Et puis quand même,
06:12plus le détroit d'Hormuz
06:14reste bloqué,
06:15plus la probabilité
06:16que l'économie se ralentisse
06:17augmente.
06:18Et donc, on salue ces bons chiffres,
06:21mais ce n'est pas pour autant
06:22qu'on va changer forcément
06:24notre positionnement
06:24qui est un petit peu plus prudent
06:26qu'il ne l'était en début d'année
06:27concernant l'économie.
06:27J'ai bien entendu ce que vous venez de dire.
06:29Nous pensons que l'IA
06:30va arrêter d'accélérer.
06:31Vous venez de dire ça ?
06:32Vous l'avez dit vite,
06:33mais c'est ça ?
06:33Il faut utiliser les bons mots,
06:35mais oui.
06:35En fait, ce qu'on pense,
06:37en tout cas nos travaux,
06:38c'est que l'engouement de l'IA
06:40très fort depuis plusieurs mois,
06:42à notre avis,
06:43la cause principale,
06:44c'est les révisions massives
06:45d'estimation de capex,
06:47de dépenses, d'investissement.
06:48Et un chiffre,
06:49pour avoir ça en tête,
06:50c'est que si vous prenez
06:51les cinq gros hyperscalers,
06:52donc Amazon, Microsoft,
06:54Meta, Oracle et Alphabet,
06:56et vous regardez
06:57ce que les gens attendaient
06:59l'année dernière,
07:00début de l'année dernière.
07:00Ils se disaient,
07:01en 2026,
07:02ces gens-là vont dépenser
07:04320 milliards de dollars
07:05d'investissement en 2026.
07:07Finalement,
07:07ça va être 800 milliards.
07:08C'est quasiment x3.
07:10On s'est trompé de x3
07:11dans l'estimation.
07:12Pareil pour 2027 et 2028.
07:14Et nous, notre point,
07:15c'est que ça,
07:15c'est derrière nous.
07:16On ne va plus pouvoir
07:17refaire la même surprise
07:18parce que,
07:18quand vous regardez,
07:19l'équation financière
07:21se dégrade.
07:22Ces investissements
07:23engloutissent leur cash flow.
07:24Donc,
07:24il n'y a plus de génération
07:26de cash flow
07:26à partir de cette année,
07:27quasiment.
07:27Donc,
07:27ils vont devoir soit
07:28emprunter plus,
07:29soit l'augmentation de capital.
07:31On l'a vu avec Alphabet lundi,
07:32Anthropie qui va se lister,
07:33etc.
07:33Donc,
07:34la croissance va devenir
07:35dilutive pour l'actionnaire.
07:36C'est un changement
07:36un peu de paradigme là-dessus.
07:38Oui,
07:39et au point que,
07:40du coup,
07:40il y aura peut-être plus
07:41de levées de capitaux
07:42à travers les actions
07:42que de rachats d'actions.
07:43Les rachats d'actions
07:44qui ont fait le bonheur
07:44des actionnaires
07:45ces dernières années,
07:45là,
07:45on risque d'en avoir
07:46un peu moins
07:47avec tous ces besoins
07:47d'investissement.
07:48Alors,
07:48c'est complètement notre calcul.
07:49Nous,
07:49on calcule que,
07:50sur les dernières années,
07:51grâce au rachat d'actions,
07:52vous aviez en fait
07:53un nombre d'actions
07:54en circulation
07:54qui diminuait
07:55dans l'écosystème de l'IA
07:57et il augmente
07:57à partir de cette année.
07:59Ah oui,
07:59et on est dans une nouvelle phase
08:00amenée à durer
08:01de réaugmentation
08:02du nombre d'actions.
08:02Ça,
08:02ça compte énormément.
08:03Quand il y a plus d'offres,
08:04la valeur parfois baisse.
08:05Et si vous ne voulez pas
08:06augmenter les actions,
08:06vous pouvez.
08:07Mais à ce moment-là,
08:07il va falloir faire
08:08de la dette
08:09et la dette,
08:10compte tenu des montants
08:11d'investissement,
08:12vous pouvez vite représenter
08:1320-30% des émissions nouvelles
08:15sur le marché obligataire
08:16au investment grade
08:17et ça devient très très important
08:18en termes de risque
08:19de concentration.
08:20Donc,
08:20je vous écoute,
08:21je me dis comme ça,
08:22la tech est à son top
08:23en bourse.
08:23Elle n'ira pas beaucoup plus haut,
08:24voire elle pourrait redescendre
08:25beaucoup plus bas ?
08:26En tout cas,
08:27c'est les raisons
08:27pour lesquelles
08:28on n'investisse pas,
08:30nous sur l'IA
08:31dans nos portes de feuilles.
08:32Ne prenez pas cet ascensor-là.
08:34Vous en avez pris d'autres
08:35par le passé,
08:35mais celui-là...
08:36Exactement.
08:36Et surtout qu'on trouve
08:37à côté,
08:38et c'est ça qui fait
08:39qu'on n'est pas embêté
08:40de ne pas être sur l'IA,
08:41c'est que l'IA et l'engouement
08:43assèchent des secteurs entiers,
08:44des ports entiers
08:45de l'économie à côté.
08:46Et donc,
08:46il y a des industries
08:47en Europe,
08:48des secteurs
08:48où vous pouvez acheter
08:49des entreprises de qualité
08:50qui n'ont jamais été aussi
08:51peu chères
08:52en 10 ou 15 ans.
08:53Donc,
08:53on fait notre marché là-dedans
08:55et on est patient
09:00parlera plus spécifiquement
09:01SpaceX dans un instant,
09:02mais c'est un thème
09:02à lui tout seul,
09:03SpaceX.
09:03Mais sur la tech,
09:04les niveaux de la tech
09:05et le fait que ça y est,
09:06on est au climax là
09:07et on ne pourra pas
09:08espérer beaucoup plus,
09:09qui ira plus loin en bourse
09:10relèvera peut-être
09:11de la bulle
09:12et de l'euphorie en l'occurrence.
09:13Est-ce que vous avez
09:14cette idée en tête,
09:15vous aussi ?
09:16Ce n'est pas tout à fait
09:17notre analyse
09:17dans la mesure
09:18où on pense plutôt
09:19le contraire en réalité.
09:22Dans la mesure où
09:23à chaque fois
09:23qu'on bat des records
09:24ou à chaque fois finalement
09:25qu'on commence à avoir
09:26des valorisations remontées,
09:29la sample éternelle
09:30thématique finalement
09:30de la bulle revient.
09:31Bon, premièrement,
09:32nous, on ne sait pas
09:32détecter une bulle.
09:34Globalement,
09:34on ne sait pas faire
09:35et malgré tous les outils
09:36et quantitatifs qu'on utilise,
09:37on ne sait malheureusement
09:38toujours pas préciser
09:40à quel moment finalement
09:41dans une situation
09:41d'exagération.
09:42Et puis les bulles
09:43dans un portefeuille,
09:44mieux vaut les prendre
09:44que les rater.
09:45Généralement,
09:46en plus aux Etats-Unis,
09:47les bulles ont parfois
09:47ce côté un peu,
09:48on va dire,
09:49salvateur,
09:50c'est qu'elles vous permettent
09:50en plus de remettre un peu
09:51pour essayer de regagner
09:53un peu ce momentum.
09:54Et on dit cela,
09:56fondamentalement,
09:56quand on regarde
09:57la valorisation du Nasdaq,
09:58alors effectivement,
09:59c'est une manière
10:00de regarder le secteur technologique,
10:03eh bien fondamentalement,
10:04il n'y a pas véritablement
10:05d'exagération à ce stade.
10:08C'est un secteur
10:08qui produit par ailleurs
10:10du revenu,
10:10contrairement effectivement
10:12aux autres épisodes
10:13de valorisation élevée.
10:15Et puis,
10:16ce procès qui consiste
10:17à dire à chaque fois
10:18trop de capex,
10:20si on fait un peu
10:21un exercice de pensée
10:21en disant
10:22mais s'il n'y a pas de capex,
10:23qu'est-ce qui va se passer ?
10:24En fait,
10:24il ne va jamais rien se passer
10:25et donc il n'y aura pas de revenu.
10:26Et là,
10:26effectivement,
10:26c'est la dégringolade.
10:27Donc,
10:27à un moment donné,
10:28quand on est dans une situation
10:29de monopole,
10:30on doit continuer d'investir.
10:31C'est un secteur
10:32qui est extrêmement intensif
10:33en capital.
10:34Et donc,
10:34à un moment donné,
10:35si on ne continue pas,
10:36si on ne maintient pas
10:37cet effort d'investissement,
10:38alors il y a sans doute
10:39peut-être un peu d'exagération.
10:40Le chiffre,
10:41effectivement,
10:41de 800 milliards,
10:42c'est quasiment,
10:43effectivement,
10:44par rapport à ce qui était
10:44déjà investi l'an dernier,
10:45on était à peu près
10:46autour de 400 milliards,
10:47c'est quasiment du x2.
10:48Mais tout le monde,
10:49déjà,
10:49anticipait que
10:50c'était déjà beaucoup
10:51l'an dernier
10:51et qu'on aurait beaucoup de mal
10:52à maintenir un tel niveau.
10:54Bon,
10:54effectivement,
10:54ça va encore plus vite.
10:56Oui,
10:56mais ce ne sera pas tout le temps
10:57comme ça.
10:57On n'aura pas toujours
10:58une dérivée seconde positive
10:59comme ça.
10:59On ne peut pas avoir,
11:00effectivement,
11:00cette dérivée seconde
11:01qui continue d'augmenter.
11:04Qui tire le marché vers le haut.
11:05Et quand on n'aura plus,
11:06est-ce qu'on va perdre l'essentiel
11:07de ce qui tire le marché vers le haut ?
11:08Qu'est-ce qui se passera ?
11:09En fait,
11:10quand on aura effectué
11:11les investissements,
11:12il y aura sans doute
11:13soit une diffusion
11:15vers l'économie,
11:16vers une économie
11:17beaucoup plus productive,
11:18beaucoup plus puissante.
11:19Et en fait,
11:19c'est le même problème
11:20à chaque fois.
11:21C'est the winner takes all.
11:23C'est-à-dire qu'en gros,
11:23celui qui aura réussi
11:25à passer ce virage de l'IA
11:27et à convertir finalement
11:28son économie
11:29à cette nouvelle technologie,
11:31eh bien,
11:31au moment,
11:32il va rafler la mise.
11:34Et en fait,
11:34quelles sont les économies
11:35qui sont extrêmement,
11:36on va dire,
11:39en avance en fait
11:39sur cette thématique-là.
11:41Il y en a deux,
11:41c'est la Chine
11:42et les États-Unis.
11:43Et le problème,
11:44c'est que globalement,
11:45ça attire finalement
11:46les regards
11:47et ainsi que les capitaux
11:48finalement
11:49sur ces deux économies,
11:50sur ces deux secteurs
11:51en particulier.
11:52Certes,
11:53de la concentration,
11:53il y en a,
11:54et on le voit
11:54à travers les valorisations
11:55notamment les marchés
11:57en Asie émergente,
11:59enfin émergente entre guillemets,
12:00donc la Corée du Sud
12:01n'est pas vraiment
12:01un pays émergent bien sûr.
12:02Mais quand on regarde
12:03effectivement ce qui se passe
12:03à Taïwan,
12:04ce qui se passe en Corée,
12:05c'est le reflet tout simplement
12:07encore une fois extrêmement solide
12:08et d'une capacité finalement
12:10à produire
12:10qui est limitée
12:12expliquant effectivement
12:12l'augmentation des marges
12:13et donc des profits.
12:14Oui, il y a une logique
12:15mais à un moment,
12:15il faudra être hyper agile
12:16et sortir de ces acteurs-là.
12:18Par exemple,
12:18est-ce qu'on n'a pas déjà vécu ça
12:19avec les 7 magnifiques ?
12:20Parce que franchement,
12:21depuis début 2025,
12:235 des 7 magnifiques
12:24font moins bien que le S&P.
12:25Plus rien de magnifique
12:25en termes de performance.
12:26Depuis le début 2025,
12:285 des 7 magnifiques
12:28font moins bien que le S&P
12:29à part Nvidia et Alphabet.
12:31Donc on voit
12:32que ça s'est diffusé ailleurs la hausse.
12:33Maintenant, la hausse,
12:34c'est les semi-conducteurs
12:35et on voit que ça commence
12:36à se diffuser encore au-delà
12:37avec les microprocesseurs.
12:39Maintenant,
12:39avec les agents d'IA,
12:40on voit les microprocesseurs
12:40à leur tour prendre la hausse.
12:41On a même vu Valeo
12:42dans les équipements anti-auto
12:43l'autre jour progresser.
12:45C'est ça que vous imaginez
12:47se poursuivre ricochet par ricochet
12:48et tenir le marché
12:49même si les 7 magnifiques
12:50ne font plus rien
12:51et qu'ensuite les semi-conducteurs
12:52ne font plus rien.
12:52Il y aura toujours un autre secteur
12:54qui prendra le relais
12:54et qui sera assez gros en bourse
12:56pour porter la hausse
12:57encore sur les indices ?
12:58Je ne suis pas expert
12:59et je pense que ça va être
13:00mieux renseigné
13:01finalement que ma réponse
13:02mais globalement,
13:03ce que je dis,
13:04c'est que ces progrès techniques,
13:05cette nouvelle technologie
13:06va se diffuser.
13:07Vous citiez effectivement
13:08certains secteurs,
13:09on pense aux secteurs industriels.
13:10Globalement,
13:11ça aussi,
13:12on peut en parler.
13:13Il y a beaucoup finalement
13:13dans le secteur industriel,
13:15beaucoup d'acteurs
13:16qui vont bénéficier
13:17effectivement de toute cette...
13:18Mais ils ne pèsent plus rien
13:19dans les indices ces acteurs-là.
13:20Donc ça ne fera plus monter
13:22les indices.
13:23Mais c'est cyclique
13:23entre guillemets.
13:24S'ils ne posaient plus rien
13:25effectivement aujourd'hui...
13:26Les banques l'an dernier,
13:28est-ce que les indices
13:29en ont énormément profité ?
13:31En Europe,
13:32bien sûr que oui.
13:33Quand même.
13:34Oh si.
13:35Si vous n'étiez pas
13:35sur les banques l'an dernier,
13:36c'était quand même compliqué.
13:38D'accord,
13:38mais ça ne faisait pas
13:39un indice CAC 40
13:40rayonnant face au reste du monde.
13:41Ce n'est pas parce que
13:41c'est général à progresser
13:43qu'on a rayonné
13:43face à Wall Street.
13:44Vous voyez ce que je veux dire ?
13:45C'est le poids dans les indices.
13:46Vous prenez un exemple
13:47pésiculé pour en faire
13:48une généralité.
13:48Vous dites tous les secteurs
13:49en retard,
13:50certains secteurs en retard
13:51profiteront de l'IA
13:51et à leur tour
13:52gagneront 40-50%.
13:53Tant mieux pour eux,
13:54il faut peut-être
13:54s'y positionner.
13:55Mais est-ce que les indices
13:56globaux en profiteront ?
13:57Je ne m'inscris pas
13:58sur un temps court en fait.
13:59C'est ça en fait.
14:00Le point en particulier,
14:01c'est que si on veut voir
14:02ces effets de diffusion
14:03se manifester,
14:04ça va s'inscrire
14:04sur le temps long.
14:05Et le temps long,
14:06c'est le temps des marchés actions.
14:07Donc on ne peut pas
14:07effectivement demander
14:08au marché actions
14:09du jour au lendemain
14:10de délivrer des performances
14:11tellaires.
14:12Laurent,
14:13qui a gagné là ?
14:14C'est lui ou moi ?
14:14Je partage un peu
14:16l'avis de la prudence
14:17parce qu'il y a un autre sujet.
14:19On parlait un peu
14:19des investissements
14:20qui sont nécessaires.
14:20C'est vrai,
14:21mais nous,
14:22dans nos analyses,
14:22en fait,
14:23on calcule qu'entre
14:24maintenant et 2030,
14:25ils vont dépenser
14:26à peu près 6 trillions
14:27de dollars
14:28pour construire
14:28à peu près 100 gigawatts
14:29supplémentaires d'énergie.
14:31Et 6 trillions,
14:32quand vous réfléchissez
14:32à dire,
14:33bon ben je veux 10%
14:34de retour sur investissement
14:34sur ces 6 trillions,
14:3610% c'est correct,
14:37c'est 3 trillions
14:38de chiffre d'affaires
14:39nécessaire,
14:39de dollars.
14:40Et 3 trillions de dollars,
14:42pour vous donner une idée,
14:42c'est l'ensemble
14:43du budget IT mondial,
14:45logiciel et IT services.
14:47En 5 ans.
14:49Vous voyez que c'est quand même
14:49des gros chiffres
14:51et peut-être qu'ils les délivreront,
14:52mais nous,
14:53on investit
14:54avec une marge de sécurité
14:55et on pense que la marge
14:56n'est pas forcément là
14:57aujourd'hui.
15:00Voilà un petit peu
15:00sur l'appartisanisme.
15:01Et il ne faut pas oublier
15:02une autre chose,
15:02et on le voit de plus en plus,
15:03c'est qu'il y a des goulets
15:04d'étranglement
15:04sur les commandes.
15:05Par exemple,
15:06un transformateur
15:09haute tension,
15:10vous avez besoin.
15:11C'était 2-3 ans,
15:12maintenant c'est 4-5 ans
15:13de commandes.
15:14C'est pareil pour le raccordement
15:15électrique au réseau.
15:17On est passé de 2-3 ans
15:18à 4-5 ans.
15:19Donc maintenant,
15:20ils installent
15:21des centrales à gaz
15:23directement sur le data center.
15:24Mais même là-dessus,
15:25pour commander la turbine,
15:26on était avec
15:27un des fabricants de turbines
15:28la semaine dernière,
15:29il nous dit
15:29« Moi, mon carnet de commandes
15:30est rempli jusqu'à 2029,
15:32il n'y a plus de commandes pour l'instant. »
15:33Ça corrobore ce que je dis.
15:34Donc, oui,
15:35mais ça veut dire
15:36que quelque chose va lâcher.
15:37Soit ils livrent
15:39ce qu'ils ont dit,
15:40mais du coup,
15:40la rentabilité ne sera probablement pas là.
15:42Soit ils font un warning
15:43en disant
15:44« Finalement, je ne peux pas déployer
15:45mes CAPEX pour l'instant,
15:45ça va être un peu plus long que prévu. »
15:47Oui, mais si on s'inscrit
15:48sur un temps encore plus long,
15:48si on déploie des CAPEX
15:49effectivement de manière
15:51sur une période de temps
15:52un peu plus longue,
15:53au fond, ce n'est pas grave.
15:54Au fond, ce n'est vraiment pas le sujet.
15:56Et moi, mon point consiste à dire
15:57si ça se diffuse par ailleurs
15:59sur d'autres acteurs
16:00et à l'ensemble de l'économie,
16:01eh bien là, finalement,
16:02on est en train de retrouver
16:03un truc qu'on avait perdu,
16:04notamment en Europe.
16:05C'est une capacité,
16:06un potentiel de croissance
16:07qui sera nettement plus élevé.
16:09Et auquel cas,
16:09on ne peut pas s'en plaindre.
16:10Donc finalement,
16:11cette histoire que finalement
16:13la tech initie quelque part
16:15une espèce de mouvement
16:18finalement haussier
16:19sur de l'investissement
16:20dans d'autres secteurs
16:21qui se propagent,
16:22en fait, c'est ce qu'on attend
16:24globalement,
16:24c'est ce qu'a réalisé
16:25la puissance publique
16:26il y a plusieurs décennies d'Islam.
16:28Après, vous pouvez passer
16:29par les moments des trous d'air.
16:31La fibre a été déployée
16:33à partir de 97-98, je pense,
16:35et ça n'a pas empêché
16:36le Nasdaq de faire moins 60%
16:38sur la première année.
16:40Alors que, vous avez raison,
16:41l'usage Internet
16:425-10 ans plus tard
16:43a été exceptionnel.
16:44Donc, il y a parfois
16:45un décalage
16:46entre ce que price la bourse
16:47dont le métier c'est d'anticiper
16:48et la réalité industrielle.
16:50C'est ça notre point, en fait.
16:51Absolument.
16:51Et d'exagérer surtout
16:52certaines tendances.
16:53Et la défense,
16:54c'est un bon exemple.
16:55Il y a six mois,
16:56personne ne pouvait vous entendre
16:57de dire,
16:58ah ben non,
16:58Rheinmetall,
16:59c'est trop cher,
16:59il ne faut pas en acheter.
17:01La thèse sur les budgets défense,
17:03elle est,
17:03tout le monde la connaît,
17:05tel pourcentage du PIB
17:06à atteindre, etc.
17:07Ça n'a pas empêché Rheinmetall,
17:08qui était la darling du marché,
17:10de perdre 40 ou 50 %.
17:11Donc, le problème,
17:12c'est que souvent,
17:12les gens confondent
17:14rentabilité,
17:14enfin, croissance et rentabilité.
17:16La croissance n'est pas forcément rentable.
17:18C'est ça mon sujet.
17:19Et là, la croissance des CAPEX
17:20ne sera pas forcément rentable.
17:21Et donc,
17:22elle n'est pas forcément créatrice de valeur.
17:24C'est là où il faut faire la différence.
17:26Oui, oui.
17:26Juste un mot sur Anthropique
17:27qui appelle le secteur
17:30des acteurs de l'intelligence artificielle
17:32à ralentir,
17:32les laboratoires de recherche
17:33à ralentir aussi leurs recherches
17:35parce que, dit Anthropique,
17:35qu'on va arriver rapidement
17:37au moment où l'IA
17:38saura faire elle-même,
17:39apprendre d'elle-même,
17:40prendre elle-même des initiatives
17:42sans main,
17:43sans intervention humaine.
17:44Et là, dit Anthropique,
17:46qui est un acteur de tout cela quand même,
17:48qui prétend à une introduction en bourse,
17:50et là, on aura un problème sociétal.
17:52Quand on entend ça
17:53de la part d'un acteur
17:54qui veut s'introduire en bourse,
17:55on se dit quoi ?
17:55Faudra y aller sur Anthropique ?
17:56Non, parce que même d'où...
17:59Ils sont bien,
17:59ils sont forts sur l'IA,
18:01mais il y a comme un léger malaise
18:02chez eux malgré tout,
18:03face à tout ça.
18:04Ils ont participé à l'élaboration
18:06aussi de l'encyclique
18:08du Nouveau Pape.
18:09On voit qu'ils sont engagés
18:10pour réarmer l'humain
18:11face à l'IA quand même.
18:12C'est Anthropique
18:13qui, quelque part,
18:14alerte sur son propre business,
18:16tout en voulant le développer.
18:17C'est compliqué,
18:18cette position d'Anthropique.
18:19Comment vous regardez ça, Laurent ?
18:20C'est assez schizophrène, en fait.
18:22Ils ne peuvent pas faire
18:23très différemment.
18:23Je pense qu'ils ont quand même
18:24un sujet, ça va être
18:25d'acceptance et d'acceptation
18:26de l'IA de manière générale,
18:28parce que si on vous dit
18:29toute la journée
18:29que l'IA va détruire
18:30tous les emplois,
18:31c'est sûr que ça ne va pas
18:32être facile pour le commun des mortels
18:33de se dire
18:34je vais contribuer
18:35au développement de l'IA
18:36dans mon entreprise, etc.
18:37Donc, ils sont obligés
18:37d'être un petit peu schizophrènes.
18:39Et après, nous,
18:40ce qu'on pense,
18:41c'est qu'on déploie l'IA
18:42en interne,
18:43mais pour l'instant,
18:43ça ne nous a pas fait changer
18:44nos effectifs ou autres.
18:45Et on voit bien
18:46que le déploiement en interne
18:48n'est finalement pas si rapide
18:49que ça,
18:50parce que la fiabilité de l'IA
18:51pour l'instant
18:52n'est pas encore
18:53à 99,9%.
18:54Donc, vous ne pouvez pas
18:55changer vos process
18:56si vous avez 88,
18:5890% de taux de fiabilité
18:59qui est le cas actuellement.
19:01Donc, à mon avis,
19:01on sera surpris
19:03négativement
19:04par la vitesse
19:04du déploiement de l'IA.
19:06Ben voilà,
19:07deux rapports à l'IA,
19:08deux visions des choses,
19:09deux façons d'investir
19:10et de regarder l'avenir des marchés.
19:11On continue d'en parler ensemble.
19:12Dans 10 minutes,
19:12la clôture,
19:13on accélère là
19:13dans la dernière ligne droite
19:14de cette classe.
19:16Le CAC 40 perd 0,27%,
19:188 221 points
19:19avec les valeurs
19:20qui ont plus progressé
19:21dans l'IA
19:21ou liées à l'IA
19:22ces derniers jours
19:23qui respirent un petit peu,
19:24qui repartent à la baisse.
19:25ST Microelectronics
19:28perd 4% à Wall Street.
19:29Le Nasdaq vit une vraie séance de baisse.
19:31Ça faisait un petit moment
19:32qu'on ne l'avait pas vu
19:33perdre plus de 2%.
19:33Ben là,
19:34il perd 2,2%
19:35avec pour déclencheur
19:36aujourd'hui
19:36le rapport sur l'emploi
19:37aux Etats-Unis
19:38qui est meilleur qu'attendu
19:39ce qui ne va pas plaider
19:39pour des baisses de taux.
19:40Voilà,
19:40donc petite pression
19:41sur le marché obligataire
19:42qui fait baisser
19:43les valeurs de croissance
19:43et le Nasdaq au premier chef
19:45donc moins 2,2%.
19:46On en parle ce soir
19:47avec Laurent Chauderge
19:49et Mabrouk Chetouane
19:52qui seraient prêts
19:53à investir dans SpaceX
19:54du coup dans une semaine.
19:55dans une semaine
19:55on suivra la cotation
19:56en direct dans BFM Bourse
19:57de SpaceX
19:58journée spéciale
19:59vendredi prochain
19:59sur BFM.
20:01Mon petit doigt me dit
20:02d'ores et déjà
20:03qui sera prêt à investir
20:04et qui un peu moins.
20:06Vous serez prêt à investir
20:07un peu ou pas là ?
20:08Mabrouk ?
20:09Allez-y, allez-y.
20:10Non, non, non.
20:10C'est pas moi l'espérait.
20:11Manifestement,
20:12il y a beaucoup de gens
20:12qui sont prêts à investir.
20:13Est-ce qu'on sera servi en fait ?
20:15C'est ça le problème.
20:15Est-ce qu'on sera servi déjà ?
20:16Effectivement,
20:17nous,
20:17on n'est pas dans ce camp-là.
20:20Au-delà de l'investissement
20:21dans ce SpaceX,
20:22je trouve qu'il y a
20:22trois signaux très intéressants.
20:23Le premier,
20:24c'est la taille de l'opération.
20:26La capitalisation de la Bourse
20:27est à 1 800 milliards,
20:2870-75 milliards d'introductions.
20:30Il faut bien avoir en tête
20:31que 70-75 milliards,
20:33c'est quasiment deux fois
20:34la taille du marché annuel
20:36des introductions en Bourse
20:37aux Etats-Unis
20:38sur les cinq dernières années.
20:40Et ça,
20:40on n'a pas encore fait Anthropik.
20:41Combien de fois,
20:42vous avez dit ?
20:42Deux fois, à peu près.
20:43On n'a pas encore fait Anthropik
20:45qui a été malin
20:45et qui a fait son annonce
20:47avant Open AI.
20:49Donc ça,
20:50c'est le premier sujet.
20:50Le deuxième,
20:51c'est,
20:52et on y reviendra peut-être
20:53en fin de saison,
20:53donc je ne vais pas spoiler la suite,
20:55c'est la valorisation.
20:57Et on y reviendra.
20:57Et le troisième sujet,
20:58mais qui est un sujet
20:59beaucoup plus sociétal,
21:00c'est ce qui est en train
21:01de se passer.
21:02Il y a très peu de façons
21:03de justifier cette valorisation.
21:04Donc ce qu'il vous faut,
21:05c'est trouver des acheteurs
21:06qui sont insensibles au prix.
21:08Il y a deux types d'acheteurs
21:09qui sont insensibles au prix.
21:10Il y a le particulier,
21:12puisqu'il achète
21:12sur de l'histoire
21:13et sur du rêve
21:14et lui-même ne va pas faire
21:15une valorisation d'entreprise.
21:16Et le deuxième acheteur insensible,
21:18c'est la gestion passive.
21:20Parce que par définition,
21:21elle achète ce qui rentre
21:22dans l'indice indépendamment du prix.
21:24Et qu'est-ce qu'ils ont fait là ?
21:25Ils ont changé les règles
21:26de telle façon
21:27à ce que SpaceX puisse rentrer
21:28dans le Nasdaq 100
21:30au bout de 15 jours
21:30au lieu d'au bout de 6 mois.
21:32Donc il y a une vraie distorsion
21:35des règles historiques.
21:36Et ça,
21:36ça n'aurait pas pu être le cas en 2000,
21:38parce qu'à l'époque,
21:39la gestion passive
21:40n'existait quasiment pas.
21:41Les ETF font disparaître
21:42les enjeux de valorisation.
21:43Exactement.
21:44En tout cas,
21:44les valorisations sont explosées
21:45par les ETF.
21:46Donc le mécanisme même
21:47du marché boursier
21:49dans sa genèse,
21:50qui est la découverte
21:51du juste prix,
21:53c'est un bon exemple
21:54qui est en train
21:54de devenir un peu dysfonctionnel
21:55avec la gestion passive,
21:57qui quand elle reprendait 15%,
21:58c'était pas grave.
21:59Là, maintenant,
21:59c'est plus de la moitié
22:00des encours
22:00en gestion collective aux Etats-Unis.
22:01Oui, mais alors,
22:02le Nasdaq a choisi
22:03d'intégrer son indice
22:04en faisant exploser
22:05ses règles habituelles
22:06parce qu'ils veulent absolument
22:06avoir SpaceX.
22:07Au bout de 15 jours,
22:08SpaceX sera au Nasdaq.
22:09En revanche,
22:09le S&P a fait le choix inverse.
22:11Ils ont annoncé
22:12que SpaceX,
22:12non, non,
22:13ne dérogera pas
22:13aux règles habituelles.
22:14Il faut 4 trimestres
22:16consécutifs de rentabilité,
22:17ce qui n'est pas le cas
22:17de SpaceX,
22:18pour prétendre au S&P 500.
22:20Et donc,
22:21non, non,
22:21pas de SpaceX,
22:22au S&P 500,
22:23à l'IPO,
22:23et pas avant 12 mois
22:24à annoncer le S&P.
22:25Donc là,
22:26on a deux façons
22:27de communiquer,
22:27mais aussi deux choix
22:28stratégiques indiciels
22:29très différents.
22:30Le Nasdaq,
22:30d'un côté,
22:30qui change ses règles
22:31pour SpaceX,
22:32et puis le S&P
22:32qu'au contraire,
22:33jouent les commandeurs,
22:34quelque part,
22:35Mabrouk.
22:35C'est un peu la,
22:36comment dire,
22:37c'est l'ancrage,
22:37un peu le S&P.
22:38Donc,
22:39on va dire que
22:39le Nasdaq,
22:40c'est le Far West,
22:41et puis le S&P,
22:43bon,
22:43là,
22:43on parle quand même
22:44de choses assez
22:46solidement ancrées.
22:47Non,
22:48effectivement,
22:48la question de la,
22:49comment dire,
22:50de la valorisation
22:51fait débat,
22:52donc,
22:52et le marché a toujours
22:53tendance,
22:54entre guillemets,
22:54encore une fois,
22:55à exagérer,
22:55on va dire,
22:57certaines valorisations.
22:59On a aujourd'hui,
23:00finalement,
23:00une,
23:01comment dire,
23:02une demande,
23:03qui est très nettement
23:04supérieure,
23:05finalement,
23:05à l'offre.
23:06Je parlais,
23:06effectivement,
23:06de,
23:07est-ce qu'on sera
23:07correctement,
23:08est-ce qu'on sera
23:08déjà servi,
23:09et cette sursouscription,
23:10quelque part,
23:11et ça fait penser
23:11à ce que,
23:12aux commentaires que vous faisiez,
23:13donc,
23:13à un bien de Giffen,
23:14c'est un bien de luxe,
23:15en fait,
23:15aujourd'hui,
23:16quasiment,
23:16puisque aller chercher
23:17des actions,
23:18indépendamment,
23:19finalement,
23:20d'une trajectoire
23:21quelconque de bénéfice,
23:22indépendamment même
23:23de la valorisation,
23:24et en faisant abstraction
23:25de tout ça,
23:26est-ce que c'est
23:27bien raisonnable ?
23:28Les autres,
23:29effectivement,
23:29grandes entreprises
23:30du secteur technologique,
23:31on les connaît,
23:32effectivement,
23:32elles ne sont pas nouvelles,
23:33elles sont installées
23:34depuis assez longtemps,
23:35et elles ont,
23:36quelque part,
23:36fait leur preuve.
23:37Là,
23:37effectivement,
23:38bon,
23:38c'est sur la personne
23:39de Elon Musk.
23:39Vous trouvez que Tesla
23:40a fait ses preuves ?
23:41Enfin,
23:41oui,
23:41ils ont fait leur preuve,
23:42bien sûr,
23:42mais la valorisation,
23:43quand même,
23:44est stratocérique.
23:44mais d'accord,
23:45mais ça,
23:45bien sûr,
23:46mais ce n'est pas une entreprise,
23:47entre guillemets,
23:47qui est,
23:48on va dire,
23:48inconnue au bataillon.
23:57là-dedans,
23:57parce qu'ils accompagnent
23:57l'introduction en bourse,
23:58mais Goldman Sachs estime
23:59que les revenus de SpaceX
24:01liés à l'IA,
24:02parce que c'est aussi
24:02lié à SpaceX,
24:03ces revenus passeront
24:04de 3,2 milliards de dollars
24:05en 2025 à 322 d'ici 2030,
24:08multiplication par 100
24:09Mais on n'a jamais réussi
24:10à refaire les calculs
24:11de Goldman Sachs.
24:12Même un simple calcul
24:12de corrélation,
24:13c'est compliqué avec eux.
24:14Donc,
24:14à un moment donné,
24:15on questionne la méthode
24:16et comme vous dites,
24:17effectivement,
24:17ils seront jugés partis.
24:19On peut,
24:20effectivement,
24:20discuter jusqu'à demain,
24:22finalement,
24:22du bien fondé de ce calcul.
24:24Il faut être à un moment
24:25raisonnable.
24:25Goldman Sachs
24:26qui a installé une fusée
24:27dans son hall d'accueil
24:28justement pour faire
24:29la promotion
24:30de l'introduction en bourse
24:31de SpaceX,
24:31qui les accompagne.
24:32Donc,
24:32leur hall d'accueil
24:33au siège social de Goldman Sachs.
24:34Il y a une grande fusée SpaceX.
24:36Morgan Stanley à New York,
24:37à son siège social de New York,
24:38a mis ses ascenseurs
24:39et ses tourniquets.
24:40Morgan Stanley aux couleurs
24:41de SpaceX aussi.
24:42Ce n'est pas fini,
24:43il y en a d'autres.
24:43Bank of America
24:44a transformé son immeuble
24:45à New York
24:45en grande rampe
24:46de lancement de fusée.
24:47La nuit,
24:48en fait,
24:48il y a de grands projecteurs
24:49et des effets visuels
24:50qui font confondre
24:51le siège
24:52de Bank of America
24:53avec une rampe
24:54de lancement de fusée.
24:55Il faut faire la promotion
24:56d'une introduction en bourse
24:57de cette taille.
24:58Quand on est une banque
24:59qui accompagne ça,
25:00il faut...
25:00Vous avez 70 milliards
25:01à placer,
25:02donc c'est sûr.
25:03Mais Antoine,
25:04vous nous disiez tout à l'heure
25:05sur ces banques,
25:06en plus,
25:07Elon Musk leur a demandé
25:07un petit rabais,
25:08donc du coup,
25:09c'est peut-être une forme
25:09de monnaie des échanges.
25:10Il n'a pas demandé de rabais,
25:11il s'est engagé
25:12à ce qu'il arrive
25:13à des frais de mise en bourse
25:18et l'effet de masse,
25:18mais il n'y en aura pas
25:19pour tout le monde.
25:20Donc, oui,
25:21il y a une forme
25:22de confrontation
25:23avec Elon Musk là-dessus.
25:25Après,
25:26on peut mettre des fusées
25:27dans son hall d'entrée,
25:28ça ne coûte rien
25:28et puis ça fait venir
25:30du client potentiel,
25:32mais ça risque
25:33d'être un combat
25:34assez musclé.
25:35Est-ce qu'il ne faudrait pas
25:35créer un ETF
25:36sur la fortune d'Elon Musk
25:37aussi après l'IPO ?
25:38Mais la fortune nette
25:39d'Elon Musk
25:40après l'IPO
25:41représentera 3%
25:42du PIB américain,
25:43l'équivalent du PIB
25:45de 125 pays
25:46à lui tout seul.
25:483% du PIB américain,
25:50ça correspond à la situation
25:51de Rockefeller en 1913.
25:53Et là,
25:54c'est une personne,
25:55c'est Elon Musk.
25:56Et pourquoi pas ?
25:58On est dans l'époque
25:59du pourquoi pas ?
26:01Écoutez,
26:01les records sont faits
26:02pour être battus.
26:04Oui, oui.
26:04Bon, alors oui,
26:05on peut encore discuter
26:06de la concentration
26:07des richesses
26:07qui, effectivement,
26:08peut être problématique.
26:10Donc,
26:10la problématique
26:11de la répartition
26:12de la richesse,
26:12c'est toujours
26:13le grand débat
26:14en économie.
26:15Est-ce qu'une personne
26:16qui concentre,
26:17on va dire,
26:18quasiment l'équivalent
26:19du PIB de la Pologne,
26:20ça fait sens ?
26:21Bon,
26:21peut-être pas.
26:23Est-ce qu'on peut
26:23y faire quelque chose ?
26:24Peut-être pas non plus.
26:25Est-ce que la question
26:26mérite d'être posée ?
26:27Je ne sais pas.
26:28Mais qui devra le plus
26:28se justifier dans une semaine ?
26:30Le gérant qui choisit,
26:31l'investisseur qui choisit
26:32de ne pas acheter SpaceX
26:33ou au contraire,
26:33celui qui choisit
26:34d'avoir SpaceX en portefeuille ?
26:35Lequel sera le plus mal à l'aise
26:36et devra justifier son choix ?
26:38L'avenir nous le dira.
26:39Oui.
26:39D'accord.
26:40Laurent ?
26:41Je pense que quand vous gérez
26:43de l'argent pour les autres,
26:45à la fin,
26:46il vous le confie
26:46parce que vous avez
26:47une certaine méthode
26:48et une discipline d'investissement.
26:50Donc,
26:50le plus important,
26:50c'est de rester...
26:51Enfin,
26:51c'est mon sens,
26:52on fait ça depuis 20 ans.
26:53Et ce qui nous a le mieux servi,
26:54c'est de rester fidèles
26:55à ce qu'on a dit
26:56à nos clients
26:57et à nos disciplines.
26:58Et dans nos critères de discipline,
27:00SpaceX ne rentre pas.
27:01L'Europe,
27:02vous renforcez l'Europe ?
27:03Vous faites quoi avec l'Europe ?
27:04Parce qu'on parle beaucoup
27:04des États-Unis,
27:05mais on est là, nous aussi.
27:06On est essentiellement
27:07sur l'Europe,
27:08mais ce que je peux dire,
27:09c'est qu'au sein de l'Europe,
27:10ce que je vous disais tout à l'heure,
27:11on voit des opportunités
27:12qu'on n'a pas vues
27:12depuis 10 ou 20 ans
27:14dans certains segments,
27:15dans des sociétés
27:16très rentables,
27:17mais qui sont un peu délaissées
27:19pour l'instant
27:19avec cette population IA.
27:21Donc, notamment,
27:21on a beaucoup augmenté
27:23la santé
27:23depuis 18 mois.
27:25On a aussi augmenté
27:26un petit peu
27:26la consommation courante.
27:28Donc, dans la santé,
27:29c'est surtout
27:29des équipements médicaux,
27:33la dialyse avec Fraisienus
27:34médicalcaire.
27:35Dans la consommation courante,
27:36on a pris des participations
27:37dans certains brasseurs,
27:39dans des spiritueux,
27:40dans le parfum,
27:42par exemple.
27:43Et là, on a des valorisations,
27:44je vous dis,
27:44on n'a pas vu ça
27:45depuis 2010.
27:47Oui, et ces valorisations
27:49sont amenées à évoluer pour vous ?
27:51Il va y avoir
27:51des déclencheurs positifs ?
27:52Oui, parce qu'à un moment,
27:54il y aura, ce qu'on dit,
27:55une rotation
27:55et le marché
27:57se réintéressera à ces valeurs.
27:58Et un bon exemple,
27:59parce que souvent,
27:59les clients disent
27:59ou les investisseurs disent
28:00« Mais quel va être
28:01le catalyseur ? »
28:02Et je vous invite
28:02à regarder, par exemple,
28:03le secteur du tabac
28:05sur les dix dernières années.
28:06En fait, vous avez
28:06une première partie
28:07qui est, vous vous souvenez,
28:08la partie où il y a
28:09l'ESG qui monte en puissance.
28:10Donc, ce secteur ne fait
28:11que baisser.
28:12Il perd 50 ou 60 %.
28:14Et la valorisation
28:15de ce secteur
28:16devient très faible.
28:16Il atteint 7, 8 fois
28:18les bénéfices.
28:18Et puis, finalement,
28:19il y a quand même
28:19du dividende,
28:20il y a du rachat d'actions.
28:21Et puis, il y a un petit peu
28:21de croissance.
28:22Et vous regardez,
28:24les titres commencent
28:24à rebondir.
28:25Et le marché,
28:26le secteur du tabac,
28:26a une des meilleures performances
28:27sur les quatre dernières années
28:28de plein de secteurs.
28:30Et en fait,
28:30c'est ce qui se passe.
28:31C'est-à-dire qu'il y a un moment...
28:31Malgré l'ESG, en plus.
28:33Quand vous achetez
28:33des entreprises
28:34avec des bonnes positions
28:35concurrentielles,
28:36il y a un moment,
28:37si la valorisation
28:37devient trop faible,
28:38il se passera des choses.
28:39Soit le management
28:41se fera débarquer,
28:41il y aura une nouvelle stratégie.
28:43Soit ils feront
28:43un dividende spéciale,
28:44soit ils se feront racheter.
28:45Sur les 12 derniers mois,
28:46on a eu quatre sociétés
28:47dans le portefeuille
28:47qui se sont fait racheter.
28:49Et on voit, effectivement,
28:50le retour des mal-aimés
28:51aussi à travers Dassault Systèmes,
28:52par exemple.
28:53Voilà, il y a une vraie histoire
28:54aussi industrielle,
28:55quand même,
28:55donc, oui,
28:57sur Dassault.
28:58Non, c'est intéressant.
29:00C'est juste un autre segment,
29:01le troisième segment
29:02sur lequel on a investi
29:03depuis 12 mois,
29:04depuis 6 mois,
29:05c'est notamment
29:05certaines sociétés,
29:06pas Dassault Systèmes,
29:07mais d'autres,
29:08exposées au secteur
29:08des logiciels
29:09qui avaient beaucoup baissé.
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