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  • il y a 39 minutes
Ce lundi 1er juin, la mauvaise passe de Ferrari en Bourse et la croissance de Brunello Cucinelli ont été abordées par Louis Puga, gérant actions chez Prévoir, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Comme promis, pour débuter cette émission, comme tous les matins avec vous, nous parlons de valeurs en portefeuille.
00:08Avec ce matin, Louis Pugard en plateau, gérant action chez Prévoir.
00:11Bonjour Louis Pugard, merci de nous accompagner ce matin pour nous partager vos convictions.
00:17Avec ce matin, Ferrari et Brunello Cuccinelli.
00:21Ferrari qui est malmené en bourse, le titre perd quasiment 30% sur les 12 derniers mois.
00:26Et puis là, sur une semaine, on est également en bourse.
00:28Pour rappel, le groupe a dévoilé la semaine dernière son véhicule 100% électrique.
00:32Bon, ça n'a pas vraiment plu aux fans, mais aussi aux boursiers, visiblement.
00:35Oui, absolument. Il y a eu l'annonce en grande pompe de la nouvelle et de la première voiture complètement
00:41électrique de Ferrari qui s'appelle la Luce.
00:43En soi, c'est un peu un petit événement, puisque c'est la première fois que Ferrari présente un modèle
00:49100% électrique.
00:49Il y avait eu des modèles, évidemment, hybrides.
00:52Et là, le design a fait extrêmement parler.
00:54Ce design-là avait été confié par l'entreprise Ferrari aux designers de l'iPhone qui travaillaient enseignement chez Apple,
01:02qui s'appellent John Eve et Mark Newson.
01:04Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça a plutôt déplu à la communauté Ferrari et aux investisseurs
01:10qui ont sanctionné le trip de 8%.
01:13Il faut toujours un peu savoir raison gardée sur ce genre de dossier.
01:15Premièrement, parce que l'entreprise reste une entreprise d'extrême qualité.
01:18Deuxièmement, parce qu'elle a en bourse donné de résultats plus que satisfaisants et opérationnellement aussi ces dix dernières années.
01:24Et ensuite, la question qu'on peut se poser, c'est est-ce de bon niveau d'entrée dans la
01:28mesure où le groupe a une visibilité extraordinaire,
01:30c'est-à-dire toujours 18 mois de carnet de commandes.
01:32Donc c'est quand même une visibilité qui est tout à fait agréable.
01:36Ensuite, en ce qui concerne vraiment la partie Luce, ça va être un modèle qui va être vendu à un
01:43millier d'exemplaires.
01:44Le prix interroge aussi, quasiment 550 000 euros pour une voiture qui n'est pas une édition limitée,
01:49pour la première, pour l'entrée de gamme, si je puis dire, entre guillemets, chez Ferrari, dans l'électrique.
01:54La question qu'on peut se poser, c'est quel est l'objectif de Ferrari et du nouveau board de
01:58Ferrari quant à ce modèle ?
02:00Est-ce que c'est réussir à gagner des parts de marché dans un terrain, évidemment, qui est totalement vierge
02:05pour eux, la voiture électrique ?
02:06Essayer de ne pas laisser ce terrain complètement à la main des Chinois.
02:10Et l'autre question qui interpelle, c'est qu'un certain nombre de groupes, notamment Porsche,
02:14se sont intéressés au 100% électrique sans jamais réussir vraiment à rentrer de plein pied dans cette catégorie-là.
02:22Donc c'est une question qui mérite d'être posée maintenant d'un point de vue purement opérationnel.
02:281000 exemplaires à 550 000 euros, grosso modo, ça représente 6 ou 7% du chiffre d'affaires.
02:33Ce n'est pas non plus gigantesque pour le groupe, donc la sanction était un petit peu forte.
02:38Mais de ce qu'on entend auprès des investisseurs, c'est qu'en fait, le nouveau directeur du board,
02:43qui est M. Elknan, a vraiment décidé, de sa propre autorité, de nommer comme nouveau CEO de Ferrari,
02:54M. Vigna. M. Vigna, il vient de STMI, STM Microelectronics.
03:00Et donc du coup, c'était la volonté vraiment assumée de Ferrari de rentrer dans un domaine qu'il ne
03:04maîtrisait pas encore,
03:05en tout cas pas tout à fait, à savoir celui du 100% électrique.
03:08Donc il y a une petite question de gouvernance qui peut se poser là-dessus, à savoir est-ce que
03:12l'identité va être conservée.
03:13Ça se paye 30 fois les profits attendus l'année prochaine.
03:17Aujourd'hui, Ferrari, on est quasiment à 300 euros pour une action, 295 euros précisément.
03:22Au vu de tous les éléments que vous venez de nous donner, est-ce que ça vous donne envie aujourd
03:25'hui de renforcer,
03:26d'accompagner ce titre Ferrari ou à l'inverse d'être prudent ?
03:30Alors moi, j'ai plutôt une vue très constructive sur la valeur.
03:34Je pense qu'à long terme, et c'est ce que nous faisons dans notre fonds,
03:37on a toujours des visions assez moyen terme et long terme.
03:39À court terme, c'est très difficile de donner une valorisation exacte sur les entreprises, évidemment.
03:43On s'en garderait bien.
03:44En revanche, à long terme, le carnet de commande, la visibilité, la notoriété, la capacité industrielle de Ferrari
03:51me font penser qu'il n'y a pas trop de soucis à se faire sur la valeur.
03:54Et ça peut être plutôt considéré comme des points d'entrée.
03:56Vous l'avez évoqué en préambule de cette émission.
04:00Ferrari a perdu pas loin de 30% sur l'année écoulée, sur les 12 mois écoulés.
04:03Je pense qu'on est plutôt en position de peut-être de commencer à revenir un peu à l'achat
04:08sur le titre,
04:09malgré des valorisations qui facialement sont élevées.
04:11Et ne pas oublier que, on va dire, post-Covid, toute l'industrie du luxe,
04:16il n'y a pas que Ferrari, bien sûr, mais toute l'industrie du luxe a dû digérer, on va
04:20dire,
04:20un afflux massif de capitaux et de, comment dirais-je, d'envie, d'attrait de la part des consommateurs
04:26sur leurs véhicules et leurs produits.
04:30Donc, je pense qu'on a une petite normalisation de la croissance aujourd'hui,
04:32mais le carnet de commande et la visibilité que me donne le titre m'inspirent plutôt confiance.
04:36Votre groupe italien, ce matin, que vous mettez en avance, c'est Brunello Cuccinelli.
04:40Alors là, on est sur un groupe qui est dix fois plus petit, ça fait 5,6 milliards de capitalisation
04:44boursière,
04:46acteur du luxe qui, aujourd'hui, et on l'a encore vu sur les trois premiers mois de l'année,
04:51arrive à afficher une croissance à deux chiffres, ce qui est quand même rare dans cette industrie du luxe,
04:55qui est en pleine normalisation.
04:57Exactement. Donc, c'est un bon passage de témoin avec l'entreprise précédente.
05:01Moi, c'est une entreprise que j'affectionne particulièrement parce que la visibilité n'est pas un vain mot.
05:05C'est-à-dire qu'aujourd'hui, je pense que le CEO de Brunello Cuccinelli, non éponyme,
05:12fait à peu près ce qu'il veut.
05:13C'est-à-dire que s'il veut faire 15% de croissance, il fera 15% de croissance,
05:16puisque c'est la demande aujourd'hui, enfin, c'est l'offre plutôt qui drive la demande.
05:21Et donc, en ce sens-là, il est relativement, même totalement, mettre à son bord.
05:25S'il veut ouvrir de nouveaux magasins et ainsi doper un peu sa croissance, il peut tout à fait le
05:29faire.
05:30Donc, vous avez une vision qui est extrêmement constructive de la part du comité de direction de Brunello Cuccinelli.
05:36Alors là aussi, on a une performance sur les 12 mois passés qui n'est pas folichonne.
05:40En revanche, l'entièreté des publications de résultats des quatre derniers trimestres a été excellente.
05:47On est toujours sur entre 10 et 12% de croissance top line.
05:50Un point qui est très important et qui mérite d'être noté, c'est que le groupe avait consenti d
05:54'importants efforts d'investissement
05:55pour justement accompagner cette croissance, avec notamment le doublement de son infrastructure de production.
06:02Donc, ça, c'est plutôt une bonne nouvelle puisque ces dépenses-là sont déjà passées.
06:06Donc, aujourd'hui, on va avoir une normalisation des CAPEX quand on fait un rapport CAPEX sur revenus.
06:12Donc, c'est plutôt une très bonne nouvelle.
06:13Et ensuite, ce qui est très intéressant de voir, c'est que l'exposition au Moyen-Orient est assez faible
06:17puisque les consommateurs de Brunello-Cuccinelli sont plutôt des consommateurs locaux.
06:24Donc, c'est-à-dire les Italiens vont acheter en Italie, les Français en France et ainsi de suite.
06:27Et donc, on est plutôt épargné de ce point de vue-là sur les risques que peuvent entraîner, entre guillemets,
06:36le conflit au Moyen-Orient sur la consommation des clients de Brunello.
06:4082,54 euros pour une action Brunello-Cuccinelli.
06:43Le titre a perdu 30-40% depuis ses plus hauts historiques.
06:46Je le disais, ça fait 5 milliards de capitalisation borsière.
06:48Est-ce qu'on peut jouer une éventuelle OPA ?
06:51Je ne sais pas, un groupe qui pourrait aujourd'hui faire une acquisition d'opérations externes ?
06:56Ça aurait du sens ou non ? Ce n'est pas une cible ?
06:58Non, ça l'a toujours été. Je pense que ça le sera toujours.
07:01En revanche, des discussions que j'ai pu avoir directement avec le CEO, ce n'est pas du tout à
07:06l'ordre du jour.
07:07Aujourd'hui, il a créé une structure dont même ses enfants sont simplement actionnaires
07:10et ne peuvent pas décider de vendre la participation.
07:14Aujourd'hui, Brunello n'a pas très loin de 50% de la compagnie, de l'entreprise.
07:19Donc, il a toujours dit qu'il avait été approché par les grands groupes.
07:22Il n'y a pas besoin de les nommer.
07:23On sait très bien qui était plutôt vorace sur ce genre de proie.
07:28Et Brunello-Cuccinelli a toujours été clair.
07:30Il veut un business raisonné, raisonnable, une croissance moyenne à long terme
07:35qui accompagne avec des besoins en investissement qui sont tout à fait supportables.
07:39Donc, je ne pense pas que ça puisse devenir une cible d'OPA.
07:43Merci beaucoup, Louis Pugan nous a raccompagné ce matin.
07:45J'ai réaction de prévoir afin de nous partager un petit peu vos convictions ce matin
07:49avec Ferrari et Brunello-Cuccinelli.
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