00:01Comme promis, pour débuter cette émission, comme tous les matins avec vous, nous parlons de valeurs en portefeuille.
00:08Avec ce matin, Louis Pugard en plateau, gérant action chez Prévoir.
00:11Bonjour Louis Pugard, merci de nous accompagner ce matin pour nous partager vos convictions.
00:17Avec ce matin, Ferrari et Brunello Cuccinelli.
00:21Ferrari qui est malmené en bourse, le titre perd quasiment 30% sur les 12 derniers mois.
00:26Et puis là, sur une semaine, on est également en bourse.
00:28Pour rappel, le groupe a dévoilé la semaine dernière son véhicule 100% électrique.
00:32Bon, ça n'a pas vraiment plu aux fans, mais aussi aux boursiers, visiblement.
00:35Oui, absolument. Il y a eu l'annonce en grande pompe de la nouvelle et de la première voiture complètement
00:41électrique de Ferrari qui s'appelle la Luce.
00:43En soi, c'est un peu un petit événement, puisque c'est la première fois que Ferrari présente un modèle
00:49100% électrique.
00:49Il y avait eu des modèles, évidemment, hybrides.
00:52Et là, le design a fait extrêmement parler.
00:54Ce design-là avait été confié par l'entreprise Ferrari aux designers de l'iPhone qui travaillaient enseignement chez Apple,
01:02qui s'appellent John Eve et Mark Newson.
01:04Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça a plutôt déplu à la communauté Ferrari et aux investisseurs
01:10qui ont sanctionné le trip de 8%.
01:13Il faut toujours un peu savoir raison gardée sur ce genre de dossier.
01:15Premièrement, parce que l'entreprise reste une entreprise d'extrême qualité.
01:18Deuxièmement, parce qu'elle a en bourse donné de résultats plus que satisfaisants et opérationnellement aussi ces dix dernières années.
01:24Et ensuite, la question qu'on peut se poser, c'est est-ce de bon niveau d'entrée dans la
01:28mesure où le groupe a une visibilité extraordinaire,
01:30c'est-à-dire toujours 18 mois de carnet de commandes.
01:32Donc c'est quand même une visibilité qui est tout à fait agréable.
01:36Ensuite, en ce qui concerne vraiment la partie Luce, ça va être un modèle qui va être vendu à un
01:43millier d'exemplaires.
01:44Le prix interroge aussi, quasiment 550 000 euros pour une voiture qui n'est pas une édition limitée,
01:49pour la première, pour l'entrée de gamme, si je puis dire, entre guillemets, chez Ferrari, dans l'électrique.
01:54La question qu'on peut se poser, c'est quel est l'objectif de Ferrari et du nouveau board de
01:58Ferrari quant à ce modèle ?
02:00Est-ce que c'est réussir à gagner des parts de marché dans un terrain, évidemment, qui est totalement vierge
02:05pour eux, la voiture électrique ?
02:06Essayer de ne pas laisser ce terrain complètement à la main des Chinois.
02:10Et l'autre question qui interpelle, c'est qu'un certain nombre de groupes, notamment Porsche,
02:14se sont intéressés au 100% électrique sans jamais réussir vraiment à rentrer de plein pied dans cette catégorie-là.
02:22Donc c'est une question qui mérite d'être posée maintenant d'un point de vue purement opérationnel.
02:281000 exemplaires à 550 000 euros, grosso modo, ça représente 6 ou 7% du chiffre d'affaires.
02:33Ce n'est pas non plus gigantesque pour le groupe, donc la sanction était un petit peu forte.
02:38Mais de ce qu'on entend auprès des investisseurs, c'est qu'en fait, le nouveau directeur du board,
02:43qui est M. Elknan, a vraiment décidé, de sa propre autorité, de nommer comme nouveau CEO de Ferrari,
02:54M. Vigna. M. Vigna, il vient de STMI, STM Microelectronics.
03:00Et donc du coup, c'était la volonté vraiment assumée de Ferrari de rentrer dans un domaine qu'il ne
03:04maîtrisait pas encore,
03:05en tout cas pas tout à fait, à savoir celui du 100% électrique.
03:08Donc il y a une petite question de gouvernance qui peut se poser là-dessus, à savoir est-ce que
03:12l'identité va être conservée.
03:13Ça se paye 30 fois les profits attendus l'année prochaine.
03:17Aujourd'hui, Ferrari, on est quasiment à 300 euros pour une action, 295 euros précisément.
03:22Au vu de tous les éléments que vous venez de nous donner, est-ce que ça vous donne envie aujourd
03:25'hui de renforcer,
03:26d'accompagner ce titre Ferrari ou à l'inverse d'être prudent ?
03:30Alors moi, j'ai plutôt une vue très constructive sur la valeur.
03:34Je pense qu'à long terme, et c'est ce que nous faisons dans notre fonds,
03:37on a toujours des visions assez moyen terme et long terme.
03:39À court terme, c'est très difficile de donner une valorisation exacte sur les entreprises, évidemment.
03:43On s'en garderait bien.
03:44En revanche, à long terme, le carnet de commande, la visibilité, la notoriété, la capacité industrielle de Ferrari
03:51me font penser qu'il n'y a pas trop de soucis à se faire sur la valeur.
03:54Et ça peut être plutôt considéré comme des points d'entrée.
03:56Vous l'avez évoqué en préambule de cette émission.
04:00Ferrari a perdu pas loin de 30% sur l'année écoulée, sur les 12 mois écoulés.
04:03Je pense qu'on est plutôt en position de peut-être de commencer à revenir un peu à l'achat
04:08sur le titre,
04:09malgré des valorisations qui facialement sont élevées.
04:11Et ne pas oublier que, on va dire, post-Covid, toute l'industrie du luxe,
04:16il n'y a pas que Ferrari, bien sûr, mais toute l'industrie du luxe a dû digérer, on va
04:20dire,
04:20un afflux massif de capitaux et de, comment dirais-je, d'envie, d'attrait de la part des consommateurs
04:26sur leurs véhicules et leurs produits.
04:30Donc, je pense qu'on a une petite normalisation de la croissance aujourd'hui,
04:32mais le carnet de commande et la visibilité que me donne le titre m'inspirent plutôt confiance.
04:36Votre groupe italien, ce matin, que vous mettez en avance, c'est Brunello Cuccinelli.
04:40Alors là, on est sur un groupe qui est dix fois plus petit, ça fait 5,6 milliards de capitalisation
04:44boursière,
04:46acteur du luxe qui, aujourd'hui, et on l'a encore vu sur les trois premiers mois de l'année,
04:51arrive à afficher une croissance à deux chiffres, ce qui est quand même rare dans cette industrie du luxe,
04:55qui est en pleine normalisation.
04:57Exactement. Donc, c'est un bon passage de témoin avec l'entreprise précédente.
05:01Moi, c'est une entreprise que j'affectionne particulièrement parce que la visibilité n'est pas un vain mot.
05:05C'est-à-dire qu'aujourd'hui, je pense que le CEO de Brunello Cuccinelli, non éponyme,
05:12fait à peu près ce qu'il veut.
05:13C'est-à-dire que s'il veut faire 15% de croissance, il fera 15% de croissance,
05:16puisque c'est la demande aujourd'hui, enfin, c'est l'offre plutôt qui drive la demande.
05:21Et donc, en ce sens-là, il est relativement, même totalement, mettre à son bord.
05:25S'il veut ouvrir de nouveaux magasins et ainsi doper un peu sa croissance, il peut tout à fait le
05:29faire.
05:30Donc, vous avez une vision qui est extrêmement constructive de la part du comité de direction de Brunello Cuccinelli.
05:36Alors là aussi, on a une performance sur les 12 mois passés qui n'est pas folichonne.
05:40En revanche, l'entièreté des publications de résultats des quatre derniers trimestres a été excellente.
05:47On est toujours sur entre 10 et 12% de croissance top line.
05:50Un point qui est très important et qui mérite d'être noté, c'est que le groupe avait consenti d
05:54'importants efforts d'investissement
05:55pour justement accompagner cette croissance, avec notamment le doublement de son infrastructure de production.
06:02Donc, ça, c'est plutôt une bonne nouvelle puisque ces dépenses-là sont déjà passées.
06:06Donc, aujourd'hui, on va avoir une normalisation des CAPEX quand on fait un rapport CAPEX sur revenus.
06:12Donc, c'est plutôt une très bonne nouvelle.
06:13Et ensuite, ce qui est très intéressant de voir, c'est que l'exposition au Moyen-Orient est assez faible
06:17puisque les consommateurs de Brunello-Cuccinelli sont plutôt des consommateurs locaux.
06:24Donc, c'est-à-dire les Italiens vont acheter en Italie, les Français en France et ainsi de suite.
06:27Et donc, on est plutôt épargné de ce point de vue-là sur les risques que peuvent entraîner, entre guillemets,
06:36le conflit au Moyen-Orient sur la consommation des clients de Brunello.
06:4082,54 euros pour une action Brunello-Cuccinelli.
06:43Le titre a perdu 30-40% depuis ses plus hauts historiques.
06:46Je le disais, ça fait 5 milliards de capitalisation borsière.
06:48Est-ce qu'on peut jouer une éventuelle OPA ?
06:51Je ne sais pas, un groupe qui pourrait aujourd'hui faire une acquisition d'opérations externes ?
06:56Ça aurait du sens ou non ? Ce n'est pas une cible ?
06:58Non, ça l'a toujours été. Je pense que ça le sera toujours.
07:01En revanche, des discussions que j'ai pu avoir directement avec le CEO, ce n'est pas du tout à
07:06l'ordre du jour.
07:07Aujourd'hui, il a créé une structure dont même ses enfants sont simplement actionnaires
07:10et ne peuvent pas décider de vendre la participation.
07:14Aujourd'hui, Brunello n'a pas très loin de 50% de la compagnie, de l'entreprise.
07:19Donc, il a toujours dit qu'il avait été approché par les grands groupes.
07:22Il n'y a pas besoin de les nommer.
07:23On sait très bien qui était plutôt vorace sur ce genre de proie.
07:28Et Brunello-Cuccinelli a toujours été clair.
07:30Il veut un business raisonné, raisonnable, une croissance moyenne à long terme
07:35qui accompagne avec des besoins en investissement qui sont tout à fait supportables.
07:39Donc, je ne pense pas que ça puisse devenir une cible d'OPA.
07:43Merci beaucoup, Louis Pugan nous a raccompagné ce matin.
07:45J'ai réaction de prévoir afin de nous partager un petit peu vos convictions ce matin
07:49avec Ferrari et Brunello-Cuccinelli.
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