Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 minutes
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Bonsoir François Maurissure, merci d'être avec nous.
00:03Vous êtes ancien capitaine de frégates commando marine, spécialiste de la sécurité maritime.
00:08On voulait revenir avec vous sur le détroit d'Hormuz et sur cette information BFMTV.
00:12Selon une source militaire à BFMTV, il y aurait bien quelques mines dans le détroit d'Hormuz.
00:18De quoi parle-t-on ? Est-ce qu'on parle de mines de front ? Est-ce qu'on
00:21parle de mines flottantes ?
00:22Expliquez-nous la différence.
00:24– C'est d'abord que lorsqu'on parle des mines, il faut se méfier parce que beaucoup de gens
00:29mentent.
00:30Je vais vous donner deux exemples récents.
00:32Dans un des tweets de Trump récemment, il signalait que des plongeurs américains
00:36avaient participé à un déminage dans le détroit d'Hormuz.
00:41Bon, pratiquement, c'est impossible, c'est pas possible.
00:43C'est-à-dire qu'ils ne sont pas arrivés en bouée canard et descendus à 60 mètres au 80
00:47mètres de flon
00:48pour détruire des mines qu'il fallait d'abord identifier, localiser, détruire.
00:52Donc, c'est faux.
00:55Et dans le dernier tweet d'aujourd'hui, il signale que la marine américaine a participé
01:00à du déminage avec des navires de chasse aux mines.
01:04Malheureusement, les bateaux de chasse aux mines américains ont quitté la zone en janvier,
01:07donc il n'y en a pas.
01:09Donc, ceci étant dit, effectivement, les Iraniens ont des mines.
01:12Il y a des mines simples, basiques.
01:16Ce sont des mines qui vont fonctionner soit au contact, soit à la modification du champ magnétique,
01:22soit à la modification de la pression, ou soit acoustique.
01:29Alors, ces mines, elles ne sont pas intelligentes, c'est-à-dire qu'elles ne vont pas déterminer,
01:34discriminer le navire qu'elles vont frapper.
01:37Donc, vous les placez en mer, et soit elles vont flotter, soit elles votent au fond,
01:42et elles ne vont pas choisir le navire.
01:44Et ensuite, vous avez des mines beaucoup plus intelligentes que les Iraniens ont,
01:48parce qu'ils les ont montré lors de défilés militaires.
01:50Ce sont des mines soit russes, soit chinoises, qui sont des PMK1, PMK2, EM52.
01:56Donc, c'est technique, ce qu'on appelle des captors.
01:58Et ces mines-là sont intelligentes.
01:59C'est-à-dire que vous pouvez les mettre au fond, vous pouvez les laisser dormir, entre guillemets,
02:04vous pouvez déterminer quand vous allez la rendre active,
02:07et vous pouvez déterminer comment elle va se rendre active.
02:09C'est-à-dire, vous pouvez lui fixer des éléments de déclenchement, entre guillemets.
02:16Allez-y.
02:17Un petit mot.
02:18Il y a quelques semaines, il y avait des informations qui avaient fuité
02:21sur le fait que le Pentagone estimait à six mois la durée nécessaire pour déminer le détroit.
02:27Les propos avaient été démentis ensuite, pour ne pas affoler les marchés.
02:31Imaginons qu'il y ait des mines, effectivement.
02:33C'est ce que confirme une source militaire aujourd'hui à BFM TV.
02:36Imaginons que ce détroit soit miné.
02:37Est-ce qu'il est raisonnable de penser qu'on ne puisse pas le déminer en quelques jours,
02:41en quelques semaines, et que ça se compte en mois ?
02:46En fait, quel est l'intérêt de déminer ?
02:48De l'intérêt de déminer, c'est de pouvoir permettre un chenalage des navires de commerce
02:52pour que ces navires puissent sortir du Golfe.
02:55Donc, ça s'intéresse.
02:56Non pas un navire militaire, mais un navire civil.
02:59Donc, il va falloir convaincre les navires civils de pouvoir naviguer dans les eaux claires.
03:03Ensuite, on n'est pas obligé de déminer tout.
03:06On peut créer un chenal, en fait.
03:08On peut déterminer qu'au lieu de déminer 30 km de large sur 50 km de long,
03:14on va pouvoir faire un chenal qui va faire 2 km de large ou 3 km de large et 40
03:19km de long.
03:19Donc, on va gagner du temps.
03:20Maintenant, c'est qui va déminer ?
03:23C'est-à-dire, est-ce que les Iraniens acceptent de lever leur minage ?
03:28S'ils l'ont fait de façon intelligente, je pense qu'ils l'ont fait de façon intelligente.
03:31Ils s'avouent où se trouvent les mines.
03:32Donc, c'est relativement rapide pour les enlever ou les désactiver.
03:36Si c'est un autre, si dans les pourparlers, les discussions, négociations,
03:41on demande à ce que ce soit une force « tiers », une force « autant », non pas «
03:47autant »,
03:48peut-être UE, par exemple, il va falloir rassembler des moyens, se mettre en place
03:53et accepter, enfin, obtenir le fait de pouvoir travailler dans un milieu permissif,
03:57c'est-à-dire éviter de se faire tirer dessus lorsqu'on fait ces opérations-là.
04:02– Cette réouverture du détroit d'Hormuz, M. Morizur, c'est le nerf de la guerre.
04:06Est-ce que vous avez une idée du nombre de navires bloqués dans le détroit ?
04:09À un moment où on en parlait, il y en avait 1500 à 2000.
04:11Est-ce que là, vous avez une idée précise ou une sorte d'estimation à nous fournir ?
04:15– Je pense qu'on peut séparer le parc de navires en deux parties.
04:19La première partie, c'est les navires qui travaillent dans le golfe
04:22et qui n'ont pas besoin d'en sortir.
04:23C'est-à-dire, c'est les navires de soutien pétrolier, les petits cargos,
04:25les petits tankers qui se baladent de port en port dans le golfe de Persique.
04:29Et ensuite, vous avez à peu près, à la grosse louche,
04:33600, 700 navires qui ont des besoins de sortie du golfe.
04:38Ça peut être rapide.
04:40C'est-à-dire, si on trouve un mémorandum
04:41et qu'on accepte d'ouvrir le détroit avec un agrément Iran-US,
04:48je peux vous assurer que ça va se précipiter.
04:50Donc, le flot va être très important
04:52et ça peut se vider assez rapidement, en fait.
04:55Merci beaucoup, François Morizur.
04:57Est-ce que la France, on va s'interroger,
04:59est-ce que la France pourrait jouer un rôle important
05:00dans ce déminage ?
05:01Olivier Lasmole, Emmanuel Macron s'était entretenu le mois dernier
05:04avec le président iranien.
05:05Il avait dit qu'il fallait que soit restaurée
05:07la liberté de circulation dans le détroit
05:09à laquelle la France est prête à contribuer.
05:11On sait qu'on est équipé de chasseurs de mines.
05:13Est-ce que la France pourrait jouer un rôle dans ce détroit ?
05:16Oui, tout à fait.
05:17On a envoyé le groupe aéronaval pour, j'avais dit,
05:20une posture diplomatique, une posture politique.
05:25On a des chasseurs de mines, des dragueurs de mines,
05:28ce sont deux choses différentes,
05:28qu'on pourrait parfaitement envoyer,
05:31sachant qu'on a des navires qui sont équipés pour cela.
05:33On parlait de mines magnétiques.
05:35On a des chasseurs de mines qui ont des cloques amagnétiques,
05:38c'est-à-dire que, justement,
05:40les fameuses mines ne peuvent pas s'accrocher à ces navires.
05:44On a un savoir-faire.
05:45On n'est pas les seuls.
05:46Maintenant, on a aussi les Hollandais.
05:49Mais la France pourrait tout à fait envoyer des chasseurs de mines.
05:52Il faudrait peut-être un certain nombre de...
05:56Il faudrait peut-être aller à peu près deux semaines,
05:58parce que ça ne va pas aussi vite qu'on peut le penser
06:00qu'un porte-avions, parce qu'un porte-avions va quand même assez vite.
06:03Donc oui, on pourrait tout à fait envoyer.
06:06Il y aurait une fenêtre d'ouverture
06:09si, finalement, il y a un presque-accord,
06:11comme a dit Donald Trump,
06:13et qu'on arrive à quelque chose,
06:15parce que, quand même, on a des cailloux comme le petit poussé.
06:17On voit quand même des avancées régulièrement.
06:19Comme disait le général, il y a de vraies avancées.
06:21Et là, on aurait un coup à jouer,
06:24non pas à travers le groupe aéronaval,
06:25mais dire, voilà, on a un groupe aéronaval,
06:27maintenant, on va faire venir des chasseurs de mines,
06:29et on pourrait être ceux qui seraient là,
06:32qui seraient dans le Détroit,
06:34alors, évidemment, avec l'accord de l'Iran pour déminer.
06:36Ça ne serait pas sans l'accord de l'Iran,
06:38parce que la France n'irait jamais,
06:40parce qu'elle a dit qu'on attendra,
06:41non pas la fin de ces feux,
06:43mais la fin du conflit.
06:44Ce qui n'est pas pareil.
06:45Mika, est-ce que vous partagez l'optimisme
06:47d'un autre expert qui était là,
06:48qui disait, une fois que ça va être ouvert,
06:49ça ira, somme toute, assez vite ?
06:51En fait, on n'en sait strictement rien,
06:52pour une raison simple,
06:53c'est que tout dépend, effectivement,
06:55du délai d'absorption, en fait,
06:56par les marchés,
06:58des marchandises qui sont bloquées
06:59derrière le Détroit d'Hormuz.
07:00Donc, typiquement,
07:01pour vous donner un ordre de grandeur,
07:02si on voulait faire sortir tout le pétrole
07:04qui est bloqué actuellement,
07:05le pétrole brut, bien sûr,
07:06bloqué dans le Détroit d'Hormuz aujourd'hui,
07:07ça prendrait au moins trois, quatre mois.
07:10Et là, l'enjeu ici,
07:12c'est qu'il y a une compétition,
07:14évidemment, mondiale,
07:15il y a des marchés qui se sont réorganisés,
07:17des flots qui se sont réorganisés également,
07:18y compris aux États-Unis eux-mêmes,
07:19par exemple.
07:21Donc, si vous voulez,
07:21c'est assez difficile de pouvoir dire
07:23oui, tout le monde va se précipiter
07:25et en quelques jours
07:26ou en peut-être deux semaines
07:27ou trois semaines,
07:28tout va être réglé.
07:29Ça, pour le coup,
07:30je n'y crois pas du tout.
07:31Maintenant, il y a un autre élément aussi
07:32qu'il faut signaler
07:33sur la question des mines.
07:34Il y a deux choses,
07:36deux capacités dont on parle peu
07:37mais qui sont bien réelles.
07:39D'une part,
07:39c'est une capacité française
07:40et là, je pense notamment
07:41à la société Exile
07:42qui a donc ces drones sous-marins
07:44chasseurs de mines
07:45qui permettraient,
07:46s'ils le veulent,
07:47si les Français le souhaitent
07:49et si c'est véritablement possible
07:51techniquement de pouvoir envoyer
07:52ces drones sous-marins sous le feu
07:54s'il y avait effectivement encore
07:56des incertitudes sur la question
07:57de l'application de l'accord,
07:59quel qu'il soit.
08:00Mais deuxième élément,
08:01dire qu'aujourd'hui,
08:02les Américains n'ont pas de capacité
08:04de navire chasseur de mines,
08:05c'est en fait inexact.
08:06C'est-à-dire qu'il y a
08:07quatre navires de la classe Avenger
08:10qui effectivement sont
08:11des navires chasseurs de mines
08:12qui sont repartis aux Etats-Unis
08:13pour des raisons de maintenance
08:14et autres,
08:15qui étaient pour certains
08:16dans le Moyen-Orient pour le coup.
08:17Mais il y a aussi
08:18au moins trois frégates
08:21de combat littoral
08:22qui ont en fait des modules,
08:24qui sont des modules chasseurs de mines
08:25et ces modules chasseurs de mines
08:27peuvent tout à fait faire
08:28quelque chose
08:28de l'ordre de ce que
08:29Donald Trump a évoqué,
08:30mais l'enjeu ici,
08:33c'est que ces modules-là
08:34n'avaient pas été testés
08:35en combat
08:36avant le conflit
08:37ici en Iran.
08:38Donc c'est-à-dire,
08:39on sait qu'ils sont là,
08:40mais on ne sait pas effectivement
08:41d'un point de vue
08:42belligérant
08:42et d'un point de vue opératif
08:44si effectivement
08:44ils sont à la hauteur
08:45des promesses,
08:46notamment durant les essais.
08:48Merci.
08:48Merci.
08:48Merci.
Commentaires

Recommandations