- il y a 10 heures
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Allez, on va repartir tout de suite à Washington, en ce 86e jour de guerre, pour retrouver Axel Mounier.
00:06Axel, ces dernières heures, c'est vrai qu'on évoquait les déclarations, on était d'ailleurs ensemble hier,
00:10encourageant de la part des deux parties, malgré des points de divergence, le nucléaire surtout.
00:15Mais c'était sans compter cette journée d'aujourd'hui et la communication sur son réseau de trousse de Donald
00:20Trump.
00:24C'est vrai qu'il aura donné des indications dans tous les sens.
00:27D'abord, on a eu le sentiment qu'il avait envie de reprendre la guerre avec une image générée par
00:31intelligence artificielle
00:33à travers laquelle on pouvait voir des avions américains bombardés des bateaux iraniens.
00:39Et puis ensuite, une longue publication plutôt diplomatique pour dire qu'il fallait laisser le temps au temps,
00:45que c'était désormais des discussions qui étaient constructives, que tout se passait bien,
00:50que la relation avec les Iraniens était même plus productive et plus professionnelle qu'avant.
00:54Et puis derrière, Donald Trump s'est énervé, agacé probablement par le fait que ça n'est pas allé aussi
01:00vite qu'il l'imaginait
01:00et surtout par toutes les critiques qui sont très nombreuses ici aux États-Unis, à commencer par le camp républicain
01:06et notamment les plus loyaux de ses sénateurs.
01:09Certains comme Lindsey Graham ou Ted Cruz estiment que l'accord tel qu'il semble être parti d'après les
01:16médias américains
01:17n'est pas un bon accord, n'est pas un bon accord pour les Américains, n'est pas un bon
01:21accord pour le programme nucléaire iranien
01:23et ils sont très critiques vis-à-vis de l'administration Trump.
01:26Alors Donald Trump lui estime que rien n'est fait, qu'il y a du temps, mais on sent qu
01:29'aujourd'hui, ce soir particulièrement,
01:31la petite musique c'est « Attention, rien n'est fait, il y a encore beaucoup de points à régler,
01:36il y a encore des divergences,
01:38ça va prendre du temps, ça ne va pas aller aussi vite que prévu, ça peut prendre encore plusieurs jours
01:42et surtout, il y a une possibilité que tout vacille au dernier moment
01:48et ça, ça n'était pas le ton qui était employé par Marco Rubio hier et surtout par Donald Trump.
01:52Bref, il y a beaucoup plus de prudence côté américain ce soir, ce qui montre que rien n'est acté,
01:59rien n'est fait malgré les déclarations
02:01et qu'il y a encore beaucoup, beaucoup de travail diplomatique sur la planche
02:04et que ça va durer probablement encore plusieurs jours.
02:08Merci Axel Meunier depuis Washington, il ne doit y avoir aucune erreur, ça c'est ce que dit ce soir
02:12Donald Trump,
02:13pressé manifestement de prendre son temps.
02:15Maintenant le président américain, les deux parties doivent prendre le temps nécessaire pour bien faire les choses.
02:20Thierry Arnault, on ne va pas parler d'accord ni de protocole d'accord, mais de finalisation, de discussion d
02:26'un protocole d'accord.
02:27Qu'est-ce qu'il contient ?
02:27Oui, une idée centrale et trois têtes de chapitre.
02:30L'idée centrale c'est qu'il faut se donner les moyens et le temps d'entrer dans une véritable
02:34négociation.
02:34Donc on pose un cadre qui desserre les taux et qui desserre les taux dans le détroit d'Hormuz en
02:40particulier
02:40et ensuite on se met à table pour rentrer dans le vif du sujet et aller au bout des discussions
02:46sur tous les thèmes et en particulier le nucléaire.
02:48Alors les trois têtes de chapitre c'est un, on se met d'accord sur un cessez-le-feu de
02:5260 jours,
02:52sur l'ensemble des théâtres d'opération entre l'Iran et les Etats-Unis bien sûr, mais au Liban également.
03:00Deuxième tête de chapitre, on organise le retour progressif à une liberté de circulation dans le détroit d'Hormuz.
03:07En échange de la levée des pressions militaires et économiques américaines, on lève le blocus sur les ports iraniens
03:16et on envisage, à mesure que l'Iran donne des gages, des concessions financières qui pourraient être par exemple le
03:24dégel progressif des avoirs.
03:25Sur le nucléaire, on ne va pas évidemment régler la question, mais côté américain, on attend deux engagements de la
03:35part de l'Iran.
03:36L'affirmation noir sur blanc que le pays s'engage à ne pas développer d'armes nucléaires,
03:41l'affirmation par l'Iran que sur le principe il s'engage à se débarrasser de son stock d'uranium
03:47enrichi.
03:48Voilà le cadre global, les trois têtes de chapitre et évidemment à partir de là,
03:53on commence à discuter des modalités de l'ensemble des sujets qu'on vient de présenter
03:57et c'est là qu'on rentre dans le dur et que les choses se compliquent encore davantage,
04:02non qu'elles aient été simples jusqu'à présent.
04:04Mika, quand Donald Trump dit « le temps joue en notre faveur »,
04:07ce n'est pas vraiment l'impression qu'on a du timing et des échéances qui attendent Donald Trump.
04:11Qui a le plus le temps, c'est les Iraniens ou c'est Donald Trump ?
04:14Je suis bien embêté de vous répondre à cette question parce que personne n'a le temps en réalité,
04:18que ce soit à côté iranien où effectivement l'économie est exsangue
04:21ou que ce soit états-unien où là pour le coup c'est le capital politique de Donald Trump
04:24qui commence à être exsangue.
04:26Donc fondamentalement ce qui est assez intéressant dans ce week-end,
04:28où on a vu pour la huitième fois Donald Trump reculer d'une manière ou d'une autre
04:33à cette même heure sur ce même plateau hier soir,
04:37on était en train de se dire est-ce que c'est un accord global,
04:39est-ce que c'est un accord cadre ou est-ce que c'est un MOU ?
04:41Souvenez-vous, je vous parlais de ça, le Random of Understanding.
04:44J'étais plutôt de la team MOU d'ailleurs,
04:45donc c'est-à-dire l'accord pas du tout contraignant en fait qui n'engageait à rien.
04:48Et fondamentalement là ce qu'on est en train de voir depuis 24-48 heures,
04:52c'est qu'on a une hémorragie de soutien de Donald Trump
04:56qui de fait sont en train de préparer les mid-terms en disant là clairement
05:00en fait il est en train de nous mener tous dans le mur,
05:03c'est ça les messages de Ted Cruz et compagnie.
05:06Là l'enjeu qu'on est en train de voir il est le suivant,
05:08c'est que finalement le pattern il reste à un jour près le même
05:12que c'est huit, sept, sept dernières fois, là c'est la huitième,
05:15où de fait on se rapproche d'un accord en fin de semaine,
05:18le vendredi, le samedi, on nous dit qu'il y a des accords.
05:20Souvent au week-end.
05:21Et puis de fait il y a une reprise des frappes
05:23où il y a une menace de reprise de frappes qui arrive,
05:27parfois en disant que je vais faire un malheur,
05:28parfois un petit peu moins le dimanche, le lundi, le mardi,
05:32avant de revenir dans une logique de désescalade
05:34à partir du mercredi, jeudi.
05:36De fait là on est en train de voir qu'encore une fois
05:39il se passe à peu près la même chose
05:40parce que ce qu'on est en train d'observer chez les amis de Donald Trump
05:43qui le soutiennent encore, c'est de dire que bon,
05:45si les Iraniens, lundi, mardi, mercredi n'ont pas signé,
05:49il faut quand même les frapper pour qu'ils arrivent à signer.
05:51Et ça là-dessus, je reviens à ce que Guillaume Ancel a évoqué un petit peu plus tard,
05:55un peu plus tôt pardon, c'est-à-dire que cette logique-là,
05:57elle est d'une part sans fin, mais d'autre part,
06:01au-delà d'être sans fin, elle fait que la parole de Donald Trump
06:04elle est chaque semaine de plus en plus en plus démonétisée.
06:07– On va vous montrer deux images, puisqu'on sait qu'il aime la négociation
06:11sous la pression de Donald Trump, voici les deux images
06:12qu'il a postées ces dernières heures.
06:14D'abord il y a celle-ci, Adios, on voit un drone
06:16en train de tirer sur un navire iranien,
06:19puisqu'on reconnaît le drapeau.
06:21Et puis, dans la soirée, cet autre,
06:25merci pour l'attention que vous avez portée à ce sujet.
06:27Vous savez, c'est comme ça qu'il termine tous ses posts
06:29sur True Social Donald Trump, là c'est écrit sur une bombe.
06:33C'est sa manière de négocier et de finaliser les discussions,
06:36Guillaume Rancel ?
06:37– Adios, c'est intéressant parce qu'on voit que Donald Trump
06:39maîtrise le persan désormais.
06:41Donc on n'est pas sûr qu'il ait bien compris
06:44en quoi consistait son excursion.
06:46En fait, plus sérieusement, on voit qu'il y a trois logiques
06:49qui s'affrontent, et c'est ça qui rend à mon avis très difficile,
06:52le fait de s'accorder.
06:53D'un côté, du côté américain,
06:55le seul objet de cette guerre, c'est le nucléaire.
06:57Et Israël les rejoint, mais c'est le nucléaire
07:00qui motive les guerres, pas le détroit d'Hormuz
07:02qui est une conséquence.
07:03Du côté des gardiens de la Révolution,
07:05je parle bien des gardiens de la Révolution
07:06parce que je pense qu'il y a d'autres dirigeants iraniens
07:07qui aimeraient bien sortir de ce syndrome-là,
07:10mais eux, ce qu'ils veulent, c'est continuer à négocier.
07:13Les 60 jours qu'ils ont obtenus, s'ils l'obtiennent de cesser le feu,
07:16ça veut dire qu'ils sont deux mois devant eux
07:19pour continuer à vivre et pour négocier contre les Américains,
07:23parce que c'est bien négociation contre les Américains,
07:25ça assure leur survie.
07:26Parce que la troisième manche sera beaucoup plus difficile pour eux
07:29quand ils seront seuls face à leur population.
07:30Mais comment vous le voyez, c'est prémonitoire
07:32ou c'est un bilan de ce qu'il s'est passé ?
07:34Non, c'est plutôt une carte qu'il n'a pas jouée.
07:37Ce qu'il montre là, c'est que, comme le rappelait Mikko,
07:40en fait, chaque semaine, il nous sort sa carte
07:43« Je vais vous faire la guerre »,
07:44sauf que maintenant, ça fait huit fois qu'il la sort
07:46sans la mettre sur la table.
07:47Et donc, il dit à un moment,
07:48« Je vais bien être obligé de la jeter sur la table de négociation.
07:50Pardonnez-moi, mais je vais vous frapper. »
07:52Et c'est là où le troisième acteur,
07:54c'est le reste du monde.
07:56Le reste du monde, en dehors de ces trois pays,
07:58n'attendent qu'une chose.
07:59C'est la réouverture du détroit d'Hormuz.
08:02Eux, quelque part, le conflit iranien,
08:03je ne vais pas dire qu'ils s'en foutent,
08:05mais c'est moins leur sujet
08:06que d'arriver à débloquer une situation économique
08:08qui peut coûter très, très cher à toutes les sociétés.
08:11Donc, ça peut dire l'ouverture du détroit d'Hormuz
08:13par la force prochainement ?
08:14Non, c'est impossible.
08:15D'ailleurs, c'est ce que les Américains ont tenté de faire
08:17avant de réaliser que militairement...
08:19Mais attention, l'US Navy avait prévenu Donald Trump
08:22que ça n'était pas jouable.
08:23C'est Donald Trump qui les a obligés
08:25à faire deux tentatives,
08:27mais ils l'ont montré tout de suite.
08:29Eux, ils peuvent passer avec des navires de guerre,
08:31mais c'est 120 bateaux par jour qu'il faut passer.
08:33Et ça, ça ne se fait pas avec des navires de guerre.
08:35On ne les a jamais vus transporter
08:37ni des containers maritimes,
08:38ni des milliers de tonnes d'hydrocarbures.
08:42Marie-Laure Buisson, sur la deuxième photo,
08:44on va peut-être la revoir,
08:45avec cette bombe prête à être larguée.
08:48On a connu quand même des discussions
08:49et des négociations plus sereines.
08:51Plus subtiles.
08:52Plus subtiles, c'est peut-être le mot, effectivement.
08:54Plutôt subtiles.
08:57Pour la première photo,
08:58juste un insert,
08:59je pense qu'il y a quelque chose
09:00qui a percolé dans le cerveau de Donald Trump
09:02ce matin au réveil.
09:03Au réveil, c'est donc son envie
09:06d'en finir avec le régime castriste à Cuba
09:08et cette guerre en Iran.
09:10Tout ça a donné cette photo.
09:11Adios en espagnol,
09:12vous y voyez un signe prémonitoire.
09:14Exactement.
09:15Voilà.
09:16Et la deuxième photo,
09:18moi, à mon sens,
09:20ça montre une fébrilité incroyable
09:22de la part de Trump.
09:23Et je pense que si Trump se mettait à se taire
09:27tout d'un coup et à ne plus tweeter quoi que ce soit,
09:30alors là, les Iraniens commenceraient à se dire
09:32« Oula, c'est plus pareil. »
09:34Là, tant qu'il s'agite,
09:35tant qu'il change de pied tous les quarts d'heure,
09:38qu'il envoie des tweets,
09:39qu'il se réveille, qu'il se rende dehors,
09:41tant que ça se passe comme ça,
09:42les Iraniens se disent « Bon, on a l'habitude,
09:46il fait comme les animaux,
09:48vous savez, la grosse collerette. »
09:49L'agitation, c'est l'assurance qu'il ne frappera pas ?
09:52Exactement.
09:53Et puis qu'il est fébrile,
09:54qu'il ne sait pas où il va,
09:55qu'il ne sait pas ce qu'il fait.
09:56Un coup, on lui dit,
09:57voilà, il est pris en sandwich
09:58entre sa majorité républicaine
10:00et puis ce qui se passe de l'autre côté.
10:02Donc, moi, je pense que s'il se mettait à se taire,
10:04si j'avais un conseil à lui donner,
10:05qu'il ne me demandera d'ailleurs pas…
10:06Vous pensez vraiment qu'il ne sait pas ce qu'il fait ?
10:09Je plante qu'il est un peu dans le doute ?
10:11Non, je pense qu'il a des sincérités successives.
10:14C'est-à-dire qu'il va, à un moment donné,
10:16penser qu'il faut faire ça,
10:18un quart d'heure après, penser « Ah ben non, mais il faut… »
10:20Et à chaque fois, il sera très sincère dans sa démarche.
10:22Clairement, ce matin, il voulait absolument en finir
10:25et signer quelque chose avec les Iraniens.
10:28Tout d'un coup, il s'est pris une révolution
10:30dans la figure de la part de Roger Wickers,
10:32qui est quand même un sénateur extrêmement puissant,
10:35puisqu'il est à la tête, il est président
10:37de la Commission de défense des armées du Sénat.
10:39Il y a Ted Cruz, il y a évidemment Lindsey Graham,
10:43il y a tous ces gens qui sont des éléphants,
10:45si je puis dire, du parti,
10:47qui lui sont tombés dessus,
10:49donc il a changé de pied.
10:50Donc ce sont, en fait, des vérités successives
10:54qu'il assume et qu'il traduit à travers différents postes
10:58qui donnent le tournis et qui, au bout d'un moment,
11:01donnent l'impression à tout le monde
11:02qu'il est dans un état de fébrilité absolu.
11:05– Général Sidos, vous partagez ce que dit Marie-Laure Buisson ?
11:08– Oui, c'est exactement ça, en fait.
11:11En fait, il a bâti son affaire de...
11:12– Ces sincérités successives dont parlait Marie-Laure.
11:15– Exactement.
11:15Et puis, bon, il y a une levée de bouclier,
11:18et il cède.
11:19Il cède.
11:21Bon, il a vaguement convaincu, effectivement, Netanyahou.
11:22Il a dû faire des promesses, effectivement,
11:24de maintenir le bouclier des bombardiers,
11:26de la réaction, tout à fait.
11:27Mais là, il a des gens qu'il connaît bien,
11:30des gens qu'il en soutenait,
11:30des gens qui sont des durs de sa politique,
11:33des gens bien, d'ailleurs, je pense au général Flynn.
11:37Et là, il se dit, oh là là, qu'est-ce qui m'arrive ?
11:40Je me suis encore trompé.
11:41Donc, il n'avait pas bâti suffisamment son affaire.
11:43Il n'avait pas convaincu...
11:44D'abord, une fois de plus, il n'a pas convaincu
11:46ceux qui l'entourent.
11:47Et puis, c'est vrai, de faire de la géopolitique
11:50avec des tweets, c'est épouvantable.
11:51– Impossible.
11:51– Normalement, des accords,
11:53bon, ça part dans la presse,
11:55dans des journaux sérieux.
11:56Ça a été lu et relu.
11:57On négocie.
11:58Enfin, quand on veut arriver à quelque chose,
12:00voilà, on la fait passer aux affaires étrangères.
12:03Comme disait tout à l'heure Dominique de Villepin,
12:05la diplomatie, c'est quand même une affaire de gens sérieux.
12:08Et ben voilà.
12:09– Il était très sévère avec Donald Trump
12:11et son entourage.
12:12– En parlant de fiasco.
12:12– Et comment on négocie avec quelqu'un
12:14qui a des sincérités successives,
12:16pour reprendre le terme ?
12:17Comment on négocie avec quelqu'un comme ça,
12:19qui dit blanc le lundi et noir le mardi ?
12:20– Mais vous maximisez votre position,
12:22et c'est exactement ce que sont en train de faire les Iraniens.
12:24À partir du moment où on comprend
12:25qu'effectivement, ces sincérités successives
12:27peuvent l'amener à s'auto-corneriser,
12:29à se mettre dans les cordes de plus et en plus
12:32et en plus encore plus profond.
12:33Ben de fait, il faut jouer.
12:34Et de fait, il faut dire aujourd'hui que,
12:36certes, on ne sait pas avec qui Donald Trump
12:38va signer un accord ou pas en Iran.
12:41Mais de fait, ce qu'on sait,
12:42c'est qu'on a en face des gens
12:44qui, pour le coup, se sont préparés
12:45toute leur vie politique,
12:46toute leur vie militaire,
12:48à ce moment où, effectivement,
12:49la carte du Détroit d'Hormuz
12:51a été mise sur la table,
12:52a été activée.
12:53Aujourd'hui, ils savent très bien
12:55que ça leur a permis de décorer les affaires,
12:58de déplacer les objectifs.
13:00Et de fait, cet accord est essentiellement
13:01focalisé sur le Détroit d'Hormuz.
13:03Et de l'autre côté,
13:04sur toute la partie qui compte vraiment,
13:05la partie nucléaire,
13:06de fait, ils savent beaucoup mieux manœuvrer
13:09Donald Trump que l'inverse.
13:11Alors, on a une certitude ce soir,
13:12on a une seule certitude,
13:14c'est que plus personne ne peut croire
13:15Donald Trump.
13:16Eh oui.
13:17C'est effrayant,
13:18la manière dont il renverse,
13:19en vérité successive,
13:20en vérité alternative.
13:21Une crédibilité qui s'écrite,
13:23c'est ce qu'on disait
13:23il y a quelques minutes.
13:24Ce qui fait que,
13:25à lui tout seul,
13:25il pourrait animer une chaîne de médias
13:27qu'on a après être en prix,
13:28et on pourrait y passer la journée
13:30sans savoir où on en est.
13:31Il a déjà créé son réseau social.
13:33C'est le bien.
13:34Quand on l'écoute,
13:34on devient fou avant la fin de la journée.
13:36Honnêtement,
13:37si vous voulez devenir dingue,
13:38vous suivez ses tweets.
13:39C'est effrayant.
13:40Et là, aujourd'hui,
13:41on a quand même l'exemple type
13:42d'une journée
13:43où il n'a pas été joué au golf.
13:44Moi, je préfère
13:45quand il va jouer en eau golf
13:46parce qu'il n'a pas le temps de tweeter.
13:48Il s'est fermé deux joueurs.
13:50Eh oui, il devait être
13:51au mariage de son fils, Obama.
13:52Il a pas été au mariage de son fils.
13:53Mais non, en fait,
13:54ce qu'il a réussi à nous dire,
13:55tout et son contraire
13:56en moins de 24 heures.
13:57Mais alors, juste,
13:58est-ce que vous savez
13:58comment on appelait
13:59le général de Gaulle
14:00à Vichy et en Allemagne ?
14:01Non.
14:02Le général micro.
14:08planquait en Angleterre.
14:09Voilà.
14:10On sait que c'est pas vraiment
14:11l'image que l'histoire a retenue.
14:13Et qu'est-ce que ça veut dire ?
14:14Ça veut dire que
14:14quand de Gaulle fait l'appel
14:16du 18 juin,
14:17la TSF,
14:18c'est moins vieux
14:20que Twitter ne l'est aujourd'hui.
14:21C'était en 1928,
14:23à peu près,
14:24l'arrivée de la radio
14:24dans les foyers français.
14:26Donc, 12 ans après,
14:26il y avait un général
14:27qui s'est dit
14:27tiens, je vais utiliser
14:28un nouveau moyen de communication
14:30pour toucher
14:32les plus de gens.
14:33Et Donald Trump
14:34a conquis le pouvoir
14:35avec des mèmes,
14:36avec des blagues,
14:38en entrant un peu
14:39comme quelqu'un
14:40qui rentre dans un bistrot
14:40et qui saurait parler
14:41un peu à tout le monde.
14:42Tous les gens
14:43qui se sont dit un jour
14:44« Bernard Tapie,
14:45il a quand même
14:45un peu de talent »,
14:47ils peuvent se dire
14:48qu'ils comprennent
14:49ce qui marche chez Trump.
14:49Alors, vous faites
14:50la comparaison,
14:50Bernard Tapie et Donald Trump.
14:51Je pense que ça aurait pu être
14:53le bon donateur.
14:54Il avait un peu de talent,
14:55Bernard Tapie.
14:55Oui, mais Trump,
14:56c'est pas un abruti.
14:57Il a fait l'équivalent
14:58d'HEC,
15:00une haute école de commerce.
15:01Il a fait de l'algèbre linéaire aussi.
15:03Il ne faut pas non plus
15:04prendre...
15:04Et c'est un homme d'affaires
15:06à la base aussi.
15:06Voilà, c'est quand même
15:06pas non plus l'idiot
15:08qui sont dans cette crise
15:09via les tweets.
15:11Et ça, c'est vraiment
15:13au détriment des États-Unis.
15:14C'est clair,
15:15c'est une manière
15:15de communiquer
15:16qui part dans tous les sens.
15:18C'est l'impression
15:18que ça donne.
15:19Ça ne veut pas dire
15:20qu'il y a peut-être
15:20une direction un peu plus
15:21stratégique derrière.
15:23Mais pour l'instant,
15:23ce que ça donne,
15:24c'est le sentiment
15:26d'une conduite
15:27de la crise très brouillonne.
15:28Mais on n'est pas
15:29à la fin de nos surprises
15:31dans cette crise.
Commentaires