- il y a 10 heures
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:03Générique
00:11De retour sur le plateau de BFM, grand soir, alors qu'une marche blanche sera organisée demain à Florence, dans
00:16le Gers, en hommage à Liana.
00:18On continue ce soir de découvrir ensemble avec effarement le profil et le parcours de Jérôme Barrella, avec ce nouveau
00:24témoignage accablant que vous allez ce soir entendre sur BFM TV.
00:27Oui, celui du professeur d'un club d'arts martiaux du Gers Club, dans lequel était inscrit le suspect.
00:34Et ce professeur avait déjà, à l'époque, clairement des doutes sur le comportement de Jérôme Barrella.
00:40C'est un témoignage exclusif BFM TV, recul par Maël Janton et les équipes de Ligne Rouge.
00:45Dans le club, en fait, son comportement était un peu particulier.
00:49Il a éveillé les soupçons de pas mal de personnes, puisqu'en fait, voilà, il passait vraiment beaucoup, beaucoup de
00:56temps.
00:56Ça nous paraissait anormal avec les enfants.
00:59Même pendant les cours, il ne s'entraînait exclusivement qu'avec les enfants, etc.
01:04À tel point que, voilà, quand ça nous paraissait vraiment trop, qu'on en avait assez de surveiller ça, etc.,
01:09on était obligé de le prendre, de lui dire, voilà, arrête, viens t'entraîner avec nous, etc.
01:13À partir du moment où le quotidien s'est installé, que j'ai vu que, voilà, c'était vraiment récurrent,
01:17ce contact avec les enfants et tout,
01:19là, on s'est dit, voilà, il faut vraiment qu'on ait un oeil sur lui.
01:25C'était gênant pour lui de ne pas être au contact des enfants où on sentait que c'était pas
01:31sa nature, quoi.
01:32Voilà, il soulevait des enfants, il jouait à la lutte avec eux.
01:35Donc, par exemple, il pouvait être étendu par terre et il y avait tous les gamins qui se jetaient sur
01:39lui.
01:40Il était en plus adoré des enfants, à tel point qu'une l'a revue il n'y a pas
01:44si longtemps que ça sur Roche,
01:45avant que toute cette affaire n'éclate, bien évidemment.
01:47Elle a couru vers lui, elle lui a sauté dans les bras, enfin voilà, il savait se faire aimer des
01:50enfants.
01:51On se dit qu'on aurait dû réagir très vite, j'aurais dû le virer du club ou au moins
01:56lui dire, voilà, ton comportement ne va pas, etc.
01:59On était tout le temps en train de le surveiller, à tel point que quand on s'est rendu compte,
02:03cette saison, qu'il ne revenait pas,
02:06on s'est dit, ouf, on était soulagés.
02:09Un témoignage accablant ce soir sur lequel on va revenir et qui vient renforcer encore un peu plus ce sentiment
02:14d'un immense gâchis.
02:15On vous retrouve à Florence, Mathias Tesson, où l'on ne comprend toujours pas comment Jérôme Barrella a pu, toutes
02:21ces années, échapper au radar.
02:22Quelles sont maintenant les suites judiciaires qui attendent le suspect ?
02:29Alors dans un premier temps, on va rappeler que les premières conclusions de l'autopsie qui a été pratiquée sur
02:36le corps de Liana n'a pas permis de mettre en évidence les causes certaines de son décès.
02:40C'est pour cette raison que des examens plus poussés sont pratiqués ou vont être pratiqués sur son corps pour
02:47peut-être tenter de mettre en évidence d'autres éléments pouvant expliquer le décès de la fillette.
02:54Et à ce moment-là, il faudra être attentif et vigilant au positionnement de celui qui est aujourd'hui évidemment
03:01considéré comme le principal suspect dans cette affaire.
03:04Fait-il évoluer son discours ?
03:07Se positionne-t-il différemment face aux faits qui lui sont reprochés ?
03:10On va rappeler que dans un premier temps, il avait nié les faits avant de se rétracter et d'admettre
03:15à minima d'avoir récupéré la fillette et l'avoir mis dans son véhicule et de l'avoir amené à
03:20la piscine.
03:21Cependant, lors de son interrogatoire de première comparution devant le juge d'instruction, il avait finalement décidé de garder le
03:27silence.
03:28Il faudra donc être attentif à ce que l'enquête va démontrer et cette enquête devra répondre à plusieurs choses.
03:35Cet homme Jérôme Barrella, est-ce qu'il y a suffisamment d'indices permettant de le renvoyer in fine dans
03:42plusieurs années devant une juridiction ?
03:44De quel chef ? Est-ce qu'il s'agit selon lui ou selon les éléments de l'enquête d
03:49'un accident ?
03:50Est-ce qu'il y avait une intention mortelle dans les coups qui ont éventuellement été portés ?
03:55On fait beaucoup de projections bien sûr, mais ce sont vraiment ces questions qui vont se poser pendant l'instruction.
04:02Et puis il y a la question bien sûr du mobile.
04:04Le mobile sexuel qui ne peut être éludé vu la personnalité et le profil de cet homme, qui est un
04:11casier vierge, qui n'a jamais été condamné,
04:13mais qui a tout de même fait l'objet de plusieurs plaintes, cinq au total, hormis cette affaire, il y
04:18en a toutes pour des infractions à caractère sexuel,
04:21pour des faits commis sur deux jeunes filles mineures.
04:24Merci Mathias Tesson, jamais condamné, général Fontbonne, casier vierge, mais des témoignages qui s'accumulent ce soir encore.
04:31On va revenir sur le témoignage de ce professeur de sport qui disait il y a quelques instants avoir déjà
04:36noté chez Jérôme Barrella un comportement suspect.
04:40Et nous étions tous autour de cette table subjugués en se disant, pourquoi n'y a-t-il rien dit
04:45?
04:45On a l'impression que tout le monde savait ce soir.
04:47Oui, oui, tout le monde sait. Alors, il y a une chose qui n'est pas acceptable et une chose
04:52qui est compréhensible.
04:53Je pense que la chose qui est compréhensible, c'est que c'est une accusation très grave.
04:58sur des soupçons, sur des attitudes qui sont équivoques.
05:01Vous allez à la gendarmerie, vous écrivez au procureur de la République, au commissariat de police,
05:06vous mettez normalement, mais là en plus ça ne s'est pas mis en marche,
05:09mais vous mettez normalement en marche une machine à broyer.
05:12C'est-à-dire que celui qui est l'objet de la dénonciation, il n'a plus de vie.
05:16Il peut déménager, il peut s'en aller.
05:19Ensuite, il y a quelque chose d'original sur la question de parler, pas parler,
05:26parler pendant la garde à vue, plus parler devant le juge.
05:28En fait, on observe d'expérience...
05:31Oui, il a parlé devant les enquêteurs et il n'y a pas d'instruction jamais.
05:34On observe d'expérience deux choses.
05:36Il y en a qui sont complètement mutiques, avec une espèce de jouissance dans le silence.
05:40C'est-à-dire, je sais, vous ne savez pas, et j'ai encore la main en quelque sorte.
05:43Et puis, en garde à vue, on a souvent des aveux, mais qui sont des aveux extrêmement progressifs.
05:50C'est-à-dire qu'il y a d'abord une négation totale, puis on a un élément.
05:54Monsieur, on vous a vu avec la petite fille dans la voiture, vous nous dites...
05:58Ce qui a permis de dire la vidéosurveillance.
06:00C'est ça.
06:00Parce qu'au début, il niait être avec cette...
06:01Donc, on donne un élément irréfutable.
06:03Ah oui, effectivement, elle était dans la voiture, mais je ne l'ai pas touchée.
06:07Je l'ai, de toute façon, laissée à tel endroit.
06:09C'est-à-dire qu'on a souvent...
06:10C'est-à-dire qu'en fait, la personne rechigne, peut-être pour se protéger, à avouer...
06:15Moi, je n'ai jamais vu un aveu immédiat, à avouer d'un coup quelque chose qui est inavouable.
06:21Ça vient toujours, généralement, crescendo ?
06:23Généralement, ça vient à crescendo.
06:24Et puis, à un moment donné, il y a une bascule.
06:28On va trouver quelque chose qui va l'émouvoir, qui va le décider à parler.
06:32C'est souvent le cas.
06:33On lui parle de sa famille, on lui parle de sa maman, on lui parle de sa vie, en général,
06:38plutôt qu'une condamnation, parce que c'est quelque chose qui passe complètement en dessous de sa perception, généralement, dans
06:43cette situation.
06:44Laurent Valdiguet, justement, est-ce que les enquêteurs l'ont totalement coupé du monde, ce soir, Jérôme Barrella,
06:50ou est-ce qu'il est au courant de l'onde de choc que provoque cette affaire ?
06:54Est-ce que ça peut être un élément qui le pousse à parler ?
06:58Ouh là ! Mais ça, il doit être dans une cellule à l'isolement.
07:03A priori, les cellules à l'isolement, sauf s'ils ont mis dans une cellule où la télé ne marchait
07:07pas.
07:07Oui, mais là, c'est pas que...
07:09Non.
07:10Il a la télé.
07:10Il a la télé.
07:11Il a la télé.
07:11Sauf si la télé ne marche pas.
07:13Oui, sauf si la télé ne marche pas.
07:14Donc, ça veut dire qu'il sait, en tout cas, il sait ce que provoque cette affaire dans le pays.
07:18Il a compris que, d'abord, la petite fille avait...
07:21Ça, il doit le savoir, parce que les surveillants parlent...
07:26Le corps a été retrouvé.
07:27Le corps a...
07:28Il doit savoir que le corps a été retrouvé, parce qu'en réalité, on ne sait pas, nous,
07:32ce qui s'est passé entre 15h et 17h.
07:34On ne sait pas ce qu'il a fait.
07:35On ne sait pas si la petite fille a été violée.
07:38On ne sait pas comment elle a été tuée.
07:39En réalité, on sait qu'il avait planifié quelque chose.
07:42On sait qu'il a fait en sorte que cette petite fille, qui devait sortir à 17h,
07:45est sortie à 15h et montée dans sa voiture,
07:47alors que ses parents ne voulaient plus qu'aller de contact avec lui.
07:50Oui, c'est vrai.
07:50Donc, il a planifié quelque chose, on ne sait pas quoi.
07:53Et ensuite, ce qu'on sait, c'est qu'il l'a cachée.
07:58Puisque, apparemment, même si on...
07:59Là aussi, on a beaucoup de doutes,
08:01mais apparemment, l'endroit où a été retrouvée la petite fille,
08:04c'est un endroit de cache.
08:06Ce n'est pas nécessairement l'endroit où elle a été tuée.
08:09C'est une espèce de puisa, apparemment, quelque chose.
08:12Enfin, on le saura en détail, mais c'est un endroit de cache.
08:17Donc, on sait aussi que lui, le vendredi, il a participé, vous savez, il a toqué, il y avait un
08:24témoin sur BFM qui disait, il est venu, il a toqué à la porte.
08:27Il a dit, vous savez, il y en a disparu, il faut qu'on la cherche.
08:30Donc, en réalité...
08:32Et quand le lendemain, il est arrêté, il dit, ah, pas du tout.
08:37Et puis, les gendarmes lui disent, mais si, regardez, il y a une...
08:39Ah oui, je l'ai amené aux bibliothèques.
08:41Donc, lui, on sait que depuis sa première minute devant les enquêteurs,
08:45et puis même la veille, puisqu'il fait semblant de participer aux recherches,
08:48il a décidé de dire que ce n'était pas lui.
08:52Donc, il est là-dessus.
08:53Je parle sous le contrôle de l'avocat qui est là.
08:56Mais il est sur cette ligne de défense.
08:59Alors, il a le droit, vous savez, on a le droit de ne rien dire aux enquêteurs.
09:03C'est son droit, il sera jugé.
09:05C'est lui qui sera jugé.
09:06En tout cas, si les charges s'accumulent comme elles semblent s'accumuler, il sera jugé.
09:10Il devra en répondre, mais c'est une ligne de défense.
09:12Philippe Jean-Kévit, je vous allez nous quitter dans pas longtemps.
09:14Je voulais qu'on revienne sur une plainte qui a cristallisé cette affaire,
09:16celle d'une enfant de 10 ans qu'on a appelée Rosa.
09:18Plainte, on le rappelle, déposée en août 2025.
09:23Examen médico-légal de la jeune fille qui a révélé des lésions anales et vaginales.
09:27On a parlé hier du temps long qui s'est écoulé avec vous
09:29entre le dessaisissement du parquet de Toulouse et de celui de Doche.
09:32Le Parisien nous en a appris un peu plus ce samedi,
09:34nous disant que le 14 février, il y avait eu un échange téléphonique
09:37entre le parquet Doche et les gendarmes.
09:39Ce jour-là, le magistrat demande aux gendarmes d'opter pour le placement en garde à vue du suspect.
09:43Rien ne sera fait jusqu'à la mort de Liana.
09:46Regardez ce que confie un proche des investigations aux Parisiens.
09:48On ne peut pas dire que les gendarmes de cette brigade étaient débordés
09:51par des procédures lourdes et graves.
09:53Le stock de dossiers criminels était vide, sauf celui de Jérôme Barrella.
09:58Quelle est votre réaction quand vous lisez ça ?
10:00Parce qu'on a parlé hier, c'était peut-être pas le rôle de la brigade territoriale de faire ça,
10:05ça aurait été le rôle d'une section de recherche.
10:08On se disait qu'ils étaient peut-être débordés de dossiers.
10:10Finalement, visiblement, ce que nous dit une source proche de ce dossier,
10:14c'est qu'il n'y avait pas de dossier criminel à part celui-là.
10:17Je ne vais pas juger le travail qui...
10:18Non, non, je ne vais pas juger, mais qu'est-ce qui peut expliquer que ce soit la brigade territoriale
10:22et pas une section de recherche qui est...
10:24Ah, ça, c'est une question qui reste, c'est le point d'interrogation.
10:29On informe le procureur de la République des infractions qu'on a
10:33et on est donc forcément sous ses ordres.
10:36C'est lui qui donne les directives à prendre, c'est le directeur de la police judiciaire.
10:40Donc, qu'est-ce qui s'est passé ?
10:42On ne sait pas.
10:42Est-ce que le procureur n'a pas jugé pour une BR ou une brigade de recherche ou une SR
10:48et s'est retombé sur la brigade ?
10:50Mais déjà, le commandant de compagnie aurait peut-être dû réagir,
10:53ou le commandant de brigade, dire c'est une grosse affaire, on va demander de l'aide.
10:58Bon, ça, on ne sait pas, on ne sait pas.
10:59Et ça, je ne peux pas avancer dans les choses.
11:04Alors, ce n'est pas une hiérarchie, mais il y a une répartition des fonctions
11:06entre les unités de gendarmerie.
11:08Vous avez les brigades, brigades territoriales que tout le monde connaît.
11:11Il y en a 3 500 en France, de tailles différentes.
11:14Je crois que celle-là est à 8 ou 10 gendarmes.
11:17Eux, 8 gendarmes, ils sont chargés de la surveillance.
11:20Vous les voyez passer en patrouille, vous les voyez passer à pied pour la tranquillité publique.
11:24Ils sont chargés de la circulation routière.
11:25Quand il y a un accident, on les voit au bord de la route.
11:27Et puis, ils sont chargés de ce qu'on appelle la délinquance de proximité.
11:32C'est-à-dire un cambriolage, c'est-à-dire une bagarre, c'est-à-dire des petits vols,
11:37c'est-à-dire des agressions sur les personnes.
11:40Ça, c'est leur quotidien.
11:42Lorsqu'il y a des affaires, et ces gens-là travaillent en uniforme,
11:45lorsqu'il y a des affaires d'une plus grande importance, on va dire, de délinquance moyenne,
11:49il y a une unité qui s'appelle une brigade des recherches.
11:52Vous avez 10 gendarmes, un officier qui commande, un lieutenant généralement, eux travaillent en civil,
11:56ils font des petits trafics de stupes, ils font des vols de voitures en série,
12:01de la petite criminalité, on va dire, d'échelle locale.
12:04Éventuellement des homicides, lorsque c'est des affaires simples.
12:07Et puis au-dessus, vous avez une section de recherche,
12:09une section de recherche, moi j'ai commandé Orléans, on était une cinquantaine,
12:12Marseille, ils sont 150.
12:14Il y en a une par cours d'appel, c'est-à-dire qu'on en avait à peu près
12:1730 enfants.
12:18Mais qu'il n'a pas été saisi de ce cas-là, de la petite posée, visiblement.
12:20Elle ne doit pas être saisi de cette affaire, parce que ce n'est pas un homicide,
12:24ce n'est pas une infraction criminelle très compliquée,
12:26mais c'est quand même une infraction criminelle.
12:28Les SR, elles font des affaires internationales,
12:30elles font de la grande criminalité, elles font des homicides très compliqués.
12:33C'est de toute façon, alors, encore une fois, je ne connais pas la procédure,
12:37mais sur le papier, on va dire, dans le règlement d'emploi de la gendarmerie,
12:41ce n'est pas à une brigade de traiter une affaire criminelle.
12:44Mais encore une fois, ça dépend des parquets, ça dépend de l'occupation de chacun.
12:52Une brigade à 10, ils font à peu près un millier de procédures par an.
12:56Encore une fois, c'est une moyenne.
12:57Peut-être que dans le Gers, ils en font moins.
12:58Peut-être que dans le Gers, à cet endroit, ils en font davantage.
13:01Bon, voilà.
13:02Moi, je ne veux pas m'avancer sur un terrain qui est forcément factuel,
13:07parce que vous n'avez pas deux unités qui se ressemblent,
13:09vous n'avez pas deux chefs qui se ressemblent,
13:10et ça peut être extrêmement différent, indépendamment d'un problème systémique
13:15qui semble quand même très existant.
13:17Après, vous avez ceux qui exécutent, vous avez ceux qui décident, ceux qui commandent.
13:21On va y revenir, évidemment, sur ces failles, sur ces dysfonctionnements nombreux,
13:24mais j'aimerais qu'on prenne en ligne le docteur Bernard Marc.
13:28Bonsoir, merci d'être avec nous.
13:29Vous êtes médecin légiste.
13:31L'autopsie qui a démarré, l'autopsie du corps retrouvée dans le silo agricole,
13:36a permis de confirmer hier qu'il s'agissait bien de la petite Liana,
13:39mais cette autopsie, elle continue.
13:41Quels éléments déterminants attendent dans les prochaines heures
13:45qui puissent expliquer ce drame ?
13:48Alors, l'autopsie, au sens propre, ne continue pas.
13:51Elle a été effectuée, mais tous les prélèvements qui ont été faits
13:55lors de cette autopsie doivent être analysés.
13:57En fait, il y a eu des prélèvements avisés génétiques
14:03qui peuvent être complémentaires de lésions génitales
14:08ou de lésions anales qui ont été retrouvées.
14:10Donc, tous ces prélèvements doivent être analysés.
14:12On doit y retrouver un ADN.
14:15Et ce sont des éléments qui sont extrêmement importants.
14:18C'est le volet agression sexuelle.
14:19Y a-t-il eu ou pas d'agression sexuelle ?
14:22Et puis, puisque la cause du décès n'a pas été évidente
14:26lors de l'autopsie macroscopique,
14:28de ce qu'on voit à l'œil nu,
14:31il faut des prélèvements microscopiques,
14:33des prélèvements qui ont été faits.
14:35Ce sont des prélèvements qui ont été faits lors de l'autopsie,
14:38qui ont été fixés, qui doivent être fixés.
14:40Puis ensuite, lorsqu'ils ont été fixés dans du formol,
14:44ils sont suffisamment rigides pour pouvoir les découper
14:48en minimes lamelles.
14:49Elles sont épaisses comme une toute petite épluchure.
14:53Et on va pouvoir les regarder sous un microscope
14:55et pouvoir déterminer la cause d'un décès,
14:59non pas au niveau de l'organe dans sa totalité,
15:02mais au niveau des tissus qui sont mieux préservés
15:06et qui pourront donner une explication.
15:07Si, par exemple, c'est une cause asphyxique,
15:10ce qu'on peut imaginer, s'il n'y a pas de lésions traumatiques,
15:13il y a ça ou s'il y a des lésions cérébrales,
15:16une contusion, un traumatisme intracrânien,
15:19c'est sur ces prélèvements qu'on le saura.
15:21Et tous ces éléments vont pouvoir aussi déterminer l'heure du décès, certainement.
15:26On aura une indication quand ?
15:29Alors, les éléments horaires sont des éléments
15:32où il va falloir regrouper beaucoup de choses.
15:35Il y a des éléments qui sont des éléments tout à fait numériques,
15:41d'arrêt, de départ du moteur, d'éventuels téléphones portables
15:47qui bondent, qui ne bondent pas, qui s'arrêtent, etc.
15:50Donc, ils sont des éléments qui donnent une fourchette.
15:53Et puis, des éléments aussi sur lesquels,
15:56médico-légalement, on va donner les fourchettes.
15:58Attention à nos fourchettes, elles sont larges,
16:01elles sont difficiles à déterminer.
16:03Si le corps a été déplacé, il y a eu plusieurs ambiances thermiques,
16:07beaucoup de choses qui peuvent interférer.
16:09Et il serait difficile d'estimer très correctement lors du décès.
16:15On pourra le savoir, par exemple, avec éventuellement un bol alimentaire
16:19qui aurait été retrouvé dans l'estomac de l'enfant décédé
16:22parce que, par rapport au dernier repas,
16:25on va avoir des estimations, je dis bien des estimations,
16:28et pas des éléments absolument précis.
16:30Ceci dit, tous les éléments étant mis,
16:32on pourra donner une datation du décès plus précise,
16:39à la fois des éléments externes
16:41et puis des éléments retrouvés lors de l'autopsie.
16:43Ça, ça nécessite une confrontation
16:45et sans doute des travaux d'expertise
16:47qui auront lieu au cours de l'instruction.
16:49Et on va continuer de suivre ça, évidemment.
16:50Merci beaucoup, Bernard Marc,
16:52puisque pour l'instant, on vous le rappelle,
16:54le principal suspect, Jérôme Barrella,
16:56est toujours muet, refuse de parler.
16:59Et pourtant, pourtant, les témoignages se multiplient.
17:01Autre témoignage qu'on vous propose ce soir,
17:03celui d'une professeure.
17:04Elle a côtoyé Jérôme Barrella en 2021
17:07au sein du lycée de Lecture
17:08avant qu'il ne soit renvoyé suite à une relation
17:10qu'il avait eue avec une adolescente.
17:12C'est un témoignage recueilli par Adélaïde Malvaux.
17:14Et Nassine Gommer, écoutez.
17:17Clairement, oui, je pense, à tous les niveaux de l'État,
17:20il y a eu un dysfonctionnement, de toute façon.
17:22Maintenant, c'est censé être inscrit dans son dossier.
17:27Donc, à partir du moment où il y a eu une deuxième affaire,
17:29là, déjà, il y aurait dû y avoir une alerte
17:31et des signaux qui passent au rouge.
17:33Pour nous, en tant que professeurs,
17:35c'est inadmissible.
17:36De toute façon, on est très vigilant par rapport à tout ça.
17:39Pour nous, c'est pas possible.
17:40En plus, quand on est maman,
17:41alors, cela remet une couche à cette problématique.
17:45Et de voir tout ça ressortir, c'est ignoble.
17:50Voilà, c'est ignoble.
17:51Donc, il est suspect.
17:53On verra bien.
17:54Mais si c'est le cas, j'espère qu'il prendra cher.
17:58On vous retrouve, Adélaïde Malvaux, à Florence.
18:01C'est vous qui avez recueilli ce témoignage
18:02alors que demain aura lieu dans la ville
18:05où habitait Liana une marche blanche.
18:085 000 personnes attendues.
18:09Ce sera aussi l'occasion pour les proches de la famille
18:10et pour tous les habitants d'exprimer leur compassion
18:13mais aussi leur colère et leur incompréhension.
18:18Tout à fait.
18:18Vous venez d'entendre la sidération de cette enseignante
18:21qui a partagé, vous l'avez dit, son quotidien
18:22pendant 9 mois avec Jérôme Barrella.
18:25Elle nous a expliqué son incompréhension
18:27face au silence et à l'inaction d'une profession tout entière.
18:30Et c'est ce qu'on a entendu tout au long de la journée
18:32des habitants qui nous expliquent qu'ils ne comprennent pas
18:34comment cela a pu arriver dans une ville comme Florence.
18:36Une ville de 6 000 habitants.
18:38Ils ne comprennent pas, ils veulent témoigner leur soutien.
18:41Alors tout au long de la journée,
18:42ils ont décidé de préparer cette marche blanche en amont.
18:44Ils sont notamment venus acheter des fleurs blanches.
18:47Les fleuristes des alentours étaient à la mi-journée
18:50déjà en rupture de stock sur les roses blanches.
18:53Une marche blanche qui commencera aux alentours de 15h demain
18:56qui démarra au niveau de la piscine municipale de Florence.
18:59La famille de la victime a décidé de ne pas convier les politiques.
19:03Elle a en revanche invité tous les maires des communes environnantes
19:06à venir à cette marche blanche par solidarité.
19:09Adélaïne Malaveau avec Nassim Gomery à Florence, dans le Gers.
19:12Suzanne Frugier, vous êtes secrétaire générale de l'association Mouve en France.
19:16Bonsoir à vous.
19:16Comment vous réagissez à toutes ces nouvelles révélations
19:19qui voient le jour depuis quasiment une semaine ?
19:24Malheureusement, pour nous,
19:26ce n'est pas une nouveauté.
19:29On ne découvre pas.
19:31Quand on entend Gérard Damalin qui dit qu'il est terrifié,
19:35c'est un scandale d'entendre une chose pareille.
19:38Il a dit aussi, il a fait ce constat,
19:39on ne protège pas assez nos enfants en France.
19:41C'est bien de l'avouer, ça.
19:42Oui, c'est bien de l'avouer.
19:43En même temps, ce qu'on lui demande, ce n'est pas de le constater.
19:45Ce qu'on lui demande, c'est d'agir.
19:46Au même titre que tout le gouvernement,
19:48et à commencer par le président de la République,
19:50qui, je le rappelle encore une fois,
19:52a fait une promesse en 2021.
19:54Quand il a dit, au sortir du livre de la famille Lagrande
19:58de Camille Kouchner,
19:59« Je vous ai entendu, vous ne serez plus jamais seul »,
20:01il a mis en place la commission indépendante
20:03sur l'instat de la violence sexuelle.
20:04On voit ce que ça donne.
20:06Aucune de ces préconisations n'a été mise en œuvre.
20:08Rien n'est mis en place.
20:09Il n'y a pas de politique publique.
20:10Il n'y a pas de ministre dédié.
20:12Et en fait, à chaque fois, on découvre ces révélations.
20:15En fait, on parle de crimes qui sont massifs,
20:18qui sont systémiques envers les enfants.
20:22Un enfant est agressé sexuellement toutes les trois minutes.
20:25Voilà.
20:26Et on en est là encore à découvrir.
20:29C'est scandaleux.
20:31Vraiment, c'est absolument scandaleux.
20:32Donc, à un moment donné, en fait, stop.
20:35On n'est plus là au moment des bilans.
20:36On a assez, en fait, des commissions.
20:39On a assez des rapports.
20:40Il faut agir.
20:42Véritablement agir.
20:42Et ce n'est pas comme si on ne savait pas quoi faire.
20:45C'est-à-dire qu'à un moment donné,
20:46tout ça a été documenté.
20:47On sait comment agir.
20:50Et voilà, on en est encore à constater.
20:53Et c'est tragique pour les familles
20:55et les enfants qui sont concernés.
20:57Martin Méchain, vous êtes avocat pénaliste.
20:58Comment répondre à cet immense scolaire qu'on entend ?
21:01Comment faire en sorte que les Français gardent confiance en leur justice
21:04et ne se fassent pas justice eux-mêmes ?
21:07Alors, en fait, ce qu'il faut comprendre tout à l'heure
21:09sur ce que le général disait sur la saisie des BR, des SR, etc.,
21:13c'est qu'évidemment, on ne saisit pas une BR ou une ESR
21:15à chaque fois qu'il y a un dépôt de plainte
21:17pour une agression sexuelle ou un viol.
21:19La difficulté, en réalité, c'est que,
21:21notamment depuis le début, le mouvement MeToo,
21:23il y a eu une multiplication, évidemment, de ce type de plainte.
21:26Et il n'y a pas eu de multiplication équivalente
21:28ni du nombre d'enquêteurs, ni du nombre de magistrats.
21:30Donc c'est un manque d'effectifs ?
21:31Alors, ce n'est pas que.
21:32Mais il y a, d'une part, un manque d'effectifs.
21:35Le président de la République a dit, pardon,
21:36ne me parlez pas de moyens dans cette affaire.
21:38Non, mais en fait, on va parler de ce qu'on veut
21:39et ce n'est certainement pas le président de la République
21:41qui va nous dire ce qu'on a le droit de dire ou pas.
21:42Donc, en fait, si on a des choses à dire, on va le dire.
21:45Voilà.
21:45Ça, c'est la première chose.
21:46La deuxième chose, c'est qu'on parle du Gers et d'Auch, effectivement.
21:51Mais pour prendre un autre exemple
21:54que Madame doit très bien connaître,
21:56la BPM à Paris, si vous saviez,
21:58si les téléspectateurs savaient...
21:59La brigade de protection des mineurs.
22:00Pardon, la brigade de protection des mineurs.
22:01Si les téléspectateurs savaient le nombre de dossiers
22:04qui sont en attente dans les armoires de la BPM,
22:07qui est pourtant une brigade spécialisée, là.
22:09On n'est pas sur une brigade territoriale dans le Gers.
22:10Il y en a combien, à peu près, vous savez le nombre ?
22:12Je ne sais pas.
22:13Il y en a 30 par enquêteur.
22:15Chaque enquêteur a une trentaine de dossiers
22:17qui sont des dossiers très lourds.
22:18C'est un nombre qui est impressionnant
22:20et chaque avocat peut donner des exemples
22:23de plaintes qui ont été déposées
22:25sans qu'il n'y ait la moindre chose de faite.
22:28Et quand on remet la responsabilité
22:31sur la procureure d'Auch,
22:34moi, je n'ai pas spécialement envie de la défendre
22:37parce que ce n'est pas mon rôle.
22:38Mais il faut comprendre qu'en réalité,
22:40les magistrats, évidemment, ne contrôlent pas
22:42au jour le jour chaque enquête.
22:43Et donc, si les gendarmes de la brigade territoriale d'Auch
22:46ont décidé de ne pas entendre Jérôme Barrella
22:49pendant plusieurs mois,
22:51il faut comprendre pourquoi.
22:52Il y a plus de 14 février.
22:52Alors qu'on nous dit qu'a priori,
22:54ce serait quasiment leur dossier le plus grave.
22:56Donc, si sur leur dossier le plus grave,
22:57ils ne sont pas capables de faire une audition,
23:00au moins une audition, ça, c'est la première chose.
23:02Maintenant, il faut aussi comprendre
23:03qu'on nous dit qu'il avait été auditionné,
23:05ça aurait été merveilleux.
23:05Bah oui, ok, il aurait été placé en garde à vue,
23:07il aurait été auditionné.
23:08Que se serait-il passé ?
23:09On n'en sait rien.
23:10Parce qu'en réalité, on ne connaît pas le contenu du dossier.
23:12On ne sait pas s'il aurait été déféré,
23:13mis en examen, condamné, jugé, etc.
23:15Et peut-être qu'il aurait simplement fait une garde à vue,
23:17qu'il aurait été relâché,
23:18et que cela n'aurait rien empêché.
23:19Donc, on peut toujours essayer de reconstruire,
23:22finalement, ce qui s'est passé.
23:23Mais, même s'il avait été entendu,
23:26peut-être que, malheureusement,
23:27ces faits-là, ce seraient produits.
23:29Bruno Jeudy, c'est tout le défi du chef de l'État
23:31et du Premier ministre, aujourd'hui,
23:32de redonner confiance aux Français,
23:34d'essayer de réparer cette terreur.
23:36Il s'est excusé personnellement, hier,
23:38le ministre de la Justice.
23:40On sent que ces paroles ont du mal à être entendues.
23:43On voit qu'ils ont pris la mesure de la colère
23:46qui se lève par rapport à cette affaire,
23:48de l'émotion dans le pays,
23:48et même de la colère.
23:50On n'a peut-être encore rien vu,
23:51la marche blanche demain,
23:53les manifestations lundi.
23:55Ça peut monter...
23:55Le ministère de la Justice est devant les tribunaux
23:57dans 40 villes en France, à peu près.
23:58Absolument, à l'appel de nombreux mouvements.
24:02Alors, moi, je pense qu'il faut plutôt manifester
24:03devant le ministère de la Justice,
24:04pas devant les tribunaux,
24:05parce que c'est une question de politique pénale,
24:06en fait, tout simplement.
24:07Il y a ça, c'est prévu.
24:08Mais je pense qu'il faut plutôt favoriser
24:10le ministère de la Justice plutôt que les tribunaux.
24:12Mais il y en a, justement,
24:13devant le ministère de la Justice.
24:15Donc, la colère est forte.
24:16Ils le sentent bien.
24:17C'est extrêmement rare que le président de la République
24:20intervienne dans une affaire
24:22de type Fédiver,
24:23qu'il prenne la parole comme il l'a fait
24:25depuis l'étranger.
24:26On l'a connu.
24:27Fédiver, mon expression est maladroite,
24:29en tous les cas, d'un meurtre.
24:30L'usage veut qu'il ne parle pas de la France
24:32à l'étranger.
24:32L'usage veut qu'il ne parle pas de la France
24:33que l'huile a rarement faite.
24:34D'autres l'ont fait avant lui.
24:36Nicolas Sarkozy le faisait
24:38sur plusieurs Fédivers.
24:38Lui, c'est rare.
24:39Chaque premier point.
24:40Deuxième point, Gérald Darmanin,
24:41hier soir, il présente ses excuses
24:43au nom de la justice.
24:47Je ne suis pas sûr que tout ça suffise.
24:48En fait, en réalité, ils sont plutôt là actuellement
24:51en train d'essayer de parer
24:54la situation très dégradée pour eux.
24:57Donc, je ne sais pas comment ils vont faire.
24:59On va bien voir.
25:00Le ministre de la Justice a dit
25:01qu'il attendait 15 jours
25:02les résultats de l'enquête qu'il a déclenchée.
25:06On verra ce qu'il veut faire derrière.
25:07Est-ce qu'il prendra des...
25:08Il a dit qu'il ferait des propositions
25:12de sanctions.
25:13On verra quelles seront ces sanctions.
25:16En tous les cas, il y a peut-être
25:18des responsabilités politiques,
25:20mais il y a forcément des responsabilités
25:21à d'autres niveaux.
25:22Au niveau judiciaire, je suis désolé, maître,
25:24mais forcément, ça interroge
25:25sur la responsabilité des gendarmes,
25:27ça interroge sur la responsabilité
25:28des magistrats, ça interroge aussi
25:29sur la responsabilité de l'éducation nationale,
25:31parce que quand même, ce monsieur travaillait
25:33dans un conseil régional,
25:34on l'a licencié.
25:36Apparemment, il n'y a pas eu de signalement
25:38qui a été fait,
25:39on n'en a pas connaissance.
25:40Alors que c'est obligatoire.
25:41Tout ça est quand même interroge
25:43sur un enchaînement de défaillances
25:45qui sont absolument honteuses.
25:47Mais pourquoi personne n'y va à Florence ?
25:49Pourquoi le président, le premier ministre,
25:51le ministre intérieur, le ministre de la justice ?
25:52Pourquoi, Bruno, personne ne s'est encore rendu à Florence ?
25:55C'est une vraie question.
25:56Sur les marches blanches,
25:57armant les politiques qui participent,
25:58parce qu'ils ne veulent pas,
25:59ils ne seraient pas les bienvenus.
26:00Et là, en l'occurrence, ça a été spécifié.
26:03Je pense qu'il y a eu sans doute
26:05une interrogation entre le ministre de l'Intérieur
26:08et le ministre de la justice
26:09qui ont finalement décliné
26:11avant qu'il y ait ce déclenchement d'enquête,
26:14sans doute pour y voir plus clair,
26:15et faire le tri dans les responsabilités.
26:17Laurence, ça y est,
26:18vous avez écrit vendredi matin,
26:19Gérald Darmanin,
26:19vous faites une proposition,
26:20celle d'une plateforme nationale de signalement
26:22accessible via une application mobile
26:25dédiée, baptisée, vue ou vécue, je parle.
26:27Expliquez-nous,
26:28qu'est-ce que permettrait cette plateforme ?
26:30Alors là, je ne vais pas revenir
26:31sur le fiasco judiciaire
26:32que tout le monde a décrit,
26:33mais il y a un angle
26:34qui me semble aussi important,
26:35c'est la difficulté de faire remonter les informations.
26:38On le voit dans les témoignages,
26:39tout le monde voit qu'il se passe des choses,
26:42c'est très difficile pour un citoyen,
26:44un témoin,
26:44de pouvoir dire
26:45j'ai vu ça,
26:47je vais aller au commissariat
26:48et je vais signaler.
26:49Et je pense que la technologie moderne
26:51doit quand même nous permettre
26:52à nous, citoyens, d'agir.
26:54Parce que là,
26:55l'exaspération est telle
26:56que si on ne donne pas
26:57un moyen aux citoyens d'agir
26:59de manière encadrée et utile,
27:02ça va être après un MeToo
27:04avec ses bienfaits
27:05et aussi ses méfaits.
27:06Donc comment ça se passe concrètement ?
27:07Alors concrètement,
27:08moi je pense qu'il faut
27:09que ce soit une application
27:10qui soit sur tous les téléphones,
27:12puisqu'on a tous des applications
27:14sur les téléphones
27:14qui permettent un,
27:15déjà d'informer
27:16de manière simple
27:17et notamment les jeunes
27:18de la manière
27:19dont ils peuvent être accompagnés
27:20quand ils sont victimes,
27:21de pouvoir poser des questions
27:23et de faire remonter
27:24des informations.
27:25Quand vous avez trois personnes
27:26qui signalent un prédateur
27:29avant d'aller au commissariat,
27:30c'est quand même une démarche
27:31qui est très difficile.
27:32Je ne dis pas qu'il ne faut pas
27:33aller déposer des plaintes,
27:34mais je pense qu'il faut
27:35faciliter l'accès
27:37à tous les citoyens,
27:38qu'ils soient victimes
27:39ou qu'ils soient témoins,
27:41pour pouvoir,
27:42si vous voulez,
27:42faire matcher des noms.
27:44Cette personne se balade
27:45de département en département,
27:47d'histoire en histoire,
27:48sans qu'à aucun moment
27:49son nom match vraiment.
27:50Enfin, je veux dire,
27:52ce n'est pas possible
27:53qu'à notre époque,
27:54avec tous les moyens technologiques
27:55que nous ayons,
27:56que ce soit aussi difficile.
27:57Prenez un enfant, par exemple,
27:59qui va parler à sa maman
28:00en lui disant
28:01« Tiens, c'est bizarre,
28:03j'étais chez mon ami
28:04et puis son papa
28:05a été un peu trop proche de moi. »
28:07Pour une maman,
28:08avoir le discernement
28:08de se dire
28:09« Est-ce que c'est normal ?
28:10Est-ce que c'est inquiétant ? »
28:12Déjà, avoir cette plateforme
28:13très accessible à tous
28:14qui puisse donner des informations
28:16orientées vers les associations
28:18et aussi faire remonter des noms.
28:20Des noms !
28:21Parce que quand on l'a vu
28:23dans le fiasco du périscolaire parisien,
28:25la remontée des noms
28:27et des profils
28:27a été très difficile à faire.
28:29Alors, c'est une mise en œuvre
28:30qui va être complexe.
28:31J'ai bon espoir
28:32que nous allons avancer
28:34sur le sujet
28:35parce que je crois savoir
28:36qu'un intérêt a été porté à ça.
28:38Mais il faut avancer.
28:40Sinon, nous nous sentirons
28:42toujours, nous, citoyens,
28:44incapables d'entrer
28:45dans cette démarche.
28:47On ne peut pas tout attendre
28:48de l'État.
28:49On ne peut pas tout attendre
28:50de la police.
28:51On ne peut pas tout attendre
28:52des juges.
28:52Il faut briser ce mur
28:54qui existe entre les citoyens
28:55et ce système policier
28:56et judiciaire.
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