Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 jour
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Je mets encore d'autres pièces, parce que c'est Al Jazeera qui continue à nous citer le communiqué
00:04justement de la nouvelle agence farce qui nous dit
00:07« La gestion du Détroit, la détermination de l'itinéraire, des horaires, des modalités de passage
00:12ainsi que la délivrance des autorisations resteront exclusivement sous le contrôle
00:15et le pouvoir discrétionnaire de la République islamique d'Iran.
00:18Par conséquent, l'affirmation de Trump à ce sujet est incomplète et ne correspond pas à la réalité. »
00:25Et du coup, ne correspond pas à une réouverture du Détroit d'Hormuz, tout simplement.
00:28Donc peut-être réouverture par la force, il y aura ?
00:31En tout cas, c'est un scénario maximaliste.
00:33Là pour le coup, Anne, ce n'est pas le scénario le plus probable,
00:36mais c'est le scénario maximaliste qu'on peut tout à fait envisager.
00:38En tout cas, il ne faut surtout pas effectivement l'exclure.
00:40Et le simple fait qu'on puisse penser qu'il ne faut pas l'exclure
00:43fait que, de fait, la confiance dans l'ouverture et la capacité d'utiliser le Détroit
00:49restera limitée dans les prochains jours.
00:50En disant pas aussi de retour à la situation d'avant-guerre avec un libre passage.
00:53Chahil l'exclut totalement, évidemment, comme vous pouvez s'en douter.
00:55Et c'est normal, parce qu'en fait, dans cette guerre, ce qui s'est passé, c'est un cas
00:59de goalposting.
01:00Alors le goalposting, en relation internationale, c'est, imaginez-vous,
01:04vous êtes un buteur sur un terrain de rugby, je sais que ça vous parle,
01:07vous tirez face à l'embut, et puis de fait, il y a quelqu'un qui, en quelques secondes,
01:11démonte les poteaux, déplace les poteaux, et de fait, c'est exactement ce qui s'est passé ici.
01:15Ce que je veux dire par là, c'est que le principal enjeu...
01:17Et c'est l'Iran qui a déplacé les poteaux.
01:18Et c'est l'Iran qui a déplacé les poteaux, tout à fait, vous m'avez parfaitement suivi.
01:21C'est-à-dire qu'ici, de fait, à la base, le principal problème depuis 2015 et avant,
01:25c'est la question du nucléaire.
01:27Ici, en jouant la carte de Hormuz, pas juste d'un point de vue militaire,
01:31mais d'un point de vue institutionnel cette fois-ci,
01:33en créant les conditions d'une possibilité, du passage dans le détroit d'Hormuz,
01:37avec un péage, avec des services associés,
01:41avec un fondement juridique qui ne sera pas accepté
01:46chez la plupart des juristes spécialisés,
01:49mais que les Iraniens vont quand même continuer à pousser
01:52pour faire un fait accompli,
01:54eh bien, dans tous ces éléments-là,
01:55ce que l'Iran est en train de faire, c'est la chose suivante,
01:57gagner sur le détroit d'Hormuz
01:59et ne surtout pas revenir sur le nucléaire.
02:03De fait, ici, on a un véritable enjeu,
02:05qui est que le détroit d'Hormuz ait ses alternatives possibles,
02:09mais pas complètement...
02:12On ne peut pas complètement imaginer
02:13que le détroit d'Hormuz soit complètement contournable.
02:15Je pourrais y revenir dans le détail si vous le souhaitez.
02:17Eh bien, de fait, les Iraniens ont gagné,
02:19et c'est exactement ce que disent les Mike Pompeo,
02:21c'est ce que disent les Mark Levin,
02:23donc des podcasters, évidemment, d'extrême droite états-uniens proches de Trump,
02:27ou les Mark de Govillit, etc.
02:29Est-ce qu'ils vont signer l'accord, les Iraniens ?
02:30Eh bien, de fait, là, on est déjà exactement dans la même situation
02:33qu'à chaque fois, durant les sept autres semaines,
02:36les sept autres cas,
02:37où on nous promettait un accord, une réalité, une discussion,
02:41et on voit évidemment que dès la première déclaration,
02:43tout de suite, il y a un démenti.
02:44Le détroit d'Hormuz, il n'y a pas de convergence sur ce point,
02:46alors que c'est absolument le seul indice
02:49que nous donne ce soir Donald Trump.
02:50Il ne parle pas de nucléaire,
02:51il nous parle du détroit d'Hormuz,
02:53il nous dit qu'il sera ouvert,
02:54et on a les Iraniens qui disent non,
02:55il restera sous notre contrôle.
02:57S'il n'y a pas de détroit, il n'y a pas d'accord.
02:58Non, moi je pense que de deux choses l'une,
03:00ou bien ce que vient de décrire Anne en citant Al Jazeera
03:05est effectivement la réalité de ce qui se passe.
03:09Dans ce cas-là, l'accord est inacceptable pour les Américains,
03:11il ne peut pas y avoir d'accord sur cette base,
03:12c'est parfaitement clair.
03:14Ou bien l'accord est formulé de manière tellement vague
03:18et ambiguë s'agissant du détroit d'Hormuz,
03:21que chacun pouvant élire ce qu'il veut,
03:25on aura ce texte d'une page demain,
03:27les Iraniens diront
03:29ça veut dire ce que vous venez de nous lire,
03:31et les Américains diront
03:32sur la base de la phrase de Donald Trump ce soir,
03:35en réalité le détroit va être ouvert.
03:37Et on aura choisi,
03:39pour prendre une autre image américaine,
03:41de kick the can down the road,
03:43vous savez cette image de taper dans la boîte
03:45pour qu'elle ait un peu plus loin,
03:46c'est-à-dire de repousser un petit peu le problème.
03:49Il faut quand même se réjouir ce soir
03:51que la perspective d'une reprise de la guerre
03:53s'éloigne et que les bombes ne s'emmettent pas à tomber.
03:57Ce que nous disent...
03:58Le détroit d'Hormuz sera ouvert,
03:59soit par la force,
04:01soit sous contrôle des Iraniens.
04:03Oui, mais on a quand même...
04:04Voyez bien que la leçon de la journée,
04:06c'est quand même qu'on se prête à des contorsions
04:09d'un côté comme de l'autre
04:11pour éviter de repartir vers un conflit.
04:13Ça ne veut pas dire que le conflit ne reprendra pas.
04:16Ça veut dire qu'il est gelé pour l'instant.
04:17Ça veut dire qu'on est quand même prêts
04:19à aller assez loin de part et d'autre
04:22pour essayer de faire le plus gros effort possible
04:26pour éviter que ça reprenne.
04:28C'est quand même dans ce sens-là
04:29que Donald Trump a choisi d'aller.
04:32Et d'ailleurs,
04:35après cette conversation qu'il a eue,
04:36cette visioconférence dont on parlait tout à l'heure,
04:39cet appel téléphonique avec les dirigeants de la région,
04:41dans lequel tous les représentants
04:44du monde arabe et musulman au sens large
04:46a commencé par les pays du Golfe.
04:49Si je comprends bien,
04:51tous les comptes rendus qu'on en a
04:52ont pratiquement supplié, imploré le président américain
04:56de ne pas reprendre ce conflit.
04:58Donc, on voit bien que
05:00la volonté qui est manifestée ce soir,
05:02c'est quand même d'aller dans ce sens-là,
05:04quitte à se contenter
05:05d'une sorte de projet d'accord à minima.
05:08Anthony ?
05:10Si on suit le raisonnement de Thierry,
05:12ça pourrait être aussi une sorte de barreau de donneur diplomatique.
05:16On a été jusqu'au bout de ce qu'on pouvait faire.
05:19Voilà notre offre finale, finale, finale.
05:22Et on a une position unitaire
05:25entre l'Amérique et les pays sunnites de la péninsule arabe.
05:30Et c'est une manière de dire,
05:32bon voilà, on ne peut pas faire plus.
05:34Vraiment, je perds de l'argent sinon.
05:36Et comme un vendeur qui voudrait arrêter
05:39les concessions sur la voiture
05:42qu'il est en train de vous vendre.
05:43Et au bout d'un moment,
05:45il y a les positions iraniennes qui se révèlent.
05:49Donc, le démenti qui vient d'être fait.
05:52Et voilà, un constat d'échec.
05:54On est allé le plus loin possible
05:56où on pouvait aller avec la diplomatie.
05:58Maintenant, quand il n'y a plus la diplomatie
06:01et qu'il y a un conflit,
06:02ça veut dire qu'il pourrait y avoir
06:04une clarification et une reprise des combats.
06:07Général Sudos, mais il y a des positions qui se révèlent,
06:09mais peut-être qu'il se radicalise aussi
06:10quand il répète la gestion du détroit,
06:12la détermination de l'itinéraire,
06:14des horaires, des modalités de passage,
06:15la délivrance des autorisations
06:17qui restent exclusivement sur le contrôle.
06:20C'est ce qui commençait à se faire.
06:21Mais on a l'impression que là,
06:22on remet peut-être une pièce dans la machine,
06:24on se radicalisera peut-être encore plus.
06:27S'ils obtiennent ça, ils ne se radicaliseront pas.
06:29Non, mais les façons de parler.
06:30Effectivement, ils auront ce qu'ils voulaient.
06:32Effectivement, le détroit est rouvert sous leur contrôle.
06:35Et les Chinois, un certain nombre de pays sont gagnants
06:37puisque les bateaux passeront.
06:39Donc, effectivement, les Américains cèdent.
06:41Alors, ils vont céder pendant un certain temps.
06:42On verra si ça tourne bien.
06:44Mais ils ne peuvent pas céder.
06:45Les Américains ne peuvent pas accepter ça.
06:46Ils ne peuvent pas accepter, peut-être.
06:47Mais les Chinois ne sont pas mal contents.
06:48Les Indiens...
06:49C'est ce que j'allais dire, en fait.
06:50Finalement, parce qu'on disait qu'il y avait...
06:52Je ne sais plus, c'était Léa ou Jérôme qui disaient ça,
06:55que tous les pays s'étaient coalisés, finalement.
06:58Et l'Iran avait réussi ça, c'est-à-dire avoir tous les pays contre le pays pour...
07:02C'est l'unanimité...
07:03Oui, l'unanimité contre lui par rapport à l'ouverture du détroit d'Ormuz.
07:07Bien sûr.
07:07Prenons les Émirats arabes unis.
07:09Ils ont eu la stratégie de diversification de leur économie la plus intense
07:12avec la construction d'un port qui est parmi les dix plus grands ports du monde.
07:15C'est largement plus grand que Marseille, que Dunkerque, que tous les ports français.
07:19Et c'est le Singapour du Moyen-Orient, c'est un port de transbordement.
07:22C'est très compliqué à faire.
07:23Il faut des savoir-faire, il faut des capitaux.
07:25C'est des dizaines, voire des centaines de milliards investis depuis 30 ans
07:28dans le port de Jebel Ali et de Khalifa.
07:31C'est un succès.
07:32S'il y a un péage à la sortie et à l'entrée du détroit,
07:36ce projet est complètement ruiné.
07:39Et pour eux, c'est vraiment la bombe atomique, pour le coup.
07:43C'est la mort économique d'un projet national de 30-40 ans pour les Émirats arabes.
07:47Et pour revenir à ce que disait Léa tout à l'heure sur le projet IMEC,
07:50c'est-à-dire le corridor Inde-Moyen-Orient-Europe
07:54qui avait été validé par les États du G20 lors du G20 à Goa, en Inde,
07:58il y a maintenant presque trois ans.
08:01Ce projet IMEC, ça consistait à dire, voilà, on part de l'Inde par bateau,
08:06puis on arrive à Fujaira, côté émirien.
08:09Là, on met les marchandises sur, ou par Jebel Ali,
08:12mais si c'était surtout Fujaira, on les met à la terre sur des grands rails,
08:15des grands trains qui vont aller jusqu'en Arabie Saoudite,
08:18jusqu'à Néob, ou pourquoi pas jusqu'à l'Égypte,
08:19ou pourquoi pas jusqu'à Haïfa, et ensuite en Europe.
08:22De fait, il y avait déjà des tentatives de grands, méga projets intercontinentaux
08:27de cet ordre-là pour contourner le détroit d'Hormuz,
08:29mais avec les frappes, pas juste préventives,
08:32mais bien réelles et surtout massives,
08:35dans une certaine mesure par rapport à ces infrastructures-là,
08:37à Fujaira, que les Iraniens ont su mettre en place
08:39à deux reprises depuis le début de la guerre.
08:41Eh bien, de fait, ces projets-là ont effectivement un plomb dans l'aile,
08:44et de fait, on ne peut pas imaginer que ce genre de projet de contournement,
08:48par exemple, soit mis en place avec un MOU aussi faible
08:52que ce qu'on est en train d'évoquer là.
08:53Mais si les Américains n'en veulent pas,
08:54si aucun des pays ne veut de ce détroit contrôlé par l'Iran,
08:58quelle autre solution que la force pour débloquer le détroit, Jérôme ?
09:02Aucune.
09:03Non, je suis très séduit, évidemment, par l'analyse de Thierry Arnault.
09:07C'est-à-dire qu'il peut y avoir un bout de papier, on ne peut même plus appeler ça
09:10un accord,
09:11qui soit interprété de manière totalement divergente par l'Iran d'un côté des États-Unis de l'autre.
09:16Oui, ça ne peut pas durer plus de 24 heures.
09:18Parce que tous les pays qui ont accepté la France, les pays européens,
09:23le Japon, la Grée du Sud, que sais-je encore, et la Chine,
09:28se blocusent, se contre-blocusent,
09:29et en attendant que peut-être une solution diplomatique soit finalement trouvée,
09:34ce ne serait pas le cas.
09:34Donc on serait reparti là où on en était.
09:40Alors, qui a le plus intérêt à jouer l'escalade de nouveau ?
09:43Moi, je pense que ce sont les États-Unis,
09:45qui sont en position de force, bien plus que l'Iran.
09:49On dit beaucoup que l'Iran a mis à profit ses 40 jours
09:52pour reconstituer ses stocks de munitions, déterrisser lanceurs, etc.
09:56Sans doute.
09:57Enfin, les Américains ne sont pas partis en vacances pendant ce temps.
10:00Et donc, je crois que...
10:01D'ailleurs, très souvent sur votre plateau,
10:04le général Paloméros, l'ancien chef d'état-major de l'armée de l'air,
10:07est extrêmement critique sur le fait que les États-Unis aient mis fin aux frappes.
10:11Ils pensaient qu'il fallait continuer...
10:13Qu'il n'aurait même pas fallu mettre de cesser le feu en place.
10:15Voilà, qu'il fallait continuer jusqu'à mettre à bas le régime.
10:18Bon, alors, quelles que soient les raisons pour lesquelles c'est fait,
10:21donc les frappes ont arrêté.
10:24Mais on ne peut pas imaginer, en gros, que la communauté internationale accepte...
10:28Mais c'est ça, mais alors, est-ce que cette coalition franco-britannique, etc.,
10:32peut intervenir à un moment donné, Thierry ?
10:33C'est vrai qu'ils ont toujours dit, on interviendra une fois le conflit terminé.
10:36Mais est-ce que s'il y a un point d'achoppement,
10:39qui est celui sur le détroit d'Hormuz avec l'Iran,
10:40est-ce qu'à un moment, ils peuvent aller avec les États-Unis ?
10:42Allez, hop, on y va !
10:45Écoutez, je ne sais pas.
10:46En tout cas, ce qui est clair, c'est que...
10:49Même s'il y a un accord, et même s'il y a décision américaine et iranienne
10:54de laisser ce trafic reprendre,
10:57ça ne réglera pas forcément, dans la durée,
11:01ou ça ne garantira pas forcément, dans la durée,
11:04la sécurité du détroit d'Hormuz.
11:05C'est ça, le sens de cette coalition.
11:07C'est de dire qu'à partir du moment où cette guerre a fait la démonstration
11:10qu'il s'agissait d'un point à la fois névralgique
11:13et vulnérable pour l'économie mondiale,
11:15on a fait une cible qui va finir par tenter beaucoup de monde.
11:20Et donc, il faut aller au-delà de...
11:22Si on en arrive là, ça sera déjà, évidemment, une avancée considérable.
11:26Mais même une fois acquis le principe que les États-Unis et l'Iran sont d'accord
11:30pour rétablir le trafic dans les Trois-Hormuz,
11:32ça sera une condition nécessaire, mais pas suffisante,
11:34comme on dit en mathématiques.
11:36C'est-à-dire qu'il faudra derrière qu'il y ait quelque chose,
11:38qu'il y ait un mécanisme international
11:40qui garantisse dans la durée la sécurité et la liberté de ce passage.
11:46Ici, on peut revenir aux exemples de 1987,
11:48parce que c'est l'exemple le plus proche qu'on puisse avoir.
11:51Quand le groupe aéronaval autour du porte-avions Clemenceau
11:53s'était rendu, évidemment, dans la région,
11:55et pendant un an, de 1987 à août 1988,
11:59avait justement mené cette mission de tampon d'équilibre,
12:03pourrait-on dire ça, en mauvaise anachronie de 2026.
12:07Et l'enjeu ici qu'on peut imaginer, c'est que, certes,
12:10les Français, les Britanniques ont les moyens
12:12de mettre ce genre d'opération sur pied.
12:13Il y a évidemment la coalition de plus de 30 pays derrière,
12:17mais l'enjeu, c'est qu'on a aussi des États dits occidentaux,
12:20proches au CDE, proches des Américains, etc.,
12:22qui négocient avec l'Iran, qui ont accepté de payer l'Iran.
12:25Et là, je pense bien sûr à la Corée du Sud,
12:27qui est le premier État, le Japon est sans doute le suivant,
12:30à avoir ouvert cette boîte de Pandore.
12:32Allez, on va repartir aux États-Unis.
12:33Vous retrouvez, Axel Monnier,
12:34puisqu'il y a d'un côté Donald Trump
12:37qui fait ses déclarations depuis le bureau ovale
12:40de la Maison-Blanche, vous allez nous les rappeler,
12:41suite à une réunion avec notamment les pays du Golfe.
12:44Vous allez tout nous dire.
12:45Mais il y a aussi ces Iraniens-là qui démentent
12:49cette réouverture possible du détroit d'Hormuz.
12:54Oui, c'est un darame en deux actes pour l'instant.
12:57Première partie, Donald Trump, effectivement,
13:00clame le fait que, ça y est, un accord est quasiment finalisé
13:03entre les deux pays, qu'il ne reste que quelques détails.
13:06Il dit avoir eu au téléphone tous les dirigeants du Golfe Persique
13:10et que les deux pays désormais, les États-Unis et l'Iran,
13:14sont quasiment d'accord sur un accord,
13:16et notamment, dit-il, sur la réouverture du détroit d'Hormuz.
13:20Mais, effectivement, désormais,
13:22à travers l'agence de presse d'Al Jazeera,
13:27les Iraniens estiment que ce n'est pas tout à fait vrai.
13:30Ils sont certes d'accord pour que le passage de certains navires
13:34revienne au niveau d'avant-guerre,
13:35mais la situation ne reviendra pas de façon générale
13:38au niveau d'avant-guerre, c'est-à-dire qu'ils veulent désormais
13:41avoir le contrôle sur ce passage si essentiel
13:44pour la marine marchande, pour l'énergie,
13:48pour le secteur pétrolier.
13:50Alors, qu'est-ce que cela veut dire ?
13:51On a vu souvent Donald Trump adopter ce qu'on appelle la méthode Coué
13:55et clamer des victoires qui avaient été ensuite souvent,
13:59ou des avancées qui ont été souvent ensuite niées par les Iraniens.
14:03Est-ce, encore une fois, le même schéma ?
14:06Est-ce que Donald Trump a parlé trop vite ?
14:07Est-ce que cet accord est vraiment si scellé
14:10que l'on peut le croire en lisant son message ?
14:14Alors qu'il y a encore quelques heures, et même quelques jours,
14:16on voyait que les deux pays étaient bien éloignés
14:19sur bien des points, à commencer justement sur le détroit d'Hormuz,
14:22mais aussi sur le nucléaire, sur la balistique,
14:24sur tous les sujets autour des réparations,
14:27des avoirs iraniens et des sanctions sur le pétrole iranien.
14:31Bref, il va falloir savoir ce qui va se passer,
14:33puisque Donald Trump a dit que cet accord risquait d'être signé
14:37dans les prochaines heures. Est-ce que ce sera vraiment le cas ?
14:40Eh bien, c'est un suspense auquel on ne s'attendait pas en ce samedi soir.
14:44Merci Axel Meunier, signé dans les prochaines heures.
14:47Peut-être un accord, c'est pas ce que dit ce soir l'Iran.
14:49L'Iran qui dément la réouverture, en tout cas, du détroit d'Hormuz,
14:53celle que l'affirme Donald Trump.
14:55Thierry, il y a peut-être aussi, ce soir,
14:59une victoire affichée par les gardiens de la Révolution,
15:01qui vont pouvoir revendiquer auprès des Iraniens
15:04d'avoir tenu tête jusqu'au bout à Donald Trump et d'avoir eu cet accord.
15:08C'est pour ça que, si on dézoome un peu, si je puis dire,
15:11ce qui se joue, c'est pas seulement l'avenir de l'Iran
15:13et la situation du Golfe Persique
15:16et la question de savoir si l'Iran va pouvoir construire une bombe nucléaire ou pas.
15:23Ce sont les grands équilibres géopolitiques mondiaux.
15:26Est-ce que la puissance américaine est encore capable de se faire respecter
15:30et d'imposer, par sa puissance, des résultats
15:40qui, encore une fois, pèsent sur l'organisation du monde ?
15:45Est-ce que Donald Trump va, après avoir engagé des moyens absolument considérables,
15:51dépenser des dizaines de milliards de dollars,
15:53envoyer des milliers, pour ne pas dire des dizaines de milliers de soldats
15:56dans la région depuis plusieurs mois maintenant,
15:59obtenir le résultat qu'il recherche,
16:01c'est-à-dire que l'Iran ne soit plus en mesure de produire une arme nucléaire ?
16:05S'il n'arrive pas à atteindre cet objectif,
16:09les conséquences seront très importantes
16:11pour les grands équilibres géopolitiques du monde,
16:13pour l'influence des États-Unis dans le monde,
16:16pour la façon dont est perçue l'impact
16:19que peut avoir la puissance militaire américaine
16:21et donc sa capacité de dissuasion ?
16:24Et c'est ça qu'il faut avoir en tête aussi.
16:27C'est-à-dire que les enjeux dont on parle ce soir,
16:30ils sont beaucoup plus là et beaucoup plus importants
16:33que la simple question du régime iranien et de sa bombe nucléaire.
16:37– Oui, mais il y a un gros problème de crédibilité.
16:39– Qui n'est déjà pas un petit sujet en soi, bien sûr.
16:40– Bien sûr.
16:41– Qui se joue encore là ?
16:42– Évidemment, c'est-à-dire que comment ensuite,
16:44vous voulez mener plus de deux ans et demi de mandat qui lui restent,
16:48avec cette grosse épine, pas juste au niveau international,
16:51mais aussi au niveau domestique ?
16:52C'est-à-dire que, j'y reviens, au sein du Parti républicain,
16:55on a vu, et ce n'est pas juste Marjorie Taylor Greene
16:57et les Alex Jones, etc., qui l'ont lâché.
17:01Là, on est maintenant sur des gens qui sont des sénateurs,
17:03plus que confirmés, patrons de commissions absolument fondamentales
17:07pour la consuite de cette guerre,
17:08qui disent très clairement que Donald Trump est en train de faire une erreur.
17:12Et en fait, on comprend la cornerisation,
17:14on comprend, si vous voulez, les cordes dans lesquelles Donald Trump se retrouve aujourd'hui,
17:17et les Iraniens, évidemment, bien sûr, le savent très bien et en jouent.
17:20S'il fallait reprendre la guerre, il y a deux options.
17:23Option numéro un, frappe massive ou frappe ciblée.
17:27Dans tous les cas, si vous voulez avoir le moindre impact un peu sérieux,
17:30il faudrait commettre un certain nombre de crimes de guerre
17:32en frappant notamment des infrastructures civiles.
17:34Ça, est-ce que Donald Trump est prêt à le faire ?
17:36Première question.
17:38Deuxième opportunité, deuxième façon de faire, c'est d'aller au sol.
17:41Est-ce qu'aujourd'hui, Donald Trump est prêt à mettre 100 000, 150 000, 200 000 personnes au sol
17:46en Iran
17:47pour prendre soit le détroit d'Hormuz, soit la côte, soit pourquoi pas Téhéran ?
17:51Évidemment, là aussi, la réponse est pour l'instant non.
17:54Donc fondamentalement, si Donald Trump est bloqué sur les deux possibilités qui restent,
17:58ou se sent bloqué, évidemment que les Iraniens ont beau jeu de jouer, bien sûr, en fonction de ça.
18:03Il y a un point très important quand même,
18:05parce qu'on vit l'histoire en direct, c'est quand même assez étonnant,
18:08c'est presque minute par minute, il y a de nouvelles informations.
18:11Mais ce qui est très important, c'est ce que vous avez rappelé là, mais vous l'aviez déjà souligné
18:15tout à l'heure,
18:16c'est toutes ces pressions du camp de Donald Trump qu'ils exercent sur lui.
18:20Alors, celles qui sont rendues publiques, mais vraisemblablement,
18:23toute une partie encore plus puissante qui ne sont pas rendues publiques.
18:26Et on comprend mieux pourquoi il n'est pas allé au mariage de son fils,
18:30c'est que les enjeux ce week-end sont considérables pour lui.
18:33Et au-delà, vous avez raison, pour le monde entier.
18:35– Ce n'était pas du bluff, cette fois, effectivement, ce n'était pas du bluff.
18:37C'est que la situation est particulièrement difficile.
18:43Moi, je pense que ce sont toutes ces pressions dans son camp
18:46qui vont probablement empêcher qu'il fasse n'importe quoi.
18:51C'est-à-dire qu'il signe un accord qui ne ressemble à rien,
18:56ou qu'il accepte des choses qui sont totalement inacceptables,
18:59qui mettraient les États-Unis dans une situation pire qu'avant la signature d'un accord.
19:04Et que, très vraisemblablement, même s'il n'y a pas de bonne solution,
19:07la moins mauvaise, et sans doute de reprendre des frais.
19:10– Mais Général Sido, s'il ne signera pas,
19:12s'il voit toutes les conditions qui sont données par les Iraniens,
19:17dont se fait l'écho Al Jazeera en citant l'agence TASNIM,
19:20à savoir, on va choisir l'itinéraire, le passage, qui passera, à quel moment ?
19:25– Alors, il a fait un effet d'annonce, effectivement.
19:28Tout à l'heure, je disais que c'était un répit, il a jeté un répit.
19:32Effectivement, après, les Iraniens remettent de l'huile sur le feu.
19:35Il a remettent de l'huile sur le feu en disant, finalement, l'ouverture générale, généreuse,
19:41ben non, c'est sous nos conditions.
19:43Alors, effectivement, il y a deux options.
19:44Soit il réagit dans la foulée, en disant, ben, vos conditions, j'en veux pas.
19:48Et là, on revient au statut quo, avec une possibilité de frappe pour intimider,
19:52pour ramener à la table de négociation.
19:54Effectivement, pour qu'il n'y ait pas ce tweet ravageur sur Al Jazeera,
19:58en disant, on n'accepte pas votre intention globale.
20:02Et nous, on donne les détails.
20:04Donc, il y a cette option.
20:05Ou alors, il dit, ok, j'ai pas vu, et j'attends quelques jours.
20:09Et j'attends quelques jours, et je, voilà.
20:12– Et le monde entier a vu.
20:13– C'est compliqué pour Donald Trump de dire, j'ai pas vu.
20:16– Non, pas forcément, le monde entier.
20:17– Il est parfaitement capable de faire ça, sans aucune difficulté.
20:21– C'est-à-dire, de dire, finalement…
20:22– J'ai pas vu, oui.
20:23– Oui, j'attends quelques jours, quelques jours.
20:25– Il est étonnamment discret, ce soir, Donald Trump.
20:29On l'a connu, il a fait cette prise de parole sur tout ce show.
20:32On l'a connu plus actif sur les réseaux sociaux.
20:33Il aurait pu aussi continuer de narguer, non ?
20:36– Vous voyez.
20:36– Après, toute la journée, il a été assez actif sur tous les sujets.
20:39La religion, le…
20:40– Oui, le Groenland.
20:42– Voilà, le Groenland.
20:42– Oui, le Groenland, les primaires.
20:45Enfin bref, je me confère à la lycée.
20:47– C'est-à-dire, l'inventaire à la primaire, ça peut être assez long.
20:49– Voilà, et puis je repose mes conditions dans un mois, deux mois, voilà.
20:52– Non, non, mais il est parfaitement…
20:53Il s'est parfaitement compartimentalisé, comme disent les Américains,
20:58c'est-à-dire prendre ce qui lui va et ignorer totalement
21:01ce qui ne va pas dans son sens.
21:05Donc, il peut se saisir de cette déclaration pour dire
21:07« je jette l'accord à la poubelle »,
21:09comme il peut parfaitement l'ignorer sans difficulté
21:12s'il considère que c'est la façon d'atteindre son but.
21:16– Mais il peut en faire une victoire en disant « regardez, on signe ça
21:19parce qu'on discutera du nucléaire très bientôt ».
21:21– Oui, mais c'est comme ça qu'il fonctionne Donald Trump.
21:24Il faut comprendre, quelqu'un qui connaît très bien Donald Trump
21:29et que l'on interrogeait sur la manière dont il conduit ses affaires,
21:34il disait à son interlocuteur, est-ce qu'il était un journaliste en l'occurrence ?
21:38Ce n'était pas moi, mais l'anexote est authentique.
21:42Donc, le proche de Donald Trump dit au journaliste
21:45« est-ce que vous avez déjà construit un immeuble ? »
21:48Le journaliste lui répond « ben non, moi je suis journaliste,
21:50donc ce n'est pas mon boulot ».
21:52Et ce proche de Trump continue en disant
21:54« quand on construit un immeuble, on s'assoit à la table,
21:58on est charmant, et puis on tape du poing sur la table,
22:01et puis on quitte la pièce, et puis on revient,
22:04et on impose ses conditions, et quand ça ne marche pas, on recule,
22:07et puis on revient, et puis on tape à nouveau sur la table,
22:09on sort, on bluffe, voilà.
22:11Et le meilleur à ce jeu, dit le proche de Donald Trump,
22:14c'est Donald Trump.
22:15Et donc, c'est comme ça qu'il fonctionne.
22:18C'est ça son approche,
22:20ce n'est pas un politique,
22:22ce n'est pas un joueur d'échec,
22:23c'est plutôt un joueur de poker.
22:26Et dans cette configuration-là,
22:28il est parfaitement capable
22:29de choisir les cartes qu'il avantage,
22:33d'ignorer celles qui le gênent,
22:34et si c'est ça la condition
22:38à respecter pour parvenir à ses fins.
22:39c'est là un joueur d'échec.
22:40– Sous-titrage FR 2021
Commentaires

Recommandations