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  • il y a 10 heures
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Mais d'abord cette question, ce soir, Donald Trump pourrait-il annoncer dans les heures qui viennent la signature de
00:06ce qui pourrait ressembler à un accord, du moins un protocole d'accord avec l'Iran ?
00:11Le président américain promet une réponse finale imminente alors qu'il s'est retranché pendant deux heures aujourd'hui avec
00:17ses plus proches conseillers à l'intérieur de la Situation Room.
00:20Et on va prendre tout de suite la direction de Washington pour vous retrouver. Antoine Lard, bonsoir Antoine.
00:24Le président s'est donc renfermé, on l'a dit, deux heures, deux heures avec son état majeur dans cette
00:28salle de crise.
00:29Il avait promis de prendre une décision finale ce soir. Ça pourrait sans doute maintenant prendre un peu plus de
00:35temps.
00:39Oui, effectivement, c'est mal parti pour une décision aujourd'hui parce que selon le New York Times, à l
00:44'issue de cette réunion qui a duré deux heures dans la Situation Room,
00:47eh bien Donald Trump n'a pas pris de décision. Il avait pourtant fait monter lui-même les enchères en
00:52annonçant sur son réseau social qu'il organisait cette réunion
00:55dans la cellule de crise de la Maison-Blanche, une façon pour lui de théâtraliser un peu cette séquence.
01:01Il avait présenté cette réunion comme étant cruciale en expliquant qu'il était sur le point de prendre une décision
01:06définitive.
01:08Finalement, il n'en est rien. Alors les responsables de l'administration estiment qu'on fait des progrès, qu'on
01:13n'est pas loin d'un accord.
01:15Mais il y a toujours des points de blocage, à commencer par la question des avoirs gelés iraniens.
01:21Ces sommes d'argent très importantes que les Américains ont confisquées à l'Iran au fil des années dans le
01:25cadre des sanctions.
01:26Donald Trump a une position très ferme sur cette question. Il l'a rappelé d'ailleurs dans ce message sur
01:31son réseau social
01:31en expliquant que pour le moment, il n'était pas question de débloquer ses avoirs,
01:35pas question qu'il n'y aura pas d'échange d'argent jusqu'à nouvel ordre.
01:39Voilà très précisément ce que Donald Trump a écrit. Les Iraniens, eux, à l'inverse, exigent un geste de Donald
01:46Trump sur ses avoirs.
01:47C'est un préalable avant toute signature d'un accord. Il y a aussi potentiellement d'autres choses qui bloquent.
01:53En tout cas, Donald Trump a fait la liste de ses exigences. Le détroit d'Hormuz doit être rouvert et
01:58déminé.
01:58Les Iraniens doivent s'engager à ne pas avoir d'armes nucléaires. Les Iraniens doivent accepter que les États-Unis
02:03aillent récupérer l'uranium enrichi
02:05et le détruisent sur place. Et puis, donc, il y a cette question des fonds, des avoirs gelés.
02:12Donald Trump, en tout cas, est toujours dans le bureau ovale avec ses conseillers.
02:16On le sait parce que, regardez derrière moi, il y a ce Marines qui monte la garde devant la West
02:20Wing.
02:20Au bout du couloir, derrière cette porte, il y a le bureau ovale. Et quand le Marine est présent, ça
02:23veut dire que Donald Trump est dans le bâtiment.
02:26Donc, les discussions continuent en coulisses. Mais pour le moment, donc, pas de décision de Donald Trump,
02:32alors qu'il avait lui-même fait monter les enchères et expliqué qu'il allait se décider aujourd'hui.
02:37– Merci Antoine Lahr. Cette réunion a donc duré un peu plus de deux heures.
02:41Et ça continue de discuter, nous dit Antoine Ferri-Arnaud.
02:44Ça veut dire quoi ? Qu'on a beaucoup débattu et que manifestement, autour de la table,
02:48il y a des positions qui divergent sur la position à adopter face à l'Iran ?
02:51– Ça veut dire que la situation est plus difficile que ce que le président a donné l'impression de
02:56penser,
02:56puisque, comme Antoine vient de l'expliquer parfaitement, il a lui-même présenté cette réunion
03:02comme étant une réunion où allait être prise une décision définitive.
03:06Alors, rappelons-le toujours, parce que c'est important de fisser le cadre,
03:09une décision définitive sur ce pré-accord.
03:12C'est ça dont il est question. On n'allait pas régler le conflit dans son intégralité ce soir.
03:17Ce dont il était question, c'était de se mettre d'accord entre Iraniens et Américains
03:22sur les conditions qui permettaient deux choses.
03:25Un, de décider la poursuite du cessez-le-feu pendant une période de 60 jours.
03:29Et deux, pendant cette période, de se mettre autour d'une table,
03:33précisément pour se donner le temps de se mettre d'accord sur les sujets les plus complexes,
03:37à commencer par le nucléaire.
03:39Alors, on voit bien que ça n'a pas été possible,
03:41parce qu'il y a des divergences sur plusieurs sujets de fond,
03:46si l'on en croit les exigences qui avaient été rendues publiques un peu plus tôt dans la journée par
03:50Donald Trump,
03:51sur les conditions de circulation dans le détroit d'Hormuz qui doivent être ouverts,
03:55qui contrôlent ou pas, sur, évidemment, la question financière,
04:00qui apparaît comme une question très importante.
04:03Les avoirs gelés ?
04:04Les avoirs gelés, il y en a en tout 100 à 120 milliards de dollars dans différents endroits de la
04:10planète.
04:10Les Américains disent qu'on ne peut restituer cet argent qu'en conséquence,
04:15qu'à mesure que l'Iran donne des gages.
04:17L'Iran exige une restitution en gages de bonne foi dès maintenant,
04:22à concurrence d'une douzaine de milliards de dollars.
04:28Et donc, on voit bien que sur ces sujets-là, évidemment, ça bloque.
04:33Et puis, il y a un troisième sujet qui est celui du nucléaire.
04:35Alors, il est entendu que sur les détails, sur les modalités,
04:38on se mettra d'accord dans cette période de 60 jours.
04:41Mais Donald Trump voulait poser le principe,
04:44d'une part, que l'Iran acceptait dès le départ de dire publiquement
04:48qu'elle refusait, qu'elle écartait de manière définitive
04:51toute possibilité de se doter de l'arme nucléaire,
04:53et que l'Iran acceptait par ailleurs le principe
04:55de restituer pour qu'il soit détruit
04:57ces fameux 440 kilos d'uranium enrichis.
05:03Donc, sur tous ces sujets importants,
05:06on est encore trop loin.
05:07Et manifestement, on n'a pas trouvé, à la Maison-Blanche,
05:10lors de ces réunions de deux heures,
05:12la manière d'arrêter un langage commun
05:16qui soit acceptable pour le président américain,
05:18acceptable pour les Iraniens,
05:20et qui permette, comme il l'avait laissé entendre
05:21au président américain, d'annoncer aujourd'hui
05:24qu'il avait conclu ce préaccord.
05:26Alors, on va les écouter, les Iraniens, justement,
05:29et on va écouter le porte-parole du ministère
05:30des Affaires étrangères iraniens.
05:32Que nous dit-il ?
05:33Lovar Inal, je vous interroge après,
05:34parce qu'il revient aussi sur cette partie du nucléaire.
05:41Au moment où je m'adresse à vous,
05:44l'échange de messages se poursuit,
05:45mais aucun accord n'a encore été finalisé.
05:48Concernant les autres points qui ont été mentionnés,
05:50y compris la question nucléaire,
05:52j'insiste à nouveau sur le fait qu'à ce stade,
05:55nous nous concentrons sur la fin de guerre.
05:59Par conséquent, nous n'avons rien à dire
06:01sur les détails de la question nucléaire à ce stade.
06:07Lovar Inal, est-ce que lors du précédent accord en 2015,
06:10le JCPOA, l'accord sur le nucléaire iranien,
06:13ça avait été dans la même configuration ?
06:15Est-ce que ça avait été aussi lent
06:16et aussi chacun campe sur ses positions fermement ?
06:20La grande différence, c'est qu'on n'était pas
06:22dans un rapport de force militaire, en fait.
06:24Donc les conditions de négociation
06:25ne sont pas comparables à ce niveau-là.
06:28Néanmoins, sur...
06:28Et si on exclut ça, cette lenteur des deux côtés ?
06:32Alors, ça a duré plus de 10 ans.
06:33Donc on peut dire que c'est lent.
06:35Après, on ne part pas du même niveau.
06:37C'est-à-dire que le monde du JCPOA de 2015
06:40n'est plus le même de celui d'aujourd'hui.
06:42Pourquoi ?
06:42Puisque nous avons déjà la déchirée en 2018 aussi.
06:45Oui, et 2015, l'Iran n'avait pas de...
06:48En tout cas...
06:49Ce seuil d'enrichissement d'uranium.
06:50Ce seuil d'enrichissement d'uranium
06:51qui, je rappelle pour nos téléspectateurs,
06:53pour arriver à un seuil d'enrichissement
06:55niveau militaire,
06:56il faut être à 90%.
06:57Là, on est à 60%.
06:58Ce n'est pas une question technique,
07:00c'est une question de temps.
07:01Ce qui n'est pas le cas quand on part de 0 à 60.
07:04Il y a plusieurs paliers.
07:05C'est très, très long.
07:06C'est le plus dur.
07:07Donc, ils ont fait le plus dur, en réalité.
07:09Donc, ça pose deux questions de fonds
07:11et qui, à mon sens,
07:12est vraiment la difficulté.
07:14C'est-à-dire que quand Donald Trump dit
07:17qu'il ne faut pas...
07:18C'est son annonce, c'est son objectif.
07:19Il attend que les Iraniens disent quoi ?
07:22Nous n'obtiendrons pas l'arme nucléaire.
07:25Néanmoins, les Iraniens disent quoi ?
07:27Nous sommes un État du seuil,
07:29donc nous, nous voulons avoir
07:30ce qu'on appelle une capacité réversible.
07:33C'est-à-dire, on maintient notre capacité
07:36jusqu'au jour où, si un jour on décide de l'avoir,
07:39comme des légos, on l'assemble,
07:40c'est bon, c'est parti, nous l'avons.
07:42Et ça pose des difficultés, en fait, techniques.
07:44Je vais vous dire sincèrement,
07:45quand on a connu le JCPOE dans les difficultés,
07:49quand je dis nous, parce que les Européens, la France,
07:52on a reproché une forme de naïveté, de bêtise,
07:57de vous négocier avec des Iraniens,
07:59ils sont en train de vous arnaquer.
08:01C'est la duplicité des Iraniens.
08:03Un terme que j'utilise bien souvent.
08:04Néanmoins, c'est un constat de fait
08:06où, en fait, les Iraniens avaient déjà une capacité.
08:09Il y a un programme Hamad, c'est pareil,
08:11un programme militaire de 2009.
08:13Donc, on sait qu'il y avait une militarisation
08:14des connaissances techniques.
08:16Impôts sur lesquels on ne peut pas revenir,
08:18je l'ai dit, mais des experts,
08:20l'Agence internationale à l'énergie atomique,
08:23défaire intellectuellement un savoir-faire
08:25quand on a 230 000 ingénieurs par an
08:27et parfois des médailles de field
08:29d'un pays qui est sous sanction,
08:31excusez-moi, ça paraît compliqué.
08:33On ne fait pas ça d'un claquement de doigts.
08:34Alors, on peut s'attaquer sur, effectivement,
08:37ce qu'on appelle la capacité industrielle.
08:39Je vous parle de temps en temps des centrifuges.
08:41Mais là, est-ce que vous dites que c'est normal
08:42ou on est vraiment dans un point de blocage intense ?
08:46Alors, les deux.
08:47C'est normal parce qu'en fait,
08:48c'est des conditions politiques.
08:50Le nucléaire, c'est politique.
08:51Et aussi blocage parce qu'en fait,
08:54ce politique s'alimente de réalités industrielles,
08:57capacitaires et de détails techniques
08:58qu'à mon sens, des annonces binaires,
09:01comme on le voit au travers de messages,
09:04de réseaux sociaux, n'ont pas leur place.
09:06Vous avez compté, c'est la 17e fois
09:07que le Trump a été assis ?
09:09Oui, voilà.
09:09On est sur la 17e fois où les États-Unis,
09:11donc je prends J.D.Val,
09:12ces différentes déclarations,
09:14on a ces allers-retours.
09:15Depuis le début de cette guerre.
09:16Depuis le début de cette guerre,
09:17on dit, ça y est, sur l'accord nucléaire,
09:19on y est, ils ne vont jamais l'avoir, c'est réglé.
09:21Les Iraniens, 12 minutes après,
09:23ils disent, ouais, merci, c'est gentil,
09:24mais on maintient.
09:25Donc, ce qu'il faut retenir,
09:26c'est que sur la question du nucléaire,
09:28sincèrement, il peut avoir des solutions.
09:30La première, quand les Américains disent
09:32qu'il ne faut pas qu'ils aient l'armée nucléaire,
09:34les Iraniens peuvent dire,
09:35nous, nous ne la voulons pas,
09:36nous voulons qu'on concerne une capacité.
09:37Donc, que va-t-on faire ?
09:38On va négocier sur les taux d'enrichissement.
09:41Dès lors, en fait, j'ai envie de dire,
09:42on revient à ce qu'on a négocié en 2015,
09:47mais avec un État qui est capable
09:49d'enrichir à 60%.
09:50En gros, ma crainte,
09:52et c'est ce que j'ai dit depuis le début de ce conflit,
09:54ce JCPOE, moi, est acté,
09:56parce qu'en fait, ils ont atteint un seuil
09:58qui n'était pas qu'un en 2015.
09:59Maintenant, que peut-on faire,
10:01notamment, pour terminer, sur la question
10:02de la destruction, vous savez,
10:03des stocks d'uranium.
10:05C'est le deuxième point américain.
10:06La réalité, c'est que les Iraniens disent,
10:08non, ce n'est pas possible.
10:09Sauf que, en fait, dans la non-prolifération,
10:12que font les États dans l'histoire ?
10:13La destruction, c'est aussi la dilution
10:16sur le plan technique.
10:17Et les Iraniens ont dit,
10:18la dilution, pourquoi pas ?
10:20Et la dilution, c'est quoi ?
10:21C'est avec, notamment,
10:22la surveillance de l'agence l'AIOA.
10:24Les experts de l'AIOA qui viennent les autres places.
10:25Et on revient sur le point américain
10:27qui est la destruction en concours
10:29avec le concours de l'AIOA.
10:30Donc, vous voyez, il y a des points.
10:32Mais, en fait, il va refaire ce qu'on a fait en 2015
10:35dans des conditions moins favorables
10:38avec la réalité d'un État qui s'appelle l'Iran,
10:41qui est un État du seuil acté
10:43et dont sa capacité et sa capacité d'enrichissement
10:47ne sera pas endiguée.
10:48Ça, c'est quelque chose, à mon sens,
10:50qu'on ne peut pas retirer,
10:51puisque, rappelez-vous,
10:52il y a quelques semaines,
10:53on parlait, vous savez, des 20 ans,
10:55on parlait de temporalité.
10:56Je ne les entends plus.
10:57Peut-être que le concret viendra à l'émoriser ça.
11:00Bon, ils ont 60 jours.
11:02Je crains que, malheureusement,
11:04on n'y soit pas encore.
11:05Alors, ce qui est vrai sur le nucléaire,
11:06l'est aussi sur Hormuz.
11:08C'est l'autre point qui pose problème,
11:10l'autre point de divergence.
11:11Risque de pénurie de pétrole
11:13sans retour à la normale dans le Golfe.
11:15Ça, c'est ce soir l'alerte du FMI
11:17et de la Banque mondiale.
11:19Olivier Lasmol.
11:19Pourtant, quand on voit les exigences des deux côtés,
11:22sur Hormuz, par exemple,
11:24Trump nous dit que le Détroit
11:25doit être immédiatement ouvert à la navigation
11:26sans péage,
11:27sans péage dans les deux sens.
11:29L'Iran nous dit
11:30l'idée que l'Iran serait obligé
11:31d'ouvrir le Détroit sans frais
11:32et donc sans péage
11:33et d'une désinformation.
11:35Ça encore ?
11:35Comment se mettre d'accord ?
11:36C'est exactement comme pour le nucléaire.
11:39On négocie avec le fer dans une main
11:41et avec le stylo dans l'autre.
11:43Aujourd'hui, on a le blocus américain
11:45qui a bloqué, aujourd'hui,
11:46115 navires.
11:48Donc, c'est que le blocus fonctionne
11:50des deux côtés.
11:52Donald Trump dit qu'il est levé,
11:53le blocus, ce soir.
11:54Il annonce que le blocus est maintenant levé
11:57et les navires bloqués
11:58peuvent entreprendre le chemin du retour.
12:01Ça reste à démontrer.
12:02Oui, ça reste à démontrer.
12:02C'est ce qu'il annonce.
12:04Admettons que les Américains
12:05lèvent leur blocus.
12:06Très bien.
12:06Les Araniens ne lèveront pas
12:08parce que pour eux, il est acté,
12:09et c'est ce que je dis depuis plusieurs semaines,
12:11que Hormuz ne reviendra jamais
12:13à l'état antérieur.
12:15C'est-à-dire que la liberté
12:16qu'il y avait dans Hormuz,
12:17aujourd'hui, il faut faire son deuil.
12:19C'est terminé.
12:20Je ne sais pas sous quelle forme ça sera.
12:22Est-ce que ça sera ce péage
12:24tel que les Iraniens veulent ?
12:25Est-ce que ça sera un nouveau traité
12:27avec un nouveau détroit,
12:28avec un statut particulier ?
12:30Je ne sais pas.
12:31Mais on ne reviendra pas à la normale.
12:32C'est quasiment acté.
12:34Et on voit que je ne suis pas
12:36un spécialiste du tout du nucléaire,
12:38mais j'ai l'impression qu'Hormuz,
12:39c'est aussi la pierre d'achoppement
12:41comme le nucléaire pour eux.
12:43Alors pour nous, on imagine
12:44que le nucléaire, c'est beaucoup plus dangereux
12:45et que finalement, Hormuz,
12:47finalement, c'est une paille.
12:48Mais n'oublions pas
12:49qu'on voit ce qui se passe
12:51en ce moment aux Etats-Unis
12:52et dans le monde entier
12:53parce qu'il suffit.
12:54Un des trois a été fermé.
12:57Risque de pénurie de pétrole.
12:58Ce n'est pas la force qui,
13:00le FMI et la Banque mondiale.
13:01Parce que les Etats-Unis,
13:02où est basé le FMI ?
13:04Aux Etats-Unis.
13:05Et les Etats-Unis commencent
13:06à avoir de vraies difficultés.
13:08La Chine a vraies difficultés.
13:09Donc, il faut qu'ils trouvent...
13:10C'est peut-être ça.
13:11Les deux vont être obligés
13:13de jouer sur la temporalité,
13:14mais sauf que la temporalité
13:15n'est pas la même pour les Américains
13:16où c'est vraiment, je vais dire,
13:18à les moyens termes d'ici cet été.
13:20Les Iraniens, ils peuvent attendre
13:21encore un peu plus.
13:22Et ils vont jouer là-dessus.
13:23Et c'est à celui qui va arriver
13:24en disant, je vois que tu es sur le point de craquer,
13:27je te fais une fleur,
13:28j'ouvre le détroit d'Hormuz.
13:29C'est ce que peut-être vont faire les Iraniens.
13:31Et à ce moment, les Iraniens
13:32vont arriver avec une carte
13:34qui va abattre le joker en disant,
13:35écoutez, moi, je veux bien ouvrir.
13:36Je veux bien qu'un navire neutre arrive,
13:40par exemple, un navire français,
13:41pourquoi pas, on ne sait jamais,
13:43vienne déminer le détroit.
13:44Et ils vont passer pour qui ?
13:46Ils vont finalement passer
13:47pour ceux qui auront trouvé une solution
13:49contrairement aux Etats-Unis,
13:50qui ont finalement,
13:51excusez-moi l'expression un peu familière,
13:52auront mis l'économie mondiale...
13:54Oui, ils peuvent se redorer le blason,
13:56comme on dit, entre guillemets.
13:58C'est exactement ça.
13:58Anthony Dabila,
13:59comment vous voyez évoluer les choses ?
14:00C'est vrai qu'un peu plus tôt,
14:02Téhéran avait dit justement
14:03attendre des actes et non des paroles
14:05de la part des Etats-Unis,
14:06en disant qu'aucune mesure ne sera prise
14:07avant que l'autre partie n'ait agi.
14:08Mais c'est ce que dit aussi Donald Trump.
14:09Donc à un moment,
14:10à partir de quand on va pouvoir évoluer ?
14:13Quand peut-être Téhéran sera au pied du mur
14:14concernant ces puits de pétrole
14:16qui vont à un moment peut-être être saturés ?
14:18Oui, d'ailleurs,
14:19un des responsables militaires iraniens
14:21a dit que si le blocus,
14:24le contre-blocus américain
14:25durait encore un peu,
14:26l'Iran serait peut-être placé
14:28dans la situation
14:29où il devrait attaquer en premier
14:30pour débloquer la situation.
14:32Donc c'est que vraiment
14:35le temps presse pour Téhéran
14:37et qu'il y a vraiment
14:39une situation de blocage
14:41qui est très importante
14:43au sein de l'Iran,
14:45même si on en sait très peu
14:46sur la situation réelle
14:48en dépit de la réouverture d'Internet
14:50ces derniers jours,
14:51ces dernières heures même.
14:53Maintenant,
14:54quelle sera la situation ?
14:56L'hypothèse d'un traité
15:01pour le Bosphore
15:02me paraît assez peu crédible.
15:05Je me suis renseigné un peu
15:05sur le fait que les Turcs
15:09perçoivent une redevance
15:11pour le Bosphore
15:12et ça a été mis en avant
15:13par les Iraniens
15:15ou leur soutien.
15:19Le Bosphore,
15:20c'est 700 mètres de largeur
15:22sur 10 kilomètres.
15:23Donc c'est beaucoup plus étroit,
15:25c'est vraiment un goulet
15:25qui court sur une très longue distance
15:28alors que le détroit d'Ormous
15:30c'est 3,5 km
15:31sur quelques centaines de mètres.
15:33En Suisse,
15:33c'est tout de suite
15:34beaucoup plus large.
15:35Il y a donc une nécessité
15:37d'avoir du contrôle sanitaire,
15:38des balises,
15:39des bouées
15:39qu'il faut entretenir
15:40et le chiffre perçu en total
15:43par la Turquie
15:44contre un service réel
15:45est de 200 millions par an.
15:47C'est à peu près
15:48ce que réclame Iran
15:48en un jour
15:49et 80 milliards sur une année
15:51pour un détroit
15:52qui fonctionnait
15:53jusqu'à présent
15:53parfaitement,
15:55normalement
15:55et sans péage,
15:57taxes,
15:58frais d'entretien.
15:59Donc ça me paraît
16:01aller complètement contre
16:02l'esprit
16:04de la convention de Montreux
16:06qui gère le Bosphore
16:07et donc c'est une prétention irréaliste.
16:09Mais alors qu'est-ce qu'ils vont lâcher ?
16:10C'est vraiment la question
16:12et là,
16:12la négociation,
16:13on est dans les tout derniers moments.
16:15C'est un peu la dernière offre
16:16de Donald Trump
16:17qu'il a rendue publique
16:18pour mettre un peu plus de pression
16:20mais quel sera le résultat final ?
16:22Il y aura bien des concessions
16:23du côté américain.
16:23La dernière offre,
16:24j'ai l'impression qu'on dit ça
16:25à Thierry Arnaud un peu,
16:26pas tous les soirs
16:27mais quasiment toutes les semaines.
16:28Trump repousse ses annonces
16:29comme il a repoussé
16:30ses ultimatums
16:32et c'est une fois encore
16:33la crédibilité américaine
16:34qui est mise en cause.
16:35Qu'est-ce qu'on fait ?
16:35On organise encore
16:36des réunions
16:37dans la Situation Room ?
16:38On prétend qu'on est proche
16:40d'un accord ?
16:40Oui,
16:41c'est sa gestion
16:42de la parole présidentielle
16:44qui est parfois
16:45effectivement déconcerte
16:47pour employer
16:48un euphémisme
16:48bien sûr
16:49parce qu'il crée lui-même
16:50des attentes
16:51auxquelles il ne répond pas
16:52mais il continue à...
16:53C'est vrai qu'il n'y a pas
16:53de prise de parole après.
16:55Oui,
16:55parce qu'il n'a pas
16:57pris une décision
16:57il n'a pas abouti.
16:58Je pense que sans doute
17:00espérait-il pouvoir
17:01parler ce soir
17:01et effectivement
17:02annoncer un accord
17:04mais en tout cas
17:05c'est comme ça
17:05qu'il fonctionne.
17:06Il démarre chaque journée
17:07avec une page blanche
17:08comme si
17:09ce qui s'est passé
17:10les jours précédents
17:11n'existait pas
17:13véritablement.
17:14Peu importe
17:14que des engagements
17:15aient été pris
17:16et pas tenus
17:18sur le détroit d'Ormose
17:21est-ce que vous vous souvenez
17:21encore du
17:23Project Freedom ?
17:24Du Project Freedom ?
17:24Il n'y a même pas
17:25la version numéro 2.
17:26le Project Freedom Plus.
17:27Donc voilà,
17:28on devait rétablir
17:30par la force
17:31la circulation
17:32dans le détroit.
17:33Vous voyez,
17:34on en est ce soir.
17:35Donc,
17:36il y a effectivement
17:37le risque pour lui
17:38qui croit chaque jour
17:39davantage
17:40de décrédibiliser
17:41cette parole présidentielle.
17:42Ça fait absolument
17:43pas de doute
17:44tout ça dans un contexte
17:45où il y a effectivement
17:47des conséquences
17:48très concrètes,
17:49on le disait,
17:50sur le marché du pétrole
17:51parce que va bien arriver
17:52un moment
17:52si la production
17:54ne reprend pas
17:55où les réserves
17:58vont s'épuiser
17:58et à ce moment-là
17:59on aura des conséquences
18:00assez dramatiques
18:01sur le prix du baril.
18:03Le risque de pénurie
18:04dit ce soir le FMI
18:05dans quel délai ?
18:07Alors,
18:07c'est difficile à dire
18:08parce que
18:12les estimations
18:13de la consommation
18:15des réserves existantes
18:16varient du simple au double.
18:18On parle de 250
18:19à 500 millions de barils
18:20qui auraient été retirés
18:22des réserves
18:23ce qui représente
18:24grosso modo
18:24à la louche
18:2615-20%
18:27des réserves mondiales.
18:29Mais plus on tire
18:30sur les réserves,
18:31plus on perd
18:32cette marge de manœuvre
18:33et au bout d'un moment
18:35les réserves
18:36étant consommées
18:36sachant que
18:37quand on va rentrer
18:38dans le dur
18:38des réserves stratégiques
18:40a priori
18:40sont des choses
18:42auxquelles on ne peut pas
18:43toucher
18:43et à ce moment-là
18:44on va rentrer
18:45dans un cycle
18:46où la demande
18:48va être maintenue
18:49l'offre va se réduire
18:51de manière
18:51assez importante
18:52je ne vous fais pas
18:53de dessin
18:54ça veut dire
18:54que le prix du baril
18:55va repartir en hausse
18:56de manière
18:56extrêmement spectaculaire.
18:58Ça se compte
18:59certainement
19:00en semaines
19:01peut-être à l'horizon
19:02de quelques mois
19:04mais pas au-delà
19:05et il va bien
19:07finir par se manifester
19:08un sentiment
19:10d'urgence
19:10une pression
19:11sur cette question
19:13du détroit d'Hormuz
19:13beaucoup plus forte
19:14à un moment donné
19:16quand on rentrera
19:17on s'approchera
19:19de cette ligne rouge
19:20de l'utilisation
19:21des réserves de pétrole.
19:22de l'utilisation
19:22de l'utilisation
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