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  • il y a 13 minutes
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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Transcription
00:00Est-ce que le détroit d'Hormuz est-il miné ?
00:02C'est en tout cas la question sur les lèvres de tous les capitaines bloqués dans le détroit d'Hormuz.
00:05Une peur dont le régime iranien entend tirer profit en désignant une route payante.
00:09On vous l'a dit, alors faut-il croire à cette menace des mines maritimes ?
00:13Et si elles sont bien présentes, comment on les neutralise ?
00:15Regardez ce sujet signé Maël Janton et Simon Thérassier.
00:21Sous les montagnes iraniennes, des galeries d'une ampleur à peine croyable,
00:25une base navale souterraine et des mines marines.
00:31Par dizaines.
00:33Ces centaines de kilos d'explosifs ont-ils été disséminés au début de la guerre dans le détroit d'Hormuz
00:38?
00:40Deux jours après la signature d'un cessez-le-feu, le régime iranien laisse planer le doute
00:45et, sans confirmer la présence de mines, évoque des restrictions techniques.
00:51Nous devons être extrêmement vigilants à la sécurité des pétroliers et des navires.
00:56Ces restrictions techniques sont étroitement liées au contexte de guerre et leur lever prend du temps.
01:05Un sous-entendu, entretenu par l'immense zone d'exclusion dictée par Téhéran,
01:11forçant les navires à longer les côtes iraniennes.
01:13Et au passage, un péage imposé par le régime.
01:20Les navires, ils passent par un couloir qui est proche de l'Iran continental,
01:25aux conditions du régime iranien qui reste pour le moment assez opaque,
01:30moyennant un genre de taxe de facto qui peut aller jusqu'à 2 millions de dollars.
01:34Ce point de passage stratégique fonctionne donc au compte-gouttes.
01:39Selon les données GPS consultées aujourd'hui,
01:41seule une poignée de navires a franchi le Détroit,
01:44en passant effectivement par cette route alternative.
01:48Alors, la marine iranienne a-t-elle réellement piégé cette artère vitale pour l'économie mondiale ?
01:55D'après plusieurs responsables américains,
01:58une dizaine d'engins explosifs auraient été dispersés en mer ces dernières semaines.
02:02Des mines correspondant à ces modèles iraniens,
02:06à détection acoustique ou électromagnétique.
02:10Le critère le plus important, c'est est-ce qu'on sait où elles ont été mises ?
02:14À ce moment-là, c'est réversible.
02:16Au contraire, si on ne sait pas où on les met et qu'on les laisse dériver,
02:19là, ça devient irréversible et ça prend des années, voire des décennies pour s'en débarrasser.
02:25Si des mines ont bel et bien été posées par les forces iraniennes,
02:29comment parvenir à sécuriser le Détroit d'Hormuz ?
02:33Il faudrait pour cela organiser une opération de déminage.
02:37Mission impossible pour les Etats-Unis, dont les bateaux des mineurs viennent d'être démantelés.
02:43L'armée française dispose, elle, de huit navires de ce type, mais reste prudente.
02:49Au moment où je vous parle, nous ne sommes pas dans une situation
02:52où un chasseur de mines est en route pour aller dans le Détroit d'Hormuz.
02:55Nous sommes encore dans une phase de planification et de discussion.
03:01Si la France se décidait à intervenir au Moyen-Orient,
03:05ce pourrait être à l'aide de ses drones sous-marins.
03:08Un premier modèle détecte chaque engin explosif,
03:12puis un second drone plonge dans l'eau.
03:15Sa tête blanche, chargée d'explosifs.
03:18C'est lui qui neutralisera la mine.
03:21Jusqu'à cinq cibles par jour maximum,
03:23une opération longue et délicate qui nécessiterait un cessez-le-feu prolongé.
03:33Nous allons libérer, ouvrir ce Détroit d'Hormuz.
03:37Voilà ce qu'a déclaré Donald Trump il y a quelques minutes.
03:39Quand vous voyez ce sujet, Bertrand Gallichet,
03:41cette menace iranienne d'avoir peut-être miné le Détroit,
03:44on n'en sait trop rien.
03:45Est-ce qu'il est possible de revenir à une situation telle qu'elle était avant la guerre ?
03:49Il y a un mot intéressant dans ce que vous venez de dire,
03:51c'est peut-être.
03:52C'est-à-dire qu'on ne sait pas du tout s'il y a des mines iraniennes
03:55dans le Détroit d'Hormuz.
03:56Et il suffit de brandir cette menace et de dire,
04:00de la part des Iraniens, nous avons possiblement miné le Détroit
04:04ou nous allons le faire.
04:06Et déjà...
04:07Personne ne prendra le risque de s'y tenter.
04:09Personne, évidemment, ne va s'y risquer.
04:11Et vous savez que le grand sujet, c'est non seulement la menace réelle,
04:15mais la menace potentielle, en raison notamment des assureurs
04:19qui ne voudront jamais assurer une cargaison
04:22qui risque de sauter sur la première mine venue.
04:25Et là, c'est aussi, je dirais, l'arme du pauvre.
04:28C'est une façon extrêmement simple de...
04:30Alors, il y a différents types de mines.
04:32Il y a des experts militaires sur ce plateau qui pourront peut-être...
04:35L'arme du pauvre, pardon, ça veut dire que ça ne coûte pas cher, finalement ?
04:38C'est pas très cher, mais non, c'est pas très cher.
04:39Et ça provoque des dégâts considérables et ça pollue une zone...
04:43Ça peut polluer une zone immense et c'est très long, ensuite, à déminer.
04:48Donc, c'est pas du tout, d'ailleurs, comme des mines terrestres
04:50où on peut le faire de façon très méthodique.
04:52Si, par exemple, il y a des mines dérivantes, c'est un problème majeur
04:55parce que ça peut aller absolument n'importe où.
04:58Donc, les Iraniens, avec ça, ils ont peut-être pas l'arme fatale,
05:01mais en tout cas, ils ont une carte en main qui est considérable
05:04au moment, justement, où vont s'ouvrir ces négociations.
05:07C'est pas anodin.
05:08Guillaume Ancel, est-ce qu'ils l'ont activée, cette carte dont parle Bertrand Gallichet ?
05:12Puisqu'on le dit, ça dévie.
05:13Quel intérêt aussi ils auraient, eux, à la mettre en place ?
05:16C'est pour ça que ça rend la réalité d'un minage peu vraisemblable.
05:20Mais comme l'a rappelé très bien Bertrand, il suffit de menacer.
05:23Et personne n'a envie d'aller vérifier, surtout au prix d'un bateau.
05:26D'autant que, votre reportage le disait très bien, à la toute fin,
05:29les opérations de déminage sont très longues et très sensibles.
05:32Elles ne peuvent être faites qu'en temps de paix.
05:34C'est-à-dire qu'on ne peut pas se permettre de faire la guerre et, en plus, d'envoyer
05:37un bateau qui risque de se faire tirer dessus.
05:39En fait, les Iraniens disposent de deux armes.
05:42Vous remarquerez qu'il y en a une qui est laissée totalement de côté parce qu'elle met en difficulté
05:45les Américains.
05:46Il y a les mines, qui est un engin très connu, finalement assez difficile à utiliser.
05:51Quand elles commencent à dériver, comme l'a rappelé Bertrand, c'est l'enfer.
05:55Parce qu'en fait, personne ne s'est allé les neutraliser de manière simple.
05:58Mais l'autre arme qui est cruciale pour les Iraniens, ce sont les drones.
06:02Parce qu'avec les drones, on se souvient qu'ils ont touché des tanqueurs jusqu'aux portes de l'Irak.
06:06Et par conséquent, ils peuvent bloquer non pas le détroit d'Hormuz, mais 1100 kilomètres du Golfe Persique.
06:11Donc, les mines, je ne vois pas en quoi ça les intéresse.
06:14Mais par contre, les drones, ça, personne ne sait se défendre contre.
06:18– Justement, encore un mot sur ces mines. Vous faites non avec le doigt serre.
06:22Vous n'y croyez pas. Pour vous, ils bluffent, les Iraniens, quand ils…
06:24– Pour moi, ils bluffent, parce que le bluff suffit, comme vous l'avez bien dit.
06:28– Ce que disait Guillaume aussi.
06:29– Il suffit, il suffit de bluffer, parce qu'il suffit de regarder cette carte, la carte.
06:34Parce qu'en fait, à quoi ça leur sert, cette histoire de mine actuellement ?
06:38C'est d'obliger, en fait, les bateaux de passer dans leurs eaux territoriales.
06:43Point barre, c'est tout. Parce qu'ils ne sont pas fous,
06:45parce qu'ils savent très très bien que leurs recettes du budget
06:51dépendent d'exportation de pétrole.
06:54Et donc, ils ne vont pas s'amuser, quand même, à se miner eux-mêmes,
06:59en fait, le passage et donc les recettes qu'ils ont.
07:02Mais, comme vous avez dit, en fait, ils font semblant d'avoir miné
07:06tout ce détroit au milieu, voire même, ils laissent dire que peut-être,
07:13côté Oman, il y a aussi peut-être quelques milles qui flottent.
07:16Comme ça, les routes sont bloquées et on ne passe que chez eux.
07:21– Mané, Myrkan, en tout cas, les chiffres sont stratosphériques.
07:23Bloomberg a fait une estimation, l'Iran pourrait gagner entre 60 et 90 milliards par an.
07:27Manne hallucinante.
07:28Et ce qui est intéressant aussi, c'est le discours du régime qui dit,
07:30« ça va nous servir à reconstruire tout ce que vous avez frappé ».
07:34– Oui, oui. Alors, ça va doubler, plus que doubler d'ailleurs,
07:37leurs revenus par rapport à ce qu'ils exportaient en pétrole,
07:43les produits pétroliers.
07:45Donc, c'est effectivement beaucoup.
07:46En revanche, je pense toujours que le sujet du détroit d'Hormoz,
07:50ce n'est pas tant le péage, c'est de prendre la main,
07:56de prendre le contrôle sur le détroit d'Hormoz.
07:58Ça veut dire que tous les pays producteurs et tous les pays consommateurs
08:03devront déclarer, devront demander autorisation,
08:10devront négocier aussi en bilatéral avec le régime iranien.
08:13Ils ont déjà annoncé que certains pays pourraient avoir des exemptions,
08:16d'autres pays non.
08:18Donc, en fait, c'est devenir de fait le contrôleur de ce qui se passe
08:23dans cette région, de tous les producteurs pétroliers et gaziers.
08:29– On parle du pétrole, mais il y a aussi le soufre,
08:31il y a plein de choses, l'engrais, on n'en parle pas assez aussi.
08:34– Tous les dérivés, effectivement, gaziers et pétroliers.
08:37Donc, c'est ça, en fait, l'enjeu pour l'Iran.
08:40Ce n'est pas tant les revenus qui vont en tirer, effectivement.
08:43Alors, ça, je pense que c'est une manière de le montrer.
08:46– C'est le pouvoir de pression, en tout cas.
08:48– C'est le pouvoir de pression et c'est surtout aussi
08:51prendre le contrôle du Détroit, ça veut dire
08:54prendre le contrôle du Golfe Persique.
08:57Et donc, ça veut dire déjà sauver ces trois îles
09:00qui étaient toujours un peu en désaccord avec les Émirats.
09:06Et puis, un peu, désolé du terme,
09:09mais un peu chasser les Américains de la région.
09:12C'est une des conditions aussi qu'ils ont mis sur leur liste,
09:15des 10 conditions, c'est que les Américains quittent.
09:17Alors, ça, ça ne va pas être officiellement, je pense,
09:20le cas est acceptable de vider les bases américaines.
09:23Mais de fait, s'ils sont aux manettes dans le Golfe,
09:28voilà, c'est eux qui contrôlent et puis les Américains.
09:31Donc, effectivement, le poids du Détroit d'Hormoz
09:34est énorme dans les négociations.
09:37– En revanche, Donald Trump a dit, je m'en fous,
09:40il n'est pas entièrement bluffant.
09:45– C'est-à-dire ?
09:46– C'est-à-dire que les États-Unis,
09:48c'est le plus grand producteur de pétrole dans le monde actuellement
09:50et c'est l'exportateur de pétrole.
09:54Vous savez que les États-Unis, actuellement,
09:57gagnent énormément d'argent.
09:58Ils ont doublé leurs exportations depuis des semaines.
10:02Actuellement, il y a 68 tankers qui sont en route
10:06pour être chargés aux États-Unis.
10:08D'habitude, c'est 25.
10:1068, actuellement.
10:11Ça veut dire qu'en fait, Donald Trump gagne de l'argent
10:14sur le prix de pétrole qui a augmenté
10:17et en fait, il a demandé aussi aux compagnies américaines
10:20de produire autant qu'elles peuvent pour mettre sur le marché.
10:26– Vous entendez quoi que cette situation l'arrange, finalement ?
10:28– Du point de vue…
10:29– Qui serait lui aussi un profiteur de guerre ?
10:31– Du point de vue de l'économie américaine, bien évidemment.
10:34– C'est ce que nous disait Bertrand Gallichet, c'est que ça va…
10:37– Oui, c'est ce que j'allais dire.
10:38– Il y a envie de se tirer un balle dans le pied politiquement.
10:41– Pardon, Sergei, mais la base à qui il doit aller parler ce soir,
10:43parce qu'on a vu que son avion venait d'atterrir.
10:45– Mais avec les profits…
10:46– Il va falloir leur expliquer pourquoi remplir sa voiture, ça coûte plus cher.
10:48– Mais avec les profits de ces exportations,
10:51juste avant les élections,
10:53il peut très très bien vous donner des sous,
10:55donner un chèque de pétrole et gagner.
10:58Imaginez que la veille de 3 novembre,
11:01la semaine avant le 3 novembre,
11:03il dit, on donne à tous les Américains
11:05qui voteront pour les Républicains
11:07un chèque de 100 dollars ou de 200 dollars.
11:11– Manélie Myrkane, vous êtes d'accord avec ce qu'avance Sergei Gironov ?
11:14– Historiquement, les prix élevés du pétrole
11:17ont toujours favorisé l'industrie pétrolière américaine et canadienne.
11:21– Mais est-ce que Trump en profite alors, selon vous ?
11:23– Tous les producteurs.
11:25– Oui, tous les producteurs.
11:27C'est toujours une affaire de court terme, moyen terme.
11:30C'est-à-dire, à court terme, évidemment,
11:32il doit répondre à la population sur l'augmentation du prix.
11:35Mais à moyen terme, ça peut l'arranger parce que ça…
11:38Donc, tout dépend de combien de temps ça va durer, etc.
11:41Et puis, autre chose sur le détroit d'Hormoz,
11:45par rapport à ce que moi j'appelle désengagement de Trump,
11:49on va bien voir si c'est vraiment un désengagement,
11:51c'est qu'il ne suffit pas de libérer le détroit d'Hormoz,
11:57de fluidifier les fûts.
11:58Il faut pouvoir garantir que sur le long terme, ça va être le cas.
12:02Et quelles garanties les Iraniens vont pouvoir donner sur le détroit d'Hormoz ?
12:06Sur le long terme, le seul garantie sur le détroit d'Hormoz aurait été un changement de régime.
12:11Mais avec ce régime-là, il ne peut y avoir aucune garantie que dans 3 ans, 4 ans, 5 ans,
12:18le régime ne décide pas de remettre des péages ou de diminuer le quota des navires qui passent.
12:25Donc, il ne peut pas prendre d'engagement là-dessus.
12:28Même si, dans les négociations, il arrive à enclencher quelque chose,
12:31il ne peut pas prendre d'engagement long terme là-dessus.
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