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  • il y a 27 minutes
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Bonsoir et bienvenue sur le plateau de BFM Grand Soir.
00:03On va évidemment continuer de parler de cet accident d'avion et de ce bilan dramatique.
00:0711 morts, aucun survivant, 5 moniteurs de parachutisme, 5 élèves qui effectuaient donc un baptême.
00:12Un cycle pilote ont perdu la vie ce dimanche dans le crash de l'avion qui les transportait.
00:16C'était à Tomblaine, près de Nancy.
00:18L'appareil, vous le voyez ici à l'image, s'est écrasé.
00:21Quelques instants seulement après son décollage, le bilan aurait pu être beaucoup plus lourd
00:25puisqu'il s'est écrasé à proximité d'une zone résidentielle
00:28et à proximité immédiate d'un lotissement et d'un supermarché.
00:32On va retrouver tout de suite en direct de Tomblaine, Nicolas Dumas.
00:35Bonsoir Nicolas.
00:36Une enquête ce soir est ouverte.
00:37Elle a été confiée au pôle collectif du parquet de Paris.
00:40On va revenir avec vous sur les faits bien sûr, mais avant cela une question ce soir.
00:44Les corps des victimes ont-ils pu être extraits de l'appareil ?
00:49Il y a encore quelques corps des victimes puisque vous pouvez le voir au loin sur les images de Thomas
00:55Errigo.
00:56On voit encore au moins un corbillard des pompes fumetres.
01:00On en a vu déjà partir puisque les victimes sont restées dans la carcasse de cet avion le plus longtemps
01:08possible
01:08pour que les enquêteurs puissent prendre des photos notamment et des relevés autour de ce qu'il s'est passé.
01:15Et ce qu'il faut savoir c'est qu'il y a au total 11 victimes qui doivent être extraits
01:20de cette scène.
01:22Il y a notamment les constatations des autorités qui sont toujours en cours.
01:28Elles sont confiées au parquet de Paris et le BEA est également présent.
01:34Deux sources nous ont dit que l'enquête du BEA va durer plusieurs jours ici
01:40pour pouvoir extraire les moindres données possibles pour pouvoir connaître les raisons de cet accident.
01:47Merci beaucoup Nicolas Dumas avec Thomas Errigo.
01:50L'avion, on le disait, s'est écrasé dans une zone résidentielle
01:54entre la route et la piste cyclable à quelques mètres seulement d'un supermarché.
01:58Il y a donc de nombreux témoins et parmi eux, John.
02:01Vous allez l'entendre, John était dans son jardin lorsqu'il a entendu le moteur de l'avion se couper.
02:06Et puis, un grand boum. On l'écoute et on en parle juste après.
02:11On était dehors avec mon fils et on a entendu qu'il passait assez près.
02:15Je pense qu'il était au décollage parce que c'est le sens où il décolle.
02:19Et d'un coup, il n'y a plus eu de bruit moteur.
02:22Et tout de suite derrière, on a entendu un gros boum.
02:26J'ai pris mon fils, on a été mort sur place.
02:28Et quand j'ai vu les dégâts sur place, en fait, il se trouvait que l'avion était tombé à
02:32terre.
02:34Malheureusement, il n'y avait pas de signe de vie des gens.
02:38Il se trouvait qu'il y avait deux personnes que j'ai vues à côté qui étaient éjectées de l
02:43'avion.
02:44Et à l'intérieur, on n'a pas pu s'approcher parce qu'on avait peur d'une explosion.
02:50Et j'ai mis à l'abri mon fils et il y avait une ou deux personnes qui étaient à
02:54côté.
02:55Personne n'osait s'approcher de l'avion, en fait.
02:59Mais on ne voyait aucune personne qui donnait signe de vie.
03:01Et il s'est écrasé à moitié sur la route, à moitié sur la piste cyclable et à moitié dans
03:06l'herbe, en fait.
03:08Juste à côté de la route, mais il est à une vingtaine des habitations, en fait.
03:12Vingtaine de mètres.
03:13Et il passe au-dessus de chez nous assez régulièrement.
03:16Jean Serra, ce témoignage, il va être clé pour les enquêteurs.
03:19On l'imagine bien quand cet habitant nous dit qu'il y a un moteur qu'il n'entend plus
03:24à un moment donné.
03:24Qu'est-ce que cela nous dit et vers quoi ça peut orienter ?
03:28Exactement.
03:29Cet après-midi, lorsqu'on a entendu pour la première fois ce témoignage,
03:32pour nous, ça a amené un éclairage extrêmement important.
03:35C'est-à-dire que l'avion vient juste de décoller.
03:37Il entend le bruit du moteur.
03:39Il voit que l'avion a décollé dans le sens normal de la piste.
03:43Et là, d'un seul coup, il n'entend plus le moteur.
03:46Et immédiatement après, il entend le bruit du crash.
03:51Donc, jusqu'à ce qu'on ait ce témoignage, on se disait qu'est-ce qui s'est passé ?
03:57Est-ce qu'ils ont perdu les commandes ?
03:59Est-ce qu'il y a eu un problème avec le fameux réglage dont on pourra parler,
04:02qu'on appelle le trim ou des choses comme ça ?
04:05Oui, vous viendrez sur le trim.
04:06C'est une petite molette qui permet de stabiliser l'avion, c'est ça ?
04:08Je réexpliquerai tout ça.
04:10Mais là-dessus, quand on a entendu ce témoignage, on s'est dit,
04:14c'est beaucoup plus simple que ça.
04:15À peine il a décollé, il était arrivé à 30-40 mètres de hauteur par rapport au sol.
04:21Et là, d'un seul coup, plus de moteur.
04:23Et là, il a décroché.
04:25Est-ce qu'il a essayé d'éviter la zone qui est très, très construite tout autour ?
04:31La zone résidentielle dont on parlait, une zone commerciale aussi.
04:34Une zone résidentielle, plus le grand supermarché qui est là, plus tout ça.
04:37Il a peut-être essayé de...
04:39Je vais essayer de me poser sur la route ou quelque chose comme ça.
04:42Et puis, ils ont décroché, ils sont partis et ils sont tombés.
04:46Oui, parce qu'on parle d'un pilote, Laurent Valdiguier, plutôt expérimenté.
04:50On parle d'un pilote qui avait l'habitude de conduire ce type d'avion.
04:55Est-ce que dans ces cas-là, il y a quelque chose à faire ?
04:57Ou alors, ces quelques secondes, elles sont trop courtes ?
04:59On a fait des calculs tout à l'heure avec Jean Serrat.
05:01C'est à peu près...
05:02S'il a fait 300 mètres en bout de piste, c'est à peu près une dizaine de secondes.
05:07C'est entre 10 et 20 secondes.
05:08Donc, ça va quand même assez vite.
05:11C'est vrai que ça m'a fait penser, en vous écoutant, à l'accident de Diane Barrière.
05:15En juillet 1995, elle est à bord d'un petit avion, alors qu'il y a deux hélices.
05:19C'est un Bichcraft et il n'y a pas d'essence.
05:23Le pilote est en panne d'essence.
05:24On sait que c'est une vraie panne d'essence.
05:26C'est l'enquête qui l'a déterminée.
05:27Pareil, il y a des gens dans une ferme qui voient un avion passer
05:32et puis tout d'un coup, qui entendent très bien le moteur s'arrêter.
05:34Ça fait quand même du bruit, un avion sans moteur qui passe.
05:37Ça fait une espèce de bruit.
05:40Ils sont allés les secourir.
05:43Alors, paradoxalement, c'est que l'avion de Diane Barrière, il n'avait pas d'essence.
05:46Il n'y avait zéro essence.
05:48Mais en revanche, quand il s'est craché, il y a eu la combustion de l'huile du moteur.
05:53Donc, il y a eu un incendie.
05:54Là, c'est vrai que quand on voit cet avion...
05:57Il n'y a pas d'incendie, il n'y a pas de flammes.
05:58Ça fait dix fois en coulisses que je pose la question à Jean Serra.
06:02Mais enfin, Jean, pourquoi, alors que l'avion est censé être quand même plein de carburant,
06:07pourquoi il n'explose pas ?
06:09Pourquoi il n'y a pas de flammes ?
06:11Pourquoi il n'y a pas de feu ?
06:11Pourquoi il n'y a pas d'ascendie ?
06:12Ça aussi, ça fera partie de l'enquête.
06:15En fait, on dit l'enquête, il y en a deux enquêtes.
06:17Il y a l'enquête du bureau d'accident.
06:19Ça, c'est une enquête technique qui va devoir dire quelle est la cause de la panne.
06:23Est-ce que c'est une panne, une casse, une défaillance du pilote ?
06:28Et puis, il y a les gendarmes des transports aériens qui, eux, doivent donner le volet pénal.
06:33Le volet pénal, c'est est-ce qu'il y a eu une faute pénale ?
06:35Alors, la faute pénale, le pilote, il est décédé, donc il ne sera jamais poursuivi.
06:40Mais il peut y avoir des fautes pénales en amont, notamment dans l'entretien et la réparation de l'avion.
06:45Est-ce qu'il y a des petits boîtiers d'enregistrement, des boîtes noires comme dans les gros appareils ?
06:50Et non, sur ces petits avions, ça serait trop simple, parce que pourtant, ces petits avions, souvent, ils ont des
06:54incidents.
06:55Et malheureusement, la législation ne les oblige pas à avoir, comme les bus, parce que les bus, c'est les
07:00cars qui transportent des passagers.
07:02Ils en ont des enregistreurs.
07:03Ceux-là, ils n'ont pas de boîte noire.
07:05Donc, ceux-là, ça complique l'enquête, qu'il n'y ait pas de boîte noire, parce qu'ils vont
07:08devoir désausser le moteur.
07:10Ah oui, c'est les pièces de l'appareil qui vont parler, c'est ça ?
07:11Et puis, c'est pour ça que les corps, ils ont mis toute la journée à désincarcérer, c'est l
07:16'expression, les corps de l'avion, de la carcasse de l'avion,
07:20parce qu'il faut toucher à rien de la carcasse de l'avion.
07:23Parce que c'est cette carcasse de l'avion, quand elle va être expertisée, voilà, où il y a peut
07:28-être un petit détail.
07:30Concrètement, on ne peut pas tronçonner la carcasse pour faire ça.
07:32Il faut le faire méticuleusement pour, justement, essayer chaque pièce compte, c'est un puzzle.
07:39Je dirais même plus sur l'enquête, la première chose qu'ils font, c'est pour ça qu'on isole
07:44complètement la zone de crash,
07:46la première chose qu'ils vont faire, c'est prendre des photos de toutes les pièces qui sont réparties un
07:52peu partout,
07:53pour savoir au centimètre près où est-ce qu'elles sont, comment elles étaient réparties, pourquoi cette pièce est partie
07:59là-bas,
07:59celle-là ici, de manière à pouvoir analyser le crash, comment il s'est passé.
08:03C'est vraiment tout est analysé avant que l'on commence à toucher à la fois aux gens qui sont
08:10à l'intérieur,
08:11mais également ensuite ramener ces pièces dans un hangar où là elles seront étudiées une par une
08:17pour voir si on avait respecté par exemple les butées d'utilisation qu'il y a.
08:22Il y a tant d'heures pour une pièce, au bout de tant d'heures, qu'elles soient de bonne
08:26qualité ou pas, vous devez la changer.
08:28Ils vont vérifier toutes ces choses-là.
08:30Bonsoir Michel Polacco, merci d'être avec nous.
08:32Avant de parler des hypothèses, vous avez sans doute entendu ce témoignage de John,
08:36un mot sur cet appareil, le Pilatus.
08:38Vous l'avez, vous pilotez, si je ne me trompe pas, quelles sont les spécificités de cet appareil ?
08:43Peut-être même les difficultés ?
08:45Non, je ne l'ai pas piloté, j'ai volé à bord plusieurs fois.
08:48Ah, vous avez volé à bord, pardon.
08:49Oui, absolument, j'ai volé à bord plusieurs fois parce que c'est un avion qui a été utilisé dans
08:54les années 70
08:55pour établir les liaisons aériennes des RALP entre Paris-Le Bourget,
08:59qui était à l'époque un grand aéroport de Paris, Charles de Gaulle n'existait pas,
09:04et les stations de sport d'hiver de Courchevel, Mégev, l'Alpe d'Huez et Méribel.
09:09Donc j'ai inauguré toutes ces lignes et donc j'ai volé pas mal sur ces avions.
09:14Mais bon, ce sont des avions connus, robustes, on pourrait dire, on les appelle un peu les jeeps de l
09:20'air.
09:21Il n'y a jamais eu vraiment de soucis avec ces appareils-là.
09:25Maintenant, il y a eu quelques accidents qui souvent ont été dus à des mauvaises manœuvres
09:30ou à des mauvaises manipulations, mais sinon la turbine qui est dessus est une turbine extrêmement fiable
09:35et la cellule est aussi quelque chose de très fiable.
09:38Ce n'est pas un avion de tourisme et de loisirs, c'est un petit avion de transport de passagers
09:43ou de travail aérien
09:44qui peut faire des missions en montagne à très haute altitude.
09:48C'est un avion qui a battu un record de posée en altitude à 8000 mètres, je crois, quelque chose
09:53comme ça,
09:54dans l'Himalaya, etc. Enfin pour un avion, bien sûr.
09:57Donc voilà, c'est un avion connu, répertorié.
10:00Il a 60 ans, 65 ans et on ne lui connaît pas de défauts majeurs.
10:06Michel Polaco, ce sont des avions qui chargent des passagers, qui décollent, puis qui reviennent,
10:10qui chargent de nouveau des passagers, qui redécollent.
10:13Est-ce qu'on peut imaginer que ces rotations successives finissent par user probablement le moteur
10:19ou user en tout cas l'appareil ?
10:21Non, les rotations n'usent pas le moteur et n'usent pas l'appareil.
10:24En revanche, la Noria, c'est-à-dire la répétitivité du décollage, atterrissage, embarquement des parachutistes,
10:32décollage, atterrissage, embarquement des parachutistes, c'est quelque chose d'assez particulier
10:37parce que ces avions, ils coûtent assez cher.
10:39Ils ont une turbine, ils consomment du carburant en grosse quantité, puisque c'est des turbines.
10:45Et donc, si vous voulez, il faut qu'ils fassent un maximum de rotation dans l'heure.
10:49Donc, les pilotes qui font ça, c'est des pilotes qui sont, je dirais, assez joufflus,
10:55qui se débrouillent pour décoller très vite.
10:59Comme c'est un avion à décollage, atterrissage court, il décolle en 400-500 mètres.
11:04Ensuite, ils montent très vite parce que c'est des moteurs puissants.
11:09Il y a 700 chevaux, 750 chevaux à l'avant de l'avion.
11:12Et puis, dès qu'ils sont arrivés à 3-4 000 mètres, puisque je crois que là, c'était le
11:16but avec les stagiaires parachutistes,
11:19ils larguent leurs paras et badaboum, ils redescendent, moteur tout réduit, à toute vitesse,
11:24ils se posent, ils réembarquent des passagers, etc.
11:27Cela dit, de temps en temps, il faut quand même s'arrêter vraiment, faire un avitaillement au carburant,
11:33regarder les niveaux, les températures, etc.
11:36Enfin, il faut faire un petit entretien de temps en temps.
11:39Et quand on a fait une heure ou une heure et demie de rotation, généralement, il faut mettre du carburant
11:44et surtout s'assurer qu'on utilise le bon réservoir, c'est-à-dire des réservoirs qui ne sont pas
11:49coupés.
11:51Alors, est-ce que cet avion a décollé avec un réservoir de carburant plein qui était coupé
11:55ou avec un réservoir qui était sélectionné et qui était un réservoir vide ? Je ne sais pas.
12:01Est-ce que c'est vraiment une panne de la turbine au décollage ?
12:04Ce qui est surprenant, c'est que si la turbine s'est arrêtée dans la phase initiale de décollage,
12:09chose que je fais en exercice assez souvent avec des pilotes en formation,
12:14eh bien, dans ces cas-là, on pousse sur le manche très rapidement et on essaye de se poser droit
12:19devant.
12:19Or, apparemment, on n'a pas véritablement perçu une manœuvre du pilote.
12:25On a l'impression que l'avion est allé un peu à volo, qu'il a décroché le Néo et
12:31qu'ensuite, il a basculé sur le côté.
12:33Alors, est-ce que c'est lié à l'avion ? Est-ce que c'est lié à la manière
12:36dont il a été piloté ?
12:37Est-ce que ça veut dire que les vitesses qui avaient été choisies, alors qu'il fait chaud et que
12:42l'avion était très chargé,
12:44étaient insuffisantes et qu'elles ne permettaient donc pas au pilote de reprendre la main ?
12:48Tout ça, on ne le sait pas.
12:49L'enquête le déterminera en tout cas.
12:50Merci beaucoup, Michel Polacco.
12:52Michel Polacco.
12:52On va partir tout de suite retrouver Victor Pérez-Boucheron sur place à Tomblaine.
12:56Pourquoi ? Parce qu'il y a une cellule d'urgence médico-psychologique, bien évidemment, qui a été mise en
13:00place très vite.
13:01Et on se doute bien qu'il y a beaucoup d'émotions.
13:04Vous avez parlé à quelques personnes qui étaient dans cette cellule d'urgence médico-psychologique, Victor.
13:12Oui, exactement.
13:13Anne, parlons tout d'abord de l'émotion.
13:14Vous l'avez dit, nous avons pu discuter avec deux personnes.
13:17Hélène, notamment, qui, elle, était dans le vol précédent, dans le vol d'hier.
13:21Elle a donc été baptisée dans cet avion.
13:25Elle décrivait beaucoup d'aides, d'entraides, c'est-à-dire des moniteurs qui étaient derrière elle, qui l'accompagnaient,
13:31qui la faisaient rigoler, tout pour mettre dans de très bonnes conditions.
13:35Elle n'a pas du tout été choquée par une quelconque pièce manquante dans l'avion ou quoi que ce
13:39soit qui pourrait mettre en péril le vol.
13:43Et du coup, vous l'avez dit, sur le volet maintenant de qu'est-ce qui va se passer dans
13:46les prochains jours,
13:46eh bien, une cellule d'écoute psychologique a été mise en place.
13:51Elle est fermée à cette heure-ci, elle réouvrira donc demain.
13:54Conjointement également, entre les mairies de Nancy et les mairies de Tomblène,
13:58eh bien, les deux maires ont décidé d'ouvrir des carnets de doléances qui seront donc remis aux familles à
14:04l'issue des obsèques.
14:06Et demain matin, au petit matin, le maire de Tomblène a prévu de rendre visite à tous les habitants de
14:11la rue Salvador Allende, sur laquelle nous nous trouvons.
14:14– Merci Victor, avec Jérémy Paolini, Ludovic Pingano, comme souvent lors des baptêmes de parachutisme, des proches viennent,
14:21filment, recueillent même les impressions à la sortie.
14:24Une fois au sol, ils étaient là, ils ont vu leurs amis, leurs familles mourir en direct.
14:30Aujourd'hui, pour eux, c'est terrible.
14:31– Oui, c'est terrible, c'est un moment festif.
14:32Il y a ceux qui décollent, qui vont sauter en parachute,
14:34et il y a ceux qui sont en bas et qui profitent de la fête,
14:36qui profitent de ce moment intense et qui, effectivement, sont aussi là pour filmer leurs amis,
14:40leurs familles, leurs femmes, leurs maris, quand il va descendre en parachute.
14:43Et imaginez la douleur, imaginez la sidération quand cet avion a dû se crasher.
14:48Ces gens sont là, ils assistent à ce drame et ils ne peuvent rien faire.
14:51Et ensuite, pour eux, c'est le vide complet.
14:54Ils ont absolument besoin d'être accompagnés par cette cellule d'urgence médico-psychologique.
14:58C'est indispensable, on n'imagine pas une seule seconde qu'ils puissent rentrer chez eux,
15:01comme ça, sans être accompagnés, et ça va durer longtemps.
15:04– Bonsoir Mylène, merci d'être avec nous.
15:06Vous avez fait, vous, votre baptême de parachute hier, au même endroit,
15:10depuis le même avion, ce Pilatus.
15:12Tout d'abord, une première question, dans quel état d'esprit vous êtes ?
15:17Puisqu'on le dit, vous avez volé juste quelques heures avant.
15:20Est-ce qu'on a la sensation d'être un peu, parfois, pardonnez-moi l'expression, une miraculée ?
15:25– Bonsoir, écoutez, sous le choc, effectivement, quand on a vu ça aujourd'hui.
15:35Surtout parce qu'on se dit que la prise en charge, elle est juste incroyable du début à la fin
15:41et on ne s'imagine pas qu'un tel drame y puisse arriver.
15:48miraculée, je ne dirais pas ça, mais on peut dire qu'on a eu sûrement une bonne étoile
15:53d'avoir pris cet avion la veille et pas aujourd'hui.
15:58Et on pense bien sûr à toutes les familles des victimes aujourd'hui.
16:03– Vous avez probablement sauté hier, Mylène, avec des moniteurs accompagnateurs
16:08qui, peut-être aujourd'hui, ont perdu la vie.
16:11Vous êtes monté, vous le disiez, dans cet avion.
16:13Est-ce qu'il vous est apparu étrange, bizarre ou alors totalement normal ?
16:17Vous ne vous êtes posé aucune question.
16:19Vous n'avez eu aucun doute sur la fiabilité de cet appareil ?
16:22– Non, vraiment aucun doute.
16:25Après, il faut dire qu'on est dans un état de stress
16:29où l'appréhension, c'est vraiment la chute en elle-même.
16:34Mais non, tout était, on n'a eu aucun bruit suspect.
16:39Le décollage s'est très bien passé, dans les airs également.
16:42Les moniteurs nous rassuraient tous les 1500 mètres.
16:46Ils nous donnaient l'information sur à quel niveau on était.
16:51C'était vraiment rien à dire au niveau de l'avion
16:55et de la prise en charge qu'il y a eu autour.
16:58– Est-ce que vous recommenceriez ce saut bientôt,
17:01dans les prochains jours, les prochains mois peut-être ?
17:03– Dans les prochains jours, peut-être pas,
17:06parce qu'effectivement, il y a quand même un choc.
17:08Mais en tout cas, s'il fallait ressauter avec cette même équipe,
17:14ce même centre, je n'hésiterais pas.
17:15Parce que malgré ça, c'est vraiment des professionnels aguerris.
17:22Et c'est un accident rare, malheureusement mortel.
17:28Mais j'y retournerai, oui, s'il fallait.
17:31– Merci beaucoup, Mylène, pour votre témoignage ce soir.
17:35Après ce crash d'un appareil qui transportait 11 personnes,
17:39un pilote, 5 moniteurs et 5 élèves
17:42qui faisaient leur baptême de parachutisme.
17:44Encore de nombreuses zones d'ombre ce soir.
17:46On y reviendra évidemment.
17:47– Merci.
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