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Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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Transcription
00:00Voilà pour ce drame qui bouleverse la France, qui nous bouleverse tous depuis une semaine,
00:05avec encore, vous l'aurez compris, de très nombreuses zones d'ombre,
00:09notamment parce que, Martin Méchain, parce que le principal suspect reste muet.
00:14Si ce soir vous êtes son avocat, ce n'est pas le cas, mais si vous étiez son avocat,
00:18que lui conseilleriez-vous ? Parler, d'y passer aux aveux, de dire la vérité ?
00:22Alors ce qu'il faut comprendre, en réalité, c'est que le temps de l'instruction et le temps de
00:26l'enquête
00:26n'est évidemment pas le temps d'un reportage BFM ou le temps d'une déclaration politique.
00:32Il a parlé en garde à vue, alors il n'a pas reconnu l'effet en garde à vue.
00:35Quand on dit qu'il a gardé le silence devant le juge d'instruction, c'est un moment particulier,
00:40c'est la présentation au juge d'instruction à l'issue d'une garde à vue,
00:43qui a été forcément dure à vivre, qu'il soit coupable, qu'il soit innocent.
00:47Dans les deux cas, c'est une garde à vue qui a été extrêmement dure à vivre,
00:50vu les enjeux, vu l'ampleur du drame, etc.
00:53Et donc, à l'issue de ces 48 heures de garde à vue,
00:56il a gardé le silence qui est quand même assez classique et assez courant
01:00quand on comparait pour la première fois devant le juge d'instruction.
01:04Ça n'est pas du tout spécifique à Jérôme Barrella.
01:07En revanche, il va être reconvoqué, bien sûr.
01:09Mais quand on dit qu'il continue à garder le silence,
01:11en fait, il a gardé le silence une fois en interrogatoire de première comparution
01:14et ensuite, le ou l'âge de l'instruction, je ne sais pas,
01:17va le convoquer plus ou moins rapidement pour l'interroger.
01:21On peut s'imaginer que ça va être dans la semaine, là ?
01:23Non, c'est peu probable.
01:24J'aimerais comprendre le rôle de l'avocat dans ces cas-là.
01:26Est-ce que l'avocat doit lui dire, allez-y parler ?
01:29Est-ce qu'il y a une complicité avec l'avocat ?
01:31La difficulté, c'est que, bien sûr, l'avocat, la plupart du temps,
01:36ne sait pas ce qui s'est passé.
01:37Et nous avons seulement ce que nous déclare notre client.
01:41Et il est très rare, si vous voulez, que vous arriviez en garde à vue
01:43et que le client vous dise, c'est moi qui l'ai tué.
01:46Ça n'arrive pas comme ça, en fait.
01:47Ça, ça peut arriver dans les films, mais ça n'arrive pas comme ça dans la réalité.
01:50Dans la réalité, même face à l'avocat, à supposer que Jérôme Barrella soit coupable,
01:55il ne va pas dire tout de suite, c'est moi qui l'ai tué.
01:57Il va tenter de faire croire qu'il ne l'a pas tué,
02:00parce que, j'allais presque dire, c'est terrible à dire,
02:03mais c'est humain, en réalité.
02:05Et donc, il va tester, en quelque sorte, son système de défense devant l'avocat.
02:09Et ensuite, le conseil de l'avocat dépendra de ce que le client lui dit
02:13et de ce qu'on sait du dossier.
02:14Ce qu'il faut savoir, c'est que pendant le temps de la garde à vue,
02:16on ne sait rien du dossier.
02:17Alors, ce dossier est un peu particulier, parce qu'il était tellement médiatique
02:19qu'on savait déjà des choses.
02:21Mais de manière générale, on ne sait rien du dossier pendant la garde à vue.
02:23Et c'est ensuite, quand on compare devant le magistrat instructeur,
02:26où là, l'avocat a accès au dossier.
02:28Donc, d'un côté, on a le dossier.
02:30De l'autre côté, on a les déclarations du client.
02:32Et le but, c'est évidemment de faire émerger une forme de vérité.
02:36Forcément, sur des faits d'une telle nature, d'une telle gravité.
02:41Voilà, ça sera le but de l'instruction.
02:43Mais encore une fois, c'est du temps long.
02:45On ne peut pas dire, nous, évidemment, vous êtes tous très impatients
02:48parce que c'est le temps médiatique, c'est le temps politique
02:51et on veut tous aller très vite et savoir très vite ce qui s'est passé.
02:54On finira certainement par savoir ce qui s'est passé.
02:57Juste, laissons le temps à l'instruction de se faire.
03:00Et faisons, alors je sais que peut-être on va me dire,
03:03non, on ne peut plus leur faire confiance justement,
03:04mais faisons confiance au juge d'instruction saisie
03:06pour essayer de dénouer le fil et puis à son ou ses avocats
03:10pour essayer de faire avancer les choses.
03:14Mais dans combien de temps peut-il être réentendu ?
03:15Moi, je me suis dit, bêtement, il y a un corps,
03:17il va être réentendu forcément la semaine prochaine.
03:19Alors, il y a un délai incompressible de quatre jours,
03:22normalement, qui est le délai dans lequel on ne doit pas être convoqué.
03:25Donc, c'est minimum quatre jours.
03:26Mais sur un dossier de cette nature, c'est évidemment plus long
03:29parce qu'en fait, il y a de très nombreuses investigations en cours
03:31et qu'il n'est pas forcément pertinent pour le juge d'instruction
03:35de l'entendre tout de suite.
03:36Et donc, il faut attendre un petit peu.
03:37Ça peut être quelques semaines.
03:39Ça m'étonnerait que ce soit avant quelques semaines.
03:41Dans un dossier criminel classique qui n'est pas médiatique,
03:43c'est plutôt quelques mois.
03:45Là, on est dans un dossier particulier.
03:47J'imagine que le juge d'instruction va le convoquer rapidement.
03:50Mais ça ne sera pas demain, ça ne sera pas la semaine prochaine.
03:52Et il faudra, pour vous, journalistes, revenir dans quelques mois,
03:55peut-être, ou dans quelques semaines,
03:57quand il aura été interrogé, pour essayer de savoir,
03:59avec une belle violation du secret de l'instruction,
04:01comme habituellement, ce qu'il a pu dire.
04:03Laurent Valdiguet, comment fait-on pour obtenir des aveux,
04:07alors que de nombreux éléments, ce soir, accablent le suspect,
04:10les témoignages, on l'a rien d'entendre, se multiplient ?
04:12Mais vous présentez ça comme si c'était rationnel.
04:17Bien sûr, il y a une part de calcul rationnel ou pas,
04:19mais souvent, ces gens, même jusqu'aux assises,
04:23même en appel des assises,
04:25ils sont quand même enfermés dans ce qui s'est passé.
04:28Probablement qu'il y a une zone,
04:30la zone de la mort de la petite fille,
04:32on ne saura jamais.
04:33C'est très difficile.
04:36Et puis, il a géré plusieurs fronts.
04:39Il a géré sa discussion avec son avocat,
04:42qui est son défenseur, qui est à peu près la seule personne
04:44qu'il voit ou qu'il va voir dans des conditions à peu près normales.
04:48Même maintenant, si dans sa vie, rien n'est normal,
04:50il est au parloir d'une prison.
04:51Il a à gérer sa famille.
04:53Parce qu'en réalité, il a à gérer sa relation avec sa famille,
04:56avec sa femme et ses enfants.
04:57Sa femme et ses deux enfants.
04:58Avec sa mère, avec sa famille.
04:59Donc, lui, il est dans un toboggan.
05:01Tout à l'heure, vous présentez un peu ça comme s'il était
05:04à un tournoi de bridge.
05:06Non.
05:07Il est dans un toboggan
05:08où il y a beaucoup de choses parallèles
05:11qu'il a à prendre en compte
05:13dans cette vie à lui
05:14qui est en train de s'effondrer.
05:17Alors, il peut être entendu à tout moment.
05:20Il peut être placé en garde à vue demain matin
05:22dans une des cinq autres affaires
05:23pour lesquelles il y a des informations ouvertes contre X.
05:26Donc, il peut être entendu demain.
05:28On est dans une affaire où,
05:29comme tout le monde sait,
05:30qui regarde la télévision,
05:31peut-être qu'il nous regarde en ce moment,
05:33où c'est vrai que maintenant,
05:35les enquêteurs,
05:36la balle est dans leur camp.
05:37C'est eux qui font parler de la voiture.
05:39On ne sait rien sur les éléments
05:41qu'ils ont trouvés sur la voiture.
05:42C'est eux qui ont fait parler son téléphone.
05:44C'est eux qui...
05:44Et quelles sont les techniques
05:45qu'ils vont, excusez-moi, entre guillemets,
05:47employer pour tenter de le faire passer aux aveux ?
05:49Donc, eux, ils sont en train de collecter des éléments.
05:52Et ces éléments, on les ignore, vous voyez.
05:54Parce qu'en réalité, maintenant,
05:56on sait que le corps de la petite fille
05:57a été découvert.
05:59On ne sait rien des résultats de l'autopsie.
06:02On ne sait pas si l'autopsie
06:03a été détectée d'une agression sexuelle ou pas.
06:06Tout ça, les enquêteurs vont le cacher
06:08le plus longtemps possible.
06:09Pour que le jour où il va être entendu
06:11devant les magistrats,
06:13justement, il bénéficie face à lui
06:15de l'effet de surprise.
06:17Alors, pardon, je me permets d'intervenir.
06:20À partir du moment où la garde à vue est terminée,
06:21il n'y a plus d'effet de surprise.
06:22Il y en a comme...
06:23Non, non, mais il faut expliquer les choses.
06:25En fait, quand on est dans ce dossier-là,
06:27dans le dossier de la mort de Liana,
06:29il ne peut plus être entendu par les enquêteurs.
06:30Oui, par les magistrats, j'ai dit.
06:32Oui, oui.
06:33Même devant les magistrats,
06:34deuxième chose,
06:35si ce n'est pas pendant plusieurs jours
06:36à la télévision,
06:38c'est quand même un plus grand effet de surprise.
06:40Non, non.
06:40Et quand on est convoqué
06:43devant un magistrat instructeur,
06:45l'avocat a évidemment accès au dossier,
06:47à l'intégralité du dossier.
06:49Et donc, il n'y a plus d'effet de surprise.
06:51L'effet de surprise,
06:52ça peut exister pendant la garde.
06:53Bien sûr.
06:54Voilà.
06:54Devant le magistrat instructeur,
06:55il n'y a plus d'effet de surprise.
06:56Maintenant, ça ne veut pas dire
06:57qu'il ne va pas être obligé de dire des choses.
06:58Vous évoquiez, Laurent, la mère justement
07:00de Jérôme Barrella.
07:02Il se trouve que nous l'avons eue au téléphone.
07:04L'entretien a duré quelques secondes.
07:05Elle n'a pas souhaité s'exprimer publiquement.
07:08Elle était évidemment,
07:09et on le comprend absolument,
07:11bouleversée.
07:12Florence Rowe,
07:13est-ce que les enquêteurs
07:15peuvent aussi se servir de la famille
07:17pour tenter de faire parler
07:20le principal suspect ?
07:21Sa mère, on évoquait sa femme,
07:22peut-être avoir sur lui une influence.
07:25Non, ce sera plutôt
07:26sur les éléments de personnalité.
07:28Parce que ça, on en aura besoin dans le dossier.
07:30Mais vous savez,
07:31évidemment, on comprend que tout le monde
07:33a envie de tout savoir tout de suite maintenant.
07:35Ça, c'est sûr.
07:35Mais ce n'est pas comme ça
07:36que ça va jouer du tout
07:37et ça va prendre du temps.
07:38Et je préfère vous dire
07:40que ce n'est pas tout de suite
07:41qu'il va être entendu.
07:42Et c'est normal qu'il ne soit pas entendu tout de suite.
07:44Parce que, comme le disait Laurent tout à l'heure,
07:46pour le moment,
07:46il est important de regrouper
07:47un certain nombre d'informations
07:49et de les travailler, ces informations.
07:50Aujourd'hui, si vous le convoquez,
07:52dans les huit jours,
07:52comme vous venez de dire...
07:53Je posais la question.
07:54Oui, vous posez la question.
07:56Mais prenons cette question.
07:57Dans les huit jours, pourquoi faire ?
07:59Pour l'instant, il n'a rien dit.
08:00Alors, quand il est effectivement
08:02présenté au juge d'instruction
08:03pour l'interrogateur de première comparution,
08:06le seul but,
08:07c'est de lui notifier sa garde à vue.
08:09Donc, on ne lui demande pas de s'expliquer.
08:10Ça mise en examen.
08:10Ça mise en examen, oui, pardon.
08:12On ne lui demande pas de s'expliquer.
08:13Il n'a pas le temps.
08:14Ce n'est pas prévu pour ça.
08:15Ce sera dans un deuxième temps
08:17où là, en effet,
08:18il va être convoqué
08:20une fois, deux fois, trois fois,
08:21dix fois s'il le faut,
08:22plus encore,
08:23pour s'expliquer par palier,
08:26par séquence,
08:27pour détailler.
08:28Et puis, on verra
08:29s'il parle ou s'il ne parle pas.
08:30Il y en a qui n'ont jamais parlé
08:32et il y en a qui ont réussi à parler
08:36avec des éléments extérieurs
08:38qui ont pu jouer.
08:39Vous excluez le fait
08:39qu'il puisse avoir lui-même envie
08:41de se soulager, par exemple,
08:43en voyant tout ce que provoque cette affaire ?
08:46Tout est possible.
08:46On ne sait rien de lui pour l'instant,
08:48à part son passé judiciaire
08:50qui remonte et effectivement
08:52qui va être aussi exploité,
08:55exploré
08:55et qui va être mis en relation
08:56avec le reste
08:57parce que ça, ça me paraît aussi
08:59très important.
08:59Mais rien n'est à exclure.
09:01Il peut s'effondrer.
09:03Ou alors, on peut aussi
09:05découvrir autre chose
09:06qui fera que
09:07on comprendra pourquoi
09:08il a gardé le silence.
09:09Pour l'instant,
09:10on ne sait rien du tout.
09:11Et pour savoir quelque chose,
09:13il faut exploiter,
09:14explorer tout le matériel
09:17que nous avons.
09:17il y a la garde à vue,
09:19il y a les choses
09:20qui sont dites,
09:21les silences,
09:23parce que je suppose
09:24qu'il s'est passé quand même des choses.
09:25Tout ça est aussi filmé.
09:27Une garde à vue
09:28en matière criminelle,
09:29c'est filmé.
09:30Donc,
09:31parfois,
09:31les gens ne disent rien,
09:33mais les gens bougent,
09:34ont des comportements,
09:35ont des regards.
09:36Tout ça,
09:37ça s'analyse aussi
09:38et ça ne s'analyse pas.
09:39C'est un ensemble.
09:40C'est un ensemble.
09:41Donc, oui,
09:41peut-être il parlera,
09:43peut-être qu'il ne dira jamais rien.
09:45On ne sait pas.
09:45Ça va dépendre de l'état
09:46dans lequel il est.
09:47Or, aujourd'hui,
09:48on ne sait pas du tout
09:49dans quel état il se trouve.
09:50Pourquoi il ne parle pas ?
09:52Est-ce que c'est parce que son avocat
09:54lui demande de ne pas parler ?
09:55Est-ce qu'il serait peut-être
09:56un sage conseil le concernant ?
09:59Et puis,
10:00en même temps,
10:01voilà,
10:01ça va évoluer.
10:03Bien sûr,
10:03il va avoir des informations
10:04sur le déroulé de l'enquête
10:06parce que,
10:06bien sûr,
10:07il aura...
10:07Les gens vont lui parler,
10:09les gardiens en prison
10:11vont lui parler
10:11et puis il va voir la télé,
10:13comme vous disiez tout à l'heure.
10:14Voilà.
10:15Mais je crois qu'il est urgent
10:17de ne pas se précipiter
10:19et d'attendre un petit peu
10:20que le travail se fasse.
10:22Et j'espère que là,
10:23il n'y aura pas de raté.
10:24Je voulais vous faire découvrir
10:26ce que dit la maman
10:27de la petite Maëlys,
10:29victime de Nordal-le-Landais.
10:31Elle s'est exprimée,
10:32cette mère,
10:33dans les colonnes de Mariam.
10:34Et voici ce qu'elle dit.
10:34C'est inadmissible
10:35que dans ce pays,
10:36nos enfants ne soient pas écoutés
10:37ni protégés.
10:38Combien faudra-t-il encore
10:39d'enfants assassinés
10:40pour que la justice française
10:41et l'État agissent ?
10:42Et elle continue
10:43en disant la chose suivante.
10:45Je pense à toi,
10:47Liana,
10:47depuis ta disparition,
10:48les bourreaux de nos enfants,
10:49eux,
10:49ont le droit au silence,
10:50à se reproduire en prison,
10:52au téléphone,
10:53à Internet,
10:54pendant que leurs victimes
10:55subissent.
10:56Suzanne Frugier,
10:57je voulais vous entendre là-dessus,
10:58puisqu'on parle vraiment,
10:59c'est les mots qui reviennent,
11:00de fiasco judiciaire.
11:01Peut-être ne parle-t-on pas assez
11:03de responsabilité,
11:04peut-être collective.
11:05Je vous pose la question,
11:06puisque là,
11:06dans cette affaire,
11:07on a quand même,
11:08et c'est vrai que ça peut surprendre,
11:10ce suspect qui vient tous les jours
11:12devant le collège,
11:13le lycée,
11:14un club de sport,
11:15donner aussi des bonbons.
11:16Certains disent,
11:17j'aurais dû,
11:17peut-être.
11:18Est-ce qu'on protège assez
11:19nos enfants ?
11:19Est-ce qu'on n'est pas,
11:20quelque part,
11:20je pose la question,
11:21nous aussi responsables ?
11:22C'est une bonne question,
11:24effectivement,
11:24parce que depuis quelques jours,
11:26on est très concentré
11:27sur les défaillances
11:28de la justice,
11:29des enquêtes,
11:30etc.
11:32L'avenir nous le dira,
11:33même si on a quand même
11:34des éléments qui sont,
11:36en tout cas,
11:36on a des indices.
11:39Mais effectivement,
11:40il y a,
11:40voilà,
11:41il faut se poser la question
11:42de comment il est possible
11:44qu'une collégienne,
11:45une gamine de 11 ans,
11:47puisse quitter son établissement scolaire
11:48à 15 heures,
11:49alors qu'elle est censée avoir...
11:51Oui, le 29 mai,
11:52elle est sortie à 15 heures.
11:53Elle devait sortir à 17 heures.
11:53Les parents n'ont pas fait un mot,
11:55visiblement,
11:55d'après les toutes premières informations
11:57qu'on ait,
11:57pour qu'elle puisse sortir.
11:58Et il y a un flou entre 15 heures
11:59où elle est sortie
12:00alors qu'elle devait sortir à 17 heures.
12:02Exactement.
12:03Donc déjà,
12:03effectivement,
12:04ça pose la question
12:05comment cela a été possible,
12:07comment il a été possible
12:09qu'il puisse être là tous les jours
12:11à venir le goûter,
12:12que ça n'interpelle personne.
12:14On a entendu,
12:15là,
12:16depuis quelques heures,
12:17effectivement,
12:17ce témoignage
12:19d'un entraîneur
12:21sportif,
12:22je crois,
12:22d'un martiaux,
12:23effectivement,
12:25qui dit qu'effectivement,
12:26il avait une relation
12:27très proche,
12:28qu'il est questionné
12:29eux-mêmes
12:31par rapport aux enfants.
12:33Enfin,
12:33il y a un moment donné,
12:35effectivement,
12:36on peut en vouloir
12:37à la justice.
12:38Et à juste titre,
12:39moi,
12:39je vous le dis très clairement,
12:41parce qu'en termes
12:41de violences sexuelles
12:42en France,
12:43c'est 3% de condamnation
12:44et en cas d'un sexe,
12:46c'est à peine 1%.
12:47Donc,
12:47on a quand même
12:48un vrai sujet
12:49et que la plupart
12:50des plaintes,
12:50parce que quand il y a plainte,
12:51parce qu'il y a aussi
12:52un nombre de situations
12:53où il n'y a pas plainte,
12:54où on a un taux
12:55de classement sans suite
12:56qui est extrêmement important.
12:58Mais après,
12:58c'est une responsabilité,
12:59effectivement,
13:00qui est collective.
13:01Quand on sait
13:02que les violences sexuelles
13:02faites aux enfants,
13:03ça concerne
13:04160 000 enfants
13:05au moins par an,
13:063 enfants par classe,
13:07un enfant qui a agressé
13:08toutes les 3 minutes,
13:09on est toutes
13:10et tous responsables,
13:13effectivement,
13:14et on doit tous
13:16contribuer
13:16à cette culture
13:16de la protection.
13:19Et puis,
13:20je rappelle juste
13:21quand même
13:21quelque chose
13:21qui est quand même
13:22dans la loi,
13:23l'article 40.
13:24On est amené,
13:26à part quelques exceptions
13:27sur certaines professions,
13:29à devoir pouvoir
13:30faire des signalements.
13:31Alors,
13:32justement,
13:32ces signalements,
13:34ils n'ont pas eu lieu
13:35et on l'a entendu,
13:36ces témoignages
13:37qui,
13:37aujourd'hui,
13:38semblent dire,
13:38bah oui,
13:39on avait vu
13:39qu'il agissait comme ça.
13:40Si on résume,
13:41il avait le droit
13:41d'approcher les enfants,
13:43les plaintes,
13:43sans être inquiété.
13:45Il avait le droit
13:45d'amener des goûters
13:46au collège
13:46sans que personne
13:47ne trouve ça bizarre.
13:49Là,
13:49je m'adresse
13:49à la psychologue
13:50Anne Sénéchi.
13:51Est-ce que tous ces ratés,
13:52tous ces dysfonctionnements
13:53ont pu lui donner
13:53un sentiment
13:55finalement d'impunité ?
13:57Oui,
13:58très probablement.
13:59Après,
13:59c'est vrai qu'on n'a pas fait
14:00d'expertise psychiatrique encore
14:02et je lui ai parlé
14:03de manière très théorique,
14:04mais lorsqu'on voit
14:05justement cette répétition
14:06des événements,
14:07on pense effectivement
14:08à un mode de fonctionnement
14:10avec une minimisation
14:11de ce qui se passe,
14:12un sentiment
14:13de toute puissance.
14:14On va cibler aussi,
14:15bien sûr,
14:16des personnes vulnérables
14:17et cette absence
14:19d'empathie finalement
14:20de mise à distance
14:21au moment du passage à l'âge.
14:22Il y a une gradation
14:23dans la perversité
14:24quelque part un peu,
14:25peut-être ?
14:25Je ne sais pas
14:26s'il faut appeler
14:27perversité
14:28parce qu'encore une fois,
14:29pour l'instant,
14:30c'est là où c'est particulier
14:31justement,
14:32il n'y a pas besoin
14:33de tomber
14:33dans la pathologie psychiatrique
14:35pour avoir justement
14:36ce cloisonnement
14:37entre une apparence sociale
14:41complètement adaptée
14:42et à côté
14:43des passages à l'acte
14:45et des transgressions
14:46qui peuvent aller justement
14:48crescendo
14:48parce qu'il ne se passe rien.
14:50Si je ne me fais pas prendre,
14:51pourquoi j'arrêterais ?
14:52C'est ça ?
14:52Exactement.
14:53C'est la culture de la punité,
14:54c'est ce qu'on vit en France.
14:56À un moment donné,
14:56il faut arrêter
14:57de se raconter n'importe quoi,
14:58de découvrir systématiquement
14:59à chaque révélation
15:01qu'on découvre une situation.
15:03c'est une affaire de plus,
15:04je suis désolée
15:05de le dire de manière cash,
15:06mais c'est la réalité
15:08et donc c'est juste insupportable.
15:10En fait,
15:10les enfants sont en danger
15:12en France,
15:12il faut le dire clairement.
15:13On n'a pas de politique publique dédiée,
15:16il n'y a rien qui est mis en place.
15:17Autant on a avancé
15:18sur les droits des femmes,
15:19sur les violences faites aux femmes
15:20et encore plein de progrès
15:21à faire, vraiment.
15:22Est-ce qu'on protège
15:23moins nos enfants
15:24qu'avant,
15:24que dans les années 90,
15:25par exemple ?
15:25Je ne dirais pas ça.
15:27Je ne dirais pas ça.
15:28En fait,
15:28pourquoi ?
15:29Parce qu'en fait,
15:30les enfants ne sont pas
15:31des sujets de droit.
15:32On ne les voit pas
15:34de cette manière-là.
15:35Donc,
15:36ce n'est pas une question
15:37d'époque d'avant
15:37qui était pire
15:38comme on l'a entendu
15:39l'année dernière à l'époque
15:40sur l'affaire de Béteram
15:41où le pré-ministre de l'époque
15:43disait qu'il découvrait
15:44un continent inconnu et méconnu
15:45et que c'était l'affaire
15:46d'un autre siècle.
15:47C'est faux.
15:47C'est une réalité aujourd'hui
15:49en 2026
15:49qui est encore réelle.
15:51On est dans un système
15:52de crimes
15:53qui sont massifs,
15:54qui sont systémiques,
15:55qui sont présents,
15:55qui sont autour de nous.
15:58Et malheureusement,
15:59il n'y a pas de volonté politique
16:01encore aujourd'hui.
16:02Et donc,
16:03moi,
16:03j'en appelle
16:04à nos responsables politiques
16:05aujourd'hui et demain,
16:07justement,
16:07à arrêter d'être sur la réaction
16:09et à prendre les mesures
16:10qui s'imposent.
16:11Philippe Zankiewicz,
16:12en l'absence d'aveu,
16:14est-ce que les enquêteurs
16:15ont d'autres moyens
16:17de faire avancer l'enquête ?
16:18Est-ce que cette absence d'aveu
16:18est un handicap ?
16:19On attend ce soir,
16:20je sais,
16:20des résultats de la voiture,
16:22on attend les résultats
16:23du téléphone.
16:25Les éléments sont
16:26tellement accablants
16:27qu'il est possible
16:28de se passer d'aveu ?
16:29Oui,
16:29l'aveu,
16:31on peut aller jusqu'au bout
16:33sans aveu.
16:34On peut même aller jusqu'au bout
16:35sans corps.
16:36On a des exemples.
16:37C'est très souvent le cas.
16:38Voilà.
16:38C'est très souvent le cas.
16:39Donc,
16:40les aveux,
16:40c'est une chose,
16:41mais il faut faire attention
16:43de ne pas tirer les aveux
16:44parce qu'après,
16:45on recule,
16:46on dit,
16:46ah ben non,
16:47j'ai jamais dit ça.
16:47Donc,
16:48il faut faire très attention.
16:49Les éléments qui sont importants
16:51dans ce type d'enquête,
16:52c'est déjà la découverte
16:54de l'enfant,
16:54évidemment,
16:54mais c'est toutes les preuves
16:55qu'on va avoir.
16:56La voiture,
16:57parlons de la voiture
16:57parce qu'elle est en ce moment même
16:59examinée depuis plusieurs jours
17:01à Pontoise,
17:02au nord de Paris.
17:02On est en train de regarder tout
17:04de la fouiller de fond en comble ?
17:05De fond en comble
17:06parce que,
17:07déjà d'une part,
17:08pour les traces,
17:09évidemment,
17:09de la petite,
17:11dans l'habitacle
17:12ou dans le coffre,
17:12n'importe quoi,
17:13mais il y a aussi le fait
17:14qu'il a été dans un silo
17:17qui n'est pas très fréquenté.
17:20Donc on va essayer aussi
17:21de trouver,
17:21il faut trouver dans la voiture,
17:22des éléments de traces
17:23de ce silo
17:24ou des abords
17:25d'où la voiture devait être.
17:28Et ça,
17:28c'est encore un élément
17:29de preuve qui va venir.
17:30Donc,
17:31tous les éléments de preuve
17:32sont très importants
17:33pour lui mettre sous le nez,
17:34pour lui dire,
17:35voilà,
17:35peut-être que ça va le faire craquer,
17:36peut-être qu'il va rester silencieux.
17:38Et aussi,
17:39le fait qu'on va apporter
17:41des éléments supplémentaires
17:42parce qu'on a les éléments...
17:43On n'apporte pas tout d'un coup,
17:44j'imagine.
17:45On a les éléments en ce moment
17:46de tout ce qui est plainte,
17:47signalement, etc.
17:48Finalement,
17:48on s'aperçoit que tout le monde sait,
17:50tout le monde se doutait,
17:51mais alors,
17:52d'où l'intérêt
17:52des signalements
17:53qui est important.
17:54Et après,
17:55donc,
17:55il y a ça.
17:56Et en plus,
17:56il va y avoir les éléments
17:57de preuve de téléphonie,
17:58voiture,
17:59et tout ce qu'on peut imaginer
18:00aux alentours,
18:01surtout au niveau
18:01de la police technique
18:02qui a été faite
18:03tant dans le silo
18:04qu'aux abords
18:04parce qu'il faut faire
18:05quand même les abords aussi.
18:06Donc,
18:06tout ça,
18:07ce sont les éléments
18:08de preuve à apporter
18:09en priorité.
18:09Laurent Valdiguet,
18:10qu'est-ce qui peut le faire
18:11craquer à un moment donné ?
18:12On se rappelle que dans Dordal,
18:13le landais,
18:13c'était la tâche de sang
18:15découverte six mois après
18:16dans la voiture.
18:17Est-ce que là,
18:17après,
18:18il peut y avoir,
18:18je ne sais pas,
18:19un morceau de vêtement
18:20appartenant à la petite
18:21qui peut le faire craquer ?
18:22Qu'est-ce qui peut le faire
18:22craquer aujourd'hui ?
18:23Là,
18:23il n'y a plus l'enjeu
18:25de la disparition de la fillette.
18:27C'est vrai que quand il fait
18:28l'interrogateur de première comparution,
18:30sur le papier,
18:30il n'est pas du tout obligé
18:31de parler,
18:33mais là,
18:33il est à un moment
18:34où on cherche une petite fille.
18:37Elle est peut-être vivante.
18:39Donc,
18:40en réalité,
18:40bien sûr,
18:41il a le droit de se taire,
18:42mais ce jour-là,
18:43face au juge,
18:44il était en situation
18:47de lever le doute
18:49sur la vie ou la mort.
18:51Sauf que s'il est coupable,
18:52il sait que la petite fille
18:53est déjà morte.
18:53Et s'il est innocent,
18:54il ne peut rien dire.
18:55Donc, dans tous les cas,
18:56ça ne change rien.
18:57J'ai envie de vous dire,
18:57dans les deux cas,
18:58il aurait mieux valu qu'il parle.
19:00Le landais,
19:01qui fait le choix
19:01de ne pas parler
19:03et qui, même pire,
19:04fait le choix
19:05de dire que ce n'est pas lui
19:05alors qu'on a retrouvé
19:06une ADN de contact
19:07sur le commodo
19:08du phare de sa voiture,
19:10ce qu'il envoie en prison.
19:12Après,
19:12est-ce que ça l'aurait suffi
19:13pour le faire condamner ?
19:13On ne sait pas.
19:14Son avocat a toujours pensé
19:15que s'il n'y avait pas eu
19:16la goutte de sang,
19:17il l'aurait fait acquitter,
19:17le landais.
19:19Mais le landais,
19:20on trouve,
19:20parce que la juge d'instruction,
19:22en force de regarder la vidéo,
19:24supplie le collègue
19:26de gendarmerie
19:27de l'IRCGN
19:28de refaire
19:31une inspection
19:31de la voiture.
19:32Finalement,
19:33ils le refont,
19:34ils trouvent cette goutte de sang.
19:35Et c'est cette goutte de sang
19:36qui le fait passer aux aveux ?
19:38C'est cette goutte de sang
19:39qui, avec son avocat,
19:40justement,
19:40son avocat fonce le voir
19:42en détention,
19:42parce que son avocat comprend
19:44que la goutte de sang
19:44de Maëlys
19:45est cachée
19:46dans le coffre
19:47de la voiture
19:47qu'il a carchérisée
19:48au carcheur,
19:49l'avocat comprend
19:50qu'il va falloir qu'il bouge.
19:52Ah oui.
19:53Donc, il va le voir en détention,
19:54il décide de dire
19:55où est le corps.
19:56Mais ça ne suffit pas, ça,
19:57parce qu'en fait,
19:57ils vont dans la forêt.
19:58Moi, je peux vous dire,
19:59j'y suis allé voir l'endroit.
20:01Quand vous y allez une fois
20:02la nuit,
20:03vous le retrouvez
20:03dans les cinq minutes,
20:04il n'y a qu'une seule route.
20:05Mais le landais,
20:06il hésite,
20:07il tourne.
20:09D'ailleurs,
20:09il hésite tellement
20:10que finalement,
20:10les gendarmes,
20:11les juges et tout ça
20:13décident de rebroucher
20:13ses chemins
20:14et puis il y a des gendarmes
20:14qui décident d'envoyer
20:15les chiens.
20:16Et finalement,
20:17c'est les chiens
20:17qui retrouvent
20:18ce qui reste
20:19de la petite fille.
20:20Parce qu'en fait,
20:21ça va très vite
20:21la dégradation d'un corps.
20:23Au bout de six mois,
20:24il ne reste déjà
20:24presque plus rien.
20:25Il reste des baisses
20:26de cheveux
20:26et des ossements.
20:27Ce qui permettra
20:29le landais
20:29qui a gagné sa course
20:32contre la montre,
20:32contre les juges
20:33et la vérité,
20:34ce qui permettra
20:35à le landais
20:35de dire
20:35qu'il n'a jamais violé
20:36la petite fille,
20:38qu'elle a eu peur
20:39dans la voiture
20:40et qu'il lui a donné
20:40un coup
20:41et que c'est ce simple coup
20:42qui s'était mis
20:44en lien,
20:45il s'était ajusté
20:46aux découvertes
20:46de l'enquête.
20:47Là, lui,
20:48il n'est plus
20:48dans ce cas de figure
20:49puisqu'on a retrouvé
20:49le corps de la petite fille
20:50dans un délai de six jours.
20:52Donc, vraisemblablement,
20:53on saura
20:54ce qui s'est passé.
20:54Alors, justement,
20:55on est en ligne
20:56avec Mounir Benslima.
20:57Bonsoir, docteur,
20:58chef du service
20:59de médecine légale
21:00du CHU de Nîmes.
21:02L'autopsie a eu lieu,
21:02des prélèvements ont eu lieu.
21:04Quels sont les éléments
21:05déterminants
21:05qui vont désormais
21:06pouvoir nous aider
21:07à comprendre
21:08ce qui s'est passé
21:09puisque, pour l'instant,
21:10on le rappelle ce soir,
21:11en tout cas,
21:12le principal suspect,
21:13Jérôme Barrella,
21:13garde le silence.
21:15Bonsoir.
21:16Je pense, effectivement,
21:18que le travail,
21:19le premier temps
21:20d'autopsie
21:20qu'il a été fait,
21:21ça, tout le monde le sait,
21:23dans une affaire
21:24aussi médiatique,
21:24je l'ai entendue ce soir
21:25sur votre antenne
21:26avec vos intervenants,
21:28dans un dossier
21:28aussi médiatique,
21:29c'est vrai qu'il faut
21:30avancer avec des certitudes.
21:31Alors, les certitudes
21:32deviendront du travail
21:33qui a été fait
21:34par les médecins légistes,
21:35mais ça viendra aussi
21:36des résultats
21:37des analyses toxicologiques,
21:39des résultats
21:40des examens des viscères,
21:41et tout ça fera l'objet
21:43ultérieurement,
21:44donc, dans quelques jours,
21:45je pense,
21:46on aura déjà
21:47une première idée
21:48sur les causes du décès.
21:50Tout à l'heure,
21:51vous avez tous parlé
21:52de la dégradation du corps,
21:54j'ai entendu dire
21:55qu'au bout de 6 mois,
21:56il ne restait plus rien,
21:57c'est vrai,
21:57mais c'est vrai aussi
21:58qu'au bout de 5 jours,
21:59le corps se dégrade
22:01et l'autopsie
22:01a certainement été difficile,
22:03et ça,
22:04c'est un élément
22:04qui a rendu
22:07le travail
22:08des médecins légistes
22:09difficile,
22:09ce qui peut expliquer
22:10aussi le délai
22:11qu'on a aujourd'hui.
22:14Et quels sont
22:16les éléments précis
22:16qui vont nous permettre
22:17de dater,
22:19par exemple,
22:20l'heure,
22:20peut-être,
22:21approximative
22:22du décès ?
22:23Alors ça,
22:24la datation,
22:25elle ne se fait pas
22:26à l'autopsie,
22:26elle se fait
22:27sur la levée de corps,
22:29lors de la levée de corps,
22:30mais malheureusement,
22:30on a trois paramètres
22:31qui sont un peu faussés
22:33aujourd'hui
22:34parce que le corps
22:34a été trouvé
22:35plusieurs jours après,
22:36donc tout ce qu'on peut faire,
22:37c'est faire une fourchette,
22:38on ne peut pas donner
22:39une heure précise.
22:40Habituellement,
22:41on utilise
22:41la température du corps
22:42avec la température ambiante,
22:44les rigidités du corps
22:45et les lividités.
22:49Ces éléments-là,
22:50malheureusement,
22:50ont certainement disparu
22:51et donc les médecins
22:52pourront donner
22:53une fourchette
22:54sur la datation
22:55de la mort,
22:55mais on ne pourra pas dire
22:56qu'il est mort
22:57tel jour à telle heure.
22:59Merci Mounir Ben Slima,
23:01Laurent Valdiguier,
23:02parlons aussi du téléphone,
23:04on a tous aujourd'hui
23:04des téléphones portables,
23:05mais on sait que
23:06dans les affaires récentes,
23:08certains ont compris
23:08qu'il fallait éteindre le téléphone
23:09pour ne pas être géolocalisé.
23:11Le téléphone peut servir
23:12à quelque chose ?
23:14L'examen téléphonique ?
23:15Là, s'il a coupé son téléphone
23:17quand la petite fille
23:19est montée à bord de sa voiture,
23:20ça donnera une indication.
23:22Le lendemain,
23:23il a coupé son téléphone
23:24à chaque fois qu'il a...
23:25Dans les deux cas,
23:26avec le caporal noyer
23:27au Maïlis,
23:28il coupe son téléphone.
23:30Cédric Jubilard,
23:31la nuit de la disparition
23:32de sa femme,
23:33alors que son téléphone
23:34est toujours, toujours branché,
23:35il coupe son téléphone.
23:37Ça donnera une indication.
23:39À mon avis,
23:39il l'a coupé
23:40parce que s'il ne l'avait pas coupé,
23:41ils auraient déjà suivi les bornes
23:43et ils seraient arrivés au silo,
23:45notamment via la borne.
23:46Complètement.
23:47Mais apparemment, non.
23:48Ils sont arrivés au silo
23:49parce qu'un de ses anciens collègues
23:51a dit qu'il avait travaillé
23:52dans ce silo désinfecté
23:53et qu'il fallait aller voir là-dedans.
23:55Ce qu'ont fait les gendarmes.
23:57Donc peut-être le téléphone,
23:58peut-être s'ils sont allés
23:59dans son ordinateur,
24:00ils vont découvrir
24:01des activités pédo-criminelles.
24:04Tout a été saisi,
24:04j'imagine,
24:05tout le matériel,
24:05celui-là a été saisi,
24:07a été examiné.
24:07Et puis tout ça,
24:08ça prend du temps.
24:08Et puis comme il a
24:09cinq affaires judiciaires
24:10ouvertes contre lui,
24:11enfin qui le vise.
24:12Ça peut prendre plusieurs mois,
24:13Laurent.
24:14Ah bah clairement, oui.
24:15C'est quand même dingue.
24:15Vraiment, moi je trouve ça.
24:16Et puis en plus,
24:17c'est vrai qu'il faut avoir
24:18tout ce matériel
24:19pour le confronter à ça.
24:20Et c'est justement,
24:21vous parliez d'aveux,
24:22les aveux peuvent venir
24:23à un moment
24:24où ils se sont acculés.
24:25On en connaît d'autres
24:26et on peut vous donner
24:27des noms avec Laurent Valdillier,
24:29d'individus qui effectivement
24:31avaient gardé le silence
24:32ou n'avaient jamais
24:33voulu reconnaître
24:34et qui au contraire
24:36niaient farouchement.
24:37Et puis tout d'un coup,
24:38ah monsieur,
24:39votre ADN est là,
24:40vous en dites quoi ?
24:40Ah oui, c'est moi.
24:41Vous voyez,
24:42c'est...
24:42C'est l'accumulation des preuves.
24:43Il faut le mettre
24:44dans des conditions,
24:45enfin pas non plus
24:46tout raconter sur le plateau
24:47parce que s'ils nous regardent
24:48à la télé,
24:48c'est peut-être pas intéressant
24:50qu'ils sachent comment ça se passe.
24:51Il y a des bons avocats.
24:53Il y a quand même
24:54quelques techniques
24:55à employer
24:56qui peuvent le faire vaciller,
24:58qui peuvent le faire basculer
24:59parce qu'il a beau être
25:00dans la toute puissance,
25:01comme j'entendais dire
25:02depuis plusieurs jours,
25:03on ne sait pas
25:04dans quel état il est.
25:05Peut-être qu'on fait fausse route,
25:07j'en sais rien.
25:07Mais en tout cas,
25:08il y a un moment donné
25:09où c'est sûr
25:09qu'il y a devant
25:11un certain nombre
25:13d'indices graves
25:15et concordants,
25:16ça peut être compliqué
25:17pour lui
25:18de ne pas craquer
25:19si c'est lui
25:20qui est l'auteur des faits,
25:21bien sûr.
25:21Il ne faut pas aussi
25:22se contenter
25:22des preuves matérielles
25:24sur le fait en lui-même.
25:26C'est-à-dire qu'en réalité,
25:28notamment vous parliez
25:28de l'exploitation
25:29de l'ordinateur,
25:30l'ordinateur ne va pas nous prouver
25:31que Jérôme Barrella
25:33a tué cette petite fille.
25:34En revanche,
25:35il va nous donner
25:35des éléments de contexte
25:36sur ce qu'a fait
25:38par exemple Jérôme Barrella
25:39juste avant
25:40d'aller récupérer
25:41cette petite fille
25:42à la sortie du collège.
25:43Ça va nous donner
25:43des éléments de contexte
25:44sur ce à quoi
25:47donc on ne recherche pas
25:48seulement des preuves
25:49du meurtre
25:51ou du viol.
25:52On va rechercher
25:52des éléments
25:54qui permettent
25:55de comprendre
25:56si oui ou non
25:57il est possible,
25:59probable,
25:59certain
26:00que Jérôme Barrella
26:01est coupable.
26:02Pour l'instant,
26:03en vrai,
26:04on n'en sait rien.
26:04Ça va nous aider
26:05à comprendre
26:06ses intentions ce jour-là.
26:07Et à quel moment
26:09sa famille va être interrogée ?
26:11On va les réinterroger
26:12à un moment donné ?
26:12Ça, c'est le juge d'instruction
26:13ou les juges d'instruction
26:14qui vont le décider
26:15puisque ce sont maintenant
26:17eux qui sont maîtres
26:18de la situation.
26:19Alors, je ne sais pas
26:19s'il y a un juge
26:20ou s'il y en a plusieurs
26:20mais toujours est-il
26:22que c'est l'instruction
26:23qui décide ça.
26:24Et ça se décide
26:25en fonction aussi
26:28du timing
26:29qui se sont fixés,
26:30des objectifs
26:31qui se sont fixés,
26:32des analyses
26:33qui rentrent,
26:34de l'évolution
26:35du dossier en réalité.
26:36Parce que la famille
26:37va être interrogée
26:39pas sur les faits eux-mêmes
26:40mais ils en savent rien
26:41bien sûr.
26:41Non mais par exemple
26:42sur la personnalité,
26:43sur la personnalité,
26:45sur les habitudes
26:46qu'ils pouvaient avoir.
26:47Vous voyez,
26:48tout ça,
26:49ça va rentrer
26:49en ligne de compte
26:50bien sûr
26:50parce qu'il y a
26:51les faits,
26:52il y a l'auteur
26:53et puis ensuite
26:54il y a tout l'environnement,
26:55les victimes.
26:56Donc les victimes
26:57ont aussi
26:59un tas d'éléments
27:00de personnalité
27:00et l'auteur
27:01a aussi
27:02tout un environnement
27:03et des éléments
27:03de personnalité.
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