- il y a 3 mois
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Allez, de retour sur le plateau de BFM, Grand Soir, et on va tout de suite prendre la direction de
00:04Florence, où vous vous trouvez, Boris Karlamoff.
00:06Vous avez assisté aujourd'hui à cette cérémonie, un temps de recueillement, mais aussi l'occasion pour les habitants d
00:12'exprimer une colère.
00:13Une douzaine de jours après l'arrestation de Jérôme Barrella, ils attendent maintenant des réponses qui ne viennent toujours pas,
00:18Boris.
00:21Absolument, les réponses sont encore nombreuses. Deux semaines après la disparition et l'enlèvement de l'IANA, 11 ans,
00:28les obsèques de cet enfant se sont donc déroulés à Florence cet après-midi. Près de 400 personnes ont participé
00:36à ces funérailles.
00:38Il y a l'émotion, mais encore la colère. La colère puisqu'ils attendent toutes ces personnes des réponses de
00:43la part de la justice,
00:44des réponses de la part des enquêteurs avec une question principale. Quelles sont les causes de la mort de l
00:50'IANA ?
00:50Selon les informations du service pour les justices de BFM TV, l'autopsie de l'IANA est bel et bien
00:56terminée
00:57puisque le corps a été remis à la famille pour procéder au funérail aujourd'hui.
01:02Les expertises anamatopathologiques sur les prélèvements réalisés sur son corps sont en cours d'expertise dans un laboratoire.
01:11Et puis il y a l'expertise du véhicule, forcément, de Jérôme Barrella qui est bel et bien terminée.
01:17Mais désormais, les enquêteurs exploitent toutes les données récoltées dans la voiture.
01:21Pourquoi est-ce que ce véhicule est au cœur des investigations aujourd'hui ?
01:23Eh bien parce que c'est dans ce véhicule que l'IANA a été vu pour la toute dernière fois
01:28aux côtés du principal suspect.
01:30C'était le 29 mai dernier. Cette voiture, ce que l'on sait selon les informations du service pour les
01:35justices,
01:36c'est que ce véhicule est assez ancien. Donc il y a forcément moins d'informations à récolter que dans
01:41une voiture moderne.
01:43C'est beaucoup plus difficile. Voilà ce que confie une source proche de l'enquête.
01:47Désormais, nous sommes dans l'attente d'une communication du procureur de la République d'Agen pour avoir les résultats
01:53de cette autopsie.
01:55et donc savoir enfin de quoi est décédée la jeune Liana 11 ans.
02:00Boris Karlamoff avec Marc Gossef depuis Florence.
02:04La commune partagée ce soir, on le comprend bien, entre l'émotion et cette colère légitime.
02:08Légitime forcément face à cette tragédie qui aurait sans doute pu être évitée si seulement tous les signaux avaient été
02:15repérés.
02:16Vous verrez dans un instant qu'ils étaient nombreux ces signaux.
02:18Mais d'abord, bonsoir Caroline Legendre.
02:20Un petit mot peut-être sur cette cérémonie, ce temps de recueillement important.
02:24Il est important de le marquer, c'est ce qu'a dit le maire de Florence.
02:27Au-delà du symbole national, Liana était une collégienne de 11 ans.
02:32Bien sûr, oui.
02:33Bien sûr, effectivement, tous ces rituels que constituent les obsèques, le temps de recueillement,
02:39je crois que c'est un moment effectivement fondamental pour la famille, pour l'entourage.
02:44Et puis effectivement, l'entourage, on le voit bien, est très important et très nombreux.
02:48Tout ce soutien et cette solidarité est très important pour aider la famille à supporter l'insurmontable.
02:57Même si le plus dur arrive, il y a le temps du deuil, on a dit bien évidemment.
03:00Et Dominique Rizet, il y a le temps aussi où on va apprendre les résultats de l'autopsie.
03:04On se doute bien que Dessence oblige un jour comme aujourd'hui.
03:07Peut-être qu'on n'allait pas avoir les résultats de l'autopsie maintenant.
03:09Néanmoins, est-ce qu'on les aura dans les prochains jours ?
03:12Et on attend, évidemment, les parents attendent, la famille attendent des réponses aux questions sur les conditions de la mort
03:18de cet enfant de 11 ans.
03:19Oui, le corps a été rendu à la famille, ce qui a permis cette cérémonie aujourd'hui, et c'est
03:24important.
03:24Mais la justice, elle, n'a pas les réponses qu'elle attend.
03:28Cet homme, qui est le suspect numéro un, n'a pas donné de réponse, ni aux enquêteurs, ou très peu,
03:34et pas du tout à la justice.
03:35Pas du tout au juge d'instruction.
03:36Il a décidé de faire valoir son droit au silence devant le juge d'instruction.
03:41On a un avocat ici qui nous dira si c'est bien, si c'est pas bien, si c'est
03:45le conseil d'un avocat.
03:46Ça ne veut pas dire qu'il ne parlera pas par la suite.
03:49Est-ce qu'il acceptera, madame la psychologue, de se déverrouiller et de parler ?
03:55Est-ce que, mis face à des éléments concrets, indiscutables sur l'autopsie ou autre chose,
04:02il acceptera de parler ? On en a vu beaucoup qui sont bloqués au départ.
04:09Et puis, Nordal-Lelandais, quand on leur dit, ben voilà, il y a du sang dans la voiture, dans ta
04:14voiture,
04:14maintenant il va falloir parler, ils finissent par dire, par avancer pas à pas vers la vérité.
04:19Mais effectivement, là, c'était le temps des obsèques et on tombe un week-end.
04:25Et je pense qu'à partir de lundi ou mardi, la justice va commencer à communiquer sur des éléments
04:30que le juge d'instruction voudra bien communiquer, donner et qui feront sans doute avancer le dossier.
04:35Espérons-le.
04:36Ce soir, Jérôme Barrella est toujours en prison.
04:39Il est au centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan.
04:41Mont-de-Marsan, il est à l'isolement.
04:43Est-ce qu'il est possible qu'il puisse être confronté aux résultats d'autopsie ?
04:49Par exemple, pour pouvoir le faire, pour l'instant, il n'a toujours pas avoué le meurtre, il est présumé
04:53innocent.
04:54Absolument, ça viendra, Dominique, ça viendra forcément un jour, le juge d'instruction le convaincra dans son bureau.
05:00Il arrivera avec son conseil, qui sera un avocat pénaliste et il se sera entretenu avant.
05:06L'avocat aura peut-être des éléments sur ce que le juge a montré à Jérôme Barrella comme élément.
05:14Et puis, ils se parleront tous les deux, lui et son conseil.
05:18Ensuite, il y aura l'entretien devant le magistrat.
05:20Et à ce moment-là, peut-être que des choses se produiront et qu'on en apprendra un peu sur
05:27les raisons de son silence.
05:29Et peut-être parlera-t-il.
05:30Dominique, justement, à partir de quel moment il peut parler ?
05:32Peut-être à un moment où on va lui confronter des éléments matériels, peut-être des traces de pneus près
05:36du silo, par exemple.
05:37Ça, ça peut le faire parler ?
05:38Absolument. Il y aura le résultat d'autopsie, on connaîtra les raisons du décès de Liana.
05:45Et puis, il y a peut-être des éléments dans le dossier que les gendarmes ont trouvé.
05:49En arrivant près de ce silo, je vous rappelle que le décès de Liana, c'est entre vendredi 15h05,
05:55le moment où elle sort du collège, et puis le moment où M. Barrella est interpellé.
06:03Donc, il y a quelques heures, les gendarmes sont arrivés très très vite sur place, une semaine après, même pas
06:08quatre jours après.
06:10Donc, il peut y avoir des traces. C'est un endroit qui était peu fréquenté.
06:14Il peut y avoir des traces de voitures que les gendarmes ont relevées sur le sol.
06:19On dit que c'est une vieille voiture, une 3008 anthracite, mais il y a un GPS, paraît-il.
06:22Donc, on va étudier le GPS aussi.
06:23Peut-être que le GPS va amener les gendarmes, va prouver que la voiture de ce monsieur est allée près
06:27du silo.
06:28Peut-être que les pneus, des empreintes de pneus pourraient correspondre à des pneus du modèle de sa voiture, etc.
06:34Il y a peut-être autre chose qu'on va retrouver sur place.
06:39Des choses sur le corps de l'enfant qui correspondent à ses vêtements, des particules de vêtements.
06:45Dans plein d'affaires judiciaires, on a trouvé ça.
06:48Si je touche mon voisin avec ma veste, je vais laisser des particules, des cellules épithéliales, mais aussi des particules
06:55de mon vêtement.
06:55On verra du marron sur une veste verte.
06:58Et tout ça, ce sont des éléments qui feront qu'à un moment, on lui dira, monsieur, c'est pas
07:01possible que vous n'ayez pas été à cet endroit-là, à ce moment-là.
07:05Votre voisin, c'est Maître Delamorent, dire bonsoir, vous êtes avocat pénaliste au Barreau de Paris.
07:09Est-ce qu'il est possible, même si nous n'avons pas d'informations, nous, à ce stade, sur les
07:13résultats de l'autopsie, que les parents de l'IANA puissent être informés maintenant que l'inhumation a eu lieu
07:21et maintenant que le temps du deuil est passé, celui de l'enquête arrive ?
07:25Alors, en fait, il y a deux temps, généralement, quand il y a un rapport d'expertise qui est rendu.
07:31C'est-à-dire qu'il y a les résultats. Certains résultats peuvent être communiqués, on va dire, à l
07:36'oral entre l'expert et le juge d'instruction qui peut décider, en son âme et conscience, d'en faire
07:43part au conseil, par exemple, des parents.
07:46C'est possible, mais sûrement le rapport final d'expertise va être notifié dans un délai qui est plus important.
07:54On comprend que ces parents attendent ce soir des réponses aussi. Nous attendons des réponses, mais les premiers, ce sont
07:58eux, depuis 12 jours, de savoir ce qui s'est passé.
08:01Oui, c'est sûr qu'ils peuvent avoir une information orale, partielle, etc. Mais en fait, l'instruction, c'est
08:07vraiment un moment contradictoire, avec des délais à respecter, etc.
08:11Donc, ça va prendre sûrement un peu de temps. J'imagine aussi qu'un juge d'instruction va laisser les
08:15parents vivre le moment du deuil dans une certaine sérénité.
08:20J'aimerais relever ce qu'a dit Dominique, qui est très intéressant. C'est qu'il y a une forme
08:24de paradoxe sur la parole, c'est-à-dire que pendant l'enquête, en fait, les preuves objectives scientifiques,
08:31parlent souvent avant les accusés. C'est-à-dire que pour qu'un accusé parle, il faut qu'il y
08:36ait des preuves ADN, des preuves scientifiques, la téléphonie, etc.
08:42Mais quand elles existent, ces preuves-là, la parole n'est plus vraiment nécessaire, en fait. Ces preuves objectives suffisent.
08:50C'est-à-dire qu'on a un jubilard.
08:52On n'a pas besoin d'aveux, forcément. Le fait qu'ils n'avouent pas n'est pas un handicap.
08:56Je vais même vous dire quelque chose qui me semble important comme pénalise. Je l'ai vu. Les aveux sont
09:02parfois d'une platitude extrême.
09:05C'est le néant absolu, en fait. Les excuses, c'est un des moments que je redoute le plus à
09:11l'audience.
09:12Parce que, qu'elles sont, ça ? Comment vous les demandez pardon après un crime comme ça ?
09:18C'est inaudible.
09:19C'est inaudible, c'est indicible. Et en fait, c'est d'une extrême platitude, généralement, ce moment d'excuse
09:27à l'audience.
09:28Donc, si vous voulez, la parole, elle est attendue. Et en même temps, ce sera probablement un non-événement.
09:33Ce qu'attendent aussi les parents, certainement, Dominique Rizet, c'est l'heure aussi du décès de leur fille.
09:38On ne sait pas si c'est avant ou après que Jérôme Barrella soit allé à la fête de l
09:44'école de l'une de ses filles.
09:45On sait qu'entre le décès, il peut se produire entre 15h05 et 18h30, heure à laquelle il revient à
09:51l'école.
09:52Mais peut-être après aussi, il voudrait dire qu'il serait revenu à l'école et qu'il serait retourné
09:56ensuite sur place.
09:57C'est important parce qu'un pénaliste comme Vincent, comme maître de la Morondière, va dire « Non, mais moi,
10:03je ne suis pas d'accord avec ça.
10:04Vous me dites que l'heure du décès, c'est telle heure. Mais si vous êtes pour la défense. »
10:09Mais mon client, à cette heure-ci, il n'était pas là. J'ai la preuve qu'il était ailleurs.
10:12Et donc, ça complexifie le dossier. Bon, même si tout le monde pense que...
10:16Vous voyez bien, dans un dossier, on en parlait comme celui de la disparition de Delphine Jubilard
10:22et de la condamnation de son mari Cédric Jubilard, il y a des zones d'ombre.
10:28On n'a pas de corps, on n'a pas de scène de crime, on n'a pas d'aveu.
10:31Mais à l'issue, on a une condamnation parce que les jurés ont considéré,
10:35la Cour d'assises a considéré que cet homme-là était l'auteur du meurtre de sa femme.
10:39Mais les avocats de Cédric Jubilard peuvent s'engouffrer dans des failles ou des pénalistes
10:44en disant ça, j'installe le doute dans la tête des jurés.
10:50Non, vous n'êtes pas d'accord avec ça.
10:52Alors, il a raison, c'est une stratégie de défense, mais il y en a d'autres.
10:55Et aussi, je le dis, moi ça m'est arrivé dans un dossier d'aller tellement vite vers les aveux
11:00que la juge d'instruction, et c'était une histoire de meurtre, a dû refaire sa série de questions.
11:06Elle a mis fin à l'interrogatoire tellement mon client avait avoué vite des faits extrêmement graves.
11:11Donc en fait, c'est une stratégie, mais vous avez aussi le choix de faire une réponse non stratégique,
11:16c'est-à-dire d'avouer, d'expliquer, d'éclairer les faits.
11:19Et ça peut être aussi quelque chose qui peut avoir un intérêt pour les familles de la personne accusée.
11:25Parce que j'aimerais le dire aussi, quand vous défendez un accusé qui s'enferme dans le mensonge,
11:30qui est dans le déni, sa famille devient folle.
11:32Parce qu'il dit, mais c'est la justice qui est folle.
11:35Alors qu'en fait, lui, je l'ai vu ça.
11:37Vous l'avez constaté à plusieurs reprises ?
11:38Je l'ai constaté à en tout cas au moins une reprise.
11:41Deux reprises, on va dire, pour des faits très graves, notamment un meurtre.
11:45Quelqu'un qui a dit, pour ma famille et pour la famille de la victime,
11:48je vais faire le choix d'avouer vite pour qu'il ne devienne pas fou.
11:53Caroline Legendre, au cœur de cette enquête, il y a trois heures.
11:56Les trois heures pendant lesquelles Jérôme Barrella disparaît avec Liana.
12:02On parlait tout à l'heure des excuses, peut-être que la famille attend ou pas.
12:06Est-ce que la famille a besoin de savoir, est-ce que c'est important de savoir ce qui s
12:08'est passé pendant ces trois heures,
12:10même si, probablement, ça peut faire très mal de l'entendre ?
12:15Je crois qu'effectivement, la famille est confrontée.
12:18On a parlé de colère partagée par la famille, par l'entourage.
12:22Je pense qu'il y a aussi un énorme sentiment d'incompréhension,
12:26évidemment, qui vient se rajouter au choc terrible et complètement irreprésentable, infigurable,
12:32qui est de perdre un enfant.
12:33Et effectivement, on a besoin de mettre du sens sur quelque chose d'insensé.
12:40Et je pense qu'effectivement, le fait de pouvoir avoir des éléments de compréhension,
12:44même aussi douloureux soit-il,
12:47puisque, effectivement, il peut s'agir d'imaginer la souffrance de cette petite fille,
12:52mais je pense que c'est important, effectivement,
12:54d'avoir des éléments de compréhension sur le contexte,
12:58le contexte de la disparition et de ce qu'elle a subi.
13:01Maître, vous confirmez, c'est important pour les familles,
13:03de pouvoir obtenir toute la vérité et le récit de ce qui s'est passé.
13:09On parlait de ces trois heures pendant lesquelles Liana a disparu avec Jérôme Barrella.
13:13Alors, je pense que, légitimement, il y a une infinité de questions qui se posent.
13:21Et certaines resteront sans réponse, en fait.
13:23Voilà, en fait, je suis désolé de le dire,
13:26mais il n'y a jamais une bonne explication.
13:29Il n'y aura jamais une explication qui va mettre fin à la souffrance.
13:32Mais j'allais vous demander, est-ce que ces explications sont nécessaires pour faire un deuil, tout simplement ?
13:37On va dire que c'est une étape nécessaire, mais pas suffisante.
13:40Et après, on ne peut jamais le deuil d'un enfant, non plus ?
13:42Exactement.
13:43Impossible.
13:44Et ces explications, en tout cas celles de l'auteur, au moment où on est vraiment aux assises,
13:48elles se ressemblent souvent pour des meurtres d'enfants.
13:51Et c'est souvent, j'ai paniqué, j'ai eu un moment de folie, je ne comprends pas ce qui
13:58s'est passé,
13:59je l'ai étranglé, j'ai serré mes mains, je n'ai plus voulu qu'elle existe.
14:06C'est toujours, c'est toujours, les versions, je trouve, se ressemblent souvent dans les meurtres d'enfants.
14:12On n'est pas un auteur qui dit, voilà, je l'ai étranglé, je l'ai tué.
14:14Parce que, alors que dans les meurtres d'adultes, c'est, je ne supportais plus mon mari, je ne supportais
14:19plus ma femme,
14:20à un moment, ben voilà, je l'ai tué.
14:22Mais pour les enfants, ce n'est jamais ça, jamais.
14:25Sur l'enquête, qu'est-ce qu'on sait sur le corps de cet enfant de 11 ans ?
14:29Il n'y a pas eu de choc, c'est ça ? C'est tout ce qu'on sait peut
14:31-être ?
14:32Le procureur nous dit, il faut que je fasse très attention, je n'ai pas toutes mes notes ici,
14:36mais le procureur nous dit, à ce stade de l'autopsie, on le sait assez vite,
14:43on ne sait pas, on ne peut pas dire quelles sont les causes de la mort.
14:48On ne voit pas de traces visibles sur le corps, voilà, c'est tout ce qu'on sait.
14:52Mais est-ce qu'on peut en déduire quoi ?
14:53C'est-à-dire qu'il y a peut-être toute une série d'interrogations sur l'asphyxie notamment, par
14:58exemple ?
14:58Alors, a priori, il n'y a pas de traces extérieures sur le corps, ça veut dire pas de coup
15:02de couteau,
15:03pas de plaie par balle, pas de coup avec un objet contondant,
15:07donc ça peut laisser supposer, encore une fois je dis, ça peut laisser supposer
15:11un étouffement ou un étranglement.
15:14Parmi les questions qui restent ce soir encore sans réponse,
15:18il y a évidemment celle des responsabilités.
15:21La justice doit-elle rendre des comptes ?
15:24Il y avait manifestement des signaux qui auraient dû même alerter les enquêteurs
15:28sur le profil de Jérôme Barrella, notamment des informations,
15:31Nicolas Dumas, vous allez tout nous dire ce soir,
15:33transmises par un organisme américain qui lutte contre la pédocriminalité,
15:38le NECMEC, expliquez-nous.
15:40Oui, le NECMEC, c'est un organisme américain reconnu dans le monde
15:44pour son action contre la pédocriminalité.
15:47Les fournisseurs d'accès à Internet, les géants du web, les réseaux sociaux
15:50lui transmettent des signalements.
15:52Ces alertes, elles concernent notamment des adultes soupçonnés
15:55de chercher à entrer en contact sexuellement avec un mineur
15:59ou de consulter et de partager des contenus pédocriminels.
16:03En ce qui concerne l'activité en ligne de Jérôme Barrella,
16:06elle avait été repérée par le NECMEC, puis signalée à plusieurs reprises
16:11avant l'affaire Liana.
16:13Ces informations, elles ont été transmises à l'office mineur, l'off mine,
16:17et c'est le service français de la police judiciaire
16:20qui est chargé de lutter contre les violences sexuelles faites aux mineurs.
16:24Mais ces signalements se sont perdus parmi des milliers d'autres.
16:28Et ce n'est qu'après la disparition de Liana
16:30que les enquêteurs ont recherché la trace de Jérôme Barrella
16:33dans ces données et que l'identité s'est révélée être la sienne.
16:38Toutefois, à ce stade, on ne connaît pas le contenu des signalements,
16:42leur date ou encore leur exploitation,
16:44à savoir si elles ont pu permettre d'avoir des informations pour les enquêteurs.
16:48Mais alors Nicolas, une question qu'on se pose tous,
16:49pourquoi cette recherche intervient-elle si tardivement ?
16:53En fait, il faut comprendre que chaque année,
16:55les autorités françaises, elles ont environ 200 000 signalements
16:58qui sont transmis par le NECMEC.
17:00Selon l'ancienne chef de l'office mineur,
17:03la France, c'est le quatrième pays au monde
17:06à héberger le plus de contenus pédocriminels
17:08derrière les Etats-Unis, la Russie et les Pays-Bas.
17:12Et en 2023, au total, c'est 318 000 signalements
17:16liés à des comportements pédocriminels
17:18qui ont été enregistrés en France.
17:20Mais faute de moyens, moins de 1% ont pu être traités.
17:25L'office mineur, il est créé depuis 2023
17:27et devait compter 85 enquêteurs.
17:32Mais aujourd'hui, il y en a seulement une quarantaine.
17:35À titre de comparaison, au Royaume-Uni,
17:37c'est 800 enquêteurs qui sont mobilisés par le pays.
17:41Autre difficulté dans cette affaire, ce sont les signalements.
17:45Les autorités ne disposent pas forcément
17:47de l'identité complète des suspects,
17:49mais par exemple d'un numéro de téléphone mobile
17:52comme c'était le cas pour Jérôme Barrella
17:54ou alors d'un pseudo et encore d'une adresse IP,
17:58ce qui rallonge les investigations pour les autorités.
18:00– Merci beaucoup Nicolas Dumas.
18:03On est en ligne avec David Galtier, ancien sous-directeur
18:06de la police judiciaire pour la gendarmerie nationale.
18:10Cet organisme américain vous dit quelque chose ?
18:14C'est signalement ? Ça ne vous surprend pas ?
18:17– Bonsoir M. Tenza.
18:21Écoutez, je ne suis pas surpris par cet organisme naturellement.
18:27Nous le connaissons.
18:28Et je rappelle au passage que c'est la gendarmerie
18:32avec le CNAPE, qui est le centre national de l'analyse
18:36des images pédopornographiques,
18:38qui dès le début des années 2000
18:41avait commencé à initier un travail en ce sens,
18:45à recenser, à récupérer un certain nombre de données.
18:49Et puis, c'est un mal français.
18:52C'est-à-dire que nous avons là une espèce
18:54de centralisation permanente de l'information
18:57avec des points de passage obligés.
18:59Et lorsqu'il y a 200 000 signalements par an,
19:04aller vers un seul organisme,
19:06aussi puissant, aussi...
19:09soit-il, comme l'office des mineurs,
19:13eh bien cela ne suffit pas.
19:14Qu'il soit 40, qu'il soit 60, qu'il soit 80,
19:17c'est la même chose.
19:19En réalité, lorsque nous avons affaire,
19:22et c'est le cas aujourd'hui,
19:23de la pédocriminalité,
19:25à une criminalité de masse,
19:27c'est l'ensemble des enquêteurs,
19:30officiers de police judiciaire,
19:31qui doivent pouvoir avoir accès
19:35à ces fichiers, à ces données.
19:38Et c'est possible.
19:39Alors, faire de l'office le point central,
19:41naturellement, d'entrer des données
19:44venant des pays tiers,
19:46et notamment des Etats-Unis,
19:48c'est une évidence.
19:50En revanche, que chaque enquêteur saisit,
19:53et il y a 40 000 dossiers en souffrance
19:56chaque année, au sein même de la gendarmerie,
20:00une plainte tous les quarts d'heure,
20:01puissent aller vers cette consultation des données,
20:07c'est un impératif.
20:09Et je crois que la clé, finalement,
20:11de la rapidité, de la fluidité d'une enquête,
20:14consiste à donner à l'ensemble des enquêteurs
20:17et des officiers de police judiciaire
20:19la clé de ces fichiers.
20:22Restez avec nous, Général Galtier,
20:24Philippe Djankiewicz.
20:25Vous confirmez qu'il y a trop de fichiers,
20:26trop de sous-fichiers ?
20:27Il y a beaucoup de fichiers.
20:28Oui, il y en a énormément.
20:29Et bon, on a des fichiers pour tout.
20:33Donc, maintenant, il faut bien les consulter,
20:35il faut bien rentrer les données,
20:37il faut bien analyser ce qu'on met dedans
20:39et que ça soit bien approprié aux fichiers.
20:43Donc, oui, il y a des fichiers,
20:45il y a des sous-dossiers, oui.
20:46Mais est-ce que les Britanniques
20:47travaillent mieux que nous ?
20:48On parle de 800 enquêteurs,
20:51là où on en a, nous, 40.
20:52Est-ce qu'ils ont trois longueurs d'avance sur nous ?
20:54Je ne sais pas au niveau...
20:56Ils ont du monde, c'est ça qui est important,
20:58c'est qu'ils ont du personnel,
21:00ils ont beaucoup de monde,
21:01ils nous manquent du personnel, ça, c'est évident.
21:05Entre 800 et 40, là,
21:07ça fait quand même une grande, grande différence.
21:09Après, c'est pas parce qu'ils vont être 800
21:11qu'il y a une grande efficacité.
21:12Il faut être surtout bien ciblé les choses.
21:1540 enquêteurs en France
21:17contre 800 au Royaume-Uni.
21:19On s'imagine que c'est impossible
21:20de traiter toutes les plaintes
21:22et tous les signalements qui arrivent.
21:23Ce signalement de Jérôme Barrella,
21:24il était là,
21:24et pourtant il s'est perdu dans les strates
21:26d'autres signalements.
21:28On va être clair,
21:29c'est le point commun
21:30avec le problème du traitement
21:31de la plainte lui-même.
21:33C'est-à-dire 4 800 000 plaintes par an,
21:361 900 000 classées,
21:38sans outils algorithmiques et IA,
21:40les procureurs ne peuvent pas faire l'orientation.
21:43Donc pas d'outils,
21:44c'est ça le problème ?
21:44Non, c'est une incapacité numérique
21:46à traiter la data.
21:47Là, vous avez 318 000 signalements,
21:50mais qu'est-ce qui en a été fait ?
21:52Vous avez une incapacité numérique
21:54et aussi de fonctionnaires,
21:56de services qui sont insuffisants
21:58à traiter la data.
21:59Avec ce que nous disait Nicolas,
22:00c'est-à-dire des pseudos
22:02et récupérer les pseudos,
22:04c'est très compliqué
22:04d'aller trouver le travail titanesque.
22:07Oui, en même temps,
22:07tout est traçable en fait.
22:09Tout est traçable.
22:09Mais ce n'est pas notre culture
22:11et je vais vous le dire.
22:12Ah, merci.
22:14La preuve pénale en France est adaptée.
22:17On sait poser un couteau
22:19avec des taches de sang
22:20dans une fiche de scellé.
22:22Mais la preuve pénale numérique,
22:24on ne sait pas faire.
22:25On n'est pas formé.
22:26Et moi, je commence à demander
22:28juste les datas de téléphonie
22:30pour essayer de les exploiter.
22:32Nous, les avocats, la justice,
22:34les magistrats,
22:35on n'a pas accès
22:35ni à la data numérique
22:37sous forme numérique.
22:37Donc, on est en retard numériquement
22:38en France.
22:38Ni au logiciel pour la traiter.
22:40Mais ça veut dire que
22:41toute la chaîne pénale
22:43et aussi les auxiliaires de justice
22:45que nous sommes,
22:46on n'a ni les logiciels,
22:47ni la data.
22:48On ne peut rien en faire.
22:49Et on a des problèmes de fichiers
22:51aujourd'hui dans le Parisien.
22:52La procureure de Paris
22:53et la patronne du parquet des mineurs,
22:55pardon, je n'ai pas son nom,
22:56la procureure, c'est Laure Becquot,
22:58je ne me souviens plus
22:58du nom de la proc mineure,
23:00de la chef du parquet mineur.
23:03Madame Becquot parle
23:04de ces fichiers police
23:06et gendarmerie
23:07auxquels elle n'a pas accès.
23:08Les magistrats n'ont pas accès.
23:09Un jour en France,
23:10il va falloir se dire
23:11la CNIL, c'est bien,
23:13mais on va un peu oublier la CNIL
23:14ou on va lui demander
23:15d'être un peu compréhensive
23:17et on va accepter
23:18de croiser les fichiers police,
23:21les fichiers gendarmerie,
23:22le fichier cassiopée,
23:24l'otage de traitement
23:25des antécédents judiciaires,
23:27les fichiers police
23:28et on va essayer
23:30de faire quelque chose
23:31de cohérent
23:32pour que quand on appuie
23:33sur le bouton
23:34et qu'on écrit
23:35Jérôme Barrella,
23:36le fichier réponde quelque chose,
23:38que le fichier réponde
23:39il est connu,
23:41il n'a pas été condamné
23:42mais il est entendu,
23:44il est concerné
23:44dans une affaire d'attouchement,
23:46il est concerné
23:47dans une affaire
23:48de violence sexuelle
23:49ou autre
23:49pour que enfin
23:51quelqu'un puisse se dire
23:52ok, ce type-là
23:54il avait quelque chose
23:55auparavant,
23:55on me le signale
23:56encore aujourd'hui,
23:57je vais décrocher mon téléphone
23:59et je vais bouger.
24:00Là aujourd'hui,
24:00en France,
24:01ce n'est pas possible.
24:02Visiblement,
24:02on nous l'explique,
24:03ça n'est pas possible.
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