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  • il y a 10 heures
Ce mercredi 27 mai, l'expérimentation du plafonnement des loyers, au sujet de laquelle l'Institut des politiques publiques (IPP) a consacré un rapport qu'il a remis récemment au ministre du Logement, a été abordée par Bruno Arcadipane, vice-président du MEDEF en charge des Adhérents et président d’Action Logement, Christian Saint-Étienne, économiste et auteur de "Trump et nous : Comment sauver la France et l’Europe", et Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Allez, on est de retour ici à Station F pour cette journée spéciale Cap PME en partenariat avec le MEDEF.
00:06On va parler d'entreprises tout au long de la journée sur l'antenne de BFM Business en direct.
00:11On est encore ensemble pour une demi-heure de débats et de controverses avec Bruno Arcadipan,
00:16vice-président du MEDEF et président d'Action Logement, Christian Saint-Etienne, économiste et auteur de
00:22« Trump et nous, comment sauver la France et l'Europe » et Anthony Morley-Lavidali, économiste chez Axe&Code
00:26également.
00:27On va parler logement maintenant. Avec vous, Bruno, vous êtes un grand spécialiste, vous êtes le président d'Action Logement,
00:36une thématique que vous connaissez bien. Je voulais qu'on commence simplement par cette étude de l'Institut des politiques
00:40publiques
00:40qui a été remise hier au ministre du Logement, justement, sur l'expérimentation du plafonnement des loyers.
00:49Ça fait quasiment huit ans qu'on y est et François Bayrou, à Matignon, à l'époque, avait commandé auprès
00:55de l'IPP
00:56une évaluation de ce mécanisme qui existe dans une soixantaine de villes aujourd'hui,
01:04qui a fait Flores, pour voir si c'était efficace ou pas.
01:09Ce mécanisme, cette expérimentation, en tout cas, prend fin d'ici six mois.
01:13Et les conclusions sont, bon, certains disent équilibrées, mais enfin, beaucoup voient une critique assez forte du plafonnement des loyers.
01:21C'est que, grosso modo, ça a pu permettre de ralentir la progression de 2, 3, 4 % dans certaines
01:28régions, dans certaines zones tendues.
01:30Ça a profité pour beaucoup, en Seine-Saint-Denis notamment, mais qui a des effets délétères sur le moyen et
01:37sur le long terme.
01:40Pas de rotation dans les appartements, une dégradation de la qualité du logement.
01:46Est-ce que vous êtes d'accord avec ces conclusions, Bruno Arcadipane ?
01:50Alors, l'encadrement des loyers, voilà une vraie fausse bonne idée.
01:56Ah ! Pour un vrai sujet, les difficultés de logement existent.
01:59Non, non, mais pour être très clair et que tout le monde puisse comprendre facilement, on traite la conséquence, mais
02:06on ne traite absolument pas la cause.
02:08Ah !
02:09Donc, on a un effet boomerang qui est de scléroser encore un peu plus un marché qui est totalement sclérosé.
02:18La problématique en France, c'est que le parcours résidentiel est totalement arrêté.
02:24Il y a quelques dizaines d'années, une vingtaine d'années, vous accédiez à un logement social, vous passiez ensuite
02:31souvent par un logement intermédiaire, puis un logement privé, et vous accédiez à la propriété.
02:36Oui.
02:37Ce parcours est aujourd'hui totalement arrêté.
02:39Qu'est-ce qui bloque ?
02:40Ce qui bloque, c'est tout un tas de réglementations.
02:45Ce qui bloque, c'est en 2018, M. Macron qui décide de mettre une taxe sur les bailleurs sociaux qui
02:51s'appelle la RLF, qui a ponctionné depuis 2018 1,3 milliard d'euros sur le marché.
03:00Ce qui bloque, c'est que M. Edouard Philippe souhaite en 2019 et 2020 nous ponctionner au niveau du groupe
03:07Action Logement 1 milliard, puis l'année d'après 500 millions d'euros.
03:11Ce qui bloque, c'est qu'on a des normes qui sont totalement dingues.
03:16Je pense qu'à part le monde de la santé, le monde du logement et de la construction est celui
03:22qui est le plus encadré.
03:23Ce qu'il faut faire, c'est exactement l'inverse.
03:26C'est libérer le marché, libérer l'économie et relancer ce foutu parcours résidentiel pour que les Français puissent évoluer
03:33dans leur vie et en même temps dans leur logement.
03:36Oui.
03:36Anthony Morley, la vie d'Ali, le vrai problème, c'est la construction finalement.
03:40C'est fournée, c'est l'offre.
03:41Bien sûr, mais c'est des choses qu'on sait depuis.
03:44Mais Mathusalem, on ne découvre pas l'Amérique là.
03:46On sait bien que quand on bloque les prix, on finit par tuer l'offre parce qu'à la fin,
03:49il n'y a plus de rentabilité pour le propriétaire.
03:51Donc je veux dire, on ne découvre rien.
03:52Là, on ne fait que mesurer des évêques.
03:54La théorie nous enseigne déjà correctement.
03:56Et puis également sur le logement neuf, on voit bien l'excès de normes à la fin, ça fait monter
04:00les coûts.
04:00Et on se retrouve dans une situation de squeeze où les ménages n'ont plus les moyens effectivement de se
04:05loger à des prix décents.
04:06Et ça pèse quand même significativement, à la fois sur le pouvoir d'achat, mais même plus généralement sur la
04:09satisfaction des ménages.
04:11Donc cette étude, elle tombe à point nommé.
04:13Mais on ne découvre rien de spectaculaire.
04:15On le savait, ça ne marche pas.
04:16Il faut absolument libéraliser davantage le marché.
04:19Et ça, c'est évident.
04:20Tout ce qui est monstrueusement encadré finit très souvent mal.
04:22Et on en a encore un exemple, je trouve, très clair.
04:25Christian Saint-Etienne.
04:27Alors les chiffres globaux, on est tombé à 200 000 mises en construction de logements.
04:34On dit qu'il faut 500 000 constructions par an.
04:36Alors il y a un débat là-dessus, c'est entre 400 et 500.
04:38Mais ce qui se passe, c'est qu'il y a une décohabitation également, même si la population n'augmente
04:45pas beaucoup, qui fait que suite au divorce, suite à l'installation des jeunes dans des logements, on a besoin
04:53donc d'à peu près au moins 400 000 logements par an.
04:56Alors Action Logement fait un gros boulot, 40 000 mises en logement sur les 200 000 où nous sommes tombés.
05:04Je ne sais pas si vous pourriez doubler pour remonter à 400 000.
05:08Mais le point important aussi, c'est la nature de l'offre.
05:12Alors il y a une réglementation hallucinante.
05:15Je signale d'ailleurs que l'Allemagne est en train de revoir sa réglementation, que les États-Unis sont en
05:20train de revoir leur réglementation.
05:22En quel sens ?
05:23En termes de réglementation du logement et de contraintes liées notamment à la transition écologique, il ne s'agit pas
05:31de produire sale.
05:33On sait aujourd'hui produire des logements à énergie positive ou nulle.
05:41Simplement, il y a un niveau de contrainte qui fait qu'on bloque le développement.
05:45Évidemment aussi, on a pris des décisions, on a supprimé, Emmanuel Macron a supprimé la taxe d'habitation.
05:55C'était le revenu des mairies en contrepartie de la construction.
06:00Donc le maire aujourd'hui dit, moi je vais construire, ça me coûte très cher, je vais devoir mettre en
06:05place des écoles, j'ai rien en contrepartie.
06:07C'était une erreur selon vous ?
06:08Ça a été une grosse erreur, ça a fait perdre plus de 25 milliards d'euros en recettes de l
06:14'État.
06:15Si d'ailleurs vous prenez 25 milliards sur 8 ans, vous êtes à 200 milliards qui sont allés dans la
06:21dette publique.
06:22Donc c'est une erreur colossale d'Emmanuel Macron, mais c'est ce qui le fait élire en 2017.
06:28Ça montre aussi la fragilité du système démocratique, c'est qu'on a du mal à expliquer les conséquences des
06:35mauvaises décisions
06:36et on n'arrive pas à expliquer que quand on a un problème, il faut peut-être regarder du côté
06:42de la cause si on veut modifier les conséquences.
06:46Il y a un adage qui dit, généralement, on s'élève contre les conséquences de cause qu'on adore, donc
06:53il y a un moment, il faut réformer tout ça.
06:56Alors la crise massive du logement est catastrophique parce que le BTP, c'est une activité non délocalisable.
07:07Là, on a perdu une centaine de milliers d'emplois depuis 3 ans, on continue de perdre.
07:12C'est des compétences qui sont perdues. Quand on voudra relancer, ça va être extrêmement difficile.
07:17C'est la même chose quand on a voulu renoncer le nucléaire, on a dû aller chercher des soudeurs aux
07:23Etats-Unis en avion pour relancer le nucléaire.
07:27Donc c'est pour ça qu'outre les discussions qu'on a eues depuis tout à l'heure sur la
07:33nécessité de contrôler la dépense publique,
07:34je pense qu'il y a une autre action absolument majeure.
07:37On a impérativement besoin d'une planification stratégique à 7 ans pour qu'on se dise, à la fois pour
07:43relancer le logement, l'industrie, les infrastructures et remettre le pays au travail,
07:48on a besoin d'une vision à 7 ans partagée par l'ensemble des acteurs, ce qui était le cas
07:53dans le plan à partir de 1945.
07:56Je rappelle qu'à cette époque, on était à 4,5 de croissance par an.
07:59Je rappelle aussi que c'est Mitterrand qui a supprimé le plan.
08:02Donc évidemment, il ne s'agit pas de revenir à la planification bureaucratique de la 4ème République, mais on a
08:09besoin d'une planification stratégique.
08:10D'être un peu stratège, les deux visions moyennes à terme.
08:12Il suffit de regarder le plan chinois qui vient d'être voté par l'Assemblée du Peuple.
08:18Il prévoit des investissements colossaux dans les nouvelles technologies.
08:21sans avoir un parti totalitaire aux Etats-Unis, par l'intermédiaire du département de la Défense aux Etats-Unis,
08:32à l'intérieur de ce département, vous avez en réalité un véritable ministère de l'Industrie
08:36avec un budget annuel d'une centaine de milliards de dollars qui investit également sur les technologies.
08:43Donc voilà, il n'y a plus de planification, il n'y a plus de vision.
08:46Et on essaye juste de te faire tourner la baraque comme un mini boutiquier,
08:51c'est-à-dire qu'on a un Etat qui, au lieu de contribuer à l'essor du pays, le
08:55freine et le casse.
08:56Bruno Arcalipane, peut-être rappeler l'action d'Action Logement,
09:01et puis votre réponse à ce que vient de dire Christian.
09:05Alors, Axel Logement, c'est un groupe paritaire qui, aujourd'hui, détient 1,2 million de logements,
09:14avec un bilan d'un peu plus de 100 milliards d'euros.
09:17Et on a doublé de notre production depuis une grande réforme que les partenaires sociaux ont menée en 2017.
09:25Et aujourd'hui, c'est le groupe le plus efficace en Europe.
09:29On est une référence en France, mais on est une référence également au niveau européen,
09:34puisque les autres pays ne sont pas dotés d'un outil comme celui-là.
09:38Notre ressource est d'un peu plus de 3 milliards d'euros.
09:41Elle est apportée par les entreprises à travers le 0,45% et non plus 1%.
09:47Et non plus le 1, il faut le rappeler.
09:49L'Etat étant passé par là, il nous reste donc 0,45% des entreprises de plus de 50.
09:55Un peu plus de 3 milliards d'euros. Depuis quelques années, on investit entre 13 et 14 milliards d'euros,
10:01parce qu'on a une très bonne gestion des loyers, de la vacances, etc.
10:05On est un groupe, je l'ai dit, avec une certaine efficience.
10:10Et donc, on est le premier constructeur, loueur de ce pays.
10:16Rappelez-nous les chiffres de la construction annuelle du côté de l'action logement.
10:22Nous, on construit 40 000 logements et on réhabilite totalement 40 000 autres logements.
10:31Et la construction de logements sociaux en France est à peine à 100 000 logements.
10:36Donc, vous voyez le poids que l'on pèse sur la production de construction neuve.
10:41Pourquoi on le fait ? On le fait tout simplement parce que dans beaucoup de zones du territoire, de France,
10:50on n'arrive plus à embaucher parce qu'il y a très peu de mobilité.
10:53Donc, on est sur une autre problématique.
10:55C'est un frein terrible pour l'emploi.
10:56Le 0,45% devrait être totalement dédié aux salariés du privé.
11:04Et pourtant, on est comme les autres bailleurs, soumis aux quotas préfectorales, aux d'allos, etc.
11:11Mais je reviens rapidement sur la question de fonds.
11:14Le vrai problème, c'est quoi ? C'est le manque d'offres.
11:17Alors, c'est vrai pour beaucoup de choses en France, mais particulièrement pour le logement.
11:20Si vous faites une moyenne des 40 dernières années, les deux dernières, donc 2025 et 2024,
11:26moins 25% par rapport à la moyenne des 40 dernières années.
11:30C'est catastrophique.
11:32Dans la construction.
11:33Catastrophique, dans la construction.
11:35Donc, comme la problématique, c'est le manque d'offres, vous avez bien compris que c'est dramatique.
11:43Et la construction, c'est... Aujourd'hui, la perte de production, c'est 1% du PIB.
11:48Oui, ça, c'est absolument catastrophique.
11:52Bon, on ne va pas non plus se suicider, malheureusement.
11:55Donc, la question...
11:56Pour des solutions.
11:57La solution, ça serait effectivement de repasser le 0,45 à 0,60.
12:04Ça permettrait de relancer la construction pour les travailleurs.
12:08Voilà.
12:08On a adopté, il y a une quinzaine d'années, à la fois pour le logement, la santé et l
12:15'ensemble des prestations sociales,
12:16une vision où on a des droits, mais pas de devoirs.
12:20Et donc, notamment, l'action logement, c'était fait pour les travailleurs du privé qui travaillaient et qui devaient avoir
12:28un logement.
12:28Donc, il faut revenir à cette discipline en augmentant les moyens.
12:31Pourquoi ?
12:32Parce que si on a besoin d'une réindustrialisation...
12:37Je rappelle que nous sommes le pays le plus désindustrialisé de l'Union européenne, parmi les grands pays.
12:42Sous les 10% de la valeur ajoutée.
12:44On a une industrie manufacturière qui est tombée à 9,5 points de PIB au lieu de 14,5 dans
12:51les autres pays.
12:51Ces 5 points-là nous tuent.
12:53Mais si on devait relancer et progressivement revenir à la moyenne européenne, c'est un million d'emplois productifs.
12:59On les met où ?
13:00Surtout que c'est souvent dans les métropoles ou les grandes villes de province.
13:06Et dans toutes ces zones tendues, il y a des besoins massifs de logements.
13:10Donc, il faut agir par l'intermédiaire d'Action Logement.
13:14Mais il y a une autre piste que je propose depuis longtemps.
13:17Il faut également massivement développer le logement intermédiaire.
13:21Et pour développer le logement intermédiaire, on a les HLM.
13:26Il faudrait développer un mouvement et un système de HLI, c'est-à-dire d'habitation à logement intermédiaire.
13:34Le logement intermédiaire, on explique, Christian, pour ceux qui nous écoutent.
13:37C'est un niveau supérieur au HLM, au logement social, mais qui n'est pas encore dans les prix de
13:43marché.
13:43Et puis, il y a une autre chose.
13:46Il se trouve que j'ai fait des interventions devant des HLM.
13:49J'ai appris beaucoup de choses, évidemment.
13:50Notamment, par exemple, il y a une grande société d'HLM en PACA, en Provence-Alpes-Côte d'Azur.
13:57Elle s'appelle Région Sud, je crois, maintenant.
13:59Et dans cette région, il y a une société d'HLM qui gère à peu près 250 000 logements.
14:06Et le président m'a dit, et ça rejoint ce que disait Bruno tout à l'heure, sauf que lui,
14:11il gère le truc.
14:12Il m'a dit, 60% des résidents dans mes HLM sont soit des immigrés, soit sans travail, soit des
14:22retraités.
14:22Et il n'y avait que 40% des gens qui avaient un travail.
14:26Donc, là aussi, il y a des propositions de réforme.
14:31Le HLM ne doit pas être un logement à vie, c'est-à-dire qu'il doit y avoir une
14:35réévaluation de tous les 3 ans.
14:39Je note au passage, très peu de gens le savent, que dans des HLM à Paris, dans des HLM à
14:45Paris bien placés, les gens soulouent à Airbnb.
14:50Donc, il faut arrêter tout ça.
14:52Et donc, il faut restructurer le mouvement d'HLM et doubler la production d'HLM.
15:00Logement intermédiaire réservé aux travailleurs, strictement réservé aux travailleurs, sans intervention préfectorale ou autre.
15:07Et dernier point, il nous manque à peu près 100 000 logements étudiants.
15:12Ce sont des chambres, mais il nous manque également 100 000 logements pour les jeunes travailleurs.
15:17Ça peut être des studios de 25 mètres carrés.
15:20Et là aussi, Action Logement et ce mouvement de HLI, non seulement relancerait le mouvement économique en France et contribuerait
15:27à la croissance,
15:29mais ça permettrait, dans les zones tendues, de réappeler et d'embaucher des travailleurs auxquels on offrirait un paquette.
15:40Voilà un beau débat dont on n'a absolument pas entendu parler encore, mais vous l'aurez entendu sur BFM
15:45Business.
15:45On espère qu'il prendra pour la présidentielle.
15:47Une dernière réaction et puis je voudrais qu'on passe à l'électrification.
15:50Juste pour rebondir, on a créé, il y a quelques années, au sein d'Axel Logement, un groupe qui s
15:55'appelle INLI, qui ne fait que du logement intermédiaire.
15:58Et nous avons déjà plus de 100 000 logements.
16:00C'est une vraie demande de nos concitoyens.
16:04C'est une vraie demande des élus.
16:05En fait, il suffit d'arrêter, d'interdire, d'encadrer, etc.
16:11Et déjà, vous verrez, les choses vont repartir.
16:14Si on laisse l'argent du logement destiné au logement au logement, je vous assure que ça repartira très vite.
16:20Et ça sera très bon à la fois pour nos concitoyens, pour l'économie.
16:25J'ai rappelé les chiffres du BTP.
16:28Et si on était amené à ne pas le faire, je peux vous dire que la problématique de la construction
16:34était une crise sociale.
16:37C'est devenu une crise économique nationale et urgente.
16:41Attention à ce que ça ne devienne pas une crise sociétale.
16:44Quand on n'a pas de toit, on n'a pas d'emploi, le lien emploi-logement est terrible.
16:48Et on a arrêté totalement la mobilité parce qu'on n'est plus capable de faire bouger nos salariés.
16:54Reconstruire le parcours de logement des Français.
16:56Voilà une belle ambition pour 2027.
17:00Il y a le logement, il y a l'énergie aussi qui est absolument fondamentale
17:03pour notre tissu économique, pour les entreprises, pour notre industrie.
17:07Et hier, le Président de la République a réuni l'équipe de France,
17:10comme il l'a appelé, de l'électricité, de l'électrification.
17:16Plusieurs initiatives ont été présentées.
17:19C'est quoi l'urgence aujourd'hui ?
17:21On est, Anthony Morley-Lavidali,
17:23on bénéficie quand même d'un avantage considérable en Europe
17:27qui est notre parc nucléaire.
17:29Une énergie massive, décarbonée et plutôt bon marché.
17:34Donc, qu'est-ce qui nous manque aujourd'hui pour devenir des champions de l'électrification ?
17:38Beaucoup de choses ont été dites sur le sujet.
17:40Je crois que sur le point d'arrivée, on est tous d'accord,
17:42il faut massivement électrifier l'économie française,
17:44ne serait-ce que parce que ça réduit nos dépendances aux hydrocarbures.
17:46Et on bénéficie quand même d'atouts assez formidables.
17:50Mais peut-être ce qui n'a pas suffisamment été dit,
17:52c'est que pour financer cette transition, il faut de la croissance.
17:56Du côté des ménages, il faut du pouvoir d'achat
17:58pour pouvoir financer notamment des véhicules électriques de manière assez massive.
18:01Parce que si vous n'avez pas de pouvoir d'achat,
18:02il n'y a pas d'achat de véhicules électriques.
18:04Et du côté des entreprises, il faut quand même du résultat et des marges.
18:06Parce que c'est bien gentil d'appeler les entreprises à faire des transitions,
18:09mais si elles n'en ont pas les capacités financières, on n'y arrivera pas.
18:11Donc, le premier élément, c'est de la croissance.
18:14Parce que la croissance permet de financer massivement un effort d'électrification.
18:19Et ça, je crois que ce n'est pas assez dit.
18:20C'est qu'une transition à croissance zéro, ça ne marchera pas.
18:23Ça, je pense que là, il faut quand même dire la vérité.
18:25L'électrification, ça coûte cher.
18:27Et qui va payer, Christian Saint-Etienne ?
18:29Il y a eu une étude d'Asterès, de notre ami Nicolas Bouzou,
18:34qui a chiffré le coût de l'électrification, le coût net, net des recettes,
18:38à 70 milliards d'euros par an à horizon 2030.
18:42C'est une facture considérable.
18:44Qui va payer ?
18:46Alors d'abord, effectivement, une transition sans croissance,
18:49c'est les gilets jaunes à la puissance 1000.
18:52Donc, on reculera immédiatement.
18:55C'est exactement ce qui se passe au niveau du Parlement européen.
18:59D'ailleurs, il faut remercier les agriculteurs français
19:04qui sont descendus dans les rues en janvier-février 2025.
19:11Ce qui a conduit à un changement des équilibres politiques au sein du Parlement européen.
19:17On est en train de corriger les erreurs totalement délirantes du pacte vert de 2019.
19:25Le Green Deal européen.
19:26Il faut comprendre là aussi quelque chose de très intéressant.
19:30Nous sommes tous pour la transition écologique.
19:33Personne n'est assez cinglé pour refuser cette transition.
19:37La question, c'est est-ce qu'on le fait par la croissance,
19:39par l'investissement technologique ou est-ce qu'on le fait par la réglementation ?
19:43Donc, les États-Unis et la Chine, les deux grands géants de l'économie mondiale,
19:48ont tous les deux choisi de faire la transition écologique
19:51par l'investissement, la technologie et la croissance.
19:57C'était l'objet des mesures prises, l'IRA, par le président américain en 2022.
20:07Je pense d'ailleurs que Biden a été tué à la fin parce qu'il était un peu sénile par
20:13Trump
20:15qui dérape souvent lui aussi.
20:18Mais je pense qu'il y aura une réévaluation du mandat de Joe Biden
20:22parce que non seulement il a fait cette transition écologique
20:26par la production sur le sol des États-Unis,
20:30les droits de douane de 100% sur les voitures électriques chinoises, c'est Biden.
20:37Et les investissements massifs dans la transition écologique, c'est Biden.
20:42Une partie de ces mesures ont été cassées par Trump.
20:45Mais Biden, c'est aussi l'investissement massif dans les microprocesseurs
20:50avec un plan de 300 milliards d'euros, de dollars,
20:53et que Trump est en train d'accentuer aujourd'hui sans jamais remercier Biden.
20:57Ça, c'est le problème des Américains.
20:58Le sujet de la politique.
20:59Et donc, la question, c'est, nous n'avons pas une planification stratégique de cette ampleur.
21:05On en revient toujours au même sujet.
21:06Vous prenez par exemple Mistral.
21:08On est très contents de Mistral.
21:09Mais on a eu un débat à l'Assemblée nationale psychédélique à l'automne dernier.
21:14On voulait monter les impôts sur les femmes riches.
21:17Et à un moment donné, on a calculé que si cet impôt était passé,
21:22le patron de Mistral devrait vendre ses actions pour payer l'impôt.
21:26Ce qui ne gêne absolument pas les députés.
21:29Je rappelle qu'il y a 25% de fonctionnaires en France,
21:33mais 50% à l'Assemblée nationale.
21:35Et que dans l'autre moitié, il y a énormément de gens, je connais très bien le sujet,
21:40qui sont en fait d'anciens attachés parlementaires
21:44qui, dans les 20 dernières années, ont pris la place de leurs sénateurs
21:47et députés qui partaient à la retraite.
21:49Et donc, on a une Assemblée nationale hors sol sur les 577 députés.
21:53Je pense qu'il y a moins de 80 qui ont connu une vraie action
21:58dans le secteur privé avec prise de risque.
22:02Donc, dans ce contexte de décision totalement hors sol,
22:06on se retrouve avec une économie sans vision.
22:10Et quand vous regardez les décisions et les propositions de Macron,
22:17qui a cassé la croissance.
22:20Macron a pris des bonnes mesures en 2017-2018,
22:24mais depuis, c'est une cata totale.
22:26C'est une déception, y compris ceux qui ont voté pour lui.
22:30Il laisse un pays extrêmement affaibli.
22:32Et nous nous retrouvons avec une croissance économique de 1%.
22:36On ne pourra pas faire la transition avec 1% de croissance.
22:40Et comme on n'arrive pas à relancer la croissance...
22:42Donc, c'est de pieux, les organisations à l'élite.
22:44Voilà, on pratique l'incontation.
22:46Dernier point, on a dit qu'aujourd'hui, en énergie primaire,
22:51l'électricité, c'est seulement 30%.
22:53Le reste, 60%, c'est du carbone.
22:57Donc, on veut faire passer la part carbone de 60% à 30% en 5 ans.
23:04Mais c'est totalement délirant, parce qu'évidemment...
23:07En 10 ans, en 10 ans.
23:08C'est 2025, 2035.
23:10Oui, ça varie.
23:12L'arrivée sera 2035, probablement.
23:14Oui, non, ça arrivera en 2035, mais ça a été répété pour 2030 hier.
23:18Et donc, la question, c'est quelle est la contrepartie en destruction de production
23:24de cette transition accélérée, sachant que même l'Allemagne est en train de repousser
23:28l'essentiel de la transition d'ici 2040 ?
23:33Et un point qui est absolument central, l'Allemagne a obtenu, il y a 18 mois de la Commission européenne,
23:39la possibilité de construire jusqu'à 20 gigawatts de centrales électriques au gaz.
23:45Oui, ils refusent toujours le nucléaire, effectivement.
23:47La France, qui n'a pas de croissance, veut laver plus blanc que blanc,
23:52avec le résultat d'une paupérisation qui devient de plus en plus insupportable sur le plan sociétal.
23:56Quel est le rôle du logement dans l'électrification ?
23:59Comment ça se joue dans votre secteur, Bruno Arcadipan ?
24:04Avec 1,2 millions de logements, vous imaginez que c'est très, très important.
24:10Simplement, je voulais revenir sur deux sujets avant.
24:13Le premier, l'électrification, c'est bien les mêmes qui ont fermé Fessenheim.
24:21Il y a 10 ans.
24:23Tout à fait, cher monsieur.
24:25D'accord.
24:26Donc aujourd'hui, il faut dire...
24:26Mais c'était du temps de la PPE 2, nous sommes passés à la PPE 3.
24:29Pourquoi je dis ça ?
24:30La programmation pluriale de l'énergie.
24:32Pourquoi je dis ça ?
24:33Nous sommes trois et on n'a pas arrêté d'accéder la même chose.
24:37Stabilité, visibilité.
24:38Et cohérence.
24:38Bon, là, on peut dire qu'il y a un trou dans la raquette.
24:41Premier point.
24:43Le deuxième point, on est tous, et vous l'avez dit à juste titre, pour la transition écologique, énergétique.
24:53Simplement, comment on le fait et qui paye ?
24:56Je vais vous donner un exemple précis que je connais bien.
25:00Le parc d'action logement.
25:02Le parc d'action logement, aujourd'hui, c'est pratiquement deux tiers au gaz.
25:06Ce sont des collectifs, donc on n'avait pas d'autre possibilité que de faire...
25:11de l'échauffer au gaz.
25:13Il y a un sujet dont on ne parle jamais.
25:1520% sont raccordés au réseau de chaleur urbain.
25:19C'est le plus écologique aujourd'hui.
25:21Et on n'en parle pas.
25:23Et seulement 15% sont à l'électrique.
25:28Si je dois suivre les 2 millions de logements décarbonés en 2050,
25:33puisque c'est ce qui a été annoncé par le président de la République,
25:35je devrais intervenir sur près de 400 000 logements tout de suite.
25:40Vous imaginez ?
25:41Il va falloir beaucoup d'argent.
25:43Effectivement.
25:43On n'y est pas encore.
25:44Merci à tous les 3.
25:45Ce sera le mot de la fin.
25:46Bruno Arcadipan, vice-président du MEDEF, président de l'Action Logement.
25:49Christian Saint-Etienne, économiste.
25:51Il va falloir qu'on rende l'antenne.
25:52Et Anthony Morley, désolé, économiste avec ses codes.
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