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  • il y a 13 minutes
Guillaume Gibault, président fondateur du Slip Français, était l'invité de Laure Closier pendant la journée spéciale PME, ce mercredi 27 mai. Il est revenu sur le positionnement du "made in France" en soutenant l'idée de conquérir un marché de masse avec un produit français haut de gamme mais accessible aux bourses moyennes, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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00:01Et notre invité avec nous ce matin à 8h36, vous l'avez dit, sur BFM Business, sur AMC Live
00:06depuis Cap PME, l'événement où on essaie de faire remonter les solutions des entrepreneurs
00:11notamment en vue de la campagne présidentielle.
00:13On est avec Guillaume Gibault dont j'écorche le nom, ça doit faire 15 ans Guillaume que j'écorche votre
00:17nom, je continue.
00:18Écoutez, on garde cette habitude, ça me va, je continue à venir avec plaisir.
00:21Là c'est bon, Guillaume Gibault, président fondateur du Slip français.
00:23On était quelques instants avec Cédric Meston et avec une patronne dans la plasturgie.
00:27On parlait du découragement des entrepreneurs.
00:29Vous qui avez fait pivoter votre boîte, qui avez changé le modèle économique, il y a des moments où vous
00:34êtes découragé ou pas ?
00:35Alors oui, bien sûr, mais je crois que c'est ce qu'on a le plus cher dans notre économie.
00:39Le courage d'entrepreneur, c'est ça, c'est la seule chose qui fait tenir les boîtes et des équipes
00:43avec, bien sûr.
00:44Mais c'est sûr qu'en tant d'entrepreneurs, notre métier c'est de gérer des merdes toute la journée,
00:47des imprévus,
00:48des nouvelles économiques qui démarrent le matin et puis voilà, il faut s'adapter.
00:51Mais je crois qu'effectivement, mon grand sujet c'est de se dire la compétitivité, ça passe par les usines,
00:57par le travail.
00:57C'est avant tout une bataille morale, de se dire en fait c'est possible, on peut le faire, on
01:00va y arriver.
01:01Si on part perdant, c'est sûr, on n'a aucune chance d'y arriver.
01:03Donc nos entrepreneurs, le courage il est là, c'est sûr.
01:06Il y a des moments où on est découragé, c'est normal comme tout le monde.
01:08Mais en fait, on a envie d'y aller, on a envie de se battre pour nos entreprises, pour nos
01:11équipes.
01:11Et ça, je pense que ça ne bougera jamais.
01:13Donc c'est là, maintenant il faut le transformer.
01:15Alors vous, votre bataille morale, elle a eu beaucoup d'embûches, parce que quand on est sur le textile, en
01:19plus, on se rajoute une petite couche d'en mer.
01:22Et sur le slip encore bien.
01:22Comme vous dites, et sur le slip, je ne vous dis pas.
01:24Évidemment, vous êtes toujours très fort en jeu de mots.
01:27Sur la question du positionnement d'une made in France, vous, vous croyez toujours qu'on peut avoir un made
01:33in France qui n'est pas haut de gamme,
01:35qui peut être mass market.
01:37Là, sur votre bilan, sur votre positionnement, vous en êtes où ?
01:40L'idée, c'est de faire un produit qui est haut de gamme dans la qualité, parce qu'on fabrique
01:44en France.
01:44C'est essentiel de faire un produit qualité qui va durer dans le temps, qui crée de l'emploi, qui
01:47fait moins de carbone,
01:47mais par contre, d'être accessible en prix.
01:49Le made in France, tous les Français ont compris que c'est plus d'emplois, moins de CO2, plus de
01:52l'un social.
01:53C'est un des rares sujets politiques sur lequel, d'ailleurs, tout le monde est d'accord.
01:56C'est rare.
01:56Donc, fabriquer en France, tout le monde est d'accord.
01:58Maintenant, comment on fait ça dans un prix compétitif et un sous-vêtement ?
02:01Ça ne peut plus valoir comme 40 euros, comme on le faisait au début.
02:03Aujourd'hui, on a réussi en trouvant la solution à l'usine, en investissement dans des machines automates.
02:08Aujourd'hui, nos usines, bonne nouvelle et fierté à Aubervilliers.
02:11On a 76 personnes.
02:12On fabrique 4500 slips par jour et 1500 t-shirts à peu près.
02:15Donc, on a vraiment industrialisé la production.
02:18On a automatisé.
02:19On a des équipes super compétentes.
02:21On met beaucoup moins de temps.
02:22On a des machines automates qui font plusieurs opérations en une, qui augmentent la qualité,
02:26qui vont réduire le temps de fabrication et donc le prix de confection.
02:29Et on arrive à quoi ? 20 euros ?
02:31Et on arrive autour de 20 euros le sous-vêtement.
02:33Et l'idée, c'est de continuer avec les volumes, avec le produit plus accessible.
02:36Les clients nous font confiance.
02:38On a trouvé 200 000 nouveaux clients depuis qu'on a changé de modèle.
02:41C'est colossal.
02:42On a fait 16% de croissance en 2025.
02:44On a réussi à prouver une vraie rentabilité économique.
02:46Donc, on est au début d'une nouvelle histoire pour nous.
02:48Et on pense, et moi, c'est ce que je parle depuis 15 ans,
02:50le sous-vêtement, c'est un symbole.
02:52On est très fiers de vendre des slips.
02:54C'est un produit éminemment important le matin.
02:56Mais l'idée, c'est de se dire que c'est l'essence, c'est l'exemple parfait.
02:59C'est un produit, a priori, anodin, du quotidien.
03:02On peut le faire dans tous les métiers.
03:03Par contre, c'est ce que je disais, ça suppose d'avoir le parti pris moral au début,
03:07de se dire, mais en fait, la bataille, elle n'est pas perdue.
03:10La deep tech, l'IA, c'est super.
03:12Mais en fait, l'industrie manufacturière de fabrication de produits du quotidien,
03:16c'est un enjeu national de production.
03:18Ça crée de l'emploi, ça crée des emplois induits, ça fait de la vitalité dans le territoire.
03:22Donc, c'est ça qu'on porte et quoi de mieux que le slip pour montrer que c'est possible.
03:24Vous avez changé la distribution, le canal de distribution.
03:27Vous allez réouvrir des boutiques.
03:29Ce n'est plus comme ça que ça marche ?
03:31Aujourd'hui, on avait ouvert 20 boutiques, ce qui a fait connaître l'entreprise
03:34dans une logique un peu plus mode avec un produit un peu plus cher
03:37parce qu'on était contraint par l'entreprise.
03:38À des endroits chers ?
03:39À des endroits avec des loyers chers ?
03:40À des endroits premium.
03:41Moi, je n'ai jamais voulu le vendre très cher, le produit, 40 euros.
03:44Je le vendais très cher parce que je l'achetais très cher.
03:47Et finalement, moi-même, je dis qu'il ne faut pas perdre la bataille morale,
03:49mais en fait, comme je ne connaissais pas l'usine,
03:51pendant 12 ans, j'ai acheté le prix qu'on me donnait.
03:54Sauf qu'aujourd'hui, avec les équipes...
03:55Vous êtes devenu un industriel.
03:56On est devenu industriel grâce à l'arrivée de Léa en direction exécutive à mes côtés,
03:59qui est industriel de métier.
04:00Elle a fait 20 ans dans toutes les usines du monde.
04:02Elle a dit, mais en fait, à quel moment, on ne fait pas la même chose ailleurs
04:05que ce qu'on fait ailleurs dans le monde ?
04:07Faisons en France les mêmes machines automatiques, les mêmes process,
04:09l'industrialisation.
04:10Et encore une fois, c'est valable dans le sous-vêtement textile,
04:12mais c'est valable dans tous les métiers.
04:13Et vraiment, je pense que...
04:15Et nous, ce serait le message politique qu'on voudrait porter.
04:17En fait, on le voit bien, les financements, l'accompagnement
04:21sont souvent fléchés vers des innovations de rupture,
04:23la deep tech, les batteries.
04:24Super, il faut le faire.
04:25Mais l'industrie manufacturière, qui peut paraître un peu has-been parfois,
04:29en fait, elle crée de l'emploi, elle enracine les boîtes dans les territoires
04:33et elle peut être compétitive pour notre marché intérieur.
04:35Et je pense que ça, on l'a totalement oublié.
04:36Et c'est quoi le verrou, pour vous, qu'il faut faire sauter avec un sujet
04:39peut-être qu'il faut porter pendant la campagne ?
04:41C'est le coût du travail ? C'est quoi ?
04:42Nous, on aime bien l'idée de la valeur ajoutée d'une entreprise.
04:45Donc, dans le plan comptable, la valeur ajoutée, c'est ce que l'entreprise génère
04:48et ce qui reste vraiment sur le territoire.
04:50Et il peut y avoir des entreprises qui font beaucoup de chiffres d'affaires,
04:52beaucoup de rentabilité, mais très peu de valeur ajoutée
04:54parce qu'elles ne produisent rien en France.
04:56Et finalement, pour nous, on le voit, tous les politiques appellent de leur vœu
04:59la réindustrialisation.
05:00En fait, faisons-le vraiment.
05:01Et nous, on le voit, les financements ne sont pas fléchés
05:03vers les industries manufacturières.
05:04C'est un peu un gros mot, alors qu'en fait, c'est comme ça qu'on crée de l
05:08'emploi,
05:08c'est comme ça qu'on crée de la valeur ajoutée, de la valeur locale.
05:10J'ai visité l'usine Renault qui fabrique de la R5.
05:13Ils fabriquent entre 600 et 900 R5 par jour.
05:16On est capable de fabriquer une voiture full électrique en France, à Douai.
05:19Et voilà, je crois qu'on a besoin d'exemples qui montrent que c'est possible
05:21et on arrête de commencer nous-mêmes de se mettre des coups de fouet dans le dos
05:23en disant que ça ne va jamais marcher.
05:24Quand vous parlez au reste de l'industrie textile,
05:27on vous prend toujours pour un illuminé
05:29ou vous commencez à faire campagne à des gens qui vous suivent ?
05:33L'avantage, c'est que les bons résultats et la rentabilité mettent tout le monde d'accord.
05:36Mais oui, depuis 15 ans, on est un peu l'électron libre
05:39et quelque part, c'est une liberté qui est très française.
05:41Mais non, l'idée, c'est de jouer collectif.
05:43On travaille toujours avec 30 ateliers partenaires partout en France.
05:46Et finalement, il y a une seule chose qui met tout le monde d'accord,
05:48c'est les volumes et le travail.
05:50Quand une usine a un carnet de commandes qui est rempli
05:52parce que les clients, monsieur, madame, tout le monde,
05:54qui ont bien compris, et nous, je vous l'avais dit,
05:56c'est les Français qui nous ont sauvé les fesses,
05:58quand les Français nous commandent plein de slips,
05:59ça met l'usine sous tension et ça fait des bons prix de compétitivité.
06:02Et donc, un cercle vertueux.
06:05Je pense que l'idée, c'est que si les Français
06:07ne se commandent pas dans les boîtes françaises,
06:09ça mettra tout le monde d'accord et on ne se posera plus de questions
06:10parce qu'on aura tellement de boulot et tant mieux
06:12qu'on n'aura plus le temps de se poser des questions.
06:13Merci beaucoup, Guillaume Gimaud,
06:14d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie.
06:16Merci.
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