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  • il y a 2 jours
Franck Sebag, associé gérant au bureau de Paris d'EY, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce mardi 13 janvier. Il a abordé la publication de leur traditionnel baromètre du capital-risque en France, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00On va parler des levées de fonds ce matin dans la French Tech avec Franck Sebag.
00:03Bonjour, associé gérant au bureau de Paris de EY.
00:06Vous dévoilez aujourd'hui votre traditionnel baromètre du capital risque en France.
00:09On a détaillé ce matin les chiffres pour 2025 qui sont en baisse,
00:14on est à moins 5%, on serait à moins 26% si jamais on ne comptabilisait pas
00:18la super levée de Mistral de 1,7 milliard d'euros.
00:21Mais vous êtes arrivé sur ce plateau il y a quelques instants
00:23en nous disant pour 2026 qu'on avait déjà des bonnes nouvelles.
00:27On l'a vu, vous l'avez balancé dans vos journaux,
00:30Armatan qui élève 200 millions d'euros.
00:32Donc on voit que la France en 2025 a fait une année relativement stable
00:36mais voilà, ce n'est pas perdu.
00:39Moi je reste toujours assez optimiste.
00:41On a pas mal de sociétés qui pourraient se voir financées.
00:44On a des projets qui sont annoncés,
00:46notamment dans la nouvelle génération en fait des LLM.
00:48On a entendu en fait que Yann Lequin devait lever 500 millions d'euros.
00:53Donc on espère que la société en France...
00:54Ça sera en France, voilà.
00:56On fait un appel, s'ils nous écoutent.
00:57Donc voilà, si on fait 500 millions d'euros,
01:00plus 200 d'Amatan, plus d'autres sociétés qui sont dans les tuyaux,
01:04on pourrait très vite en fait, début 2026,
01:06effacer un petit peu ce côté un peu amoureux.
01:09Tout ça, Anthony Morel, on ne parle que d'IA,
01:11mais en fait on a raison parce que c'est là où se font les levées de fonds.
01:13Pour le reste, il ne se passe plus grand-chose.
01:15Oui, c'est ça.
01:15Il faut avoir IA aujourd'hui pour lever des fonds dans son pitch.
01:19Oui, il faut avoir IA et en même temps,
01:22si on regarde d'un point de vue mondial, c'est clair.
01:2489% des montants des sociétés d'IA sont levées aux Etats-Unis.
01:30Donc c'est juste incroyable.
01:32On ne va pas revenir sur les histoires OpenAI, Anthropique et GROC.
01:37Pour autant, ce qui est intéressant, c'est que même si en France,
01:40on a un leader et on espère qu'on aura un deuxième,
01:42ce n'est pas l'alpha et l'oméga.
01:44Et si je regarde un petit peu dans notre étude,
01:45on a aussi comparé en Europe ce qui se passait.
01:47Donc l'Europe sur l'IA, finalement, ce n'est que 5 milliards
01:52par rapport à 100 milliards au niveau mondial.
01:54Donc c'est 5% des montants, ce n'est pas grand-chose.
01:57Et on a essayé de regarder les signaux faibles
01:59que nous avions en fait entre la France et d'autres pays.
02:02Et moi, j'ai regardé pas mal avec attention l'Angleterre,
02:06notre meilleur ennemi.
02:09Donc on est devant l'Allemagne enlevée,
02:10mais l'Angleterre, le Royaume-Uni, est 3 fois supérieur, 20 milliards.
02:14Et ce qui est intéressant, c'est de se dire que
02:16pourquoi l'Angleterre arrive à aller vraiment au-delà,
02:20c'est qu'aujourd'hui, l'Angleterre est anachronique
02:24puisque les 3 secteurs qui lèvent le plus en Angleterre,
02:27c'est la fintech, les life sciences et la tech.
02:31Ils ne sont pas très bons en fait en IA, assez bizarrement.
02:35Il y a quelques sociétés qui ont enlevé,
02:37mais quelque part, c'est aussi un message pour l'Europe.
02:41Donc certes, il faut être dans l'IA et c'est un peu buzzword,
02:43mais on a des sociétés qui sont tellement fortes,
02:46qui ont des modèles tellement forts
02:48qu'avoir une petite start-up dans l'IA aujourd'hui,
02:50c'est compliqué.
02:50D'ailleurs, les fonds ne s'y trompent pas.
02:52Si vous regardez dans l'étude,
02:54les levées entre 0 et 10 millions d'euros baissent fortement.
02:56Pourquoi ?
02:57Parce que quand on parle un petit peu avec les investisseurs,
03:00les banquiers, on se rend compte qu'il y a beaucoup de sociétés
03:02qui ne sont pas de la tech dure.
03:04A contrario, si en France, on avait un peu plus de green tech,
03:08un peu plus de sociétés de tech,
03:09et Armattan est un bon exemple,
03:11on pourrait être un petit peu aussi à contre-temps
03:13et du coup, il tient à notre épingle du jeu.
03:15Mais en même temps, ce chiffre que vous donniez,
03:17il est terrible.
03:17Les 89% des investissements mondiaux en valeur
03:20qui sont aux Etats-Unis dans le domaine de l'IA,
03:22c'est-à-dire que la bataille, elle est perdue.
03:24Enfin, 89%, c'est énorme.
03:25Alors, c'est énorme.
03:27Et d'un autre côté, si je reprends vos propos de départ,
03:29on dit mais sans Mistral, ce serait moins 26%.
03:33Moi, je vous fais un autre truc.
03:35Sans Open Eye, sans Anthropik et sans XCI,
03:42vous enlevez en fait 80% des levées aux Etats-Unis.
03:46Donc la vraie question, c'est aujourd'hui, c'est une prime aux leaders.
03:48Il faut avoir des leaders.
03:49Alors, la chance que l'on a, si je positivise,
03:52si je positivise,
03:53si j'arrive à être positif,
03:54si vous êtes positif, quoi.
03:55On va être positif, c'est que finalement,
03:57le fait d'avoir un super leader en Europe
04:00qui s'appelle Mistral,
04:00potentiellement un deuxième qui peut s'appeler Amelab,
04:02si ça capte tous les fonds,
04:04c'est compliqué pour les autres quand même.
04:05Alors, c'est compliqué pour les autres,
04:06mais moi, il y a une prime aussi.
04:08Tous ceux qui viennent à votre place, là, tous les jours,
04:09pitcher, nous présenter leur boîte,
04:11qui cherchent 5 millions, 10 millions.
04:12Et c'est pour ça qu'il faut être assez malin,
04:14on sait, dans la manière de chercher.
04:15On a des secteurs, en fait, de deep tech.
04:19On va reparler assez fortement de quantique,
04:21de robotique, de défense.
04:23On a plein de secteurs qui vont être très,
04:26comment dire, pimper par de l'IA.
04:29Aujourd'hui, arriver avec une société d'IA
04:31qui fait un agent très simple,
04:34qui n'est finalement qu'un prompt d'un LLM,
04:36de facto, ça ne va pas marcher.
04:38Donc, le message aussi, c'est d'être...
04:40Mais je n'ai pas besoin de le dire aux entrepreneurs,
04:42ils le savent,
04:43et c'est ce qu'on voit au quotidien, en fait.
04:45Et alors, du coup, au vu de ces montants,
04:48au vu de ces chiffres,
04:48parce qu'on parle énormément de cette notion de bulle
04:50dans le domaine de l'intelligence artificielle,
04:52vous, qu'est-ce que vous voyez ?
04:53Qu'est-ce que vous constatez ?
04:53Bulle ou pas bulle ?
04:54Alors, bulle, oui.
04:56On ne peut pas dire qu'il n'y a pas de bulle.
04:57Il y a une bulle de valorisation.
04:58Mais ce que je pense profondément,
05:00c'est qu'on est face à une révolution industrielle.
05:03On est, en fait, dans la même révolution
05:05que nous avons eue sur Internet.
05:06Y avait-il une bulle sur Internet ?
05:07Bah oui, elle a éclaté.
05:09Pour autant, est-ce que ça a changé notre quotidien ?
05:10La réponse est oui.
05:11Donc, oui, il y a probablement de la survalorisation.
05:14On le voit.
05:14Pour autant, on a besoin, en fait,
05:16de beaucoup investir pour créer des leaders.
05:18Il y aurait une prime aux leaders.
05:19En Europe, on peut tirer notre épingle du jeu.
05:21Encore une fois, et la beauté de la chose,
05:23c'est qu'on peut tirer notre épingle du jeu
05:24avec des leaders français.
05:26Bon, alors, ceci est un appel à nouveau à Yann Lequin.
05:28Il ne peut pas aller mettre son entreprise ailleurs qu'en France.
05:31Il est obligé, là.
05:32On le prendrait trop mal.
05:33Ah bah oui, non, c'est pas possible.
05:34Mais non, mais surtout qu'il y a la logique financière,
05:36il y a la logique aussi en termes de recrutement.
05:40sa start-up en Europe, c'est aussi parce qu'il y a les cerveaux.
05:42Il est bien placé.
05:43C'est la meilleure personne pour le savoir
05:45qu'on a les meilleurs talents
05:47dans le domaine de l'intelligence artificielle.
05:49Donc, forcément, il faut qu'il vienne s'installer en France.
05:51Et qu'il vienne nous voir sur BFM Business.
05:53Il y a le Lequin.
05:53Il revient.
05:53On t'attend.
05:54Il est 8h20 sur BFM Business.
05:56Merci beaucoup, Franck Sebag, d'être venu ce matin.
05:58Sous-titrage Société Radio-Canada
05:59Sous-titrage Société Radio-Canada
06:00Sous-titrage Société Radio-Canada
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