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  • il y a 3 heures
Ce mardi 26 mai, Sylvain Bersinger, économiste chez BSI et Bersingéco, a abordé le recul de 0,7 point en mai de l'indice de confiance des consommateurs du Conference Board aux USA, ainsi que la BCE se dirigeant vers une première hausse des taux en juin, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Et on a eu le chiffre de la confiance des consommateurs aux Etats-Unis,
00:06alors qu'on suit vraiment très près, parce que vendredi, l'indice du Michigan était sur un plus bas historique.
00:10Pour ce mois de mai, on a aujourd'hui le conference board.
00:12Sylvain Bersinger est avec nous pour BSI et Bersinger Co.
00:15Bonjour Sylvain, ravi de votre joie.
00:17Le conference board, alors que le Michigan est au plus bas historique,
00:20est-ce que c'est le cas aussi de ce conference board du mois de mai ?
00:24Il n'est pas brillant, mais je dirais qu'on s'y attendait un peu.
00:26Globalement, les consommateurs américains ont le moral dans les chaussettes,
00:31le prix de l'essence augmente, ils ne voient pas trop quelle est la stratégie,
00:34d'ailleurs peut-être que personne ne le voit en Iran.
00:37Donc voilà, globalement, les indicateurs de confiance sont mauvais,
00:42et on n'est pas très surpris.
00:44Ce qui nous surprend peut-être davantage, c'est l'écart entre ces indices de confiance au plus bas,
00:48les consommateurs qui ont le moral en berne, et parallèlement des indices au plus haut.
00:51Encore aujourd'hui, on le disait, le S&P est sur un plus haut historique,
00:53alors que les indices de confiance du Michigan, par exemple, sont sur les plus bas.
00:57Cet écart-là record, est-ce que vous vous dites qu'il est tenable, viable dans le temps,
01:02que les marchés pourront continuer de monter,
01:04même si le moral des consommateurs restait, lui, dans les chaussettes ?
01:08C'est vrai que c'est assez surprenant.
01:10Je trouve clairement que les marchés sont optimistes, mais pas que les marchés actions.
01:13Vous parliez des cours boursiers, mais même les marchés pétroliers.
01:16On pourrait attendre à ce que le cours du pétrole soit quand même nettement plus élevé
01:19au vu de la situation géopolitique.
01:21Trump nous dit, toutes les 48 heures, qu'il va faire un nouveau deal avec les Iraniens,
01:25mais on ne voit jamais rien venir.
01:27Donc voilà, clairement, les marchés boursiers, pétrole et autres,
01:31ont pari sur une résolution du conflit et un déblocage de la situation.
01:35Alors, si la situation ne se débloque pas, et malheureusement,
01:39voire en pire si le conflit reprend, c'est une situation qu'on ne peut pas exclure,
01:43il peut y avoir une correction assez forte, à la fois des indices boursiers,
01:46et à la fois des marchés énergétiques, des marchés pétroliers,
01:50avec là un prix qui pourrait flamber.
01:52Donc, c'est vrai qu'il y a un décalage.
01:55Soit la situation va se débloquer au Moyen-Orient de manière favorable,
01:59et le moral des consommateurs, des citoyens va s'améliorer
02:03et rejoint dans l'optimisme des marchés,
02:05soit il y aura une correction, malheureusement, sur les marchés.
02:08Sylvain, de notre côté BCE, on a l'impression d'être revenu au début de l'année,
02:13c'est-à-dire qu'Isabelle Schnabel se pose comme un véritable faucon
02:16au sein du Conseil de la BCE.
02:19Elle revient sur ses propos concernant l'inflation en disant
02:22« Vous n'avez pas compris, les tendances dynamiques, elles sont reparties. »
02:26D'autant plus que l'impact pétrole et l'impact énergétique
02:30seront vraiment de long terme, après tout ce qui s'est passé ces derniers mois.
02:34Donc, elle prépare les esprits, non seulement à une hausse des taux le mois prochain,
02:39mais peut-être qu'un cycle est en train d'être enclenché, non ?
02:43Je pense que c'est peut-être un peu prématuré.
02:45Alors, voilà, c'est évidemment les faucons allemands qui reviennent à notre charge.
02:48C'est un petit peu normal, mais là, pour l'instant,
02:50quand on regarde les derniers chiffres d'inflation, par exemple en France,
02:53on est clairement sur un choc énergétique.
02:55On n'est pas encore sur une inflation qui serait en train de s'installer dans la durée.
02:59Ce n'est pas surprenant.
02:59On a le pétrole qui a flambé ces derniers mois,
03:01les prix à la pompe qui plantent dans le sillage.
03:03Donc, je pense que parler d'un nouveau cycle de hausse de taux,
03:06c'est encore prématuré.
03:07Parce que, voilà, gardons une touche d'optimisme
03:10et ne fermons pas la possibilité au fait que la guerre au Moyen-Orient se résolve,
03:16que le Détroit se rouvre, même si c'est encore loin d'être certain.
03:19Et auquel cas, voilà, le pétrole va refluer
03:21et ce choc inflationniste va se diffuser.
03:23Donc, je crois que c'est encore prématuré
03:25de parler d'un nouveau cycle inflationniste
03:28et d'un nouveau cycle durable de hausse de taux.
03:30Pour l'instant, on est vraiment sur un choc inflationniste lié à l'énergie
03:34et je pense que ce n'est pas forcément le moment,
03:36alors même que ça impacte négativement la croissance,
03:38de repartir sur une dynamique de hausse de taux.
03:40Si après, voilà, dans les mois, les trimestres à venir,
03:42on voit que ce choc devient durable
03:43et commence à se diffuser au reste de l'économie,
03:46au salaire, à l'industrie, etc.
03:47Là, la situation pourra changer.
03:49Mais je pense que c'est encore un petit peu prématuré.
03:51Peut-être qu'elle cherche plutôt à préparer les esprits
03:53à ce qui pourrait venir.
03:54Oui, à savoir quand même, cette hausse de taux attendue au moins au mois de juin,
03:57on verra si il y en aura d'autres derrière.
03:59En tout cas, Isabelle Schnabel explique qu'il faudra une hausse de taux en juin,
04:02même si la guerre s'arrête en Iran,
04:03parce que les infrastructures pétrolières sont d'ores et déjà endommagées,
04:07qu'il faudra du temps pour que le marché pétrolier revienne à la normale
04:10et donc les hausses de prix ne sont pas terminées, explique-t-elle.
04:13D'après vous, la Commission européenne qui a abaissé sa prévision de croissance
04:16pour cette année en zone euro,
04:18cette nouvelle prévision de croissance a baissé, réduite,
04:20ça tient compte justement de possibles hausses de taux de la BCE
04:22ou si la BCE hausse ses taux, les augmente,
04:25il faudra encore réviser à la baisse la perspective de croissance.
04:29Je trouve que les prévisions globalement de la Commission européenne,
04:33du FMI et autres sont globalement optimistes,
04:36c'est-à-dire qu'ils ont révisé à la baisse,
04:37mais enfin, je dirais presque de l'épaisseur du trait.
04:40Donc c'est des prévisions qui posent comme principe un alignement des planètes,
04:46une situation qui se débloque au Moyen-Orient,
04:48un pétrole qui reflue,
04:49et donc pas besoin de hausses de taux significatives.
04:52Mais oui, si on va sur un scénario de blocage durable,
04:55d'une reprise de la guerre,
04:56d'une inflation qui commence à devenir plus structurelle
04:59et donc de hausses de taux pour casser cette inflation,
05:02on se rapprochera d'une croissance beaucoup plus faible,
05:04voire d'une croissance zéro.
05:06Donc c'est des prévisions que je trouve globalement plutôt optimistes,
05:09comme celles du FMI d'ailleurs.
05:11Sylvain Bersinger avec nous,
05:12donc inquiet d'une possible hausse de taux
05:14et peut-être de plusieurs hausses de taux à venir de la BCE cette année.
05:16Merci de nous avoir accompagnés, économistes chez BSI.
05:18Merci.
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