00:01BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Et on a eu le chiffre de la confiance des consommateurs aux Etats-Unis,
00:06alors qu'on suit vraiment très près, parce que vendredi, l'indice du Michigan était sur un plus bas historique.
00:10Pour ce mois de mai, on a aujourd'hui le conference board.
00:12Sylvain Bersinger est avec nous pour BSI et Bersinger Co.
00:15Bonjour Sylvain, ravi de votre joie.
00:17Le conference board, alors que le Michigan est au plus bas historique,
00:20est-ce que c'est le cas aussi de ce conference board du mois de mai ?
00:24Il n'est pas brillant, mais je dirais qu'on s'y attendait un peu.
00:26Globalement, les consommateurs américains ont le moral dans les chaussettes,
00:31le prix de l'essence augmente, ils ne voient pas trop quelle est la stratégie,
00:34d'ailleurs peut-être que personne ne le voit en Iran.
00:37Donc voilà, globalement, les indicateurs de confiance sont mauvais,
00:42et on n'est pas très surpris.
00:44Ce qui nous surprend peut-être davantage, c'est l'écart entre ces indices de confiance au plus bas,
00:48les consommateurs qui ont le moral en berne, et parallèlement des indices au plus haut.
00:51Encore aujourd'hui, on le disait, le S&P est sur un plus haut historique,
00:53alors que les indices de confiance du Michigan, par exemple, sont sur les plus bas.
00:57Cet écart-là record, est-ce que vous vous dites qu'il est tenable, viable dans le temps,
01:02que les marchés pourront continuer de monter,
01:04même si le moral des consommateurs restait, lui, dans les chaussettes ?
01:08C'est vrai que c'est assez surprenant.
01:10Je trouve clairement que les marchés sont optimistes, mais pas que les marchés actions.
01:13Vous parliez des cours boursiers, mais même les marchés pétroliers.
01:16On pourrait attendre à ce que le cours du pétrole soit quand même nettement plus élevé
01:19au vu de la situation géopolitique.
01:21Trump nous dit, toutes les 48 heures, qu'il va faire un nouveau deal avec les Iraniens,
01:25mais on ne voit jamais rien venir.
01:27Donc voilà, clairement, les marchés boursiers, pétrole et autres,
01:31ont pari sur une résolution du conflit et un déblocage de la situation.
01:35Alors, si la situation ne se débloque pas, et malheureusement,
01:39voire en pire si le conflit reprend, c'est une situation qu'on ne peut pas exclure,
01:43il peut y avoir une correction assez forte, à la fois des indices boursiers,
01:46et à la fois des marchés énergétiques, des marchés pétroliers,
01:50avec là un prix qui pourrait flamber.
01:52Donc, c'est vrai qu'il y a un décalage.
01:55Soit la situation va se débloquer au Moyen-Orient de manière favorable,
01:59et le moral des consommateurs, des citoyens va s'améliorer
02:03et rejoint dans l'optimisme des marchés,
02:05soit il y aura une correction, malheureusement, sur les marchés.
02:08Sylvain, de notre côté BCE, on a l'impression d'être revenu au début de l'année,
02:13c'est-à-dire qu'Isabelle Schnabel se pose comme un véritable faucon
02:16au sein du Conseil de la BCE.
02:19Elle revient sur ses propos concernant l'inflation en disant
02:22« Vous n'avez pas compris, les tendances dynamiques, elles sont reparties. »
02:26D'autant plus que l'impact pétrole et l'impact énergétique
02:30seront vraiment de long terme, après tout ce qui s'est passé ces derniers mois.
02:34Donc, elle prépare les esprits, non seulement à une hausse des taux le mois prochain,
02:39mais peut-être qu'un cycle est en train d'être enclenché, non ?
02:43Je pense que c'est peut-être un peu prématuré.
02:45Alors, voilà, c'est évidemment les faucons allemands qui reviennent à notre charge.
02:48C'est un petit peu normal, mais là, pour l'instant,
02:50quand on regarde les derniers chiffres d'inflation, par exemple en France,
02:53on est clairement sur un choc énergétique.
02:55On n'est pas encore sur une inflation qui serait en train de s'installer dans la durée.
02:59Ce n'est pas surprenant.
02:59On a le pétrole qui a flambé ces derniers mois,
03:01les prix à la pompe qui plantent dans le sillage.
03:03Donc, je pense que parler d'un nouveau cycle de hausse de taux,
03:06c'est encore prématuré.
03:07Parce que, voilà, gardons une touche d'optimisme
03:10et ne fermons pas la possibilité au fait que la guerre au Moyen-Orient se résolve,
03:16que le Détroit se rouvre, même si c'est encore loin d'être certain.
03:19Et auquel cas, voilà, le pétrole va refluer
03:21et ce choc inflationniste va se diffuser.
03:23Donc, je crois que c'est encore prématuré
03:25de parler d'un nouveau cycle inflationniste
03:28et d'un nouveau cycle durable de hausse de taux.
03:30Pour l'instant, on est vraiment sur un choc inflationniste lié à l'énergie
03:34et je pense que ce n'est pas forcément le moment,
03:36alors même que ça impacte négativement la croissance,
03:38de repartir sur une dynamique de hausse de taux.
03:40Si après, voilà, dans les mois, les trimestres à venir,
03:42on voit que ce choc devient durable
03:43et commence à se diffuser au reste de l'économie,
03:46au salaire, à l'industrie, etc.
03:47Là, la situation pourra changer.
03:49Mais je pense que c'est encore un petit peu prématuré.
03:51Peut-être qu'elle cherche plutôt à préparer les esprits
03:53à ce qui pourrait venir.
03:54Oui, à savoir quand même, cette hausse de taux attendue au moins au mois de juin,
03:57on verra si il y en aura d'autres derrière.
03:59En tout cas, Isabelle Schnabel explique qu'il faudra une hausse de taux en juin,
04:02même si la guerre s'arrête en Iran,
04:03parce que les infrastructures pétrolières sont d'ores et déjà endommagées,
04:07qu'il faudra du temps pour que le marché pétrolier revienne à la normale
04:10et donc les hausses de prix ne sont pas terminées, explique-t-elle.
04:13D'après vous, la Commission européenne qui a abaissé sa prévision de croissance
04:16pour cette année en zone euro,
04:18cette nouvelle prévision de croissance a baissé, réduite,
04:20ça tient compte justement de possibles hausses de taux de la BCE
04:22ou si la BCE hausse ses taux, les augmente,
04:25il faudra encore réviser à la baisse la perspective de croissance.
04:29Je trouve que les prévisions globalement de la Commission européenne,
04:33du FMI et autres sont globalement optimistes,
04:36c'est-à-dire qu'ils ont révisé à la baisse,
04:37mais enfin, je dirais presque de l'épaisseur du trait.
04:40Donc c'est des prévisions qui posent comme principe un alignement des planètes,
04:46une situation qui se débloque au Moyen-Orient,
04:48un pétrole qui reflue,
04:49et donc pas besoin de hausses de taux significatives.
04:52Mais oui, si on va sur un scénario de blocage durable,
04:55d'une reprise de la guerre,
04:56d'une inflation qui commence à devenir plus structurelle
04:59et donc de hausses de taux pour casser cette inflation,
05:02on se rapprochera d'une croissance beaucoup plus faible,
05:04voire d'une croissance zéro.
05:06Donc c'est des prévisions que je trouve globalement plutôt optimistes,
05:09comme celles du FMI d'ailleurs.
05:11Sylvain Bersinger avec nous,
05:12donc inquiet d'une possible hausse de taux
05:14et peut-être de plusieurs hausses de taux à venir de la BCE cette année.
05:16Merci de nous avoir accompagnés, économistes chez BSI.
05:18Merci.
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