00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:03On retrouve Michel Rumi de Lévy Capital Partners. Bonjour Michel.
00:08Bonjour Antoine.
00:09Bon, si on regarde bien quand même le fil directeur des chiffres macroéconomiques de la semaine,
00:15ça aura été les questions de confiance, on l'a vu, du côté européen,
00:19du côté du Michigan définitif qui a été publié là tout à l'heure.
00:23Le bilan est quand même pas bien brillant.
00:26– Non, en effet, en fait, tous ces indices de confiance envoient un signal qui est vraiment dégradé
00:35et ce que, dans une certaine mesure, les marchés ne veulent pas voir.
00:39Les derniers chiffres de l'indice du Michigan sont sans ambiguïté, c'est sous les attentes,
00:45ce qui veut dire que, d'un côté, le consommateur américain commence à intégrer un choc de pouvoir d'achat.
00:51Mais ce qui est frappant, c'est, je dirais, la cohérence transatlantique de cet indice de confiance
00:56puisqu'en même temps, en Europe, on voit que l'Allemagne, en fait, la chute est liée au prix de
01:03l'énergie.
01:04En Grande-Bretagne, il est au plus bas depuis 11 mois.
01:07Et puis, en Italie, le moral est autopoublié depuis deux ans.
01:10Donc, on n'est pas sur un accident local pour ce qui concerne le Michigan,
01:14mais c'est un choc global de confiance lié à l'énergie et à la guerre.
01:19Mais ce qui est intéressant, à mon sens, c'est que si la confiance baisse,
01:23eh bien, le comportement reste stable.
01:25Ça veut dire que les anticipations se dégradent fortement, mais la consommation ne s'effondre pas.
01:30Et donc, à mon sens, on est dans une phase de transition et pas encore dans le choc,
01:35c'est-à-dire que les agents économiques ont compris, mais pas les marchés.
01:38Et à mon sens, ce qu'on n'a pas encore compris ou intégré les marchés,
01:43c'est la vitesse à laquelle la confiance peut contaminer l'économie réelle.
01:48Et comme toujours, la confiance est un indicateur avancé.
01:52Et quand elle se casse, eh bien, le reste suit assez rapidement.
01:56Pas très encourageant, tout ça.
01:58Mais du côté de l'obligataire, c'est encore moins encourageant.
02:01Si on regarde bien, on a des tensions très fortes.
02:043,84 sur le 10 ans français, 4,43 sur le 10 ans américain.
02:08Et on a même eu ce matin un 10 ans japonais qui était au plus haut depuis 27 ans.
02:12Là, c'est peut-être la pierre de touche qui va calmer tout le monde quand même, Michel.
02:18Oui, dans une certaine mesure, en fait, je dirais qu'il semblerait que ce ne soit pas uniquement un ajustement
02:25technique,
02:25notamment aux États-Unis.
02:26C'est qu'aux États-Unis, qui est en fait, entre guillemets, le marché central,
02:30le marché teste la capacité des États-Unis à financer durablement les déficits élevés sans acheteurs captifs.
02:39Et donc, la dégradation, notamment aux États-Unis, des tiens d'éducation signifie que le marché exige une prime supplémentaire
02:46pour absorber la dette américaine.
02:49Et ça, pour moi, c'est un signal critique.
02:51Et en fait, on fait face à un changement de régime, d'une certaine manière.
02:54On bascule vers un marché moins administré, c'est-à-dire que ce n'est plus la Fed qui soutient
02:59le marché,
02:59qu'entre-temps, le prix du risque souverain américain est plus sensible aux fondamentaux budgétaires.
03:07Et puis, il y a une volatilité structurelle plus élevée.
03:09Et donc, si les adjudications continuent de se tendre,
03:12eh bien, cela va déclencher un ajustement plus brutal des taux longs.
03:16Et en fait, à mon sens, c'est que ce qu'il faut y voir, c'est que le marché
03:21obligataire,
03:22notamment américain, est en train de reprendre le contrôle face aux banques centrales.
03:26Et si la tendance se confirme, on entre dans un régime où le coût du capital va devenir une contrainte
03:32pour tous les pays, et y compris pour les États-Unis.
03:35Et donc, la vraie question, à mon sens, c'est quel niveau de rendement est nécessaire
03:40pour rééquilibrer durablement l'offre et la demande ?
03:43Merci beaucoup, Michel Aurémy, Lévy Capital Partners, d'avoir été avec nous.
03:48Effectivement, un point de vue macroéconomique et un point de vue obligataire,
03:50on va surveiller tout ça comme du lait sur le feu, parce qu'effectivement, c'est très très tendu.
03:56Allez, vos placements, nos conseils, c'est tout de suite.
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