- il y a 1 semaine
Avec Frédéric Ploquin, journaliste, spécialiste de la police et du grand banditisme et auteur de "Epstein. Les secrets de la filière française" (Nouveaux monde Éditions)
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NewsTranscription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, La Vérité en Face, Jean-François Aquili.
00:05La Vérité en Face rouvre ce matin l'affaire Epstein qui, loin d'avoir délivré tous ses secrets,
00:11continue de hanter bon nombre de capitales occidentales où a servi le prédateur
00:17et aussi de cerveaux de pas mal de personnalités sur la planète.
00:21Derrière le milliardaire mort en prison en 2019 se déploie ce système, on le sait,
00:27de dimension mondiale, de pouvoir d'argent, de sexe et surtout d'Omerta,
00:33ce que révèle aujourd'hui le journaliste d'investigation ici présent.
00:35Bonjour Frédéric Ploquin, soyez de bienvenue, vous signez chez Nouveau Monde Epstein.
00:59C'est un passionnant livre d'enquête, on va le dérouler avec vous, l'ouvrir ensemble.
01:04Et il y a un personnage central dans cette mécanique, c'est Jean-Luc Brunel.
01:09C'est un agent de mannequin, allez on démarre tout de suite tous les deux,
01:13qui lui aura été un grand fournisseur si je puis dire, de jeunes femmes à M. Epstein.
01:20Alors, pourquoi ce choix de coup de projecteur de la filière française de l'affaire Epstein ?
01:26D'abord, moi je suis spécialiste de la criminalité organisée,
01:29donc effectivement on ne m'attend pas forcément sur la prédation sexuelle,
01:33mais je me suis dit, j'ai considéré que cette affaire,
01:36j'ai voulu la traiter comme une affaire policière habituelle,
01:38d'habitude je travaille pour démasquer les ripoux, les trafiquants de ripoux.
01:43Je suis spécialiste des livres sur la police et sur le grand banditier.
01:46Absolument.
01:46Votre dernier ouvrage, nous l'évoquions en micro,
01:48vous avez accouché, si je puis dire, l'ancien du FLNC Jopera,
01:51elle dit en Corse, et la C. Epstein.
01:54Absolument, et donc je me suis dit qu'il fallait mettre la force du journalisme d'investigation
02:00entièrement sur cette affaire.
02:02Pourquoi ? Parce que finalement, ces prédateurs sexuels doublés de formidables escrocs,
02:08vous allez le voir, financiers, se méritent, si vous voulez,
02:13qu'on les démasque jusqu'au bout.
02:18Et donc j'ai voulu traiter cette affaire franco-américaine,
02:22d'abord pour dire au grand public que c'était aussi une affaire française
02:25et qu'il fallait arrêter de dire l'affaire Epstein, c'est une affaire américaine.
02:29C'est aussi une affaire française, ça passe par la France.
02:31La France, c'est le réservoir principal, entre guillemets, chère fraîche de ce réseau.
02:38La France et Paris, Paris, c'est la capitale de la mode depuis toujours.
02:45Et c'est là que se fournissaient, on va dire, en jeunes, entre guillemets, talents,
02:52c'est-à-dire en très jeunes filles, que se fournissaient ces réseaux internationaux.
02:58Donc, si vous voulez, on ne pouvait pas, nous, journalistes,
03:00moi, en tant que journaliste français d'investigation, je ne pouvais pas passer à côté.
03:04Bien sûr.
03:05Et donc j'ai décidé d'aller rechercher l'intégralité de ce que...
03:07C'est un récit criminel.
03:09Je le traite comme un polar, effectivement.
03:11Absolument, c'est un polar, vous avez eu accès absolument à tout, c'est passionnant.
03:15Quand on commence à lire votre récit, on ne s'arrête plus,
03:20on a envie de savoir jusqu'où ça va aller,
03:21même si nous démarrons, si je puis dire, avec vous, sur la fin de l'histoire,
03:25c'est-à-dire le suicide de, on ne va pas dire qui est Jean-Luc Brunel,
03:30à la prison de la Santé, nous sommes en 2022,
03:34trois ans après le suicide également de M. Epstein,
03:37Jeffrey Epstein, aux Etats-Unis.
03:40Pourquoi il se suicide, Jean-Luc Brunel ?
03:42Il faut commencer, effectivement...
03:44Ça démarre là-dessus.
03:44... par parler...
03:45Oui, absolument, mais je pense que le suicide de Jean-Luc Brunel,
03:49qui est le poisson pilote en France de Jeffrey Epstein,
03:52ce suicide-là est la conséquence directe du suicide du patron,
03:55c'est-à-dire qu'en gros, Jean-Luc Brunel, c'est l'antenne française,
04:00il y a une espèce de fraternité entre les deux hommes que j'ai mise à jour
04:03entre ce Français, Jean-Luc Brunel, qui est patron,
04:06qui a été toute sa vie patron d'agence de mannequins,
04:09et Jeffrey Epstein, qui est le milliardaire américain que l'on connaît.
04:13À partir du moment où son patron lui-même finit par tomber,
04:17je rappelle quand même que Jeffrey Epstein, dans un premier temps,
04:20avait dû rendre compte des comptes à la justice américaine de Floride,
04:24que grâce au système du plaidé coupable, il s'en était parfaitement sorti,
04:29qu'il était donc estampillé, connu comme un délinquant sexuel,
04:32mais que tout avait été mis sous le tapis là-bas aux Etats-Unis,
04:35et qu'il avait pu continuer finalement ses activités.
04:38Je rappelle même que pendant la petite peine de prison aménagée
04:42qu'il avait connue aux Etats-Unis,
04:45en réalité il passait ses journées dehors, soi-disant pour travailler,
04:48et qu'il continuait sa prédation sexuelle,
04:51alors qu'il était en prison.
04:53Vous imaginez l'obsession de cet homme.
04:55A peaufiner son organisation, et même à la rendre invisible.
04:59Absolument.
05:00Dans des renseignements qu'il avait obtenus, avec cette légère condamnation.
05:03Absolument.
05:04Donc ce suicide, celui de Jeff Goldstein dans une prison à New York,
05:11pose problème, on ne sait pas, il y a encore des doutes
05:14sur le fait qu'il se soit suicidé ou qu'on l'ait poussé au suicide.
05:17Vous savez qu'en prison on peut absolument tout faire.
05:19Les américains, je sais, doutent énormément de la réalité de ce suicide.
05:24Il y a tout un tas de choses extrêmement troublantes
05:27qui se passent dans la prison à ce moment-là.
05:29Pas de caméra, pas de relève des surveillants.
05:32En gros, il y a un doute.
05:33Il y a un vrai doute.
05:34Mais, concernant le français Jean-Luc Brunel, lui,
05:38qui connaissait tous des secrets de Jeffrey Epstein,
05:42concernant le français, moi le sentiment que j'ai, l'analyse que je fais,
05:46c'est qu'en fait il se suicide parce que, justement,
05:50Jeffrey n'existe plus, son patron, son boss Epstein n'existe plus.
05:54Et que donc, c'est une espèce de mort par ricochet.
05:57Lui, il est dans sa cellule parce que la justice française qui a mis des années et des années
06:02à s'intéresser à cette clique, on va dire, pour moi, de prédateurs sexuels,
06:07c'est le bon mot, a fini par, on va peut-être y revenir,
06:11mais a fini par ouvrir une enquête, par...
06:15T'as mis du temps, hein ?
06:17Ça a mis énormément de temps.
06:19C'est aussi pour ça que j'ai voulu faire ce livre.
06:20C'est que, bon, voilà, il y a un moment donné, il faut secouer le cocotier, si je puis dire.
06:24Et donc là, il y a eu...
06:26La justice a fini par se réveiller, il y a eu une enquête qui est en cours.
06:30Jean-Luc Brunel, lui, qui est, je répète, le poisson pilote du réseau américain en France,
06:36il essaye plus ou moins de quitter la France en catastrophe, il part au Sénégal, il essaye.
06:42Il se fait arrêter à l'aéroport, il se retrouve en prison.
06:44Et là, bon, ce sont des hommes puissants, à qui on n'a jamais demandé de rendre des comptes,
06:54qui vivent sur la certitude de leur force, et de leur impunité, et de leur protection.
07:01Ils en sont totalement convaincus.
07:03Donc, ça explique pourquoi, je pense, il finit par atteindre sa propre vie.
07:07Parce que là, en l'occurrence, j'ai lu tous les rapports, c'est un suicide.
07:11C'est avéré.
07:13C'est avéré.
07:14Et bon, il commence par se scarifier en prison, parce qu'il ne se sent pas bien.
07:17En fait, chaque jour, ses avocats lui amènent de nouveaux témoignages de jeunes femmes victimes,
07:23enfin de jeunes qui, 20 ans après les faits, qui se réveillent.
07:27Il sait bien que la plupart des faits sont prescrits, mais il est dans l'inquiétude.
07:31Il sait qu'il ne sortira plus.
07:32Il sait qu'il en sortira plus.
07:33Il sait qu'il est coincé, en réalité.
07:36Il est dans une dénégation, mais totale, inouïe, féroce.
07:40C'est-à-dire, dénégation, c'est-à-dire, moi, je n'ai jamais rien fait.
07:42Je n'ai jamais violé aucune de ces personnes, etc.
07:45Et plus, psychologiquement, il s'enferme dans sa dénégation, plus il est acculé, quelque part, à la mort.
07:51Et il décide.
07:52Et moi, je trouve que là, je vais juste qualifier ce suicide.
07:56Effectivement, lui, ça l'arrange.
07:57Il disparaît.
07:58Il ne va rendre de compte à personne.
08:00Mais c'est aussi un ultime...
08:02C'est aussi ça qui m'a un petit peu motivé à faire ce livre.
08:05C'est un ultime pied de nez, un ultime coup de pied, même, j'ai envie de dire, plutôt aux
08:10victimes.
08:11Aux victimes.
08:11Voilà, vous n'aurez jamais votre procès.
08:12Jamais de procès.
08:13Je ne rendrai jamais des comptes.
08:16Je disparais avec mes dénégations.
08:18Et ça, je vais vous dire, pour le journaliste d'investigation que je suis, c'est une vraie motivation.
08:21Frédéric Ploquin, qui était ce Jean-Luc Brunel, au fait, agent de mode mannequin, rabatteur, donc on l'a dit,
08:28pour Epstein, lui-même violeur, multirécidiviste ?
08:32Et dans le récit que vous faites, il y a un passage qui est assez intéressant.
08:36Nous sommes dans les années 80.
08:38Vous les appelez, je crois, les années folles, de mémoire.
08:40Et il est au bain-douche.
08:42A l'époque, c'était vraiment l'établissement, place to be.
08:45Il fallait aller au bain-douche pour rencontrer le tout Paris, mais pas que.
08:48Toute la planète entière branchée.
08:51C'était l'expression de l'époque, se retrouver dans le sous-sol des bains, pour y rentrer, c'était
08:55très compliqué.
08:56Et les jeunes femmes mannequins, c'était vraiment l'endroit qu'il fallait fréquenter pour peut-être décrocher des contrats.
09:02Et lui, il est au cœur de ce dispositif.
09:06Moi, je décris, je reviens sur ces années, ce que j'appelle les années folles, les années 80 que j
09:13'ai vécues.
09:14Je les ai même vues à l'époque à l'œuvre, donc c'est aussi un témoignage direct.
09:19Je les ai approchés dès l'époque.
09:20Ça fait très longtemps que je m'intéresse à ces prédateurs.
09:24Et dans ces années 80, tout est permis.
09:28Il y a une forme de liberté, mais de liberté dont on ne fait pas forcément toujours un bon usage.
09:34Il y en a qui en font probablement un bon usage.
09:36Je vous rappelle, c'est le temps des radios libres.
09:39Il y a tout un tas de choses qui se passent, qui sont intéressantes, ça foisonne dans tous les sens.
09:43Mais on a des hommes qui vont abuser de cette liberté et croire qu'y compris violer finalement une jeune
09:51femme est permis.
09:53Et donc, ça se passe dans ce Paris où arrive la cocaïne, déjà.
09:57On parle de la cocaïne aujourd'hui comme un phénomène, ce n'est pas un phénomène nouveau.
10:01Elle était déjà là, oui.
10:03Au bain-douche, qui est donc, comme vous le disiez, cet établissement un peu phare de la capitale où tout
10:09le monde doit être.
10:12Jean-Luc Brunel, lui, il a quasiment sa table attitrée.
10:16Et surtout, il y a quelque chose qu'il faut rappeler, c'est que les mannequins, en réalité...
10:24Il y a la queue pour rentrer au bain-douche, tout le monde ne peut pas y rentrer.
10:27Mais les mannequins, en fait, ont la possibilité de griller tout le monde, rentrent gratuitement.
10:33Et peut-être même qu'on leur offre un verre.
10:35Pourquoi ? Parce qu'elles contribuent à l'effervescence, à faire venir le client, etc.
10:39Parce que, bon, ce sont des jeunes filles qui sont là, qui sont dans l'établissement.
10:44Elles se retrouvent à la table de Jean-Luc Brunel.
10:47Donc, il est entouré de cet aéropage.
10:49Donc, effectivement, personne ne peut l'ignorer.
10:52Après, il y a de la cocaïne qui circule.
10:54Et à partir de là, il y a des soirées qui se finissent très mal pour certaines d'entre elles.
10:58Allez, nous allons découvrir qui est Jean-Luc Brunel,
11:01agent de mannequins et surtout rabatteur de Jeffrey Epstein.
11:05Vous allez tout nous dire dans un court instant, après la pause.
11:08Frédéric Ploquin, je rappelle, Epstein, les secrets de la filière française passionnante enquête
11:13sur ce volet français de cette affaire tentaculaire dont on n'a pas fini de parler.
11:19A tout de suite pour la suite de La Vérité en Face.
11:21Et puis, si vous le souhaitez, vous nous appelez au 0826 300 300.
11:24A tout de suite avec Frédéric Ploquin.
11:30Avec Frédéric Ploquin, journaliste d'investigation spécialisée dans les affaires de police et de grand banditisme
11:37qui signe Epstein.
11:39Alors, on dit les deux.
11:41On dit Jeffrey Epstein.
11:42À l'anglais, on dit Epstein.
11:43À la française, on peut dire Epstein.
11:45Donc, les deux sont admis.
11:46Aucun souci.
11:48Les secrets de la filière française.
11:49Nous évoquons le portrait de Jean-Luc Brunel, agent de mannequin rabatteur pour Jeffrey Epstein.
11:56Je le prononce à l'anglaise, à l'américaine.
11:58Et lui-même violeur.
11:59Alors, c'est un agent de mannequin renommé.
12:03Mais qu'est-ce qui fait qu'il bascule dans ce système ?
12:08Qu'est-ce qui fait qu'il est, lui, même un prédateur ?
12:11C'est ce que vous racontez.
12:12Et qu'il rencontre la trajectoire du milliardaire américain.
12:16Je vais vous raconter un peu son histoire.
12:18Jean-Luc Brunel, au départ, il naît à Paris dans une famille plutôt bourgeoise.
12:24Mais très vite, avant même d'avoir 20 ans, il passe un peu pour le saltimbanque de la famille.
12:32Un peu le clown, un peu...
12:34Il n'est pas comme les autres.
12:35Son papa est notaire, il aurait pu le devenir.
12:38Il aurait dû le devenir.
12:40Mais il prend une toute autre voie.
12:42Et à la fin des années 70, il prend le chemin d'Ibiza.
12:47Où on fait la fête.
12:48C'est le haut lieu de la fête en Europe.
12:52Où il y a déjà, effectivement, de la cocaïne, des femmes, etc.
12:57Et il va là-bas, à Ibiza, alors qu'il n'a même pas 20 ans,
13:01accompagné de sa première compagne, copine, on va dire,
13:05qui est une mannequin scandinave, déjà.
13:07Donc il a déjà, dès sa première compagne,
13:11il a découvert, en fait, les mannequins.
13:13Il va rester attaché et courir après les mannequins absolument toute sa vie.
13:18Donc il est là-bas, il revient à un moment donné,
13:21parce qu'il tient plus ou moins un bar là-bas, à Ibiza.
13:25Il revient à Paris.
13:27Et là, en fait, je pense que sa compagne,
13:33qui est une mannequin qui va devenir assez célèbre,
13:35va l'aider, va lui mettre le pied à l'étrier.
13:38Et il est recruté par une agence parisienne,
13:42qui s'appelle Karine Model,
13:44et qui a besoin de lui comme, entre guillemets,
13:46ce qu'on appelle les scouts.
13:47S-C-O-U-T.
13:49C'est un peu les chercheurs de talent,
13:51les découvreurs de jeunes filles,
13:54parce qu'il les faut très jeunes,
13:56parce que dans ce métier, on commence à 16-17 ans,
13:59parce qu'à 22 ans, on est grillé, quasiment.
14:01Donc, c'est vraiment...
14:03Et il rentre dans cette société,
14:06et en fait, il est tellement bon,
14:08il est tellement talentueux, finalement,
14:11dans son métier,
14:12qu'il va quasiment prendre le contrôle de la boîte,
14:16très rapidement,
14:16et devenir l'un des, on va dire,
14:19trois ou quatre pontes du mannequinat
14:23sur la place de Paris,
14:24qui est quand même le lieu de la mode dans le monde,
14:27par excellence.
14:28Carrefour mondial.
14:29Et il y a une longue suite de portraits,
14:32de témoignages.
14:32Il y a Pamela, qui a 26 ans, 87,
14:36vous nous racontez ça,
14:37qui pense aller chez un ami,
14:38et elle dit,
14:39je savais que j'ai subi un viol,
14:41mon corps le savait.
14:42Elle est droguée.
14:43Il la drogue, il lui a la fait boire,
14:45elle se réveille,
14:46et puis, ben oui, elle a été violée.
14:47Et il y a tellement de cas...
14:50C'est un prédateur.
14:51Et c'est un prédateur,
14:52et il passe curieusement entre les mailles de la justice,
14:54parce qu'en fait,
14:55il y a déjà une vingtaine d'années,
14:58il y a deux ou trois...
14:59une femme qui s'était confiée
15:00dans les médias anglo-saxons,
15:02et qui avait mis les pieds dans le plat,
15:03et qui avait raconté
15:04tout le même modus en opérandis.
15:06C'est-à-dire, en gros,
15:07je suis arrivé à Paris,
15:08j'avais des rêves plein la tête.
15:10Pour moi,
15:11voilà,
15:12j'allais vivre un conte de fées,
15:13le conte de fées,
15:14et me retrouver à la une des journaux,
15:16et je me suis retrouvé face à un...
15:19il n'y en a pas qu'un,
15:20deux ou trois prédateurs
15:22qui sont mis en cause sexuels.
15:24Et donc,
15:25je me suis retrouvé face à un recruteur
15:26qui, à un moment donné,
15:27m'a fait comprendre
15:28que si je voulais vraiment
15:29faire carrière dans ce métier,
15:31il fallait que je couche.
15:32J'ai refusé,
15:33mais...
15:34Et alors,
15:34il apparaît un modus en opérandis
15:37spécifique,
15:37là, pour le coup,
15:38à Jean-Louis Brunel,
15:38et pas à Jeffrey Epstein,
15:40qui, lui,
15:40procède autrement,
15:42qui, en gros,
15:43il y a plusieurs femmes
15:43qui décrivent le fait
15:44qu'on leur a mis des pilules.
15:46Je veux dire,
15:46qu'à un moment donné,
15:47au terme de cette soirée en boîte
15:48dont on parlait tout à l'heure...
15:49Ça raconte beaucoup de choses
15:51qui se passent de nos jours,
15:52sur d'autres sujets,
15:53d'autres cas.
15:54C'est étonnant.
15:55Quand on lit ce récit,
15:57Frédéric Ploquin,
15:58ça résonne.
15:59Ça résonne avec l'actualité,
16:00effectivement.
16:01À quel moment ?
16:03Je vais juste finir,
16:03c'est une sorte de soumission chimique,
16:05en réalité.
16:06Et alors,
16:06juste le principe,
16:07ce qui se passe,
16:08c'est que ces femmes,
16:08donc,
16:10sont prises à leur propre piège
16:11dans les filets
16:12de leurs propres rêves
16:13et ne s'en relèvent jamais.
16:15C'est-à-dire qu'elles se rendent compte
16:16qu'elles ont été abusées sexuellement
16:18dans des conditions terribles,
16:19elles rentrent...
16:22En général,
16:23ce qu'elles font à partir de ce moment-là,
16:24c'est qu'elles culpabilisent terriblement,
16:26qu'elles quittent...
16:28La plupart viennent de l'étranger.
16:29Elles sont arrivées en France
16:31sans un numéro de téléphone,
16:33seules,
16:34sans argent,
16:35donc elles ont accepté d'être logées
16:36et elles sont piégées.
16:38Et la plupart,
16:38et c'est là-dessus que surfent,
16:41en réalité,
16:41ces prédateurs.
16:42La plupart rentrent chez elles,
16:44loin de la France,
16:45et passent des mois,
16:47et voire des années,
16:49dans la honte
16:49et la culpabilité.
16:51C'est ça qui est terrible.
16:52Et ce sont des vies qui passent.
16:53C'est-à-dire que du coup,
16:55cette honte et cette culpabilité
16:56fait qu'elles n'en parlent à personne.
16:58À personne.
16:58Ni même à leurs propres copains,
17:01ni même à leurs propres parents,
17:04et encore moins à la police.
17:05Et donc,
17:06c'est là où,
17:07moi,
17:08j'ai voulu intervenir avec ce livre
17:0920 ans après.
17:10C'est-à-dire,
17:10bon,
17:11maintenant,
17:11votre parole est entendue,
17:13votre parole est écrite,
17:13votre parole est là,
17:14et on va l'entendre.
17:15Et il y a tout le récit,
17:17parce que le temps tourne,
17:18Frédéric Ploquem,
17:19on restait très désordre à vous écouter.
17:20Il y a cette rencontre,
17:22effectivement,
17:22avec Epstein,
17:24et ce partenariat profond,
17:26si je puis dire.
17:27Total.
17:27Total.
17:28À un moment donné,
17:29à un moment donné...
17:29Même si Jeffrey Epstein,
17:30dans son audition en 2009,
17:31fait semblant de ne pas connaître
17:32ce...
17:32Il fait épiler le nom,
17:33même,
17:34il ne le connaît pas.
17:35En réalité,
17:36ce qu'on voit en lisant
17:37leurs échanges,
17:38notamment par mail,
17:39c'est une forme
17:39d'immense fraternité,
17:41de complicité,
17:42et Jean-Luc Brunel
17:44est vraiment
17:45le fournisseur français
17:46principal
17:48de jeunes femmes
17:49pour Jeffrey Epstein.
17:50Tout ça
17:51est documenté,
17:52effectivement,
17:53il y a les mails,
17:53il y a les récits,
17:54il y a les noms,
17:55il y a les témoignages,
17:56même s'il y a prescription.
17:58Et c'est vraiment
17:59le portrait,
18:01c'est l'autre prédateur
18:02de l'histoire.
18:03Il n'est pas
18:04qu'un personnage
18:05accessoire,
18:06anecdotique,
18:07c'est quand même
18:08un personnage central
18:09qui est littéralement
18:10en parallèle
18:11avec le milliardaire américain.
18:13Absolument,
18:13et qui raconte beaucoup
18:13de ce qui s'est passé
18:14aussi en France
18:15dans ces années-là
18:16et de ce qu'on a fait
18:17de cette liberté
18:18des années 80.
18:19Toute dernière question
18:19avant de nous séparer,
18:21est-ce que vous êtes d'accord,
18:22c'est dans l'actualité,
18:24c'est la France insoumise
18:25qui réclame
18:26une commission d'enquête
18:28parlementaire
18:29transpartisane,
18:29dit-elle,
18:30pour essayer
18:30de mettre au jour
18:32les éventuels,
18:33on ne sait pas en réalité,
18:35connexions françaises
18:36de l'affaire Epstein,
18:37vous pensez que ce serait
18:37nécessaire à vos yeux
18:38ou pas ?
18:39Moi qui suis journaliste
18:41j'ai envie de vous dire
18:41que je préférerais
18:42que ce soit la justice
18:42et la police judiciaire
18:43qui enquêtent,
18:44parce qu'ils auront
18:45beaucoup plus de moyens
18:45que des sénateurs
18:47ou des députés.
18:49Alors après,
18:50je ne suis pas contre
18:52le fait que plus tard,
18:53ensuite,
18:53il y ait une commission
18:54parlementaire,
18:55pourquoi pas ?
18:55Ou une forme de sensibilisation.
18:56Parce qu'on sait
18:57que derrière cette affaire Epstein,
18:59il y a une vaste entreprise
19:00de compromission,
19:01on va dire,
19:02des élites
19:03à travers le sexe.
19:04On le sait ça.
19:05Et c'est documenté,
19:06ça commence à apparaître
19:07au grand jour.
19:08Donc on a envie de savoir
19:09qui, quoi, comment
19:10a profité,
19:11a abusé de ce système.
19:12Et moi,
19:12ce que je dénonce
19:13dans ce livre,
19:14c'est toutes ces personnalités
19:15qui disent
19:16« Ah oui, oui,
19:16je les ai fréquentées,
19:17j'étais chez eux,
19:18j'étais au 22ème du Foch. »
19:19Ah non,
19:19mais je n'ai absolument
19:20rien vu.
19:21Là, je m'inscris en faux
19:23et je dis,
19:24pour avoir vu
19:25comment était,
19:26ne serait-ce que décoré
19:27l'appartement
19:27que je raconte,
19:28que je décris
19:29dans le livre
19:29du 22ème du Foch,
19:30que c'est totalement impossible
19:32d'être passé à côté.
19:32Allez,
19:33Frédéric Ploquin,
19:34Epstein,
19:35« Les secrets de la filière française
19:37chez Nouveau Monde »,
19:38vraiment,
19:39si vous voulez passer
19:41des heures,
19:42un régal à lire,
19:44c'est passionnant,
19:45c'est documenté,
19:46ce sont des récits
19:47très précis,
19:47des récits humains,
19:49c'est monstrueux,
19:50vraiment à lire,
19:51je recommande ce livre.
19:52Pour regarder la vérité en face.
19:53C'est la vérité en face,
19:54absolument.
19:54Merci Frédéric Ploquin.
19:55Merci à vous.
19:56Bonne journée.
19:56Bonjour Jacques Cardoz,
19:57bienvenue.
19:58Bonjour Jean-François,
19:59comment allez-vous ?
19:59Alors, mettez-vous,
20:00très bien.
20:01Figurez-vous que
20:02le volet Epstein
20:04et le volet Brunel,
20:05on en avait parlé
20:06à l'époque où j'étais
20:07à complément d'enquête,
20:08on avait consacré
20:09une émission entière
20:11à Brunel
20:12et au monde de la mode.
20:13Il y a encore
20:14beaucoup,
20:14beaucoup de choses
20:15à découvrir.
20:16Je lirai votre livre
20:17avec beaucoup d'intérêt,
20:18mais c'est une affaire
20:19tentaculaire.
20:19Il y a encore
20:20beaucoup de choses.
20:20On n'en parle pas
20:21tout à l'heure
20:22entre 10h et midi,
20:23non,
20:23on va parler
20:23tout autre chose
20:25des Chinois
20:26qui,
20:27faut-il se réjouir
20:28des investissements
20:29chinois,
20:29notamment dans le secteur
20:30automobile,
20:31puisque vous le savez,
20:32il y a cette annonce
20:33de Dongfeng
20:34qui poursuit son partenariat,
20:35le renforce,
20:36on vous explique tout ça
20:37et puis on parlera
20:37également de la violence.
20:39Pardon ?
20:39Pas sûr de s'en réjouir.
20:41Je ne sais pas,
20:42mais en tous les cas,
20:42pour les 2000 salariés
20:44de l'entreprise
20:45du côté de Rennes,
20:46c'est plutôt une bonne nouvelle
20:47parce qu'il va y avoir
20:49plus de travail.
20:50Et puis on parlera également
20:51de la violence des jeunes,
20:52un sujet que
20:52M. Ploquin connaît
20:54évidemment très très bien,
20:55puisque Patrick Roger
20:56ce matin était en ligne
20:58avec la maman de Théo
21:00et qu'on sait désormais
21:01que ses agresseurs,
21:02ceux de Théo,
21:03sont considérés
21:04comme responsables
21:05et coupables
21:06de cette agression
21:07puisqu'on passe par
21:08un procédé
21:09un petit peu particulier
21:10puisqu'il s'agit
21:10de la justice des mineurs.
21:11On va y revenir
21:12avec une question
21:13un peu particulière,
21:14c'est que c'est
21:14la vidéosurveillance
21:15dans ce cas-là
21:16qui sauve
21:17d'une certaine façon
21:18la justice et l'accusation.
21:19Sinon,
21:20il n'y aurait probablement
21:20pas pu y avoir
21:21d'accusation.
21:23C'est un élément essentiel
21:25de la lutte
21:25contre l'insécurité
21:26et la vidéosurveillance.
21:27À Nice,
21:28on n'aurait pas arrêté
21:28les tueurs présumés
21:31du quartier des Moulins
21:33sans la vidéosurveillance.
21:34C'est absolument essentiel.
21:35Il faut le dire
21:35à tous ceux
21:36qui sont contre,
21:36mais il n'y a plus
21:36beaucoup de gens
21:37qui sont contre.
21:37Il y a encore des gens
21:38qui ont un blocage idéologique
21:40mais dans la résolution
21:41des enquêtes,
21:41c'est majeur.
21:42Il faut raconter ces affaires
21:42pour qu'ils comprennent.
21:43Allez,
21:43mettez-vous d'accord,
21:44on a déjà démarré.
21:450826 300 300,
21:46à tout à l'heure.
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