- il y a 2 jours
Avec Alice Lhabouz, entrepreneuse, investisseuse et jurée de Qui veut être mon associé ?
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NewsTranscription
00:01Sud Radio, Oser Entreprendre, Thomas Binet.
00:04Et c'est l'heure de vos rendez-vous économiques du dimanche en compagnie de Thomas Binet comme d'habitude.
00:08Bonjour mon cher Thomas.
00:09Bonjour Maxime.
00:10Au programme d'Oser Entreprendre ce matin.
00:11Peut-on encore rendre la culture accessible à l'heure des écrans, du streaming, des algorithmes ?
00:16Cultura, c'est la saga de la semaine.
00:18Une enseigne française qui a choisi de transformer ses magasins en lieu de vie.
00:22On parlera aussi d'un sujet devenu central, la liberté financière.
00:26Avec Alice Labouze, entrepreneuse, investisseuse et jurée de Qui veut être mon associé.
00:30Elle vient de sortir un ouvrage, on va en parler dans un instant.
00:33Pourquoi apprendre à investir est-il devenu presque indispensable aujourd'hui ?
00:38Et puis une menace silencieuse que beaucoup d'entreprises sous-estiment encore, la naïveté économique.
00:42Avec Mayline Camus, notre consultante en intelligence économique.
00:46On verra pourquoi certaines entreprises donnent parfois elles-mêmes les informations qui les fragiliseront demain.
01:02Thomas, aujourd'hui vous allez nous parler d'une enseigne française qui a réussi un pari, il faut le dire,
01:06assez audacieux.
01:07Rendre la culture accessible, vivante, presque fun et sympathique.
01:12Elle s'appelle cette enseigne Cultura.
01:14Ça commence comment ?
01:15Eh bien Maxime, ça commence en 1998 avec un premier magasin en Charente-Maritime.
01:20L'idée est simple mais forte, rassemblée au même endroit, livres, musiques, loisirs créatifs, jouer et surtout créer un lieu
01:27où la culture se vit, pas seulement où elle s'achète.
01:31Très vite, l'enseigne grandit, passe un cap en développant son réseau national dès 2002, puis le digital en 2005.
01:37Cultura sent déjà que la culture doit être partout, en magasin comme en ligne.
01:42Justement, on sent qu'il y a une véritable philosophie derrière la marque.
01:45Oui, Cultura ne se voit pas comme un simple distributeur.
01:49Sa mission, c'est de faire vivre et aimer la culture.
01:51Et ça, ça change tout.
01:53On n'est pas dans une culture élitiste, mais dans une culture du plaisir.
01:57Ateliers créatifs, rencontres, événements.
01:59L'idée, c'est de donner envie à chacun de pratiquer, d'apprendre, de découvrir.
02:03Et aujourd'hui, est-ce que ça pèse vraiment dans le paysage ?
02:06Oui, plus de 110 magasins, des millions de clients et surtout une vraie capacité à évoluer.
02:10Là où le numérique a bousculé le secteur, Cultura a ajouté des expériences, cours, contenus, produits créatifs.
02:17Et ils ne vendent plus seulement de la culture, ils la font vivre.
02:20Et leur actualité au moment où on se parle ?
02:21Cultura accélère encore et encore.
02:24Nouvelles ouvertures, développement des ateliers avec le plongeoir pour y apprendre les arts et la musique.
02:29Des contenus culturels, l'enseigne veut devenir un véritable lieu d'apprentissage et de partage en clair.
02:34Demain, on n'ira pas et on n'ira plus seulement chez Cultura pour acheter un livre.
02:39Même si c'est lui d'Alice Labouze, mais pour vivre une expérience culturelle complète.
02:45Sudradio, oser entreprendre, l'inviter.
02:48Mais Thomas, vous venez d'esquisser son bouquin.
02:50Nous sommes avec Alice Labouze, entrepreneuse, investisseuse et membre du jury de Qui veut être mon associé sur M6 depuis
02:562024.
02:57Oui, bonjour Alice Labouze.
02:58Bonjour Thomas.
02:59Vous venez effectivement de sortir ce livre que je montre à l'écran pour ceux qui nous suivent sur les
03:03réseaux sociaux.
03:04Et également sur sudradio.fr et sur notre chaîne YouTube.
03:08Ça s'appelle Passer à l'action.
03:10C'est aux éditions Michel Laffont avec comme sous-titre J'ai construit ma liberté financière.
03:15La vôtre commence ici.
03:17Quel constat de départ vous a poussé à prendre la parole à travers cet ouvrage ?
03:22Alors, il y en a plusieurs.
03:23D'abord, en fait, dans toute ma vie d'entrepreneuse, plein de fois, je me suis dit franchement, vu tout
03:27ce qui m'arrive, un jour, il faudrait que j'écrive un livre.
03:29Donc déjà, l'envie d'écrire un livre, ça faisait très longtemps que je l'avais.
03:33Et puis, en réalité, j'ai eu une longue expérience entrepreneuriale, on va dire, j'avais créé une société de
03:38gestion, on en parlera peut-être.
03:40Mais en 2020, j'ai gagné un concours sur une chaîne de télé, un concours de performance boursière.
03:45Et j'ai eu énormément de demandes de particuliers qui me disaient, mais en fait, je suis seule au monde
03:51dans la gestion de mon épargne.
03:53Quand vous, vous parlez, je comprends parce que ma spécialité, c'est de parler de thématiques d'investissement.
03:57Donc, les gens se reconnaissent là-dedans et vous faites des performances.
04:00Par conséquent, on aimerait que vous gériez notre argent.
04:03Et c'est surtout que j'ai compris, en fait, la solitude des gens et le manque, en fait, de
04:06clés qui ne sont pas si compliquées que ça.
04:08Parce qu'en réalité, les gens sont tous des homo economicus, c'est-à-dire tous des êtres au milieu.
04:13Ben oui, on dit homo economicus.
04:15C'est vraiment, ils sont tous acteurs de l'économie et intégrés dans l'économie.
04:19Mais pour ça, il faut qu'ils comprennent quelques clés.
04:21Et nous, les professionnels, on a tendance à avoir un champ lexical très compliqué pour montrer qu'on est des
04:27grands sachants
04:27et pour créer une forme, un côté un peu hermétique entre les gens et nous.
04:32Donc, moi, j'essaye au contraire de travailler la démocratisation.
04:34Et en réalité, je fais ça depuis plus de 20 ans.
04:37Alors, le ton est donné dès l'avant-propos.
04:39Je vous ai lu et j'ai retenu certains passages.
04:41Et je vais me proposer de les rappeler.
04:43Je vous cite, Alice.
04:46Je n'ai jamais aimé subir ce que je ne comprenais pas.
04:48Je voulais l'apprendre.
04:49Ce que je comprenais, je voulais le décider.
04:52Vous êtes ce qu'on appelait dans le temps d'avant une femme de tête.
04:56Je crois.
04:57En tout cas, je ne sais pas vivre autrement qu'en essayant de comprendre le monde qui m'entoure.
05:03Pour moi, l'absence de connaissances est une vraie plaie.
05:07Je veux dire, c'est invivable pour moi.
05:09La connaissance, c'est la base du libre-arbitre.
05:11C'est-à-dire, c'est comme ça qu'on peut choisir qui on devient
05:13et quelle personne on est entouré dans la société.
05:17Et donc, la connaissance, c'est pour moi la base, évidemment,
05:20de toute progression physique, mentale, sociale.
05:24Alors, dans votre livre, vous racontez une partie de votre vie, de votre enfance.
05:27Vous écrivez que votre grand-mère, aujourd'hui âgée de 98 ans,
05:32qui a eu son bac à 16 ans, parlait couramment plusieurs langues
05:35et qui continue aujourd'hui à lire entre 8 à 10 heures par jour,
05:38ainsi que votre mère, pianiste au talent rare,
05:41n'ont pas pu aller au bout de ce qu'elles auraient pu faire,
05:44peut-être donc de leur rêve également.
05:46C'est cela aussi qui a marqué votre détermination
05:48avec une enfance heureuse, mais complexe aussi ?
05:51C'est certain. C'est vrai que d'avoir vu des femmes autour de moi
05:54aussi brillantes, probablement plus brillantes que moi, en réalité,
05:59finalement, s'arrêter dans la course, en fait, à l'ambition, à l'audace
06:04pour des raisons sociales, voilà, d'organisation de la société,
06:09peut-être aussi par ne pas se permettre, en fait, s'autoriser
06:13de rêver fort, grand et pour aller haut, vous voyez.
06:16Et ça, je l'ai vraiment vécu autour de moi.
06:18Et dans le même temps, vous êtes d'un milieu qui est tourné vers l'entrepreneuriat
06:22à travers vos parents.
06:23C'est ça qui vous a décidé aussi de devenir à votre tour entrepreneuse
06:27par l'observation de ce que vos parents avaient engagé ?
06:29D'abord, je n'ai jamais connu l'ambiance du salariat.
06:32Je ne sais pas ce que... Je n'ai jamais su ce que c'était un salarié.
06:34Moi, mes parents avaient d'abord leur entreprise à deux,
06:37juste tous les deux, et puis après, ils se sont séparés.
06:40Voilà, ils se sont séparés.
06:41L'accident de la vie, oui.
06:42L'accident de la vie, et chacun a eu sa petite société monopersonnelle.
06:45Donc moi, j'ai vu ma maman, je vivais avec ma maman, travailler du matin au soir,
06:49la nuit, quand il y avait des rushs.
06:51La notion de salariat n'a jamais été intégrée chez moi.
06:53Donc je pense qu'évidemment, ça m'a forgée.
06:56Alors, vous insistez dans ce livre sur la régularité
06:59plutôt que sur le coût gagnant au niveau de l'investissement.
07:02Pour quelles raisons ?
07:04De manière générale, de toute façon, dans la vie,
07:07je crois que rien n'est un sprint.
07:08Tout est un marathon.
07:09Et en matière d'investissement, c'est exactement la même chose.
07:12Donc durer sans endurer.
07:14Très belle formule, bravo.
07:16C'est exactement ça.
07:17Durer sans endurer.
07:18En tout cas, avoir conscience que le temps joue en notre faveur,
07:21en particulier en matière d'investissement.
07:23Et donc, c'est pour ça que la notion de temps long
07:25devrait presque être apprise à l'école,
07:27tellement c'est fondamental, en fait.
07:30Alors évidemment, avec tous les réseaux sociaux,
07:31les crypto-monnaies, on entend énormément de choses.
07:34Oui, j'ai fait 1000% en 4 jours.
07:36Ok, génial.
07:36Mais en fait, la réalité de l'investissement, c'est pas ça.
07:39Il faut accepter le temps.
07:40Il faut accepter de traverser les cycles
07:42pour prendre de la performance dans la durée.
07:44Alice Labouse, pourquoi la culture financière
07:46reste encore si faible en France aujourd'hui ?
07:49Ça ne devrait pas être le cas, en fait.
07:50Alors, c'est très, très intéressant comme sujet.
07:52Ça mériterait une heure d'émission complète.
07:54Je pense qu'on a une sous-éducation économique
07:57parce que l'État, en fait, ne s'est jamais,
07:59enfin, n'a jamais voulu particulièrement former,
08:01je crois, ses citoyens au sujet économique.
08:04Il faut quand même savoir que pour vraiment faire de l'économie,
08:06pas de la sociologie,
08:08il faut véritablement se spécialiser en économie.
08:11Alors que le tronc commun devrait intégrer, évidemment,
08:13des notions très fortes d'économie,
08:15toujours dans l'optique que les gens puissent être acteurs
08:18de la vie économique.
08:20Et donc ça, c'est le premier point.
08:21Le deuxième point, j'intervenais régulièrement,
08:23je crois que c'était hier ou avant-hier,
08:24pour ne pas dire de bêtises,
08:26justement, face à des candidats à la présidentielle.
08:30Et je devais donner une idée, justement, de grands changements.
08:33Moi, je proposais un pacte entre l'épargne des Français
08:37et le financement des entreprises en région.
08:39Parce que je crois qu'en fait,
08:40on peut utiliser une partie de cette épargne,
08:42mais pas du tout sur la base, évidemment, de la punition,
08:45mais sur la base de l'adhésion.
08:46Et pour que les gens adhèrent,
08:47il faut qu'ils soient formés, donc très jeunes.
08:49Il faut qu'on forme les jeunes Français.
08:51Et je ne dirais pas son nom,
08:52mais une personne qui est candidat à l'élection,
08:55qui va être candidat à l'élection,
08:56est venue me voir après,
08:57en me disant, ce que vous dites,
08:58oui, oui, utilisez l'épargne,
09:00je suis assez d'accord pour financer les entreprises.
09:02Mais alors, former les Français
09:03à la finance et à la compréhension de l'entreprise,
09:06je ne vois pas l'intérêt.
09:07Donc, c'est une très mauvaise idée.
09:09Et donc, je pense que sont intégrés, en fait,
09:11mais c'est vraiment,
09:12à l'intérieur de certains candidats,
09:14et certaines mouvances, on va dire,
09:16la volonté de ne surtout pas élever
09:18les Français en matière financière.
09:20Alors, justement,
09:20les Français qui ne trouvent pas
09:22dans les systèmes classiques
09:23cette information,
09:24se tournent de plus en plus
09:25vers les réseaux sociaux
09:27et les contenus financiers
09:29qu'ils peuvent trouver
09:29sur les réseaux sociaux.
09:30Vous en pensez quoi ?
09:32Je pense que ce que la Chine a fait,
09:34qui est de considérer
09:35que, en fait,
09:36tout influenceur dans un domaine
09:38doit absolument avoir un diplôme
09:40et de l'expérience dans le domaine,
09:42est une bonne idée.
09:43Voilà.
09:44Sans commentaire.
09:46Est-ce qu'aujourd'hui,
09:47investir est devenu moins
09:49ou plus risqué
09:50que de ne rien faire ?
09:52Aujourd'hui,
09:53c'est devenu moins risqué
09:54parce qu'on vit une période
09:55d'inflation.
09:56Alors là,
09:56on espérait...
09:57Il y a une hausse généralisée
09:59des prix,
09:59globalement,
10:00depuis le Covid,
10:01on va dire.
10:02Ce n'est pas qu'une hausse
10:04généralisée des prix.
10:04D'ailleurs,
10:05quand on regarde vraiment,
10:06c'est qu'en fait,
10:06on a frappé,
10:07on a créé tellement de monnaies
10:08que nos monnaies se dévaluent.
10:10Donc, le prix de n'importe quel bien
10:12nécessite beaucoup plus de monnaies.
10:13Mais la réalité,
10:14c'est que pour les gens,
10:15tout augmente
10:15et les salaires ne suivent pas forcément.
10:17Donc, en fait,
10:18il y a un coût de l'inaction.
10:20C'est-à-dire,
10:20le fait de ne pas agir
10:21fait que vous perdez fortement
10:22en pouvoir d'achat.
10:23Et donc,
10:24il est urgent,
10:25il est indispensable,
10:26il est vital d'investir
10:27pour pouvoir justement,
10:29à minima,
10:30effacer ce côté inflationniste.
10:32Et d'ailleurs,
10:32j'espère que ce sera
10:32dans les programmes
10:33de nos très chers candidats.
10:35J'ai hâte de suivre ça.
10:36Alors, vous le dites vous-même
10:37sur votre livre,
10:38ce n'est pas un guide
10:39pour savoir comment investir,
10:40mais c'est en revanche
10:41un parcours de vie
10:42avec des exemples.
10:44Justement,
10:45quand vous regardez
10:46votre parcours,
10:47Alice Labouse,
10:47et ce sera ma dernière question,
10:49de quoi êtes-vous
10:49la plus fière ?
10:52Ça demande un temps d'arrêt ?
10:54Ça demande un temps d'arrêt
10:55parce que,
10:56déjà, je suis fière
10:57d'être devant vous aujourd'hui.
10:58On vous remercie de votre présence.
10:59Avec un livre,
11:00c'est moi qui vous remercie.
11:03Est-ce que je peux
11:04vous suggérer la réponse ?
11:05Allons-y.
11:06Est-ce que vous êtes d'accord
11:07pour dire,
11:07comme Bernard Tapie à l'époque,
11:08que le plus important,
11:09c'est de réussir sa vie
11:10que de réussir dans la vie ?
11:11Je suis assez d'accord.
11:13C'est vrai que...
11:13Mais alors,
11:14je suis d'accord,
11:14c'est-à-dire que moi,
11:15je suis très très fière
11:16parce que j'ai eu la chance
11:16de construire une famille
11:18qui...
11:18Très bien,
11:19donc c'est pour moi
11:20très important.
11:20Moi qui viens d'une famille
11:21assez disloquée
11:22donc ça a du sens pour moi
11:23et de la valeur.
11:25Mais aussi,
11:25en fait,
11:25je suis fière
11:26par rapport à la petite Alice
11:28qui était dans sa chambre
11:28à Poitiers
11:29avec ma mère
11:30qui travaillait la nuit.
11:31On a eu beaucoup,
11:31beaucoup de difficultés
11:33à plein de points de vue
11:34et en fait,
11:35aujourd'hui,
11:36finalement,
11:36j'ai créé mon destin.
11:38Et ça,
11:38je suis fière
11:39d'avoir créé,
11:40d'être vraiment
11:41l'artisane
11:42ou l'artisan
11:43de mon destin.
11:44Eh bien,
11:44on vous remercie
11:44de votre présence.
11:45On vous recevra
11:46une nouvelle fois
11:46pour justement
11:47voir comment ce destin
11:48s'écrit
11:49dans les prochains mois
11:50aux prochaines années.
11:50Merci à vous.
11:51Merci à vous.
11:51Et surtout,
11:52voir si le candidat
11:53à l'élection présidentielle
11:53a pris quelques notes
11:54ou s'il a annoté
11:55son programme économique.
11:56Je peux faire
11:56quelques consultations
11:57à titre gracieux
11:58s'il le souhaite.
11:58Le message,
11:59croyez-moi,
12:00est passé.
12:00Merci Alice Lapousse
12:01d'être passée du côté
12:02d'Oser Entreprendre
12:02et je rappelle donc
12:03que vous venez de sortir
12:04aux éditions Michel Laffont
12:05le livre Passer à l'action.
12:08Sud Radio
12:09Oser Entreprendre
12:10Les Essentiels
12:11de l'entrepreneuriat
12:13Et Thomas,
12:13pour clore
12:14cette première parenthèse économique,
12:15nous sommes avec
12:15Méline Camus,
12:16ancienne officier
12:17de renseignement,
12:17fondatrice et dirigeante
12:19du cabinet de renseignement
12:20d'affaires Prisme Intelligence
12:21et notre experte
12:22en intelligence économique
12:23et vous allez avec elle
12:24nous parler
12:24de la naïveté économique.
12:26Et oui,
12:26parce qu'elle existe Maxime
12:28car quand on parle
12:29de guerre économique,
12:30on imagine souvent
12:30des cyberattaques
12:31ou de l'espionnage industriel
12:33mais Méline,
12:34vous vous dites
12:34que le vrai problème
12:35est parfois
12:36la négligence
12:37voire la naïveté.
12:38Exactement Thomas,
12:39beaucoup d'entreprises françaises
12:41pensent encore
12:41qu'on joue à armes égales
12:42alors que dans ce contexte
12:43de guerre économique,
12:44dans ce contexte
12:45de l'économie mondiale,
12:47beaucoup d'acteurs
12:47ont pris de l'avance
12:49à travers notamment
12:50des rapports de force,
12:51captation du renseignement,
12:52stratégie d'influence
12:53comme on l'a évoqué
12:54tout à l'heure.
12:55Alors concrètement,
12:55à quoi ressemble
12:56cette négligence Méline ?
12:57Je vais vous donner
12:58un exemple assez simple.
13:00Imaginez une PME
13:00qui participe
13:01à un salon professionnel.
13:02Elle vient présenter
13:03une grande innovation
13:04et elle est fière
13:05et elle a de quoi être fière.
13:06Alors elle va expliquer
13:07sa technologie,
13:08son développement,
13:09ses difficultés,
13:11ce qu'elle rencontre,
13:11ses forces et ses faiblesses
13:13et puis évidemment
13:13tout ça se termine
13:14par un moment festif
13:15où les langues s'édélient.
13:17Mais pendant ce temps-là,
13:18certains visiteurs
13:20vont prendre des photos,
13:21s'intéresser à ce qui est stratégique,
13:23ils vont observer les équipes,
13:24récupérer des cartes de visite,
13:25finalement capter
13:26de l'information
13:26qui est stratégique.
13:28Quelques mois plus tard,
13:29un concurrent étranger
13:30va sortir un produit
13:32qui est très similaire
13:32et cette PME française
13:34ne pourra rien y faire.
13:35Donc les salons professionnels,
13:37c'est ce que vous essayez
13:37de nous faire comprendre ce matin,
13:39peuvent aussi devenir
13:40des terrains
13:40de collecte d'informations
13:42en raison d'un espionnage industriel
13:43extrêmement présent ?
13:45Absolument.
13:46Les salons sont des vitrines commerciales
13:48mais aussi des lieux
13:49de renseignement économique
13:50à ciel ouvert
13:51où il fait bon vivre
13:53en règle générale.
13:54Donc dans un contexte
13:54de guerre économique,
13:55il est indispensable
13:56de savoir protéger
13:58ces informations,
13:59former ses collaborateurs
14:00afin de se prémunir
14:01de toutes ces captations
14:03de renseignements
14:03et de ne pas rendre
14:04absolument tout public.
14:05Donc pour vivre heureux,
14:06ils vont cacher.
14:07C'est ce que vous essayez
14:07de nous expliquer.
14:08Du coup, finalement,
14:09être transparent
14:10peut parfois fragiliser
14:11donc une entreprise.
14:12Cela ne rend pas un peu paranoïaque
14:15votre histoire ?
14:16Dans cette économie mondiale,
14:17dans la guerre économique
14:18qu'on traverse,
14:19la naïveté est un luxe
14:20qu'on ne peut plus se permettre.
14:21Et j'ai envie de dire
14:22que finalement,
14:23vous savez,
14:24seuls les paranoïaques
14:25survivent.
14:26Écoutez, on va suivre ça de près.
14:27Merci Mayline.
14:28Allez, c'est rassurant,
14:29on reste entre parano,
14:30mon cher Thomas,
14:30dans un instant
14:31avec la suite du programme
14:32Oser Investir.
14:33Sud Radio,
14:35Oser entreprendre,
14:36Thomas Binet.
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