- il y a 1 heure
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On va enchaîner avec la politique et la polémique.
00:05C'est Gérald Darmanin, le ministre de la Justice français, qui est en Algérie.
00:10Il y est parce qu'il veut relancer la coopération judiciaire.
00:14Gérald Darmanin déplore qu'elle soit à l'arrêt depuis presque deux ans.
00:19Et il y a des dossiers brûlants.
00:21Et il y a notamment celui de notre confrère Christophe Gleize,
00:25journaliste au magazine SoFoot,
00:27et qui est incarcéré pour avoir fait un reportage avec la Kabylie.
00:31Alors, quelle est la stratégie ?
00:33Est-ce qu'effectivement, il faut relancer la coopération, discuter ?
00:36Ou au contraire, il faut être beaucoup plus ferme ?
00:39Ça va être le thème de ce signé Consigny ce soir,
00:41avec Raquel Garrido, l'ancienne députée France Insoumise,
00:44cofondatrice du Mouvement La Pré. Bonsoir.
00:46Bonsoir.
00:46Et Charles Consigny. Bonsoir Charles.
00:48Bonsoir.
00:49Alors, méthode douce, méthode de fer, on discute ou on coupe les ponts ?
00:53Alors, je ne pense pas qu'il faille couper les ponts.
00:55Ça n'aurait pas de sens.
00:56En revanche, je pense qu'il faut couper le cordon.
00:59Je pense qu'il faut arrêter avec cette relation névrotique
01:04entre la France et l'Algérie,
01:06où des deux côtés,
01:08on met de la passion là où il faudrait plus de raison.
01:12Moi, je pense que l'Algérie,
01:14le régime algérien, l'État algérien, a très largement outrepassé toutes les bornes de l'admissible,
01:22avec la détention de Boilem Sansal, puis maintenant avec la détention de Christophe Gleize,
01:28qui était dans les deux cas injustifié et qui était d'autant plus horrible,
01:33s'agissant de Boilem Sansal, que c'est un vieux monsieur qui aurait pu quand même souhaiter autre chose que
01:39d'être en prison pendant des mois et des mois.
01:42Ceci étant dit, je pense qu'il aurait été heureux que Gérald Darmanin revienne avec Christophe Gleize.
01:49J'espère qu'il sera bientôt gracié.
01:51Je constate que les relations se réchauffent entre les deux pays,
01:55mais moi, je suis plutôt...
01:56Si elles se réchauffent, c'est-à-dire que la méthode douce fonctionne ?
01:58Oui.
01:59La méthode dure, c'est celle qu'a incarné Bruno Rotaillot lorsqu'il était ministre d'Intérieur.
02:02Elle se réchauffe doucement, c'est-à-dire qu'elle se réchauffe,
02:05mais est-ce qu'elle se réchauffe vraiment au bénéfice de la France ?
02:08Se réchauffe-t-elle vraiment au bénéfice de la France ?
02:10Je n'en suis pas sûr.
02:11Je prends juste un exemple et j'en termine par là.
02:15On a un sujet sur les laissés-passés consulaires,
02:18c'est-à-dire les gens qu'on souhaite renvoyer dans leur pays d'origine,
02:22et donc notamment en Algérie.
02:23Il y a peu de chiffres disponibles,
02:26mais un chiffre que j'ai trouvé, c'est que par exemple,
02:28sur les quatre premiers mois de 2025, donc de l'année dernière,
02:32on avait 2000 demandes de laissés-passés consulaires
02:34qui étaient déposées par les autorités françaises,
02:37dont 300 seulement ont été honorées par l'Algérie.
02:40Donc, il y avait 1700 demandes qui restaient en attente.
02:44Et ça, c'est un vrai sujet, notamment pour la sécurité,
02:46parce que les laissés-passés consulaires,
02:48c'est aussi des gens condamnés par la justice,
02:51qu'on souhaite éloigner du territoire français.
02:53Donc, je ne pense pas qu'il faille être complaisant.
02:56Il ne faut pas être bêtement arc-bouté dans une dureté stérile,
03:00mais je pense qu'on a été très complaisant.
03:03D'accord avec ça ou pas ?
03:05Il faut couper le cordon, comme a dit Charles Consigny ?
03:08Non, je pense que...
03:16Ou le cordon ?
03:17Ou même cette notion de couper le cordon,
03:19je trouve qu'elle est un peu mal placée,
03:21parce que ça donne l'impression qu'il y aurait une maman et un bébé.
03:24C'est ça le cordon, c'est le cordon ombilical.
03:25Donc, à ce moment-là, qui est la maman ?
03:27Qui est le bébé ?
03:28Il faut arrêter avec ce rapport déséquilibré
03:32ou hiérarchisé entre la France et l'Algérie.
03:35En fait, nous avons une histoire commune,
03:38qui est longue, qui est douloureuse.
03:42La conquête de l'Algérie s'est faite...
03:451860, ça a commencé.
03:461830, oui.
03:48Avec des massacres dont on peine d'ailleurs à les reconnaître
03:52quand on voit par exemple le tollé...
03:54On ne fait que ça toute la journée.
03:55Non, non, si vous vous souvenez...
03:57Il n'y a pas un jour qui se passe sans que la France fasse repentance
03:59de ce qu'elle a fait en Algérie.
04:01Je vous ai écouté tout à l'heure,
04:02mais rappelez-vous quand Apathy avait rappelé...
04:07Jean-Michel Apathy avait rappelé sur RTL
04:10les enfumades dans les années 1840
04:15dans les grottes en Algérie
04:17où des centaines d'Algériens avaient été tués
04:20par l'armée française
04:21et ça avait provoqué un tollé en France
04:23parce qu'on avait aussi du mal à reconnaître ça.
04:25Il y a aussi aujourd'hui...
04:26Donc on en est encore là, on est dans l'histoire.
04:28On est un petit peu là, mais...
04:30C'est possible, moi je crois que c'est parfaitement possible
04:33de surmonter ça.
04:34Mais qui entretient ce malaise ?
04:36Peut-être que le malaise...
04:37Oui, c'est-à-dire que je pense que pour des raisons de politique nationale,
04:42en fait, vous avez des autorités politiques
04:44qui entretiennent comme ça cet esprit de conflit.
04:49Mais nous les peuples, nous les citoyens,
04:50on n'y a aucun intérêt.
04:52En France, il y a beaucoup de Français
04:54qui ont directement une mémoire liée à l'Algérie,
04:58que ce soit les Pieds-Noirs,
04:59que ce soit la situation singulière des Juifs d'Algérie,
05:01que ce soit les Algériens bien entendu,
05:03les binationaux, leurs enfants, l'immigration.
05:06Est-ce que ce n'est pas plutôt le pouvoir algérien
05:08qui entretient ce malaise avec la France ?
05:11Parce que ce sont des anciens du FLN, de la guerre,
05:14et que c'est bon de taper sur la France ?
05:17Écoutez, moi je ne veux pas rentrer là-dedans.
05:20Je constate que là, la présence de plusieurs ministres en Algérie...
05:23C'est l'objet du débat ?
05:25Oui, parce que vous, on commence le débat sur
05:27est-ce qu'il faut que ça aille mieux,
05:29et après, oui, mais est-ce que ce n'est pas la faute du FLN ?
05:31J'ai l'impression de...
05:32On a fait la paix avec les Allemands plus rapidement.
05:34Pardon, je vous ai un peu imité.
05:35Non, mais je vous en prie, c'est pas très bon, mais c'est pas grave.
05:38Mauvaise imitation.
05:39Non, mais ce que je veux dire, c'est qu'entretenir en France...
05:41On s'est retrouvé plus facilement avec les Allemands
05:43qu'avec les Algériens.
05:46Et pourtant, on a fait pas mal de guerres avec les Allemands.
05:48Oui, mais en l'occurrence, pardon...
05:53Et plus de morts.
05:54Si, mais encore une fois, qui était qui, alors, à ce moment-là ?
05:57Entre les nazis qui ont tué les Français
06:00et la colonisation française qui a massacré les Algériens,
06:04quand vous dites qu'on a eu plus de facilité à se réconcilier,
06:09vous voyez, il faudrait voir de quel point de vue vous vous placez.
06:12On a fait quatre guerres avec l'Allemagne en l'espace de moins de 70 ans, quoi, donc...
06:15Oui, bon, mais écoutez, je pense que la société française, aujourd'hui,
06:20elle est prête, elle est prête, je crois, elle est...
06:23Et la société algérienne aussi ?
06:25J'espère, oui, je pense aussi.
06:27Mais la société algérienne a aussi ses propres difficultés.
06:29Et que fait alors notre journaliste français en prison en Algérie ?
06:32Voilà, j'y venais, c'est-à-dire la problématique de l'emprisonnement,
06:35des libertés publiques, etc.
06:36Aujourd'hui, effectivement, c'est urgent que Christophe Glez soit gracié.
06:42C'est absolument urgent.
06:42On peut m'abattre quand même le régime algérien et le régime français sur le même...
06:46Je suis frappé quand même par la complaisance dont bénéficie le régime autoritaire,
06:51qui est un régime autoritaire, policier.
06:55Moi, je suis allé en Algérie, je suis allé à Alger,
06:58j'ai rencontré là-bas l'ambassadeur de France de l'époque, c'était il y a deux ans.
07:03J'ai discuté longuement avec Kamel Daoud, qui a depuis dû quitter le pays
07:08parce qu'il avait peur de se retrouver...
07:09Il a été condamné en Algérie.
07:11Comme Bolem Sansal.
07:12Et j'ai vu à quel point, malheureusement, il y a une certaine façon,
07:18alors c'est évidemment pas toute la population,
07:19mais on voit bien qu'il y a une partie sans doute des élites
07:23qui se vit beaucoup en miroir avec ce que la France pense de l'Algérie.
07:28Les unes, par exemple, de la presse algérienne
07:31sont assez souvent consacrées à la relation franco-algérienne.
07:34Pourquoi ? Parce que, très probablement et très évidemment, je pense,
07:38le régime en place là-bas fait son beurre de l'hostilité vis-à-vis de la France.
07:45Et en fait, il tient ce régime absurde qui, globalement,
07:49comme tous les régimes autocratiques de tous les pays qui ne sont pas des démocraties,
07:54et encore, même dans les démocraties, parfois c'est le cas aussi,
07:57capte un peu les richesses, empêche toute réforme,
08:00garde le pays un peu sous cloche, mais comme c'est le cas aussi au Maroc,
08:04comme c'est le cas dans beaucoup de pays,
08:06eh bien, il a besoin d'alimenter, d'alimenter son récit politique.
08:12Et pour ça, la France est un coupable idéal.
08:14Or, moi, je pense qu'on est quand même fondé,
08:18en gros, quel est notre intérêt, nous, en Algérie, aujourd'hui,
08:20il faut dire les choses, c'est qu'on achète du gaz.
08:23Je crois qu'à plus de 90%, nos importations depuis l'Algérie, c'est du gaz.
08:28Donc, c'est ça qui fait que, c'est notre intérêt, si on est juste pragmatique.
08:32– Il y a aussi, beaucoup d'Algériens ou de Français d'origine algérienne vivent en France,
08:36c'est une très forte communauté en France.
08:37– Bien sûr, mais je parle en termes vraiment cliniques, d'intérêts, voilà.
08:40Quel est leur intérêt à eux ?
08:41Il y a 136 millions d'aides au développement, bon, 136 millions d'euros,
08:45c'est beaucoup, mais ce n'est pas non plus des milliards d'euros.
08:48En revanche, il y a 250 000 visas par an à peu près, ça c'est beaucoup.
08:53Beaucoup d'étudiants et beaucoup de gens qui se font soigner dans les hôpitaux français, par ailleurs.
08:58Ça, il faut le dire aussi, parce qu'il faut mettre les sujets sur la table.
09:01Et donc, je pense que dans ces conditions, par exemple, la question des laissés-passés consulaires
09:07et d'une certaine fermeté vis-à-vis de ce régime,
09:09qui non seulement emprisonne un Français sans motif, un deuxième,
09:13après Boilem Sansal, qui était franco-algérien, mais avec lequel, en plus,
09:18on voit bien que la France est quand même assez cool, pour dire les choses comme elles sont,
09:22eh bien, ils seraient heureux qu'en échange, ils reprennent, par exemple, ceux qu'on souhaite expulser.
09:26Et je trouve ça dingue que ce soit si poussif, et qu'il y ait toujours des gens pour dire
09:31« Ah, mais l'histoire, vous comprenez, en 1840, il s'est passé ceci, il s'est passé ça. »
09:37Oui, personne ne va nier les crimes du passé.
09:39Mais en revanche, on peut peut-être les dépasser, je pense, je pense qu'en 2026...
09:43Oui, mais ce n'est pas la peine de moquer ceux qui parlent de l'histoire.
09:46Parce qu'elle est commode aussi, l'histoire.
09:48Avec la mémoire de Poisson Rouge, on ne règle rien.
09:50Elle est commode. Et effectivement, Helmut Kohl et François Mitterrand
09:55se sont pris plus vite la main lors d'une cérémonie...
09:59Alors François Mitterrand avait connu la guerre.
10:01Alors que Mitterrand lui-même avait d'ailleurs absolument été emprisonné dans un camp en Allemagne.
10:07Dans un deuxième temps.
10:07Je le sais parce qu'il est passé par mon village du Jura quand il est rentré en France.
10:11C'est dans sa biographie par Michel Vinocq, c'est véridique.
10:14On a une rue François Mitterrand maintenant à cause de ce passage.
10:17Donc voilà, il faut...
10:19Je pense que Retailleau a peut-être pas...
10:21Je termine par là, mais Retailleau a peut-être pas...
10:24On ne s'arrête pas à l'histoire.
10:25A peut-être pas raison, surtout dans son approche.
10:28Il est vrai sans doute pour lui aussi assez politicienne dans sa manière d'essayer, d'agiter.
10:33Mais enfin, je pense que la France, elle est encore une fois un peu trop complaisante.
10:39En tout cas sur les laissés-passés consulaires, on peut noter que sous l'air Retailleau, c'était descendu à
10:45zéro.
10:47Et maintenant, compte tenu du dégel, on est à plusieurs centaines, c'est ça ?
10:52Je crois que c'est sans ça, contre le chiffre qui a été donné par l'Ornulès...
10:54Aujourd'hui, ils ont donné 150.
10:56Vous disiez, vous, plutôt 300.
10:57Oui, mais qui est très peu, 150 par rapport au nombre de dossiers.
11:00En tout cas, on n'est pas à zéro.
11:02Et Retailleau, c'était zéro.
11:04Donc, même du strict point de vue de la gestion de nos intérêts...
11:08Oui, mais peut-être parce qu'il les dérangeait.
11:10...de sécuritaire, judiciaire, de toute façon,
11:13ce qui avait été fait par Bruno Retailleau était un échec total.
11:16Mais en plus, au-delà de ça, au-delà de ces aspects sécuritaires,
11:19dont je ne dis pas qu'ils sont d'importance,
11:21il y a aussi, au global, le fait qu'on fait semblant
11:26de pouvoir être fâché avec l'Algérie,
11:29alors que nos histoires sont aussi...
11:30Non, mais la question n'est pas de se fâcher.
11:32La question, c'est aussi, est-ce que la France,
11:35grand pays démocratique, soutient indéfiniment un régime
11:39qui, à mon sens, ne peut pas, de manière pérenne,
11:43satisfaire les Algériens eux-mêmes ?
11:44Et d'ailleurs, quand il y a eu les printemps arabes,
11:47le régime, il a un peu flippé, pour dire les choses comme elles sont.
11:50Ils ont eu peur d'une révolte chez eux aussi.
11:52C'est un régime aussi qui a connu l'islamisme.
11:54Il y a eu une guerre civile de 100 000 morts.
11:56Oui, oui, mais c'est quand même un régime très dur.
11:58Vous savez, il y a énormément, par exemple, d'hommes d'affaires,
12:01de dirigeants d'entreprises, qui sont en prison en Algérie,
12:04qui sont en prison à peu près sans motif,
12:06et qui vont probablement mourir en prison.
12:08C'est un régime très, très dur.
12:09Chère Consigny, toute proportion gardée,
12:12j'aimerais vous parler des rapports qui existent
12:14entre les pays d'Amérique du Sud et l'Espagne.
12:17Vous voyez, quand il y a eu, dans l'histoire d'Amérique du Sud,
12:21des mouvements d'émancipation, des mouvements de lutte,
12:23des mouvements démocratiques,
12:25ce n'est pas la même chose quand ce soutien à ces luttes-là
12:28vient de tous les pays du monde,
12:30sauf l'Espagne, qui est le pays colonisateur historique.
12:35C'est-à-dire que, pour les latino-américains,
12:37quand un espagnol se pointe en Amérique du Sud
12:39pour dire, il faut faire comme ci, comme ça,
12:41eh bien, les gens les appellent les vicerois.
12:43Vicerois, parce que c'était comme ça qu'on appelait
12:44les gouverneurs espagnols avant les indépendances des pays.
12:49Pour la France, c'est pareil.
12:51Quand on est un politique français,
12:53il faut toujours se garder de donner des leçons
12:55à la population algérienne.
12:57Mais ce n'est pas à la population...
12:59Même ceux qui n'empêchent pas de soutenir.
13:02Ceux qui n'empêchent pas de soutenir,
13:03ceux qui n'empêchent pas d'être solidaires.
13:04Souvent, on donne des leçons au monde entier.
13:06On a un message à portée universel.
13:10On n'hésite pas à donner des leçons,
13:12notamment aux Américains en ce moment.
13:14Absolument, mais ce n'est quand même pas la même chose
13:15quand la France parle,
13:16depuis cette perspective universaliste,
13:19à l'Empire états-unien
13:21que quand la France parle à l'Algérie.
13:23C'est tout.
13:23Il faut savoir avoir la nuance dans les expressions.
13:28À gauche, on est un mot plus dur contre le régime de Trump,
13:29un régime démocratique.
13:30Il a été élu démocratiquement qu'avec le régime algérien.
13:32C'est étonnant.
13:33Non, compte tenu de ce que provoque le Trump
13:35dans le désordre du monde.
13:36Je ne pense pas que ce soit étrange
13:39que les gens s'expriment contre Donald Trump.
13:41Ce qui est un peu fatinant, c'est la compétence avec Trump.
13:44Vous qui êtes Raquel Garrido pour la justice sociale,
13:47ce n'est pas particulièrement juste quand même,
13:50le régime là-bas.
13:52Ni démocratique, ni juste, ni...
13:55Je salue le Hirak.
13:57Je salue le mouvement populaire algérien
14:00qui cherche à démocratiser son pays,
14:02qui cherche à le modifier,
14:04à modifier la concentration des richesses.
14:06Mais ce n'est pas la même chose.
14:07Et je dis, attention,
14:09je dis, c'est pas...
14:10Tout ça, ça a des conséquences.
14:12Tout ça, ce sont donc deux pays
14:14dont il faut reconnaître l'égalité souveraine.
14:17Et cette notion d'égalité souveraine
14:20entre deux États, entre deux peuples,
14:23c'est quelque chose qui n'est pas si facile à sécréter
14:25quand un pays a été le colonisateur de l'autre.
14:28Oui, mais...
14:29C'est un exemple concret,
14:30celui de Christophe Glees.
14:31Qu'est-ce qui empêche les Algériens, aujourd'hui,
14:33de dire, on libère Christophe Glees ?
14:35Donc, on voit bien que c'est arbitraire
14:37et que Christophe Glees sert de monnaie d'échange,
14:40de monnaie de tension avec la France.
14:42D'ailleurs, il va probablement être gracié bientôt.
14:44Il a renoncé à son pourvoi en cassation.
14:47Pourquoi ?
14:47Parce qu'avant d'être gracié,
14:49il faut avoir épuisé tous les recours judiciaires, juridiques.
14:53Donc, s'il renonce à son pourvoi,
14:54c'est sans doute qu'il a certaines garanties
14:56sur une grâce prochaine.
14:57En tout cas, l'espoir des parents.
15:00On a pas mal de personnalités françaises
15:03qui ont fait des efforts.
15:03Moi, je trouve qu'on aurait dû bloquer tous les visas,
15:05par exemple.
15:06Moi, je trouve qu'on...
15:07C'est l'Ouen Royale, je ne sais pas trop ce qu'elle a fait.
15:09Si, si, je vous assure que les efforts qui sont faits pour...
15:12Elle l'a vu, déjà.
15:14Elle l'a vu et je pense qu'elle a milité
15:16auprès du président Tebboune
15:18pour la grâce de...
15:20Moi, je pense, par exemple,
15:21qu'on aurait dû bloquer...
15:23On accorde 250 000 visas par an.
15:26On aurait dû bloquer les visas
15:27jusqu'à la libération de Christophe Gleize,
15:29par exemple.
15:31Vous voyez ce que je veux dire ?
15:32Je trouve qu'on se fait des...
15:34On s'emberlificote, un peu comme vous le dites,
15:36oui, de puissance souveraine, etc.
15:38Il faut faire attention, c'est sensible.
15:41Et résultat, le pauvre Christophe Gleize,
15:43pendant ce temps-là,
15:44il croupit en prison.
15:45Pardon, mais Retailleau, il n'a pas libéré Christophe Gleize.
15:48Non, mais je ne suis pas...
15:50Non, mais vous n'avez pas...
15:51Il ne vous a pas échappé
15:52qu'il a été fortement désavoué
15:55par le président Macron.
15:56Il a eu aussi toujours plein de compréhension
15:59vis-à-vis de l'incompréhensible
16:01qu'il est question de l'Algérie.
16:02Il avait reconnu le président Macron
16:03et ça lui avait été reproché.
16:04C'était au début de son mandat, si je me souviens.
16:06Il avait parlé des crimes...
16:08Contre l'humanité.
16:08Contre l'humanité.
16:09Mais le président Macron a dit des choses
16:10tout à fait contradictoires.
16:11Oui, mais je veux dire...
16:12Vous trouvez.
16:13On était quand même dans un geste fort.
16:15Il avait dit que c'était un crime
16:17contre l'humanité, la colonisation.
16:19Et ensuite, il est allé sur la côte d'Azur.
16:22Je ne sais plus si c'était à Nice.
16:23Peut-être que vous le sauriez.
16:25Allez-y, rappelez-moi.
16:27Rencontré...
16:28C'était un événement organisé par les tabarraux.
16:31Je ne sais plus.
16:31Ça m'échappe.
16:32Mais pour dire que c'était super,
16:35l'œuvre civilisationnelle de la France en Algérie.
16:37Donc en fait, lui, c'est un peu le dernier
16:39qui a parlé, qui a raison.
16:40Mais on va considérer qu'il y a
16:42certaines permanences de l'histoire,
16:44comme disait François Mitterrand.
16:45Et nous, les Français,
16:46je pense que nous avons ce désir
16:49de concorde avec l'Algérie.
16:51Mais il faut être deux.
16:52Il faut être deux, bien sûr.
16:54En fait, vous dites que ce n'est pas
16:56les populations qui posent problème aujourd'hui.
16:58Ce que vous dites, ce n'est pas les populations
17:00qui...
17:00Je ne sais pas.
17:01C'est plutôt les responsables politiques.
17:02Oui, mais à force d'avoir des hommes politiques
17:04qui alimentent dans la population
17:06ces espèces d'esprits de revanche,
17:08d'esprits de guerre civile.
17:09Vous avez...
17:09Par exemple, je prends le cas Zemmour.
17:10Zemmour, par exemple,
17:11qui est un Algérien, historiquement.
17:15Il alimente, il fait partie de cette partie
17:17de la population française,
17:18des hommes politiques en France,
17:20qui, tous les matins, se réveillent
17:21en voulant la revanche de la guerre d'Algérie.
17:23Et qui font une focale sur les Algériens.
17:26Les Algériens, pas d'Algérie, attention.
17:28Les Algériens, leurs descendants,
17:30leurs petits-enfants, leurs petits-petits-enfants,
17:31en France.
17:32Et ça, c'est parfaitement délétère.
17:34C'était des questions de génération aussi.
17:36Moi, je pense, par ailleurs,
17:38que le problème aussi,
17:39ça, c'est un autre sujet,
17:40c'est le manque de cohérence
17:42de notre diplomatie.
17:43Il faut se rappeler que la crise
17:44avec l'Algérie est née
17:45du fait que la France a reconnu
17:46la souveraineté du Maroc
17:48sur une partie du Sahara.
17:49Oui.
17:49Et que c'est ça qui a exaspéré...
17:51C'est une décision d'Emmanuel Macron.
17:52Oui, mais on aurait mieux fait
17:53de s'abstenir,
17:54de rentrer dans ce conflit
17:56entre le Maroc et l'Algérie
17:57et de les laisser traiter tout seuls.
18:00On s'est bêtement embrouillés
18:01avec les Algériens
18:02sans rien y gagner.
18:03On verra quels sont
18:04les résultats de la visite
18:06de Gérald Darmanin,
18:07garde des Sceaux,
18:08en Algérie.
18:08En tout cas,
18:08on espère que Christophe Gleize
18:11rentre bientôt à la maison.
18:12Vous avez raison.
18:13Merci, Charles Consigny.
18:14Merci, Raquel Garrido.
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