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Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00On va revenir maintenant aux affaires françaises avec un débat qui agite le gouvernement, les oppositions et les partenaires sociaux.
00:07C'est la question du travail du 1er mai. La proposition de loi qui doit le permettre, c'est le
00:13seul jour férié en France, va faire l'objet finalement de discussions obligatoires.
00:20Et non pas de passage en commission mixte paritaire. Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail, avait rendez-vous avec
00:24les partenaires sociaux.
00:25Écoutez la CFDT et la CGT.
00:28Il faut que le ministre soit très clair et que cette commission mixte paritaire ne soit pas convoquée.
00:34Il ne faut pas de loi. Ce qu'il faut, c'est de la démocratie sociale.
00:38Il faut que le 1er mai reste une journée exceptionnelle où seuls les secteurs qui ne peuvent pas interrompre leur
00:44activité puissent travailler.
00:47La CFDT ne rentrera pas dans une discussion sur les périmètres d'un futur décret.
00:51Ça serait une façon de valider le fait qu'on change le caractère férié et chômé du 1er mai dans
00:57notre pays.
00:58Donc pour la CFDT, si la discussion, c'est une concertation sur le périmètre, la discussion ne durera pas longtemps.
01:03Donc on va en parler maintenant dans le signé Consigny.
01:06C'est lundi, c'est avec Raquel Garrido. Bonsoir.
01:09Bonsoir.
01:09L'ancienne députée France Insoumise, cofondatrice du Mouvement L'Après.
01:12Bien sûr, Charles Consigny. Bonsoir, Charles.
01:14Je disais, le jour férié, le fait de travailler, à l'origine, c'est pour les commerces de bouches de
01:19proximité,
01:20les boulangeries, les pâtisseries, les primeurs, les boucheries, les fleuristes, les établissements culturels.
01:24Ça va faire l'objet d'une discussion.
01:26Alors les syndicats disaient, on ne va pas en commission mixte paritaire.
01:29Heureusement, pas de passage en force, sinon conflit, Charles Consigny.
01:33C'est pour les salariés, il faut expliquer.
01:35Pour moi, le sujet, ce n'est pas tant les jours fériés, le 1er mai, etc.
01:40Moi, je suis pour les jours fériés.
01:42Je trouve que ça permet une petite respiration, c'est un petit cadeau de temps en temps dans la semaine
01:49de travail.
01:5011 jours fériés, en France.
01:51Et ce n'est pas désagréable, ce n'est pas le drame d'avoir 11 jours fériés.
01:57Le problème, ce n'est pas les jours fériés.
01:58Le problème, c'est la durée du travail dans la semaine et la durée du travail dans la vie.
02:03C'est ça, le problème.
02:06Mais il y a des commerçants qui veulent quand même ouvrir le 1er mai, un fleuriste, un boulanger.
02:10D'autant plus qu'il y a des concurrences un peu déloyales qui se sont mises en place.
02:13Je suis absolument favorable à la liberté du commerce et à la liberté du travail.
02:17Sur la base du volontariat ?
02:18Ça, c'est sûr, sur la base du volontariat.
02:20Et je refuse le procès de la gauche qui va dire que parce que quelqu'un serait salarié,
02:26il ne serait jamais accessible au volontariat, si vous voulez.
02:29C'est payé double, le 1er mai.
02:30Le patron obligerait, puis c'est payé double, etc.
02:34Mais pour moi, encore une fois, ça n'est pas le sujet.
02:37Le jeune Attal qui fait cette proposition, je pense qu'il ne peut pas nous faire croire que c'est
02:43quelqu'un qui a essayé d'augmenter le travail en France.
02:46Ça n'est pas du tout le bilan qu'ils ont dans la macronyme.
02:49Je terminerai juste avec des chiffres.
02:51En Corée du Sud, on travaille 1 910 heures par an.
02:55En Grèce, 1 072 heures.
02:58En Pologne, 1 830 heures.
02:59Aux États-Unis, 1 791 heures.
03:01Je vous passe les détails.
03:02Très en dessous, on a la France à 1 490 heures.
03:06Donc on est en plus dépassé par des pays qui sont même en train de nous dépasser en termes de
03:11PIB par habitant.
03:11Je parle là de la Pologne.
03:13Donc voilà, réveillons-nous, travaillons plus.
03:15Et le 1er mai, oui, travaillons sur la base du volontariat.
03:19Je suis d'accord avec vous pour dire que le temps, c'est la plus précieuse des richesses.
03:25C'est de l'argent.
03:26Ça dépend pour qui, M. Marshall, justement.
03:29À la fin de votre vie, il n'y a pas de magasin où vous pouvez aller acheter davantage de
03:35minutes et d'heures.
03:36C'est vrai, ça ne sert à rien d'être le coffre-fort, le pluris du cimetière.
03:40Exactement.
03:40Et c'est là que se logent les grandes inégalités.
03:42Je ne suis pas sûre que le fleuriste, il se pose la question de savoir s'il va avoir de
03:47l'argent quand il mourra.
03:48Il veut simplement pouvoir travailler et faire travailler ses salariés.
03:51Mais tous, en tant que civilisation, on doit se poser la question de savoir si on est maître de notre
03:56vie,
03:57on est maître de notre temps.
03:58Et être maître de notre temps, c'est probablement la première des libertés.
04:02Je le disais, si vous êtes patron et que vous avez des gens qui continuent de bosser pendant que vous,
04:07vous pouvez partir en vacances avec votre famille, c'est un luxe immense.
04:10Tandis que si vous êtes salarié...
04:12Les salariés, ils ont des vacances en France quand même.
04:14Heureusement.
04:16Ils ont plus souvent que les patrons.
04:17Et c'est tout l'objet de la lutte sociale, de la lutte syndicale.
04:20Historiquement, le temps, c'est le premier des combats.
04:24Donc l'idée d'avoir effectivement ce 1er mai.
04:26Depuis maintenant 1889, le mouvement socialiste a forgé cette idée d'un 1er mai chômé.
04:33Donc on ne travaille pas.
04:34Payé.
04:35Parce qu'il y a une chose qui est de ne pas travailler, l'autre chose, c'est d'être
04:37payé.
04:37C'est le corollaire qui est intéressant.
04:40Et c'est mondial.
04:40C'est une solidarité.
04:42C'est absolument fondamental.
04:43Il y a plein de gens qui travaillent le 1er mai quand même.
04:45Et il y a effectivement, en vérité, beaucoup de gens qui travaillent le 1er mai.
04:49Parce que comme le prévoit le Code du travail, certaines activités ne peuvent pas s'interrompre.
04:53Voilà.
04:53Ça va être la santé.
04:55Ça va être...
04:55Même dans l'industrie, par exemple, vous avez des hauts fourneaux, des choses comme ça,
04:58qui si vous les arrêtez, ça...
05:00Les journalistes ne s'arrêtent pas le 1er mai.
05:01Et donc, Raquel, vous êtes contre l'idée que les gens puissent travailler, même s'ils sont volontaires, le 1er
05:07mai ?
05:07Alors, je suis pour que ce soit des conventions collectives qui établissent les règles du travail.
05:13La liberté contractuelle en droit du travail est une fantaisie.
05:18Vous savez, c'est le principe même du droit du travail.
05:20D'ailleurs, c'est pour ça que le droit du travail est à part du droit privé.
05:24C'est qu'en fait, on n'est pas en train de négocier d'égal à égal.
05:26Si je suis au chômage, que je dois nourrir ma famille, je vais bosser plutôt dans la vraie condition.
05:30Mais là, concrètement, parce que la mesure, elle concerne des professions très précises.
05:34Fleuriste, boulanger, boucher.
05:36Par exemple, un fast-food a le droit d'ouvrir en tant que restaurant le 1er mai.
05:41En revanche, le boulanger à côté, qui vend aussi des sandwiches, etc., en concurrence, ne peut pas...
05:47Le patron peut ouvrir sa boulangerie tout seul.
05:48Il ne peut pas avoir de salarié.
05:49Il ne peut pas avoir de salarié.
05:50Est-ce que ce serait ça normal ?
05:51Et pourquoi est-ce que, dans ce cas-là, M. Attal ne fait pas une proposition de loi pour qu
05:54'on ferme le McDo le 1er mai ?
05:55Vous les fermez, les restaurants le 1er mai aussi.
05:57Est-ce que vous êtes soudainement pour l'égalité ?
05:59Parce que c'est un restaurant.
06:00Et vous êtes contre les inégalités.
06:01Vous les fermez, les restaurants le 1er mai aussi.
06:03Moi, je ne suis pas d'accord pour dire qu'on a absolument besoin de pouvoir accéder à un Big
06:06Mac le 1er mai.
06:07Vous n'allez pas au restaurant le 1er mai, vous-même ?
06:08En revanche, je sais que quand je vais...
06:11Vous avez du temps.
06:12Justement, on va au restaurant parce qu'on a du temps.
06:13Olivier Truchot, je vais, comme vous, à la boulangerie le 1er mai depuis toujours.
06:17Je ne me suis jamais retrouvée sans pain le 1er mai.
06:20Jamais de la vie.
06:21Pourquoi ? Parce que les artisans boulangers ont le droit d'ouvrir leur boulangerie.
06:25Mais non, il y en a qui ont été verbalisés l'année dernière.
06:27C'est-à-dire des salariés.
06:28Ce qui relève de l'amende, c'est le fait de salarier quelqu'un.
06:32Donc ça, vous trouvez que c'est bien comme système ?
06:33Mais pardon, mais c'est la loi.
06:34Et moi, je ne suis pas d'accord pour que quelqu'un qui viole la loi
06:38considère qu'en fait, du coup, la délinquance n'est pas...
06:41C'est de la délinquance.
06:41Ça, c'est de la délinquance, c'est sûr.
06:43C'est à mettre sur le même plan que le trafic de drogue
06:48et que des faits de violence, le fait de travailler dans une boulangerie le 1er mai.
06:54C'est de la grande délinquance.
06:55Obliger quelqu'un, faire travailler quelqu'un contre le code du travail,
06:58c'est de la délinquance.
06:59Mais si la personne est d'accord et qu'elle est payée double...
07:02Vous savez, les lois du travail, elles sauvent des vies.
07:07Quand vous permettez le tout et n'importe quoi,
07:10ce qui va se passer, c'est que vous avez des accidents au travail,
07:12des morts au travail.
07:13On n'est pas à l'époque des maîtres de forge.
07:16Vous savez combien il y a eu de morts au travail cette année ?
07:19L'année dernière, je ne vous parle pas de Zola.
07:21Je vous parle de...
07:22L'année dernière, il y a même eu des mineurs qui sont morts sur leur lieu de travail.
07:26Il faut ouvrir les yeux.
07:27Dites aux parents qui ont perdu leurs enfants sur leur lieu de travail.
07:30Ils doivent être contents d'être utilisés par vous à des fins politiques.
07:34C'est vous qui êtes en train de me dire
07:36qu'il n'y a pas de souci ?
07:37Il y a un souci, en fait.
07:39Il y a un souci, on peut mourir au travail.
07:40Mais pas dans les boulangeries, les fleuristes.
07:42Donc la délinquance sociale est une délinquance aussi grave que le reste de la délinquance.
07:47Non mais enfin, moi je veux bien, mais on est en 2026...
07:50Donc vous êtes pour l'impunité, ça fait vrai que l'on ne les affecte pas ?
07:52Non, c'est pas ça, c'est que je suppose qu'on ouvre les yeux
07:55et qu'on est, à l'époque à laquelle on est, dans le pays auquel on est,
07:58on n'est pas à l'époque de germinal.
08:00On n'est pas dans les mines en Afrique subsaharienne,
08:04au travail des enfants, on n'est pas dans un camp d'Hougou en Chine.
08:07Vous n'êtes pas au courant qu'il y a des adolescents qui sont morts l'année dernière
08:11sur leur lieu de travail en France ?
08:12Quand je vois Mme Garidoux, moi je ne vis pas dans le commerce.
08:15Mme Garidoux, moi j'en ai marre de vivre dans le pays
08:18où on a l'inspection du travail qui passe dans des boulangeries
08:22pour vérifier, vous ne me laissez pas parler.
08:25Vous ne me laissez pas parler, ne monopolisez pas la parole.
08:28Moi je ne veux pas vivre dans un pays où des idéologues racontent n'importe quoi,
08:33où l'inspection du travail contrôle des pauvres boulangeries
08:37qui essayent de vendre des pains au chocolat le 1er mai,
08:40où la police municipale vérifie que les terrasses ne dépassent pas de 3 mm
08:44et que les vélos ne sont pas en train de t'évrier.
08:47Vous voyez, je suis contre ces conneries.
08:49Parce que vous êtes du côté de la délinquance.
08:51Vous voulez poursuivre la connerie.
08:52Non, mais vous êtes du côté de la délinquance.
08:54Moi je suis pour un système qui protège.
08:57Non mais c'est si.
08:57Je suis d'un parti qui est complaisant avec la drogue.
09:01Moi je ne viens pas de la France insoumise, Mme Garidoux.
09:04Raquel Garidoux n'y est plus.
09:05Vous avez été purgé de la France insoumise,
09:07mais par exemple de Logu à Marseille,
09:09ils se baladent sur des scooters volés avec des racailles, sans casque.
09:14C'est ça la délinquance ?
09:14Je ne céderai pas à vos provocations qui me semblent relever de la gesticulation.
09:18Vous changez le sujet.
09:19Ce n'est pas moi qui viens d'un parti où les gens font des gardes à vue.
09:22Non mais attendez, c'est vous qui protégez les délinquants là.
09:25En l'occurrence, je suis en train de vous parler de la violation du droit du travail.
09:30La violation du droit du travail, c'est de la délinquance.
09:32Oui, bien sûr.
09:33C'est violer la loi.
09:34Vous pouvez applaudir le fait que certains violent la loi.
09:36Vous êtes avocat, vous connaissez le code du travail.
09:38Eh bien, alors ?
09:39Que dit le code du travail ?
09:40Le code du travail, la vérité, c'est que l'employeur aujourd'hui en France,
09:43il est pied et poing lié.
09:44Ce n'est pas du tout ce que vous racontez.
09:45Aujourd'hui, c'est le salarié qui a le pouvoir dans une relation de travail en France.
09:49Une fois que vous signez votre CDI,
09:51une fois que vous signez votre CDI en France,
09:53vous pouvez vous arrêter de bosser le lendemain matin.
09:55Il faudra des mois et des mois avant qu'on puisse se séparer de vous.
09:58Avez-vous déjà été salarié ?
10:00Ce qui est intéressant, avec la multiplication des commerces aujourd'hui,
10:04quelle que soit leur taille, quelle que soit leur fonction,
10:06on se rend compte que finalement,
10:08le premier ami, hormis les grandes entreprises et les administrations,
10:12il y a beaucoup de choses qui sont ouvertes.
10:13Mais que tout le monde n'est pas sur le même pied d'égalité.
10:15Alors, soit on ferme tout le monde,
10:17soit, au contraire, on assouplit de façon à ce que le boulanger puisse dire
10:22« Moi, je fais du chiffre d'affaires le 1er mai,
10:24mais je ne voudrais simplement pas être tout seul avec ma femme,
10:26je voudrais prendre un salarié. »
10:27Alors que le fast-food à côté, effectivement,
10:29ou le restaurant, lui, il peut avoir ses salariés.
10:31Le dit boulanger,
10:34qui aujourd'hui ouvre avec sa femme sa boulangerie,
10:37et qui donc fait un chiffre d'affaires ce jour-là.
10:39Si le concurrent de la zone industrielle qu'on connaît tous,
10:44qui sont aux abords de toutes les communes moyennes de ce pays,
10:47toutes les villes moyennes,
10:48a le droit d'ouvrir avec un salarié,
10:51il va y perdre l'artisan boulanger.
10:53D'accord ?
10:53Parce que vous créez une concurrence.
10:54Donc il faut interdire.
10:55Vous créez une concurrence.
10:56Donc en fait...
10:56Mais c'est la liberté du commerce.
10:58Non, non.
10:59On va interdire.
11:00Non, non, la liberté du commerce,
11:03c'est une règle d'or.
11:03Elle a des limites.
11:05C'est le code du travail.
11:07Et là, vous n'avez pas le droit d'employer des enfants.
11:09Le vendeur de Muguet...
11:10Vous n'avez pas le droit d'ouvrir à tout boulanger en 24 ?
11:13Personne ne parle du travail des enfants.
11:14Le vendeur de Muguet sur le trottoir,
11:16il peut le faire le 1er mai.
11:18Le fleuriste, qui est juste derrière,
11:20doit fermer boutique parce qu'il ne peut pas employer ses salariés.
11:22Vous trouvez ça normal ?
11:23Oui, c'est normal.
11:24Et quel est le problème ?
11:25Et vous allez me faire croire que...
11:27Le fleuriste, le 1er mai, c'est pas mal le Muguet salarié.
11:29Mais le fleuriste, il est ouvert toute l'année.
11:31Mais qu'est-ce que vous voulez ?
11:33Le problème, c'est que pendant ce temps-là,
11:36la France décroche pendant ce temps-là.
11:38À cause de ça ?
11:39Oui, à cause du refus pathologique.
11:43À cause du refus pathologique du travail,
11:46à cause de cette espèce de bruit de fond
11:48que les gens comme vous entretiennent
11:50et qu'on voit de plus en plus dans notre pays
11:52où le travail est maintenant diabolisé,
11:55où c'est perçu systématiquement
11:56comme l'exploitation de l'homme par l'homme,
11:58comme si on était encore à l'époque de Karl Marx
12:01et des dictateurs que vous appréciez sans doute...
12:03Alors que c'est l'exploitation de l'homme par qui ?
12:05Mais là, un pauvre boulanger
12:07qui veut vendre trois pains au chocolat le 1er mai,
12:10c'est l'exploitation de personne par personne.
12:12À partir du moment, Charles concili,
12:13c'est simplement un pays qui essaye de survivre,
12:16Madame Garrido.
12:17Mais attendez...
12:18Et à force qu'on arrête de travailler en France,
12:20on arrête de nous écouter dans le monde.
12:22Et là, je ne parle que des gens qui travaillent.
12:23À force qu'on arrête de travailler,
12:23on ne peut pas payer nos dettes.
12:25À force d'arrêter de travailler,
12:26on ne peut plus financer notre armée,
12:27on ne peut plus financer notre école,
12:28on ne peut plus financer notre hôpital,
12:31on ne peut plus financer nos universités,
12:33on ne peut plus financer nos transports,
12:35on ne peut plus rien faire
12:36puisque plus personne ne travaille.
12:37À cause de gens comme vous
12:39et de votre idéologie d'arrière-garde...
12:42Ah, ça suffit, arrêtez.
12:42Mais c'est la vérité.
12:43L'hôpital est financé parce que les gens travaillent.
12:46Et vous voulez...
12:47Par une minorité de gens qui continuent à bosser.
12:50Et vous voulez créer,
12:50et vous voulez supprimer des jours fériés
12:52qui ne concernent que des gens qui travaillent.
12:54Donc là, on ne parle que des gens qui travaillent.
12:56Ce n'est pas les gens qui ne travaillent pas,
12:59qui ne bénéficient pas du 1er mai.
13:01Qu'est-ce que vous faites ?
13:02Regardez.
13:02Écoutez, je vous ai laissé parler.
13:04Il y a 27 millions de salariés de ce pays.
13:05Le boulanger, il fera peut-être travailler
13:06ce jour-là, quelqu'un qui est au chômage.
13:09Non mais qu'est-ce que...
13:10Alors là, alors là...
13:11C'est un extra.
13:12N'importe quoi.
13:13S'il ne trouve pas de salariés,
13:14si ses propres salariés le 1er mai
13:16ne veulent pas travailler
13:16parce qu'ils préfèrent rester à la maison,
13:18il prendra quelqu'un en plus.
13:19Donc c'est dans le cadre de la lutte contre le chômage
13:21que vous voulez remettre en cause le 1er mai.
13:22Je reprends votre argument.
13:23Ça fera quelqu'un de plus au travail.
13:25Non mais arrêtez d'avoir un rapport anecdotique aux choses.
13:27Soyez un peu rationnels.
13:29On parle des gens qui travaillent.
13:31Les gens qui nous écoutent à la maison,
13:32ils sont concernés par ce débat.
13:34S'ils travaillent, d'accord ?
13:36Donc ne leur dites pas qu'ils sont fainéants,
13:37qu'ils ne travaillent pas.
13:38Eux travaillent.
13:39Ils ne travaillent pas sur BFM,
13:40ils travaillent dans les vrais boulots.
13:41Bon, vous êtes en train de leur dire...
13:43Pardon, pardon, ne soyez pas désagréable.
13:45Non, oui, parce qu'à un moment donné,
13:47ça va de venir comme ça.
13:49Moi, j'ai fait le désagréable en ce cas.
13:50Moi, contrairement à vous,
13:51j'ai continué mon accueil, c'est l'avocat.
13:53Mais vous n'êtes pas salarié.
13:54Vous êtes indépendant.
13:56Non, je suis un employeur.
13:57Vous voyez ?
13:57C'est un peu différent, effectivement.
13:59Je suis un employeur.
14:00Et je me fatigue tous les mois
14:02à faire tourner un cabinet.
14:04Non, justement pas.
14:05Mais je vois ce que c'est
14:06que d'être un employeur.
14:07Vous avez des collaborateurs.
14:09C'est pas pareil.
14:09Non, c'est pas du salariat.
14:12Qu'est-ce que vous faites
14:13du fait qu'en Corée du Sud,
14:15au travail 1910 heures ?
14:16Qu'est-ce que vous faites
14:17de la différence
14:18de plus de 500 heures
14:20de travail
14:20entre la Corée du Sud
14:22et la France ?
14:22C'est le bagne,
14:24la Corée du Sud ?
14:25Mais qu'est-ce que je m'en fous
14:26de la Corée du Sud ?
14:27Ils sont beaucoup plus riches
14:28que nous.
14:29Mais les Français pauvres,
14:30Madame Garrido,
14:31que vous devriez soutenir,
14:33les Français pauvres
14:34que vous devriez soutenir,
14:35ils aimeraient bien
14:36être un peu plus riches.
14:37Et ils sont beaucoup plus riches
14:38en Corée du Sud
14:39que chez nous.
14:39Mais ouvrez les yeux.
14:40On est en train de décrocher
14:41là en France.
14:42Mais on décroche
14:42par rapport à la Corée du Sud.
14:45On est devenus
14:46les 25e...
14:47Vous êtes un clown.
14:47On était la 7e puissance mondiale.
14:50C'est vous
14:50qui faites rire
14:51les gens à la maison.
14:52On est 25e
14:54en PIB par habitant.
14:55Il faut peut-être
14:55se réveiller.
14:56Mais le jour où vous,
14:57ou les gens comme vous,
14:58qui passez leur temps
14:59à dire que les Français
15:00sont des feignants,
15:01travailleront autant
15:01que les Français eux-mêmes,
15:02vous vous battrez ?
15:04Ou le jour où vous vous battrez...
15:0680 heures par semaine,
15:07Raquel Garrido,
15:08qu'est-ce que vous racontez ?
15:09N'arrive même pas à...
15:10Arrêtez vos mises en cause
15:11personnelles,
15:11ils sont débiles en plus.
15:12Ah non,
15:13parce que moi,
15:13je trouve qu'il y a
15:14une certaine éthique,
15:14si vous voulez.
15:15Quand on se bat pas...
15:17Oui, à maintenir les gens
15:17dans ce marasme.
15:18des salaires,
15:19je me bats pour l'augmentation
15:20du SMIC,
15:21je me bats pour que
15:22dans les conventions collectives...
15:23mais quelle tartuffe,
15:24mais tu te bats pour rien du tout.
15:26Tu te bats pour maintenir
15:28ce merdier.
15:29C'est pour ça que tu te bats.
15:30C'est pour que la France
15:32reste dans son marasme
15:33invraisemblable.
15:34C'est ça ta vraie bataille.
15:35Mais je vois pas pourquoi
15:36vous, vous dites que vous vivez
15:37dans un marasme,
15:38vous m'avez pas du tout l'air
15:39d'être dans un marasme.
15:40Oui, parce que j'essaie
15:41de me battre,
15:42mais moi je donne quand même...
15:43Contrairement aux gens qui,
15:43eux, travaillent.
15:45Eux galèrent pour payer
15:46leur loyer,
15:47payer leur récent.
15:47Moi je galère à payer
15:48mes collaborateurs,
15:50mon loyer,
15:51mes charges,
15:52mes taxes diverses et variées.
15:53Je donne les trois quarts
15:54de ce que je gagne à l'État
15:55pour financer ce système débile
15:57et j'en ai assez.
15:58C'est ça la différence
15:59entre vous et moi,
16:00Madame Garrido.
16:01C'est que moi j'en ai ras-le-bol.
16:02Je ne fais pas de cotisation peut-être.
16:03Je ne paye pas d'impôt moi peut-être.
16:05Tout ce que vous faites,
16:05c'est vous bercer les gens
16:07dans leurs illusions.
16:09Vous leur dites oui, oui.
16:10Continuons à ne rien foutre.
16:11On va très bien s'en sortir comme ça.
16:12Je paye des impôts
16:13et je suis contente
16:14quand ça paye des impôts
16:15pour des enfants
16:16qui vont à l'école publique.
16:17Je ne fais pas semblant
16:19que c'est mal
16:20ou que c'est un problème
16:21de payer des impôts.
16:22Et quand je paye des cotisations,
16:24je suis contente
16:24que ça puisse payer
16:25la rentrée.
16:26C'est ce qu'on appelle,
16:27ces cotisations,
16:28c'est ce qu'on appelle,
16:29notamment à gauche,
16:31dans votre formation politique,
16:32c'est le salaire différé.
16:34C'est ça.
16:35Une fiction pure.
16:36Parce que regardez,
16:36l'alternative c'est quoi ?
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