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  • il y a 40 minutes
Ce vendredi 15 mai, Thierry Gautier, directeur général de GSD Gestion, s'est penché sur la sanction des marchés sur le secteur des semi-conducteurs, la volatilité sur le secteur des satellites, la cession de Marc Jacobs à WHP Global par LVMH, et la tension sur les taux, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:06Thierry Gauthier, GSD Gestion, vous êtes avec nous. Bonjour Thierry.
00:09Bonjour Antoine.
00:10Bon, je le disais, c'était un des principaux catalyseurs de marché, ce coup de froid sur la tech,
00:17avec notamment les résultats de Samsung qui ont été très fortement sanctionnés à la bourse de Séoul ce matin.
00:22Et on sait, Samsung est une des plus grosses pondérations boursières du continent asiatique
00:28du fait de la très forte demande, d'ailleurs, du côté des mémoires vives, des dérams, mais pas que.
00:33Donc, il y a eu cette déception-là.
00:35Parallèlement, il y a eu cette introduction en bourse.
00:38On en parlait avec John Plassard tout à l'heure, que vous pouvez réécouter en podcast et en replay USA
00:42Today.
00:43C'était même un de nos gros titres du jour.
00:44C'était Cérébrasse, le leader des très gros composants à destination de l'intelligence artificielle.
00:49C'est la plus grosse introduction en bourse à Wall Street depuis le début de l'année.
00:53On a à boire, à manger, mais surtout, fondamentalement, on a un gros coup de froid sur la tech
00:58et particulièrement sur les semi-conducteurs aujourd'hui à la bourse.
01:02Oui, exactement. Alors, il y a deux raisons à ça.
01:05Déjà, les semi-conducteurs, il faut voir le parcours qu'ils ont fait depuis le début du mois.
01:11SPM, c'est x2. Samsung, ça a doublé aussi depuis le début de l'année.
01:17Quand vous prenez des plus petites valeurs encore, des soit tech, c'est même x6 sur deux mois.
01:23Donc, voilà, elles avaient peut-être aussi un peu besoin de souffrir toutes ces valeurs-là.
01:27Et la présentation des résultats par Samsung, un petit peu en dessous de ce que pouvait espérer le marché,
01:33c'est un peu l'alibi pour dire, voilà, on prend un peu de profit et puis on y va
01:41comme ça.
01:42Et puis, il y a l'autre sujet, vous en avez parlé, c'est que dès que les taux américains
01:45à 10 ans,
01:46ils arrivent autour des 4,60, et bien toutes ces valeurs qui sont des valeurs de croissance
01:52pour lesquelles on actualise les flux futurs de profit au taux sans risque,
01:57ben voilà, plus ce taux sans risque monte, moins les valeurs terminales valent cher,
02:02et ça pèse sur les valorisations de tous ces groupes.
02:05Donc, voilà, la combinaison d'une euphorie incroyable sur toutes ces valeurs et la remontée des taux américains,
02:12ça fait que ça baisse.
02:13Et puis, oui, vous avez vu, Cérébras, en septembre 2025, ils ont levé de l'argent sur des bases de
02:208 milliards de valeurs.
02:21En février 2026, sur des bases de 23 milliards, ça faisait déjà x3, et à l'IPO, ils se sont
02:27introduits,
02:28ils ont relevé la fourchette pour atteindre 50 milliards.
02:31Et sur ces 50 milliards à l'IPO, le titre a réussi à faire x2.
02:34On a dépassé hier les 100 milliards de capitalisation.
02:39Donc, c'est faramineux, c'est x10 en 6 mois.
02:45Alors, d'accord, le monde change, mais est-ce que c'est bien à cette vitesse-là ?
02:50Je ne suis pas certain, et on n'est pas certain que ce n'est pas des excès.
02:53Souvenez-vous, pour parler d'excès, on en avait parlé ensemble,
02:58le groupe CSG dans la défense qui s'est introduit en bourse,
03:02voilà, la défense, il fallait à tout prix en faire.
03:05On pouvait justifier des valorisations de 40 ou 50 fois les profits.
03:09Ce titre CSG, il a divisé par deux, depuis l'introduction, il y a quelques semaines seulement.
03:16Donc voilà, on ne dit pas que Cérébrasse va faire pareil,
03:18mais c'est quand même des destins sur lesquels il peut y avoir quelques similitudes.
03:24Oui, ça va vraiment à une vitesse extraordinaire, les semi-conducteurs.
03:29Et on voyait le tableau de bord des technologiques,
03:32des valeurs technologiques à la Bourse de Paris.
03:34Il y a quelques secondes, tiens, si on peut le regarder à nouveau,
03:37parce que c'est quand même riche d'enseignements,
03:39on voit que ça ne se passe pas si mal,
03:42notamment pour les sociétés informatiques,
03:44les Atos, les Capgemini, les Dassault Systèmes.
03:47En revanche, c'est vraiment centré sur les semi-conducteurs,
03:49ce qui est en train de se passer.
03:50Alors prise de profit, déception avec Samsung,
03:52et peut-être ce sentiment de manque de souffle
03:55face à un monde qui change quand même très très très vite,
03:58de manière fondamentale et du point de vue de la valorisation aussi.
04:00Il y a un autre secteur, alors qui est très très volatil, Thierry,
04:04il est abonné aux têtes d'affiches sur le SBF 120,
04:08mais aussi aux queues de peloton,
04:09parce que ça va vraiment dans tous les sens.
04:11C'est le secteur des satellites.
04:13C'est sans doute le plus volatil du moment,
04:15que ce soit avec SES, que ce soit avec Eutelsat.
04:18Alors la question qu'on peut se poser,
04:20est-ce qu'on peut profiter d'une éventuelle baisse marquée
04:23pour placer, on va dire, quelques lignes,
04:26dans le sens où c'est des titres qui n'ont peut-être pas encore profité à fond
04:32de l'annonce des dépenses d'investissement dans l'infrastructure,
04:35dans la souveraineté au niveau européen,
04:36et on sait que vraiment les opérateurs satellites en font partie.
04:40Qu'est-ce que vous en pensez, Thierry ?
04:43Oui, compliqué sur ces groupes, SES Global ou Eutelsat.
04:46On a commencé à parler sérieusement de souveraineté européenne.
04:50Souvenez-vous, c'était l'année dernière,
04:51quand Elon Musk avait débranché son réseau Starlink au sud de l'Ukraine.
04:57Tout le monde s'était rué sur Telsat.
05:00Le titre avait fait x6 ou x7.
05:02Et puis depuis, le soufflet est complètement retombé.
05:06On a du mal avec ces groupes-là à les valoriser,
05:08parce que ça ne gagne pas d'argent.
05:10Alors comment on valorise des groupes qui ne gagnent pas d'argent
05:12et qui vont devoir continuer à investir,
05:15parce que tout ça, c'est des groupes sur lesquels
05:18il y a beaucoup de capex à venir.
05:20Il va y avoir des levées de fonds obligatoires à certains moments.
05:24Donc on a du mal à voir comment se mettre en place la souveraineté,
05:30qui est un bien grand mot, mais qui a du mal à se traduire vraiment.
05:35Quand on regarde le sujet du plan de relance allemand,
05:37on parle de défense, de soutien à l'industrie,
05:40mais les satellites, globalement, pas tant que ça.
05:44Donc voilà, sur des groupes sur lesquels il n'y a pas de profit,
05:48on peut peut-être tenter de temps en temps un petit achat spéculatif,
05:51peut-être avec des niveaux d'analyse technique ou des choses comme ça,
05:54mais fondamentalement, c'est quand même très compliqué.
05:57Bon, ok.
05:58Donc de la prudence autour des satellites.
06:01Peut-être dire un mot du luxe.
06:02On a deux nouvelles aujourd'hui.
06:03On a un grand ménage qui est en train de se préciser chez LVMH.
06:08On voit que ça commence à dégager du côté des, on va dire,
06:13des valeurs du luxe accessibles.
06:15Ils ont revendu leur part de moitié du capital dans la marque de cosmétiques de Rihanna.
06:21Avant ça, il y a un petit moment,
06:22ils avaient revendu la marque Off-White de leur designer,
06:26de leur ancien designer vedette,
06:27qui est décédé depuis Virgil Abloh.
06:30Et là, ils annoncent la cession de Marc Jacobs,
06:33qui a été un ancien designer vedette de chez LVMH.
06:37Donc le grand ménage continue.
06:39Parallèlement, on a eu des résultats et des indications boursières
06:43vraiment pas terribles du côté de chez Burberry,
06:45et aujourd'hui du côté de Salvatore Ferragamo,
06:48le styliste italien.
06:51Qu'est-ce qu'on peut penser du secteur du luxe en cette fin de semaine ?
06:55On attendait le point pivot, il n'arrive toujours pas, visiblement.
07:00Non, non, c'est compliqué.
07:01Alors après, c'est des destins un peu différents.
07:05Ferragamo et Burberry,
07:06c'est des groupes qui ont eu une traversée un petit peu compliquée récemment,
07:11qui s'étaient mis à perdre des sous même.
07:14Alors leur dressement, ils sont en cours.
07:17Burberry, ça va quand même mieux.
07:18Du côté des marges, du côté des réductions des stocks.
07:22Du coup, ça va mieux au niveau génération de cash flow.
07:25C'est un petit peu le même sujet sur Ferragamo.
07:28Mais on partait de quand même assez loin.
07:30Donc voilà, quand vous avez un Ferragamo qui publie des choses un petit peu en dessous des attentes aujourd'hui,
07:35ça fait moins 15 ou moins 16.
07:37Et puis, quand Burberry sort des chiffres à peu près en ligne, ça fait moins 10% aussi sur la
07:44publication.
07:45Parce que voilà, ce sont des groupes qui reviennent d'un peu loin.
07:48Burberry, qui est la moins chère des deux, avec Ferragamo, elle se paye encore 26 fois les profits.
07:53Donc après, quand vous évoquez LVMH, qui est en train de, on va dire, de rationaliser son portefeuille de marque,
08:03là, le sujet est complètement différent parce que vous êtes sur un type qui ne se paye plus que 20
08:07fois les profits.
08:08Donc en effet, la rationalisation, elle continue.
08:10Vous avez cité la session de Off-White, ça, ça devait être fin 2024.
08:14Il y a eu la sortie des Beauty Free américains et chinois.
08:19La participation qui a été cédée, je pense que c'est plutôt celle de Stella McCartney que vous évoquiez.
08:24Parce que je crois que Rihanna et Fenty Beauty, ce n'est pas encore complètement closé.
08:30Mais voilà, là, il y a la sortie de Marc Jacobs, qui a passé 30 ans au sein du groupe
08:35LVMH.
08:37Et voilà, alors c'est compliqué d'avoir des termes financiers complètement divulgués.
08:41Mais Reuters a rapporté, a eu accès à quelques documents réglementaires
08:45qui montreraient que la valorisation, c'est peut-être un petit peu moins d'un milliard d'euros.
08:51Donc voilà, ce n'était pas un actif stratégique pour LVMH.
08:55Donc ça continue à se recentrer sur un type qui se paye moins de 20 fois les profits.
09:00Voilà, pour résumer, nous, on est assez acheteurs de LVMH sur ces niveaux de cours-là.
09:05Et on est encore à l'écart sur des dossiers, enfin neutres, sur des dossiers comme Gorberry ou comme Ferragamo
09:12qui se payent encore un petit peu cher.
09:14Ça s'améliore, mais le chemin sera encore un peu long.
09:18Bon, Thierry, je suppose qu'en marge de tout ce qui se passe sur les marchés actions,
09:22vous regardez quand même un petit peu ce qui se passe sur les taux longs, sur les 10 ans.
09:24Moi, quand je vois le taux 10 ans français rejoindre les 3,8%, 4,58 pour le 10 ans américain,
09:34est-ce que ça commence à piquer ?
09:37Est-ce que ça nécessite quelques arbitrages dans le portefeuille ?
09:42C'est quoi votre sentiment à ce niveau-là ?
09:44Ça commence à piquer surtout pour les finances publiques.
09:49Ça aussi, oui.
09:51Nos groupes du CAC 40, etc., souvent, les sociétés, elles gèrent bien ces politiques d'endettement.
09:59Alors, oui, ça peut piquer pour des sociétés plus endettées, comme on en parlait, des SES Global ou Telsat,
10:05mais globalement, les sociétés du SBS 250, françaises, etc., ne sont pas énormément endettées aujourd'hui.
10:12Souvent, elles ont bien géré aussi leur dette, elles l'ont relaie à des moments opportuns.
10:17Elles sont sur de la dette à taux fixe et pas tant à taux variable.
10:21Donc, c'est plutôt pour les finances publiques qu'on est inquiétés.
10:26Et puis aussi pour les valorisations, oui, de tous ces groupes dont on valorise les profits à 5 ans, à
10:3410 ans, à 15 ans.
10:35Et qui, ben voilà, quand on les actualise avec des taux plus chers aujourd'hui,
10:40pourraient valoir, enfin valent en bourse potentiellement bien moins cher.
10:43Donc, oui, on est inquiets pour les valorisations boursières qui atteignent quand même des sommets
10:49et qui vont avoir du mal à poursuivre dans ce sens-là si les taux continuent à jouer un catalyseur
10:57inverse, j'ai envie de dire.
10:59Donc, oui, c'est des niveaux qu'on n'avait pas vus depuis un petit moment.
11:03La 4,60 sur le 10 ans américain, ce n'est pas des bonnes nouvelles.
11:08Oui, et généralement, c'est John Plassard qui nous répétait ça en début d'émission,
11:16quand on commentait la tendance à Wall Street.
11:18Voilà, 4,50, 4,60, c'est le moment où généralement,
11:22Jamie Dimon et les autres grands patrons de la banque aux États-Unis
11:26appellent Donald Trump pour lui dire,
11:28il va peut-être falloir faire quelque chose pour détendre un peu l'atmosphère,
11:30parce que là, ça a pu.
11:31Donc, merci infiniment Thierry Gauthier, GSD Gestion.
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