00:00David Benhamou nous rejoint d'Axiom AI, c'est votre premier conseiller de famille, jamais vous n'aviez participé à
00:05ce rendez-vous de l'émission.
00:06Merci de m'inviter, de faire partie de la famille maintenant.
00:09Bienvenue, vous le sentez bien là ou depuis quelques minutes vous vous demandez qu'est-ce que vous faites là
00:13?
00:13Non, je me sens très bien, avec Sabrina.
00:16Vous n'avez rien vu alors David, on va se lancer.
00:19Secteur bancaire, on va en parler, c'est vraiment votre dada, votre spécialité, votre expertise.
00:22Ce secteur bancaire, il a brillé l'an dernier, puis depuis début d'année c'est beaucoup moins brillant, en
00:26tout cas ici en Europe.
00:27Le secteur bancaire a-t-il encore beaucoup de potentiel dans le ventre ? C'est une question qu'on
00:30va vous poser.
00:31Vous semblez y croire, notamment du fait des opérations de rapprochement entre acteurs bancaires européens.
00:36Pour vous, ces opérations de rapprochement qu'on voit, par exemple unique e-commerce banque, mais pas que, c'est
00:41un moteur, une promesse encore de hausse sans doute pour ce secteur ?
00:45C'est un moteur, mais je dirais que ce n'est pas le moteur principal.
00:49En revanche, ce qu'il y a d'intéressant, c'est qu'on a espéré pendant des années une consolidation
00:55du secteur.
00:56L'objectif, c'est de créer des acteurs en Europe qui ont une taille critique, ce qu'on n'a
01:02pas en réalité.
01:04Et on a depuis, je dirais maintenant 24 mois, vraiment un train de consolidation qui s'est lancé d'abord
01:13au plan local.
01:14Et puis, c'est vrai que le début de l'année 2026 est marqué par les premières opérations transfrontalières qui
01:19voient le jour.
01:21Donc, on a l'opération sur Novo Banco, qui est en fait la plus grosse opération, c'est une opération
01:26de 6,7 milliards.
01:31Donc, c'est la plus grosse opération depuis 10 ans, d'une banque française.
01:39Donc, sur cette banque portugaise.
01:42On a ensuite une opération en Allemagne.
01:45C'est BPCE, un BPCE qui veut racheter le nouveau banco.
01:48Voilà.
01:496,7 milliards d'euros.
01:50Voilà.
01:51On a une autre banque mutualiste, Crédit Mutuel, qui cette fois-ci rachète une banque allemande qui s'appelle Oldenburgische
02:00Landesbank.
02:01Donc, c'est une opération qui est plus petite.
02:03Mais donc, on a deux opérations transfrontalières aujourd'hui de taille significative.
02:09Et on a évidemment cette opération dont tout le monde parle, d'unique crédit sur Commerce Bank, pour lequel il
02:17y a des contraintes, des barrières politiques.
02:20Mais, en tout cas, du côté de la BCE, des soutiens.
02:23Oui.
02:24Donc, l'idée, c'est de venir gagner en taille, grossir, grandir, pour ne pas se laisser complètement distancer par
02:30les banques américaines,
02:31qui, elles, ont beaucoup grandi ces dernières années.
02:32C'est moins le cas de nos banques européennes.
02:33Donc, quand on voit des grands acteurs européens vouloir racheter des acteurs de taille inférieure, un peu moindre,
02:39on se dit, c'est quand même la bonne stratégie.
02:41Vous croyez davantage dans cette politique des rapprochements à petits pas que dans le grand rapprochement entre géants nationaux en
02:46Europe ?
02:48Le rapprochement entre géants nationaux, on le voit dans les difficultés entre Commerce Bank et Unicrédit, soulève des hostilités politiques.
02:57C'est ça.
02:57Donc, ça arrivera, très probablement. Ce qu'on voit, c'est que la Commission européenne pousse à lever un certain
03:09nombre de contraintes.
03:10Il y a une volonté de simplification administrative en Europe, donc simplification administrative réglementaire,
03:22qui se traduit par tout simplement la réduction du nombre de règles sur les coussins de capital réglementaire.
03:30Il faut imaginer qu'il y a 86 règles sur les coussins de capital réglementaire en Europe, contre 3 aux
03:37États-Unis.
03:39La simplification des reportings.
03:41Et puis, je dirais...
03:42Quand il y a trop de coussins, c'est moins confortable.
03:44Exactement. Quand il y a trop de coussins, c'est moins confortable.
03:47Et puis, l'autre sujet, qui est peut-être le sujet principal, c'est la question de la garantie des
03:52dépôts,
03:53puisque tant qu'on n'a pas finalisé cette garantie des dépôts pan-européenne,
03:56ça pose des contraintes sur la circulation du capital, la circulation de la liquidité,
04:00et donc, ce sont d'autres barrières à la consolidation.
04:03Bon, on espère alors que ces opérations vont se poursuivre pour que nos banques européennes
04:07gardent une taille critique face aux banques américaines.
04:09Il y a de bons signaux, il y a des signes de force, de santé dans ce segment européen bancaire,
04:14notamment les publications du premier trimestre.
04:16On regarde les publications à l'échelle européenne plutôt favorables,
04:18mais dans le secteur bancaire particulièrement en l'occurrence.
04:20Oui, c'est-à-dire que la consolidation, c'est un add-on, c'est quelque chose d'additionnel qu
04:29'il faut voir,
04:31mais en sous-jacent, depuis 2020, ce qu'il faut se dire, c'est que tous les trimestres,
04:36sauf le deuxième trimestre 2022, sont traduits par des résultats au-dessus des attentes des analyses
04:43pour le secteur bancaire, et puis une augmentation ensuite des attentes de résultats.
04:53Et là, le premier trimestre 2026 poursuit cette tendance depuis plus de 20 trimestres maintenant,
05:02où on a 70% des banques qui ont publié actuellement, qui sont venues au-dessus des attentes des analystes,
05:09et avec des révisions d'environ 2%.
05:12Sauf qu'en bourse, je le vois, là j'ai fait mes petits calculs,
05:15le Crédit Agricole perd 4% depuis le début de l'année,
05:17Société Générale, on est à moins 5%, BNP Paribas, eh bien, gagne péniblement 10%,
05:22c'est-à-dire que les banques, elles font plus grand-chose,
05:24c'est que les valos, comme elles ont bien progressé l'année dernière,
05:27les valos commencent à être un peu moins attractives,
05:30et du coup, ça limite un peu le potentiel, j'imagine.
05:34Alors, les banques françaises, à part Société Générale,
05:38qui avait énormément progressé l'année dernière,
05:41ont progressé, mais beaucoup moins que les banques italiennes,
05:45par exemple, les banques espagnoles,
05:48ou certaines banques allemandes, Commerce et Deutsche, notamment.
05:55On est entré en fait en 2026, avec un peu plus d'incertitude,
05:58mais qui a pesé, je pense, sur à peu près tous les secteurs.
06:01Ce qui a l'importance, c'est de voir qu'aujourd'hui,
06:05on a, d'un point de vue fondamental, un secteur qui se porte bien,
06:10probablement les progressions et le taux, je dirais, de bit,
06:14comme on dit, c'est-à-dire de résultats au-dessus des attentes,
06:17est supérieur à la plupart des secteurs,
06:19c'est-à-dire qu'en fait, on a un secteur bancaire
06:20qui se porte en fait extrêmement bien,
06:24et, vous disiez effectivement, les coûts ont baissé,
06:26mais ça veut dire que les valorisations, aujourd'hui,
06:28sont quelque part plus attractives.
06:30Aujourd'hui, quand on regarde le secteur,
06:34on a des multiples 2027,
06:38qui sont à peu près à 9 fois les résultats,
06:39pour un REE qui est 13,8 sur les résultats en fait 2027.
06:44Ce qu'il faut se dire, c'est qu'on était à 12,5 en décembre,
06:50avec un REE 2026 attendu à peu près à 12,5.
06:55Ah oui, effectivement, donc les valeurs...
06:56En gros, les valeurs ont baissé, et les REE en fait ont augmenté.
06:59Donc, ce qu'il faut vraiment voir,
07:00c'est toutes les métriques fondamentales qui sont très bonnes.
07:02Et puis, il y a un dernier point,
07:03aujourd'hui, vous achetez le secteur,
07:05vous avez un rendement cash qui est à peu près de 8,5%.
07:09Rendement cash, c'est dividendes,
07:10et puis rachat d'actions,
07:12parce qu'on a beaucoup, beaucoup trop de capital dans la Banque Européenne.
07:15Sauf que l'avenir du secteur bancaire,
07:17il dépendra du sens du vent,
07:18des taux de la Banque Centrale Européenne.
07:20Que fera la BCE dès ce mois de juin ?
07:21On voit le marché commencer à parier sur deux,
07:23voire trois hausses de taux cette année de la BCE.
07:24Si elle relevait ses taux et dans cette ampleur,
07:26quel impact ça aura sur les banques ?
07:28Alors, les hausses de taux,
07:29ça a un impact très positif pour les banques.
07:32Pourquoi ?
07:33Parce que ça a un impact immédiat sur la marge d'aide d'intérêt.
07:38La marge d'aide d'intérêt,
07:39qui est le moteur essentiel de revenu des banques,
07:43c'est constituer de la marge sur les dépôts
07:45et puis de la marge sur les crédits.
07:46Quand vous avez une hausse de taux,
07:48tout simplement,
07:49les banques gagnent beaucoup plus d'argent sur les dépôts.
07:51Alors, ce n'est pas homogène en Europe.
07:54Le plus spectaculaire sont les banques italiennes, espagnoles,
07:59irlandaises ou encore portugaises et grecques,
08:02pour lesquelles, en fait, le gros du taux BCE n'est pas repassé.
08:05Mais c'est considérable.
08:07Juste un petit chiffre pour une e-crédit.
08:101% de hausse de taux,
08:11c'est à peu près un milliard de profits supplémentaires.
08:14Donc, ce n'est pas du tout une mauvaise nouvelle,
08:16la hausse de taux.
08:18David Benhamou, spécialiste de ce secteur bancaire.
08:21Merci.
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