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  • il y a 18 heures
Ce mercredi 13 mai, David Benamou, gérant associé chez Axiom Alternative Investments, s'est penché sur les opérations en cours des banques européennes, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00David Benhamou nous rejoint d'Axiom AI, c'est votre premier conseiller de famille, jamais vous n'aviez participé à
00:05ce rendez-vous de l'émission.
00:06Merci de m'inviter, de faire partie de la famille maintenant.
00:09Bienvenue, vous le sentez bien là ou depuis quelques minutes vous vous demandez qu'est-ce que vous faites là
00:13?
00:13Non, je me sens très bien, avec Sabrina.
00:16Vous n'avez rien vu alors David, on va se lancer.
00:19Secteur bancaire, on va en parler, c'est vraiment votre dada, votre spécialité, votre expertise.
00:22Ce secteur bancaire, il a brillé l'an dernier, puis depuis début d'année c'est beaucoup moins brillant, en
00:26tout cas ici en Europe.
00:27Le secteur bancaire a-t-il encore beaucoup de potentiel dans le ventre ? C'est une question qu'on
00:30va vous poser.
00:31Vous semblez y croire, notamment du fait des opérations de rapprochement entre acteurs bancaires européens.
00:36Pour vous, ces opérations de rapprochement qu'on voit, par exemple unique e-commerce banque, mais pas que, c'est
00:41un moteur, une promesse encore de hausse sans doute pour ce secteur ?
00:45C'est un moteur, mais je dirais que ce n'est pas le moteur principal.
00:49En revanche, ce qu'il y a d'intéressant, c'est qu'on a espéré pendant des années une consolidation
00:55du secteur.
00:56L'objectif, c'est de créer des acteurs en Europe qui ont une taille critique, ce qu'on n'a
01:02pas en réalité.
01:04Et on a depuis, je dirais maintenant 24 mois, vraiment un train de consolidation qui s'est lancé d'abord
01:13au plan local.
01:14Et puis, c'est vrai que le début de l'année 2026 est marqué par les premières opérations transfrontalières qui
01:19voient le jour.
01:21Donc, on a l'opération sur Novo Banco, qui est en fait la plus grosse opération, c'est une opération
01:26de 6,7 milliards.
01:31Donc, c'est la plus grosse opération depuis 10 ans, d'une banque française.
01:39Donc, sur cette banque portugaise.
01:42On a ensuite une opération en Allemagne.
01:45C'est BPCE, un BPCE qui veut racheter le nouveau banco.
01:48Voilà.
01:496,7 milliards d'euros.
01:50Voilà.
01:51On a une autre banque mutualiste, Crédit Mutuel, qui cette fois-ci rachète une banque allemande qui s'appelle Oldenburgische
02:00Landesbank.
02:01Donc, c'est une opération qui est plus petite.
02:03Mais donc, on a deux opérations transfrontalières aujourd'hui de taille significative.
02:09Et on a évidemment cette opération dont tout le monde parle, d'unique crédit sur Commerce Bank, pour lequel il
02:17y a des contraintes, des barrières politiques.
02:20Mais, en tout cas, du côté de la BCE, des soutiens.
02:23Oui.
02:24Donc, l'idée, c'est de venir gagner en taille, grossir, grandir, pour ne pas se laisser complètement distancer par
02:30les banques américaines,
02:31qui, elles, ont beaucoup grandi ces dernières années.
02:32C'est moins le cas de nos banques européennes.
02:33Donc, quand on voit des grands acteurs européens vouloir racheter des acteurs de taille inférieure, un peu moindre,
02:39on se dit, c'est quand même la bonne stratégie.
02:41Vous croyez davantage dans cette politique des rapprochements à petits pas que dans le grand rapprochement entre géants nationaux en
02:46Europe ?
02:48Le rapprochement entre géants nationaux, on le voit dans les difficultés entre Commerce Bank et Unicrédit, soulève des hostilités politiques.
02:57C'est ça.
02:57Donc, ça arrivera, très probablement. Ce qu'on voit, c'est que la Commission européenne pousse à lever un certain
03:09nombre de contraintes.
03:10Il y a une volonté de simplification administrative en Europe, donc simplification administrative réglementaire,
03:22qui se traduit par tout simplement la réduction du nombre de règles sur les coussins de capital réglementaire.
03:30Il faut imaginer qu'il y a 86 règles sur les coussins de capital réglementaire en Europe, contre 3 aux
03:37États-Unis.
03:39La simplification des reportings.
03:41Et puis, je dirais...
03:42Quand il y a trop de coussins, c'est moins confortable.
03:44Exactement. Quand il y a trop de coussins, c'est moins confortable.
03:47Et puis, l'autre sujet, qui est peut-être le sujet principal, c'est la question de la garantie des
03:52dépôts,
03:53puisque tant qu'on n'a pas finalisé cette garantie des dépôts pan-européenne,
03:56ça pose des contraintes sur la circulation du capital, la circulation de la liquidité,
04:00et donc, ce sont d'autres barrières à la consolidation.
04:03Bon, on espère alors que ces opérations vont se poursuivre pour que nos banques européennes
04:07gardent une taille critique face aux banques américaines.
04:09Il y a de bons signaux, il y a des signes de force, de santé dans ce segment européen bancaire,
04:14notamment les publications du premier trimestre.
04:16On regarde les publications à l'échelle européenne plutôt favorables,
04:18mais dans le secteur bancaire particulièrement en l'occurrence.
04:20Oui, c'est-à-dire que la consolidation, c'est un add-on, c'est quelque chose d'additionnel qu
04:29'il faut voir,
04:31mais en sous-jacent, depuis 2020, ce qu'il faut se dire, c'est que tous les trimestres,
04:36sauf le deuxième trimestre 2022, sont traduits par des résultats au-dessus des attentes des analyses
04:43pour le secteur bancaire, et puis une augmentation ensuite des attentes de résultats.
04:53Et là, le premier trimestre 2026 poursuit cette tendance depuis plus de 20 trimestres maintenant,
05:02où on a 70% des banques qui ont publié actuellement, qui sont venues au-dessus des attentes des analystes,
05:09et avec des révisions d'environ 2%.
05:12Sauf qu'en bourse, je le vois, là j'ai fait mes petits calculs,
05:15le Crédit Agricole perd 4% depuis le début de l'année,
05:17Société Générale, on est à moins 5%, BNP Paribas, eh bien, gagne péniblement 10%,
05:22c'est-à-dire que les banques, elles font plus grand-chose,
05:24c'est que les valos, comme elles ont bien progressé l'année dernière,
05:27les valos commencent à être un peu moins attractives,
05:30et du coup, ça limite un peu le potentiel, j'imagine.
05:34Alors, les banques françaises, à part Société Générale,
05:38qui avait énormément progressé l'année dernière,
05:41ont progressé, mais beaucoup moins que les banques italiennes,
05:45par exemple, les banques espagnoles,
05:48ou certaines banques allemandes, Commerce et Deutsche, notamment.
05:55On est entré en fait en 2026, avec un peu plus d'incertitude,
05:58mais qui a pesé, je pense, sur à peu près tous les secteurs.
06:01Ce qui a l'importance, c'est de voir qu'aujourd'hui,
06:05on a, d'un point de vue fondamental, un secteur qui se porte bien,
06:10probablement les progressions et le taux, je dirais, de bit,
06:14comme on dit, c'est-à-dire de résultats au-dessus des attentes,
06:17est supérieur à la plupart des secteurs,
06:19c'est-à-dire qu'en fait, on a un secteur bancaire
06:20qui se porte en fait extrêmement bien,
06:24et, vous disiez effectivement, les coûts ont baissé,
06:26mais ça veut dire que les valorisations, aujourd'hui,
06:28sont quelque part plus attractives.
06:30Aujourd'hui, quand on regarde le secteur,
06:34on a des multiples 2027,
06:38qui sont à peu près à 9 fois les résultats,
06:39pour un REE qui est 13,8 sur les résultats en fait 2027.
06:44Ce qu'il faut se dire, c'est qu'on était à 12,5 en décembre,
06:50avec un REE 2026 attendu à peu près à 12,5.
06:55Ah oui, effectivement, donc les valeurs...
06:56En gros, les valeurs ont baissé, et les REE en fait ont augmenté.
06:59Donc, ce qu'il faut vraiment voir,
07:00c'est toutes les métriques fondamentales qui sont très bonnes.
07:02Et puis, il y a un dernier point,
07:03aujourd'hui, vous achetez le secteur,
07:05vous avez un rendement cash qui est à peu près de 8,5%.
07:09Rendement cash, c'est dividendes,
07:10et puis rachat d'actions,
07:12parce qu'on a beaucoup, beaucoup trop de capital dans la Banque Européenne.
07:15Sauf que l'avenir du secteur bancaire,
07:17il dépendra du sens du vent,
07:18des taux de la Banque Centrale Européenne.
07:20Que fera la BCE dès ce mois de juin ?
07:21On voit le marché commencer à parier sur deux,
07:23voire trois hausses de taux cette année de la BCE.
07:24Si elle relevait ses taux et dans cette ampleur,
07:26quel impact ça aura sur les banques ?
07:28Alors, les hausses de taux,
07:29ça a un impact très positif pour les banques.
07:32Pourquoi ?
07:33Parce que ça a un impact immédiat sur la marge d'aide d'intérêt.
07:38La marge d'aide d'intérêt,
07:39qui est le moteur essentiel de revenu des banques,
07:43c'est constituer de la marge sur les dépôts
07:45et puis de la marge sur les crédits.
07:46Quand vous avez une hausse de taux,
07:48tout simplement,
07:49les banques gagnent beaucoup plus d'argent sur les dépôts.
07:51Alors, ce n'est pas homogène en Europe.
07:54Le plus spectaculaire sont les banques italiennes, espagnoles,
07:59irlandaises ou encore portugaises et grecques,
08:02pour lesquelles, en fait, le gros du taux BCE n'est pas repassé.
08:05Mais c'est considérable.
08:07Juste un petit chiffre pour une e-crédit.
08:101% de hausse de taux,
08:11c'est à peu près un milliard de profits supplémentaires.
08:14Donc, ce n'est pas du tout une mauvaise nouvelle,
08:16la hausse de taux.
08:18David Benhamou, spécialiste de ce secteur bancaire.
08:21Merci.
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