- il y a 22 heures
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Clément Beaune, haut-commissaire à la Stratégie et au Plan.
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Clément Beaune, haut-commissaire à la Stratégie et au Plan.
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00:02Bonjour Clément Beaune, on va commencer par un sujet inattendu, enfin j'imagine pour les téléspectateurs, qui vous tient à
00:08cœur, la voiture autonome.
00:10Vous y croyez vraiment pour bientôt dans les rues des villes de France ?
00:14Oui, on publie une étude aujourd'hui parce que c'est un enjeu effectivement qui apparaît parfois anecdotique, comme de
00:18la science-fiction,
00:19et pourtant ça existe, ça se déploie dans des dizaines de villes aujourd'hui même, depuis plusieurs mois, aux Etats
00:24-Unis, en Chine, et pas du tout en Europe, et pas du tout en France.
00:27Il faut qu'on l'anticipe parce que ça va tout changer.
00:29Donc ça marche technologiquement, en toute sécurité, ça réduit même l'accidentologie parce que la machine est plutôt meilleure que
00:37l'être humain pour éviter des risques
00:39ou pour avoir des comportements volants qui sont moins dangereux, mais il faut essayer, il faut se lancer parce que
00:44sinon il va se passer ce qui s'est passé
00:45dans beaucoup de domaines du numérique, Google et autres, j'ai pas besoin de revenir sur toutes les vagues technologiques
00:50qui ont été plutôt américaines
00:51ou plutôt chinoises, on va être en retard, et donc il n'est pas trop tard, mais c'est maintenant
00:55parce que cette année, à Londres par exemple,
00:57dans quelques semaines, ça va commencer. Il ne faut pas que la France soit à l'écart de cette grande
01:01révolution.
01:01Mais y a-t-il déjà des modèles européens où tous les modèles sont soit Tesla, soit chinois ?
01:04Eh bien tous les modèles sont américains ou chinois aujourd'hui, mais je pense qu'il faut un, se lancer,
01:09tester,
01:09parce que c'est en voyant ces véhicules dans nos rues qu'on va réguler et innover, innover aussi c
01:13'est important,
01:14et justement il y a urgence au niveau européen, on va avoir un nouveau budget européen dans quelques mois,
01:18pour qu'on soutienne quelques industries, notre filière automobile qui a besoin de soutien,
01:22pour ne pas rater cette révolution technique. Ça va tout changer, c'est pas juste un gadget.
01:26Imaginons que dans des zones rurales, on a besoin de la voiture, des personnes âgées ne peuvent plus conduire,
01:30ça peut être une solution, amener des enfants à l'école, avoir des personnes en situation de handicap,
01:35qui sont aujourd'hui privées de solutions de transport de proximité, cette véhicule, cette voiture autonome,
01:40c'est une des réponses. Mais si on attend, si on n'anticipe pas, si on ne soutient pas nos
01:44entreprises,
01:44si on n'expérimente pas, on va louper quelque chose qui est l'avenir du transport dans tous les pays
01:49du monde.
01:50Tout le monde dans la majorité vient au secours de Total, c'est tellement bien d'avoir un géant mondial,
01:55patin-couffin, et donc il ne faut pas le taxer. Est-ce que vous aussi vous participez à ce culte
02:00de Total et de Patrick Pouyanné ?
02:03Un culte non, mais à l'inverse, haro sur le baudet, c'est pas trop mon truc non plus.
02:07On taxe ou on taxe pas ?
02:08Écoutez, on a quand même ce réflexe génial français, que dès qu'il y a un sujet, il faut sortir
02:13la taxe.
02:13D'abord, il faut dézoomer un tout petit peu. On est encore dans la crise, aujourd'hui.
02:17Donc les aides du gouvernement, c'est ça la priorité. L'engagement de Total sur le plafonnement, c'est ça
02:22la priorité.
02:23Ça va durer, malheureusement, les conséquences de cette crise.
02:26On peut peut-être attendre de voir qu'elles seront à la fin des profits ou des surprofits éventuels pour
02:30prendre des décisions.
02:31Je pense que c'est important. Il n'y a peut-être pas que la taxe.
02:34On pourrait peut-être demander à nos grandes entreprises énergétiques.
02:37Total, ça s'appelle aujourd'hui Total Energy.
02:38Ça finance, ce n'est pas anecdotique. Beaucoup de renouvelables, notamment de l'éolien à Bassi, en mer, de plus
02:44en plus.
02:44On pourrait par exemple demander…
02:45Plus de carbone quand même.
02:46Oui, bien sûr.
02:47Plus d'énergie carbone.
02:48Parce qu'on en a encore besoin, d'où le sujet des carburants pour les millions de Français.
02:51Il y a le plafonnement, c'est un engagement de Total.
02:53Est-ce qu'il faudra, dans quelques mois, qu'on saura le bilan de la crise, demander des engagements supplémentaires
02:57?
02:57Peut-être. Puis je rappelle qu'on a parfois, pardon, des mémoires, tous, de poissons rouges dans nos débats.
03:02Puisqu'en 2022, on a eu déjà une crise énergétique. On a eu exactement ces débats sur la taxation.
03:06Il y a eu une réponse qui a apporté d'ailleurs encore ces derniers jours le président de la République.
03:10Qui a été de dire, s'il faut avoir ce débat sur des profits exceptionnels, ayons-le au niveau européen.
03:14On parle de compétition internationale. On ne va pas être les seuls à avoir une mesure fiscale exceptionnelle sur nos
03:20entreprises,
03:20qui sont effectivement aussi des investisseurs.
03:22Même pour la mettre en place au niveau européen, on ne sent pas la France très à lente.
03:25Mais parce que, encore une fois, l'urgence, c'est d'aider les Français qui ont besoin d'avoir un
03:28plein pas trop cher.
03:29C'est le plafonnement que Total met en place, peut-être justement pour éviter des mesures fiscales.
03:33Que Total abonde au budget de l'État, ça peut aider les Français également.
03:36Mais d'accord.
03:37Au budget des États.
03:38Pour l'instant, les aides, elles sont là. Que Total finance une taxe ou pas.
03:42Et encore une fois, on a regardé, on a commenté des profits sur un trimestre.
03:47Malheureusement, je crains que les conséquences de la crise ne soient pas complètement finies.
03:50Donc on peut peut-être attendre quelques mois pour voir quelle est la situation.
03:53Et s'il faut des mesures exceptionnelles, des mesures exceptionnelles seront prises.
03:57Mais encore une fois, faisons-le.
03:58On parlait de compétition avec la Chine ou les États-Unis, ou même au sein de l'Europe,
04:02en ayant le soin de ne pas abîmer nos emplois, nos grandes entreprises, nos investissements.
04:07Je préférais par exemple, qu'on demande à Total, de renforcer ces investissements verts, dans l'éolien ou dans le
04:12solaire.
04:13Le plan dont vous êtes au commissaire s'apprête à publier, enfin travail, sur l'audiovisuel public.
04:19Est-ce à dire que les conclusions de la commission, j'allais dire à l'oncle Patrie et l'Étus,
04:25plus exactement,
04:26ne vous ont pas complètement convaincu ?
04:28Moi, je ne suis pas dans le débat parlementaire.
04:30Je respecte le travail du Parlement.
04:32Quand on regarde le rapport, on a l'impression que c'était quand même essentiellement
04:35tirons sur l'audiovisuel public, qu'on en a fait adversaire ou une cible.
04:40L'enjeu, c'est quoi ?
04:41L'enjeu, si on regarde l'avenir, ce n'est pas se battre entre chaînes publiques ou privées en France.
04:46Ce sont les grandes plateformes, là encore, plutôt américaines, qui sont très puissantes.
04:51La première chaîne de télévision en France aujourd'hui, c'est YouTube,
04:54qui utilise souvent le contenu de l'audiovisuel public français, de l'audiovisuel privé français,
04:58et sans participer au financement de la création,
05:01sans régulation qu'impose, par exemple, l'ARCOM à toutes les chaînes en France
05:05et qui fait respecter des règles de pluralisme.
05:07Tout ça, c'est la loi de la jungle dans le domaine du numérique.
05:10Il n'y a pas ces règles qui s'appliquent.
05:12Et donc, je pense que l'enjeu, ce n'est pas de savoir si c'est une chaîne privée
05:15contre une chaîne publique ou telle ou telle note de frais ou je ne sais pas quoi.
05:18Ce n'est pas ça, l'enjeu.
05:19L'enjeu, c'est la régulation des grandes plateformes pour que notre système de création,
05:22de pluralisme, de lutte contre la désinformation.
05:24Vous avez 15% des informations qui sont sur les réseaux sociaux qui sont des fake news.
05:28Tout ça, c'est ça l'enjeu et je pense que si on se projette, c'est mon boulot,
05:32sur les enjeux de 2030 ou 2050, c'est là-dessus qu'il faut travailler.
05:36Donc oui, on va essayer de travailler sur ces sujets pour proposer
05:38des réformes françaises et européennes de régulation des grandes plateformes.
05:41Edouard Philippe ou Gabriel Attal ?
05:43Je ne rentrerai pas dans un commentaire de petit chevaux.
05:46Ah, c'est quand même, ça s'approche.
05:47Oui, bien sûr.
05:48Alors, je vais vous dire, il y a encore beaucoup d'épisodes.
05:51Edouard Philippe, il s'est exprimé hier, c'est un candidat déclaré.
05:53Moi, j'appartiens au Parti Renaissance, dirigé par Gabriel Attal.
05:56Qui est un candidat quasi déclaré ?
05:58Il ne s'est pas déclaré, donc d'abord, attendons, il y a suffisamment de candidatures.
06:00Vous avez un doute ?
06:02J'attends, je respecte les temps.
06:04Je vois évidemment, je ne suis pas naïf, qu'il y a un intérêt,
06:06qu'il y a un projet qui se dessine, et bien c'est très bien.
06:09Mais je vais vous dire deux choses.
06:10C'est une élection sans précédent.
06:13Jusqu'à 2002, on pensait que l'extrême droite ne serait jamais au deuxième tour.
06:16Maintenant, elle est toujours au deuxième tour.
06:17Aujourd'hui, pour la première fois de notre histoire,
06:20l'extrême droite peut gagner, et c'est même peut-être le scénario de référence.
06:24Peut-être qu'elle est favorite.
06:25Donc, il ne faut pas déconner.
06:26Dans le centre, il faudra un seul candidat,
06:28et même dans un espace beaucoup plus large que le centre.
06:30Je crois qu'il faudra un candidat unique, dès le premier tour,
06:34entre la gauche républicaine qui ronde avec LFI,
06:37jusqu'à la droite modérée qui ronde avec le RN.
06:39Je pense qu'on n'a pas le choix.
06:41Jusqu'à Glucksmann, un seul camp.
06:43Donc, ce n'est pas Édouard Philippe et Raphaël Glucksmann,
06:46ou François Hollande, c'est un seul pour tout cet espace.
06:48Ça peut paraître naïf ou un peu idéaliste,
06:50mais on n'a pas le choix.
06:51Parce que le premier tour, ça va être déjà un deuxième tour.
06:54Si vous avez un candidat qui soit de centre-gauche,
06:56qui soit de centre-droite, qui soit du centre tout court,
06:58qui fait 17, 18, 20% et que l'extrême droite fait plus de 30%,
07:03ça va être très difficile au second tour.
07:05Donc, vous, quel que soit le candidat,
07:06François Hollande, Raphaël Glucksmann, Édouard Philippe-Gabriel Attal,
07:08c'est votre candidat ?
07:09S'il faut faire barrage à l'extrême droite, oui.
07:11Mais je vais vous dire, il ne faut pas seulement un rempart.
07:13C'est pour ça que le sujet, ce n'est pas tellement combien il y a de candidats.
07:16Il en faut moins.
07:17Ça, ça se dessinera sans doute à l'automne.
07:18Et puis, il faut des idées.
07:19Parce que ce n'est pas juste en disant l'extrême droite, c'est dangereux,
07:22qu'on fait envie.
07:23Et donc, il faut proposer des idées sur l'écologie,
07:25sur les voitures autonomes ou l'innovation.
07:28Il faut faire rêver.
07:29Et sur tous ces sujets, moi, je crois qu'il y a un destin français-européen.
07:32Je ferai moi-même ma part.
07:33Je proposerai des idées dans les semaines qui viennent.
07:35Il faut qu'on mette des idées sur la table.
07:36On a une crise des idées, une crise de l'enthousiasme,
07:39une crise de l'idéalisme français-européen.
07:41Il faut qu'on propose tout ça.
07:42Merci beaucoup Clément Bonneau, commissaire au plan
07:45qui propose un seul candidat de la gauche modérée à la droite modérée.
07:49Merci d'être venu, d'être passé sur le plateau des 4V.
07:52Très bonne journée.
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