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  • il y a 2 jours
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes.

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Transcription
00:00Marie-Marie de Boulélier, vous m'avez...
00:03Voilà, je vais attendre le jingle.
00:04On n'a pas assez dormi cette nuit.
00:05Bonjour M. Bernstein.
00:06Vous n'avez pas beaucoup dormi.
00:07Merci beaucoup d'être passé par ce plateau.
00:11Vous perdez quasiment toutes vos villes.
00:13Non, pas quasiment toutes les villes.
00:15Beaucoup de grandes villes.
00:16Oui.
00:17Beaucoup de grandes villes.
00:17Voilà, on va se mettre d'accord.
00:18Que s'est-il passé ?
00:19Écoutez, je vais répondre à toutes vos questions ce matin.
00:23Je ne me serais pas fait quatre plateaux télé
00:25et celui-ci ce matin, c'était pour me planquer,
00:27mais je voulais commencer, je le dois,
00:29par saluer le courage de tous les militants écologistes,
00:31mais aussi de gauche,
00:32qui se sont affrontés à des territoires parfois perdus d'avance,
00:36parfois très difficiles,
00:37dans une ambiance, il faut dire, toxique, de fake news,
00:39une campagne dont je n'avais jamais expérimenté
00:43une violence pareille dans toute la France.
00:44Donc ça, je voulais le dire et les remercier
00:46pour leur opiniâtreté, dont je sais qu'elle va continuer.
00:49Vous dire qu'on sauve l'honneur à Tours, à Grenoble, à Arcueil,
00:53dans les villes qu'on nous disait perdues d'avance,
00:55qu'on commet l'impossible exploit de gagner à Lyon,
00:58là où même les experts de football,
01:00comme Jean-Michel Olas, n'avaient pas vu le remontada,
01:02et qu'on gagne, attendez, il faut quand même souligner
01:05le fait qu'on gagne à Sarcelles, qu'on gagne à Villepinte,
01:08qu'on gagne à Bagnolet, dans des villes de banlieue
01:10où on disait que l'écologie ne percerait jamais,
01:11mais aussi en ruralité.
01:13On a un maire à 25 ans qui devient le premier maire écologiste
01:15de l'Aveyron, que je salue, Léon Thiebaud,
01:18et puis on gagne aussi des villes à la droite,
01:20comme à Conflans-Sainte-Honorine ou à Villepinte.
01:24Et puis on échoue près du but, à Fécamp, à 47 voies, etc.
01:27Donc ça, je me dois de le souligner.
01:28Vous perdez Strasbourg, vous perdez Besançon, vous perdez Poitiers.
01:32Oui, on perd des villes, et c'est très triste ce matin,
01:37parce que moi je pense à ces maires qui ont fait un super boulot,
01:39avec qui on en a parlé tout le mandat,
01:41parce qu'il y avait ces réalisations concrètes,
01:44avec des résultats palpables,
01:45l'amélioration de la qualité de l'air,
01:47du bio et du local dans les cantines pour la santé des enfants,
01:49des offres de transport qui s'améliorent.
01:51Vous perdez alors que vous avez un super bilan.
01:53C'est la dure loi de la politique.
01:54C'est le public qui n'a rien compris.
01:55C'est la dure loi de la politique qui oblige à s'interroger ce matin.
01:58Alors, on sait bien à quel point les macronistes
02:01et une partie de la droite ont tout fait pour nous faire perdre.
02:04On a servi de punching ball dans ce pays,
02:07matin, midi, soir, l'écologie,
02:09depuis des mois, voire des années.
02:11Et on sait aussi qu'il y a eu, par exemple, à Bordeaux,
02:15un désistement de M. de Certin,
02:16parce qu'il y avait une triangulaire,
02:17et au dernier moment, à 18h, au moment des dépôts des listes,
02:19on apprend, il le dit lui-même,
02:21qu'il s'est fait à moitié péter les genoux par l'Elysée.
02:24– Donc c'est la faute des macronistes,
02:26c'est la faute de…
02:26– Je termine juste.
02:27Il dit lui-même qu'il a eu des coups bas,
02:30des menaces, des pressions,
02:31et que du coup, il se désiste,
02:32et qu'il appelle à voter pour personne.
02:34Après, moi, je ne suis pas là pour vous expliquer
02:36que rien n'est de notre faute
02:37et qu'on a tout fait parfaitement.
02:39– Qu'est-ce que vous avez mal fait, alors ?
02:40– On va avoir une réunion ce soir, à 20h,
02:42les différentes forces de notre mouvement pour en discuter.
02:44– Moi, on l'a pointé à plusieurs depuis quelques mois,
02:47il y avait un souci de communication,
02:49mais dans un moment qui est dur.
02:50Vous voyez, les réseaux sociaux,
02:51un militant écologiste normalement constitué dit
02:53« Moi, j'y vais plus, c'est trop violent,
02:55c'est mensonger, c'est pas juste, c'est truqué. »
02:58L'algorithme sur Twitter, on le connaît.
03:00Et donc, je pense qu'il y a des espaces
03:01où on aurait dû mener plus la bataille qu'on a déserté.
03:04Et ce que j'expliquais aux militants,
03:06c'est que, vous savez, les journalistes,
03:07quand ils disent « Ah bah, la campagne est belle dans telle ville,
03:09elle est ratée dans telle autre »,
03:10ils n'ont pas mis un pied dans la ville.
03:11Eux, ils voient ça par le prisme des réseaux sociaux.
03:13Et ça fait aussi une campagne.
03:14Donc, je pense que la communication, les réseaux sociaux,
03:17parfois, on n'a pas envie,
03:18on préfère se concentrer de manière studieuse sur nos politiques,
03:20mais ça ne suffit pas, voilà.
03:21– Il n'y a pas beaucoup d'autocritiques quand même.
03:23– Je viens de vous en faire une, majeure,
03:25parce que si on fait de la politique sans communication,
03:27on rate quand même un épisode.
03:28– Ces élections étaient quand même pour vous
03:30un test de bonne gestion,
03:31voir si vous étiez capable de passer
03:32d'une attitude de lanceur d'alerte,
03:34j'allais dire, à une attitude de gestionnaire dans les villes.
03:38– Je pense que c'est pour ça qu'on a servi de paratonnerre
03:40la moitié de la classe politique de ce pays.
03:42– Dans de nombreuses villes,
03:44les Français ne vous ont pas donné quittus de votre bonne gestion.
03:46– Non, mais c'est sûr, je ne dis pas le contraire,
03:48mais je sais aussi à quel point
03:50l'ambiance globale à gauche n'a pas aidé.
03:52Je le dis depuis des semaines,
03:54la gauche fait la guerre à la gauche,
03:56qui fait en retour la guerre à notre moitié de la gauche.
03:58Et je pense que l'attitude de Jean-Luc Mélenchon,
04:00qui a consisté à s'aborder quelque part cette campagne,
04:04à faire ce que je ne qualifie pas de dérapage,
04:06parce que ce n'est pas comme s'il n'avait pas fait exprès,
04:07et l'attitude d'une autre partie de la gauche,
04:09celle qui est à la droite d'Olivier Forst, son opposition…
04:12– Quand il tient des propos qu'on peut qualifier d'antisémite,
04:14il fait exprès ?
04:15– Pour moi, ça n'est pas des dérapages.
04:17Je le sais bien trop instruit pour me dire
04:19que comme ça, il n'aurait pas fait exprès,
04:20que ça lui aurait échappé.
04:21Je pense que tout ça est calculé,
04:22parce qu'il y a une ambition,
04:25c'est ce que j'appelais chez Jean-Luc Mélenchon
04:27ou chez François Hollande,
04:28une attitude de tonton flingueur.
04:30Il y a un côté, tiens,
04:32on va faire perdre tout le monde,
04:34on va rendre tout ça irréconciliable.
04:36D'ailleurs, la gauche irréconciliable…
04:37– Vous les mettez sur le même plan ?
04:39– Chacun dans leur registre,
04:40mais à la fin, la gauche irréconciliable,
04:41on peut dire qu'elle a gagné,
04:42c'est une victoire,
04:43et Jean-Luc Mélenchon et de François Hollande
04:44qui avaient prédit qu'on ne pourrait plus travailler ensemble.
04:46Mais quand la gauche irréconciliable gagne,
04:48en fait, c'est la gauche qui perd.
04:50Donc moi, je retiens ça,
04:51et ça doit nous servir d'alerte pour 2027,
04:53parce qu'hier, j'ai fait beaucoup de plateaux télé,
04:55et j'ai entendu la droite assez unanimement,
04:58chacun dans son registre, dire
04:59« Bon, on a compris,
05:00il faut une seule candidature pour 2027 »,
05:02et j'ai entendu mes collègues de gauche
05:04expliquer à quel point il en faudrait plusieurs
05:05pour démontrer le bout de l'impasse
05:08dans laquelle ils cherchent à nous emmener.
05:10Bon, je suis très inquiète.
05:11– Les Insoumis font perdre la gauche ?
05:12– Je pense qu'on voit bien,
05:16ils ont réussi à conquérir des villes,
05:18très peu sur la droite, à part Roubaix,
05:21plutôt des villes sur la gauche,
05:23au roi du cimetière, voilà.
05:24Et puis, dans les villes où ils pouvaient l'emporter,
05:26parce qu'ils avaient été mis en tête au premier tour,
05:28un peu par surprise,
05:29grâce, à mon avis,
05:30aux derniers déplacements de Carole Delga à Toulouse
05:32et de Raphaël Glucksmann à Limoges,
05:33qui sont à l'expliquer que leur candidat
05:34ne ferait jamais d'union.
05:35Les électeurs de gauche ont dit
05:36« Ok, comme c'est gagnable,
05:37on va plutôt voter pour ceux qui peuvent faire union ».
05:39Et puis, on voit bien qu'à la fin,
05:40ça n'a pas marché,
05:41ça n'a pas convaincu au deuxième tour,
05:42alors que c'était possible.
05:44Donc ça, c'est aussi quelque chose qu'il faut pointer.
05:46Et puis, la France Insoumise,
05:47elle perd les deux villes qu'elle gérait,
05:49Fachtuménil, Danor et Grabelle,
05:50près de Montpellier.
05:51Elle en gérait deux,
05:53elle perd les deux.
05:54Elle en gagne d'autres.
05:54Oui, elle en gagne d'autres.
05:55Mais vous savez,
05:57les élections, c'est comme ça.
05:58Il y a des gagnants, il y a des perdants.
05:59Tout le monde raconte ses victoires
06:00en minimale, dans ses défaites.
06:01Moi, j'essaye de vous faire tout ça en même temps,
06:03dans un temps très limité
06:04qui est le mien ce matin.
06:05Mais surtout,
06:06une fois que tout ça est posé,
06:08il faut en tirer les leçons et les conséquences
06:09pour les élections qui suivent.
06:11On a des consulaires au mois de mai
06:12pour les Français de l'étranger.
06:13On a des sénatoriales en septembre.
06:15On a en 2027 une échéance majeure
06:17à la présidentielle et législative.
06:18Et les choses sont claires.
06:20Marine Le Pen ou Jordan Bardella,
06:21celui des deux qui ne sera pas en prison,
06:23seront au deuxième tour.
06:24Et il restera une autre place
06:25au deuxième tour de la présidentielle
06:26qui ira au camp entre la droite et la gauche
06:29qui sera le plus uni ou le moins désuni.
06:31C'est ça qui compte maintenant
06:33et c'est là-dessus qu'on doit se concentrer.
06:34Je peux vous dire qu'on a du boulot.
06:35Après un tel échec,
06:36il est fréquent qu'un échec en tout cas,
06:38il est fréquent que le ou la chef assume.
06:41Est-ce que vous allez proposer
06:42votre démission de la tête de votre parti ?
06:43On a une réunion à 20h ce soir.
06:46Pour tout vous dire,
06:46j'ai pensé beaucoup cette nuit
06:48en me disant si on devait refaire,
06:50qu'est-ce qu'on ferait différemment, etc.
06:52Je ne pense pas qu'en termes stratégiques,
06:54on aurait fait les choses différemment,
06:56que ça se serait mieux passé.
06:57Parce que je vais vous dire,
06:58les écologistes, je les remercie déjà,
06:59ils ont pris chacun des décisions,
07:00les militants dans les villes.
07:02C'est comme ça que ça se passait chez nous.
07:03Ce n'est pas moi qui ai dit
07:04toi tu fais ça, toi tu fais ça.
07:05Mais je ne renie rien
07:06des décisions stratégiques qu'ils ont prises.
07:08Ils ont permis à la gauche
07:09de gagner à Paris, à Lyon et à Marseille,
07:12en union avec la France Insoumise,
07:13à Lyon d'ailleurs.
07:14Ils ont permis d'aller gagner des villes
07:15à Amiens, à Saint-Étienne, à Nîmes,
07:19parfois derrière d'autres,
07:20parfois derrière eux.
07:21Et ils renforcent leur position
07:22dans les exécutifs.
07:23À Lille, on était dans l'opposition,
07:24on rentre dans la majorité
07:25de manière très fracassante
07:26avec un pari réussi.
07:28À Paris, à Marseille,
07:28il n'y en aura jamais eu autant d'élus.
07:30Et donc il faut aussi le souligner.
07:31Je les remercie de ce combat dur,
07:33mais en partie réussi.
07:34Nous ne voyons pas que les échecs.
07:35Et donc manifestement,
07:37vous ne démissionnerez pas.
07:38Merci beaucoup, Marine Tondelier.
07:39Invité des 4 V.
07:41Des 4 V.
07:42Très bonne journée à tous.
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