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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis-Pierrefitte.

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Transcription
00:03Bonjour à tous, bonjour Bali Bagayoko, vous êtes un des visages, une des révélations de ces élections municipales puisque vous
00:09êtes la personnalité insoumise qui exerce les responsabilités les plus importantes.
00:14A la tête de cette ville, de cette municipalité de Saint-Denis-Pierre-Fitte, 150 000 habitants, vous avez été
00:20élu dès le premier tour.
00:22Vous avez dit vouloir incarner la Nouvelle-France, ça veut dire quoi ?
00:26La Nouvelle-France c'est celle en fin de compte qui ne demande plus d'être en fait des Français
00:32à part entière.
00:32Donc la Nouvelle-France ce sont des enfants de la République qui ont grandi dans les quartiers populaires et qui
00:37souvent ont été stigmatisés, souvent ont été relégués et qui plutôt que de se plaindre n'ont eu de cesse
00:42que de travailler.
00:43Il est vrai sur Saint-Denis mais il est vrai aussi dans le Val-de-L'Oise, il est vrai
00:46aussi y compris parfois dans l'ensemble des départements de Saint-Denis.
00:50Et donc c'est ceux-là désormais en fin de compte qui constituent l'étincelle, donc on les voit par
00:54les visages, on les voit par les luttes.
00:56Et qui, à partir de mars 2026, ont décidé qu'ils devaient prendre leurs responsabilités.
01:01C'est une France de communautés qui gardent leur particularisme ou c'est des communautés qui se fondent dans un
01:09ensemble qui est la République ?
01:11Nous sommes pleinement et entièrement dans la République et nous sommes la République. Liberté, égalité, fraternité.
01:16Et nous y sommes d'ailleurs beaucoup plus fidèles que tous les tenants du Rassemblement national.
01:20Et donc nous assumons ce que nous sommes, c'est-à-dire des héritiers à la fois de l'immigration
01:24mais aussi ouvrière avec des parcours singuliers et avec y compris des parents qui ont beaucoup fait pour notre France,
01:31notre chère France.
01:31Et donc c'est la raison pour laquelle nous assumons ce terme de Nouvelle-France.
01:35Alors ce n'est pas en termes de nouveauté parce que nous existons.
01:38Aujourd'hui, ce qui est nouveau, c'est une dynamique aujourd'hui qui est vraiment assumée avec des enfants de
01:43la République qui ressemblent forcément, je veux dire, à la France tête qu'elle est, à des métissiers.
01:47Et qui désormais ne s'invitent plus, en fin de compte, je veux dire, à attendre que l'on donne
01:52des responsabilités.
01:53Ils prennent leurs responsabilités et je trouve que c'est ça qui est déterminant.
01:56– Vous avez dit vouloir faire de Saint-Denis la capitale de l'insoumission.
02:01Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que Saint-Denis doit être un laboratoire de ce que pourrait être
02:05l'exercice du pouvoir par la France insoumise au niveau national ?
02:08– Très clairement. Très clairement, Saint-Denis et Pierre-Fitte d'ailleurs sur Seine.
02:12Et donc d'ailleurs, je tenais vraiment à vous remercier parce que vous faites partie de celles et de ceux
02:15qui n'oublient jamais Pierre-Fitte sur Seine.
02:17Donc je suis le maire de la ville de Pierre-Fitte et de Saint-Denis.
02:20Et donc je souhaite que Saint-Denis et Pierre-Fitte vraiment soient le top départ en train de compte d
02:25'une nouvelle dynamique
02:26qui doit pouvoir rayonner sur l'ensemble d'ailleurs de la France.
02:29Donc c'est un modèle maintenant qui nous appartient de construire.
02:32C'est un modèle qui, bien sûr, se loge dans les luttes anciennes, ouvrières, mais aussi une vague d'immigration
02:38qu'est en fait ce territoire.
02:39– Et donc vous voulez que dans la campagne présidentielle future, Jean-Luc Mélenchon puisse dire, voilà, regardez ce qu
02:43'on a fait à Roubaix par exemple,
02:45ou regardez ce qu'on a fait à Saint-Denis ?
02:46– Clairement, c'est-à-dire que le lien avec Roubaix est très concret,
02:48puisque Roubaix est aussi un territoire ouvrier avec, bien sûr, des gens qui ont été…
02:52– Remportés par David Guiraud.
02:53– Remportés par David Guiraud, que j'aurai l'occasion de rencontrer d'ailleurs tout à l'heure.
02:57Et donc c'est ça, en fin de compte, cette nouvelle France et c'est ça, cette nouvelle dynamique.
02:59Il faut désormais s'appuyer sur la dynamique, enfin, de la campagne municipale pour pouvoir réussir la campagne présidentielle.
03:05– Alors par exemple, est-ce que vous voulez toujours, j'ai vu que dans votre programme, vous vouliez désarmer
03:09la police municipale,
03:11est-ce que vous voulez toujours désarmer la police municipale ?
03:14Est-ce que ce n'est pas mettre les policiers municipaux en danger ?
03:18– Non, j'ai eu d'ailleurs l'occasion de rencontrer l'ensemble des policiers municipaux,
03:22il y a maintenant, d'ailleurs hier et avant-hier, à la fois pour leur témoigner de ma reconnaissance
03:26ou le travail, bien sûr, qu'ils accomplissent.
03:27– Et vous allez les désarmer ?
03:28– Et nous allons rentrer dans un processus de désarmement, mais ce n'est pas l'urgence.
03:31Quand je parle de désarmement, c'est d'abord le LBD.
03:33Le LBD qui est véritablement une arme, du coup, qui, celui-ci, est très peu contrôlable.
03:37Ensuite, pour ce qui est…
03:38– Donc les lanceurs de…
03:38– Voilà, les lanceurs, en fait, de balles, qui ont des conséquences dramatiques, en fin de compte, sur…
03:43– Donc d'abord les LBD, mais les armes à feu, pour l'instant, ils vont les garder ?
03:47– Nous les gardons avec un processus de désarmement.
03:49Et donc ça, ça passe d'abord par la définition d'une doctrine.
03:51Nous allons piano-piano, nous posons en fait un cadre…
03:54– On a l'impression qu'il faut reculer un peu là-dessus.
03:56– Non, non, non, c'est que nous sommes pragmatiques.
03:58On ne gère pas une ville de 150 000 habitants comme une ville de 2-3 000 habitants.
04:01La police municipale, avant 2020, n'était pas armée.
04:04Donc nous considérons que si nous devons aller dans un processus de désarmement,
04:07c'est un processus…
04:08– Est-ce que de nombreux maires de Banlieue disent
04:10des polices municipales non armées, on n'arrive plus à recruter,
04:13personne n'est candidat parce que c'est trop dangereux ?
04:15– Mais il y a aussi…
04:16– C'est vrai, vous dites que c'est vrai ?
04:17– Non, non, c'est vrai d'une partie, mais il y a aussi…
04:19– Alors comment vous dites, c'est vrai, on n'arrive pas à recruter
04:22si les policiers municipaux sont désarmés, et pourtant vous voulez désarmer ?
04:25– Il y a deux choses, il y a à la fois ne pas courir, en fin de compte,
04:28avec la logique sécuritaire, la preuve.
04:30Le maire qui a été battu, c'est celui bien sûr qui s'est posé,
04:33en fin de compte, Mathieu Annotin, en logique sécuritaire,
04:35avec pas loin de 40% de l'augmentation de le budget,
04:3720 millions d'euros à injecter, et pourtant a été battu.
04:39Donc ce qui veut dire que les électeurs ont bien compris, en fin de compte,
04:42qu'ils ne vont pas juste se laisser séduire par une logique sécuritaire,
04:44qu'ils veulent aussi à un moment donné qu'on réponde à des préoccupations essentielles,
04:47c'est-à-dire d'urgence sociale.
04:48Et donc je pense qu'il faut qu'on traite les deux, d'urgence sociale,
04:51et bien sûr une police municipale, forte, de proximité, en maintenant les effectifs.
04:55Donc ça c'est prévu.
04:56En revanche, la question du désarmement, c'est un processus, c'est pas immédiat.
04:59Donc c'est pas pour tout de suite, c'est compris.
05:01Justement, vous avez parlé de Mathieu Annotin,
05:03je voudrais revenir sur la campagne.
05:04Jean-Luc Mélenchon l'a traité, Mathieu Annotin, de petit bourgeois visqueux.
05:08Est-ce que vous êtes d'accord avec cette affirmation ?
05:09C'est une affirmation, en fin de compte,
05:11qui est à la fois celle qui a été entendue d'ailleurs par les habitants,
05:15et d'ailleurs qui s'est exprimée par les habitants.
05:17Ce sont les habitants, en fin de compte, de Saint-Denis,
05:19qui l'ont exprimé en ces termes-là,
05:20tel qu'il y avait un décalage.
05:21– Ça veut dire quoi, ils l'ont exprimé ?
05:22– Ils l'ont exprimé en ces termes-là.
05:23– Ils ne sont pas sortis dans la rue en disant
05:24« Annotin, petit bourgeois visqueux ».
05:25– Non, non, non, ils n'ont pas dit en ces termes-là,
05:27mais c'est-à-dire que l'ensemble des actes
05:28qui ont été posés par Mathieu Annotin et sa majorité
05:31l'ont quasiment qualifié comme étant déconnecté, en fait, de la réalité.
05:34– D'être déconnecté et petit bourgeois visqueux, c'est pas pareil.
05:36– Petit bourgeois, oui, mais si, pour moi, c'est exactement pareil.
05:38– C'est exactement pareil.
05:39– C'est quand on va sur un territoire de Saint-Denis
05:41qu'on est en gilet pare-balles, vous êtes déconnecté de la réalité.
05:43– Et ça fait de vous un petit bourgeois visqueux ?
05:45– Et ça fait, effectivement, de lui un petit bourgeois visqueux.
05:47– Vous assumez ce langage violent politique ?
05:51– Ce n'est pas un langage violent.
05:52J'aurais souhaité, d'ailleurs, que les autres médias
05:54se soient offusqués quand ce même maire sortant
05:57m'est qualifié de narcotrafiquant.
05:59– Vous l'avez attaqué en justice, d'ailleurs.
06:01– Très bien, et que ce même maire, d'ailleurs,
06:03ait qualifié une administrée de chauve-souris.
06:04Alors, pas lui, mais son directeur de cabinet.
06:06Bon, voilà, donc, soyons un peu sérieux.
06:07Ce message qui a été envoyé par Jean-Luc, en fin de compte,
06:09est vraiment anecdotique par rapport à l'ensemble
06:11des violences qui ont été faites par Mathieu Nota.
06:14– On peut avoir des oppositions, voire des oppositions violentes,
06:17mais est-ce qu'il est nécessaire de s'insulter
06:19pour revendiquer une singularité ?
06:22– Non, je pense qu'il n'est pas nécessaire.
06:23Et c'est la raison pour laquelle, dans notre campagne,
06:24nous avons fait le choix vraiment d'être très concentrés,
06:27en fait, sur le programme.
06:28Nous n'avons eu de cesse que d'appeler, en fin de compte,
06:30je veux dire, à l'apaisement.
06:31Nous avons répliqué, parfois, parce que c'était nécessaire,
06:33parce que, combien même, nous sommes dans une campagne
06:36extrêmement, parfois, violente, mais nous sommes quand même
06:38des gens qui souhaitons être dignes, parce que nous nous
06:39adressions plutôt aux électeurs, et ce qui est certain,
06:41c'est que nous n'avons pas non plus nous laissé, entre guillemets,
06:44contrarier par certains propos.
06:45Voilà, donc, c'est une campagne qu'il faut désormais mettre de côté,
06:48c'est-à-dire que maintenant, il y a une séquence électorale
06:50désormais qui est terminée, où la seule mobilisation
06:52que nous allons avoir, c'est de répondre aux préoccupations
06:54des habitants de Saint-Denis et de Pierre-Fitte.
06:56– Bali, Bagayoko, invité des nouveaux maires de Saint-Denis,
06:59Pierre-Fitte, invité des 4V.
07:01Merci beaucoup, très bonne journée à tous, à vous, Maya.
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