00:00Bonjour à tous, bonjour Madame la Première Ministre.
00:05À 16h, l'Assemblée Nationale examine le texte sur l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
00:11Vous n'êtes plus Première Ministre, vous êtes députée. Est-ce que vous voterez pour ce texte ?
00:16Alors bien sûr, je voterai pour ce texte qui répond à un engagement fort du Président de la République
00:21d'interdire les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans pour la prochaine rentrée.
00:2615 ans, c'est bien ?
00:28C'est l'âge qui a été proposé par les experts qui se sont penchés sur le sujet.
00:33Et vous savez, moi, en tant que ministre d'Éducation nationale, j'ai pu voir à quel point les jeunes peuvent être en souffrance psychologique
00:41et ces réseaux sociaux qui vous enferment dans des algorithmes où vous pouvez être sur des thèses masculinistes,
00:50où on incite au suicide, où on encourage l'anorexie chez les jeunes filles, c'est absolument terrible.
00:56Et donc, je pense qu'il faut absolument qu'on protège les jeunes de l'influence de ces réseaux sociaux.
01:02Et c'est ce que ce texte permet de faire.
01:03Mais vous l'avez dit, c'est terrible. Donc, à 15 ans et 2 jours, on aura accès à ce genre de choses ?
01:07Je pense qu'il y a en même temps une éducation aux médias et à l'information qui est proposée par le ministère de l'Éducation nationale.
01:15Donc, il faut apprendre à avoir du recul par rapport à ces réseaux sociaux.
01:20Mais moi, je l'ai vu, vous savez, cette souffrance psychologique chez les jeunes, ça peut aussi arriver à de la détresse
01:27qui met en danger le jeune ou qui met en danger les autres.
01:31Moi, j'ai assisté à des drames épouvantables en tant que ministre, par exemple, à Nantes,
01:38où un jeune a poignardé de 57 coups de couteau une de ses camarades après avoir découvert les thèses masculinistes sur ses réseaux sociaux.
01:49Donc, je pense qu'il faut absolument qu'on protège la jeunesse de ces influences qui sont terribles.
01:53Et interdire les portables au lycée ?
01:55Alors, moi, je me suis battu déjà pour rendre effective l'interdiction au collège.
02:01Je pense qu'au lycée, c'est plus compliqué et qu'il est utile de consulter les jeunes.
02:07Comme vous le disiez, quand on arrive au lycée, on est presque un jeune adulte.
02:12En tout cas, on est un adulte en devenir.
02:14Et je pense que ce sera important d'associer aussi les représentants des lycéens.
02:18Est-ce que je dois comprendre que vous êtes réservé sur cette interdiction du portable au lycée ?
02:22Je pense que c'est plus compliqué, qu'il faut déjà qu'on s'occupe de bien faire appliquer l'interdiction au collège.
02:28Donc, vous êtes réservé.
02:29Donc, dans la niche Renaissance, comme on dit, il y aura cette loi et il y en aura une autre à la fin,
02:36qui vise à lutter contre l'antisémitisme en interdisant, par exemple, en créant un nouveau délit,
02:42réprimant les appels à la disparition d'un État.
02:46Même question. Est-ce que vous voterez ce texte ?
02:48Certains disent qu'on peut être contre l'existence de l'État d'Israël sans pour autant être antisémite.
02:55Qu'est-ce que vous leur répondez ?
02:57Je leur réponds que maintenant, on peut le constater, l'antisémitisme s'abrite derrière l'antisionisme.
03:06Et c'est une forme renouvelée de l'antisémitisme qu'on doit également combattre.
03:10Et puis, j'ajoute que ce que propose le texte, c'est donc d'interdire tout appel à la destruction d'un État.
03:17Ça vaut pour Israël, mais ça vaut aussi pour l'État palestinien qui a été reconnu par la France.
03:22Donc, quand l'État palestinien existera, s'il existe un jour, nier son existence sera considéré comme un délit.
03:29C'est ce que propose ce texte.
03:31Donc, ça protège d'une certaine manière les deux communautés.
03:33Ça protège les deux.
03:34Et donc, vous le voterez ?
03:35Oui, absolument.
03:35Vous que signez avec Marc Fénaud une tribune dans Le Monde, nous devons nous servir de l'État de droit comme d'une force d'action, avez-vous écrit.
03:46Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ?
03:47Ça veut dire que c'est une alerte face à une double menace, à la fois la brutalisation des relations internationales,
03:56et puis une menace aussi, une contestation des principes qui sont à la base de notre démocratie.
04:03Et moi, je suis convaincue qu'on peut protéger la France sans s'asseoir sur le droit international,
04:09et qu'on peut protéger les Français sans remettre en cause notre Constitution.
04:14Mais est-ce qu'on peut protéger tout le monde ?
04:15Par exemple, en Iran, comment fait-on ?
04:19On apprend ce qui s'est passé, des témoignages horribles, avec une répression absolument barbare.
04:24Que peut le droit et le droit international face à ça ?
04:29Alors, l'Iran, ce n'est pas un État de droit.
04:32Ce que je dis, c'est qu'en France, on a la chance d'être dans un État de droit qui protège le citoyen,
04:39qui s'appuie sur l'égalité de chacun devant la loi,
04:44qui protège aussi la séparation des pouvoirs, le respect de la justice.
04:48En Iran, on assiste, comme vous le dites, à des drames épouvantables.
04:52Et moi, je voudrais saluer le courage de celles et ceux qui se battent pour leur liberté au prix de leur vie.
05:00Et en Iran, ce dont il s'agit maintenant, c'est de durcir et d'élargir les sanctions
05:06vis-à-vis de tous ceux qui sont complices de cette barbarie,
05:09pour que chacun sache qu'il n'y aura pas d'impunité et qu'ils seront sanctionnés.
05:15Par exemple, il faut inscrire les gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes.
05:19La France s'y refuse jusqu'à présent.
05:21Je pense que, vous savez, c'est des processus longs.
05:24En tout cas, il faut soutenir le peuple iranien, il faut durcir les sanctions,
05:28les élargir, que chacun ait bien en tête, qu'on le retrouvera, qu'il n'y aura pas d'impunité.
05:33On voit que cette question est compliquée parce que j'ai vu que vous n'y répondiez pas.
05:36Réellement, vous avez dit que l'Iran n'est pas un état de droit.
05:40Les États-Unis, le Donald Trump, c'est un état de droit ?
05:42Je pense que, vous voyez, ça peut paraître abstrait, l'état de droit,
05:46mais on voit que ça peut vite être menacé.
05:50Et quand on a des personnes qui sont tuées par la police de l'immigration,
05:55on voit ce que ça veut dire de protéger l'état de droit, de protéger les droits des citoyens.
06:01Dernière question.
06:02Vous avez dit que ce budget n'est pas défendable dans les médias.
06:05Alors, nous sommes un média.
06:06J'en déduis que vous n'allez pas le défendre, ce budget.
06:08Non, je n'ai pas dit ça exactement.
06:11Parfois, on vous prête des propos que vous n'avez pas tenus.
06:13Moi, je ne me retrouve pas complètement dans ce budget
06:16qui revient sur vraiment des engagements forts qu'on a portés.
06:21Par exemple, sur la stabilité fiscale pour les entreprises.
06:23Et quand on parle de l'autonomie stratégique de la France et de l'Europe,
06:28on doit protéger nos entreprises et nos industries.
06:30Je note que dans le même temps, ce budget, il porte une augmentation des moyens de nos armées,
06:37de nos forces de sécurité, de la justice.
06:40Et ça, c'est important.
06:41Et ça répond à une inquiétude des Français.
06:43C'est dans la continuité des lois de programmation qui avaient été votées quand j'étais Premier ministre.
06:48Et ce budget, il a le mérite d'exister.
06:49Elisabeth Borne, ancienne Première ministre, invitée des 4V.
06:53Maya, c'est à vous.
06:54Très bonne journée à tous.
Commentaires