00:04Coralie Thérésine a 22 ans, elle est étudiante à l'école supérieure d'ingénieurs Léonard de Vinci, spécialisée en data,
00:11en IA, membre du parcours de recherche.
00:14Bonjour Coralie, merci beaucoup d'être avec nous.
00:16Merci à vous de m'accueillir.
00:18Et vive toutes nos félicitations parce que vous avez lancé un projet de jumeaux numériques entièrement dédié à la santé.
00:24Pouvez-vous nous en faire un petit pitch rapidement ?
00:26Oui, bien sûr.
00:27Alors mon projet, qui est né dans le cadre du parcours recherche de mon école, a pour vocation de détecter
00:34précocement le sepsis.
00:36Donc le sepsis, c'est une infection disproportionnée du système immunitaire.
00:42Et mon but, en fait, c'est de détecter le sepsis avant qu'il arrive.
00:47Vous êtes intéressée à cette maladie parce qu'elle vous touche de près ?
00:52Ou c'était un projet de recherche de toute façon de l'école ?
00:55Un peu des deux, je dirais.
00:56Elle me touche de près.
00:58J'ai eu une expérience personnelle avec cette maladie.
01:01D'accord.
01:02Mais je pense également qu'elle touche 11 millions de personnes.
01:05Et c'est aussi suffisant pour s'y intéresser.
01:08Et c'est avec plaisir que je le fais.
01:10Comment est-ce que vous avez procédé, alors quand vous êtes lancée dans cette aventure, de créer un projet technologique
01:15?
01:15J'ai été d'abord bien épaulée, bien guidée, bien accompagnée.
01:20La première phase a pour vocation vraiment la recherche, l'état de l'art.
01:26Pour savoir déjà ce qui se fait, je ne suis pas la première à m'intéresser à cette problématique.
01:30Et enfin, et ensuite plutôt, la phase de prototypage avec un jeu de données qui est disponible.
01:40Et là, donc la troisième phase qui se penche vers l'application, je dirais, dans des milieux hospitaliers.
01:47Et je suis actuellement dedans.
01:48De partir sur un jumeau numérique, quand est-ce qu'il s'est imposé ?
01:51Quand est-ce que vous vous êtes dit que c'est vraiment la bonne idée d'aborder le problème ?
01:56Je me suis dit que c'est la bonne idée déjà face à la complexité et au grand nombre de
02:01données.
02:02Il faut avoir en fait des algorithmes assez poussés pour vraiment anticiper cette détection.
02:09Et donc voilà, cet outil qui existe dans beaucoup d'autres domaines.
02:15Et ça aussi est intéressant de l'appliquer en santé.
02:17Et c'est-à-dire, vous construisez un jumeau numérique, de quoi précisément ?
02:23C'est un jumeau numérique qui représente un peu le fonctionnement interne du corps à travers les variables médicales que
02:31l'on a.
02:32Variables biologiques également, des comptes rendus médicaux, des radios.
02:37Il se base en fait sur toutes ces données pour un peu représenter le fonctionnement du corps.
02:42Les organes, les nerfs, les muscles, jusqu'où vous allez en fait ?
02:46Alors pour le moment, moi je suis plutôt sur les données biologiques, donc les données médicales également.
02:53Les flux, les flux sanguins ?
02:55Pas encore, pas encore.
02:57Déjà, donc les données biologiques, la pression altérielle,
03:02tous les outils qui peuvent être issus des appareils qui sont présents en milieu hospitalier.
03:08D'accord, donc vous partez de la donnée existante et ensuite ça vous permet de simuler quoi donc ?
03:15Une attaque virale ?
03:16Ce qui permet de simuler, ça va être le corps.
03:22Quels sont les indicateurs qui pourraient se pencher vers une infection qui est au sepsis ?
03:28À travers la compréhension du sepsis.
03:30Donc on essaye un peu de définir ce que c'est le sepsis.
03:34Pour cela, on se base par exemple sur les travaux de Surviving Sepsis Campaign.
03:39Et également de l'échange avec le milieu, les médecins.
03:43Et en faisant ça, on peut se dire, voilà, quelques heures avant, le corps aurait telle réaction.
03:49Et c'est grâce à ça qu'on peut prédire le sepsis.
03:52Et vous avez accès aux données médicales, vraiment, de personnes qui sont atteintes de la maladie ?
04:01Oui, oui, oui, on a accès à ces données-là.
04:03Il n'y a pas de difficulté d'accéder à ces données ?
04:05Alors, il y en a, mais étant dans un centre de recherche, il faut donc passer certaines certifications.
04:13Et ensuite, on a accès à ces données-là, à des jeux de données, des data sets qui viennent de
04:17différents pays,
04:18afin de travailler dessus.
04:20Alors, vous êtes distinguée lauréate des Margaret Awards 2026 par JFD,
04:28la JFD, donc la journée de la femme digitale, dans la catégorie junior.
04:33Vous allez bénéficier comme ça d'un programme d'accélération ?
04:35C'est ça, oui. Je bénéficie d'un programme d'accélération, que ce soit...
04:40Vous en attendez quoi, vous ?
04:42Qu'est-ce que j'en attends ? Je dirais de l'accompagnement.
04:46Je le remarque déjà, du soutien, des opportunités et...
04:53Parce que quel est votre objectif à terme ?
04:55Mon objectif à terme, c'est de développer cet outil jusqu'au bout,
04:58de pouvoir véritablement avoir un outil utilisable par les médecins,
05:03pas que dans un seul centre hospitalier, pas qu'uniquement en France,
05:07mais vraiment un outil qui aide tout un chacun.
05:09Mais ça veut dire sortir le projet de l'école, ça ?
05:12Oui.
05:14Créer une entreprise ?
05:16L'entreprise, pour moi, ce n'est pas vraiment une finalité.
05:19Je dirais que c'est plus le produit final.
05:21Et ensuite, si les hôpitaux décident de l'utiliser, il est à disposition.
05:27Donc c'est que vous le concevez plutôt comme un projet de recherche en sciences ouvertes,
05:32qui serait utilisable par tous les professionnels,
05:36tous les hôpitaux, les centres hospitaliers qui auraient envie ou besoin de l'utiliser, c'est ça ?
05:41C'est ça.
05:42Et après, je pense qu'au fur et à mesure, je verrai un peu ce qu'il pourrait en être
05:48de ce projet.
05:49Mais c'est vrai que pour le moment, mon but, c'est qu'il soit un outil utilisable d'abord.
05:54Mais vous, vous vous projetez où par la suite ?
05:58Moi, j'aimerais en fait continuer à travailler sur des soucis de santé.
06:01Il y en a énormément.
06:02Et donc, ça veut dire qu'il y a matière à faire là-dedans.
06:06Et donc, c'est un peu ça.
06:09Je ne sais pas exactement encore lequel.
06:11Mais plus j'avance et plus je dirais que ça se dessine et ça se concrétise.
06:17En utilisant la technologie ?
06:19En utilisant l'IA et ses outils.
06:21Et plutôt du côté de la recherche ?
06:23Plutôt du côté de la recherche, oui.
06:24Moi, je trouve que c'est complètement intriqué.
06:27Il faut...
06:28Et comment l'école se projette là-dessus ?
06:31Parce que vous allez quitter l'école à un moment.
06:34Donc, que va devenir ce projet ?
06:36Il va continuer.
06:37Il va continuer.
06:37Moi, je m'inscris en fait dans une lignée, je dirais, d'élèves qui, à chaque fois, apportent un peu
06:42une certaine pierre à l'édifice.
06:44D'accord.
06:44Moi, j'ai conçu cette partie jumeau numérique, mais d'autres aussi travaillent sur vraiment le sepsis en lui-même,
06:49comment le comprendre.
06:51Et donc, au contraire, je trouve que cette reconnaissance, c'est aussi une reconnaissance pour l'école qui va permettre
06:58de poursuivre ce projet et de voir un peu toutes les opportunités qui en découlent.
07:04Merci beaucoup et encore félicitations pour votre prix de Margaret Junior 2026.
07:09Merci Coralie Thérésine.
07:10Donc, je rappelle que vous êtes à la tête et à l'initiative de ce projet de jumeau numérique appliqué
07:16à la santé.
07:18Allez, c'est l'heure pour nous de nous intéresser à l'éducation.
07:20On reste donc un peu dans votre domaine, mais cette fois, on va s'interroger sur comment aider les professeurs,
07:26les enseignants, les maîtres et les maîtresses face à l'intelligence artificielle.
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