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  • il y a 10 minutes
À seulement 22 ans, Koralie Theresine développe DigiTwin, une intelligence artificielle capable d’anticiper le sepsis jusqu’à 6 heures avant les premiers symptômes. Lauréate des Margaret Awards 2026, elle incarne une nouvelle génération de chercheurs qui mettent la technologie au service de la vie, en lien direct avec les soignants et les réalités du terrain.

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Transcription
00:04Coralie Thérésine a 22 ans, elle est étudiante à l'école supérieure d'ingénieurs Léonard de Vinci, spécialisée en data,
00:11en IA, membre du parcours de recherche.
00:14Bonjour Coralie, merci beaucoup d'être avec nous.
00:16Merci à vous de m'accueillir.
00:18Et vive toutes nos félicitations parce que vous avez lancé un projet de jumeaux numériques entièrement dédié à la santé.
00:24Pouvez-vous nous en faire un petit pitch rapidement ?
00:26Oui, bien sûr.
00:27Alors mon projet, qui est né dans le cadre du parcours recherche de mon école, a pour vocation de détecter
00:34précocement le sepsis.
00:36Donc le sepsis, c'est une infection disproportionnée du système immunitaire.
00:42Et mon but, en fait, c'est de détecter le sepsis avant qu'il arrive.
00:47Vous êtes intéressée à cette maladie parce qu'elle vous touche de près ?
00:52Ou c'était un projet de recherche de toute façon de l'école ?
00:55Un peu des deux, je dirais.
00:56Elle me touche de près.
00:58J'ai eu une expérience personnelle avec cette maladie.
01:01D'accord.
01:02Mais je pense également qu'elle touche 11 millions de personnes.
01:05Et c'est aussi suffisant pour s'y intéresser.
01:08Et c'est avec plaisir que je le fais.
01:10Comment est-ce que vous avez procédé, alors quand vous êtes lancée dans cette aventure, de créer un projet technologique
01:15?
01:15J'ai été d'abord bien épaulée, bien guidée, bien accompagnée.
01:20La première phase a pour vocation vraiment la recherche, l'état de l'art.
01:26Pour savoir déjà ce qui se fait, je ne suis pas la première à m'intéresser à cette problématique.
01:30Et enfin, et ensuite plutôt, la phase de prototypage avec un jeu de données qui est disponible.
01:40Et là, donc la troisième phase qui se penche vers l'application, je dirais, dans des milieux hospitaliers.
01:47Et je suis actuellement dedans.
01:48De partir sur un jumeau numérique, quand est-ce qu'il s'est imposé ?
01:51Quand est-ce que vous vous êtes dit que c'est vraiment la bonne idée d'aborder le problème ?
01:56Je me suis dit que c'est la bonne idée déjà face à la complexité et au grand nombre de
02:01données.
02:02Il faut avoir en fait des algorithmes assez poussés pour vraiment anticiper cette détection.
02:09Et donc voilà, cet outil qui existe dans beaucoup d'autres domaines.
02:15Et ça aussi est intéressant de l'appliquer en santé.
02:17Et c'est-à-dire, vous construisez un jumeau numérique, de quoi précisément ?
02:23C'est un jumeau numérique qui représente un peu le fonctionnement interne du corps à travers les variables médicales que
02:31l'on a.
02:32Variables biologiques également, des comptes rendus médicaux, des radios.
02:37Il se base en fait sur toutes ces données pour un peu représenter le fonctionnement du corps.
02:42Les organes, les nerfs, les muscles, jusqu'où vous allez en fait ?
02:46Alors pour le moment, moi je suis plutôt sur les données biologiques, donc les données médicales également.
02:53Les flux, les flux sanguins ?
02:55Pas encore, pas encore.
02:57Déjà, donc les données biologiques, la pression altérielle,
03:02tous les outils qui peuvent être issus des appareils qui sont présents en milieu hospitalier.
03:08D'accord, donc vous partez de la donnée existante et ensuite ça vous permet de simuler quoi donc ?
03:15Une attaque virale ?
03:16Ce qui permet de simuler, ça va être le corps.
03:22Quels sont les indicateurs qui pourraient se pencher vers une infection qui est au sepsis ?
03:28À travers la compréhension du sepsis.
03:30Donc on essaye un peu de définir ce que c'est le sepsis.
03:34Pour cela, on se base par exemple sur les travaux de Surviving Sepsis Campaign.
03:39Et également de l'échange avec le milieu, les médecins.
03:43Et en faisant ça, on peut se dire, voilà, quelques heures avant, le corps aurait telle réaction.
03:49Et c'est grâce à ça qu'on peut prédire le sepsis.
03:52Et vous avez accès aux données médicales, vraiment, de personnes qui sont atteintes de la maladie ?
04:01Oui, oui, oui, on a accès à ces données-là.
04:03Il n'y a pas de difficulté d'accéder à ces données ?
04:05Alors, il y en a, mais étant dans un centre de recherche, il faut donc passer certaines certifications.
04:13Et ensuite, on a accès à ces données-là, à des jeux de données, des data sets qui viennent de
04:17différents pays,
04:18afin de travailler dessus.
04:20Alors, vous êtes distinguée lauréate des Margaret Awards 2026 par JFD,
04:28la JFD, donc la journée de la femme digitale, dans la catégorie junior.
04:33Vous allez bénéficier comme ça d'un programme d'accélération ?
04:35C'est ça, oui. Je bénéficie d'un programme d'accélération, que ce soit...
04:40Vous en attendez quoi, vous ?
04:42Qu'est-ce que j'en attends ? Je dirais de l'accompagnement.
04:46Je le remarque déjà, du soutien, des opportunités et...
04:53Parce que quel est votre objectif à terme ?
04:55Mon objectif à terme, c'est de développer cet outil jusqu'au bout,
04:58de pouvoir véritablement avoir un outil utilisable par les médecins,
05:03pas que dans un seul centre hospitalier, pas qu'uniquement en France,
05:07mais vraiment un outil qui aide tout un chacun.
05:09Mais ça veut dire sortir le projet de l'école, ça ?
05:12Oui.
05:14Créer une entreprise ?
05:16L'entreprise, pour moi, ce n'est pas vraiment une finalité.
05:19Je dirais que c'est plus le produit final.
05:21Et ensuite, si les hôpitaux décident de l'utiliser, il est à disposition.
05:27Donc c'est que vous le concevez plutôt comme un projet de recherche en sciences ouvertes,
05:32qui serait utilisable par tous les professionnels,
05:36tous les hôpitaux, les centres hospitaliers qui auraient envie ou besoin de l'utiliser, c'est ça ?
05:41C'est ça.
05:42Et après, je pense qu'au fur et à mesure, je verrai un peu ce qu'il pourrait en être
05:48de ce projet.
05:49Mais c'est vrai que pour le moment, mon but, c'est qu'il soit un outil utilisable d'abord.
05:54Mais vous, vous vous projetez où par la suite ?
05:58Moi, j'aimerais en fait continuer à travailler sur des soucis de santé.
06:01Il y en a énormément.
06:02Et donc, ça veut dire qu'il y a matière à faire là-dedans.
06:06Et donc, c'est un peu ça.
06:09Je ne sais pas exactement encore lequel.
06:11Mais plus j'avance et plus je dirais que ça se dessine et ça se concrétise.
06:17En utilisant la technologie ?
06:19En utilisant l'IA et ses outils.
06:21Et plutôt du côté de la recherche ?
06:23Plutôt du côté de la recherche, oui.
06:24Moi, je trouve que c'est complètement intriqué.
06:27Il faut...
06:28Et comment l'école se projette là-dessus ?
06:31Parce que vous allez quitter l'école à un moment.
06:34Donc, que va devenir ce projet ?
06:36Il va continuer.
06:37Il va continuer.
06:37Moi, je m'inscris en fait dans une lignée, je dirais, d'élèves qui, à chaque fois, apportent un peu
06:42une certaine pierre à l'édifice.
06:44D'accord.
06:44Moi, j'ai conçu cette partie jumeau numérique, mais d'autres aussi travaillent sur vraiment le sepsis en lui-même,
06:49comment le comprendre.
06:51Et donc, au contraire, je trouve que cette reconnaissance, c'est aussi une reconnaissance pour l'école qui va permettre
06:58de poursuivre ce projet et de voir un peu toutes les opportunités qui en découlent.
07:04Merci beaucoup et encore félicitations pour votre prix de Margaret Junior 2026.
07:09Merci Coralie Thérésine.
07:10Donc, je rappelle que vous êtes à la tête et à l'initiative de ce projet de jumeau numérique appliqué
07:16à la santé.
07:18Allez, c'est l'heure pour nous de nous intéresser à l'éducation.
07:20On reste donc un peu dans votre domaine, mais cette fois, on va s'interroger sur comment aider les professeurs,
07:26les enseignants, les maîtres et les maîtresses face à l'intelligence artificielle.
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