- il y a 16 heures
Dans la société, nous constatons une forte aspiration à la démocratie. Le défi est de réussir à l’ancrer aussi dans l’entreprise. Les coopératives peuvent représenter un exemple avec le principe qui consiste en ce qu’un sociétaire représente une voix dans les prises de décision. Nos invités expliquent comment ils arrivent à créer un consensus dans leurs comités de direction.
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00:12Et on passe au retour de terrain, et Shane j'aimerais commencer avec vous, faire un petit état des lieux.
00:18Où est-ce qu'on en est aujourd'hui ? Est-ce qu'il y a de plus en plus
00:20de coopératives qui émergent ?
00:22Oui, c'est un constat. Les coopératives, on l'a dit plus tôt, elles sont là, elles existent dans le
00:27paysage depuis quasiment 200 ans.
00:30On voit qu'il y a une dynamique en ce moment, ces dernières décennies je dirais, de progression du nombre
00:37de coopératives.
00:38C'est vraiment enthousiasmant, ça se passe autour de certains types de coopératives, je ne vais pas rentrer dans les
00:43détails.
00:44Tous secteurs confondus ?
00:45Tous secteurs confondus, je n'ai pas les données spécifiquement, ou là où ça explose le plus.
00:51Vous êtes-vous dit que n'importe quelle entreprise ?
00:52On trouve des coopératives dans strictement tous les secteurs.
00:56Et là, il m'est arrivé de tomber sur une histoire de coopératives dans un sous-marin nucléaire,
01:03des coopératives de consommateurs, les militaires, qui avaient leur coopérative d'achat pour leur consommation personnelle.
01:11Mais ça, c'est un peu le côté un peu pittoresque, anecdotique.
01:15Mais pour autant, on trouve des coopératives dans les énergies renouvelables, dans les médias, dans la culture, dans l'industrie
01:25textile, l'alimentation, la téléphonie et la location d'appareils électroniques.
01:31On trouve vraiment des coopératives dans strictement tous les secteurs.
01:35Et alors, qu'est-ce qui séduit justement ?
01:37Qu'est-ce qui séduit ? Je pense qu'il y a plusieurs éléments.
01:40Il y a une notion, à mon avis, même d'entrepreneuriat.
01:44J'avais un échange, il y a peu de temps, avec quelqu'un qui m'interpellait sur le modèle coopératif,
01:52qui véhicule pour certains un imaginaire du Colcos, etc., de l'Union soviétique.
01:59Et je me suis dit, je ne suis pas étonné, parce que j'ai l'habitude d'entendre ça, mais
02:03c'est complètement déconnecté de la réalité.
02:05La coopérative, c'est un outil qui ouvre une certaine liberté d'entreprendre à des gens qui ne sont pas
02:12en capacité,
02:15qui n'ont pas l'envie peut-être aussi, ni l'envie ou les moyens financiers,
02:19de se dire, je vais investir tout seul, je n'ai pas été éduqué à l'entrepreneuriat,
02:24donc je me lance pour lancer une entreprise, avec ce que ça comporte de peur, de risque, d'inconnu.
02:31Entreprendre en coopérative, c'est aussi entreprendre à plusieurs.
02:35C'est aussi entreprendre avec des règles qui sont très simples.
02:39Je lisais il n'y a pas longtemps, j'ai échangé avec une personne qui a transformé son entreprise,
02:44une SA, en sa société anonyme, en coopérative,
02:48qui disait, il y a quelque chose d'hyper intéressant.
02:52Quand les associés rentrent dans l'entreprise, il n'y a pas d'épée de Damoclès
02:58sur le fait que quand ils vont sortir, on va devoir négocier la valeur de leur part sociale.
03:04Il y a aussi des choses comme ça, où entreprendre en coopérative,
03:07c'est poser des règles qui sont assez claires, qui ne vont pas changer tous les quatre matins.
03:11On ne va pas se faire imposer des associés au détour d'une nouvelle levée de fonds
03:15ou d'une transmission d'un héritage.
03:20Donc, il y a une forme de liberté supplémentaire dans l'entrepreneuriat.
03:25Et ça, c'est une des réponses. Il y en a certainement de nombreuses autres.
03:29Évidemment, l'aspiration à la démocratie, elle est forte chez nos concitoyens.
03:35Et l'aspiration à la démocratie dans l'entreprise, c'est quelque chose qui est très important.
03:40Des sociologues comme Thomas Coutreau l'évoquent.
03:43Mais c'est quelque chose que quelqu'un comme Jean Jaurès le disait déjà au début du XXe siècle,
03:51en disant qu'il nous manquait justement cette démocratie dans l'entreprise qu'on avait à l'extérieur.
03:56C'est amusant, parce qu'il se trouve qu'assez souvent, en fait, on me demande et on demande à
04:01Narcisse
04:01pourquoi nous ne sommes pas une coopérative, notamment pour deux raisons.
04:04Parce que partage de la valeur, il se trouve qu'on a donné une partie du capital entreprise à une
04:08fondation actionnaire
04:09pour garantir que si dividende il y a, alors une partie doit nécessairement financer des acteurs associatifs
04:13qui oeuvrent pour l'intérêt général.
04:15D'autre part, parce qu'on parle souvent de démocratie éclairée.
04:18Donc, chez nous, il n'y a pas ce côté statutaire d'une personne, une voix.
04:20Par contre, on met en place un parlement.
04:22Tous les salariés qui le souhaitent, toutes les salariés qui le souhaitent peuvent contribuer à des débats,
04:26voire prendre des décisions ensemble.
04:27Parce qu'au sein du conseil d'administration, il y a un actionnaire nature qui a une voix et un
04:31droit de veto
04:32et c'est le seul à l'avoir dans le conseil d'administration, enfin pour plein de raisons.
04:34La question s'est posée ?
04:36La question ne s'est pas encore vraiment posée d'un point de vue statutaire, je dirais,
04:39parce que ça nécessite plein de changements qu'on ne veut pas forcément entreprendre de faire aujourd'hui
04:42et parce que ça ne nous empêche pas de nous appuyer sur ce même idéal
04:45pour mettre en place dispositif, peut-être qu'un jour nous le ferons.
04:48Moi, ce qui m'anime, c'est que notre entreprise, si elle se développe,
04:51et là je rejoins ce qu'a disait Léo tout à l'heure,
04:55qu'ils soient sociaux et ou environnementaux,
04:58si l'entreprise SA est la plus outillée pour le faire,
05:01parce qu'elle peut mobiliser certaines capacités, alors c'est bien que ce soit elle.
05:05Si c'est notre fondation actionnaire, pourquoi pas ?
05:07Et si c'est des décisions qui doivent être prises parfois de façon unilatérale
05:11ou parce qu'il y a une forme de prise de risque assurée par un fondateur
05:14ou celle qu'il met en place, il doit pouvoir le faire.
05:17Par contre, si on pense que la conduite du changement nécessaire derrière est trop importante
05:21et donc nécessite une forte adhésion des équipes,
05:23alors ça doit se faire dans des débats de démocratie dits éclairés,
05:25parce que tout le monde n'est pas forcément pertinent pour décider de tout.
05:29Et ça, je pense qu'on se rejoint aussi.
05:30J'ajouterais peut-être par rapport à la dimension entrepreneuriale.
05:34Oui, sur la dimension entrepreneuriale,
05:37alors là c'est plus pour les créations de nouvelles coopératives,
05:39c'est plus un exemple de transformation qui amène quand même une certaine complexité,
05:43effectivement, qui peut amener une certaine complexité.
05:46Il y a aussi dans quel état d'esprit on est quand on monte une entreprise.
05:52Il y a différents types de structures, mais il y a quand même pas mal d'exemples dans les coopératives,
05:57ce n'est pas forcément systématique, de cette envie de répondre quand même à un enjeu de société environnementale,
06:04sociale, culturelle, l'énergie plus propre, la finance plus éthique, une téléphonie plus engagée, etc.
06:12Ce qui n'est pas forcément le cas de toutes les coopératives,
06:15mais ça, ça peut être une porte d'entrée.
06:17Au moment où on se pose la question, on se dit que la raison d'être de notre entreprise,
06:21ça va être de répondre à une problématique sociétale, environnementale, sociale.
06:26La question de comment on va s'organiser vient quand même assez rapidement derrière
06:31et le fait que ça peut sembler naturel pour certains de dire,
06:36bah oui, on va s'organiser en coopérative.
06:39Moi, je l'ai souvent entendu, je l'ai entendu des fondateurs de l'ANEF
06:42qui se sont dit, ils ne se sont pas dit on va faire une coopérative dans le monde bancaire,
06:46ils se sont dit on va introduire de la transparence, de la non-spéculation,
06:51du financement de projets à impact,
06:53et le statut naturel, le statut juridique naturel, ça sera la coopérative.
06:58Et il y a un jeu de communication entre qu'est-ce qu'on veut véhiculer,
07:03qu'est-ce qu'on veut porter comme raison d'être et comme projet d'entreprise,
07:07et comment on s'organise au moment d'entreprendre, qui je pense est assez fort.
07:12Olivier, vous partagez le point de vue de chaîne sur la dimension entrepreneuriale des coopératives ?
07:16Oui, et peut-être en vous écoutant tout ce parler-là,
07:21je me disais, même dans les entreprises un peu classiques,
07:24on parle beaucoup d'écosystème,
07:25il faut aller voir un peu les choses sous tous les angles,
07:28les fournisseurs, les clients.
07:30Nous, dans notre fonctionnement, les collèges, dans les prises de décision,
07:35c'est exactement ça.
07:36C'est-à-dire que vous avez les producteurs, vous avez les collectivités,
07:39vous avez les clients, vous avez les salariés.
07:41Et donc, en fait, finalement, de façon presque génétique,
07:45la façon dont on est organisé, c'est déjà l'écosystème dans lequel on se trouve.
07:51Et moi, j'ai créé quelques entreprises,
07:55mais plutôt personnelles ou avec une ou deux, trois autres personnes.
08:01Faire écosystème, c'est très compliqué.
08:03C'est très compliqué parce que vous avez toujours cette tension un petit peu entre
08:06« moi, j'ai investi dedans et qu'il faut que j'aille partager la valeur différemment ».
08:10Quand vous avez déjà constitué votre espace avec cet écosystème-là
08:15et que vous mettez le partage de valeurs ou la question du partage de valeurs,
08:20qu'il soit monétaire ou non, au centre,
08:22et que c'est comme ça que vous prenez vos décisions,
08:25là, clairement, je pense que tout le monde devrait pouvoir en rêver.
08:28Et si au moins on peut avoir des valeurs qui diffusent un petit peu ailleurs
08:31sur ce principe d'écosystème et de partage de valeurs,
08:34alors là, c'est superbe.
08:36Chahine, parmi les préjugés les plus tenaces quant aux coopératives,
08:41il y a celui selon lequel elles ne font pas de bénéfices.
08:45Les coopératives peuvent faire des bénéfices.
08:47Ce sont des entreprises privées du secteur marchand,
08:52donc qui sont des entreprises commerciales,
08:54et qui vont réaliser un chiffre d'affaires,
08:56qui vont réaliser un résultat net,
09:00un résultat et un excédent de gestion,
09:04mais sur lequel il y aura peu ou pas du tout de coût du capital.
09:09Donc c'est pour ça qu'on ne parle pas de bénéfices,
09:10on parle plutôt d'excédent de gestion, mais c'est la même chose.
09:12On réalise un résultat duquel on a peu ou pas à enlever un coût du capital.
09:19Donc ça, c'est en tout cas du capital actionnarial.
09:22Donc en fait, on a des entreprises coopératives qui font de très beaux résultats.
09:29Et pour autant, on parle de lucrativité limitée, qui est un des autres piliers.
09:32Bien sûr, la lucrativité, qu'est-ce que c'est ?
09:34Ce n'est pas le fait d'avoir un résultat positif.
09:37Ce n'est pas le fait d'avoir un chiffre d'affaires qui est supérieur à ses dépenses.
09:42C'est le fait de répartir.
09:44C'est le lucre, c'est la rémunération de l'argent.
09:47C'est l'argent pour l'argent.
09:48Donc c'est le fait de ne pas ou peu rémunérer le capital pour le capital.
09:54Donc l'essentiel des résultats doivent aller en réserve.
09:58Ça ne veut pas dire qu'ils sont bloqués et qu'ils ne servent plus à rien.
10:00Ils servent au fonctionnement de l'entreprise, évidemment.
10:03Ils sont réinvestis.
10:04Ce qui la rend plus robuste derrière.
10:06Et le reste ne peut pas être, c'est ce qu'évoquait plutôt Léo, Miranda,
10:13c'est que le reste ne peut être que marginalement reversé aux actionnaires.
10:18On a l'exemple de ces derniers jours où l'entreprise totale
10:23l'énergie qui a fait des résultats records.
10:27L'an passé, il y a eu 101% des résultats réalisés
10:31qui ont été distribués aux actionnaires.
10:34101%.
10:35Ça, ce n'est pas possible dans une coopérative.
10:37C'est possible dans très peu d'entreprises, par ailleurs,
10:40qui fonctionnent en prise avec d'autres réalités.
10:43Mais dans une coopérative, c'est strictement impossible.
10:47Léo, pour une banque coopérative comme la NEF, ça veut dire quoi ?
10:50Qu'est-ce que vous faites de vos bénéfices ?
10:51Alors, qu'est-ce qu'on fait de nos bénéfices ?
10:53J'ai déjà donné quelques éléments tout à l'heure,
10:55puisqu'on a acté une résolution qui vise à d'abord réinvestir
11:01essentiellement dans l'outil de production.
11:03Donc, on met en réserve.
11:06Par rapport à une banque classique,
11:08qu'est-ce que ça change dans vos décisions d'investissement, de financement ?
11:12Ce que ça change, c'est qu'on va faire en sorte de mettre en avant,
11:17et ça encore, c'est une décision qui a été partagée avec nos sociétaires,
11:20la pérennité de la structure sur des décennies.
11:23Donc, c'est l'idée qu'on a eu une crise, on a été en difficulté,
11:27les réserves qu'on avait accumulées les années d'avant nous ont permis quand même de passer cette crise-là,
11:32et aussi la position des sociétaires.
11:34Il faut qu'on prévoie pour la suite, s'il y a une nouvelle crise,
11:38à un moment donné, qu'on puisse être suffisamment robuste.
11:41Et ça nous permet aussi de pouvoir continuer à investir.
11:47On parlait de changement d'échelle.
11:48Nous, on est à l'aube d'un changement d'échelle qui va être quand même assez significatif.
11:52On va élargir assez fortement notre gamme de produits et services.
11:56Aujourd'hui, on n'a pas encore de compte courant avec Carte Bancaire
11:59en tant que banque de plein exercice.
12:02Et ça va arriver sur nos deux marchés principaux,
12:04le marché des entreprises et le marché des particuliers.
12:08Donc, on a besoin d'argent pour ça.
12:09En fait, il faut impérativement que cet argent ne sorte pas de la coopérative
12:13et qu'il reste le plus possible.
12:15Et on a les outils juridiques
12:17et aussi les décisions qui ont été prises
12:19au travers des différentes assemblées générales passées
12:22pour pouvoir justement faire en sorte
12:24que 70-80% des résultats qu'on va générer
12:27puissent être vraiment réinvestis dans les prochaines années.
12:30On pourrait se donner quelques exemples en matière d'innovation,
12:33notamment parce qu'on a trois secteurs d'activité.
12:34Chahine pourra peut-être compléter avec un quatrième.
12:36Et j'aimerais bien le faire pour Narcisse
12:38parce que nous, il se trouve que dans le numérique,
12:40aujourd'hui, on est très percuté forcément
12:42par l'intelligence artificielle générative
12:43qui s'impose de façon très intense,
12:47très débridée, peut-être un peu violente parfois en certains aspects
12:50et dans nos vies, au-delà de l'entreprise d'ailleurs.
12:52Et je vais montrer par l'illustration et par l'innovation
12:54comment nous, on est en train d'adresser ça grâce au fait
12:57que même si on n'est pas coopératif,
12:58cette idée certaine du partage du pouvoir et de la valeur
13:00nous amène à des décisions peut-être différentes
13:03de ce que font la majorité des acteurs,
13:04c'est-à-dire on y va tous azimuts,
13:06on développe des offres,
13:07on verra plus tard pour les problèmes environnementaux,
13:09voire sociaux, que ça posera.
13:10Première chose, c'était de dire déjà
13:12tous les salariés formés à l'esprit critique face à l'IA.
13:14On faisait avançant,
13:15on fera peut-être mieux demain avec,
13:17mais pas si on ne se prémunit pas
13:18d'une dépendance cognitive
13:20qui, à long terme, va de toute façon nous coûter beaucoup.
13:22On crée une IA souveraine interne,
13:24sobre, dans un modèle léger
13:26pour pouvoir commencer à s'en servir
13:28sur des cas d'usage métier bien spécifiques,
13:30mais pas n'importe comment
13:31et pas sur tout et n'importe quoi.
13:32On a des clients qui nous demandent d'ailleurs
13:34de commencer à les aider à faire la même chose
13:35et je vais prendre un exemple concret
13:37qui montre que même cette décision
13:39qui peut paraître antinomique
13:40avec la tendance marché globale,
13:42elle peut devenir un modèle pour demain,
13:43c'est qu'on a des collectivités territoriales
13:45qui sont parmi les clients de Norcisse historiques
13:47qui nous disent, voilà,
13:48nous, on voudrait développer des nouveaux services numériques
13:50pour nos administrés,
13:51on manque de ressources pour le faire,
13:53il y a une dette publique qui est abyssale, etc.
13:55Donc on aimerait s'appuyer sur l'IA
13:56et donc nous, on a créé un dispositif
13:58avec du contrôle humain à chaque étape importante
14:00pour créer, par exemple, des assistants
14:02qui permettent de répondre à des questions
14:04que les administrés d'un territoire se posent,
14:05mais en garantissant qu'il n'y aurait pas
14:06les biais cognitifs reproduits
14:08qui feraient, par exemple,
14:08que des populations sous-représentées
14:10seraient discriminées dans ces services.
14:11Et ça, je suis sûr que c'est la force
14:13de Norcisse de Main.
14:14La NEF s'affiche comme la banque éthique,
14:16nous, on veut être l'acteur du numérique
14:18qui casse les codes pour un numérique plus éthique.
14:20Et je pense qu'il y a des exemples comme ça
14:22que nos invités pourraient nous donner
14:24pour illustrer par l'innovation aussi
14:26que ces entreprises-là,
14:27elles génèrent beaucoup de valeurs sociétales.
14:29Olivier, vous avez un exemple à donner ?
14:31J'en ai un, j'en ai plusieurs même.
14:33Il y a quelques années,
14:34Enercop a fait des résultats assez importants
14:37pour sa taille, en tout cas.
14:39Et s'est posé la question toute l'année
14:41de savoir ce qu'on faisait avec ça.
14:43Et encore une fois, avec cet écosystème
14:45entre de quoi bénéficient les clients,
14:47où est-ce qu'on veut investir pour demain ?
14:49On investit beaucoup sur la production,
14:50par exemple, les compétences
14:51pour développer des projets de production.
14:53On a financé aussi,
14:56beaucoup plus fortement,
14:57un des acteurs qui est avec nous
14:59en partenariat qui s'appelle Énergie Solidaire,
15:01qui avait été créé par Enercop au départ
15:03et qui fait de la lutte
15:04contre la précarité énergétique.
15:06Il y a eu plusieurs discussions comme ça
15:09autour de, finalement,
15:11comment on prépare l'avenir ?
15:12Qu'est-ce qu'on peut faire tout de suite ?
15:14Et cette discussion-là s'installe aussi en transparence
15:17avec les conseils d'administration,
15:18qui sont quand même représentants aussi
15:21des différents sociétaires.
15:22Et je vous donne un dernier exemple
15:24qui est, pour la première fois,
15:26je crois il y a deux ans,
15:27on a commencé à rémunérer les parts sociales.
15:30Il y a eu tout un débat autour de
15:32est-ce qu'on rémunère ou pas les parts sociales ?
15:35Il y a le oui qui l'a emporté
15:37pour des coopératives
15:38et d'autres coopératives
15:39qui ont décidé de ne pas le faire.
15:40Mais dans celles qui l'ont faite,
15:42il y a eu une deuxième question qui est arrivée,
15:44par exemple,
15:44est-ce que vous voulez qu'on vous verse
15:46vos quelques euros
15:46ou est-ce que vous voulez qu'on fasse
15:48un projet avec Carnage Solidaire
15:49en Auvergne-Alpes ?
15:51Les sociétés ont choisi ce projet-là
15:53et on se dit que même après,
15:55au lieu de la rémunération,
15:57on a la possibilité
15:58d'aller repenser la répartition
16:00du capital différemment.
16:03Chahine, il ne nous reste plus beaucoup de temps.
16:04Qu'est-ce qui manque aujourd'hui ?
16:06Qu'est-ce qui bloque
16:06pour que les coopératives changent d'échelle ?
16:09C'est une compréhension du modèle d'abord ?
16:11Il y a deux points importants.
16:12Il y a la compréhension du modèle
16:14et pour l'ensemble de nos concitoyens
16:17et plus spécifiquement aussi
16:19pour nos décideurs politiques
16:21et banquiers parfois,
16:23banquiers publics, j'entends notamment,
16:25qu'on a envie de voir plus intéressés
16:29à l'outil coopératif,
16:31mais aussi les administrations publiques
16:33où il y a parfois l'information
16:36qui n'est pas diffusée
16:38sur le modèle coopératif.
16:39Il y a encore de très vieilles représentations.
16:42Et dans le grand public,
16:44en tant que consommateur,
16:45en tant qu'investisseur citoyen,
16:48en tant que potentiellement entrepreneur coopératif,
16:52il y a besoin qu'une grande partie
16:54de la population se découvre un peu plus.
16:57C'est d'abord un imaginaire, en fait.
16:59Il y a une grosse partie d'imaginaire.
17:00Il y a un deuxième point.
17:02Ça a été évoqué plus tôt.
17:04C'est la question du financement.
17:08Pour plein de projets,
17:10il n'y a pas besoin d'avoir accès
17:11au marché financier spécifiquement
17:14pour pouvoir créer une coopérative,
17:16pour pouvoir créer une entreprise.
17:18Justement, le collectif qui se réunit
17:20permet de mettre le capital de départ.
17:24Et pour des projets qu'on veut voir grandir
17:25un peu plus ambitieux
17:27ou qui ont une forte consommation,
17:30une forte dépendance capitalistique,
17:32eh bien, là, on a besoin
17:33qu'effectivement, les acteurs publics
17:35jouent pleinement leur rôle.
17:36On sait qu'aujourd'hui,
17:38les entreprises de l'économie sociale et solidaire,
17:40dont font partie les coopératives,
17:45reçoivent moins d'aide
17:48proportionnellement que les autres entreprises.
17:50C'est un rapport de la Cour des comptes
17:52de septembre dernier qui nous a informé de ça.
17:56Ce n'est pas une question d'avoir plus d'aide,
17:58c'est une question de...
17:59Changer les mécanismes réglementaires.
18:01Exactement.
18:01Avoir des mécanismes qui soient plus adaptés.
18:04Et puis, un peu moins de fermeture,
18:06parfois, sur des représentations
18:08de nos interlocuteurs
18:09sur ce que c'est qu'une coopérative.
18:12Léo, Olivier, sur ce qui bloque encore ?
18:14Ce qui bloque, il y a...
18:16Pour moi, c'est une prise de conscience
18:18aussi un peu citoyenne sur...
18:21On l'a un peu évoqué, en fait,
18:23dans des coopératives,
18:24il en existe de toute taille,
18:25mais dans les principaux secteurs d'activité
18:28dont on a besoin tous les jours.
18:29Là, on parle de l'énergie et de la banque.
18:32Ici, autour de la table,
18:33vous avez des représentants,
18:34des structures,
18:35sous forme coopérative,
18:37qui peuvent répondre à des besoins
18:38aussi triviaux et quotidiens
18:42qu'avoir un compte en banque
18:43ou avoir accès à un fournisseur d'électricité.
18:47Et Chahine en a évoqué beaucoup tout à l'heure.
18:50C'est une prise de conscience citoyenne
18:52que, en fait, dans tous les compartiments
18:54de notre vie quotidienne,
18:55on peut faire appel à des coopératives
18:56pour s'alimenter, se chauffer,
19:00s'habiller.
19:01Voilà, ça existe.
19:03Et donc, c'est à la fois
19:05la prise de conscience citoyenne,
19:06mais c'est aussi la médiatisation,
19:07forcément, mettre plus en avant
19:09le fait que des solutions sont possibles
19:12et que ce n'est pas que des coopératives
19:15un peu obscures, très, très locales,
19:17en fait, on a vraiment des coopératives
19:18de taille nationale
19:19qui peuvent répondre vraiment
19:21à des besoins très importants.
19:23On a reçu ici précédemment
19:24et qui fait un peu de bruit,
19:26c'est qui le patron ?
19:27Oui.
19:27Tout à fait.
19:28Qui était venu expliquer
19:28comment il crée un modèle
19:29pour que le consommateur
19:30reprenne le pouvoir.
19:32Oui, qui essaie d'expliquer
19:34à quel point le consommateur
19:35a un pouvoir de décision
19:37et d'influence
19:38en votant par son acte d'achat,
19:41en l'occurrence alimentaire,
19:42mais ça en fait partie.
19:43On a entendu récemment
19:44le cas aussi très médiatique
19:47de cette Madeleine de Proust
19:49de nombreux écoliers
19:50qui est Duralex.
19:51Ah oui, qui a été repris
19:54dans de très anciens écoliers.
19:56Par les salariés.
19:57Repris en coopérative
19:58par les salariés
19:59et qui, du coup,
20:00une coopérative,
20:01mais c'est un cas un peu
20:03emblématique, récent.
20:04Donc ça peut aussi être
20:05une solution de sauvetage industriel.
20:07C'est d'abord une solution
20:08pour tout
20:09et parfois,
20:10et évidemment,
20:11c'est une solution.
20:13mais je ne voudrais pas
20:14qu'on limite,
20:15ça a été parfois présenté
20:16comme ça,
20:16comme la solution
20:17de dernier recours.
20:18C'est une solution aussi
20:19de premier recours.
20:21Il se fait ça,
20:21je pense que j'insiste dessus,
20:24mais complètement,
20:25c'est là où
20:27des modèles...
20:28D'ailleurs,
20:28ce n'est pas le seul cas.
20:29Il y a eu d'autres...
20:29Non, il y a de nombreux cas.
20:30Ça, c'est peu récent, mais...
20:32L'éléphant, oui.
20:34L'éléphant, oui.
20:35l'éléphant,
20:351336 maintenant,
20:36effectivement.
20:37Les glaces,
20:39la belle de l'Aude,
20:40etc.
20:41Des produits textiles
20:43bergères de France,
20:45aussi.
20:46Enfin, voilà,
20:46il y a pléthore d'entreprises
20:47qui ont été
20:48sauvées, reprises
20:49et développées
20:50en coopérative
20:51et pas uniquement
20:53sur une année ou deux.
20:54Le cas des anciens téléphants
20:56qui s'appellent maintenant
20:571336,
20:5811 ans
20:58de reprise
21:00en coopérative.
21:02Olivier,
21:02c'est le mot de la fin.
21:03Ce sera le mot de la fin.
21:04Tout à fait.
21:05Quel honneur.
21:05De cette séquence.
21:06De cette séquence.
21:08Simplement pour revenir
21:08à ce qu'on disait tout à l'heure
21:09et peut-être un petit mélange
21:11de ce qui a été dit jusque-là.
21:13Être en coopérative,
21:14ça ne veut pas dire
21:15qu'on n'est pas professionnel.
21:16Ça ne veut pas dire
21:17qu'on n'est pas solide.
21:17Ça ne veut pas dire
21:18qu'on n'a pas les compétences.
21:20Et effectivement,
21:21là, aujourd'hui,
21:22on se retrouve souvent...
21:23Par exemple, nous,
21:24on a une activité
21:25qui est assez capitalistique
21:27puisqu'on développe
21:27des projets de production
21:28sur plusieurs millions d'euros,
21:30souvent,
21:30ou quelques centaines de milliers.
21:32Il faut arriver
21:32à les faire financer.
21:34Ce qui est assez drôle,
21:35c'est que dans le financement
21:36qu'on voulait faire
21:37sur des projets
21:38où on achetait
21:38sur très long terme,
21:40on était obligé
21:40d'aller chercher nos financements
21:41dans d'autres pays
21:42qu'en France.
21:43Pourquoi ?
21:44Parce que ces modèles-là
21:45sont plus répandus
21:48et qu'ils sont plus naturels
21:49et que donc,
21:50vous avez des acteurs économiques
21:51ou des acteurs financiers
21:53qui ont une appétence aussi
21:54pour ce risque
21:55qu'ils le connaissent.
21:56Et la difficulté
21:57sur laquelle
21:58on peut être nous,
21:58c'est que finalement,
22:00il y a encore un peu
22:01cette image
22:01que c'est presque
22:02une asso
22:03un peu de quartier.
22:05Mais les coopératifs,
22:06ce n'est pas ça.
22:06On est la plus grande
22:07cycle de France.
22:09Aujourd'hui,
22:10il y a 300 personnes
22:11qui travaillent
22:11chez Enercop,
22:12qui font de la production,
22:13des services énergétiques,
22:14de la fourniture d'électricité,
22:16qui font une entreprise.
22:18C'est une vraie entreprise.
22:19Et donc,
22:20il y a effectivement
22:20une approche
22:21du capital différente,
22:23mais ça ne veut pas dire
22:24qu'on n'est pas
22:25beaucoup plus résilient
22:26que les autres.
22:26Et je refais la boucle
22:28avec nos sociétaires
22:29au départ.
22:30Qu'est-ce qui est plus résilient
22:31que des gens
22:31qui se mobilisent
22:32quand on en a besoin ?
22:34Personne.
22:35Et on a cette force
22:36et on a cette chance.
22:37Merci.
22:38Merci d'avoir coulée.
22:39Alix, peut-être,
22:40je vais faire un petit aparté
22:42puisque, bon,
22:43on termine le retour terrain
22:44et on se projette
22:45sur le pari d'avenir.
22:46Je voudrais faire
22:46un retour terrain
22:47en parlant des coulisses
22:48de l'émission
22:48et en faisant un pari d'avenir.
22:50En l'occurrence,
22:51le fait que peut-être
22:52certaines en particulier
22:53se demandent
22:53que diable avons-nous fait
22:54pour avoir quatre hommes
22:55autour de la table
22:55aujourd'hui auprès de toi.
22:57Qu'ils sachent
22:58que nous essayons
22:58systématiquement
22:59d'être à parité
23:00sur chaque émission.
23:01Parfois,
23:01le hasard fait mal les choses,
23:03mais que ces personnes
23:04sachent aussi
23:05que la précédente émission
23:06était 100% féminine
23:07et le pari d'avenir,
23:08c'est que je crois savoir
23:08que la prochaine
23:09sera de nouveau 100% féminine.
23:10Tout à fait.
23:10Si nous ne sommes pas paritaires
23:11à chaque émission,
23:12nous le sommes au global
23:13et ça, c'est un engagement
23:14que j'avais pris dès le départ.
23:15Et heureusement,
23:15je suis toujours là.
23:16On passe à la dernière séquence.
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