- il y a 13 heures
Ce vendredi 8 mai, Raphaël Legendre a reçu Nathalie Janson, professeure d'économie à Neoma Business School, Christian Parisot, économiste et conseiller auprès d'Aurel BGC, et Sylvie Casenave-Péré, présidente du Groupe Posson Packaging, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:05BFM Business et la Tribune présente les experts Raphaël Legendre.
00:11Allez bonjour à tous il est 9h30 pile c'est le nouvel horaire des experts en direct sur BFM Business
00:16toujours tous les jours bien sûr mais de 9h30 à 10h30 retenez bien ce nouvel horaire bonjour et bienvenue pour
00:25une heure de débat et de controverse.
00:27Pas moins de 4 ministres ont présenté hier une nouvelle stratégie disent-ils pour améliorer l'insertion professionnelle des jeunes
00:35dont le taux de chômage grimpe de manière inquiétante.
00:40Malheureusement aucun moyen supplémentaire résultat on a plutôt tendance à brasser du vent alors qu'en début d'année le
00:47Medef lui avait proposé aux partenaires sociaux des mesures inspirées par ce qu'avait fait Matteo Renzi notamment en Italie.
00:55Un assouplissement du CDI pour les NITS vous savez ces jeunes sans emploi sans diplôme ni formation.
01:02Un SMIC jeune aussi pour ces non qualifiés en contrepartie d'une obligation de formation du côté des employeurs.
01:10Bref du concret mais quand on veut bouger les lignes parfois on se prend des murs comme celui de la
01:16CGT qui a vu dans ses mesures une je cite une déclaration de guerre contre les jeunes et les salariés.
01:23Alors comment traiter ce problème des jeunes et de l'emploi ? Ce sera le premier débat aujourd'hui avec
01:30mes experts et puis on va beaucoup parler du président américain et des marchés financiers dans la suite de l
01:36'émission.
01:36Trump manipule-t-il les marchés financiers ou a contrario ? Est-ce que ce ne sont pas les marchés
01:42qui dictent leur conduite à Donald Trump ?
01:45Et puis l'administration Trump qui veut davantage s'endetter à court terme. Quelles conséquences pour les marchés ? Ce
01:50sera le troisième débat.
01:52Et enfin les droits de douane. Trump temporise avec l'Europe. Il a donné jusqu'au 4 juillet à Ursula
02:01von der Leyen pour ratifier l'accord de Turnberry.
02:04Le 4 juillet vous le savez évidemment fête nationale. On fêtera les 250 ans des Etats-Unis. C'est une
02:11date très spéciale à retenir.
02:13Alors même que la Cour suprême a de nouveau retoqué les droits de douane de 10% imposés par Donald
02:22Trump l'année dernière.
02:23Voilà pour le dernier sujet du jour. Il est 9h passé de 32 minutes. Vous êtes en direct sur BFM
02:30Business. On est parti pour une heure. C'est les experts.
02:36Et pour parler de tous ces sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Nathalie Jansson. Bonjour Nathalie.
02:41Bonjour Raphaël.
02:42Professeure d'économie à Neoma Business School. Face à vous Sylvie Caznav-Péret. Bonjour Sylvie.
02:47Première participation dans les experts aujourd'hui. Vous présidez le groupe Poisson Packaging.
02:53On a une industrielle autour du plateau. Ravi de vous accueillir.
02:57Et Christian Parizeau. Bonjour Christian. Rebonjour.
03:00Qui était déjà là dans la matinale. Économiste et conseiller auprès d'Aurel BCG.
03:05Alors je le disais, le premier sujet, on l'avait déjà évoqué, mais beaucoup trop rapidement.
03:10Hier, dans les experts, je voudrais qu'on y passe un petit peu de temps ce matin.
03:14C'est l'emploi des jeunes. On sait qu'en France, nos deux gros problèmes sont le taux d'emploi
03:20des jeunes et des seniors.
03:22Des plus de 60 ans.
03:23Si on augmentait ce taux d'emploi au niveau européen, on aurait réglé tous nos problèmes de finances publiques.
03:28C'est aussi simple que ça.
03:30Pour l'emploi des jeunes, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, accompagné de trois autres ministres,
03:36a présenté hier un plan. Un plan pour l'emploi des jeunes dont l'ambition est d'améliorer ce fameux
03:43taux d'emploi
03:44pour les 15 à 24 ans de 5 points d'ici 2030.
03:50Allez, Nathalie, je commence avec vous. Qu'est-ce que vous avez pensé des mesures ?
03:55Il n'y a pas un rond. C'est très simple. On ne peut pas mettre un euro supplémentaire.
03:59Et oui, évidemment, on a 5% de déficit. Alors, que propose le gouvernement ?
04:04Écoutez, oui, effectivement, c'est d'essayer de faire en sorte que l'insertion des jeunes soit plus facile sur
04:10le marché du travail
04:11et notamment de pouvoir finalement rendre un peu plus flexible leur entrée.
04:17En fait, quand on regarde, par exemple, la France, ce n'est pas une bonne nouvelle.
04:22Elle a toujours un taux de chômage des jeunes qui est élevé.
04:26Plus de 21%. Je rappelle qu'on est à 7,8% si je ne dis pas de bêtises aujourd
04:31'hui.
04:31En France, on est à plus de 21%.
04:33On est à plus de 21%.
04:34Plus 5 points dernièrement.
04:35Exactement. Et c'est intéressant de regarder avec l'Espagne, parce que l'Espagne, en fait, qui est également à
04:41peu près au même niveau,
04:43mais elle est partie de beaucoup plus haut.
04:44Beaucoup plus haut. Elle était à plus de 30%.
04:46Et on voit bien qu'effectivement, pour pouvoir améliorer cette entrée des jeunes sur le marché du travail,
04:53ce n'est pas mystérieux. Il a fallu qu'ils assouplissent, effectivement, qu'ils créent des contrats plus souples.
04:59Mais aussi, d'avoir un partenariat entreprise-école.
05:04C'est-à-dire, effectivement, faire en sorte que, lorsque l'élève arrive sur le marché de l'emploi,
05:08il soit moins déconnecté, entre guillemets.
05:10Là, les mesures présentées par le gouvernement sur ce partenariat, ils en parlent, hein ?
05:13Oui, oui, ils en parlent, tout à fait.
05:14C'est uniquement par le biais de la sécurité, parce qu'il y a quelques jours, malheureusement, un événement dramatique.
05:21Un apprenti est décédé sur un chantier, effectivement, après un accident.
05:26Voilà, mais dans le rapport entreprise-école, on aurait pu imaginer des idées un peu plus larges.
05:34Mais c'est vrai que le problème de la France, on le sait depuis...
05:38Enfin, je veux dire, c'est quand même des problèmes structuraires récurrents qu'on a depuis longtemps.
05:43C'est qu'en fait, on a un problème d'école depuis...
05:45Voilà, on a un problème d'école.
05:47Le modèle, c'est toujours le modèle allemand, parce qu'effectivement, dans le modèle allemand,
05:50on a une valorisation de la filière d'insertion professionnelle.
05:53Donc, on a des jeunes qui ont un rapport avec les entreprises qui est beaucoup plus, je dirais, beaucoup plus
06:00décontracté.
06:01C'est-à-dire qu'il n'y a pas de problème pour un jeune de se décider à aller
06:04dans l'entreprise jeune.
06:05Alors qu'en France, vous savez très bien qu'avec cette idée qu'il fallait avoir 85% de bacheliers,
06:12on a effectivement introduit...
06:13Enfin, on a aggravé notre situation.
06:15Donc, on sait qu'on a aujourd'hui des jeunes qui font des bacs qui ne servent pas à grand
06:19-chose,
06:20parce qu'après, ils vont continuer des études qui ne vont pas les insérer.
06:25Et donc, il faut réformer l'école en même temps que le marché du travail.
06:29Oui, et l'orientation à l'issue des filières.
06:31C'est le fameux insert-score plébiscitaire.
06:34Alors, on va faire la communication autour de l'insert-score, c'est-à-dire quelle filière embauche,
06:38avec quel niveau de...
06:39Alors, effectivement, ils vont, ils favorisent le matching, ils favorisent la circulation de l'information.
06:43Mais quand vous êtes aujourd'hui, pour être beaucoup souvent dans les commissions de parents d'élèves pour des recours,
06:51vous voyez bien que la mentalité en France des familles en général, c'est qu'un enfant, il doit faire
06:57le général,
06:57sinon il a raté quelque chose.
06:59Et donc, tant qu'effectivement, on n'aura pas mis un terme à cette illusion qu'en fait des études
07:06générales mènent à quelque chose,
07:07je pense que ça, c'est ce qu'ils font, on ne va pas dire que ce n'est pas
07:10bien,
07:11mais ce ne sera sans doute pas suffisant, malheureusement.
07:13Je vais avoir l'avis de la chef d'entreprise, Sylvie Cazenat-Pérez,
07:17mais juste avant, Christian Parizeau, vous avez jeté un coup d'œil aux mesures annoncées par le gouvernement.
07:20Qu'en pensez-vous ?
07:21C'est ce qui vient d'être dit, moi, je pense que c'est ça.
07:23Le gros problème, c'est qu'en France, on ne peut pas parler des jeunes,
07:26parce que ça s'inscrit dans une vision plus large.
07:29Alors, quand on a dit ça, on n'a pas de solution.
07:31Ben oui, on n'a pas de solution pour les jeunes. Pourquoi ?
07:34Parce que d'une part, en amont, il faut réformer complètement notre système d'éducation,
07:38et c'est un vrai problème aujourd'hui de niveau d'éducation,
07:41de notre système qui soit adapté aux besoins de l'entreprise.
07:45On a un ministre de l'Éducation nationale, je vous coupe Christian une seconde,
07:48quand même, qui vient d'annoncer au Figaro cette semaine
07:51que le bac, si on ne savait plus écrire le français, on ne l'avait plus,
07:55il n'y avait plus la moyenne,
07:56et que sur les mathématiques, il fallait falloir se renforcer terriblement.
08:00Édouard Geffray est quand même assez intéressant comme ministre de l'Éducation nationale.
08:03Oui, je pense qu'il a au moins une raison de dire qu'il faut sanctionner un niveau
08:07et pas dire qu'il faut 85% qui réussissent.
08:10Et demander un minimum d'exigence, quoi.
08:12Qu'il faut avoir un certain niveau, sinon le diplôme ne vaut rien.
08:14Mais je dirais qu'il y a l'aspect formation, mais on n'en parle pas aussi,
08:17il y a aussi toute la formation professionnelle.
08:19Pourquoi aujourd'hui, vous avez des jeunes qui veulent aller jusqu'à Bac plus 5 ?
08:23Parce qu'on leur a dit que de toute façon, si tu n'attends pas à Bac plus 5,
08:27derrière, dans l'entreprise, tu seras bloqué.
08:28Tu ne peux pas rentrer à un bas niveau d'entreprise,
08:32avoir une formation professionnelle et finir cadre.
08:35Non, tu seras fermé, tu seras bloqué.
08:37Donc il y a aussi quelque chose que les entreprises, il faut qu'elles prennent en compte.
08:40Les jeunes, leur vie ne se fait pas à 20 ans.
08:42Ils ont toute une carrière professionnelle.
08:45Et c'est d'autant plus vrai qu'aujourd'hui, on nous parle
08:47qu'on fera plusieurs métiers dans la vie et tout ça.
08:49Donc est-ce que notre formation initiale, est-ce que d'avoir Bac plus 5 à l'origine,
08:53vous allez dire qu'on sera adapté dans le monde de demain ?
08:57Non, je pense qu'il faut aussi faire un peu de nettoyage dans les entreprises
09:03pour dire qu'il faut aussi permettre aux gens d'avoir des carrières
09:06et d'évoluer dans leur carrière.
09:07Donc vous voyez que les jeunes, c'est un peu ce qu'il y a au milieu,
09:10mais il y a en amont et en aval.
09:13Et tant qu'on ne gérera pas tout l'ensemble,
09:15finalement on est dans un système qui marche mal en ce moment.
09:17On a l'avis des deux économistes là, Sylvie Caznaf-Péré.
09:20Mais comment ça se passe très concrètement, in situ, dans votre entreprise, je le rappelle ?
09:25Sur ce qui a été exposé hier, je trouve que ça va dans la bonne voie.
09:30Depuis que j'exerce à la présidence du groupe Poussons Packaging,
09:34ce que j'observe c'est que les choses quand même s'améliorent,
09:37même si le résultat n'est pas tout à fait là.
09:40Un message d'optimisme.
09:41Oui, parce que nous concrètement, depuis des années,
09:45nous travaillons avec les collèges, les lycées,
09:47on ouvre nos portes régulièrement,
09:49les entreprises du bassin d'emploi dans lequel je me situe
09:53ouvrent leurs portes pour communiquer sur nos métiers.
09:57Est-ce que l'institution école est prête à vous écouter,
10:01à vous accueillir ?
10:02Bien sûr, on a des professeurs,
10:04on a des dirigeants d'établissements
10:06qui sont beaucoup plus motivés qu'il y a une dizaine d'années,
10:09ça n'a plus rien à voir,
10:11qui ont pris la conscience et la compréhension
10:13de ce qui existait pour leurs jeunes
10:15et qu'il leur fallait un futur.
10:17Et puis nous, de notre côté,
10:19on met en place des dispositifs.
10:20Par exemple, on a créé des petites maisons
10:23pour héberger nos alternants
10:25parce que le problème de l'emploi des jeunes,
10:27c'est aussi le problème du déplacement.
10:29Comment ils se déplacent ?
10:29Le logement, crise majeure.
10:31Alors dans les grandes villes, ça va,
10:32il y a peut-être des transports en commun,
10:33mais nous, dans nos provinces,
10:35on ne peut pas dire qu'on réindustrialise la France
10:37en plaçant de Paris ou de Nantes ou d'Angers.
10:39C'est forcément dans les campagnes
10:41et on n'a pas de transports en commun,
10:43c'est normal, mais ce n'est pas non plus un drame.
10:46Donc, particulièrement chez nous,
10:48et je ne veux pas pousser cette proposition,
10:53mais quand même, on a institué
10:54une sorte de leasing social
10:56et le salarié, pour 2 euros par jour,
10:58il a sa voiture assurée,
11:01entretenue, kilométrage,
11:03et il peut venir à l'usine.
11:04Et ça, ça aide les jeunes,
11:06ça attire les jeunes.
11:07C'est une mesure qui attire les jeunes.
11:09– Pardon, vous avez organisé
11:10votre propre leasing social,
11:13sans que l'État s'en mêle, sans que…
11:15– Exactement, on n'a pas attendu que l'État,
11:18et je pense que globalement,
11:19les entreprises font leurs efforts
11:21pour pouvoir, non seulement recruter des compétences,
11:24mais aussi les garder, les fidéliser,
11:27les faire progresser aussi,
11:29c'est ce qui fait notre appétence,
11:31c'est ce qui fait qu'on reste,
11:32et ce qu'on aime avant tout,
11:34que le jeune soit ou pas formé.
11:36Depuis très longtemps,
11:37les entreprises ont pris le relais
11:39de l'éducation nationale,
11:41parfois aidées par les professeurs ou pas,
11:44pour intégrer ces jeunes
11:46dans des plans d'amélioration continue,
11:49de formation continue,
11:50qui sont très importants chez nous,
11:52qui sont très bien suivis,
11:54qui sont aussi suivis par les inspections du travail,
11:56c'est normal, par les directions du travail,
11:58mais ce sont des moyens,
12:01des vecteurs de progrès, d'intégration,
12:04et on a des gens qui n'ont pas de diplôme,
12:06qui sont aujourd'hui managers dans notre entreprise.
12:09Alors des gens sans diplôme,
12:10je voulais qu'on s'arrête une minute
12:11sur les mesures qui ont été présentées
12:13par le MEDEF en début d'année,
12:15sur les NEEDS notamment.
12:16Je rappelle, les NEEDS,
12:18c'est un acronyme anglais,
12:19mais ce sont les jeunes
12:20qui sont sortis du système scolaire,
12:24souvent très jeunes,
12:25sans diplôme, sans formation,
12:26et qui sont sans emploi.
12:28Très compliqué à réinsérer
12:30dans le monde du travail.
12:31Vous nous dites, ce matin,
12:34Sylvie Cazenaf-Péret,
12:35que vous avez des jeunes
12:36sans formation, sans diplôme,
12:37qui ont fini manager.
12:39C'est que donc, c'est possible.
12:41Le MEDEF s'était inspiré
12:43des mesures de Matteo Renzi,
12:44mis il y a 10-15 ans
12:47en arrière en Italie.
12:49Pour faire simple,
12:51un CDI assoupli,
12:52avec des droits rechargeables,
12:54pendant trois ans,
12:54on peut licencier le jeune,
12:56si on voit que ça ne matche pas
12:57au sein de l'entreprise,
12:59en contrepartie
13:00d'une formation continue,
13:04comme vous le faites
13:05chez Posson Packaging.
13:07Et puis, par ailleurs aussi,
13:08peut-être voir un SMIC
13:09un peu en baisse
13:10pour ces jeunes
13:12sans formation,
13:13sans diplôme,
13:14en contrepartie
13:14d'une formation dans l'entreprise.
13:16La CGT est montée au plafond
13:18en disant au scandale.
13:19Mais si ça se fait ailleurs,
13:21est-ce que ce n'est pas
13:22des mesures très concrètes
13:22qu'on devrait reprendre,
13:23Nathalie Jansson ?
13:24Voilà.
13:26Je vais être désagréable,
13:28en fait,
13:28ce qu'il faudrait,
13:29c'est surtout...
13:29Vous n'êtes jamais désagréable,
13:30Nathalie.
13:31Voilà, il faut enlever,
13:33il faut supprimer
13:34le SMIC tout court,
13:35déjà,
13:35il faut assouplir
13:36le marché du travail
13:37parce que,
13:37de toute façon,
13:38chaque jeune,
13:39on voit bien dans le cas
13:41qui vient d'être discuté,
13:42les entreprises,
13:44elles ont un intérêt,
13:46forcément,
13:46elles ont besoin
13:47de main-d'oeuvre
13:49qu'elles puissent intégrer,
13:50qu'elles correspondent
13:52à leurs compétences
13:53et ça,
13:53elles savent faire.
13:54Donc,
13:55il faut surtout les laisser
13:56et les laisser aussi
13:58contracter un salaire
13:59avec un jeune.
14:00Alors,
14:01pourquoi pas,
14:01effectivement,
14:02avoir...
14:03Déjà,
14:03flexibiliser les contrats,
14:04c'est une voie
14:06qu'il faut prendre
14:08assez rapidement
14:09et d'ailleurs,
14:10l'Espagne,
14:10c'est pareil,
14:11dans ces mesures
14:11qu'elle a prises,
14:12c'est aussi un CDI
14:13plus souple
14:13parce qu'effectivement,
14:15on a besoin de souplesse
14:16quand c'est un jeune.
14:17D'ailleurs,
14:18des deux côtés
14:18parce que ça peut être
14:19aussi le jeune
14:20qui peut avoir envie
14:21parce qu'on est toujours
14:23en train de regarder
14:23du côté de celui
14:25qui emploie,
14:25mais les deux parties,
14:27c'est-à-dire que quelqu'un
14:28qui est employé,
14:28je dirais malgré lui,
14:29c'est-à-dire qu'il a l'impression
14:31qu'il faut qu'il reste
14:31parce que sinon,
14:32il n'aura pas autre chose,
14:33ce n'est pas une bonne recrue
14:35et ce n'est ni bien pour lui
14:37ni bien pour l'entreprise.
14:38Donc,
14:38il faut surtout assoublier
14:40les conditions du marché
14:41du travail
14:41qui,
14:41effectivement,
14:42en France,
14:42sont quand même
14:43particulièrement rigides
14:44et malheureusement,
14:45là-dessus,
14:46il n'y a pas grand-chose
14:46qui est dit
14:47et effectivement,
14:47avoir un SMIC jeune,
14:48c'est comme avoir
14:49un SMIC vieux,
14:49enfin,
14:50ce n'est pas une bonne idée
14:50en économie,
14:51ce n'est pas une bonne idée
14:52d'avoir différents prix.
14:54Que les prix soient différents,
14:55soit.
14:55Donc,
14:56vous libéralisez totalement,
14:57aucune norme,
14:58nulle part.
14:58Et on enlève le SMIC
15:00qui,
15:00en fait,
15:01n'a pas lieu d'être.
15:02Est-ce qu'il vous empêche
15:03d'embaucher le niveau du SMIC
15:04Sylvie Cazenaf-Pérez
15:05et ces jeunes
15:06sans diplôme,
15:07sans formation ?
15:08D'abord,
15:09si on a les marchés,
15:10si on a les commandes,
15:11on embauche.
15:12D'abord,
15:12c'est la première condition
15:14de l'embauche.
15:15Ensuite,
15:16c'est vrai que le SMIC
15:17et tous les dispositifs
15:20qui sont associés
15:21autour du SMIC
15:23deviennent
15:23d'une complexification
15:25telle
15:26que nous,
15:27en entreprise,
15:29qu'est-ce qu'on fait ?
15:30On calcule un coût de revient.
15:31Dans le coût de revient,
15:32il y a de la main-d'œuvre.
15:33Donc,
15:33tous les dispositifs
15:34qui sont autour,
15:35qui vont venir compenser
15:37le coût de la main-d'œuvre,
15:40nécessitent une mobilisation
15:41du RH
15:43telle
15:43qu'on n'essaie pas,
15:45mais en tout cas,
15:46on ne le rend pas
15:46dans notre prix de revient.
15:47Donc,
15:48ça ne nous rend pas
15:49plus compétitifs.
15:49Donc,
15:50je vais suivre l'opinion
15:51qui vient d'être développée
15:53par Nathalie tout de suite.
15:54Je me permets.
15:54Oui,
15:55je vous en prie.
15:56Parce qu'en fait,
15:57ce dont on a besoin,
15:58c'est de la souplesse.
16:00Je ne suis pas du tout,
16:01moi,
16:01alors,
16:01je ne suis pas pro-CGT,
16:03etc.
16:03Vous imaginez bien,
16:04en général,
16:05les patrons ne sont pas
16:06trop pro-syndicats.
16:07Néanmoins,
16:08je trouve que
16:09créer encore
16:10une catégorie
16:11spécifique
16:12de contrat de travail
16:13pour une catégorie
16:15de la population
16:16qui,
16:17si,
16:18par malheur,
16:18le jeune
16:19qui a été sorti
16:20du marché
16:21pour une raison
16:21X ou Y,
16:22il arrive un an trop tard,
16:23il ne peut pas en bénéficier.
16:25Mais nous,
16:25ça nous complexifie
16:26notre quotidien.
16:27C'est incroyable
16:29de toujours
16:31créer des règles nouvelles.
16:33Ce dont on a besoin,
16:34c'est de stabilité
16:35pour employer
16:37sereinement.
16:37Donc,
16:38vous estimez que
16:38dans le cadre actuel,
16:39vous pouvez faire
16:40de l'embauche
16:40par intérim,
16:41par CDD,
16:41par différents contrats
16:42aussi,
16:43vous le faites.
16:44Donc,
16:44finalement,
16:44pas besoin de rajouter
16:45de couches supplémentaires.
16:47Christian Parison.
16:48Il y a l'apprentissage,
16:49je le rappelle,
16:51ça marche.
16:52On a vu que
16:53quand on met l'État,
16:54certes,
16:55certains vont nous dire
16:56qu'il y a de l'aubaine.
16:56Oui,
16:57même s'il y a
16:57deux,
16:58trois emplois
16:59qui sont liés
17:00à l'aubaine,
17:01en général,
17:02l'apprentissage a marché
17:03et on voit
17:04que ça marche très bien.
17:05Alors,
17:05certes,
17:06on peut dire
17:06que c'est bien
17:07de faire l'apprentissage
17:08quand on est
17:08Bac plus 2,
17:09Bac plus 5.
17:09Alors,
17:09Bac plus 3 à Bac plus 5,
17:10effectivement,
17:11ça a coûté 10 milliards,
17:12on peut s'interroger
17:12sur le coût budgétaire
17:13de la mesure.
17:14on nous parle
17:14d'une mesure
17:15pour aider les jeunes,
17:16on veut recréer
17:17un nouveau contrat
17:18alors qu'il y a des choses
17:18qui existent,
17:19qui sont en place,
17:20qui sont financées.
17:21Donc,
17:22je m'interroge,
17:23est-ce que finalement,
17:23on a vu que ça a très bien marché ?
17:25Encore une fois,
17:26ces mesures,
17:26c'est pour les NITS,
17:27c'est-à-dire
17:27pour des jeunes
17:28qui sont complètement
17:29en dehors du système.
17:30il suffit de mettre
17:31des structures
17:31où on leur donne
17:32des formations
17:34qui permettent
17:34l'apprentissage.
17:35C'est-à-dire que l'idée,
17:36c'est de les attirer,
17:37on essaye de les avoir
17:38à poil au poids,
17:39on leur fait une proposition,
17:40on vous dit
17:41pendant deux ans,
17:41vous allez travailler,
17:42mais vous ne serez pas
17:43dans le cadre scolaire,
17:45parce que le gros problème
17:46de ces gens-là,
17:46en général,
17:47c'est plutôt un problème
17:48de rejet du format scolaire.
17:50Donc,
17:50on leur dit,
17:51vous allez rentrer
17:52en entreprise,
17:53donc vous êtes en apprentissage,
17:54excusez-moi,
17:55c'est ce qu'on appelle,
17:56et vous aurez quand même
17:57une formation théorique
17:58parce qu'on ne peut pas
17:59demander à ces jeunes
18:00de travailler
18:01en entreprise
18:02s'ils n'ont pas
18:02un minimum
18:03de formation théorique.
18:05Donc,
18:05voilà,
18:06ça s'appelle l'apprentissage,
18:07excusez-moi,
18:08mais je ne vois pas
18:08ce qu'on va inventer de plus.
18:09Si je peux me permettre,
18:11pas seulement les jeunes,
18:12mais leur famille,
18:13les professeurs,
18:14les directeurs d'établissements,
18:15c'est vraiment quelque chose
18:17qui se passe au plan local,
18:18c'est une mobilisation locale
18:20des partenaires locaux
18:22qui travaillent ensemble
18:24pour faire
18:26découvrir les entreprises
18:27là où elles sont.
18:27Après,
18:28les jeunes,
18:28ils vont recevoir une formation,
18:30ils vont partir
18:30où ils veulent,
18:31mais au moins
18:32qu'ils aient cette formation
18:33et cette appétence
18:34pour le monde du travail.
18:35Mais qui coordonne
18:36au niveau local
18:37ce travail
18:38entre l'éducation nationale
18:40et les chefs d'entreprise ?
18:42Depuis plus de 30 ans,
18:42on travaille en association
18:43avec tous les acteurs
18:45du territoire.
18:46Et en fait,
18:46ça ressemble au...
18:48Ce que vous décrivez,
18:48c'est le système allemand,
18:49en fait,
18:49tout simplement,
18:50parce que c'est ça,
18:50le système allemand,
18:51c'est des entreprises
18:53qui travaillent effectivement
18:54avec la filière
18:55d'apprentissage
18:56et en fait,
18:57ils ont un devoir
18:58de formation,
18:58entre guillemets,
19:00et voilà,
19:00je veux dire,
19:01c'est pas compliqué.
19:02Après,
19:03on n'est pas obligé
19:03de suivre un modèle,
19:04mais nous,
19:04on a quand même
19:05un sérieux problème
19:06de rigidité.
19:07En plus,
19:07on sait très bien
19:08que les entreprises,
19:08aujourd'hui,
19:09font face à des conditions
19:11économiques qui changent
19:12très souvent,
19:12on a beaucoup plus
19:13de volatilité qu'avant.
19:14Vous doutez bien
19:15qu'une entreprise
19:15qui se retrouve
19:17avec des rigidités
19:19dans la manière
19:19dont elle emploie
19:20les jeunes en plus,
19:22c'est vraiment,
19:24forcément,
19:25ça va tomber,
19:26la rigidité va impacter
19:27la partie de la population
19:29qui est la plus compliquée
19:31à gérer.
19:32Et c'est ça
19:33qui est vraiment incroyable,
19:35enfin,
19:35qui est incroyable
19:36dans le sens étymologique,
19:37c'est-à-dire
19:38pourquoi les gouvernements
19:40n'arrivent pas
19:40à comprendre
19:41que rigidifier
19:43des procédures
19:44empêche
19:45l'adaptation
19:46de l'entreprise.
19:47Donc,
19:47sans vouloir tout,
19:49enfin,
19:49plus rien contrôler,
19:50il faut bien qu'ils comprennent
19:52que c'est quand même
19:52un élément bloquant
19:54et que ça complexifie
19:55quand même
19:55le travail de l'entreprise
19:56fortement.
19:57Et donc,
19:58c'est au préjudice
19:59de ces populations jeunes.
20:01Bon,
20:02l'avenir est dans l'entreprise,
20:03c'est ce que je retiens quand même,
20:04quand le public
20:05n'est plus capable
20:07de gérer certains problèmes,
20:09je vois que les entreprises
20:09prennent les choses en main
20:10quand même
20:11pour les traiter.
20:12Avant,
20:13on se rappelle,
20:13moi j'ai une famille
20:14qui vient
20:15d'un endroit
20:16où il y avait
20:17une industrie papetière,
20:18mes grands-parents
20:19habitaient dans les maisons.
20:20Ah oui,
20:21mais le paternalisme
20:22du 19ème siècle
20:23en Écosse,
20:24c'était des micro-cités
20:25au sein de l'entreprise.
20:26quand elles ont un problème,
20:27elles trouvent des solutions.
20:28C'est pareil,
20:29quand on a
20:29Silicon Valley
20:30avec les problèmes
20:31de logement,
20:32ils avaient des systèmes
20:33de ramassage des gens
20:34pour les acheminer.
20:36L'entreprise,
20:37elle a besoin
20:38de résoudre des problèmes.
20:39Elle ne va pas attendre.
20:41Bon,
20:41merci pour ce message optimiste.
20:43En tout cas,
20:43on peut faire des choses
20:45au travers de l'entreprise.
20:47Allez,
20:47on va passer
20:47à une grande séquence
20:48maintenant,
20:50Trump marché.
20:50On va en parler
20:51grosso modo
20:52jusqu'à la fin
20:54de l'émission.
20:55La première question
20:56que j'ai envie
20:57de vous poser,
20:58c'est Trump
20:58manipule-t-il
20:59les marchés ?
21:00On a l'impression
21:00d'une gestion
21:01parfois,
21:02pardon,
21:03je vais y aller directement,
21:04quasi mafieuse,
21:06des intérêts
21:07d'un petit clan
21:07qui,
21:09en faisant fluctuer
21:11les marchés
21:14au gré
21:15des déclarations
21:16du président
21:17américain,
21:18s'en mettent
21:19parfois
21:20plein les poches.
21:20Des marchés financiers
21:21qui ont évidemment
21:22réagi,
21:22là,
21:23il y a 24-48 heures,
21:25à la perspective
21:26d'un accord
21:27entre les États-Unis
21:28et l'Iran.
21:30Là,
21:30on voit que depuis cette nuit,
21:31il se retire dessus,
21:32donc ça va bouger
21:33dans le sens
21:35inverse.
21:35La réalité,
21:37Christian Paizot,
21:37grand spécialiste
21:38des marchés,
21:39on n'a aucune idée
21:40de ce qui se passe
21:41des discussions en cours.
21:42Est-ce qu'on ne vit pas
21:45une méga-opération
21:47de manipulation
21:49des marchés ?
21:50Alors,
21:50je vais vous répondre,
21:51oui,
21:51ils manipulent les marchés,
21:53mais peut-être pas
21:53comme on le pense,
21:54dans le sens
21:55qu'il est tellement instable,
21:57il est tellement incertain
21:58qu'aujourd'hui,
21:59vous avez des opérateurs
21:59de marché
22:00qui ne peuvent pas
22:00prendre une position.
22:01Alors,
22:01je vais vous faire l'extrême,
22:03ils ne peuvent pas...
22:03Est-ce que vous êtes prêts
22:05à jouer aujourd'hui
22:05une forte baisse
22:06de la bourse américaine ?
22:07Je mets un peu de côté
22:08la thématique de l'IA
22:09et tout ça.
22:10Sur la thématique
22:11Moyen-Orient,
22:12parce qu'on pourrait
22:13prendre des valeurs
22:13qui sont sensibles à ça,
22:14est-ce que vous êtes prêts
22:15aujourd'hui à mettre
22:16plusieurs millions
22:17pour jouer la baisse ?
22:18Pourquoi ?
22:18Parce que vous dites
22:19si je commence
22:20à faire ce pari
22:21et que Trump va
22:22dans les plateaux
22:23et dit tout est fini,
22:24on a un accord,
22:25je vais avoir ma position
22:26qui va se retourner.
22:27À l'inverse,
22:28la situation est tellement grave,
22:30le D3 d'Hormuz
22:30est bloqué,
22:31on se dit que
22:33ça ne va pas se résoudre
22:34du jour au lendemain,
22:35vous pourriez dire
22:35je suis super baissier,
22:37je peux jouer une baisse,
22:38mais personne ne jouait
22:39cette baisse parce qu'on se dit
22:40on peut se reprendre
22:41un coup derrière.
22:42Mais ça joue aussi
22:43sur l'économie.
22:44Je vous prends
22:44juste un petit exemple,
22:46on a Bakaryouj
22:47qui nous donne,
22:48c'est un équipementier
22:49pétrolier américain
22:50qui nous donne
22:50le nombre de puits
22:51qui sont ouverts
22:51et fermés aux Etats-Unis
22:52et on s'aperçoit
22:53que les pétroliers américains
22:55malgré la forte hausse
22:56des cours du pétrole
22:57n'ouvrent pas plus de puits.
22:59Aujourd'hui,
22:59ils sont bloqués.
23:00Pourquoi ?
23:00Parce qu'ils se disent
23:01si demain Trump nous dit
23:02que la carrière est finie,
23:03le pétrole va pas rester
23:04à ce niveau-là
23:05et on va perdre de l'argent.
23:06Donc ils disent
23:07autant produire
23:08ce qu'on produit,
23:08on produit pas plus,
23:09on le vendra plus cher
23:10mais nous ferons pas
23:11à nos puits
23:11parce que Trump
23:12nous donne aucune visibilité.
23:14Christian,
23:14vous êtes en train
23:15de me dire
23:15que c'est presque
23:16une forme de stabilité
23:17les déclarations
23:18puisque ça part
23:19dans tous les sens,
23:20on ne bouge pas.
23:20C'est la stabilité de Trump
23:20qui fait que personne ne bouge.
23:22C'est ça.
23:23D'autant plus qu'il faut bien
23:25garder à l'esprit
23:25que le marché du pétrole
23:27était plutôt en surplus.
23:29Oui.
23:29Donc vous imaginez bien
23:30On était à 60 dollars,
23:31on a oublié,
23:31mais au mois de janvier.
23:32Donc en fait,
23:33eux, ils savent
23:33que dès que c'est fini,
23:36même si ça prend du temps,
23:37donc eux,
23:37ils n'ont aucune incitation
23:39à rouvrir des...
23:39Enfin, je veux dire
23:40l'incitation à rouvrir des prix,
23:41elle est faible.
23:42Et c'est la même chose
23:43du côté du gaz de schiste.
23:44Donc effectivement,
23:46on ne peut jouer...
23:47Enfin, pour le moment,
23:47on ne sait pas
23:48combien de temps ça va durer
23:49mais à part une hausse,
23:50on ne peut pas avoir
23:51d'autres choses
23:52qui vont se passer
23:53puisqu'effectivement,
23:54rationnellement,
23:54vous n'allez pas vous lancer
23:55à ouvrir un puits
23:56si c'est pour le fermer
23:57deux mois plus tard.
23:58C'est impossible.
23:59Ça est quand même
24:00très compliqué.
24:01En attendant...
24:02Comment on pilote
24:02une entreprise industrielle
24:04dans ce contexte très nouveau ?
24:06Alors, comment on fait ?
24:06De la même manière,
24:07on s'organise peut-être
24:09comme vous avez souligné
24:11tout à l'heure à l'Allemande.
24:12Nous, on a intégré une scope.
24:14On achète notre énergie
24:16via cette scope
24:17qui réunit beaucoup d'acteurs.
24:19Ça nous a permis
24:20de figer
24:21nos prix d'achat d'énergie
24:23parce que, in fine,
24:25quelle que soit la taille
24:26de l'entreprise,
24:27on doit payer la facture.
24:29La facture,
24:29elle n'est pas reportable
24:32chez le client tout de suite.
24:34Ce n'est pas possible.
24:34Donc, ça passe par des coûts
24:36très importants
24:37sur notre trésorerie
24:38et des à-coups
24:39sur notre trésorerie,
24:40surtout dans des industries
24:42énergivores.
24:42Nous, on est un peu énergivores,
24:44c'est le moins qu'on puisse dire.
24:45Et par ailleurs,
24:46on a mis en place
24:47des systèmes d'énergie
24:48non fossiles,
24:50des panneaux solaires.
24:51Est-ce que ça pousse
24:52à l'électrification ?
24:53Comme on le voit
24:53sur le marché
24:54du véhicule électrique
24:55qui est en plein beau.
24:56Ça pousse en partie
24:58à l'électrification,
24:59ça pousse surtout
25:00à la recherche
25:01de nouvelles technologies
25:02avec des experts
25:04dans ces nouvelles technologies,
25:05notamment de batteries.
25:06Vous voyez,
25:07hier,
25:07on était avec des experts
25:10sur...
25:10Il y a un an,
25:11ce n'était pas vraiment possible
25:12de stocker cette énergie solaire.
25:15Aujourd'hui,
25:16ça le devient.
25:17Donc, évidemment,
25:17il y a des technologies
25:19qui se développent
25:19très rapidement
25:20et les entreprises
25:21sont toujours plus agiles
25:23et flexibles
25:24que les États.
25:25et comme vous dites très bien,
25:26si on est libre
25:27d'avancer,
25:28si le cadre réglementaire
25:30ne change pas
25:31toutes les cinq minutes,
25:33eh bien,
25:33on fait des investissements.
25:35Alors,
25:35ça pose d'autres problèmes
25:36parce que cette énergie,
25:38on va la produire,
25:39mais peut-être
25:39qu'on ne va pas pouvoir...
25:40On va l'utiliser,
25:41mais peut-être pas
25:42la remettre sur le réseau
25:43à un prix suffisamment
25:45pour amortir
25:45nos installations.
25:46Mais ça passe aussi
25:48par la coordination
25:50de moyens.
25:51c'est pour ça
25:51qu'on a intégré
25:52une scope
25:53pour déployer
25:53tout ce dispositif
25:54pour pouvoir bénéficier
25:56de coûts d'investissement
25:57très affaiblis.
25:58Par exemple,
25:59on a planté
25:591000 panneaux solaires.
26:00Les budgets d'origine
26:02qu'on avait réunis
26:03étaient autour
26:04d'un million d'euros.
26:05C'est à peu près ça
26:05parce que ce n'est pas
26:07en toiture,
26:07c'est sur le sol.
26:08Enfin bref,
26:08c'est un peu compliqué
26:09chez nous.
26:10Eh bien là,
26:11on est arrivé
26:12à un budget global
26:13du tiers
26:15en investissement.
26:16donc les entreprises
26:17elles vont faire ça.
26:19Voilà l'efficacité
26:19de l'euro dépensé.
26:20Elles vont créer les conditions
26:22de leur performance économique
26:24pour pouvoir survivre
26:26dans un monde incertain.
26:28Mais pardon Sylvie,
26:28dans le monde incertain
26:29que vous soulignez,
26:30est-ce que vous avez envie
26:30d'investir ?
26:31Est-ce que vous êtes
26:31en capacité ?
26:33Certainement,
26:34est-ce qu'on investit
26:35quand on a la dissolution
26:37depuis 18 mois
26:37qui met un bazar politique
26:39sans nom dans le pays
26:40et la géopolitique
26:41qui rend notamment
26:43le coût de l'énergie
26:45de plus en plus prohibitif ?
26:46Alors,
26:46comme vous pouvez observer,
26:48je ne suis pas un chef
26:48d'entreprise
26:50tout nouveau.
26:51Ça fait longtemps.
26:52Donc j'ai l'expérience,
26:53j'ai vu
26:54un nombre
26:56de crises
26:57incroyables.
26:57On vit un peu
26:58dans une permacrise
26:59depuis 2008.
27:00Oui,
27:00et puis même auparavant,
27:01on a eu
27:03la globalisation,
27:04les délocalisations.
27:05Je disais tout à l'heure
27:06à une personne
27:07que j'ai rencontrée
27:08que 100%
27:09de mes clients
27:10ont disparu.
27:11Parce que,
27:12voilà,
27:13et dans l'emballage,
27:13ça paraît
27:14incroyable.
27:15Bon,
27:15donc,
27:16on est habitué à ça
27:17et donc,
27:18on doit s'adapter.
27:19Nous,
27:19on ne retient pas
27:20les investissements.
27:21Par contre,
27:22on gère le financement
27:23des investissements.
27:24Parce qu'une entreprise,
27:25ce sont des flux
27:26de trésorerie.
27:27Quand on voit
27:28l'attitude
27:28du président Trump,
27:30il me fait penser
27:31à un dirigeant
27:32qui finance
27:33du long terme
27:34par du court terme.
27:35Ah ben,
27:35on va en parler justement
27:37dans la seconde partie
27:37de l'émission.
27:39Mais c'est un peu ça.
27:40Voilà,
27:40nous on réagit
27:41pour pérenniser
27:42notre activité industrielle.
27:46On va en parler
27:46dans la seconde partie
27:47de l'émission.
27:47Restez avec nous,
27:48on revient dans une petite minute.
27:50On se disait,
27:51est-ce que Trump manipule
27:52les marchés ?
27:52Est-ce que les marchés
27:53ne manipulent pas aussi ?
27:54Un petit peu Trump,
27:55on voit que dès que
27:56les taux longs
27:58touchent les 5%,
28:00Trump a tendance
28:01à reculer.
28:02et c'est le fameux taco.
28:03L'administration Trump
28:05qui cherche aussi
28:06à financer
28:07de plus en plus
28:09à court terme
28:10sa dette
28:11des T-bills
28:12plutôt que les T-bonds.
28:13On verra ensemble
28:15ce que ça peut avoir
28:16comme conséquence
28:17sur les marchés.
28:17Et puis on reviendra
28:18sur les dernières déclarations
28:19du président américain
28:21dans la guerre commerciale
28:22qui l'oppose
28:22à l'Union européenne.
28:24Et puis la décision
28:25de la Cour suprême
28:28aussi qui vient
28:29de condamner
28:30les tarifs
28:31de Donald Trump.
28:32Voilà pour le programme
28:33de la suite.
28:33On revient tout de suite.
28:34Ne quittez pas.
28:42BFM Business
28:43et la Tribune
28:44présentent
28:45Les Experts
28:46Raphaël Legendre.
28:48Allez, on est de retour
28:49pour la seconde partie
28:50de l'émission.
28:51Il est 10h pile.
28:52Retenez bien
28:53ce nouvel horaire.
28:54C'est 9h30,
28:5510h30 désormais
28:56tous les jours
28:56sur BFM Business.
28:58Les Experts aujourd'hui.
28:59Nathalie Jansson,
29:00professeure d'économie
29:01à Neoma Business School.
29:02Sylvie Cazenaf-Péret,
29:04présidente du groupe
29:04Posson Packaging.
29:06Et Christian Parizeau,
29:07économiste et conseiller
29:08auprès d'Aurel BCG.
29:10Christian,
29:11je reprends avec vous,
29:12on parlait juste avant
29:13la coupure
29:14de Donald Trump
29:16qui pourrait manipuler
29:18les marchés
29:18avec ses déclarations
29:20tonitruantes
29:21qui partent d'un côté
29:21et de l'autre.
29:22Ce n'est pas toujours
29:23facile à suivre.
29:24Mais, mais, mais,
29:25mais, mais,
29:26est-ce que ce ne sont pas
29:27aussi les marchés financiers
29:28qui parfois dictent
29:30sa conduite
29:31à Donald Trump ?
29:32On l'a revu cette semaine.
29:33Dès que les taux longs
29:35touchent les 5%,
29:37Trump always checks it out.
29:39Il recule,
29:42il a arrêté,
29:43il a stoppé
29:44son opération Liberty
29:47dans le détroit d'Hormuz.
29:50On avait vu la même chose,
29:51de mémoire,
29:52corrigez-moi si je me trompe,
29:53mais sur la guerre commerciale,
29:55sur les tarifs,
29:57au mois d'avril
29:57l'année dernière.
29:58Le 9 avril.
29:59Voilà.
30:00Donc, est-ce qu'il ne réagit pas
30:01aussi au marché obligataire,
30:03Donald Trump ?
30:04Oui, il semble qu'il est plus sensible
30:05au marché obligataire
30:06qu'aux actions.
30:07Lors de son premier mandat,
30:08c'était plutôt le marché actions
30:09qu'il regardait.
30:10Maintenant, c'est le marché obligataire.
30:11Alors, pourquoi ?
30:12Parce que la dette américaine
30:13est énorme.
30:14Il ne faut pas l'oublier.
30:15On a un problème de déficit,
30:17mais eux aussi,
30:17ils ont un gros problème de déficit.
30:18Bon, c'est les Etats-Unis,
30:19mais quand même.
30:20Ils ont un problème de financement
30:22et c'est là où on voit
30:23que l'administration américaine
30:24est quand même un peu sous pression.
30:26Et ça, il faut bien mettre ça
30:27dans le cadre aussi
30:28de toute sa pression
30:29qui met sur l'indépendance
30:31de la Banque Centrale Américaine.
30:32Alors, ce qu'il faut bien comprendre,
30:33c'est que Besant,
30:35qui est le secrétaire
30:35au Trésor américain,
30:37a dans l'idée de plus en plus
30:38que les Etats-Unis
30:38se financent à court terme.
30:40Alors, pourquoi se financer
30:41à court terme ?
30:42Il y a un aspect purement technique.
30:43Lorsque vous émettez des T-Bills,
30:45donc des titres de court terme,
30:47vous les émettez...
30:47C'est les titres de trésorerie ?
30:48C'est quoi ?
30:49Trois mois ?
30:50Voilà.
30:50Trois, six mois ?
30:51Non.
30:53Vous émettez, par exemple,
30:5499 et vous allez rembourser à 100.
30:56Mais vous ne versez pas d'intérêt.
30:59Donc, comptablement,
31:00vous n'avez pas versé d'intérêt
31:01sur la dette.
31:02Il y a la grande différence
31:03avec les bonnes.
31:03Par contre, vous augmentez
31:04votre endettement.
31:05Eh oui.
31:06Parce que quand vous allez refinancer,
31:07parce qu'à 100,
31:08pour rembourser,
31:10vous allez réemprunter.
31:11Donc, vous allez réemprunter à 99,
31:12vous allez rembourser à 100
31:13et ainsi de suite.
31:14Donc, le ratio d'aide sur PIB en demande,
31:16mais comptablement,
31:17vous n'avez pas versé d'intérêt.
31:18Donc, ça leur permet déjà
31:20de ne pas verser d'intérêt.
31:21Et Trump ne veut pas verser d'intérêt
31:24aux non-résidents
31:25parce qu'ils considèrent
31:26que c'est donner de l'argent
31:28à d'autres personnes.
31:29Donc, ça les rassure.
31:31Ça intervient aussi à un moment
31:32où, sur la partie longue,
31:33ils ont énormément peur
31:34que les non-résidents
31:35ne financent plus la dette américaine
31:36parce qu'aujourd'hui,
31:38tout ce qui est le Golfe
31:39va avoir besoin de son épargne
31:41pour réinvestir.
31:42Une fois la guerre sera finie,
31:43ils vont plutôt remettre en route
31:44leur puits de pétrole
31:45que de financer la dette américaine.
31:46On a les Chinois
31:47qui se désengagent de cette dette.
31:50On a les Japonais
31:51qui agissent,
31:51c'est un peu compliqué,
31:52sur le Yen,
31:53mais qui veulent,
31:53ils seront peut-être
31:54moins d'appétit
31:55pour la dette américaine.
31:56Et les Européens,
31:57peut-être qu'à un moment donné,
31:58ils vont comprendre aussi
31:59qu'il faut peut-être
32:00arrêter de financer
32:01la dette américaine.
32:02Donc, tout ça fait
32:03qu'ils ont vraiment
32:05l'intention de se financer
32:06à court terme.
32:07Mais ça pose problème
32:07parce que quand vous avez
32:0825% de votre dette,
32:10ça pourrait monter
32:10à plus de 25% de la dette
32:12qui est financée à court terme.
32:13Là, on est à tour
32:14des 22%.
32:15Ah oui, déjà.
32:16Ça pourrait monter.
32:17À titre de comparaison,
32:18vous avez pour la France,
32:19par exemple,
32:20ce qui est le financement comptable.
32:21C'est beaucoup moins.
32:22Il y a des différences culturelles.
32:24Je vous laisse finir.
32:25Je finis.
32:27Si vous avez 25%
32:29de votre dette
32:29qui est à court terme,
32:30vous êtes très dépendant
32:31des taux directeurs
32:32de la Banque centrale américaine.
32:33D'où cette pression de Trump
32:35pour qu'on baisse rapidement
32:36les taux.
32:37Ça lui facilitera.
32:38Je baisse les taux
32:39à court terme.
32:40Moi, je m'en moque
32:40du long terme.
32:41Même si ça fait
32:42ce qu'on appelle
32:43pontifier la courbe,
32:44même si les taux longs montent,
32:45ce n'est pas son problème.
32:46Lui, il veut vraiment
32:46se financer à très court terme,
32:48pas cher.
32:49Et donc, quelque part...
32:50Et donc, si je vous comprends,
32:51c'est plus de pouvoir
32:52pour Donald Trump
32:53sur le côté finance public.
32:54Plus la dette est financée à court terme,
32:55plus la pression
32:56sur la Banque centrale
32:57sera forte,
32:57plus l'indépendance
32:58de la Banque centrale
32:58sera mise en cause.
33:00Donc, on voit
33:01que c'est un mécanisme
33:02qui est dangereux
33:03parce que, d'une part,
33:03s'il y a un choc inflationniste,
33:05si la Banque centrale américaine
33:06doit intervenir,
33:07ça fait exploser
33:08les coûts de financement
33:08de l'État américain.
33:10Il ne faut pas oublier.
33:11Et puis, surtout,
33:12derrière, il faut quand même attirer.
33:13Donc, ils ont fait aussi
33:14des réglementations
33:15qui font que les banques
33:16ont intérêt à prendre
33:17de la dette américaine.
33:19On a fait, notamment,
33:20les stable coins
33:21qui vont créer une demande
33:22de dette court terme américaine.
33:24Donc, ils ont mis en place
33:25un ensemble de choses
33:25qui font qu'ils essayent
33:27de drainer la liquidité
33:28sur cette dette de court terme.
33:29Mais c'est quand même
33:30un élément de financement
33:31à court terme.
33:32C'est quand même dangereux.
33:33Ça reste quand même
33:34un élément de financement
33:35un peu chaud.
33:37Est-ce que vous considérez
33:37que c'est dangereux aussi,
33:38Nathalie ?
33:38Alors, moi, je vais un petit peu
33:39tempérer quand même,
33:41même si je ne remets pas en cause
33:43ce qui est dit sur la stratégie.
33:45Mais je vais tempérer,
33:46en fait, je vais remettre
33:47dans le contexte.
33:48En fait, les États-Unis
33:48ont toujours émis plus
33:49de dette à court terme
33:50qu'en France, par exemple.
33:52Si on prend le cas français...
33:53C'est culturel, donc ?
33:54Ce n'est pas que culturel.
33:55C'est aussi une histoire de marché.
33:57Parce que, de toute façon,
33:58en Europe,
33:58les marchés monétaires
33:59sont arrivés beaucoup plus tard
34:02qu'aux États-Unis.
34:03Leur développement
34:03est quand même plus récent.
34:05Et on n'a pas cette...
34:06On est beaucoup plus intermédiaire
34:07en Europe.
34:08Voilà, tout à fait.
34:08Le ratio est totalement inverse
34:10entre les États-Unis
34:10pour le financement privé
34:11et l'Europe.
34:13Oui, oui, tout à fait.
34:13C'est 90% ?
34:14C'est 70% ?
34:15C'est 70%.
34:16On dit qu'il y a 70%
34:17du financement des États-Unis
34:19qui se fait via les marchés.
34:21Et nous, c'est via les banques.
34:23Donc, en réalité,
34:24effectivement,
34:25en France,
34:25comme dans beaucoup
34:26de pays européens,
34:27on a plutôt une tendance
34:28à se financer plus long.
34:30la maturité moyenne
34:32en France est au-delà
34:32de 8 ans.
34:34Elle a même été
34:34beaucoup plus élevée
34:35quand on a eu des taux négatifs
34:37à long terme
34:37puisque beaucoup d'États,
34:38et on n'était pas les seuls,
34:39on faisait tous pareil,
34:40on s'endettait à très long terme.
34:42C'est vrai qu'aux États-Unis,
34:44on n'a pas cette même tradition.
34:46C'est-à-dire qu'aux États-Unis,
34:46on a une tradition
34:47d'endettement à court terme
34:48qui a toujours été là,
34:49mais effectivement,
34:50elle était plutôt autour
34:51de 4, 5, 5 ans.
34:51Elle roule sur combien,
34:52la dette américaine ?
34:53Si c'est 8 ans ?
34:54Elle est plutôt à 6 ans.
34:56En fait,
34:56ce qui se passe en ce moment,
34:58c'est effectivement,
34:59on a une remontée
35:00de la partie courte
35:01qui atteint,
35:02comme Christian vient de le dire,
35:04plutôt 25 %,
35:04qui va vers ces 25 %,
35:06elle est à 22.
35:07Et on a aussi une remontée
35:08de la partie très longue.
35:10Donc en fait,
35:11c'est ces deux-là
35:12qui remontent.
35:14Et il faut bien voir
35:15qu'effectivement,
35:17aux États-Unis,
35:17on a eu plutôt
35:18une tradition
35:19d'éponger les déficits,
35:22c'est-à-dire le rajout de dépenses
35:23comme il y a en ce moment
35:24avec la guerre,
35:25en émettant
35:26de la dette courte.
35:28Pourquoi effectivement
35:28aux États-Unis,
35:29c'est aussi plus facile ?
35:30C'est parce qu'en fait,
35:31c'est tout simplement plus facile
35:32parce que le marché du projet
35:32C'est la profondeur
35:33des marchés aussi.
35:34est énorme,
35:35qu'on a toujours dit
35:36qu'il était,
35:37on dit,
35:37as good as money,
35:38que c'est un substitut
35:39de la monnaie quasiment direct,
35:41qu'aujourd'hui,
35:42il est l'objet de,
35:43il est utilisé
35:44en collatéralisation
35:45de plein d'opérations,
35:47c'est-à-dire que
35:47quand on veut emprunter,
35:48on n'emprunte pas
35:49sur son nom,
35:49mais on met du petit bills
35:50et du coup,
35:56de mécanismes différents
35:57qui font qu'aujourd'hui,
35:58il est très facile
35:59pour les Américains
36:00d'augmenter en fait
36:01cette partie de T-bills.
36:02Nous, ce serait moins le cas
36:03parce que déjà,
36:04on n'a pas un marché européen
36:05du T-bills.
36:06Oui, on n'a pas
36:06le marché européen
36:07de l'épargne,
36:08évidemment, unifié.
36:09On n'a pas cette profondeur
36:12du marché monétaire.
36:14Donc, en effet,
36:16aux États-Unis,
36:17il y a une appétence
36:19pour le court terme
36:20qui on a rarement vu
36:21de toute façon,
36:22en France en tout cas,
36:23il n'y a jamais eu
36:24de grande appétence
36:25de financement
36:26du déficit public
36:26par des taux courts,
36:29même si aujourd'hui,
36:30on voit quand même
36:31que le Trésor français
36:32va plutôt sur le court
36:33parce que ça coûte
36:34quand même moins cher
36:35parce que forcément,
36:36les taux longs
36:36sont plus élevés
36:37que les taux courts.
36:38Donc, même de façon générale,
36:39il y a quand même
36:39une stratégie des gouvernements
36:41pour aller plus sur le court
36:42parce que l'ensemble
36:44des taux...
36:45Donc, y compris en Europe,
36:46y compris en France
36:47que vous nous dites
36:47l'autoccurrence.
36:48Effectivement,
36:48ce n'est pas une stratégie...
36:49Voilà, je ne conteste pas
36:51ce qu'a dit Christian
36:52en termes de dynamique,
36:54c'est-à-dire qu'on a
36:54une dynamique plus volontaire
36:56aux Etats-Unis
36:56de dette à court terme
36:57mais aussi parce que
36:58chez eux,
36:58c'est plus facile quand même
37:00à placer que chez nous.
37:01Est-ce que c'est dangereux ?
37:02J'ai HK qui réagit
37:03sur mon compte Twitter,
37:04n'hésitez pas à réagir
37:05si vous avez des questions,
37:06des réactions,
37:07à rebase le genre
37:09qui nous dit
37:10que son dette à court terme
37:11est très inflationniste
37:13et généralement pratique
37:14dans des pays émergents
37:16comme la Turquie.
37:18Bon, Turquie et les Etats-Unis,
37:19ce n'est pas la même chose.
37:20C'est vrai que
37:20j'ai oublié de mentionner,
37:23je me suis dit
37:24que ce n'était peut-être pas,
37:25je n'avais pas le mentionné
37:26tout de suite,
37:26mais c'est vrai que
37:27dans les pays effectivement
37:28où il y a de l'inflation,
37:29l'Italie,
37:30elle était connue
37:30pour s'endetter à court terme
37:32avant l'euro,
37:35quand elle avait à gérer
37:35l'inflation
37:36et ça, effectivement,
37:38ça existe.
37:38Mais là,
37:38on est en train de parler
37:39des Etats-Unis
37:40et ce que je viens d'expliquer,
37:41c'est que les Etats-Unis
37:42ont un avantage majeur
37:44par rapport à la plupart
37:45des autres pays
37:45sur le court terme,
37:47c'est que cette dette
37:48est demandée
37:49sur le marché financier
37:51comme collatérale.
37:52Donc si vous voulez,
37:53comme on a besoin
37:53de collatéral
37:54pour aller emprunter,
37:56forcément,
37:56ils ont un avantage naturel
37:57et même si ça peut être dangereux,
38:00c'est beaucoup moins dangereux
38:01que si la France
38:02ou l'Allemagne
38:02se mettait à emprunter
38:04à court terme.
38:04Après,
38:05ce n'est pas un danger
38:06dans le sens
38:06qu'on prêtera toujours
38:07aux Etats-Unis
38:08et je n'ai pas de problème
38:09là-dessus.
38:10C'est le taux.
38:10Le gros problème,
38:11c'est qu'ils sont
38:12hypersensibles
38:13au taux d'intérêt
38:13et connaissant l'administration
38:15de Trump,
38:15c'est que très clairement,
38:16ça va peser
38:17sur l'indépendance
38:18de la Banque centrale américaine
38:19indirectement.
38:20C'est un des éléments,
38:21ce n'est pas le seul,
38:22je le reconnais,
38:22mais c'est vrai
38:23que pour la Banque centrale américaine,
38:24elle sait que si elle relève
38:25ses taux tout de suite,
38:26ça a un impact budgétaire
38:27beaucoup plus important
38:28et derrière,
38:30il y aura une pression du Trésor
38:31et quand on voit
38:31que M. Walsh
38:33veut de plus en plus
38:34déléguer des fonctions
38:35de la Banque centrale américaine
38:37vers le Trésor américain,
38:39il y a vraiment
38:41un problème d'indépendance
38:42pour la Banque centrale.
38:43Alors qu'il était le candidat
38:44qui rassurait le plus
38:45les marchés.
38:46Il rassure les marchés
38:48parce qu'il est
38:48sur le court terme,
38:49il a une volonté
38:50de baisser les taux,
38:50ça fait plaisir à tout le monde
38:51qu'il baisse les taux.
38:53Mais sur pas mal d'éléments,
38:55je pense que le marché
38:56va s'apercevoir
38:57qu'il n'est pas si favorable
38:58que ça,
38:59notamment sur sa volonté
39:00de réduire la taille
39:00du bilan de la Banque centrale.
39:02Il va y avoir
39:02des mauvaises surprises ?
39:05S'il peut le faire,
39:07s'il annonce,
39:08le fait de réduire
39:09la taille du bilan,
39:09il sera aussi
39:10une source de volatilité
39:11parce qu'il a dit
39:12que la Banque centrale
39:13va beaucoup moins communiquer,
39:14beaucoup moins guider
39:16sur ce qu'elle va faire
39:16à l'avenir.
39:17Donc ça veut dire
39:17que dès qu'il va parler,
39:18il va être beaucoup plus
39:19source de volatilité
39:20sur les marchés
39:21et là on va s'apercevoir
39:22que finalement,
39:23peut-être le discours continu
39:24de la Banque centrale
39:25évitait des réactions de taux long.
39:27Là maintenant,
39:27si vous ne vous parlez plus
39:28que deux fois par an
39:29et que vous sortez vos prévisions
39:30et que vous dites
39:31je vais faire ça
39:31deux fois par an,
39:32je peux vous dire
39:33que ce jour-là,
39:33il ne faut pas être absent.
39:34Il ne faut pas être absent
39:36sur les marchés
39:36parce que ça risque
39:37de bouger pas mal.
39:38Donc voilà,
39:39je pense qu'on en reviendra
39:40mais on en reparlera
39:41mais je pense que
39:42ce qu'il propose
39:43n'est pas forcément
39:43si positif que ça à terme.
39:45Bon, à surveiller,
39:45quand est-ce qu'il prend le poste ?
39:46C'est fin mai.
39:47Alors normalement,
39:48le mandat de M. Powell
39:49finit le 15 mai.
39:50Le 15 mai.
39:50Et on doit avoir
39:51une session première du Sénat
39:52pour valider ça
39:53et après il doit prendre
39:54la fonction
39:55donc ça sera autour du 15.
39:56Bon, on a un calendrier
39:57à peu près similaire
39:58à celui de la France
39:59avec Emmanuel Moulin
40:00qui doit lui aussi
40:00passer des auditions
40:02devant le Parlement
40:03avant d'arriver
40:03au mois de juin.
40:05Sylvie Casenaf-Péret ?
40:06En tout cas,
40:08du point de vue
40:08des entreprises
40:09et je pense qu'on peut
40:10retranscrire ça
40:11même très modestement
40:12en termes d'analyse
40:14de la confiance
40:14qui est faite
40:15à une économie.
40:17Quand on a confiance
40:18dans une économie,
40:19on peut financer
40:20à long terme.
40:21Ça, je pense que
40:22tout le monde
40:22peut le comprendre.
40:23Quand on n'a pas confiance,
40:25on finance à court terme.
40:27Donc, c'est ça
40:28qui est le principal
40:31au niveau
40:32de ce qui se passe
40:33sur l'économie américaine
40:34et qui impacte
40:36nos propres économies.
40:38Parce que quand il n'y a
40:39pas la confiance
40:40de long terme,
40:41il n'y a pas d'investissement
40:43de long terme.
40:44Donc, c'est toute
40:45l'économie mondiale
40:46qui se ralentit
40:47et c'est exactement
40:48ce qu'on observe.
40:49On a dit tout à l'heure
40:50la Turquie
40:50qui se finançait
40:51à court terme,
40:52les pays émergents
40:53à une certaine époque
40:54qui se finançaient
40:55à court terme
40:55parce qu'il y avait
40:56ce déficit de confiance.
40:58Et c'est normal,
40:59on ne va pas prêter
41:00si on n'a pas de vision,
41:01si on n'a pas de visibilité.
41:03Et ce qui m'inquiète
41:05sur l'attitude
41:07des Etats-Unis,
41:08c'est que le président Trump,
41:11en actionnant
41:12ce système de court terme,
41:14soit il a un plan,
41:17soit il n'en a pas.
41:18C'est la grande question
41:19depuis bientôt 10 ans
41:23avec Donald Trump.
41:23La stratégie n'est pas là.
41:24Elle est par rebond
41:26et ça,
41:27ça ne crée pas la confiance.
41:28En même temps,
41:28la croissance est là-bas,
41:29les entreprises regardent là-bas
41:31pour les rendements
41:31et...
41:34Malheureusement,
41:34je pense que
41:36malgré tout,
41:37les Etats-Unis ont...
41:39La rentabilité
41:40du côté des Etats-Unis.
41:41ont pour eux la rentabilité,
41:42l'augmentation
41:43de la productivité.
41:44Donc même s'ils ont
41:44des tensions sur les prix,
41:45ce sera moins grave
41:48que chez nous
41:48parce qu'ils ont
41:49des vrais gains
41:50de productivité.
41:51Il faut bien s'imaginer
41:52que même effectivement
41:53dans ce paysage compliqué,
41:56les Etats-Unis
41:57ayant un moteur
41:58quand même plus puissant
41:59en tout cas
42:00et plus tourné
42:01vers l'avenir,
42:02eh bien ils sont
42:02dans une situation
42:03relativement meilleure
42:04que nous.
42:05Donc après,
42:06on peut critiquer
42:07tout ce qu'on veut
42:07mais en effet,
42:09finalement,
42:10ce sera peut-être...
42:15C'est quand même
42:17croissance plus forte
42:18mais au prix
42:19d'une politique budgétaire
42:20très expansionnée.
42:21Beaucoup d'endettements.
42:22Donc on est dans un cycle haussier
42:24et en plus,
42:25on en remet en plus du charbon
42:26pour aller plus vite.
42:27Donc il y a quand même
42:27cet élément-là
42:28et on sent que quand même
42:30il y a un problème
42:30de redistribution
42:31qui quand même
42:32va être un frein économique
42:33à mon avis,
42:34à terme,
42:34sur la croissance américaine
42:36parce qu'aujourd'hui,
42:37on est quand même
42:37sur une minorité d'Américains
42:38qui vraiment en profite
42:40de cette croissance.
42:40La fameuse croissance en cas.
42:41Et ça,
42:42ce n'est pas un gage
42:42de stabilité sociale,
42:43d'une part,
42:44mais économiquement aussi.
42:45On le voit,
42:46les entreprises...
42:47Mais ça ne crée pas
42:47tant de tensions que ça
42:48politiques aux Etats-Unis.
42:50Oui,
42:50mais je pense que ça
42:51va commencer à arriver
42:52parce que je dirais
42:53que c'est un peu
42:55la thématique inflation
42:56cache beaucoup de tensions
42:58finalement de différences
43:00et ça va s'insanctuer
43:01parce que vous allez avoir
43:02quand même pas mal d'Américains
43:02qui vont être exclus
43:03du système de santé
43:04avec la réforme qu'on a faite
43:06au niveau de l'assurance santé
43:07qui va faire que
43:08beaucoup d'Américains
43:09vont perdre leur couverture santé.
43:10Et là,
43:10ça va faire aussi un choc
43:12à mon avis dans l'opinion
43:14donc on a des simulations
43:15et on voit que soit
43:16vous avez un coût
43:16de l'assurance santé
43:17qui va exploser,
43:18soit vous allez abandonner
43:20toute assurance santé.
43:21Donc là,
43:21on va avoir des effets
43:22à mon avis
43:23qui vont être
43:23un peu plus importants.
43:25Donc attention,
43:26il y a quand même
43:27des faiblesses.
43:27Alors je ne dis pas que...
43:28Il y a une force
43:29de l'économie américaine,
43:31on est d'accord
43:31sur l'innovation,
43:32sur le fait
43:33qu'ils soient indépendants
43:34énergiquement,
43:34qu'ils ne payent pas cher
43:35leur gaz par rapport
43:36à l'Europe,
43:36qu'ils vont payer
43:37durablement cher son gaz.
43:38Donc il y a quand même
43:39des vrais avantages compétitifs
43:40au niveau industriel,
43:41mais il y a aussi
43:42un gros problème de formation,
43:43il ne faut pas l'oublier.
43:45Regardez les investissements
43:46dans les semi-conducteurs
43:47qui doivent être réalisés
43:48aux Etats-Unis
43:49sont retardés
43:49parce qu'ils n'arrivent pas
43:50à recruter le personnel qualifié.
43:52Donc il y a un vrai problème
43:53de formation aux Etats-Unis
43:54et il y a un vrai problème
43:55de répartition des richesses
43:57qui va peser sur la croissance
43:58à mon avis à terme.
43:59Donc attention,
44:00il y a aussi des faiblesses.
44:01Bon, et vous parliez d'inflation,
44:02l'inflation c'est aussi
44:03la guerre commerciale
44:04et la hausse des tarifs douaniers
44:06qui...
44:06Alors on ne l'a pas tant vu
44:07que ça finalement depuis un an.
44:08On va faire le bilan un peu ensemble
44:09d'un an de guerre commerciale
44:12par Donald Trump.
44:13Le président américain
44:15qui a vu ces tarifs douaniers
44:17mondiaux de 10%
44:18invalidés par la Cour suprême.
44:21C'était hier.
44:23On va en discuter ensemble.
44:25Le président américain
44:25qui a aussi eu Ursula von der Leyen
44:28au téléphone hier
44:31pour lui donner finalement un délai
44:33parce que ça devait arriver plus tôt
44:34jusqu'au 4 juillet,
44:35fête nationale américaine.
44:36C'est les 250 ans
44:38de la création des Etats-Unis
44:39cette année.
44:40Une date très importante,
44:42très politique
44:42pour Donald Trump.
44:44Il a donné aux Européens
44:46jusqu'au 4 juillet
44:47pour ratifier l'accord commercial
44:50signé en Écosse
44:51l'été dernier.
44:52Passé ce délai,
44:54les droits de douane
44:54bondiront à des niveaux
44:56beaucoup plus élevés,
44:57menace Donald Trump
44:59comme à son habitude.
45:01Pourquoi ça traîne comme ça
45:02Nathalie Jansson,
45:03côté européen,
45:04pour ratifier l'accord
45:06de Tannenbaum ?
45:09Avec l'Europe,
45:09c'est toujours quand même
45:11un mystère
45:11les raisons pour lesquelles
45:12ça traîne.
45:13On est toujours partagé
45:14entre le fait que finalement
45:15ils n'ont pas envie de répondre
45:16et le fait qu'ils n'arrivent pas
45:18à se mettre d'accord.
45:19Donc effectivement,
45:20je ne suis pas dans le secret
45:21de Brune Chinel,
45:22donc je ne sais pas
45:23lequel des deux est vrai.
45:25Mais effectivement,
45:25il y a un peu de ça.
45:27Je pense qu'il y a sans doute
45:28un peu des deux.
45:30En tout cas,
45:30ce n'est sans doute pas facile
45:32parce qu'on n'a pas
45:33les mêmes vues,
45:34je pense,
45:35sur le commerce
45:35de façon générale.
45:37Donc ça ne facilite pas
45:38les discussions
45:39et les avancées
45:41très certainement.
45:42Oui,
45:42il y a des questions
45:42de ratification aussi
45:43par tous les pays
45:44à tout le processus européen.
45:45La lourdeur,
45:46évidemment,
45:47par définition,
45:48lourdeur.
45:48Je pense aussi
45:49que les Européens
45:50ne sont pas pressés
45:50d'accordé
45:51parce que rappelez-vous
45:51la situation au 1er janvier.
45:53La situation au 1er janvier,
45:55on avait un accord commercial
45:56qui nous garantissait
45:57des droits de douane
45:57à 15%
45:58alors que tous les autres pays
45:59beaucoup concurrents
46:01de l'Europe
46:01avaient des droits de douane
46:02beaucoup plus élevés.
46:03Donc l'Europe
46:03ne s'en sortait pas trop mal
46:04dans cet accord.
46:05Aujourd'hui,
46:06le problème,
46:06c'est que les droits de douane
46:07de la Chine
46:07qui étaient à 33%,
46:08ils sont tombés
46:11déjà fin janvier.
46:12Là,
46:12on a une deuxième sanction
46:13parce qu'il y avait
46:14un minimum de 10
46:15mais qui vient de sauter.
46:16Donc du coup,
46:17on se retrouve
46:18que l'Europe,
46:19si on a notre accord commercial
46:20et que Donald Trump
46:21ne peut pas remonter
46:22son accord,
46:23ses droits de douane
46:24parce qu'il n'a pas
46:24la faille juridique
46:25qu'il va trouver
46:26pour remonter ses droits de douane
46:27sur les autres pays,
46:28on va se retrouver pénalisés.
46:29Nous, on aura 15
46:30alors que la Chine
46:31en aura peut-être moins.
46:32Donc,
46:33on n'est peut-être pas pressés.
46:34Il ne faut peut-être pas
46:34courir là-dessus.
46:35L'autre élément,
46:37naturellement,
46:37c'est que Trump
46:38va se retrouver
46:38sur une impasse
46:39quelque part
46:40au fur et à mesure
46:40parce qu'il a tordu
46:42le droit américain
46:43comme il le fait toujours
46:44mais il se dit
46:45l'exécutif,
46:46c'est tout de suite.
46:47La Cour suprême,
46:48elle met trois mois
46:49à décider derrière
46:50si c'est valide ou pas.
46:51Et puis,
46:51penser à avoir
46:52la Cour suprême
46:53à sa botte.
46:53On voit quand même,
46:54c'est la deuxième décision
46:55à l'encontre de sa politique.
46:56Il se prend,
46:57donc du coup,
46:57il va devoir mettre
46:58des droits de douane
46:59mais ça va être
46:59des droits de douane
47:00qui vont être justifiés,
47:01qui sont une procédure
47:02beaucoup plus longue
47:03et ce seront
47:03des droits de douane sectoriels.
47:05C'est pour ça
47:05qu'il a réattaqué l'Europe
47:06en disant
47:07je vais mettre
47:07des droits de douane
47:07sur l'automobile.
47:08Il n'a pas dit
47:09je vais mettre
47:09des droits de douane
47:09sur l'ensemble
47:10des produits européens
47:11mais seulement
47:11sur l'automobile
47:12parce que maintenant
47:12il va être beaucoup
47:13plus limité dans son action
47:15en mettant des droits de douane
47:16très ciblés.
47:16Donc dans ce cas-là,
47:17l'Europe,
47:17est-ce qu'on a intérêt
47:18à signer un accord commercial
47:20large sur tous les produits
47:22alors qu'il pourra seulement
47:23nous sanctionner
47:24que sectoriellement
47:24et il nous met déjà
47:25des droits de douane
47:25très élevés
47:26sur l'acier et l'aluminium
47:27alors est-ce qu'on va
47:28juste pour l'automobile
47:30accepter les droits de douane
47:30pour tous les autres produits ?
47:32Donc il y a un vrai débat
47:33mais juste qu'il faut retenir
47:34une nouvelle fois
47:35on rentre dans l'incertitude.
47:36Imaginez aujourd'hui
47:37vous êtes à une entreprise américaine
47:39qu'est-ce que vous faites ?
47:40Vous vous achetez tout de suite
47:41aux chinois
47:42ou vous attendez fin juillet
47:43qu'on y voit plus clair
47:44ou que Trump rencontre
47:45la semaine prochaine
47:46Xi Jinping
47:46et qu'il se mette d'accord
47:47et qu'il se serre la main
47:48quel droit de douane je vais avoir ?
47:50Parce que imaginez un distributeur
47:51on ne parle pas
47:52du petit montant là
47:53est-ce que je vais avoir
47:54un droit de douane
47:54un 33
47:54à 10
47:55ou à 0
47:56et donc derrière
47:57moi si j'achète trop tôt
47:59et que mon concurrent
47:59ne l'a pas fait
48:01je ne vais pas être concurrentiel
48:02donc vous voyez
48:03pourquoi on a des à-coups
48:04très forts aujourd'hui
48:06sur toute l'amélioration
48:07du déficit commercial
48:10américain
48:11il n'est pas là déjà
48:12il n'est pas là
48:12en termes de déficit
48:13et tout ce qu'on a vu
48:13c'est les à-coups
48:14qu'on a eu sur les importations
48:15et exportations vis-à-vis de la Chine
48:16par exemple
48:17qui sont liés à ces phénomènes
48:18de droits de douane
48:18et les américains
48:19se dépêchent de constituer
48:20leurs stocks
48:21pour après les écouler
48:22donc vous voyez
48:22c'est un frein énorme
48:25sur l'activité
48:25Sylvie Cazenaf-Péry
48:26même lorsqu'on entend
48:29parler des droits de douane
48:31on simplifie en fait
48:32à l'extrême
48:33on dit
48:33c'est les droits de douane
48:34de temps sur la France
48:36nos collègues américains
48:38avec qui nous travaillons
48:40dans le cadre
48:40d'un groupement mondial
48:41dans lequel
48:42notre entreprise
48:43représente notre pays
48:44la France
48:45nous expliquaient
48:46ce qui se passe
48:47réellement
48:48sur des droits de douane
48:49d'une machine
48:50apportée par exemple
48:51d'Allemagne
48:51aux Etats-Unis
48:53et bien en fait
48:54toutes les parties
48:56de la machine
48:56qui sont sourcées
48:58en Asie
49:01dans quelques pays
49:02que ce soit
49:03en Italie parfois
49:04en France parfois
49:05doivent
49:07être imposées
49:08aux droits de douane
49:09d'origine
49:09local
49:11les droits de douane
49:12c'est-à-dire
49:12la complexité
49:14du système
49:15terrible
49:16terrible
49:17d'autant qu'aujourd'hui
49:18ils ont été refusés
49:19donc les entreprises
49:20qui les ont subies
49:21sont habilitées
49:21à les réclamer
49:22et donc
49:23pour se voir restituer
49:25ces sommes
49:26qu'ils ont perdues
49:26donc si vous voulez
49:27c'est une complexification
49:29énorme
49:31aussi pour
49:32les entreprises américaines
49:34et l'industrie
49:35américaine
49:36et ça
49:37on le voit pas trop
49:38parce que
49:38évidemment
49:39nous on s'occupe
49:39de notre cas
49:40et nous notre cas
49:41c'est simple
49:42on bouge plus
49:43c'est-à-dire
49:44qu'on attend
49:44on attend
49:45les décisions
49:46pour vérifier
49:47que les gesticulations
49:49du président
49:50Trump
49:50sont enterrinées
49:52ou pas
49:52on va pas se paniquer
49:54et en ce sens
49:55l'Europe
49:56dont on condamne
49:57beaucoup l'immobilisme
49:58en fait
50:00fait preuve
50:01d'une certaine
50:01force d'inertie
50:03et dans sa force
50:04d'inertie
50:04c'est aussi une force
50:05c'est-à-dire que
50:06finalement
50:07ne pas décider
50:08ne pas réagir
50:09ça agace beaucoup
50:10le président Trump
50:11mais en même temps
50:12ça permet
50:13d'y voir clair
50:14tout cela ralentit
50:16l'économie
50:17c'est la conséquence
50:19puisqu'on ne peut pas
50:20prendre de décision
50:21dans un univers
50:23aussi incertain
50:25ça c'est la conclusion
50:27que je pourrais donner
50:28sur cet épisode
50:29Nathalie
50:30juste pour préciser
50:30un petit point
50:31ce qui est important
50:32c'est que quand vous importez
50:33aux Etats-Unis
50:33vous payez tout de suite
50:34vous évaluez vous-même
50:35l'entreprise évalue
50:36son droit de douane
50:37et ensuite
50:38l'administration américaine
50:38vous revient en disant
50:39vous avez bien évalué
50:41c'est fou
50:42et donc ça veut dire
50:43que tous ceux
50:43qui importent aujourd'hui
50:45ils payent tout de suite
50:45le droit de douane
50:46et s'il est supprimé
50:47c'est à vous d'aller réclamer
50:48à l'administration américaine
50:49en disant
50:49j'ai payé ça
50:51j'avais évalué ça
50:52mais depuis ça a changé
50:53donc remboursez-moi
50:54et donc il faut passer au tribunal
50:56donc vous voyez la complexité
50:57pour vous faire rembourser
50:58les coûts
50:58donc c'est vrai que
50:59vous êtes une entreprise américaine
51:01il y a une décision dans 3 mois
51:02vous dites
51:02je ne vais pas importer ma machine
51:04si je n'en ai pas besoin
51:04je ne vais pas l'importer maintenant
51:06je vais attendre
51:06qu'il y ait une décision
51:07comme ça j'évaluerai mes droits de douane
51:08parce que sinon
51:09il va falloir que j'aille au procès
51:10que j'aille à court
51:11demander remboursement
51:12de l'administration
51:12et tout ça
51:13donc ça explique pourquoi
51:14il y a ce blocage
51:15qui est très très important
51:16mais ça devrait
51:16si je vous écoute
51:17tout devrait être gelé
51:18il devrait y avoir
51:18plus aucun échange
51:20entre les deux
51:21c'est catastrophique
51:21ça explique en grande partie
51:23les à-coups qu'on a eu
51:23sur le commerce chinois
51:24parce qu'ils ont constitué
51:25certaines entreprises
51:26ont plus d'un an
51:27de stock
51:27de constitué
51:28parce qu'elles sont
51:30effectivement
51:30elles sont adaptées
51:32Quel bilan vous tirez vous
51:33d'un an de guerre commerciale ?
51:35Non mais moi je trouve
51:36pardon
51:37on a annoncé
51:38y compris sur ce plateau
51:39il y a un an
51:40après le Liberation Day
51:41que ça allait être catastrophique
51:43l'effondrement de la croissance
51:45on a tous eu très peur
51:47quand même
51:47il a sorti son tableau
51:50qui ne voulait rien dire
51:51avec les différents chiffres
51:52on a essayé de décrypter
51:53et puis finalement
51:54un an plus tard
51:55on a vu que le commerce international
51:56a progressé
51:57en 2025
51:58et plutôt
52:00très sensiblement
52:00Oui en fait
52:01c'est ça
52:01c'était la bonne nouvelle
52:02effectivement
52:03il y a eu plusieurs rapports
52:04dans ce sens-là
52:04il y avait celui aussi
52:05de DHL Express
52:06qui allait dans ce sens
52:09la croissance
52:10la croissance du commerce mondial
52:12continue
52:13effectivement
52:14elle est moins dynamique
52:15qu'elle l'était
52:16il y a quelques années
52:17mais effectivement
52:18elle progresse
52:18à peu près
52:19de la croissance mondiale
52:20un petit peu supérieure
52:21si je me rappelle bien
52:22et elle prend
52:24en effet
52:24des structures
52:28la globalisation
52:29se fait différemment
52:30oui ça a changé
52:31il y a des voies
52:31ça prend des voies différentes
52:32en Asie
52:34sur le continent américain
52:35exactement
52:35et en fait
52:36on voit à nouveau
52:36que les entreprises
52:38elles
52:38elles prennent acte
52:39des problèmes d'incertitude
52:41et après
52:42elles vont essayer
52:42de trouver
52:43sans doute
52:44des nouvelles voies
52:45qui leur créent
52:45moins d'incertitude
52:46donc Trump
52:47il peut faire
52:48tout ce qu'il veut
52:48c'est pas le maître du monde
52:50il va pas
52:51il est pas là
52:52il va pas empêcher
52:54les entreprises
52:55de réagir
52:55à ces politiques
52:56et puis
52:57si un jour
52:58effectivement
52:59les entreprises
53:00ont moins envie
53:01de commercer
53:01avec les Etats-Unis
53:02tant pis pour lui
53:03et je dirais
53:05pour son avantage
53:06il faut aussi rappeler
53:07que les Etats-Unis
53:08ne sont pas très dépendants
53:09en fait
53:10du commerce mondial
53:11parce que le commerce mondial
53:12par rapport au marché américain
53:13c'est un peu plus de 10%
53:15au niveau de l'ouverture
53:16voilà
53:17c'est pas le Danemark
53:18ou la Norvège
53:19ou des petits pays
53:19qui effectivement
53:20sont très ouverts
53:21sur le commerce mondial
53:24donc effectivement
53:25il a beaucoup perturbé
53:27mais après tout
53:28finalement
53:28dans la vie
53:30de tous les jours
53:31évidemment ça perturbe
53:32voilà
53:32les exemples
53:33qui ont été donnés
53:33je vais pas les contester
53:34mais globalement
53:36en fait
53:36c'est finalement
53:37ça ne change pas
53:39fondamentalement
53:39le fait que le marché
53:41est aujourd'hui mondialisé
53:43que les entreprises
53:44résonnent dans ces termes là
53:45on va pas revenir
53:46à autrement
53:47on va pas se fermer
53:48et ça c'est une bonne
53:49la mondialisation
53:49n'est pas morte
53:50Christian Parizeau
53:51non elle n'est pas morte
53:52alors attention aussi
53:53dans les commerces mondiales
53:54il y a un effet quand même
53:55échange de tout ce qui est
53:57autour de tout ce qui est tech
53:59service tech et logiciel
54:01qui a beaucoup progressé
54:03dans le commerce physique
54:05notamment on le voit
54:06avec la Corée du Sud
54:09ce qui se passe
54:10mais ça pénalise quand même
54:12certains américains
54:13faut pas l'oublier
54:14parce que jusqu'à preuve du contraire
54:16on produit très peu de vêtements
54:17aux Etats-Unis par exemple
54:18et voilà
54:19les américains ont vu quand même
54:21que ça avait un coût
54:22de plus dépendre des Chinois
54:24et que ça avait vraiment
54:25un impact sur leur pouvoir d'achat
54:27donc ça génère quand même
54:28une inflation aux Etats-Unis
54:29mais là
54:30on le calcule ça
54:31parce qu'elle a mis du temps
54:32à venir
54:32oui mais c'est parce qu'on a
54:34on a fait tous une erreur
54:36et moi le premier
54:36c'est à dire qu'on était
54:37on n'a pas raisonné
54:38par rapport au fait que
54:40on attendait ces droits de douane
54:41les entreprises
54:42il y a eu énormément de stocks
54:45et ça fait qu'aujourd'hui
54:46vous avez l'effet droit de douane
54:48qui est sur l'inflation
54:48aux Etats-Unis
54:49c'est pour ça qu'aux Etats-Unis
54:50vous avez une inflation
54:51qui est à 3
54:51mais qui reste à 3
54:52avant le choc
54:54donc ce qu'on appelle
54:55une inflation collante
54:56aux Etats-Unis
54:57résiliente
54:57c'est le fait que
54:58ça n'a pas été brutal
54:59ils n'ont pas
54:59tous les prix
55:00n'ont pas été répercutés
55:01immédiatement
55:02c'est répercuté dans le temps
55:03au fur et à mesure
55:04que les stocks arrivent
55:05à la fin
55:05et donc ça veut dire
55:06qu'on va y venir là ?
55:07alors on y vient
55:08mais ça ne va pas être un choc
55:09que d'un seul coup
55:10contrairement à ce qu'on pensait
55:11ce n'était pas un choc
55:12et puis d'autre part
55:13alors a priori
55:14il y a quand même
55:15beaucoup de fraude
55:17alors parce que
55:18tout simplement
55:19vous faites une simple
55:20règle de 3
55:21vous faites le taux moyen
55:23officiel
55:23et ce que ça rapporte
55:26à l'administration américaine
55:26c'est bien en dessous
55:27donc il y a quand même
55:28un problème
55:28et ça c'est lié par exemple
55:30parce que c'est tellement complexe
55:31il suffit que
55:32si vous apportez une statue
55:34en bronze
55:34vous êtes taxé
55:35mais si c'est la matière
55:36première bronze
55:36vous n'êtes pas taxé
55:37donc il suffit de déclarer ça
55:38comme un petit rameau
55:39et puis voilà
55:40donc il y a ça
55:41et il y a le contournement
55:42via le Mexique
55:43et via le Canada
55:43qui explique aussi beaucoup
55:44qu'on a surestimé l'impact
55:46donc on s'adapte
55:48légalement
55:48on s'adapte
55:49ce sera le mot de la fin
55:51de cette émission passionnante
55:53merci à tous les trois
55:54Nathalie Jansson
55:55Sylvie Cazenaf
55:56Péry
55:56Christian Parizeau
55:57pour cette émission passionnante
55:58disponible en podcast
55:59à replay
56:00tout de suite
56:00c'est BFM
56:01Transpition
56:03animée par
56:04Sandra Gandouin
56:05quant à moi
56:06je vous retrouve lundi
56:07même heure
56:08même endroit
56:08le nouvel horaire
56:099h30-10h30
56:10en direct sur BFM Business
56:11très bonne journée à tous
56:15Les experts
56:17débats et controverses
56:18sur BFM Business
56:20BFM Business
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